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lundi 15 juin 2026

RIP - DAVID HOCKNEY (1937-2026) – Images – par Claude Toon


- Tiens Claude, un billet vite fait sur un peintre qui vient de disparaître… ça fait un bail…

- Oui Sonia, mais là, je suis un admirateur inconditionnel du peintre, disons tendance pop art anglais…

- Il est très connu par rapport aux autres artistes dont tu avais parlé. Tu proposes un ouvrage d'initiation ?

- Mouais, enfin l'impressionniste Alfred Sysley n'est pas vraiment un second couteau… les autres non plus d'ailleurs, juste un problème de promotion et d'éducation dans les cours d'arts plastiques !

Autoportrait

J'avais consacré en son temps quelques chroniques à des ouvrages sur des peintres peu connus. Je prends ma plume pour rédiger un hommage imagé au fabuleux peintre et illustrateur anglais qui vient de s'éteindre à 88 ans. Je pompe des idées essentielles sur Wikipédia, et surtout, évidence même, anime cette chronique de reproductions des œuvres de l'artiste.

 

Je vous laisse apprécier, ou pas, des illustrations montrant diverses facettes d'un homme éclectique, pas uniquement un peintre, comme souvent chez les grands créateurs. Les mots clés utilisés par Wikipédia me permettent de brosser un rapide portrait (ou profil) de l'homme :

Bien que né à Bradford en juillet 1937 et mort à Londres le 11 juin 2026,  David Hockney a beaucoup voyagé pour exercer ses talents : Angleterre bien entendu, CalifornieParis et même en Normandie dans le Pays d'Auge… Quand Je parle d'éclectisme, la liste de ses domaines créatifs confirme mon propos : peintre, portraitiste et paysagiste, dessinateur, graveur, décorateur, photographe et théoricien de l'art. Et plus de 60 ans de carrière...

Son style est reconnaissable entre mille : un dessin franc, des plages de teintes vives bien délimitées, la couleur est utilisée de manière quasiment uniformisée. On pourra penser à certaines BD de l'école belge et même, sans le surréalisme, au douanier Rousseau qui lui, était fâché avec la géométrie et la perspective… Maggy Toon m'en a parlé. Elle venait de visiter une belle exposition à l'Orangerie. Ces analogies n'engagent que ma vision de son art.

 

Il existe un superbe ouvrage réunissant plus de 300 œuvres sélectionnées par Hockney lui-même, un peu rare à dénicher mais pas trop cher… Cela dit, pour un cadeau de Noël à un amateur…

Éditeur : Thames & Hudson

Date de publication : 2024

Langue : Français

Nombre de pages de l'édition : 368

 

Nota : les tableaux miniaturisés présentés ci-dessous ne rendent pas complètement justice à la très grande taille des originaux. Je recommande aux passionnés de voyager dans l'univers de David Hockney via internet. On trouve nombre de photos de visiteurs ou du peintre lui-même devant les tableaux apparaissant... tels des liliputiens 😊.

Je ne détaille pas plus. Bonne visite



lundi 4 mai 2026

R.I.P. Maestro Michael TILSON THOMAS (1944 – 2026) - par Claude Toon - avec des musiques de Gustav Mahler, Dmitri Chostakovitch, John McLaughin, Steve Reich, Aaron Copland et Hector Berlioz !



- Triste nouvelle Claude, je sais que tu aimais beaucoup cet artiste tant pour son talent que son charisme… Et puis tu m'avais confié que cette disparition était sans doute imminente…

- Hélas oui Sonia. Michael Tilson Thomas était atteint d'un cancer gravissime et l'avait confié à ses fans et amis par voix de presse en 2022. Il y avait encore eu quelques concerts puis… le Toon qui rédige ce RIP auquel il réfléchissait de temps à autres…

- Trois billets avaient été rédigés dès les débuts du blog. Deux furent originaux car dédiés à des compositeurs n'ayant à ce jour qu'un article chacun : Heitor Villa-Lobos le brésilien et George Gershwin, très connu comme premier lien entre classique et jazz…

