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vendredi 1 mai 2026

PROJET DERNIÈRE CHANCE de Christopher Miller et Phil Lord (2026) par Luc B.


Dis comme ça : je suis allé voir le dernier film des réalisateurs de LA GRANDE AVENTURE LEGO, ça vous fissure une réputation. Christopher Miller et Phil Lord sont aussi à l’origine de TEMPÊTE DE BOULETTES GÉANTES et de l’adaptation bof cinoche de 21 JUMP STREET. Il est bon de rappeler cet historique, parce que PROJET DERNIÈRE CHANCE risque d’en désarçonner plus d’un, à commencer par votre humble et pourtant tolérant serviteur.

Gloubi-boulga improbable de blockbuster SF, huis-clos spatial et métaphysique, comédie potache. Ingrédients déjà utilisés par Bong Joon-ho dans MICKEY 17, que j’avais bien aimé - j'étais à peu près le seul...

De quoi s’agit-il ? Ryland Grace, un ponte de la chimie moléculaire mais simple prof de science en collège, se réveille d’un coma profond à bord d’un vaisseau, loin, très loin de notre galaxie. Ses deux compagnons de route non pas survécu au voyage. Grace est seul, azimuté, hirsute, pris de panique, c'est quoi ce cauchemar ? Flash-back...

Il avait été recruté (aux forceps) par Eva Stratt pour apporter ses compétences à une mission aussi sensible que secrète : sauver la Terre. Car le soleil perd son énergie, aspirée par on ne sait quoi. Notre température risque de perdre 20 degrés, seuls les vendeurs de doudounes s’en réjouissent.

Le phénomène serait du aux astrophages, genre de micro-organismes qui bouffent tout, et dont Ryland Grace est justement spécialiste. Notre soleil, les étoiles en sont victimes, sauf une : Tau Ceti. C’est là-bas qu’il faut aller élucider le mystère, à 11,9 années lumières, prévoyez le casse-croûte. Le carburant embarqué ne permet que l’aller, pas le retour. Une mission suicide, donc…

PROJET DERNIÈRE CHANCE c’est la rencontre de Kubrick et de Mel Brooks. Une fable métaphysique, par moment contemplative, les engins n’y dansent pas sur une valse mais sur du tango, les références à 2OO1 y sont légions (le sas de décompression, la marche à l’envers, la combinaison, le décès des compagnons, la voix synthétique) comme à STAR WARS, E.T., LA PLANÈTE DES SINGES, SOLEIL VERT et j’en passe. Mais le ton est résolument rigolo, l’acteur Ryan Gosling (également producteur) s’y amuse comme un fou, et passé un moment de gêne, nous aussi. 

Les scènes en flash-back, sur Terre, avec la communauté scientifique, les expériences en labo, ne sont pas ronflantes, souvent drôles, tiennent presque du gag, sérieux s’abstenir. Il y a chez Ryland Grace un côté Mac Gyver de la biologie, la témérité en moins. Scène géniale où il comprend qu’on ne lui laisse pas le choix (« où est problème ? vous n’avez pas de famille, d’amis, ni de chien... ») c’est lui qui partira sans billet de retour. Bruce Willis, lui, ne fuyait ses responsabilités, et se sacrifiait pour l’humanité sans frémir.

Le récit bascule lorsque Grace se retrouve face à un autre vaisseau, comme surgi de nulle part, qui le suit comme un aimant, une cathédrale de tubes dorés, qui tente d’entrer en communication en envoyant des sondes (qui tournoient comme un certain tibia lancé par un primate...).

La séquence est très belle, angoissante (ce tunnel), surprenante. Les réalisateurs ont proscrit le numérique, sont revenus aux fondamentaux du cinéma, prises réelles, transparences, effets photographiques. Le film est visuellement superbe. Grace se retrouve face à un alien qu’il surnomme Rocky, un bloc de pierre à cinq pattes, qui émet les mêmes sons que Chewbacca ou qu'un estomac affamé, et tressaute comme D2R2. What the fuck ?! On se fout de qui ? George Lucas* sort de ce corps ! Grace scanne les fréquences sonores du gros cailloux, les traduit en sons, en syllabes, en mots. Ils vont pouvoir communiquer et travailler ensemble. Car Rocky a le même problème d’astrophages sur sa planète.

Jolie trouvaille : il lui faut une voix à cet alien. Grace en essaie plusieurs, dont celle de Meryl Streep (« elle sait tout jouer ! » dira-t-il), mais finalement opte pour une voix masculine, posée, limite hautaine, qui rappelle l’ordinateur Hall 9000 dans 2OO1 en moins anxiogène.

