mercredi 10 août 2022

Paul SABU " Heartbreak " (1985), by Bruno



    On me souffle dans l'oreillette que les films de zombies et disques de brutasses chevelues à grosses guitares, ça ne fait pas trop "été". Et qu'en conséquence il faudrait que je révise mes priorités. Parce que sinon, on m'aime bien mais il y a des jeunes qui mettent la pression pour une place au Déblocnot'. Comme c'est demandé si gentiment, je cède à la pression et consent à dériver vers des eaux plus portées par des vibrations enjouées et mainstream. Le genre de truc qui passe en bagnole et en vacances, marqué par le soleil californien. Du Rock FM et/ou AOR, quoi. M'enfin. Ben justement, j'en ai un en réserve, injustement méconnu dans les contrées du "fromage-qui-pue". Il s'agit de Paul Sabu, Californien par le lieu de naissance, mais indo-américain par le sang.

Disco

   Fils de Selar Sabu, un acteur indien qui s'est fait remarqué avec le classique "Le Voleur de Bagdad" (1940), où il interprète le jeune Abu, et de Marilyn Cooper, une actrice habituée des productions de Brodway (dont "West Side Story", à partir de 1957, où lui donne le rôle de Rosalia), Paul Sabu est né le 2 janvier 1960 à Burbank. Promu à une enfance dorée, alors qu'il n'a pas encore quatre ans, il perd néanmoins son père qui succombe à une crise cardiaque.

     Peut-être par hérédité, ou simplement en baignant dans le milieu, il embrasse assez tôt une carrière artistique dans le divertissement. Cependant, plutôt que les caméras, c'est par la scène qu'il est attiré. Précisément par la musique. Toutefois, ce n'est pas par le Rock ou même la Pop qu'il se fait remarquer musicalement pour la première fois, mais par le disco (sic). Non pas en tant qu'interprète, mais en qualité de compositeur et de producteur il participe même à quelques hits. Ce qui éveille l'attention de l'industrie musicale, alors qu'il n'a pas vingt ans. Il continue tranquillement à composer pour autrui et puis finalement, n'étant pas lui-même manchot à la six-cordes, et plutôt bon chanteur, affublé d'un sympathique et chaud grain de voix un poil enfumé, il se lance en tant qu'interprète.

     Un premier disque sort sous son seul nom en 1979, et il est... très marqué par le disco, avec un jeu de batterie métronomique. En fait, c'est en droite ligne avec ses compositions précédentes, avec une once d'instrumentation rock en plus. Enfin rock, même sur les chansons "We're Gonna Rock" et "Rollin' Rockin' Disco King", il faut vraiment être indulgent pour concéder qu'il y a quelques ingrédients rock là-dedans. Bizarrement, l'année suivante, il sort à nouveau un album sous son seul nom, sans titre, comme un nouveau départ, avec son visage qui occupe les trois-quarts de la pochette (qui sent la variété à plein nez) et là, c'est un changement radical. Grosses guitares gavées de disto et de chorus, voix éraillées, batteries de bûcheron et claviers muselés, coincés entre Gregg Rolie et Ken Hensley. Sabu est passé du côté obscur, ou plutôt il en est sorti, intégrant un Rock mélodique burné. Sa Stratocaster noire, modifiée par un Floyd Rose et un humbucker (en position chevalet) peut enfin s'exprimer pleinement. Il y a bien à quelques occasions des résidus de synthés disco qui refoulent, mais, au milieu d'une orchestration franchement heavy-rock, ça passe plutôt bien. Un très bon album qui préfigure un Heavy-rock mélodique, un AOR musclé porté par un chant proche de Sammy Hagar. Injustement, cet album ne semble pas avoir fait d'éclats. Par la faute d'une pochette hideuse ou d'une absence de promotion ? 


