Quatuor de la semaine : Pat, Bruno, Claude, Luc et en régie : Sonia
MARDI : Pat Slade adore le rock français bien burné (sic), musclé,
testostéronisé, surtout quand au chant, c'est la voix de la bouclée
Vanessa qui en impose. Billet dithyrambique sur l'album de 2025
d'Emerald Moon
: "The Sky’s The Limit Tour 2025". Du Rock pur et dur, prévenez vos voisin 😊
!
MERCREDI :Presque trente ans au compteur et pas une ride. "Can't Keep a Good Man Down" de 1997 reste un album inoxydable. Tommy Castro
est toujours en activité et a sorti l'année dernière, à 70 balais, son
dix-septième album. Dixit Bruno !
JEUDI : Bon sang de bois, le Toon est furax ! Comment la phallocratie du
XIXème siècle a pu confiner dans l'oubli
Louise Farrenc,l'une des plus grandes virtuoses et
compositrices françaises… Bref, après deux symphonies écoutées l'an
passé, Claude nous invite à découvrir sa personnalité et à écouter son nonettepour cordes et vents, œuvre pleine de peps à jouer dans un carrousel ou
un salon chic … En prime un trio piano-violoncelle-clarinette !
VENDREDI :En général, pour rédiger un billet, on se documente papier ou web… On a
vu passer Luc avec un chalumeau, une chignole et des pains de
C4 💣!?!?! Tout cela pour chroniquer The Mastermind
un film de de Kelly Reichardt. Un charpentier au chômage organise
le casse du musée local avec deux pieds nickelés. La réalisatrice s’empare
du genre polar pour lui tordre le cou, une mise en scène clinique qui
refuse tout artifice, et au final un film froid, sans âme. Dommage.
👉 On se revoit mardi avec Pat et Renaud cru 1975, Bruno et son
billet mystère, peut-être Sonia acting le Toon, Benjamin étant en congé,
et Luc qui nous a concocté un article sur le thriller Aucun autre choix
de Park Chan-Wook…
Kelly Reichardt est une réalisatrice américaine qui donne
dans le minimaliste. Ses films sont des productions indépendantes, sur
lesquelles elle ne gagne pas grand-chose, voire rien du tout, elle est prof de
cinéma à Portland pour gagner sa croute.
Ces budgets resserrés influent sur ses
mises en scène, minutieusement préparées en amont pour éviter de déborder les plannings, autant que sur la simplicité
des plans, souvent fixes. Elle est aussi monteuse, et le temps passé en salle de montage c’est
de l’argent. Donc son découpage est conçu pour que les plans raccordent
facilement les uns aux autres. Kelly Reichardt s’est aventurée deux fois dans l’univers
du western avec LA DERNIERE PISTE et FIRST COW, elle donne maintenant dans le
film de casse, vaguement inspiré du vol des archives du Worcester Art Museum en
1972. Jusqu'à présent elle tournait au format carré, 1:37, on lui a fait comprendre que commercialement ce serait bien qu'elle passe au 1:85...
Cette mise en scène dépouillée, presque clinique, renvoie à Jean Pierre
Melville, voire à Robert Bresson, il s’agit de filmer les gestes plus que l’intention.
Démonstration avec la première belle séquence, dans un petit musée de Massachussetts.
J.B. Mooney (Josh O’Connor) passe de salles en salles, regarde les toiles machinalement, observe aussi le gardien assoupi, le
silence n’est brisé que par une voix de gamin aux bavardages intempestifs. On y
voit une femme, sans doute la mère du gamin. J.B.se plante devant une vitrine, qu’il ouvre en douce, en sort une statuette qu’il glisse dans un étui à lunettes. Qu’il
glisse ensuite dans le sac à main de la femme… la sienne.
Une séquence
sur laquelle on s’interroge ensuite. Terri Mooney est-elle complice,
ou victime collatérale de la cleptomanie de son mari ? Rien n’est vraiment
clair, car la réalisatrice se refuse à toutes explications. Elle filme des
gestes, des actions. Le larcin était un coup d’essai avant d’organiser le cambriolage
du musée, quatre toiles abstraites d’Arthur Dove dérobées en plein jour, avec une
facilité déconcertante.
Nous sommes en 1970, petite ville de province, un temps
où on pouvait se garer devant un musée en laissant le moteur tourner (et alors
qu’un flic prend sa pause déjeuner juste à côté !) où les œuvres ne sont
pas protégées par des alarmes. Vous me direz, c’est toujours le cas à Paris, au
Louvres ! Evidement, va y avoir un os, et même plusieurs :
le prof de l’école absent contraint J.B. à garder ses mômes le jour du
casse, un complice lui pose un lapin, un autre s'avère trop zélé.