On est un peu déphasé devant ce qui s’apparente à une resucée de E.T. avec cet alien gentil et gaffeur, qui fera marrer les moins de 8 ans. Mais ça finit par fonctionner car Miller et Lord y croient à leur buddy-movie spatial, vont au bout de leur délire, un huis clos improbable mais habilement entretenu par l’intrigue, l’action, filmée à l’ancienne (ça fait un bien fou !). On n’évitera pas les moments émotions un peu faciles sur la fin (E.T. et son gros cœur rouge qui bat…) ni les gags potaches pipi caca. 

Derrière les fanfaronnades du héros très cool (Ryan Gosling a tout de même un charme fou) le film arrive à rendre ce sentiment de solitude chronique, cette angoisse face à l’immensité, au vide, à l’inconnu, une plongée vers un ailleurs nourrie de questions existentielles. Le film est long, oui, mais bien rythmé et riche en péripéties. J’aurais une réserve sur la fin. Pas l’épilogue savoureuse entre Grace et Rocky, au second degré assumé, mais sur ce qui se passe sur Terre.

L’aventure de notre astronaute amateur est incroyable au sens strict du terme. On repense au dernier chapitre de LA PLANÈTE DES SINGES, le roman, pas le film. Qui semble avoir inspiré Andy Weir, auteur de la nouvelle ici adaptée, qui avait aussi écrit SEUL SUR MARS (adapté par Ridley Scott). L’angoisse finale qui suinte du film naît parce que Ryland Grace est le seul à savoir, et qu’il ne pourra jamais le raconter. Elle était là, la clé. Fallait-il une conclusion rationnelle, sans mystère, réconfortante, le bon vieux happy end ? Ce que Kubrick avait justement évité.

On parle parfois d’ovni cinématographique. J’en ai vu un, et je le prouve ! On accroche, ou pas. Un spectacle totalement débile, ou au contraire merveilleux, au sens du conte, pas si naïf, divertissant.


Couleur - 2h40 - format scope 1:2.39 / 1:2.20 / 1.1:90 / Imax (oui, un joyeux bordel !)

les réalisateurs préparaient un épisode de la franchise Star Wars, une production George Lucas donc, et ont été finalement virés du tournage à cause de leur façon de faire, plus proche d’un Michel Gondry que d’un James Cameron.

vendredi 27 mars 2026

SINNERS de Ryan Coogler (2025) par Luc B.


Ryan Coogler commence a pesé dans le business. Premier gros succès avec CREED (2015) une resucée de la franchise ROCKY BALBOA, avec Michael B. Jordan et un Stallone vieillissant. Le réalisateur ne sera pas aux commandes de la ribambelle de suites, mais Jordan oui. Entre l’acteur et le réal débute une collaboration avec BLACK PANTHER (2018) salué comme le premier film de superhéros noir - un Marvel comme les autres ni plus ni moins, surtout moins - et ce SINNERS. Coogler revisite le cinéma de genre pour l’adapter à sa communauté, le film de boxe, de super héros, ou de vampire.

C'est l'actu du moment (d'où l'article) Michael B. Jordan a reçu l’Oscar cette année. Etait-ce mérité ? Mouais… Non pas que l’acteur démérite, mais les prestations de Di Caprio chez PTA (surtout) ou Chalamet chez Safdie étaient d’un autre calibre. Sauf que dans SINNERS, le comédien joue deux rôles, deux frères jumeaux, le genre d’acrobatie qu’on aime bien récompenser (j'ai tout de même l'impression qu'il joue les deux partitions de la même manière, à part la couleur des chapeaux c'est quoi la différence ? On est loin du Jeremy Irons de FAUX SEMBLANTS, ou même de Laurent Laffitte dans le récent et rigolo ALTER EGO)

A savoir les frangins Smoke et Stack Moore, qui ont fait fortune à Chicago dans trafic d’alcool, de retour dans leur bled de Clarksdale, Mississippi, pour y ouvrir un juke joint. Une vieille grange aménagée pour y jouer le blues, boire du vrai whisky et de la bière irlandaise. Ca tombe bien, leur jeune cousin Sammie joue merveilleusement bien de la guitare et possède un joli brin de voix (Miles Caton, musicien, dont c'est le premier rôle). L’action se déroule en 1932.

Clarksdale n’est une bourgade prise en hasard dans le bottin. C’est un des hauts lieux du blues, y sont nés ou passés des gars comme Son House, Charley Patton, Muddy Waters, John Lee Hooker, on raconte que c’est là que Robert Johnson a pactisé avec le diable. Sammie épate en jouant une chanson, son cousin reste bouche bée devant un talent si précoce. Allusion surement à la légende Johnson. Le gamin croit que sa guitare a appartenu à Charley Patton, qui lui en aurait appris les rudiments.

