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| Tres Hombres : Frank Beard, Dusty Hill & Billy Gibbons |
Memphis, Tennessee, 1973. Trois hommes aux cheveux longs, aux faces encombrées de pilosités variées, chaussés de bottes mexicaines, de jeans et de chemises de cow-boy, pénètrent, bien décidés, dans le studio "Ardent". Trois Texans qui ont parcouru 565 miles, traversé un état, pour finir leur travail d'enregistrement avec un jeune ingénieur du son qui y travaille. Un Okie, Texan d'adoption, avant que sa famille ne parte s'installer à Memphis. Là, encore adolescent, il se présente chez Stax Records dans l'espoir (fou) qu'on lui offre la chance d'enregistrer sa musique. Il finit, grâce à un concours de circonstances et à Steve Cropper, par devenir ingénieur de son pour Stax. Un ingénieur qui, à 23 ans, commence à établir sérieusement sa réputation pour son travail de mixage, aux studios "Ardent", sur le "Led Zeppelin III". C'est en particulier ce fait d'arme qui a éveillé l'intérêt des trois Texans. Savoir qu'en plus il a bûché pour Stax Records, a fini par les convaincre d'abandonner leurs sessions dans le studio "Robin Hood", adopté depuis leur premier album, et par faire le déplacement avec tout leur barda pour rejoindre Terry Manning.
La rencontre est déterminante. Non seulement l'entente est bonne, annonçant une collaboration qui va durer, s'étaler sur des années, mais Manning aide aussi les Texans à perfectionner leur son. À lui donner plus de relief et de clarté, tout en le rendant plus percutant. Le résultat est un album énorme. Un monument, une référence pour des générations de musiciens et de simples amateurs. Quasiment une pierre angulaire du Blues-rock. Sur dix morceaux, quatre seront régulièrement repris par des formations de (presque) tout horizon. Parmi ceux-ci, un méga-hit connu par le plus grand nombre. Y compris par des esgourdes qui ne savent même pas d'où il vient. Aujourd'hui encore, il fait régulièrement le tour de la planète, s'infiltrant dans le quotidien de toutes les nations - à travers les radios, le net, les séries, les films et les innombrables reprises et adaptations.
On l'omet (trop) souvent, mais les deux premiers opus, les séminaux "First Album" et "Rio Grand Mud" sont des bombes de blues-rock incandescent, tirant leur essence des entrailles de la Terre mère. Deux galettes du style "chaud-bouillant", qui survolent largement une grande majorité de toute la production du genre sortie ces cinq dernières décennies - et des poussières. Pourtant, pour beaucoup, l'histoire de ce petit groupe issu du Texas ne débute vraiment qu'avec leur troisième essai. Il faut bien admettre qu'outre le méga-hit, - arbre qui cache la forêt -, l'album est chargé de morceaux débordant de feeling et de trouvailles.
L'œuvre débute comme un diesel peinant à être amorcé. La batterie hoquète et la gratte force sur le démarreur. "J'ai attendu le bus toute la journée... J'ai reçu mon sac en papier marron et mon salaire net... Ait pitié..." chante sur un ton las un pauvre gars désabusé. "Waitin' For the Bus". Et puis finalement, le bus s'emballe, et surgit alors une vague chaleur de grosse cylindrée prête à mordre l'asphalte. Harmonica saturé et soli enflammés s'enchaînent dans un vent caniculaire brassant sable, poussière et virevoltants (1) du désert de Chihuahua. La température ne baisse pas : sans aucun répit, "Jesus Just Left Chicago" enchaîne sur une basse et une batterie primaires, primitives, sur lesquelles se greffent des accords ouverts de guitare "clean", résonnant jusqu'à plus soif, entrecoupés de quelques chorus crunchy acérés - avec, au fond, une faible slide affligée. Blues poisseux, magistral, saisissant les tripes, le cœur, les marquant à jamais au fer rouge. "Jésus vient de quitter Chicago et il se dirige vers New Orleans. Yeah ! ... Il a fait un jogging à travers le Mississippi. Et bien, l'eau boueuse ("Muddy Water") s'est transformé en vin. Yeah !". L'auteur est un "fin poète", à qui on va bientôt donner le titre de "révérend".
Le trio enclenche la quatrième. Dans un chaud duo avec le Révérend, le poussiéreux bassiste prend le micro pour une ode aux buveurs de bière et fouteurs de m... . Ode aux honky tonks et autres bouges où les soirées sont incertaines. "... Et la foule s'enflamme quand le groupe est au top... Oui, on essaie de cacher la bagarre dans le coin, mais tout va bien parce qu'ils sont juste serrés... Le bar sautait comme un chat sur une plaque chauffante. Seigneur, j'ai cru que le plancher allait s'effondrer". La cadence, soutenue comme une Harley montant dans les tours sur la highway 66, préfigure les groupes de la NWOBHM trempant encore leurs guêtres dans le boogie. Un boogie sale et graisseux de préférence. On ne s'étonnera pas qu'un autre trio, trois Anglais revanchards à l'allure de Hun-Steam-punk, le reprenne sept ans plus tard, sur un Ep du même nom, tant "Beer Drinkers and Hell Raisers" semble sonner comme les débuts de Motörhead (!).