Bien qu’elle reprenne les codes du
genre, Kelly Reichardt refuse de céder aux diktats du suspens. A l’image de son
héros, le film a deux de tension. J.B. Mooney est un taiseux, son visage ne
reflète aucune expression, presque aucun sentiment. C’est un charpentier au chômage,
qui ment pour emprunter du fric à sa mère. Et qui visiblement cache ses
activités à sa femme. Pour le compte de qui vole-t-il les toiles ? On ne
sait pas, sans doute son prof de thèse entend-on à un moment, mais rien
n’est certain, on pense même qu'il pourrait les garder pour lui, voir la scène où il pend un des tableaux dans son salon pour l'admirer, seul. La photographie laiteuse, désaturée, est au diapason, comme ces
quelques lents mouvements de caméra, et les silences pesants qui rythment le film.
La réalisatrice nous fait du Bresson dans cette longue scène où J.B.
Mooney planque les tableaux dans une grange, les sortant puis les rentrant dans
une boite, montant à l’échelle, un par un, gestes répétés… Une scène qui n’apporte
rien au plan narratif. Kelly Reichardt disait qu’elle avait aussi filmé
(pendant 20 minutes !) J.B. qui construisait la boite en question, scène finalement coupée sur les conseils de Todd Haynes, qui a vu le premier montage. Bonne initiative.
Une ambiance étrange, comme hivernale mais en été, un film apathique.
Rien ne semble atteindre émotionnellement le héros, qui affiche un sourire béat
en continu. Ni les deux flics qui débarquent le lendemain chez lui, ni
ces trois gangsters qui surgissent de nulle part pour le kidnapper (qui, pourquoi, comment ?). Pas plus qu'il ne s'émeut de devoir partir en cavale, laisser ses mômes, sa femme (Alana
Haim, vue dans LICORICE PIZZA de PTA, pas plus bavarde). Quant au contexte politique, les manifestations anti-Vietnam, c'est hors de son monde. On a l'impression que J.B. est désengagé de tout, ses gosses, sa famille, ses amis, son pays... La cause politique qui, ironiquement, causera sa perte. The mastermind (le cerveau) n'avait pas pensé à ça...
J’ai aimé la musique jazz, batterie omniprésente, free, mais je peux comprendre que cela irrite certaines oreilles !
Si Kelly Reichardt part d’une trame classique de polar, elle en pervertit
complètement les codes, et déconcerte le spectateur.
On ne peut pas nier la
précision de sa mise en scène, ni la beauté des cadres, ni cette photographie délavée
et froide qui donne envie d’enfiler un gros pull et de s’envoyer un pur malt. Même si on comprend le regard que porte Reichardt sur ces petites gens anonymes dans un pays en crise
(qui pourraient sortir du "Nebraska" de Springsteen) on n’a rien à quoi se
raccrocher, dans l'absence revendiquée d'humanité, d’émotion, d’intention. Un même sentiment éprouvé à l’issue du dernier Jim Jarmush.
Sonia arrive bien tard, hâve, pâle et défaite1. Elle s'avachit
sur son siège ergonomique… Houlà, ça sent le Burn out.
- Et bien ma belle, ce n'est pas la grande forme ? Des soucis ? Tu veux
en parler ?
- B'jour Claude… dis donc ? Ça devait être court le billet Sammartini,
tu parles… Original j'en conviens, mais je me ruine en compléments
alimentaires pour récupérer… Alors cette semaine… Mme Farrenc épisode 2,
je dois aller chercher quoi ? des amphétamines ?
- Ah ma pauvre Sonia, tu me présenteras la facture de tes pilules… N'en
abuse pas ! Non là, on fait bref… D'autant que comme tu le soulignes, la
compositrice française a déjà fait la une avec deux symphonies en
2023…
- Ouf ! Sinon, c'est bon les Nonnettes, mais je commence mon régime
bikini… Heu, quoique c'est un peu tôt, je verrai ça après les chocolats
de Pâques, hihi…
- Non le nonnette de Louise Farrenc est justement d'une élégante
légèreté, et quatre cordes plus cinq instruments à vent, en voilà de
succulentes sonorités… Ok, le calambour fait snob mais avec tes petits
pains d'épices à l'orange… je ne pouvais le rater…
- Je suppose à lire le titre que les nonettes constitués n'existent
pas… Nous allons écouter un groupe de musiciens réunis entre virtuoses
et amis…
- Farpaitement comme dirait Obelix !!!!
1 – formule empruntée à Voltaire dans un article titré "Torture".
Louise Farrenc en 1835
Partie 1 : Sextuor, Septuor, Octuor, Nonette, Dixtuor…
Votre rédacteur en apprend tous les jours. Autant les mots
sextuor
(de
Brahms
par exemple),
Octuor
(de
Schubert
par exemple),
Nonette
(de
Farrenc
par exemple) faisaient partie de mon vocabulaire, la dénomination
dixtuor
… elle, m'était inconnue et existe bien. Il ne s'agit pas d'un gag
sémantique imaginé par un autre blogger fantasque. Il faut dire que le titre
n'a été employé tel quel que par
Enesco
en 1906 ou
Jean Françaix
en 1987. Les œuvres requérant dix instrumentistes sont légions mais
leurs appellations sont souvent plus traditionnelles : exemple :
Mozart
dans certaines sérénades ou divertimentos…
- Ah ça par exemple, voire non d'une pipe !!!
