- Tiens Claude, un billet vite fait sur un peintre qui vient de
disparaître… ça fait un bail…
- Oui Sonia, mais là, je suis un admirateur inconditionnel du peintre,
disons tendance pop art anglais…
- Il est très connu par rapport aux autres artistes dont tu avais
parlé. Tu proposes un ouvrage d'initiation ?
- Mouais, enfin l'impressionniste Alfred Sysley n'est pas vraiment un second couteau… les autres non plus
d'ailleurs, juste un problème de promotion et d'éducation dans les cours
d'arts plastiques !
Autoportrait
J'avais consacré en son temps quelques chroniques à des ouvrages sur des
peintres
peu connus. Je prends ma plume pour rédiger un hommage imagé au fabuleux
peintre et illustrateur anglais qui vient de s'éteindre à 88 ans. Je pompe
des idées essentielles sur Wikipédia, et surtout, évidence même, anime cette
chronique de reproductions des œuvres de l'artiste.
Je vous laisse apprécier, ou pas, des illustrations montrant diverses
facettes d'un homme éclectique, pas uniquement un peintre, comme souvent
chez les grands créateurs. Les mots clés utilisés par Wikipédia me
permettent de brosser un rapide portrait (ou profil) de l'homme :
Bien que né à Bradford en juillet 1937 et mort à Londres le 11 juin
2026, David Hockney a beaucoup voyagé pour exercer
ses talents : Angleterre bien
entendu, Californie, Paris et même en
Normandie dans le
Pays d'Auge… Quand Je parle d'éclectisme, la liste de ses domaines créatifs confirme
mon propos : peintre, portraitiste et paysagiste, dessinateur, graveur,
décorateur, photographe et théoricien de l'art. Et plus de 60 ans de
carrière...
Son style est reconnaissable entre mille : un dessin franc, des plages de
teintes vives bien délimitées, la couleur est utilisée de manière quasiment
uniformisée. On pourra penser à certaines BD de
l'école belge
et même, sans le surréalisme, au douanier Rousseau
qui lui, était fâché avec la géométrie et la perspective… Maggy Toon m'en a
parlé. Elle venait de visiter une belle exposition à l'Orangerie. Ces
analogies n'engagent que ma vision de son art.
Il existe un superbe ouvrage réunissant plus de 300 œuvres sélectionnées
par Hockney lui-même, un peu rare à dénicher mais pas trop cher… Cela
dit, pour un cadeau de Noël à un amateur…
Éditeur : Thames & Hudson
Date de publication : 2024
Langue : Français
Nombre de pages de l'édition : 368
Nota : les tableaux miniaturisés présentés ci-dessous ne rendent pas
complètement justice à la très grande taille des originaux. Je recommande
aux passionnés de voyager dans l'univers de David Hockney via internet. On trouve nombre de photos de visiteurs ou du
peintre lui-même devant les tableaux apparaissant... tels des liliputiens 😊.
- Triste nouvelle Claude, je sais que tu aimais beaucoup cet artiste
tant pour son talent que son charisme… Et puis tu m'avais confié que
cette disparition était sans doute imminente…
- Hélas oui Sonia. Michael Tilson Thomas était atteint d'un cancer
gravissime et l'avait confié à ses fans et amis par voix de presse en
2022. Il y avait encore eu quelques concerts puis… le Toon qui rédige ce
RIP auquel il réfléchissait de temps à autres…
- Trois billets avaient été rédigés dès les débuts du blog. Deux furent
originaux car dédiés à des compositeurs n'ayant à ce jour qu'un article
chacun : Heitor Villa-Lobos le brésilien et George Gershwin, très connu
comme premier lien entre classique et jazz…
- la richesse de la carrière de ce disciple de Leonard Bernstein se
révèle trop vaste pour la détailler au-delà de ce qu'elle a été dans les
billets depuis 2011… Rendre hommage à MTT (son surnom) se concentrera
sur l'écoute d'enregistrements d'ouvrages du grand répertoire du XXème
et un passage par une suite symphonique de Berlioz rarement jouée. MTT
aimait beaucoup la musique française…
Michael Tilson Thomas et Leonard Bernstein
Quatrième RIP justifiant un billet et non un entrefilet depuis de début de
l'année 😥.