Toute la première partie du film concerne l’installation du bouge, l’achat de la grange à un gros blanc trop honnête pour l’être réellement, les retrouvailles avec les petites amies, la blanche Mary pour Stack, la noire Annie pour Smoke, et les amis chinois Grace et Bo Chow. Ce qui domine est l'idée de communauté, l’entraide, un élan commun, centré sur une population exclue, les noirs, les chinois. Les blancs sont immédiatement suspectés d’être du KKK. Scène fameuse où Smoke pète les genoux à coups de flingues à deux types qui regardaient de trop près son camion (les moeurs à Chicago sans doute). Coogler s’offre un beau plan séquence reliant deux magasins de la rue, mise en scène très fluide, rythmée juste ce qu’il faut, de la tchatche dans les dialogues, un peu de frime aussi.

A noter deux formats différents d’images, le classique 1:1.85, et du scope 1:2.76 / 70 mn, ultra large, celui utilisé par Tarantino dans LES HUIT SALOPARDS. J’avoue n’avoir pas compris pourquoi. On va être amené à reparler de Tarantino ou de Robert Rodriguez assez souvent, le film lorgne tout de même du côté de DJANGO UNCHAINED et UNE NUIT EN ENFER. L’image est assez sombre, la photo contrastée, on sent que l'esthétique compte, mais certaines scènes sont limite lisibles.

Jusqu'à présent on donnait dans le bucolique testostéroné. Et puis cette scène en pleine cambrousse. Un gars, Remmick, fait le coup du « j’ai eu un accident, est-ce que vous pouvez m’aider » à un couple de jeunes fermiers. Une petite brise nauséabonde commence à souffler. Puis déboulent une bande d’indiens Choctaws, armés jusqu’aux dents, à la recherche de Remmick : « si vous le voyez, ne le faites pas entrer »… Trop tard. Les fermiers sont sauvagement trucidés par un Remmick l’écume aux lèvres, le regard aux reflets rouge.

Quand à la tombée de la nuit la fête bat son plein dans le juke joint, Remmick et les fermiers (bien vivants) s'invitent pour faire le bœuf, et se lancent dans une interprétation sautillante d'un morceau country. La scène est troublante, par les attitudes, les politesses suspectes, les mauvaises ondes qui planent. Impression confirmée lorsque Cornbread, qui fait office de videur, sort pisser, puis revient... changé, différent. Est-ce le même ? Le fait-on entrer ? Dialogue tarantinesque, en tension, le calme avant la tempête. Voyez comme la caméra est judicieusement placée à l’extérieur, de profil à la baraque, délimitant l'espace intérieur (rassurant) et extérieur (hostile). 

Autre grand moment de mise en scène, lorsque Sammie joue un blues, la caméra virevolte en plan séquence parmi les danseurs, soudain un guitariste s’invite dans le cadre, une Gibson flying V en bandoulière, sapé funky comme un Bootsy Collins, le son devient rock, et apparait un DJ qui fait scratcher ses platines, puis des percussionnistes africains traversent l’image. En un seul plan virtuose, Ryan Coogler résume tout ce que la musique noire doit au blues, et ce que le blues doit à l’Afrique. Chapeau bas.

Ce qu’on subodore se confirme. Le film verse alors dans le cinéma d’horreur, mix de vaudou, vampires, zombies, salement sanglant, situation classique de la maison assiégée, une NUIT DES MORTS-VIVANTS de George A. Romero épicée de sauce Tarantino/Rodriguez, l’humour potache et le second degré en moins. Fallait-il faire durer les hostilités ? Pas sûr. Comme dans le blues, less is more.  

SINNERS se veut une allégorie de ce qu’on appelle l’appropriation culturelle. Remmick est irlandais, donc issu aussi d’une communauté qui a lutté pour s’intégrer (voir GANGS OF N.Y. de Scorsese). La figure du vampire s’approprie les âmes, fait siennes ses victimes. Remmick, cherche-t-il à se venger, à gommer les cultures pour n’en faire qu’une ? Identité culturelle que les frères Moore cherchent à sauvegarder, en se préservant de mixité ? Est-ce ce que Smoke entend lorsqu’il interdit l’entrée à Remmick : « Ta musique n’a pas sa place ici ». Le propos politique sous jacent n'est pas toujours clair. Et musicalement, ce serait un petit ripolinage historique puisque country et blues faisaient bon ménage, la ségrégation musicale n’est venue que plus tard.