- Ça suffit Pat !! Donne l'exemple en respectetant ma prose
exemplaire…
Ce terme musical ne date que de 1898 et nous le devons au
compositeur et peintre
Ange Flégier ; en France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées 😊.
Decemtuor aurait été plus rigoureux en respectant l'étymologie latine…
- Clauuuude par pitiééé, on a dit bref ! On s'en fiche ! Louise
s'impatiente…
L'instrumentation pour ces divers ensembles n'est pas aussi stricte que
pour les quatuors à cordes depuis
Mozart
et
Haydn
(Violon I et II, alto, violoncelle), même si ledit quatuor en est souvent la
force vive en complicité avec des vents. Fréquemment, un piano s'invite à la
place d'un des violons (chez
Brahms
notamment).
Schubert
composera son
Octuor
pour huit virtuoses, il comporte le quatuor usuel et quatre vents
(Clic).
La
sérénadeK 186
de
Mozart
(un dixtuor) réunit cinq couples de vents : 2 hautbois, 2 clarinettes, 2
cors anglais, 2 cors et 2 bassons, une musique de kiosque aussi pétillante
et assurant un tel équilibre sonore entre les pupitres. Eh bien… on n'entend
pas cette perfection tous les jours les amis !
Et, comme aurait insinué Maître Folace,
Louise Farrenc
ne voulant pas du tout-venant, elle se risquera dans une association
instrumentale bizarre… (Tout le monde a reconnu une réplique des tontons flingueurs… disons…
adaptée.)
- Claude… Tu es incorrigible… !!!
Aristide Farrenc (1794-1865)
Partie 2 : La musique de chambre de Louise Farrenc
Nul ne contestera que
Hector Berlioz, le compositeur autodidacte échevelé et un peu fou, ait été le compositeur
romantique le plus marquant du début du XIXème siècle. La
possédée Symphonie fantastique,
la
Damnation de Faust, d'autres grandes œuvres symphoniques ou lyriques jalonnent son existence
au détriment de la musique de chambre qu'il n'a pas abordé, tout comme la
musique pour piano, pour la simple raison qu'il n'en jouait pas 😊.
Tout le monde connaît
Hector, pourtant une dame virtuose et compositrice de surcroit, oui une femme
nommée
Louise Farrenc, avait bizarrement été reléguée de l'histoire de la musique française.
Misogynie ou carnet d'adresses trop modeste pour asseoir sa notoriété ? On
redécouvre pas à pas l'une des personnalités les plus talentueuses de l'art
musical de l'époque.
J'invite mes chers lecteurs à consulter une biographie détaillée de la
compositrice dans une
chronique
de 2023 consacrée à ses
1ère
et
3ème symphonies
particulièrement misent en valeur par
Laurence Equilbey. En un mot
Louise Farrenc
née Dumont deviendra l'une des pianistes les plus en vue de son temps et
même professeur au Conservatoire pendant 30 ans. Instruite musicalement
parlant par
Anton Reicha, un contemporain et ami de
Beethoven. À l'écoute des deux symphonies commentées dans ce billet, sous la
baguette fougueuse de
Laurence Equilbey, difficile de ne pas entrevoir l'influence du style passionné du grand
Ludwig.
La musique symphonique n'était pas le genre dominant de son catalogue. Les
pièces pour piano réunies sous au moins 32 numéros d'opus constituent la
majorité de son œuvre. Contrairement au patrimoine de
Chopin, on y trouve beaucoup d'ouvrages de formes peu académiques (citons :
études, variations, ballades, etc. dont raffolait le génial polonais), des
partitions d'inspiration très libre telle La sylphide de 1835,
un rondo valsetrès éloquent. De la même manière
Louise Farrenc
nous a légué un ensemble de 13 œuvres de musiques de chambre qu'il serait
nécessaire de redécouvrir dans son intégralité :
sonates
pour piano et violon ou violoncelle,
variations
pour piano et cordes, 4
trios, 2
quintettes
avec piano,
sextuor
pour piano et quintette à vent et… le
nonette. En résumé des formations dignes d'un
Mozart
ou même d'un Brahms… En effet, les deux trios tardifs peuvent céder la place de la flûte ou de
la clarinette à un violon…
Important : Dans le couple
Schuman, nous avions
Robert
le compositeur et
Clara la virtuose mais aussi une autrice. Le couple
Farrenc
est lui aussi un exemple de conjugalité musicale sauf que Mme compose et
interprète !!! 😊 Un grand merci à
Aristide Farrenc, son mari, flûtiste dans un petit orchestre de la capitale, le
Théâtre-Italien situé rue de la Gaîté*, et surtout éditeur de musique
des célébrités du temps. Il veilla sur la pérennité du travail de sa femme
et géra sa carrière… Cela ne suffit pas, il faut attendre notre siècle pour
redécouvrir la grande dame du romantisme français.