Helmut Rilling,
José van Dam
et
Michel Portal
en février et ce mois-ci, le pianiste, compositeur et plus connu comme
maestro
Michael Tilson Thomas. Je réserve ces articles pour les lundis, sinon la ligne éditoriale
musique classique risque de se transformer en rubrique nécrologique. La
semaine passée, nous avons écouté
Tombeau de Couperin
de
Ravel, hommage musical de style baroque en forme de suite pour piano, chaque
pèce étant dédiée à un ami du compositeur mort sur le front de la tuerie
planétaire 14-18… 7 jeunes hommes, artistes ou pas. J'espère ne pas imiter
le grand
Maurice
par une succession d'épitaphes.
MTT
(son surnom) fut au centre d'une des premières chroniques du blog en
2011, lors de mes (nos) débuts. En ce mois de juillet, il m'avait
semblé logique de présenter
La Mer, le chef d'œuvre expressionniste de l'un de mes compositeurs favoris :
Debussy. Dans une myriade de gravures disponibles au catalogue, j'avais
sélectionné celle de
MTT
dirigeant e
Philharmonia. Clarté et énergie caractéristique du chef étaient au rendez-vous. Je
reprends la courte biographie du maestro au sommet de sa carrière écrite
pour ce billet :
Michael Tilson Thomas (M.T.T.) est de ces éternels jeunes hommes sur lequel le temps ne
semble pas avoir de prise. Á 66 ans, toujours affable et souriant, il
dirige depuis 1995l’Orchestre de San Francisco, l’un des meilleurs orchestres américains et du monde. Il fut chef
principal duSymphonique de Londresde 1987 à 1995.
Son répertoire, très étendu, nous a offert une intégrale Mahler exemplaire et de nombreux et excellents albums de musique
américaine (Aaron Copland, Charles Ives).
Ouvertement gay, il a pris part à tous les combats contre l’intolérance
envers la communauté homosexuelle. Pressenti à une époque pour diriger
une autre grande phalange de la côte Est, l’Orchestre de Philadelphie, certaines âmes bien pensantes déclarèrent cela inconcevable, (no
comment, décidément le film
Philadelphia…). Il a créé à Miami un orchestre de jeunes musiciens prometteurs.
En 2009, il a imaginé le YouTube Symphony Orchestra pour permettre de visionner des vidéos de concerts et de
répétitions pédagogiques sur le net.
Elvis Costello (centre)
Michael Tilson Thomas (blouson) and Metallica
Ajoutons quelques précisions à propos de son enfance et bien entendu sur la
période 2011-2026.
Michael
était issu d'une famille de tradition intellectuelle et artistique. Né à Los
Angeles en 1944, enfant prodige, il étudie le piano avec
John Crown, la composition et la direction d'orchestre avec
Ingolf Dahl
à
l'Université de Californie du Sud
(USC).
Ses débuts professionnelles sont éclectiques, la rigidité des carrières
académiques européennes n'a guère traversé l'Atlantique comme je l'ai
souvent soulignée. Il devient assistant au
festival de Bayreuth
à 22 ans !! Je n'énumère pas la liste des orchestres qu'il dirigera dès ses
25 ans (voir ci-dessus).
MTT
collaborera avec des artistes en marge de l'univers "classique" tels
John McLaughlin
et
Elvis Costello
avec qui il enregistre des œuvres innovantes. Deux créateurs originaux du
monde pop et rock… Du second, on doit, en complicité avec le chef,
l'enregistrement d'un ballet extravagant :
il signo
(inspiré du songe d'une nuit d'été), capté avec l'Orchestre symphonique de Londres. (Disque publié par DG, la firme hyperclassique hambourgeoise.)
Avec la même phalange british de prestige, il enregistrera le concerto "Mediterranean" de John McLaughlin… (son épouse, la pianiste
Katia Labèque
l'accompagne dans cinq duos en complément du CD).
