Pour certains ce disque marque l’explosion du kid de minneapolis, pour
les autres ce sera un avant goût du Love Symbol
Rogers Nelson
et la Pluie Violette
"Purple Rain" de Prince… Parlons un peu de ce monument de la musique qui, depuis 1984,
continue de faire vibrer les âmes sensibles et de décoiffer les auditeurs
les plus chics comme les plus rebelles. Sortez vos vestes en cuir, vos
lunettes fumées et préparez-vous pour une plongée décontractée, détaillée
et un poil humoristique dans l’univers bigarré de ce chef-d’œuvre.
D’abord, un peu de contexte : "Purple Rain" n’est pas qu’un simple album. C’est un cri d’amour, une montée en
puissance, un melting-pot rock, funk, pop et R&B avec, en guest star,
le génie fou de Prince. Et puis c’est aussi la bande originale du film du même nom. Oui, oui, Prince
a tout fait comme un grand : acteur, musicien, producteur, styliste (les épaules XXL, ça ne s’invente pas), et même parfois philosophe de la chaussure violette.
"Let's Go Crazy", te balance direct une explosion d’énergie qui pourrait réveiller un
somnambule en pleine sieste. C’est funky, c’est rock, c’est un hymne à “la
vie est courte alors faisons la fête”. En mode : “Dearly beloved, we are gathered here today...” – Si tu n’as jamais envie de danser après ce début, c’est que tu as un
problème.
L’album est un savant mélange d’émotions, de styles et de folie douce. Les
envolées nerveuses de "The Beautiful Ones", où Prince
te balance un uppercut émotionnel sur fond de synthés hors normes. C’est
la tension amoureuse et le drame romantique façon soap-opéra, mais en
mieux, parce que chanté par un génie aux doigts magiques.
On ne peut pas parler de cet album sans mentionner "When Doves Cry", probablement le hit le plus emblématique. Cette chanson a tout cassé
en 1984. Pourquoi ? Parce qu’elle brise toutes les règles : pas
de basse, un rythme saccadé, des paroles cryptiques, et une
interprétation vocale entre le calme absolu et le hurlement du cœur
brisé. Quand elle arrive, c’est comme un coup de poing en velours dans
ta face. Très Prince, très “j’en fais qu’à ma tête”.
Ensuite arrive "I Would Die 4 U" : un titre ultra catchy, presque hypnotique, où Prince
joue les crooners divins et te rappelle que lui, il est prêt à tout
pour toi. Littéralement. Le genre de chanson que tu peux écouter en
boucle quand ton crush t’ignore mais que tu continues d’y croire
coûte que coûte.
L’album est un savant mélange d’émotions, de styles et de folie
douce, de groove chaud comme
"Baby I'm a Star" aux envolées nerveuses.
De la carrière superstar de
Prince, c’est justement cette piste titre, "Purple Rain". Une ballade épique et un slow qui tue, qui te prend par la main, te
fait baigner dans une pluie violette – mélange imaginaire de mélancolie,
passion et coups de génie guitaristique. Le solo de guitare hendrixien !
Une référence digne du Mont Everest des riffs, façon "je pleure tout en jouant mais je reste classe". Frissons garantis. Les morceaux, parfois longs, te permettent de
vraiment plonger dans les univers créatifs du monsieur. On sent qu’il y
a derrière tout ça un gars qui ne joue pas simplement de la musique. Il
compose des paysages sonores, des films dans ta tête, des épisodes
intenses à revivre en boucle. Tu écoutes, tu fermes les yeux, et tu
partages son voyage, entre ciel électrique et océan de sentiments.
Un détail qui fait sourire : Prince
et son éternel refus d’être catalogué. Aucun style ne se suffit à
lui-même sur "Purple Rain". Du rock, du funk, du gospel, du pop, du R&B, du psychédélique à
peine voilé… Tout cohabite harmonieusement. Ce gars-là est un véritable
caméléon musical, bien avant d'être cool. Et en plus, il t’habille ça
dans un écrin sonique soigné, où chaque instrument trouve sa place, même
les claviers vintages te font penser à une machine à remonter le
temps.