- la richesse de la carrière de ce disciple de Leonard Bernstein se révèle trop vaste pour la détailler au-delà de ce qu'elle a été dans les billets depuis 2011… Rendre hommage à MTT (son surnom) se concentrera sur l'écoute d'enregistrements d'ouvrages du grand répertoire du XXème et un passage par une suite symphonique de Berlioz rarement jouée. MTT aimait beaucoup la musique française…  


Michael Tilson Thomas et Leonard Bernstein

Quatrième RIP justifiant un billet et non un entrefilet depuis de début de l'année 😥. Helmut Rilling, José van Dam et Michel Portal en février et ce mois-ci, le pianiste, compositeur et plus connu comme maestro Michael Tilson Thomas. Je réserve ces articles pour les lundis, sinon la ligne éditoriale musique classique risque de se transformer en rubrique nécrologique. La semaine passée, nous avons écouté Tombeau de Couperin de Ravel, hommage musical de style baroque en forme de suite pour piano, chaque pèce étant dédiée à un ami du compositeur mort sur le front de la tuerie planétaire 14-18… 7 jeunes hommes, artistes ou pas. J'espère ne pas imiter le grand Maurice par une succession d'épitaphes.

MTT (son surnom) fut au centre d'une des premières chroniques du blog en 2011, lors de mes (nos) débuts. En ce mois de juillet, il m'avait semblé logique de présenter La Mer, le chef d'œuvre expressionniste de l'un de mes compositeurs favoris : Debussy. Dans une myriade de gravures disponibles au catalogue, j'avais sélectionné celle de MTT dirigeant e Philharmonia. Clarté et énergie caractéristique du chef étaient au rendez-vous. Je reprends la courte biographie du maestro au sommet de sa carrière écrite pour ce billet :

 

Michael Tilson Thomas (M.T.T.) est de ces éternels jeunes hommes sur lequel le temps ne semble pas avoir de prise. Á 66 ans, toujours affable et souriant, il dirige depuis 1995 l’Orchestre de San Francisco, l’un des meilleurs orchestres américains et du monde. Il fut chef principal du Symphonique de Londres de 1987 à 1995.

Son répertoire, très étendu, nous a offert une intégrale Mahler exemplaire et de nombreux et excellents albums de musique américaine (Aaron Copland, Charles Ives).

Ouvertement gay, il a pris part à tous les combats contre l’intolérance envers la communauté homosexuelle. Pressenti à une époque pour diriger une autre grande phalange de la côte Est, l’Orchestre de Philadelphie, certaines âmes bien pensantes déclarèrent cela inconcevable, (no comment, décidément le film Philadelphia…). Il a créé à Miami un orchestre de jeunes musiciens prometteurs. En 2009, il a imaginé le YouTube Symphony Orchestra pour permettre de visionner des vidéos de concerts et de répétitions pédagogiques sur le net.


Elvis Costello (centre)
Michael Tilson Thomas (blouson) and Metallica
 

Ajoutons quelques précisions à propos de son enfance et bien entendu sur la période 2011-2026. Michael était issu d'une famille de tradition intellectuelle et artistique. Né à Los Angeles en 1944, enfant prodige, il étudie le piano avec John Crown, la composition et la direction d'orchestre avec Ingolf Dahl à l'Université de Californie du Sud (USC).

Ses débuts professionnelles sont éclectiques, la rigidité des carrières académiques européennes n'a guère traversé l'Atlantique comme je l'ai souvent soulignée. Il devient assistant au festival de Bayreuth à 22 ans !! Je n'énumère pas la liste des orchestres qu'il dirigera dès ses 25 ans (voir ci-dessus).

MTT collaborera avec des artistes en marge de l'univers "classique" tels John McLaughlin et Elvis Costello avec qui il enregistre des œuvres innovantes. Deux créateurs originaux du monde pop et rock… Du second, on doit, en complicité avec le chef, l'enregistrement d'un ballet extravagant : il signo (inspiré du songe d'une nuit d'été), capté avec l'Orchestre symphonique de Londres. (Disque publié par DG, la firme hyperclassique hambourgeoise.) Avec la même phalange british de prestige, il enregistrera le concerto "Mediterranean" de John McLaughlin… (son épouse, la pianiste Katia Labèque l'accompagne dans cinq duos en complément du CD).