Les deux hommes seront de nouveau réunis pour graver le 3ème
album du guitariste :
Apocalypse. Le
MahavishnuOrchestra, créé vers 1970 par
John McLaughlin
(15 musiciens), est rejoint par le
LSO
et
MTT. (Lire le billet de 2022 de Benjamin sur cet artiste
Clic). Le jazz-rocker accompagnera en studio les
Stones,
David Bowie,
Miles Davis…
Jimi Hendrix
ou encore
Paco de Lucía.
Passionné de pédagogie, de 1971 à 1977,
MTT
a succédé à son mentor
Leonard Bernstein
à la tête des
Concerts pour la jeunesse de l'Orchestre philharmonique de New York. Éclectique ?
Michael Tilson Thomas et Josh Robinson
- Un hyperactif Michael Tilson Thomas et une ouverture d'esprit hors
du commun.
- Oui Sonia, attitude typiquement Yankee… Mais parlons musique
classique quand même. On retrouve évidemment ce trait de caractère que
tu soulignes dans ses programmes de concerts ou d'enregistrements. Je
connais mal ses compositions plus confidentielles.
La carrière à la tête des grands orchestres (philharmonie de Buffalo
1971–1979, de
Los Angeles 1981-1985,
Orchestre symphonique de Londres, 1987–1995, et enfin de
San Francisco 1995–2020)
impose au chef une programmation traditionnelle pour satisfaire au goût
populaire des mélomanes, mais pour chaque poste, il valorisera la musique
de son pays, sans doute la plus innovante du monde dans la seconde partie
du XXème siècle. Un demi-siècle de travail sans interruption où
se côtoient
Beethoven,
Brahms,
Stravinsky,
Tchaïkovski, etc. … et surtout
Mahler
dont il gravera une intégrale remarquable des symphonies à San Francisco
entre 2004 et 2010 pour le label propre à l'orchestre. Dans
les billets présentant la
7ème symphonie
et la cantate
Das Klagende Lied, je suggérais ces réalisations comme d'excellentes versions alternatives
à celles choisies pour la chronique.
Curieusement, pour sa discographie, les époques baroque, classique et
romantique ne semblent pas avoir motivé le chef. On cherchera en vain des
gravures consacrées à
Bach,
Mozart
ou
Haydn, aucun
Bruckner
non plus. Il deviendra le chantre des compositeurs US :
Charles Ives,
Aaron Copland
(complice et compagnon de Bernstein),
John Cage,
Steve Reich,
Walter Piston.
MTT
a peu dirigé d'opéras. On ne peut pas tout faire 😊.
Son leg est immense. Parcourons-le grâce à six œuvres marquantes de son
style. Le meilleur témoignage en complément des enregistrements d'ouvrages
de
Gershwin,
Debussy, et
Villa Lobos, sujets de billets anciens dont voici les liens :
Début 2020, on diagnostique chez le maestro un blastome (tumeur
cérébrale très agressive). Il l'annonce officiellement en 2021. Il
doit annuler nombre de concerts mais son type de cancer n'affecte pas
gravement ses talents musicaux. Un concert à Los Angeles en janvier
2022 sera son adieu artistique.
MTT jouera devant une salle hélas clairsemée à cause de l'épidémie de
COVID. Au programme : la
Pavane
de
Fauré, sa propre composition de 2019 ; les
Méditations sur des poèmes de Rilke
("réflexions empreintes de mélancolie sur la vie et la mort" d'après
Mark Swed
du Los Angeles Times). L'œuvre chantée en allemand fait appel à deux
solistes :
Sasha Cooke, mezzo-soprano et
Dashon Burton, baryton-basse (YouTube). En seconde partie, la philharmonie joue la
5ème symphonie
de
Prokofiev, chef-d'œuvre du compositeur russe de 1944 sensé chanter "l'homme libre et heureux" (ce qu'il ne pouvait être en ces années de guerre et de stalinisme au
paroxysme de la tyrannie). Le programme était à l'image du chef : son
intérêt pour la musique française, son travail de compositeur de musique
moderne mais accessible par le grand public, et son désir d'un monde de
paix et d'empathie.