Le packaging de l’époque ? Tout aussi iconique que la musique : une
pochette violette, mystérieuse et sensuelle, fidèle à l’image de
Prince. Le prince de la pop, le roi de la couleur purple, le maître du mix
improbable mais réussi à 1000%. D’ailleurs, il faut préciser :
purple rain est aussi une métaphore d’une émotion qui
t’assaille, qui te trempe le cœur, mais qui est belle, étrangement
belle.
Et puis le film… Ah le film ! Un mélange d’autofiction, de comédie
romantique et de concert live. Le Prince
multi-facettes y démontre qu’il est aussi charismatique qu’une rockstar
légendaire, avec un look inimitable, un groupe de musiciens soudés, et
des scènes de show absolument bluffantes. Bref, un combo gagnant qu’on
n’oublie pas.
En résumé, "Purple Rain" est plus qu’un album. C’est une expérience d’écoute, un compagnon des
soirées où tu as besoin de te sentir vivant, un élixir de passion et de
mélancolie, le tout livré avec une bonne dose de groove et d’attitude. Prince
y laisse éclater son talent brut, son exubérance artistique et une joie
communicative.
Alors si vous ne connaissez pas encore ce petit bijou violet,
faites-vous ce cadeau. Et si vous le connaissez, remettez-le sur votre
platine, baissez les lumières et laissez-vous emporter par cette pluie
violette qui ne cesse jamais de tomber sur nos oreilles et nos cœurs.
Parce que comme Prince l’a prouvé, parfois, la pluie est faite pour
danser sous elle… et pas seulement pour se mouiller.
On l'a déjà dit ? Maintes fois ? Pas grave, on le répète : le succès n'est malheureusement pas nécessairement synonyme de talent. Et à ce titre, on a pu voir des groupes démarrer sous les meilleurs auspices, récolter les louanges de la presse, et le lendemain être voués aux gémonies. Ce fut le cas de Blood, Sweat & Tears.
Un groupe fondé suite à une frustration. Mister Al Kooper voulait intégrer une section de cuivres à The Blues Project. S'il n'a aucun mal à convaincre la dernière recrue, Steve Katz, ce n'est pas le cas du patron, Danny Kalb. Ainsi, dans le courant de l'année 1967, Kooper, déçu, claque la porte et part faire un tour sur la côte ouest. Il y rencontre le bassiste Jim Fielder qui lui redonne confiance, persuadé que les compositions de Kooper ont de l'avenir. De retour à New-York, Kooper invite Fielder à les rejoindre, ainsi que Steve Katz, son ancien collègue et guitariste de The Blues Project. Autour de ce noyau sont invités Bobby Colomby, un batteur de jazz, et une section de quatre cuivres. Dans le lot, Fred Lipsius peut aussi s'asseoir pour tâter à l'occasion des touches d'ivoire. Blood, Sweat & Tears enregistre son premier opus, "Child is Father to the Man", majoritairement occupé par les compositions de Kooper (7 / 12 morceaux). Il en résulte un album riche, évoluant dans un climat où s'entremêlent jazz, blues et pop psychédélique. Ce premier album, inégal, est plutôt bien accueilli, et sans faire grand bruit, jouit tout de même d'un succès honorable.
Cependant, suite à des divergences musicales, Al Kooper, bien qu'il soit l'initiateur du groupe, se fait mettre à l'écart par Katz et Colomby. En fait, plus que des divergences musicales, c'est plutôt la déficience du chant de Kooper qui fait naître un conflit. En effet, Katz, Colomby et Fielder le considèrent limité et frêle, son insuffisance jugent qu'il freine l'essor du groupe. Bien conscient que sans Kooper, il n'y aurait probablement pas eu de BS&T, ils lui proposent de laisser sa placechanteur, mais de rester dans le groupe comme directeur artistique. Ce que Kooper, piqué, refuse catégoriquement.