Sur « Master of Sparks », Billy relate ses conneries de jeunesse ; en l'occurrence la fois où il a fait l’expérience de rentrer dans une cage d'acier bricolée - équipée d'un siège d'aviation - pour s'y faire enfermer et s'y faire traîner à toute vitesse sur la route. Jusqu'à ce que la cage finisse sa course folle dans une gerbe d'étincelles - il faut bien que jeunesse se passe. En dépit d'un pattern de batterie syncopé et trébuchant, Billy parvient à déposer un riff d'intro définitif qui, étrangement, évoque immanquablement une célèbre bande d'Australo-Écossais où gesticule constamment un écolier en culottes courtes ("Let Me Put my Love into You" ? -(2) ). Impression encore plus saisissante lors du break, sur lequel d'ailleurs se révèle un solo, certes des plus brefs, mais pas moins générateur d'étincelles. Encouragé par une slide subliminale larmoyante, Billy chante alors comme un vieillard contrit, confessant ses péchés.
C'est dans la sobriété qu'on peut mesurer tout le feeling d'un musicien, et non dans l'avalanche de notes. C'est ici le cas avec le slow-blues « Hot, Blues and Righteous », dépouillé au possible. Les instruments se traînent, comme s'ils étaient éreintés, comme si le moindre pas demandait un réel effort. Tandis que le pauvre bougre chante sa peine. Ou plutôt, sa révélation – il paraîtrait que les lascars ne fumaient pas que du tabac... « Chaud, bleu et juste, un ange m'a appelé à l'écart. Chaud, bleu et juste, il m'a dit : « Reste près de moi et je serai ton guide. » J'ai entendu ces mots en fermant les yeux, à genoux. C'était comme une évidence et j'ai compris qu'il m'arrivait quelque chose de bien »
"Move Me on Down the Line" est solaire, irradiant d'optimisme. Dans leur Ford B 1932, gonflée par un Flathead V8, capillaires et pelage au vent, instruments en main, le trio déboule dans les rues de Houston transmettre la bonne parole. Celle d'un nouveau heavy-blues porteur de saines vibrations ravivant les cœurs les plus moribonds. Même si ici, temporairement, le Blues n'est plus qu'un souvenir ténu, le morceau devant plus à une forme de Pop-rock viril qu'aux douze mesures. Si le Blues demeure la source à laquelle se ressource régulièrement le trio, ce dernier, tout en ne cessant jamais de revendiquer son influence, son héritage, ne se ferme aucune porte - sauf peut-être celle de la médiocrité. L'inclassable "Shiek" confirme cette ouverture, ce besoin de créer d'autres climats, d'autres couleurs et parfums. Une appétence probablement générée par le passé psychédélique au sein des Moving Sidewalk pour Billy, et d'American Blues pour Joe Michael et Frank.
Mais le Blues reste ancré, indéfectiblement lié à l'ADN de ces desperados. Sous une forme ou une autre, chevillé au corps du trio, jamais il ne cessera de revenir. De s'afficher comme une évidence. Dans une veine lourde, heavy, avec "Precious And Grace" (souvenir de deux auto-stoppeuses, plus inquiétantes que mignonnes, embarquées à bord de la Pontiac de Dusty, partit avec son pote Billy, chercher une basse Fender de 1952), et de façon plus traditionnelle avec rythmique paresseuse, slide rouillée; solo en pentatonique mineure (agrémentée de blue notes) et chant de vieux prêcheur, pour "Have You Heard ?". "Have you heard about Jo Ti Mahr ? Yeaaah, yeaaaah, Yeaah ! Well, then you could not be lost ... Have you heard about Heaven ?" Pour certains, le "Jo Ti Mahr" n'est autre que Jésus. Sans oublier, évidemment, le monument, l'imparable méga-hit-delamorkitu qui continue d'imposer sa loi sur la planète et au-delà : "La Grange". Certes, le riff emblématique a été torpillé à John Lee Hooker ("Boogie Chilen"), ou à Slim Harpo ("Shake Your Hips"), - d'ailleurs Billy n'a jamais caché que ce riff n'était qu'une relecture d'un standard du Blues (3) -, mais, entre les mains de ces alchimistes du Blues et du Rock, ça devient autre chose. Une pièce quasi divine, inoxydable, imperméable au temps et aux éléments, touchant la perfection. Le genre de morceau rare qui s'écoute sans faim, inlassablement (j'ai connu un gars qui avait effectué plusieurs enregistrements d'affilés, afin que ça couvre toute la face d'une cassette - ça lui évitait de se lever et revenir en arrière).