Il se fera bien discret pendant une courte rémission entre 2023 et
début 2025. En février 2026, son compagnon,
Josh Robinson, écrivain, meurt à 79 ans des suites d'une chute. En
avril
Michael Tilson Thomas
l'a rejoint après cinquante ans de vie commune.
Nota : En septembre 2022 ne se sentant plus pouvoir
assumer la direction du
New World Symphony
et de ses jeunes musiciens, MTT
démissionne et ne conserve qu'une direction honorifique. Sans transition,
le rôle de directeur est confié au chef français
Stéphane Denève.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Voici un programme musical que j'espère représentatif des passions de
MTT
et de l'éclectisme de sa discographie et de ses partenariats avec des
compositeurs "non classique". Hormis la
4ème symphonie
de
Mahler
(2ème version à Amsterdam -
Clic), il s'agit de découvertes dans le blog. Certaines bénéficieront-elles
d'une chronique détaillée, c'est possible…
Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que
conseillée.
Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la
musique…
INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool.
1 – Mahler symphonie N°4 :
Complémentaire et conclusive des symphonies inspirées par le recueil de
contes et de chansons "Des Knaben Wunderhorn (Le Cor enchanté de
l'enfant)" est à la fois la plus courte et la plus légère en termes
d'orchestration.
MTT
et l'orchestre de San Francisco aux couleurs raffinées et au discours
pétillant (ah les cors à 6:02), sans compter une prise de son d'une
limpidité et transparence de grande classe, nous offre l'une des plus
poétiques et facétieuses gravures récentes. (2003).
2 – Chostakovitch, deux concertos pour violoncelle
: Pas encore chroniqués, les concertos pour violoncelles du compositeur
russe, très présent dans le blog, furent dédicacés au violoncelliste
virtuose, ami et opposant au régime soviétique,
Mstislav Rostropovitch. L'artiste donna la première du
concerto N°1 opus 107
le 4 octobre 1959 à Moscou, puis créa le
N°2, opus 126,
en 1966, également à Moscou, l'orchestre étant placé sous la
direction de
Evgueny Svetlanov… Si chronique il y aura,
Rostropovitch
en sera la vedette légitime.
MTT
et
Mischa Maisky, virtuose de renom ont enregistré les deux œuvres avec l'orchestre de
Londres pour DG en 1995. En deux mots l'opus 107 adopte la forme
inhabituelle en quatre mouvements. Staline est mort depuis cinq ans
laissant une nation exsangue. On retrouve dans les deux ouvrages cette
opposition entre la farce musicale sarcastique chère au compositeur et
l'expression de la mélancolie d'un homme alors rongé par un accès de
poliomyélite en 1959 et les problèmes cardiaques dans les années
60. L'opus 126, en trois parties plus expansives, est écrit après
l'éviction de Kroutchev par Brejnev, ce qui ne présage rien
de bon pour la liberté de création, et fera entrer
Dmitri
dans la légende du genre.
Concerto N°1 opus 107
[1 à 4] – Allegretto / Moderato / Cadenza / Finale : Allegro con moto
Concerto N°2 opus 126
[5 à 7] – Largo / Allegretto / Allegretto
rototom
3 – Steve Reich - Désert : De
la même génération que les compositeurs fondateurs du mouvement répétitif
et minimaliste comme
Glass,
John Adams
et
Steve Reich, il était logique que
MTT
apporte une pierre à l'édifice de la discographie de ce style
spécifiquement Yankee. Voici donc
Désert
de
Steve Reich
composé en 1984. Nous avons écouté en 2017 la musique pour
18 musiciens, son œuvre la plus populaire. On peut y lire une biographie
de
Steve Reich
et écouter son interprétation de l'œuvre, la meilleure soit dit en
passant. (Voir index)
Dans
Désert,
Steve Reich, toujours provocant et fantasque, met les petits plats dans les grands.
Un chœur de 27 voix : 9 sopranos, 6 altos, 6 ténors et 6 basses.