   Après quelques années de silence, avec d'autres musiciens de studio, ils refont le coup de Toto en fondant un groupe : Kidd Glove. Un combo intéressant, auréolé d'un évident potentiel. Malheureusement, le disque éponyme qui en sort est abondamment grevé de sons synthétiques, fruit de la New Wave. La tentative de marier un Hard FM à la New Wave tourne un trop souvent au vinaigre. Toutefois, la formation reste continu pour avoir placé quelques titres dans la B.O. d'un grand film d'auteur, à la sensibilité à fleur de peau : " Hard Rock Zombies ". Super nanard filmé avec les pieds. Le reste de la B.O. est composée par Sabu. En matière de matériel pour le cinéma, il ne va pas s'arrêter là. On le retrouve ainsi sur quelques séries Z , dont "Twin Sitters", "Million Dollars Mystery", "Real Men", "Ghoulies 2", "Meatballs 4", .

     La parenthèse Kidd Glove a tout de la concession, car une fois celle-ci refermée, Sabu retourne rapidement en studio pour renouer avec la musique de son second opus éponyme, celui de 1980. En fait, il aurait même déjà entamé la composition d'un nouveau répertoire, bien plus personnel, lors des sessions de ce Kidd Glove qui a été à l'origine le projet du label Morocco.

      Ainsi, l'année suivante, en 1985, sort son troisième disque, "Heartbreak", sur le label Heavy-Metal America. Déjà là, vu le nom de la maison, ça rigole plus. "Heartbreak" est une claque de Heavy-rock mélodique, bourré jusqu'à la gueule de guitares heavy. Sabu déploie là un Hard FM des plus consistants. Si les mélodies pop, les intonations de "cœur d'artichaud meurtri", les claviers omniprésents et les refrains mnémoniques solidement soutenus par des choristes sont bien là, conformes au cahier des charges d'un Rock radiophonique, l'approche demeure franchement lié à un robuste heavy-rock (millésimé 80's). De ce fait, cet album fut à l'époque l'un des rares à ravir, ou au moins à intéresser, les deux camps, à un moment où les divergences pouvaient se révéler âpres et houleuses, voire musclées. Celui d'un Hard FM chiadé - au risque de tomber dans le pompeux et/ou l'ampoulé 😁 - et celui d'un Hard-rock sans faux-col qui défouraille et décoiffe.


   Disons-le, la voix virile et chaleureuse, un poil étouffée de Sabu, entre Sammy Hagar et Paul Shortino, ainsi que les guitares généreusement chargées en disto, aptes aux prouesses pyrotechniques, ont dû faire beaucoup pour amadouer le second camp.

     D'ailleurs, l'orchestration d' "Angeline"  - qui ouvre l'album - est bien proche d'un Heavy-metal carré, typique de la décennie. Même les chœurs s'y montrent belliqueux (dans ce cas limités au strict minimum, plus proche d'un râle de guerrier que du chant). Les claviers ont la dure tâche de temporiser les ardeurs, mais devant, les lascars ne l'entendent pas de cette oreille et envoient les watts. "Call of the Wild", en dépit de son abondance de "whaooo, ooowaaa, oooOooOoowaa" post-adolescent, ne laisse pas tomber le cuir et les clous. Sabu s'y fend même d'un solo acrobatique à la Van Halen. Et pour les plus endurcis, "Shake, Rattle, Roll", poussé par une batterie calée sur le tempo d'une locomotive folle, les compteurs dans le rouge, déboule à fond de train (attention, ce n'est pas du Metallica non plus ; tout est relatif).

   Il faut attendre "Just for the Moment " pour avoir du pur Hard FM. Ou patienter jusqu'à " Breakin' Out " pour goûter à des mets plus sucrés. " Tuff Stuff " glissant même vers le slow consensuel et mielleux - un peu ébranlé par un refrain hargneux. Deux morceaux en demi-teinte, une accalmie avant d'attaquer le final avec le trépidant " New Girl Town " ; reconditionnement du Rainbow ère Joe Lynn Turner en lui mettant du poil aux pattes.

   Sur la chanson éponyme, le bourrin derrière ses fûts, et la guitare de Paul, persistent et signent, criant leur amour d'un Rock dur. Les claviers, ainsi que quelques phrases de chant, font leur possible pour temporiser la vigueur de la musique, sans vraiment y parvenir. Comme avec " Still Alive " qui avec d'autres musiciens plus mesurés, aurait bien convenu à Eddy Money, mais la troupe s'évertue à envoyer la patate. On peine à croire que ce métis s'est d'abord fait un nom dans le disco. 