Avec le départ - ou l'éviction - de deux autres membres - dont le trompettiste Randy Becker -, la structure du groupe se trouve changée. D'autant qu'elle se dote d'un chanteur plus sérieux, bien plus mémorable et imposant que ne l'était Kooper. Le nouveau chanteur ne jouant pas d'instruments (du moins sur scène), Dick Halligan, auparavant uniquement tromboniste, passe aux claviers. D'après le groupe, Halligan serait un musicien dans l'âme, capable d'apprivoiser un nouvel instrument en quelques semaines.
Pour le chant, Katz, Colomby et Fielder mettent la main sur une perle rare : David Clayton-Thomas. Un Canadien aux larges épaules qui a quitté tôt le foyer familial, survivant alors de chapardages et de menus larcins. Une adolescence difficile pendant laquelle il va faire plusieurs séjours en maison de correction puis derrière les barreaux. Un passé pour lequel il a payé mais qui va revenir entacher sa carrière. Inconnu du grand public - encore aujourd'hui -, ce n'est pourtant pas un perdreau de la veille. À 23 ans, il fait déjà ses premières télévisions (grâce à Paul Anka - un compatriote), et à 24, enregistre un premier album : "David Clayton Thomas and the Shays à Go-Go". Et "David Clayton Thomas Sings It is !" l'année suivante. Des albums plutôt bons où s'entrechoquent rock-garage, pop et blues, et où David Clayton Thomas fait déjà preuve d'un réel talent de chanteur. Particulièrement sur les blues - superbe version de "Stormy Monday".
C'est la chanteuse Judy Collins qui en parle à son ami, Bobby Colomby. Bobby qui, après être allé constater par lui-même le talent du phénomène, le presse pour passer une audition avec la troupe. La légende raconte que Clayton Thomas n'a même pas eu le temps de finir une première chanson, il est engagé sur le champ.
Cette seconde mouture présente un Blood, Sweat & Tears transformé, plus solide et mature, décomplexé. Pour marquer un nouveau départ, sa première réalisation porte le nom du groupe. Elle affiche une aisance digne de grandes formations au long cours, marquées par l'expérience acquise par des années passées sur les routes et en studio. Au contraire du premier essai, cette fournée de 1969 n'est pas vraiment marquée par les ans ; la production irréprochable y concourt, mais également l'interprétation quasi sans faille. Les semi-improvisations jazzy ont remplacé les égarements psychédéliques puérils. Le subtil agencement et l'enchaînement des compositions incitent à une écoute intégrale. Pratiquement comme s'il s'agissait d'une pièce magistrale, un album concept. Une impression encouragée par l'emprunt des premier et second mouvements des "Trois Gymnopédies" d'Erik Satie, magnifié par la flûte de Halligan - oui, il joue aussi du pipeau -, rebaptisées "Variations on a Theme by Erik Satie", ouvrant et clôturant l'opus.
Et puis, bien que les teintes du contenant soient automnales (les sessions ont été réalisées en octobre 1968), le contenu, lui, exhale plutôt des essences printanières. Des parfums de renouveau, éclosant à la fin de l'hiver, se conjuguant avec quiétude, sérénité et optimisme. Même "Sometimes in Winter", avec ses tristes paroles portées par la voix douce et posée de Katz, est épargné de la morosité par l'orchestration. Par la flûte qui virevolte comme une hirondelle, par les cuivres qui vénèreraient l'aube. "Parfois en hiver, je t'aime quand les bons moments ressemblent à des souvenirs de printemps qui ne sont jamais venus. je souhaite que les rues désertes se remplissent de rires, des larmes qui apaisent ma douleur". Ou encore "And When I Die" aux propos proches d'une oraison funèbre, qui est plutôt plein d'entrain, d'enthousiasme, comme un Brass-band de New-Orleans traditionnel (dérapant parfois sur du country-western d'opérette), voire un brin plus euphorique, dirigé par l'harmonica de Katz. "Je n'ai pas peur de mourir, et je m'en fiche un peu si c'est la paix que tu trouves dans la mort... Les problèmes sont nombreux et aussi profonds qu'un puits. Je peux jurer qu'il n'y a pas de paradis, mais je prie pour qu'il n'y ait pas d'enfer... Tant que je vivrai, tout ce que je demande c'est de ne pas être enchaîné... Et tout ce que je demande c'est de mourir naturellement. Me voilà ! Hey ! Hey ! Vois le diable arriver, juste derrière ! ... Je ne veux pas mourir sous l'emprise du démon... Et quand je mourrai, quand je serai mort et enterré, il y aura un enfant qui naîtra dans ce monde pour continuer la tradition" - une chanson de Laura Nyro, une très belle voix oubliée (ses textes, parfois loin des banalités prisées par les radios, souvent aussi jugés trop complexes ou décalés pour l'auditeur lambda, ne faisaient pas l'unanimité).