L'orchestre comprend 89 musiciens. 4 flûtes dont 3 doublées en
piccolo, 4 hautbois dont 3 doublés en cor anglais, 4 clarinettes dont 3
doublées en clarinettes basses et 4 bassons dont 1 doublé en contrebasson.
Continuons : 4 cors, 4 trompettes dont 1 doublée en trompette piccolo, 2
trombones, 1 trombone basse, et 1 tuba. Les percussions ne sont pas en
reste : rototoms*, deux marimbas, deux vibraphones, deux xylophones, deux
glockenspiels, des maracas, des baguettes, une grosse caisse et un tam-tam
médium. À cela s'ajoutent 2 pianos joués par 4 pianistes, dont 3 jouant
aussi du synthétiseur. Enfin : 48 instruments à cordes répartis en trois
sections 4-4-3-3-2 disposées à gauche, au centre et à droite de la
scène.
- Un quoi ? Claude ! Un rototom ?????
- Je mets une photo pour découvrir avec toi Sonia : en résumé un
membraphone avec trois caisses claires sans fût en bois… diamètre : 6,
8 et 10 pouces. Utilisé par Phil Collins et Pink Floyd, ce
"machin" est devenu un jouet pour les enfants et le martyr des
parents.
- Ah… et ça donne quoi musicalement parlant Désert ?
Exposer en trois mots l'objectif de
Reich n'a pas de sens. On retrouve tant au niveau orchestral que choral le
rythme obsédant caractérisant le mode répétitif, cadence assurée par des
mesures aux notes de valeurs égales (8 croches par exemples). Les
transitions voix-groupes instrumentaux aux timbres variés constituent une
succession de groupes et variations thématiques passionnante. L'œuvre
recourt à et s'inspire des poèmes de
William Carlos Williams (1883–1963), poète esthète et médecin
américano-portoricain.
MTT
dirige un ensemble de musiciens réunissant le chœur et les instrumentistes
de l'orchestre de Brooklyn, un disque de 1985 après la création à
Cologne en 1984. Cinq mouvements et 7 sections :
❶ [00:00] Tempo rapide (noire= 192 à 4/4), ❷ [07:54] Tempo modéré, ❸,
[14:53] A. Tempo lent, [21:52] B. Tempo modéré, [27:46] C. Tempo
lent, ❹ [33:41] Tempo modéré, ❺ [37:15] tempo rapide.
4 – Apocalypse (album de Mahavishnu Orchestra)
: 3ème album de 1974 de l'ensemble créé par
John McLaughlin
également interprète qui a écrit les paroles et la musique. La quinzaine
de musiciens du
Mahavishnu Orchestraest associée à l'orchestre symphonique de Londres
que dirige
MTT
assurant aussi la partie de piano. A priori inclassable (j'ai vu le mot
Jazz Fusion dans un article). Écoutons ce réjouissant foutoir musical que
l'on aimera ou détestera 😉. Il est important à mon avis d'écouter les
cinq morceaux qui forment indéniablement une unité stylistique.
5 – Copland symphonie avec orgue: après ces escapades vers les musiques bizarres, concluons avec
le grand répertoire classqiue, mais là encore en écoutant des pièces
originales. Je n'ai jamais parlé réellement de
AaronCopland, compositeur américain (1900-1990), juste un extrait d'une anthologie de
gravures de
Antal Dorati
proposée dans un billet de 2011 :
Copland
:
Rodéo
-
Minneapolis Symphony Orchestra. (Clic)
Ecoutons, interprétée à l'orgue par
Paul Jacobs
et
MTT
dirigeant l'orchestre de San Francisco la
Symphonie pour orgue et orchestre
de 1924. Le style postromantique reflète les courants musicaux du
début du XXème siècle au USA, notamment un climat buccolique. Peu de temps
après, un autre concerto intégrant du jazz fit scandale. À cette époque,
chacun chez soi, ségrégation oblige 😒.