Les deux hommes seront de nouveau réunis pour graver le 3ème album du guitariste : Apocalypse. Le Mahavishnu Orchestra, créé vers 1970 par John McLaughlin (15 musiciens), est rejoint par le LSO et MTT. (Lire le billet de 2022 de Benjamin sur cet artiste Clic). Le jazz-rocker accompagnera en studio les Stones, David Bowie, Miles DavisJimi Hendrix ou encore Paco de Lucía.

Passionné de pédagogie, de 1971 à 1977, MTT a succédé à son mentor Leonard Bernstein à la tête des Concerts pour la jeunesse de l'Orchestre philharmonique de New York. Éclectique ? 


 
 
 
Michael Tilson Thomas et Josh Robinson

- Un hyperactif Michael Tilson Thomas et une ouverture d'esprit hors du commun.

- Oui Sonia, attitude typiquement Yankee… Mais parlons musique classique quand même. On retrouve évidemment ce trait de caractère que tu soulignes dans ses programmes de concerts ou d'enregistrements. Je connais mal ses compositions plus confidentielles.

La carrière à la tête des grands orchestres (philharmonie de Buffalo 1971–1979, de Los Angeles 1981-1985, Orchestre symphonique de Londres, 1987–1995, et enfin de San Francisco 1995–2020) impose au chef une programmation traditionnelle pour satisfaire au goût populaire des mélomanes, mais pour chaque poste, il valorisera la musique de son pays, sans doute la plus innovante du monde dans la seconde partie du XXème siècle. Un demi-siècle de travail sans interruption où se côtoient Beethoven, Brahms, Stravinsky, Tchaïkovski, etc. … et surtout Mahler dont il gravera une intégrale remarquable des symphonies à San Francisco entre 2004 et 2010 pour le label propre à l'orchestre. Dans les billets présentant la 7ème symphonie et la cantate Das Klagende Lied, je suggérais ces réalisations comme d'excellentes versions alternatives à celles choisies pour la chronique.

Curieusement, pour sa discographie, les époques baroque, classique et romantique ne semblent pas avoir motivé le chef. On cherchera en vain des gravures consacrées à Bach, Mozart ou Haydn, aucun Bruckner non plus. Il deviendra le chantre des compositeurs US : Charles Ives, Aaron Copland (complice et compagnon de Bernstein), John Cage, Steve Reich, Walter Piston. MTT a peu dirigé d'opéras. On ne peut pas tout faire 😊.

Son leg est immense. Parcourons-le grâce à six œuvres marquantes de son style. Le meilleur témoignage en complément des enregistrements d'ouvrages de Gershwin, Debussy, et Villa Lobos, sujets de billets anciens dont voici les liens :


DEBUSSY Claude

La Mer - Philharmonia

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VILLA-LOBOS Heitor

Bachianas Brasileiras No. 2, 4, 5, 7 & 9 – R. Fleming (1996)

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GERSWHIN George

Rhapsodie in Blue - Gershwin sur piano-la  et M.Tilson Thomas

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Début 2020, on diagnostique chez le maestro un blastome (tumeur cérébrale très agressive). Il l'annonce officiellement en 2021. Il doit annuler nombre de concerts mais son type de cancer n'affecte pas gravement ses talents musicaux. Un concert à Los Angeles en janvier 2022 sera son adieu artistique. MTT jouera devant une salle hélas clairsemée à cause de l'épidémie de COVID. Au programme : la Pavane de Fauré, sa propre composition de 2019 ; les Méditations sur des poèmes de Rilke ("réflexions empreintes de mélancolie sur la vie et la mort" d'après Mark Swed du Los Angeles Times). L'œuvre chantée en allemand fait appel à deux solistes : Sasha Cooke, mezzo-soprano et Dashon Burton, baryton-basse (YouTube). En seconde partie, la philharmonie joue la 5ème symphonie de Prokofiev, chef-d'œuvre du compositeur russe de 1944 sensé chanter "l'homme libre et heureux" (ce qu'il ne pouvait être en ces années de guerre et de stalinisme au paroxysme de la tyrannie). Le programme était à l'image du chef : son intérêt pour la musique française, son travail de compositeur de musique moderne mais accessible par le grand public, et son désir d'un monde de paix et d'empathie.