Par contre, ne partez pas au générique de fin. Le meilleur est à venir, une scène dans un club de blues, en 1992, mettant en scène Buddy Guy himself, qui reçoit la visite de deux fantômes surgis du passé, son passé, il y est encore question de pacte diabolique…

SINNERS a cumulé un nombre impressionnant de récompenses à travers le monde, scénario, musique, interprétation. Ryan Coogler ose et réussit un joli mélange de genres, une histoire originale, un scénario solide, une belle direction artistique, dommage ne de pas avoir retenu les chevaux dans la dernière partie, y’avait plus subtil à proposer.


couleur  -  2h15  -  format Imax 70mn 1:1.85 et 1:2.76   

Bande annonce aussi tonitruante qu'exaspérante, des effets en veux-tu en voilà, qui donnent envie de fuir. Le film et sa musique valent mieux que ça.  

mardi 17 mars 2026

”ZOMBIE“ (1978) de George A Romero - par Pat Slade




Depuis quelques années  le zombie revient en force, tout a commencé par la faute de monsieur Romero



ZOMBIE, la chair est faible




Ma première idée était de parler des Rolling Stones, mais quand tu vois la tête de Keith Richards, l’un dans l’autre, il n’y a pas trop de différence et beaucoup de ressemblance avec les boulotteurs de chair humaine. Tout de suite tu penses à un zombie tellement ce mec a été déglingué par la vie.  Depuis  quelques années le marché du zombie est remonté à la hausse dans toutes les déclinaisons possibles, que ce soit horrifique, ce qui est son but premier avec la série ”The Walking Dead“ qui durera 11 saisons sur une durée de diffusion de douze années ou humoristique avec les deux volets de “Bienvenue à Zombieland“, ”Manuel de survie à l'apocalypse zombie“, ou ”Shaun of the Dead” que j’avais chroniqué ici même. Les américains resteront les maitres incontestés du mort qui marche, des 1932 avec ”White Zombie“ de Victor Halperin qui récidivera 4 ans plus tard avec ”La révolte des zombies“. Michael Curtiz à qui on doit “La Charge de la Brigade Légère” en 1936 réalisera la même année ”le mort qui Marche“ avec Boris Karloff , un habitué des savants fous et des "résurrections" dans les années 30 (monstre de Frankenstein, Momie, etc.) : Et puis en 1968 Les zombies vont se lever en force avec le premier film d’un jeune réalisateur de 28 ans qui en écrira le scénario, le produira et jouera même dedans, George A Romero tournera le cultissime ”La Nuiit des Morts-Vivants“.
George A Romero

Il faudra attendre dix ans avant que le succès ne revienne. Il fera bide sur bide et on se posera la question s’il n’était pas le réalisateur d’un seul film. Et puis arrivera ”Zombie“ (Dawn of the Dead). Fini le noir et blanc de son premier film, le zombie prend de la couleur, le sang est bien rouge et les zombies sont bleus, ils étaient gris au départ mais le rendu sur la pellicule en ont fait des schtroumpfs. L’intrigue se passe en huit clos comme pratiquement beaucoup de films de zombies. Romero mettra souvent ses personnages dans des endroits clos comme dans ”Le Jour des morts-vivants“ en 1985 dans une base souterraine de l'armée américaine, dans ” L'Armée des morts“ en 2004 ou il reprend l’idée de ”zombie“ en mettant les protagonistes dans un centre commercial, dans l’excellent ”Le Territoire des morts“ en 2005 ce sera dans une ville partagée entre les riches et les pauvres et dans ”Le Vestige des morts-vivants“ en 2010 sur une île.

 ”Zombie“ sera un tremplin au cinéma pour les morts-vivants afin qu’ils puissent se nourrir en toute quiétude. Le contexte (quels que soient les films de bouffeurs de chair humaine) est toujours le même. Une épidémie offre l'opportunité aux morts (et enterrés) de revenir à la vie et d'attaquer les vivants. Une fois mordus, ceux-ci se transforment à leur tour en macchabées affamés. Et la suite de “La nuit des morts-vivants” gardera les mêmes bases. Fran (Gaylen Ross) est une journaliste qui travaille sur une chaine de télévision en pleine dérive, Stephen (David Emge), pilote de l'hélicoptère du studio et petit ami de Fran, propose à cette dernière de s'enfuir en volant l'appareil. Dans une autre partie de la ville, une unité du SWAT prend d’assaut un immeuble précaire occupé par des Afro-Américains et des Portoricains qui refusent, comme l'exige la loi, de détruire les corps de leurs proches.