Avec le temps, on ne s'en rend plus vraiment compte, mais en 1973, ce "Tres Hombres" était autant inventif que moderne, tout en restant foncièrement ancré dans les racines de la musique populaire américaine. Plus particulièrement celle du Texas. Le groupe le revendique, tout en encensant le musique et les musiciens du Lone Star State. À ce titre, il ne manquera jamais de glorifier les Lightning Hopkins, Freddie King, T-Bone Walker, Albert Collins, ainsi que le 13th Floor Elevators et de son leader allumé Roky Erickson. (Bien sûr, bien que peut être un brin chauvin, ils n'oublieront pas de mentionner régulièrement MuddyWaters, John Lee Hooker et Elmore James). Au verso de la pochette de l'album, un bandeau affiche "in the fine Texas tradition... ".
Doucement, progressivement, Billy Gibbons poursuit son exploration des possibilités de la guitare électrique. Toujours à la recherche du son adéquat, tout en restant fermement attaché à une tonalité organique, il crée des sandwichs soniques en empilant jusqu'à trois couches de guitares - où clean , overdrive/fuzz et slide cohabitent -. Pour avoir plus de puissance et d'impact sur ses cordes, il utilise un peso mexicain (biseauté à la main) en guise de plectre - ce qui lui permet de délivrer aisément, à l'envi, une ribambelles de notes sifflées (bien des années avant les abus de Zakk Wylde). Dans ce souci permanent de trouver le timbre juste, il n'hésite pas, pour "La Grange", à faire une infidélité à ses Gibson, en leur préférant une Stratocaster (alors que pendant toute la longue carrière du groupe, et pendant même ses escapades en solo, Gibbons ne semble ne jamais avoir craqué pour une Stratocaster, à l'exception bien sûr pour celle que Jimi Hendrix lui avait offerte. Par contre, il est passé par une période où il faisait une fixette sur les Telecaster. Avec une préférence sur celle des 50's. Et s'il pouvait tomber sur une Broadcaster ou une Esquire, son sang ne faisait qu'un tour). Tandis que Frank Beard, s'il n'est peut être pas ici un maestro en matière de cymbales (sauf peut être sur "Move Me on Down the Line" ?), quand il impose pas un shuffle vivifiant, stimulant ses compères, il ose dérouler des patterns au swing cahoteux ("Master of Sparks", "Precious and Grace", "Shiek") - même si ce n'est pas l'album où son jeu est mis en valeur par la production.
Indéniablement, "Tres Hombres" fait partie de ces albums phares qui ont marqué leur époque. Des albums qui s'imposent encore comme une référence.
| 1. | "Waitin' For the Bus" |
| 2:59 |
|---|---|---|---|
| 2. | "Jesus Just Left Chicago" |
| 3:29 |
| 3. | "Beer Drinkers & Hell Raisers" |
| 3:23 |
| 4. | "Master of Sparks" | Gibbons | 3:33 |
| 5. | "Hot, Blue and Righteous" | Gibbons | 3:14 |
| 1. | "Move Me on Down the Line" |
| 2:30 |
|---|---|---|---|
| 2. | "Precious and Grace" |
| 3:09 |
| 3. | "La Grange" |
| 3:51 |
| 4. | "Shiek" |
| 4:04 |
| 5. | "Have You Heard?" |
| 3:14 |
En hommage à Frank Lee Beard, né un 11 juin 1949 au Texas, dans un petit bled du nom de Frankston. Inébranlable métronome de ZZ Top, il rencontre d'abord Michael Joe "Dusty" Hill, avec lequel il joue dans divers groupe dans les années soixante, jusqu'au groupe de Blues-psychédélique American Blues (dans lequel joue également Rocky, le frère de Dusty). Mais, pas pleinement satisfait de ce dernier (qui, aussi, ne lui rapporte que dalle), il saisit l'opportunité de rejoindre William Frederick Gibbons pour jouer dans un style de Blues-rock nettement plus affirmé et solide. Et heavy. L'entente est immédiate - même si la première session entre les deux aurait duré jusqu'à plus soif. Enthousiasmé, il appelle son ami Dusty pour le rejoindre au sein de la mouture définitive de ZZ Top. Inchangée depuis 1969, jusqu'au décès le 27 juillet 2021 de Dusty. Cependant, à l'origine, il s'en est fallu de peu que Frank Beard ne rejoigne pas le projet de Gibbons. En effet, alors que sa petite amie tombe enceinte, il régularise la situation en l'épousant et en raison de revenus trop modestes, il n'a pas d'autre choix que d'intégrer le foyer familial de son épouse. Il doit alors abandonner une carrière musicale qui ne décolle pas et ne rapporte pas assez (que dalle) pour subvenir à une famille. Mais, après l'essai concluant, magique, avec Billy Gibbons, la tentation est irrésistible. Bien lui en a pris. Gibbons dira de lui, que sans son swing et son originalité, "Tres Hombres" n'aurait eu autant d'impact, et en conséquence de succès quasi immédiat. Il est vrai que ce petit truc de jouer, pour "La Grange", sur le cerclage de la caisse claire, donne du piment à l'intro (et au break). Et si ensuite, il se contente d'un shuffle tonique, il impose, avec Dusty, une solide assise sur laquelle Gibbons peut à loisir faire ronronner sa guitare.