Il se fera bien discret pendant une courte rémission entre 2023 et début 2025. En février 2026, son compagnon, Josh Robinson, écrivain, meurt à 79 ans des suites d'une chute. En avril Michael Tilson Thomas l'a rejoint après cinquante ans de vie commune.  

Nota : En septembre 2022 ne se sentant plus pouvoir assumer la direction du New World Symphony et de ses jeunes musiciens, MTT démissionne et ne conserve qu'une direction honorifique. Sans transition, le rôle de directeur est confié au chef français Stéphane Denève

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Voici un programme musical que j'espère représentatif des passions de MTT et de l'éclectisme de sa discographie et de ses partenariats avec des compositeurs "non classique". Hormis la 4ème symphonie de Mahler (2ème version à Amsterdam - Clic), il s'agit de découvertes dans le blog. Certaines bénéficieront-elles d'une chronique détaillée, c'est possible…


Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que conseillée.

Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la musique…


INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool. 



1 – Mahler symphonie N°4 : Complémentaire et conclusive des symphonies inspirées par le recueil de contes et de chansons "Des Knaben Wunderhorn (Le Cor enchanté de l'enfant)" est à la fois la plus courte et la plus légère en termes d'orchestration. MTT et l'orchestre de San Francisco aux couleurs raffinées et au discours pétillant (ah les cors à 6:02), sans compter une prise de son d'une limpidité et transparence de grande classe, nous offre l'une des plus poétiques et facétieuses gravures récentes. (2003).

2 – Chostakovitch, deux concertos pour violoncelle : Pas encore chroniqués, les concertos pour violoncelles du compositeur russe, très présent dans le blog, furent dédicacés au violoncelliste virtuose, ami et opposant au régime soviétique, Mstislav Rostropovitch. L'artiste donna la première du concerto N°1 opus 107 le 4 octobre 1959 à Moscou, puis créa le N°2, opus 126, en 1966, également à Moscou, l'orchestre étant placé sous la direction de Evgueny Svetlanov… Si chronique il y aura, Rostropovitch en sera la vedette légitime.

MTT et Mischa Maisky, virtuose de renom ont enregistré les deux œuvres avec l'orchestre de Londres pour DG en 1995. En deux mots l'opus 107 adopte la forme inhabituelle en quatre mouvements. Staline est mort depuis cinq ans laissant une nation exsangue. On retrouve dans les deux ouvrages cette opposition entre la farce musicale sarcastique chère au compositeur et l'expression de la mélancolie d'un homme alors rongé par un accès de poliomyélite en 1959 et les problèmes cardiaques dans les années 60. L'opus 126, en trois parties plus expansives, est écrit après l'éviction de Kroutchev par Brejnev, ce qui ne présage rien de bon pour la liberté de création, et fera entrer Dmitri dans la légende du genre.

Concerto N°1 opus 107 [1 à 4] – Allegretto / Moderato / Cadenza / Finale : Allegro con moto

Concerto N°2 opus 126 [5 à 7] – Largo / Allegretto / Allegretto



rototom

3 – Steve Reich - Désert : De la même génération que les compositeurs fondateurs du mouvement répétitif et minimaliste comme Glass, John Adams et Steve Reich, il était logique que MTT apporte une pierre à l'édifice de la discographie de ce style spécifiquement Yankee. Voici donc Désert de Steve Reich composé en 1984. Nous avons écouté en 2017 la musique pour 18 musiciens, son œuvre la plus populaire. On peut y lire une biographie de Steve Reich et écouter son interprétation de l'œuvre, la meilleure soit dit en passant. (Voir index)