Parmi l’unité d’élite, Roger (Scott Hale Reiniger) qui pour l’anecdote a une vague ressemblance avec Phil Collins jeune et Peter (Ken Foree) ami de Stephen qui doit s'enfuir avec lui, propose et à Peter de les rejoindre. Le groupe des quatre fugitifs quittent donc la ville pour trouver un refuge. Le groupe se posera sur le toit d'un centre commercial et décidera de s’installer après avoir fait le ménage des zombies qui s'y trouvaient.


 Fran doit s'imposer auprès des hommes qui prennent les décisions sans elle, notamment après qu'ils aient découvert qu'elle est enceinte. Elle veut apprendre à piloter l'hélicoptère au cas où il arriverait quelque chose à Stephen. Le petit groupe profite, pendant quelque temps, du centre commercial, mais l’ennuie s’installe avec cette vie en vase clos. Ils vont bloquer les entrées à l’aide de camions mais c’est à ce moment que Roger se fera mordre. Peter doit abattre Roger, qui s'est transformé en zombie. Mais toute les bonnes choses ont une fin, un groupe de bikers arrive à pénétrer pour un pillage en règle, laissant rentrer une horde de zombies derrière eux. S’en suivra une bataille rangée entre Peter et Stephen, bikers et Zombies (parmi les bikers, le maquilleur Tom Savini et sa moustache que l’on retrouvera avec le même look avec le rôle de Sex Machine dans ”Une nuit en enfer“ de Rodriguez en 1996). Après une scène de têtes éclatées et d’éventrations en tout genre ou Stephen finira lui aussi transformé en mort vivant, Fran décide de s'enfuir en hélicoptère avec Peter et constate qu'il lui reste très peu de carburant… Question "On va où ?"


Après avoir été censuré en France, le film ne sortira quand 1983 avec une interdiction aux moins de 18 ans. Pourquoi a-t-il été censuré ? ce n’est ni à cause du mâchouillage, ni des  têtes explosées, mais en tant qu'incitation au pillage dans les supermarchés 😊. Un film réservé aux amateurs d’hémoglobine et de massacres en tout genre. Je possède encore l’affiche et le copie en version originale ou une scène n’existe pas sur la version française, un zombie scalpé par les pales d’un hélicoptère. (Le concept de l'œuf à la coque d'après Le Toon – Tss Tss petit malin comique)

Zombie“ Une bonne entrée en matière dans le film du genre horrifico gastronomique.


mercredi 24 décembre 2025

BAMBI The Reckoning (2025) de Dan Allen, .... by "Bambi" Bruno



     Bon.... c'est Noël à ce qu'il paraît... le temps où tout le monde s'entasse dans des embouteillages monstres et des boutiques surchauffées et surchargées pour essayer des babioles qui risquent de finir dans un coin, à prendre la poussière. Ou, faute de mieux, dans un vide grenier. Un temps normalement décrété comme instant de paix, de trêve, alors que les gens "civilisés", stressés par le compte à rebours, finissent - ou commencent - leur journée en s'engueulant copieusement entre eux. Un temps qui excuse, encourage même, les excès alimentaires. Boissons comprises, entraînant parfois, bien malheureusement, quelques froissages de carrosserie et ecchymoses... c'est gai... Temps où volailles et bétail tremblent d'effroi, sentant leurs derniers instants arriver. Tandis qu'au loin, dans la forêt, les tronçonneuses rugissent, débitant avidement de jeunes sapins qui n'auront jamais l'occasion de s'élever aussi haut que leurs vénérables pères. Qui, au lieu de fournir abris et ombrage à la faune, finiront sans terre et sans eau, ridiculisés sous un tas de bibelots et de bricoles clinquants, avant de finir à la poubelle, ou au mieux au feu. 

      Des temps festifs immémoriaux puisque même en dehors de la vieille Europe, on fêtait alors le solstice d'hiver. Le jour du nouvel an, on s'en foutait royalement mais le solstice - d'hiver comme d'été -, c'était du sérieux. On s'investissait et on mettait les grands moyens, du moins ceux qu'on avait à disposition. Il paraîtrait même que certains à leur entourage... 


   Temps aussi de regroupements familiaux, avec, quelques fois, les vapeurs d'alcool aidant, de monumentales prises de bec pouvant aller jusqu'au pugilat. Le tout, sous le scintillement des guirlandes électriques et le regard des enfants terrorisés par ces adultes braillards et gloutons, parlant, entre deux postillons XXL, plus fort que jamais. Oui, depuis des décennies, on insiste, avec moult publicités lobotomisantes, pour dire que c'est aussi, et surtout, le temps des enfants. Des enfants qui, pendant que les parents et leurs potos se mettent "torchon, chiffon, carpette", sont placés devant la télévision pour regarder des émissions spécialement élaborées pour l'occasion. Soit avec un bombardement en règle de publicités pour éveiller l'irrésistible envie de posséder l'indispensable dernier truc pour se sentir exister, pour ne pas être un paria.