Aristide Farrenc publia une somme de partitions pianistiques en vingt volumes en
collaboration avec
Louise
; œuvres de l'époque baroque, celles pour clavecin de Couperin, Bach, Haendel, Scarlatti, Rameau, CPE Bach ; mais aussi celles
du classicisme pour piano forte de
Haydn, Mozart, Clementi, Hummel, Dussek, Weber et
Beethoven voire
chopin (Source Wikipédia).
(*)
Ce petit théâtre d'une centaine de places existe toujours sous le nom
de Comédie Italienne. On y joue Goldoni, de la commedia
dell'arte, des auteurs italiens. La façade est un lieu de visite à elle
seule, mais la mairie de Paris menace son intégrité !!!!
Louise Farrenc
méritait la rédaction d'un ouvrage pour nous faire découvrir la vie et la
personnalité de cette compositrice dans un monde dominé par les mecs. Ce
sont les artistes allemands et le label CPO qui l'ont ressuscitée à
partir de 1997. À noter que son style était apprécié de
Robert Schumann
lui-même, un expert en la matière. Ceci montre que sa musique avait franchi les frontières… sa renommée était européenne ! Il existe un petit ouvrage de la plume
de la musicologue Catherine Legras, paru en 2003 mais épuisé, bien entendu, et difficile à dénicher. Le nonette
que nous écoutons laisse à penser que Louise
aimait le bien vivre. Une chose est certaine, Louise Farrenc
avait du tempérament et ne s'en laissait pas compter, ainsi elle exigea et
obtint l'égalité salariale des professeurs des deux sexes au
Conservatoire.
Joseph Joachim Jeune
Partie 3 : Composition et création du nonette de Louise Farrenc
J'avoue ma gourmandise pour ce genre d'œuvres mêlant cordes et vents. La
modicité de l'effectif offre la variété de timbres d'un orchestre
symphonique en miniature. Je m'imagine facilement au jardin du Luxembourg en
1849 avec chapeau haut de forme et canne à pommeau,
Maggy Toon en robe à froufrou et crinoline, chapeau, voilette et
éventail mais étouffant dans son corset 😊. Sonia en humble tenue de
nourrice surveille Baby Toon. Sur le kiosque, neuf musiciens jouent
ce
nonette
dans une formation inspirée de celui de 1813 de
Louis Spohr, un contemporain de
Beethoven, lui aussi un peu oublié, quoique…
L'effectif comporte un quatuor à cordes classique que
Louise
adapte : violon, alto, violoncelle et contrebasse (et non un violon II), et
cinq vents les plus courants de l'orchestre symphonique définitif en cette
période du romantisme : flûte, hautbois, clarinette, basson, cor. (Un
trombone ferait fuir les oiseaux du parc. 🦜🦜) Le nonette est l'unique œuvre de chambre sans piano de la compositrice.
Il ne s'agit pas d'une commande.
Louise
montre sa fascination pour les formes les plus originales apparues depuis
Mozart
et reprises par
Beethoven
dans son
septuor
ou
Schubert
dans son
quintetteLa truite
ou son
Octuor.
Contrairement à mes fantasmes, le
Nonette
est créé en privé lors de deux soirées mondaines chez
Sophie Pierson-Bodin
(1819-1874), soprano, pianiste et pédagogue (autrice de "Conseils aux parents qui veulent faire apprendre la musique à leurs
enfants".). La première publique a lieu début 1850 Salle
Érard devenue de nos jours un lieu d'événementiel (séminaires,
soirées de gala… la déchéance quoi 😊).
Joseph Joachim, encore jeune, 19 ans, est au violon. (Difficile ainsi de se méprendre sur
la place occupée par
Louise Farrenc
dans l'univers musical de ce milieu du XIXème siècle.)
Joseph Joachim
qui deviendra l'un des violonistes les plus talentueux jusqu'à la fin du
romantisme et de sa vie en 1907. Il sera l'ami de
Brahms
qui lui dédicacera son
concerto. Diable d'artiste virtuose qui enregistrera des extraits des musiques de
Bach,
Brahms
et de lui-même en 1903 ! (Heu, le son c'est vraiment la
misère 😊.)