Outre les cuivres omniprésents et soudés, le jeu explosif de Bobby Colomby et la basse volubile et "Motown" de Fielder, c'est la voix "larger than life" de David Clayton-Thomas qui brille sur cet album. Dès l'enjoué "Smiling Phrases" (piqué à la 1ère galette de Traffic, et débarrassé d'une orchestration un peu pataude au profit d'un swing de jazz-soul fusion), D.C-T insuffle une énergie et un enthousiasme communicatif. Pareillement lorsqu'il booste le "More and More" de Little Milton, D.C-T se faisant alors plus mordant, presque hargneux - un Wilson Pickett plus musclé. Ou lorsqu'il paraît insouciant et bienheureux sur le léger "Spinning Wheel" - terni par un petit concerto de pipeau fatigant. Tandis que bien que servi par des paroles particulièrement niaises, redondantes, il donne une dimension solaire à "You've Made Me so very Happy".
Et la présente version "God Bless The Child" ne serait-elle pas meilleure que l'originale de l'icône Billie Holiday ? Je pose la question ? Le passé tumultueux, l'adolescence difficile de Clayton-Thomas ont dû lui donner de la matière pour se sentir concerné par le sujet. Ce qui est certain c'est que la troupe s'autorise une belle envolée, un torride break de jazz latin, et que l'harmonica projette de sombres teintes de crépuscule bordeaux et indigo.
L'album est un franc succès, malgré quelques critiques sévères, peu amènes. Il grimpe en pole position dans les charts états-uniens et canadiens, et fait aussi une belle carrière commerciale en Europe. Et il sera de même avec le suivant. Malheureusement, un mauvais choix de manager entraîne le groupe dans une tournée dans les pays de l'Est sous l'égide de l'Etat (du Département d'Etat des Etats-Unis) qui sera très mal perçue par la presse musicale. En tant que citoyen canadien, les propos ouvertement anti-guerre de Clayton-Thomas avaient irrité quelques instances d'Etat qui ont alors ourdi pour qu'il soit renvoyé chez lui ; et qu'il ne puisse plus continuer à officier aux Etats-Unis (avec sa récente et forte médiatisation, ses avis pouvaient avoir une influence sur une jeunesse en ébullition). Ce qui aurait pu tuer le groupe, qui aurait bien du mal à retrouver un chanteur de son acabit. Par la même occasion, pour salir ce Canadien outrecuidant qui osait critiquer la politique de Nixon, on a ressorti son passé de délinquant. La tournée en Europe de l'Est organisée par le gouvernement fut l'étincelle qui déclencha l'incendie d'un éternel procès sur BS&T. Dorénavant, souvent encouragé par une presse cruelle, BS&T était un conglomérat de traîtres. Qui étaient partis pour jouer pour des Communistes, ou qui étaient des agents de l'Etat, ou encore qui s'étaient compromis avec des chansons jugées commerciales - ou se reposant trop souvent sur des reprises (certes, majoritaires sur le second et troisième opus) -. Bref, un bouc émissaire sur lequel il était de bon ton de déverser ses frustrations. Ainsi, progressivement, en raison de l'acharnement de la presse - et de quelques groupuscules -, BS&T va perdre en notoriété, jusqu'à faire partie d'un passé quasi oublié. Après avoir rapidement touché les sommets, les années vont se révéler de plus en plus difficiles et amères.