     En dix morceaux, Paul Sabu réalise l'un des meilleurs disques de Hard FM de la décennie. Certes, assez loin des sucreries raffinées des REO Speedwagon, Journey, Survivor, Eddy Money et autres Toto, et qui en conséquence pourrait paraître aux esgourdes sensibles trop charnu, sali par la Strato et méchamment bousculé par la batterie de Charles J. Esposito (également co-compositeur). Il reste toutefois un classique du genre.



🎶💔

mardi 9 août 2022

WINGS - WINGS AT THE SPEED OF SOUND (1976) - par Pat Slade



Cet album a 46 ans et n’a rien perdu de sa fraicheur, une pop bien britannique écrite par Sir Paul McCartney.



DES AILES À LA VITESSE DU SON




Vous prenez un bassiste qui a fait partie d’un groupe connu dans les années 60, sa femme Linda photographe de rock et claviériste (De son nom de jeune fille Eastman, qui n’a aucun lien de parenté avec Georges Eastman le fondateur de la société Kodak), de Dennis Laine un guitariste fondateur du groupe les Moody Blues, de Jimmy McCulloch jeune guitariste écossais mort trop jeune à 26 ans et de Joe English qui malgré son nom est un batteur américain et vous avez le groupe Wings. Ce dernier existait déjà depuis 1971, mais cette association la sera surement la meilleur. On la retrouvait déjà sur l’album précédent «Venus and Mars» avec ses grand titres comme «Rock Show», «Magneto and Titanium Man» ou «Listen to What the Man Said». Si «Venus and Mars» était un album de groupe, «Wings At the Speed of Sound» sera celui ou chacun des membres aura l’occasion de s’exprimer.

Bonzo et Paulo
«Let’Em in» Tout commence par un vibraphone qui sonne les huit premières notes du carillon de Westminster, une chanson très simple et calme en entrée d’album qui se démarque du précédent avec «Venus & Mars/Rock show» et même sur «Band on the Run» qui commençait par le morceau titre. «The Note That You Never Wrote» Dennis Laine prend le micro pour ce titre très sombre mais agrémenté d’un beau solo de guitare. Dennis Laine est un très bon chanteur, il l’avait déjà démontré au sein du groupe avec «Spirits of Ancient Egypt» ou «I Lie Around». «She’s my Baby» un petit morceau pop sans prétention mais sympathique. «Beware my Love» Il y a des chefs d’œuvre méconnus parce que quand on achetait un album, nous avions tendances à écouter les morceaux qui passaient en radio au détriment des autres et «Beware my Love» est une tuerie rock, surement le sommet de l’album. Pour l’anecdote, Macca a toujours été un fan de John Bonham l’ancien batteur du Led Zep, et le bûcheron du Zeppelin prêtera ses baguettes pour une version inédite de «Beware my Love» supérieur à celle de Joe English. «Wino Junko» composé et chanté par Jimmy McCulloch. Un bon titre qui parle des ravages de l’alcool et de la drogue mais l’ironie suprême est que Jimmy mourra d’une overdose en 1979. «Silly Love Song» : le hit de l’album, les médias trouvant que Sir Paul faisait des chansons d’amour idiotes, il va l’écrire pour réfuter les critiques musicaux (ainsi que son ancien complice John Lennon).
«Cook of the House » interprété par Linda qui n’a jamais été une grande chanteuse. Mais sa voix faisait des harmonies parfaites en contrepoint et c’est certainement plus écoutable que les miaulements insupportables de Yoko Ono, un petit rock amusant sans prétention. «Time to Hide» composé et chanté par Dennis est absolument génial. «Must Do Something About It» chanté par Joe English, la seule participation vocale du batteur barbue et costaud, une chanson pop qui sonne un peut surannée mais il a une bonne voix. «San Ferry Anne» une chanson comme Macca a toujours aimé en mettre sur ses albums. Voyez dans le titre un anglicisme de l'expression française «ça ne fait rien. «Warm and Beautiful» une très jolie chanson d’amour qu’Elvis Costello  citera un jour comme étant la plus belle chanson d'amour jamais faite.     