     Une télévision parfois regardée en famille. L'occasion de montrer à sa progéniture la richesse des films de Sam Raimi, Lucio Fulcio, Carpenter, George Romero, Del Toro, Tobe Hooper, Wes Craven, Àlex Del Iglesia. Sinon, évidemment..., y'a bien aussi les trucs de Disney. L'incontournable industrie Disney et ses films vus et revus par plusieurs générations. Notamment Bambi. Joli conte de la forêt, foncièrement anti-chasse. Bambi, un peu oublié de nos jours, mais qui revient pour le bonheur de tous pour une suite sans grande prétention, mais toute mignonne, pleine de bons sentiments qui devraient ravir parents et progéniture. 

     Depuis, Bambi a bien grandi. Il a pris du poil de la bête - c'est le cas de le dire -, et des cornes (des bois) maousses costauds. Bambi a rencontré une belle petite aux yeux de biche. En fait, c'est une biche. Carrément. Tous deux vivent d'amour et d'eau fraîche et ont un petit faon. Une tête de mule qui ne prête pas suffisamment attention aux préceptes de ses parents. Ce n'est pourtant pas faute à papa et maman cerfs d'amener le rejeton à la lisière de la forêt pour lui montrer les réels dangers et horreurs qui hantent l'au-delà des bois. Qu'il voit de ses yeux noirs et ingénus les monstres imberbes, crachants, puants, bruyants, expulsant d'impressionnants pets de fumée noire pendant qu'ils dévorent la terre. D'effroyables et insatiables démons sans âme et sans cœur, qui ne semblent animés que par le désir de destruction aveugle et insensée. L'enfer est là, et il se rapproche. 

     Ce qui devait arriver arriva. Ce n'est pas le jeune benêt qui prend cher mais la daronne qui, gambadant tranquillement, la tête ailleurs, se fait méchamment percuter par un camion. Non mais, ça fait pourtant du bruit ces engins. D'autant plus dans la forêt, en empruntant un semblant de piste aucunement carrossée. C'est à croire que la biche avait ingurgité des baies hallucinogènes. Quoi qu'il en soit, le mal est fait. Bambi arrive et reste figé devant le corps inerte de son aimée. Absorbé par la tristesse, il n'entend pas le bipède bizarre, sans visage et sans cou, arriver derrière lui pour lui asséner un violent coup de pelle qui l'amène directos au pays des rêves. On se demande bien qu'elle pourrait être la logique qui entraîne un bonhomme dans une combinaison à assommer un cerf d'un coup de pelle. S'il est chasseur ou amateur de gibier bien cuisiné, pourquoi n'emporte-t'il pas son butin ? Sinon, pourquoi ne le fait-il pas simplement fuir ? Par crainte de témoins gênants ? Possible, mais il est bien probable que le shérif du coin ne pige que dalle aux raires et brames du cerf. Ainsi, pendant que Bambi roupille, le cosmonaute des chantiers vide des fûts dans la rivière, qui se teinte alors d'un inquiétant vert fluo.


   Lorsqu'il reprend ses esprits, Bambi, visiblement, aveugle et anosmie, étanche sa soif dans la rivière polluée. Déjà lourdement traumatisé par la perte de ses parents tués par des chasseurs, il est attisé par la haine et l'impétueux et brûlant désir de vengeance. Boosté (stéroïdé ?) par les déchets chimiques qu'il a avalé, il se transforme en Toxic Avenger carnassier, bien décidé à faire le ménage. À nettoyer la forêt des irrespectueux et envahissants intrus, responsables de tous ses maux. 

     Jusqu'à présent, la séquence était une animation monochrome ; les seules touches de couleur étant le sang et le liquide vert fluo. Désormais, ça se poursuit en séquence filmée. On y découvre un Bambi bodybuildé avec la gueule du buste du cerf ricanant d'Evil Dead, avec en sus une rangée de canines ridiculisant celle du tyrannosaure. Oui, parce que dorénavant, tant qu'à faire, Bambi est devenu carnivore. Et il a la dalle. Son mets préféré ? Le bipède cause de ses malheurs depuis l'enfance. Les animaux de la forêt semblent à l'abri de son vorace appétit. Enfin vorace, on ne sait pas trop. On découvre surtout un beau charnier où se mélangent fémurs, boîtes crâniennes, cages thoraciques et autres os 100 % origine humaine.