Partie 4 : Le nonette et ses interprètes
François Leleux et son hautbois
Guillaume Sutre et son violon
Gustave Caillebote : Canotiers
Preuve que la gente masculine musicale de la IIème république,
toute neuve mais éphémère, ne dédaignait pas le talent de compositrice de
leur consœur et que sa musique connaissait un franc succès, la liste des
instrumentistes lors des deux créations en privé et celle de la première
chez Erard sont parfaitement connues. Je ne les donne pas, c'est
superflu, mais la plupart étaient des virtuoses et-ou premiers solistes de
l'époque, certains membres de la
société des conservatoires
créée en 1828 et portant de nos jours le nom d'Orchestre de Paris.
Dans le disque sélectionné ce jour, seul le hautboïste m'était connu… J'ai
navigué… tous les autres interprètes sont des musiciens de haute volée, mais
leur consacrer quelques lignes allongerait le billet au grand dam de Luc 😊.
Tous sont membres de phalanges de premier plans et professeurs de
conservatoires. Donc, côté cordes :
Violon
– Guillaume Sutre,
Alto
– Miguel Da Silva,
Violoncelle
– François Salque,
Contrebasse
– Vincent Pasquier,
Flûte
– Philippe Bernold,
Hautbois
– François Leleux,Clarinette
– Romain Guyot,
Basson
– Gilbert Audin,
Cor
– André Cazalet.
(Partition)
1 - Adagio – Allegro : Louise
connaît bien les petites traditions du classicisme… et notamment
l'introduction au tempo lent si souvent présent dans les symphonies de Haydn. Un adagio
trois fois plus alangui que ne sera l'allegro (♩=69 - 𝅗𝅥.=69 - la bémol majeur). La mesure changera aussi passant de 4/4 à 3/4. Un
noble motif joué à l'unisson par tous les instruments introduit une
thématique élégante, une succession d'arpèges crescendo decrescendo de deux
mesures navigant d'un pupitre vers un autre, arpèges séparés d'une citation
du basson : ainsi se suivent : clarinette, hautbois, clarinette, flûte et clarinette…
… On imagine une conversation entre dames chics. Le cor et l'alto se font
discrets… [01:03] une seconde idée mélodieuse viendra des cordes,
accompagnant le chant enjoué de la flûte. Nous écoutons un adagio empreint
de poésie et de tendresse dont le style nuancé gracile émerge des jeux de
timbres qui se succèdent. L'adagio se
poursuit ainsi affirmant sa tonalité majeur, affichant un lyrisme bonhomme
et s'achevant sur un arpège allègre du violon suivi d'un point d'orgue
!
[01:50] Plus allant, l'allegro débute
par des échanges concertants des bois.
Louise
nous propose une musique ludique. La thématique sans esbrouffe s'anime
émaillée de trémolos et trilles des divers instruments, un climat récréatif
se développe. [04:23] la compositrice fidèle aux règles de la forme sonate
assure une reprise. On notera deux rôles de leader, l'un du violon et
l'autre de la clarinette. Justifiant mon impression, [10:36] une cadence
virevoltante du violon solo s'élance avant de céder au cor l'initiative de
la coda…
2 - Andante con moto (avec
entrain - ♩= 69 – 2/4 - Si bémol majeur) : Pour jouer à qui
influence qui ? Je choisirai
Schubert
pour cet andante bien rythmé et surtout
recourant au principe thème et variations.
Louise
ose tout dans la forme compositionnelle. L'introduction et les quatre
variations comportent toutes deux sections de deux motifs répétées deux fois
! La brièveté, l'imagination thématique et le jeu de rôles attribués aux
divers instruments solistes n'ennuient en rien. Le résultat obtenu sera vécu
par l'auditeur telle une procession de village, de toute façon de manière
festive. Première section :
motif initial, pimpant : 8 mesures aux
cordes (1 reprise) qui précèdent un
intermède de 5 mesures aux vents
[0:38] et enfin [0:38] 5 mesures tous
ensemble comme 3ème motif. (1 reprise des 2ème et 3ème motif). Vous voyez le genre 😅 On ne va pas tout commenter au risque que le
paragraphe soit bien plus long à lire que l'écoute du morceau. [1:12]Variation 1: hautbois soliste avec soutien des cordes. Reprise évidemment. [1:47]Variation 2: violon soliste dans motif 1 et flûte
et clarinette dans motif 2. [3:18]
Variation 3 : basson principal dans
motif 1, hautbois dans
motif 2. [4:38]Variation 4 : violon,
flûte et cordans
motif 1, violoncelle et flûte dans motif 2.
[6:02] Conclusion cantabile et coda. Enchanteur, même si ce mot paraît
désuet.
3 - Scherzo, Vivace : (𝅗𝅥.