Etrillé par la presse et par certain fans, cet album sera l'occasion d'une grosse tournée américaine ou Macca retournera pour la première fois en dix ans, tournée immortalisée par un triple live sorti en fin d'année 1976«Wings Over America» que notre ami Luc avait chroniqué il y a quelques années (clic).
«Wings at the Speed of Sound» n'est peut être pas meilleur que «Venus and Mars» mais voici un album qui mérite tout de même d’apparaitre dans nos colonnes pour les nostalgiques de Paulo.            

 



dimanche 7 août 2022

LE BEST OF MI CUIT MI CRU


Mardi : Pat Slade théorise sur l'évolution du rock punk vers le rock alternatif et vice versa… Au programme un groupe au nom classieux Ultra Vomit 😊. Un rock très énergique, des paroles souvent militantes, intelligentes et dans le cas de ce groupe, humoristiques. Même si leur musique ne peut pas plaire à certains, leur humour est une bouffée d’air frais grâce à un rock politiquement incorrect et exubérant.

 

Mercredi : Notre historien du rock de réputation mondiale, Bruno explore le second album de James Gang de 1970.  Le fondateur Joe Walsh abandonne les reprises, ayant dans sa besace une tripotée de chansons en cours d'élaboration, dont un bon paquet de pièces acoustiques. Si le premier essai avait déjà tous les attributs d'un groupe mûr et sûr de lui, le second dévoile un groupe soudé, d'une maîtrise à toute épreuve. "James Gang Rides Again" est un classique du heavy-rock des années 70.

  


Jeudi : Robert Desnos aurait pu écrire "une compositrice classique afro-américaine née en 1887 ça n'existe pas !". Et bien si, Claude Toon nous présente Florence Price née à Little Rock (Nebraska), l'état le plus ségrégationniste US. Elle sera de tous les combats et deviendra une compositrice en vue dans les années 30-40 (mais sans renier sa culture afro). Oubliée de nos jour, Claude nous propose un disque avec ses symphonies 1 & 3, romantique à la Dvorak de la symphonie du Nouveau Monde, mais égaillées de spirituals… À découvrir !

 

Vendredi : Luc nous invite à lire cette semaine un polar : "La Fleur de l'illusion" de Keigo Higashino (enchanté) paru en 2013 chez Actes sud. Résumé : ce roman agit comme un origami policier… Au départ, deux courts prologues : un couple avec une gamine agressé dans la rue par un fou armé d’un sabre. Puis, un ado, Sota Gamo, avec ses parents au traditionnel marché aux ipomées (fleurs quaqi sacrées au japon) … Débuts d'une étrange affaire à propos d'une ipomée jaune disparue… Original car très mystérieux…

 

👉 On se retrouve mardi à la fraîche (soit à 3 heures du mat') avec un album du groupe Wings de 1976, le sujet mystère de Bruno, Count Basie pour les fans de jazz et le film culte Sa majesté des mouches de 1954…

Bon dimanche et bonne semaine…


vendredi 5 août 2022

KEIGO HIGASHINO "La Fleur de l'illusion" (2013) par Luc B.

Je ne connaissais par cet auteur, voici comment il est présenté sur le site Actes Sud, sa maison d’édition française… bah ouais, pourquoi se casser la tête quand on peut faire un Ctrl-C / Ctrl-V.

Né en 1958 à Osaka, Keigo Higashino est l’une des figures majeures du roman policier japonais. Son œuvre, composée d’une soixantaine de romans et d’une vingtaine de recueils de nouvelles, connait un succès considérable. Plus d'une vingtaine de ses ouvrages ont été porté à l’écran et il a remporté de nombreux prix littéraires dont le prestigieux prix Edogawa Rampo ainsi que le prix du meilleur roman international du Festival Polar de Cognac 2010 pour « La maison où je suis mort autrefois ».  

La quatrième de couverture nous dit que ce roman agit comme un origami policier, ce n’est pas faux. Il y a d’abord deux courts prologues. Le premier, sans indication d’époque, montre un couple avec une gamine agressé dans la rue par un fou armé d’un sabre. Le second, visiblement plus contemporain (téléphone portable) nous présente un ado, Sota Gamo, contraint de suivre ses parents au traditionnel marché aux ipomées. Il y rencontre la jeune Iba Takami. Coup de foudre (platonique), échange de numéros, de messages, d’autres rencards, puis rideau, Takami met un terme à leur liaison.