Ellington
détestait
Gershwin… méprisant l'opéra
Porgy and Bess
et disant "La réalité quotidienne déboulonne le négroïsme noir de fumée de
Gershwin".
6 – Berlioz - Romeo et Juliette
: À la manière d'un poème symphonique, la symphonie lyrique de notre grand
Hector
peut se voir déclinée en une suite symphonique enchaînant les parties
instrumentales de l'œuvre. En live, en 2019, avec le
New World SymphonyMTT
et ses jeunes musiciens nous en donnent un bel exemple. On remarquera la
direction athlétique du chef qui marque les ff en pliant les
genoux…
Dans le Best Of publié hier, quatre RIP ont été rédigés. Un des disparus de
cette semaine prend place aussi dans ce billet, un artiste ayant œuvré tant
dans des œuvres classiques pour clarinette que dans des formations de jazz
comme saxophoniste ou clarinettiste…
Il y a des semaines comme ça… Abonné à la Revue Diapason, je reçois par
Mail chaque jour quelques infos concernant la vie de la musique classique,
des concerts à venir, des potins, etc. Cette semaine, les faireparts de
décès sont quotidiens. Des artistes âgés voire nonagénaires que l'on a
parfois un peu oublié mais tous ayant assuré des carrières d'envergure…
Impossible et mal venu de rédiger trois RIP sur trois jours différents.
Donc voici trois portraits en quelques lignes, et surtout des vidéos
musicales pour témoigner de leurs talents.
~~~~~~~~~~~~~~~~
Michel Portal
nous a quittés à 90 ans. Sans doute bien connu des amateurs de jazz,
Michel Portal
s'est illustré aussi dans le genre classique, notamment dans les œuvres les
plus marquantes du grand répertoire. Deux chroniques lui ont déjà été
dédiées : en
2012 : les deux
sonates pour piano et clarinette
de
Brahms
et en 2018(Clic), du même compositeur : le
quintette pour clarinette, un monument de la musique de chambre (Clic). La biographie de l'artiste était esquissée dans le premier billet. Je
n'ajoute rien.
Le quintette de
Brahms
a eu des ancêtres, mais on doit à
Mozart
la première partition dans le genre, le génie autrichien ayant été le
promoteur zélé de cet instrument nouveau venu à l'époque classique. Je vous
propose de l'écouter ainsi que le Trio K 498 dans l'interprétation de
Michel Portal
en complicité avec de grands artistes français :
–
Roland Daugareil
et
Régis Pasquier, Violons I et II –
Bruno Pasquier, alto -
Roland Pidoux, violoncelle -
Jean-ClaudePennetier, piano dans la sonate…
Pas d'analyse des œuvres ; elles le méritent, mais de vous à moi, ce
n'est pas le sujet de cet hommage et comme toujours cette musique
charmeuse et poétique coule de source...
YouTube : Quintette K 581–Trio pour piano, clarinette et alto k 498.
~~~~~~~~~~~~~~~~
José van Dam
nous a quittés à 85 ans. Né en Belgique, le baryton a connu une carrière
la plus internationale qui soit, mais refusait le star-system. Une voix
d'exception (baryton-basse) d'une souplesse étonnante et puissante. D'une
humilité artistique rare, le chanteur s'effaçait comme interprète pour
servir en priorité le personnage et les intentions du compositeur, quitte
à ne pas aborder certains rôles, interprétant
Amfortas (Parsifal) mais pas Wotan (le Ring) de
Wagner. Ces plus belles réussites :
Boris Godounov, Falstaff, Wozzeck,
Les Noces de Figaro,
Salomé
(Jokanaan le Baptiste), et bien d'autres…
Deux vidéos YouTube :
mélodies françaises. Souvent l'élocution du français s'avère peu compréhensible des mélomanes
peu aguerris. Un contre-exemple magistral dans un florilège de mélodies
françaises dans lesquelles José van Dam
est accompagné par Jean Philippe Collard…
Un complément qui associe deux barytons mythiques nés au XXème.