=100–3/4 – La bémol majeur) : L'andante
plutôt cadencé me fait songer au son des rames d'une barque manœuvrée par de
vaillants canotiers surgis d'un tableau de Gustave Caillebotte (L'un
de ses sujets favoris). Le peintre étant né en 1848, cette
association est toute personnelle, vous connaissez mon intérêt pour
rapprocher les arts… Cette idée, peut-être farfelue, m'est venue en écoutant
le scherzo construit sur des principes
similaires : des motifs trépidants réunis en courtes sections, une tonalité
de la bémol majeur plutôt optimiste favorable à un flot mélodique plein
d'entrain, terme ajouté sur la
partition par
Louise
pour préciser le style de jeu souhaité.
Femme énergique mais parfois humoriste pensera-t-on à l'écoute du début de
ce scherzo, une facétie de pizzicati
syncopés aux cordes (pas la contrebasse pour alléger le
motif 1 finement nuancé et entrée
tardive de l'alto). Le motif 2 n'est
autre qu'une variation sans les syncopes jouée par les vents. [00:24]
Entraîné avec vigueur par le cor et le violon staccato se dessine un
motif 3 unissant cordes et vents ;
pourtant
Louise
s'écarte vaillamment des règles sonates imposées dans un scherzo. [00:55] Ce
motif 3 développé est repris crescendo,
logique dans un scherzo, quoique… [01:32] Le
trio est noté
meno mosso (moins agité, le tempo étant 𝅗𝅥. =76 et la tonalité devient Ré majeur). En effet, une
jolie mélodie aux accents printaniers se déploie, le rythme 3/4 laisse
imaginer un couple valsant dans une guinguette proche du kiosque. [03:14]
Tiens un écho du motif 1 énonce le
scherzo II avec le retour des pizzicati, sauf que le hautbois oiseleur
intervient… Bref, en quatre minutes,
Louise
bouscule l'organisation rigide du
scherzo dont seul le climat rieur
assure une réelle symétrie musicale (Bruckner
n'osera jamais déroger aux règles malgré un matériel thématique très
sophistiqué). Si on note divers écarts chromatiques, ce petit morceau
s'avère d'un modernisme que seul
Wagner
affirmera totalement en pulvérisant la tonalité pure et dure dans les
décennies suivantes.
4 - Adagio – Allegro : (♩= 52 | 𝅗𝅥 =104 – 3/4 | 4/4 – La bémol majeur) : Une marche funèbre
mais peu convaincante constitue le bref adagio : des accords syncopés
des vents répétés à l'unisson, des motifs arpégés faussement tragiques des
cordes. La gravité trahie par une cadence geignarde du hautbois révèle
encore une idée originale, une réplique de l'adagio introductif… Martiaux,
cor puis clarinette lancent l'allegro merveilleusement cantabile. La liberté
de ton permet à la musique d'échapper à un carcan formel. Chaque instrument
aura peu ou prou son solo, tel le violon puis la clarinette… etc.. Je ne
détaille plus cette œuvre d'une qualité compositionnelle et d'une joyeuseté
extrêmes.
Partie 5 : Le Trio opus 44 pour clarinette
Composé en 1856 par
Louise Farrenc, ce
trio
fut conçu pour piano, clarinette (ou violon) et violoncelle. Il comprend
quatre mouvements et on y retrouve l'élégance teintée d'insouciance
caractéristique du
nonette
et liée à la tonalité de mi bémol majeur. Il sera édité en
1861 par son mari et dédié au clarinettiste virtuose
Adolphe Leroy
(1827-1880) qui avait déjà participé à la création du
nonette. Assez ambitieux, il préfigure ceux de
Brahms. Le menuet certes gracile accuse
une forme traditionnelle à l'opposé du
scherzo cocasse du
nonette.
Il complète le disque du jour ainsi que d'autres pièces. L'interprétation
réunit de grands artistes français :
Brigitte Engerer
au piano ;
Romain Guyot
à la clarinette ;
Francois Salque
au violoncelle.
Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que
conseillée.
Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la
musique…
INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool.
La brusque disparition du fantastique Stevie Ray Vaughan a été un choc qui a laissé de profondes marques dans la communauté des amateurs de blues-rock. Le décès accidentel de cet artiste, qui avait réussi l'exploit de mettre (presque) tout le monde d'accord, d'ouvrir le Blues au plus grand nombre tout en restant authentique, a généré un tel trou béant que nombreux furent ceux qui ressentirent l'irrépressible besoin de le combler au plus vite. Ainsi, tout au long de cette décennie, on a trouvé et promis de nouveaux phénomènes aptes à remplacer et faire oublier le Texan. Un peu comme vingt ans auparavant pour un gaucher originaire de Seattle, également adepte de Stratocaster. La tragédie a eu au moins le mérite de donner leur chance à bien des musiciens.