Il existe un bon documentaire sortie en 2023, "What the Hell Happened to Blood, Sweat & Tears", traitant de cette tournée en Europe de l'Est et de ses conséquences. Des bandes filmées de cette époque qui devaient servir pour un long métrage sur la tournée historique du premier groupe américain jouant derrière le rideau de fer, finalement censurées par le gouvernement américain, ont pu être exhumées pour le besoin du documentaire.
P.S. : Blood, Sweat & Tears, à l'instar d'un Keef Hartley Band, fait partie de ses groupes ayant joué en 1969 au festival de Woodstock, mais qui n'apparaissent pas dans le film sorti en 1970. Une décision de leur manager qui, en voyant les caméras, exigea une rallonge de 5000 dollars, sans laquelle il imposa son veto sur toute exploitation des bandes. Une autre erreur de jugement...
Un album connu uniquement des aficionados de blues rock, de funk rock, de
psychédélique et de progressif en général et des fans du groupe en
particulier.
Rare Earth, une Terre Rare ?
Un album qui a une histoire… Il y a quelques années, pour ne pas dire de
nombreuses, je courrais les disquaires et achetais compulsivement tout les
albums qui me tombaient sous la main et particulièrement ceux avec une
image, une photo ou un design qui m’interpellait. Et un samedi que je
trainais au marché au Puce de Clignancourt (Au Marché Jules Vallès plus exactement) et dans une boutique qui ressemblait plus à un souk marocain qu’à autre
chose, je me mettais en quête du graal ou de la perle rare qui rejoindrait
ma collection. Pour quelques francs tu pouvais repartir avec de petit
trésor, j’arriverais à dénicher quelques Beatles
en pressage russe et un pressage mexicain de ”Yellow Submarine“ avec une particularité : le dos de la pochette est imprimé à
l’envers.
Mais je ne suis pas ici pour parler de mes trouvailles, mais il est
possible qu’un jour je rédigerai une chronique sur mes pépites en vinyle.
Donc, ce fameux samedi, en fouinant parmi ces milliers de disques
poussiéreux, une pochette blanche avec le dessin d’une femme nue et grasse
sur un cheval à bascule va m’interpeller, de plus il possède un poster à
l’intérieur. Le groupe est Rare Earth, je le connais de nom pour avoir son album ”Get Ready“ sorti en 1969. Avec son titre éponyme qui fera un succès. Personnellement je n’avais
pas accroché n’étant pas trop branché funky-music mais la voix du chanteur Pete Rivera
était intéressante. Comme je n’aime pas rester sur un première et mauvaise
impression j’achetais cet album qui s’intitulait ”Ma“.
Rare Earth
a la particularité d’être un des seuls groupes "blanc" à avoir signé avec
la
Motown la boîte ou figuraient
Marvin Gaye et
Stevie Wonder dans leur catalogue. Depuis
leur début en 1968 les changements de personnel seront nombreux et
leur style de musique évoluera avec le temps. ”Ma“ ne propose que cinq titres pour une durée de trente sept minutes. Le
morceau éponyme ”Ma“ prendra à lui seul toute la première face, un morceau de dix sept
minutes, ça frétille entre la soul et le funk psychédélique avec une
rythmique au piano qui ne bougera pas d’un iota et des instruments qui
apporteront leurs solo tout le long du morceau. "Big John Is My Name“ : un rythme lourd sur un titres soul.
”Smiling Faces Sometimes“ : un morceau écrit par
Norman Whitfieldet qui aura sa version alternative par les Temptations. Un son Motown
pur et dur. ”Hum Along and Dance“ même chose que le titre précédent avec encore une reprise par
Temptations. Il existe aussi une
version par les Jackson 5 mais
Rare Earth fera une version qui mettra en avant les contributions des différents
membres du groupe, avec des accords de guitare plus incisifs
et une ligne d’orgue bien présente. Le chanteur
Pete Rivera justifie l'absence de
paroles et invite l'auditeur à se laisser emporter par le morceau.