Dans Désert, Steve Reich, toujours provocant et fantasque, met les petits plats dans les grands. Un chœur de 27 voix :  9 sopranos, 6 altos, 6 ténors et 6 basses. L'orchestre comprend 89 musiciens.  4 flûtes dont 3 doublées en piccolo, 4 hautbois dont 3 doublés en cor anglais, 4 clarinettes dont 3 doublées en clarinettes basses et 4 bassons dont 1 doublé en contrebasson. Continuons : 4 cors, 4 trompettes dont 1 doublée en trompette piccolo, 2 trombones, 1 trombone basse, et 1 tuba. Les percussions ne sont pas en reste : rototoms*, deux marimbas, deux vibraphones, deux xylophones, deux glockenspiels, des maracas, des baguettes, une grosse caisse et un tam-tam médium. À cela s'ajoutent 2 pianos joués par 4 pianistes, dont 3 jouant aussi du synthétiseur. Enfin : 48 instruments à cordes répartis en trois sections 4-4-3-3-2 disposées à gauche, au centre et à droite de la scène.

- Un quoi ? Claude ! Un rototom ?????

- Je mets une photo pour découvrir avec toi Sonia : en résumé un membraphone avec trois caisses claires sans fût en bois… diamètre : 6, 8 et 10 pouces. Utilisé par Phil Collins et Pink Floyd, ce "machin" est devenu un jouet pour les enfants et le martyr des parents.

- Ah… et ça donne quoi musicalement parlant Désert ?

Exposer en trois mots l'objectif de Reich n'a pas de sens. On retrouve tant au niveau orchestral que choral le rythme obsédant caractérisant le mode répétitif, cadence assurée par des mesures aux notes de valeurs égales (8 croches par exemples). Les transitions voix-groupes instrumentaux aux timbres variés constituent une succession de groupes et variations thématiques passionnante. L'œuvre recourt à et s'inspire des poèmes de William Carlos Williams (1883–1963), poète esthète et médecin américano-portoricain.

MTT dirige un ensemble de musiciens réunissant le chœur et les instrumentistes de l'orchestre de Brooklyn, un disque de 1985 après la création à Cologne en 1984. Cinq mouvements et 7 sections :

[00:00] Tempo rapide (noire= 192 à 4/4), [07:54] Tempo modéré, ❸, [14:53] A. Tempo lent, [21:52] B. Tempo modéré, [27:46]  C. Tempo lent, [33:41] Tempo modéré, [37:15] tempo rapide.

 

4 – Apocalypse (album de Mahavishnu Orchestra) : 3ème album de 1974 de l'ensemble créé par John McLaughlin également interprète qui a écrit les paroles et la musique. La quinzaine de musiciens du Mahavishnu Orchestra est associée à l'orchestre symphonique de Londres que dirige MTT assurant aussi la partie de piano. A priori inclassable (j'ai vu le mot Jazz Fusion dans un article). Écoutons ce réjouissant foutoir musical que l'on aimera ou détestera 😉. Il est important à mon avis d'écouter les cinq morceaux qui forment indéniablement une unité stylistique.



5 – Copland symphonie avec orgue : après ces escapades vers les musiques bizarres, concluons avec le grand répertoire classqiue, mais là encore en écoutant des pièces originales. Je n'ai jamais parlé réellement de Aaron Copland, compositeur américain (1900-1990), juste un extrait d'une anthologie de gravures de Antal Dorati proposée dans un billet de 2011 : Copland : Rodéo - Minneapolis Symphony Orchestra. (Clic) Ecoutons, interprétée à l'orgue par Paul Jacobs et MTT dirigeant l'orchestre de San Francisco la Symphonie pour orgue et orchestre de 1924. Le style postromantique reflète les courants musicaux du début du XXème siècle au USA, notamment un climat buccolique. Peu de temps après, un autre concerto intégrant du jazz fit scandale. À cette époque, chacun chez soi, ségrégation oblige 😒. Ellington détestait Gershwin… méprisant l'opéra Porgy and Bess et disant "La réalité quotidienne déboulonne le négroïsme noir de fumée de Gershwin".