Un des heureux élus, un de ceux qui, en son temps, a été auréolé du label "new Stevie Ray", n'a pourtant pas tant de points communs avec feu-Stevie Ray. On retrouve bien chez les deux des licks récurrents tirés d'Albert King sur les blues lents (notamment les bends en double-stop), et le jeu vif, échevelé et sautillant de Buddy Guy sur les relevés. Evidemment, Freddie King demeure une source commune majeure et intarissable dont on retrouve des traces évidenteschez eux. Mais alors que le Texan vouait une admiration à Hendrix, le nouveau prétendant (malgré lui), lui, est plutôt fasciné par la Soul. Un attrait qui se reporte évidemment sur le chant, mais aussi sur l'orchestration. Notamment par la présence indéfectible d'un saxophone. Autre influence prégnante et revendiquée, cultivée même, celle du funk de James Brown. Un mariage hérétique pour une frange de la compagnie des puristes. Pourtant, rien de particulièrement nouveau si l'on tient compte du travail des Steve Cropper et Freddie King, sans oublier celui de mister Albert Collins, en particulier ses dernières réalisations pour Alligator Records. Les tant décriés "Don't Lose Your Cool" (1983) et "Cold Snap" (1986).
La médiatisation de ce nouvel élu est assez tardive, et aurait pu l'être encore plus sans le nouvel engouement des années 90 pour le Blues. Il se fait remarquer nationalement en 1993, grâce à une invitation du Blues Bureau International (réputé pour ne pas faire spécialement dans la dentelle, leurs productions "blues" pactisant souvent avec le hard - le label étant déjà une extension de Shrapnel records qui a pas mal œuvré pour les shredders) pour participer au troisième volume de son "S.F. Blues Guitar Summit", aux côtés de son pote Johnny Nitro et de Kevin Russell. Mais ce n'est qu'à partir de sa signature avec le label Blind Pig, et de la sortie de son premier opus studio, "Exception to the Rule", qu'il peut savourer une reconnaissance qui va rapidement traverser les frontières. Celles de sa Californie natale, puis des Etats-Unis. Tommy Castro souffle alors ses quarante bougies. Et, dorénavant, il va pouvoir abandonner définitivement son boulot d'installateur de fenêtres et de volets pour se consacrer pleinement à la musique.
Né le 15 avril 1955 à San-Jose, en Californie, il n'a que six mois de plus que feu-Stevie Ray, mais, comme tant d'autres, sans avoir le même destin, sans avoir eu une semblable providence. Même si la scène californienne, et en particulier celle de San Francisco, n'est pas aussi courue et réputée que celle du Texas (1) - ce qui pourrait expliquer en partie cette tardive popularité -, il faut bien admettre à l'écoute de "No Foolin' ", un live enregistré à la maison, au "Saloon" de San Francisco (sur le label de l'établissement), il y a alors une nette différence de niveau entre Stevie Ray et Double Trouble et Castro et son groupe. Certes, le groupe est professionnel et compétent, mais un brin trop conventionnel pour faire la différence. Sans compter que la prestation comporte trop de reprises assez scolaires pour faire la différence - peut-être est-ce pour répondre à une demande du public ou du patron des lieux ?. Rien à voir avec le rafraîchissant et solide "Exception to the Rule". Une transformation. Comme si Castro avait été jusqu'alors bridé et que désormais on lui laissait les coudées franches. Aujourd'hui, cet album est parmi les plus appréciés de la copieuse discographie du californien.
Le suivant, "Can't Keep a Good Man Down", confirme et fait mieux. À l'évidence, ce gars-là, invariablement vêtu de noir de pied en cap, perpétuellement les cheveux gominés en arrière et rasé de près, toujours nickel, a un truc. Avec une formation somme toute classique, il sait se montrer assez moderne sans bidouillages synthétiques, et en même temps, être respectueux d'un certain patrimoine, sans sentir la naphtaline. Bref, rester fidèle au Blues en le modernisant sans le castrer. De son propre aveu, sa soudaine (et inattendue) notoriété nationale lui a permis d'arpenter les Etats-Unis, en partageant la scène d'illustres bluesmen auprès desquels il a grandement appris. Notamment de comprendre qu'il était inutile de surjouer, ou encore qu'on pouvait avoir "le" son avec un minimum de matos. L'important étant la sincérité et l'engagement, ainsi que d'être soi-même, authentique. Des leçons bien apprises qui lui ont apporté de la maturité et aussi de la confiance. La belle et exemplaire humilité dont font preuve ces quasi idoles qu'il rencontre et côtoie, demeure un impérissable enseignement. Un fait qu'il rapporte souvent dans ses interviews.
Premièrement, "Can't Keep a Good Man Down" marque sa différence par la l'omniprésence du saxophone de Keith Crossan. Fusionnant totalement avec l'orchestration, il participe autant à épaissir le son, se substituant à une guitare rythmique ou se mariant avec la basse, qu'à faire monter un peu la température avec quelques savoureux chorus aux parfums de rhythm'n'blues fiévreux. Un atout permettant à l'orchestration d'esquiver tout piège dans quelques climats par trop arides. Deuxièmement, il se démarque aussi par l'association harmonieuse du blues-rock avec le funk de James Brown et la soul de Wilson Pickett. "You Gotta Do What You Gotta Do", fait l'improbable union de James Brown et d'Albert Collins, et s'offre le luxe de faire danser. Esprit d'Albert Collins en mode funk encore sur "You Knew the Job Was Dangerous" "You Gotta Do What You Gotta Do". Plus funk encore, l'enjoué et pétillant "High on the Hog" se permet de dynamiter les Meters en leur donnant plus de mordant, de gnaque.