”Come With Me“ : le titre à la fin de l’album n’est pas à mettre entre toute les
oreilles, un son très soul et cool, une guitare, un orgue et… un
soupir qui va monter crescendo, tu pourrais croire que le morceau est
une bande sonore de film X, Gotlib
y fera un clin s’œil dans l’album d’”Hamster Jovial et ses louveteaux“. Une année plutôt, les Aphrodite’s Child
avait déjà fait un titre ”∞“ sur l’album ”666“ ou le ”chant“ de l’actrice Irène Papas
suggérant un orgasme accompagné par la percussion de Vangelis
fut jugé pornographique.
Rare Earth
sortira un album studio en 2008, un live en 2014 et puis
plus rien. Bruno avait parlé d’eux et de
l’album ”Écology“ sortie en 1970. ”Ma“ un très bon album à écouter un soir d’hiver auprès d’un bon feu.
A 75 ans, le plus connu des musiciens aveugles (non ! je ne
parle pas de Gilbert Montagné) a pris un peu de recul avec les
studios.
Plus Chaud Qu’en Juillet
Stevie Wonder est l'un
des plus grands artistes américains de la seconde moitié
du XXe siècle,il a toujours su adapter sa musique à l’air du temps. Depuis son
premier succès ”Fingertips“ en 1962 où il joue un jazz à la façon de
Cab Calloway, il abordera tous les
styles, le funk, le rhythm and blues, la soul, la pop,
etc !
Il n’a pas sorti de nouvel album depuis 2005. Comme beaucoup de
gens de ma génération, je l’ai découvert avec l’album ”Talking Book“ en 1972 qui contenait ”Superstition“ mais, même si ses albums se vendent bien, il va frapper un grand
coup en 1976 avec le sublime ”Songs in the Key of Life“
(clic). En 1980 sort ”Hotter Than July“ qui va cartonner puisque se sera son premier album récompensé disque de platine. Et il abordera même le
reggae qui faisait fureur à l’époque. ”Did I Hear You Say You Love Me“ un morceau très funky/pop entouré d’une section de cuivre et d’un
chœur. ”All I Do“ : du Wonder tout craché avec une
musique soul dont lui seul a le secret.
”Rocket Love“ : basse, piano, voix pour une douce mélodie soutenue par un orchestre
à corde. ”I Ain't Gonna Stand for It“ : le premier hit de l’album avec quelques guests comme
Éric Clapton à la guitare et au chant,
Steve Gadd à la batterie,
Billy Preston au piano et le grand
Nathan East à la basse.
Clapton enregistrera sa version pour
son album ”Reptile“.
”As If You Read My Mind“ : du Stévie Wonder
première époque, celle de
Little Stevie Wonder avec
toujours la petite touche d’harmonica. ”Master Blaster (Jammin’)“ est le gros hit de l’album avec un rythme de reggae, un
hommage à Bob Marley et à
l’indépendance du Zimbabwé. ”Do Like You“ : un funk rapide avec la même construction orchestrale. ”Cash in Your Face“ : même si
Stevie Wonder a du génie,
dans certains titres il ne se renouvelle pas et reste dans le
même style de musique, ce qui donne l’impression d’avoir déjà
entendu la même chose sur ses autres albums. ”Lately“ est une jolie ballade lente qui sera aussi un hit.
”Happy Birthday“ : Stevie Wonder
sera un militant etl'une des principales figures d'une campagne médiatique pour
que l'anniversaire de
Martin Luther King devienne
une fête nationale. Il a utilisé la chanson pour
populariser cette cause, en tenant une conférence de presse au
Rassemblement pour la paix en 1981. Ronald Reagan
approuvera la fête en signant le décret en 1983. Cette chanson est bien particulière, ce sera aussi un hit,
et les gens la chanteront pour fêter des anniversaires sans
trop en connaître la signification, un peu comme le ”Born in the USA“ de
Sprinsteen où Ronald Reaganavait tenté de s'approprier les paroles pour sa campagne
électorale y voyant à travers les paroles un hymne à la gloire
des États-Unis.
”Hotter Than July“ était une nouvelle facette de la personnalité musicale de Stevie Wonder,
pas déplaisante. Pour retrouver son nouveau visage, il faudra
attendre l’album ”Characters“ en 1987.