6 – Berlioz - Romeo et Juliette : À la manière d'un poème symphonique, la symphonie lyrique de notre grand Hector peut se voir déclinée en une suite symphonique enchaînant les parties instrumentales de l'œuvre. En live, en 2019, avec le New World Symphony MTT et ses jeunes musiciens nous en donnent un bel exemple. On remarquera la direction athlétique du chef qui marque les ff en pliant les genoux…


lundi 23 février 2026

Disparitions en série chez les artistes "classique" 😢 : Michel PORTAL, José VAN DAM, Helmuth RILLING… - (Claude Toon)

Michel Portal (1935-2026)

José Van Dam (1940-2026)

Helmuth Rilling (1933-2026)


Dans le Best Of publié hier, quatre RIP ont été rédigés. Un des disparus de cette semaine prend place aussi dans ce billet, un artiste ayant œuvré tant dans des œuvres classiques pour clarinette que dans des formations de jazz comme saxophoniste ou clarinettiste…

Il y a des semaines comme ça… Abonné à la Revue Diapason, je reçois par Mail chaque jour quelques infos concernant la vie de la musique classique, des concerts à venir, des potins, etc. Cette semaine, les faireparts de décès sont quotidiens. Des artistes âgés voire nonagénaires que l'on a parfois un peu oublié mais tous ayant assuré des carrières d'envergure…

Impossible et mal venu de rédiger trois RIP sur trois jours différents. Donc voici trois portraits en quelques lignes, et surtout des vidéos musicales pour témoigner de leurs talents.

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Michel Portal nous a quittés à 90 ans. Sans doute bien connu des amateurs de jazz, Michel Portal s'est illustré aussi dans le genre classique, notamment dans les œuvres les plus marquantes du grand répertoire. Deux chroniques lui ont déjà été dédiées : en 2012 : les deux sonates pour piano et clarinette de Brahms et en 2018 (Clic), du même compositeur : le quintette pour clarinette, un monument de la musique de chambre (Clic). La biographie de l'artiste était esquissée dans le premier billet. Je n'ajoute rien.

Le quintette de Brahms a eu des ancêtres, mais on doit à Mozart la première partition dans le genre, le génie autrichien ayant été le promoteur zélé de cet instrument nouveau venu à l'époque classique. Je vous propose de l'écouter ainsi que le Trio K 498 dans l'interprétation de Michel Portal en complicité avec de grands artistes français :

Roland Daugareil et Régis Pasquier, Violons I et II – Bruno Pasquier, alto - Roland Pidoux, violoncelle - Jean-Claude Pennetier, piano dans la sonate…

Pas d'analyse des œuvres ; elles le méritent, mais de vous à moi, ce n'est pas le sujet de cet hommage et comme toujours cette musique charmeuse et poétique coule de source...

YouTube : Quintette K 581  Trio pour piano, clarinette et alto k 498.

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José van Dam nous a quittés à 85 ans. Né en Belgique, le baryton a connu une carrière la plus internationale qui soit, mais refusait le star-system. Une voix d'exception (baryton-basse) d'une souplesse étonnante et puissante. D'une humilité artistique rare, le chanteur s'effaçait comme interprète pour servir en priorité le personnage et les intentions du compositeur, quitte à ne pas aborder certains rôles, interprétant Amfortas (Parsifal) mais pas Wotan (le Ring) de Wagner. Ces plus belles réussites : Boris Godounov, Falstaff, Wozzeck, Les Noces de Figaro, Salomé (Jokanaan le Baptiste), et bien d'autres…

Deux vidéos YouTube : mélodies françaises. Souvent l'élocution du français s'avère peu compréhensible des mélomanes peu aguerris. Un contre-exemple magistral dans un florilège de mélodies françaises dans lesquelles José van Dam est accompagné par Jean Philippe Collard… 