Puis on fait la connaissance de Akiyama Lino, la vingtaine, qui apprend le suicide de son cousin Torii Naoto, un type brillant, qui jouait dans un groupe de rock. Aux obsèques, elle revoit son grand père, Akiyama Shuji, et décide quelques jours plus tard de lui rendre visite. Le papi, retraité, cultive des fleurs, en prend de superbes photos, et Lino lui propose de lui créer un blog, pour que tout le monde admire son travail.

Pendant plusieurs semaines, elle publie articles et photos, chaque fleur est référencée, commentée, sauf une : une ipomée jaune. Le grand père s’oppose à sa diffusion. Plus tard, alors qu’elle rend visite à son grand père, elle le retrouve mort. Et le pot de l’ipomée jaune a disparu. Elle en diffuse tout de même la photo sur Internet, ce qui va déclencher une série de rebondissements.

Déjà, on note pas mal de personnages, et ce n’est que le début. Entreront en scène un flic, Hayase, qui enquête sur le mort du grand père, puis de Yosuke Gamo, un botaniste très curieux de savoir ce que Lino sait de cette mystérieuse fleur jaune. Gamo ? Comme Sota Gamo ? Oui, c’est son grand frère, pas plus botaniste que vous et moi. Sato va d’ailleurs revenir dans le récit, et mener avec Lino leurs propres investigations en marge de l’enquête officielles.

LA FLEUR DE L’ILLUSION n’est pas un page-turner, ces machins écrits par algorithmes avec rebondissements tonitruants à chaque fin de chapitre. Et pourtant, on ne décroche pas du récit. On regrette des dialogues entre personnages assez plats (souci de traduction ?) comme cette manière dont certains auteurs s’obligent à justifier le comportement des personnages, à les commenter, comme si on était trop con pour comprendre tout seul. (les trucs genre "la voiture n'était pas verrouillée, il ouvrit la portière et se glissa au volant. Il savait que c'était mal, mais ne pouvait pas faire autrement, il fallait rattraper machin et n'avait pas d'autre choix..." bla bla bla... Oui on sait, c'est pas bien de voler une voiture ! Le contexte de la scène et le caractère du personnage rendent inutile le commentaire de l'auteur. C'est un exemple, hein, ce n'est pas dans le roman !). Bref, le style n'est pas transcendant, mais l'écriture est fluide, et il y a ce p'tit je ne sais quoi en plus, une petite musique, un savoir-faire qui rend la chose addictive.

Le rythme ne semble pas trépidant, pourtant tout s’enchaîne très vite, chaque scène est une pièce d’un vaste puzzle qui se met en place, chaque personnage à priori secondaire a son importance dans l’intrigue, comme Hino, ex-collègue de  Akiyama Shuji, Kudo la rock star, les membres du groupe où jouait Torii Naoto, et leur nouvelle claviériste qui ressemble étrangement à la jeune Iba Takami, qui va elle aussi disparaître de la circulation du jour au lendemain, activement recherchée par Sota et Lino.

Et les liens commencent à s’établir entre tous ces personnages, qui ont comme point commun d’avancer masqué, d’en savoir plus qu’ils ne le disent. Des secrets sont planqués sous le tapis, secrets industriels, mais familiaux aussi. L’enquête de l’inspecteur Hayase est minutieuse, chaque témoignage est recoupé, chaque indice étudié, comme la scène de crime. Pourquoi ce coussin mouillé d'eau, pourquoi ce gobelet rangé à l’envers dans le placard de la cuisine, pourquoi le renoncement à la cérémonie du thé, et puis cette affaire dite MM… des initiales, mais lesquelles, celles de qui ?

S'il y a résolution du crime, elle est presque anecdotique au regard de la vaste et mystérieuse affaire autour de la fleur jaune, l'ipomée tant recherchée, espèce que l'on pensait disparue.

Un joli roman. 

Éditions Babel Noir - 345 pages