Amy Winehouse. J’avoue n’avoir jamais vraiment écouté, Rockin-jl avait
fait un RIP en 2011, mais aucun album n’avait été chroniqué.
Le club des 27 toujours vivant !
Elle n’avait pas 27 ans mais 26 ans et 10 mois, ce qui n’empêchera pas le
club des 27 à continuer de faire des ravages, le dernier en date
étant un rappeur en 2018.
Amy Winehouse s’est forgée une carrière
avec une image et deux albums. Mourir d’une surdose d’alcool quand on
s’appelait Winehouse ce
patronyme était-il prémonitoire ? Avant tout Amy revendiquait un look et un style de musique un peu rétro mais redoutable.
Après un premier album en 2003 ”Frank“ qui n'aura du succès qu’après la sortie de ”Back to Black“. ”Frank“ est un album très soul et surtout avec riche d'intonations jazz très
prononcées. Une voix un peu nasillarde qui avec le temps deviendra plus
âpre, plus rugueuse surement du à ses excès en tout genre. La chanteuse
n’en sera pas satisfaite et trouvera que la promotion était désastreuse.
”Back to Black“ est avant tout un album autobiographique de la chanteuse, elle
composera l’album de A à Z. Car en plus d’être une excellente chanteuse,
elle était une compositrice hors pair.
Amy Winehouse ou le mariage entre
Wanda Jackson et
Alicia Keys, mais pas seulement comme
pourront le démontrer d’autres titres. ”Rehab“ premier titre et premier succès, c’est le single qui propulsera
l’album dans les charts. Elle y parle d’une dépression et d’une
addiction à l’alcool, rehab est une abréviation pour centre de
désintoxication (rehabilitation center). Un titre qui sera repris à plusieurs reprises. ”You Know I'm No Good“ une chanson reprise par
Wanda Jackson et
Coeur de Pirate en France. ”Me & Mr Jones“ sonne comme un vieux rythme & blues d’après guerre, il ne manque
plus que les craquements du disque. ”Just Friends“ : une rythmique tenue par les percussions et le saxophone et une
section de cuivres en arrière plan, une jolie chanson très reposante.
”Back to Black“ : un titre qui
parle de la fin d’une histoire d’amour. Composée en partie par le
producteur Mark Ronson,
Amy écrira les paroles et fera les
arrangements en deux heures. La première fois que j’entendrais l’intro
avec ces accords plaqués au piano, tout de suite la même construction
dans le morceau ”Lettre à La P'tite Amie De L'ennemi Public N° 1“ de Jacques Higelin en 1978 me
sauteront à l’oreille. Mais à la différence de la chanson du chanteur
français, celui d’Amy
est un titre soul très sombre,
la chanson raconte le chagrin et la souffrance de
Winehouse causés par la fin d'une
romance et qui sera représenté sous la forme d’une métaphore dans un
clip par des images d’un enterrement. La pierre tombale comporte les
mots ”R.I.P The Heart of Amy Winehouse[“
Certains journalistes y verront un rapport à son addiction à
l’alcool, une vision étrange de l'avenir d'Amy Winehouse. La chanson sera un hit mondial.
”Love is a Losing game“ : un beau blues, lent mais un clip
très controversé. Le
tournage
sera
annulé on car pouvait la
voir fumer
du crack. ”Tears Dry on Their Own“ Un beau morceau jazzy. ”Wake Up Alone“
Un morceau qui n’est pas sans rappeler
Dionne Warwick dans les années 60.
Que ce soit ”Some Unholy War“, ”He Can Only Hold Her“ ou ”Addicted“, Amy Winehouse fera revivre
The Suprèmes,
Sarah Vaughan et
Aretha Franklin.
”Back to Black“ est un retour dans le passé avec une grosse touche de modernisme.
Malheureusement, cette instrospection d’Amy Winehouse sur elle-même sera son testament musical même si un troisième album
posthume sortira cinq mois après son décès ”Lioness: Hidden Treasures“. Un autre album aurait dû sortir mais il a été détruit par le
patron d’Universal UK.