Un complément qui associe deux barytons mythiques nés au XXème. Il y a deux semaines, je consacrais un article au baryton Dietrich Fischer-Dieskau, chantre des lieder de Mahler (Clic). J'évoquais à ce propos que le chanteur allemand était le seul à avoir osé affronter en concert le rôle de Saint-François d'Assise de l'opéra éponyme d'Olivier Messian, un rôle dédié à José van Dam par le compositeur, presque quatre heures ! José van Dam a chanté lui aussi quelquefois Mahler, en concert, à Chicago et accompagné par Pierre Boulez



Camille Saint-Saëns        

1 - Danse Macabre

2 - Sonnet

3 - Les Cloches De La Mer

4 - Clair De Lune

5 - Extase

6 - Rêverie

7 - Le Pas D'Armes Du Roi Jean

8 - Si Vous N'Avez Rien À Me Dire

9 - Le Lever De La Lune

 

Jules Massenet  

10 - Élégie

11 - La Mort De La Cigale    

12 - Berceuse

13 - Les Mains

Charles Gounod     

14 - Medjé

15 - Crépuscule

16 - Envoi De Fleurs

17 - Si La Mort Est Le But

18 - Hymne À La Nuit

Gustav Mahler

1 - Liebst du um Schönheit

2 - Ich atmet' einen linden Duft!

3 - Ich bin der Welt abhanden gekommen

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Helmuth Rilling nous a quittés à 92 ans. Un peu oublié des jeunes générations, Rilling, originaire de Stuttgart y vivra toute sa vie hormis pendant les tournées. Issu d'une famille de musiciens, il choisit de suivre une éducation religieuse au séminaire protestant dans un premier temps puis, de 1952 à 1953, décide de se tourner vers une carrière musicale sans renier la spiritualité. Il étudie l'orgue, la composition musicale et la direction de chœur au Collège musical de Stuttgart. Il se passionne pour la musique de Bach dont il enregistrera deux fois l'intégrale de l'œuvre sacrée (plus d'une centaine de CD). On le surnomme M. Bach 😊.

Helmuth Rilling était de la même génération que des baroqueux tels Nikolaus Harnoncourt, Gustav Léonhardt et leurs disciples explorant l'œuvre du Cantor "historiquement informée" (instruments d'époque, voix masculines, effectifs modestes). Pourtant Rilling, à l'image du suisse Michel Corboz, dirigera avec bonheur (passéisme diront quelques snobs) des ensembles modernes qu'il a créés : le chœur Gächinger Kantorei en 1954 et l'ensemble instrumental Bach-Collegium Stuttgart en 1965.

Comme commenté dans un article à propos de l'interprétation de la Passion selon Saint-Matthieu par Karl Richter, sa direction reste profondément empreinte de spiritualité même avec ses chœurs mixtes, des instruments modernes et des solistes motivés. (Richter)

Il faudra revenir dans le blog sur cet artiste. Pour cet hommage, je vous propose une gravure de la Messe en si de Bach extraite de l'intégrale réalisée pour le label Hänsler. (Chronique messe en si)

En complément et pour montrer que le maestro abordait aussi la musique sacrée de notre temps, un enregistrement du Credo de Krzysztof Penderecki créé le 11 juillet 1998 avec l'Oregon Bach Festival Chorus and Orchestra sous la direction de Rilling le dédicataire. (l'Oregon Bach Festival : un autre ensemble fondé par ses soins en 1970). L'œuvre à l'écriture et à l'orchestration moins avant-gardistes que celle de la 1ère manière du compositeur polonais a été composée à l'intention d'Helmuth Rilling. Au texte latin, se superposent des versets en polonais. Le résultat peut apparaître comme néo-classique aux oreilles de certains critiques intégristes, mais quelle ardeur spirituelle !!!! L'esprit de Arvo Pärt n'est pas très éloigné… 

[1] Credo - [2] Qui propter nos homines - [3] Et incarnatus est - [4] Crucifixus - [5] Et resurrexit & Et in Spiritum Sanctum & Et vitam venturi saeculi