     Pour revenir brièvement à la faune, pas sûr non plus qu'elle ne soit pas affectée pas le même mal - ou délivrance ? - que Bambi. En effet, un post-adolescent attardé et flemmard fait la rencontre d'un gentil petit lapin, qu'il droppe, tel un Wilkinson des grands jours, pour passer ses nerfs et évacuer sa peur. L'attendrissant revient tranquillement - serait-ce Pan-Pan ? -... accompagné de congénères... "Euh...hmm.. j'm'excuse..", lance apeuré le jeune homme larmoyant, sentant qu'il y a un truc louche... reculant dangereusement vers...

     Et comme tout bon film familial qui se respecte, une histoire de famille s'immisce dans l'histoire de Bambi. Et même, cela permet d'inclure la charmante Roxanne McKee - qui a aussi des yeux de biche. Seule rôle qui aurait ici la capacité, éventuelle, de grossir un audimat pas gagné d'avance 😉. Il y a bien aussi l'actrice accessoirement chanteuse Samira Mighty, mais sa présence à l'écran est assez limitée. Une famille qui devait se retrouver pour un dîner et un beau gigot de dinde (Thanksgiving ?). Une famille relativement divisée, avec notamment un père souvent absent, délaissant épouse (ex-épouse) et enfant. Trop accaparé par son travail à l'entreprise de retraitement de déchets toxiques. Ha ! Ha ! Ça se recoupe ! 😂 D'autant qu'il semblerait que la grand-mère (la mère du papa délaissant sa famille pour bosser "H 24" à l'entreprise aux procédés litigieux) semble connaître Bambi et sa mutation. De plus, il est probable qu'un des hommes de main de la compagnie polluante soit le chasseur qui ait flingué, il y a des années, maman Bambi... ho, ho, ho... On n'en dévoilera pas plus... même si y'a pas vraiment de surprises 😁 

     S'ensuit une ribambelle de belles balades et de trépidants rallyes nocturnes en forêt, de joyeuses rencontres, de pleurs, de chaleureuses retrouvailles, d'hémoglobine, de rebondissements, de suspense haletant. Dan Allen, habitué du genre - en fait, il ne déroge pas de son credo -, déjà responsable de méfaits tel que l'infâme "Winnie The Pooh" (en killer fatigué du bulbe), joue avec les clichés en multipliant les références à Alien, Jurassic Park, Grizzly et The Monster (et Dog Soldiers ?), ainsi qu'aux comics de Swamp Thing. Un beau film familial, pas finaud pour un sou, vaguement écolo mais vachement rigolard. Joyeux Noël 🎄 !!


💀

Articles liés (lien) - films familiaux de Noël : 

🎄 " Violent Night " de Tommy Wyrkola (2022) 🎄 " Evil Dead Rise " de Lee Cronin  🎄 " Calvaire " de Fabrice Du Welz (2004) 🎄 " 28 Semaines plus tard " (2007) de Juan Carlos Fresnadillo  🎄 " Event Horizon " ("Le Vaisseau de l'au-delà") de Paul William Scott Anderson  🎄 " Blood Quatum " de Jeff Barnaby ( 2019 - 2020 ) 🎄 " L'Antre de la Folie " John Carpenter (1995)  🎄 " Gremlins " (1984) de Joe Dante 🎄" Evil Dead " (1981) 

mardi 25 novembre 2025

SHAUN of the DEAD (2004) de Edgar Wright par Pat Slade



Le renouveau du film de zombie où horreur et humour font bon ménage.



The Z-DAY




Le genre du film de zombie évolue avec le temps. Du premier ”White Zombiede Victor Halperin en 1932, il passera par les mains de George A. Romero qui réalisera le mythe fondateur avec ”La Nuit des Morts-Vivants“ en 1968. Ce dernier me donnera le déclic pour les bouffeurs de cerveau avec ”Zombie“ en 1978. Et puis le genre zombie s'élargit (Pas le  zombie lui-même qui restera à l'état d'un légume bouffeur de viande fraiche tout le long de ses apparitions à l’écran). Aux litres d’hémoglobine l’humour va prendre une place importante pour que le sujet se renouvelle un peu. Le zombie peut faire rire et c’est une chose que Romero n’aurait jamais pu imaginer, la comédie horrifique va faire son apparition. Des films comme ”Scary Movie“, ”Le Bal des Vampires“, ”Bad Taste“, ”Braindead“ ou ”Frankestein Junior“ pour ne citer que ceux-là redéfiniront complètement un genre qui s’engluait dans un style de film qui t’empêchait de passer une nuit sereine. Les zombies vont traverser l’atlantique pour venir en Angleterre et ce ne sera pas pour y boire une Guinness dans un pub.