Il y a deux semaines, je consacrais un article au baryton Dietrich Fischer-Dieskau,
chantre des lieder de Mahler(Clic). J'évoquais à ce propos que le chanteur allemand était le seul à avoir osé
affronter en concert le rôle de Saint-François d'Assise
de l'opéra éponyme d'Olivier Messian, un rôle dédié à José van Dam
par le compositeur, presque quatre heures ! José van Dam
a chanté lui aussi quelquefois Mahler, en concert, à Chicago et accompagné par Pierre Boulez…
Camille
Saint-Saëns
1 - Danse Macabre
2 - Sonnet
3 - Les Cloches De La Mer
4 - Clair De Lune
5 - Extase
6 - Rêverie
7 - Le Pas D'Armes Du Roi Jean
8 - Si Vous N'Avez Rien À Me Dire
9 - Le Lever De La Lune
Jules Massenet
10 - Élégie
11 - La Mort De La Cigale
12 - Berceuse
13 - Les Mains
Charles Gounod
14 - Medjé
15 - Crépuscule
16 - Envoi De Fleurs
17 - Si La Mort Est Le But
18 - Hymne À La Nuit
Gustav Mahler
1 - Liebst du um Schönheit
2 - Ich atmet' einen linden Duft!
3 - Ich
bin der Welt abhanden gekommen
~~~~~~~~~~~~~~~~
Helmuth Rilling
nous a quittés à 92 ans. Un peu oublié des jeunes générations,
Rilling, originaire de Stuttgart y vivra toute sa vie hormis pendant les tournées.
Issu d'une famille de musiciens, il choisit de suivre une éducation
religieuse au séminaire protestant dans un premier temps puis, de
1952 à 1953, décide de se tourner vers une carrière musicale
sans renier la spiritualité. Il étudie l'orgue, la composition musicale et
la direction de chœur au Collège musical de Stuttgart. Il se passionne pour
la musique de
Bach
dont il enregistrera deux fois l'intégrale de l'œuvre sacrée
(plus d'une centaine de CD). On le surnomme M. Bach 😊.
Helmuth Rilling
était de la même génération que des baroqueux tels
Nikolaus Harnoncourt,
Gustav Léonhardt et leurs disciples explorant l'œuvre du
Cantor
"historiquement informée" (instruments d'époque, voix masculines, effectifs
modestes). Pourtant
Rilling, à l'image du suisse
Michel Corboz, dirigera avec bonheur (passéisme diront quelques snobs) des ensembles
modernes qu'il a créés : le chœur
Gächinger Kantorei
en 1954 et l'ensemble instrumental
Bach-Collegium Stuttgart
en 1965.
Comme commenté dans un article à propos de l'interprétation de la
Passion selon Saint-Matthieu
par
Karl Richter, sa direction reste profondément empreinte de spiritualité même avec ses
chœurs mixtes, des instruments modernes et des solistes motivés.
(Richter)
Il faudra revenir dans le blog sur cet artiste. Pour cet hommage, je vous
propose une gravure de la
Messe en si
de
Bach
extraite de l'intégrale réalisée pour le label Hänsler.
(Chronique messe en si)
En complément et pour montrer que le maestro abordait aussi la musique
sacrée de notre temps, un enregistrement du
Credo
de
Krzysztof Penderecki créé le 11 juillet 1998 avec l'Oregon Bach Festival Chorus and Orchestra
sous la direction de
Rilling
le dédicataire. (l'Oregon Bach Festival
: un autre ensemble fondé par ses soins en 1970). L'œuvre à
l'écriture et à l'orchestration moins avant-gardistes que celle de la 1ère
manière du compositeur polonais a été composée à l'intention d'Helmuth Rilling. Au texte latin, se superposent des versets en polonais. Le résultat peut
apparaître comme néo-classique aux oreilles de certains critiques
intégristes, mais quelle ardeur spirituelle !!!! L'esprit de
Arvo Pärt
n'est pas très éloigné…
[1]
Credo
- [2]
Qui propter nos homines
- [3]
Et incarnatus est
- [4]
Crucifixus
- [5]
Et resurrexit & Et in Spiritum Sanctum & Et vitam venturi
saeculi