Impeccable aussi sur ses blues-rock souples et élégants, "Can't Keep a Good Man Down", "Suitcase of Full of Blues", "Take the Highway Down", où la Castro-Strato fait des étincelles avec un habile et racé mix de Stevie Ray et de Ronnie Earl. De même que "You Go Around Once", en final (2), pour des soli d'apothéose.
Exercice souvent scabreux, Castro s'illustre pour faire des reprises sans les dénaturer tout en gardant sa patte. Un excellent "My Time After Awhile" popularisé par Buddy Guy, sur le fil du rasoir, où sa voix chaude, éduquée par les ténors de la Soul des 60's, fait la différence. Probablement une des meilleures versions. Tandis que son solo, tirant sur toutes les ficelles du "less is more", parvient à mettre le feu sans monter dans les tours. Et un "Can't You See What You're Doing to Me" d'Albert King aux petits oignons, assaisonné de cambouis avec un sax qui met les bouchées doubles.
Un festival légèrement terni pas un instrumental mou et plat, "Hydocan", qui ne vaut pas tripette ; comme si le groupe était embourbé, devant décupler d'effort pour sortir le moindre son de leur instrument. Déconcertant...
Presque trente ans au compteur et pas une ride, un album inoxydable. Tommy Castro est toujours en activité et a sorti l'année dernière, à 70 balais, son dix-septième album, "Closer to the Bone". Certes, il n'a plus ni l'énergie ni la voix d'antan, mais assure encore. Suffisamment pour tenir encore la dragée haute à de jeunes crâneurs.
Avec une actualité discographique soutenue sur un peu plus de trente ans, tout n'est pas du même tonneau. Cependant, Tommy n'a jamais réalisé de mauvais album, juste quelques uns moins intéressants, voire plus conventionnels. Pour découvrir sa musique, on recommandera, en plus de celui-ci, "Exception to the Rule", "Right as Rain", "Live at the Fillmore", "Guilty of Love", Painkiller", "Hard Believer", "The Devil You Know" et "Stompin' Ground".
Anecdote : Lors d'un concert de Tommy Castro, je rencontre une vieille connaissance, par ailleurs très bon guitariste (il joua assez longtemps dans divers groupes). Quelques années auparavant, à deux ou trois reprises, autour d'une bonne pression (ou deux, ou trois...), on argumentait sur les guitaristes. Lui était resté accroché comme une arapède à un rocher au guitar-heroes du hardroque et du hévimétôl, et développait un intérêt pour les shredders, tandis que ma pomme, elle, sans pour autant trahir des figures des années 70, prêchait pour les bluesmen. Patiemment, il essayait de me faire entendre raison - de me rallier à son point de vue -, et s'il concédait que Stevie Ray Vaughan était effectivement très bon, il ne comprenait pas comment je pouvais plus apprécier des gars qui n'étaient pas capable d'aligner mille notes à la minute, ou des plans de musique classique (massacrés ?) et pour qui le vibrato était un engin de torture. "Oui, mais, le feeling. Le feeling, le toucher. Ces gars-là (les bluesmen) racontent plus de choses en deux notes que Ouioui Malstine en quarante-douze à fond la caisse." - "Peut-être, mais ils ont moins de technique" - "Ouais, okay, probablement, mais la technique pour la technique, c'est de l'exercice. C'est impressionnant, mais ça ne m'atteint pas. Satriani étant l'exception". Finalement, je le retrouve donc, une poignée d'années plus tard, à un concert de Tommy Castro... - en même temps, dans le coin, c'est à se demander s'il n'y a pas plus de chance de voir des phénomènes surnaturels que des concerts de rock -. Lui, l'amateur indécrottable de guitares techniques et acrobatiques, est conquis et reconnait (à maintes reprises) que ce Tommy est vraiment bon. Comme quoi...
(1) On pourra remarquer que des figures marquantes de la scène dite de Blues californien, "California Blues" ou "West Coast blues", sont d'origine texanes. À commencer par T-Bone Walker, Charles Brown, Johnny "Guitar" Watson et Pee-Wee Crayton, ainsi qu'Almos Milburn, Roy Hawkins ("The Thrill is Gone") et les frères Moore (Oscar et Johnny).
(2) Enfin, final... final, oui, sur mon exemplaire de Dixiefrog, où dix morceaux sur douze ne sont pas dans l'ordre indiqué. Etonnant, non ?