Shaun of the Dead“ est le premier film de la trilogie d’Edgar Wright qui comprendra ”Hot Fuzz“ et ”Le Dernier Pub avant la fin du monde“, trois films aux genres diamétralement opposés. Une trilogie appelé ”Blood and Ice Cream Trilogy“ Pourquoi Ice Cream ? Parce que les personnages, à un moment ou à un autre du film, achètent des glaces Cornetto avec la présence de sang. Les trois films de la trilogie rendent chacun hommage à un genre cinématographique différent avec une couleur principale mise en avant. Couleur rouge sang pour ”Shaun of the Dead“ couleur bleue de la police pour ”Hot Fuzz“ et la couleur verte des extraterrestres pour ”Le Dernier Pub avant la fin du monde“.
 
Shaun of the Dead“ raconte l’histoire de Shaun (Simon Pegg), un vendeur dans un magasin d’électroménager, méprisé par ses collègues, qui ne s'entend pas avec son beau-père Philip et est largué par sa petite amie Liz après avoir promis de s'améliorer, mais sans parvenir à organiser un rendez-vous d'anniversaire convenable. Il mène une vie banale qui tourne autour des jeux vidéos et la fréquentation de son pub favori, le Winchester. Son seul ami est Ed (Nick Frost) avec qui il vit. Ed c’est l’image du fainéant dans toute sa splendeur, un parasite chômeur à l’humour gras et flatulent. Un apocalypse zombie va s’abattre sur Londres,  Shaun et Ed ne s'en rendent compte que lorsqu'ils rencontrent deux zombies dans leur jardin, ils vont leur lancer à la figure toute les objets les plus improbables jusqu’à des disques vinyles (Sacrilège !!!).

Ils s’enfuiront pour que Shaun puisse mettre sa mère à l’abri et son ex-petite amie Liz avec ses colocataires. Ils décident de rejoindre le Winchester après avoir embouti deux voitures, ils continuent à pied pour pouvoir atteindre le pub. Ils croisent un autre groupe mené par Yvonne l'amie de Shaun, chaque membre de son groupe ressemblant comme deux gouttes d’eau à celui de Shaun. L’extérieur du pub est envahi de zombies, ils devront les imiter pour pouvoir y pénétrer. Toutes les actions dans le pub seront drôles et dramatiques, notamment les gaffes de Ed qui jouera avec une machine à sous bruyante et qui attirera les zombies.

Il y a une scène particulièrement hilarante et surtout la plus célèbre de ”Shaun of the Dead“ ; celle de ”Don't Stop Me Now“ de Queen qui retentit dans un jukebox du pub tandis que Shaun, Ed et Liz frappent le patron du pub zombifié avec des queues de billard au rythme effréné de la chanson. La bagarre dans le pub avait été chorégraphiée sur la chanson avant même qu'elle ne soit autorisée à être utilisée dans le film, Simon Pegg écrira à Brian May pour le supplier de l'utiliser. Après beaucoup de sang et de viande fraiche, le Z-Day passera comme le Covid-19 (Bientôt le Frankenstein sur vos écrans !)

Shaun of the Dead contient de nombreuses références aux films de Romero. Il y aura aussi beaucoup de caméos dont deux membres du groupe Coldplay. Pour le choix des figurants zombies, Simon Wright a révélé qu’ils ont passé une semaine enfermés sur le plateau. Ils devaient rester devant le Winchester, le pub où nos héros se réfugient, à frapper aux fenêtres et à ne rien faire d'autre. Il y avait plus de 150 figurants zombies jusqu'à ce que des enfants du quartier voient le maquillage zombie et souhaitent participer, ce qui a conduit à l'ajout de cinquante enfants zombies supplémentaires. George A. Romero a vu le film pour la première fois après que Wright l'a appelé pour lui demander ce qu'il en pensait ; il l'a regardé dans un cinéma de Floride tout seul et les a appelés pour donner son approbation. Il a été tellement impressionné par le travail de Pegg et Wright qu'il leur a demandé de faire des caméos dans son film de 2005Land of the DeadPegg et Wright ont tous deux insisté pour être des zombies.

Simon Pegg et Nick Frost rencontreront, quelques années plus tard, ”Paul“ l’extra terrestre à la voix de Phil Manœuvre. ”Shaun of the Dead“ un film où tu t’éclates la rate sans te prendre la tête. Un autre film de zombie avec un très bon humour ”Bienvenue à Zombieland“ avec un Woody Harrelson en maniaque des Twinkies. Des films plus grandguignolesques que sanguinolents.