Bien que portant un patronyme signifiant "barbe", il a été le seul membre à n'avoir jamais porté de barbe. Du moins, une vraiment fournie. À ce titre, lorsque les trois ZZ se retrouvent après leurs deux années sabbatiques, à la veille des sessions de "Deguëllo", face à la barbe phénoménale de ses amis, il préfère raser la sienne, hirsute, et qui, en comparaison, paraissait ridicule.
Frank Lee Beard est décédé le 17 août 2026, chez lui, près de Richmond, dans son ranch où il recevait des soins palliatifs à domicile. La cause précise de son décès est, à ce jour, inconnue, toutefois, cela faisait déjà plusieurs années, qu'il était suivi pour une maladie cardiaque. Peut-être, une conséquence de ses années de dépendance aux drogues (dont l'héroïne), qu'il ne parvint à vaincre dans les années 80 (4). Des trois, c'était le plus discret, et donc le moins disert et médiatisé. Il n'empêche que depuis l'annonce de son décès, les hommages fusent de toutes parts. Même les médias français ne sont manifestés.
(1) Les virevoltants évoqués sont ces petits buissons desséchés qui, déracinés du sol, sont emportés par les vents, roulant en boule sur des terres arides - ils accélère l'érosion et l'aridité des sols. Aux USA, on les nomme Tumbleweed.
(2) Sur cet album, d'autres pièces semblent avoir inspirées les Australiens. "Waitin' for the Bus"pour "Decibel" (album "Black Ice") et "Jesus Just Left Chicago" pour "Ride On".
(3) Et déjà repris de multiple fois pas des groupes de tout horizon - parfois juste pour un long break ou une introduction -, de Canned Heat à MC5.
(4) Ce serait à cause de cette période trouble, où Beard n'était pas toujours en état pour de longues séances de studio, que Dusty et Billy se sont mis à utiliser des boîtes à rythmes pour travailler leurs compositions. Finalement, alors que ce n'était pas le but premier, les machines se sont imposées et sont donc restées sur la version finale d'une poignée de chansons qu'on retrouve sur "Eliminator". Le gros succès de ZZ Top avec des millions de galettes écoulées sur tout le globe (11 millions rien qu'aux States !), quatre singles dans les charts et les clips diffusés non stop.
✨🎸☆







Je vais jouer les iconoclastes, mais mis à part le 1er (qui est un coup d'essai), jusqu'à Deguello, c'est-à-dire la meilleure période du groupe, c'est celui que je trouve le moins réussi. Ne passent vraiment la rampe, à mon avis, que Jesus... et La Grange. Rio Grande Mud est largement au-dessus. Quand on réécoute attentivement Tres Hombres, on peut discerner les prémices de ce qui conduira à Afterburner, avec, curieusement, la pause (assez longue) qui va de Fandango à El Loco. Si on devait en garder deux, ce serait Rio Grande Mud et Deguello.
RépondreSupprimerJ'avoue que le coup du p'tit shuffle joué sur le cercle de la caisse claire, très classe, j'ai repris l'idée à mon compte (je me console en pensant que je ne suis pas le seul). Après un morceau jazz, on enquille vers un boogie, en mode jam, le guitariste y reprend la mélodie de "On the road again" de Canned Heat et forcément un peu du riff de "La Grange". Je commence sur le cercle histoire de caler tout le monde, et quand la mayonnaise commence à prendre, je balance le break et la contrebasse rentre avec moi, comme sur "La Grange" aussi. Mais je n'arrive pas à faire exactement le même ! J'ai regardé ce qu'il fait, c'est tout bête, mais ca va trop vite !
RépondreSupprimerLe début sur le cerclage, j'y arrive, mais le problème c'est le break à 1:10....
Supprimerxx3 // x23 x23 x23 123 // 1 Triolets de croches ternaires, je pense qu'il rajoute des accents (sur les 3 ?) pour que ça swingue plus. Le genre de truc à travailler très lentement au départ et augmenter le tempo au fur et à mesure. A moins avis sur Youtube il devrait y avoir des tutos.
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