Les films avec des personnages
handicapés ou malades, depuis RAIN MAN, on en a vu passer, souvent un peu gênants de complaisance, on ne peut pas en dire du mal
sans passer pour un cynique sans coeur. Mais comme j’ai du coeur à
revendre, ce PLUS FORT QUE MOI j’vais en dire du bien. Le titre français est à comprendre par c'est plus fort que moi.
John Davidson
est sapé comme un lord, en kilt, s’apprête à être décoré par
la reine Elizabeth II. Le gars stresse un peu, rechigne à y aller.
Il a peur de dire une connerie. On le rassure d'abord puis lui botte le cul, il obtempère, entre
dans le salon (de Balmoral ?) où siège l’assemblée, et la Queen.
Davidson s’approche et lance un magnifique : « Fuck the
queen » !
Flash-back. John à 14 ans, ado lambda d’une
petite ville écossaise, des parents, des frères et sœurs, et
surtout du foot. Le gamin est bon, il est goal, fait la fierté de
son paternel. Y’a même un recruteur qui doit passer le voir jouer.
Il intègre son nouveau collège, mais est rapidement moqué
par ses camarades. John développe des tics, et une tendance à
injurier son monde. Surtout le proviseur. Comme John est bien élevé,
il s’excuse à chaque fois : « ce n’est pas de ma
faute, ça sort tout seul ». Mais qui va croire ça ? A la maison c’est pareil, hurlements intempestifs, crachats, jurons. Son père n’en peut plus de ce mariole,
qui désormais prendra ses repas devant la cheminée, seul.
Scène très drôle, John
invite une fille du collège au cinéma, qui débarque chaperonnée par sa mère,
très inquiète par le programme indécent : un homme qui s’habille en femme (TOOTSIE de Sydney Pollack !). La mère, assise juste devant les ados, surveille le moindre geste déplacé,
quand retentit un « suçe-moi la bite salope ! ».
Il
faudra quelques années pour que John Davidson soit diagnostiqué du
syndrome Gilles de la Tourette. Il ira vivre chez un copain
(chez lui ce n’était plus possible) dont la mère Dottie est
malade. Grâce à cette ex-infirmière en psychiatrie, il trouvera d'abord un
foyer tolérant, puis un job de gardien d’école.
PLUS FORT QUE MOI s’inspire
d’une histoire réelle. Un label dont il faut aussi se méfier... ce n’est pas parce qu’une histoire est vraie qu’elle est bonne. Ce qui aurait pu nous inonder de larmes et
d’expertises scientifiques, est heureusement tourné vers la
comédie. Comédie de prolos comme le cinéma anglais sait nous en trousser (Loach,Frears, Parker) qui dépeignent un milieu social, des situations, de vrais
gens. Kirk Jones jusqu’à présent se fondait dans la
masse (NANNY MCPHEE, EVERBODY’S FINE avec de Niro) cette fois il s'auto-produit et réussit son
coup, exploiter le potentiel comique d’une telle
maladie, en même temps qu'il nous en montre les aspects les plus
dramatiques. Quand John traite dans la rue une jeune femme de salope, c’est
cocasse (nous, on sait). Quand les potes de la fille en question le
défigure à coup de pieds de biche, c’est moins drôle.
Ce qui énerve Dottie, ce ne sont pas les jurons, mais que John s’excuse à chaque fois ensuite. Elle connaît ce syndrome, comme Tommy Trotter (le patron de John, merveilleux Peter Mullan). Nouvelle configuration où le
comique fonctionne aussi, car Trotter ne réagit pas aux insultes, ce qui donne des scènes dialoguées
surréalistes (filmées en plan long) où le gars reste parfaitement zen face aux tonneaux
d’injures qu’il se prend dans la gueule, comme aux coups qu’il se
prend dans les couilles. Car John ne contrôle pas non plus ses
gestes.
Très belle scène au tribunal, où rire et drame se
confondent, et cette tirade de Trotter sur le thème : comment un homme pourrait simuler un tel syndrome ? Ou lorsque John accepte de parler avec une jeune fille
atteinte aussi de la Tourette, tous les deux assis à l’arrière d’une
voiture, un festival de saillies des plus salaces, devant les parents abasourdis. Mais où John
trouvera sa raison d’être, le partage d’expérience
auprès de parents démunis, puis, des interventions pour
sensibiliser le public, les policiers, les enseignants, sur cette
maladie. D'où l'hommage médaillée de la reine.
Scène toute simple et magnifique, lorsque John entre dans un
protocole médical, teste un bracelet à impulsion électrique (?) et
qu’enfin il peut entrer dans un lieu jusque là interdit : une
bibliothèque. On est autorisé à verser sa p'tite larme.
Sans doute,
sur la fin, le réalisateur aurait pu couper un peu. Et puis ce
procédé classique, diffuser au générique des images du vrai John
Davidson. Détail amusant, on voit les archives de la cérémonie
avec Elizabeth II, herself, alors que dans la scène reconstituée,
des astuces de cadrages permettent de ne jamais la distinguer. Pas de bol pour la comédienne Christina Ashford, qui si elle inscrit sur son CV qu'elle a interprété la reine d'Angleterre au cinéma, ne pourra jamais le prouver par l'image !
Le film est
bercé par une bande-son millésimée, New Order, Supergrass, Slade,
Portishead, Oasis, la réalisation est tonique, sans chichi, les
comédiens tous remarquables. Robert Aramayo en premier, loin du
numéro d’acteur apprêté auquel on aurait pu s’attendre. Il a
reçu le Bafta (les Oscars anglais) du meilleur comédien
britannique, Peter Mullan celui du second rôle.
A la cérémonie des Bafta, le
vrai John Davidson était présent dans la salle. Qui a copieusement couvert d'injures racistes le malheureux Michael
B. Jordan en lice pour SINNERS ! [clic vers SINNERS]. L'assemblée était prévenue, mais visiblement, la pilule est mal passée.
N’hésitez pas à emmener
vos gamins voir ce PLUS FORT QUE MOI (s’ils ont l’âge de
comprendre : « - Une tasse de thé ? - Oui, avec un nuage
de sperme ») un joli feel good movie, sans pathos ni
complaisance, qui ne s’encombre d'aucune leçon de morale.
- Une certitude Claude, ton enthousiasme en écoutant les musiques
vivifiantes de Haydn… Il en existe au moins 104, un billet chacune et
même un regroupement, on en a pour des années…
- Tu vois Sonia, comme pour la quarantaine de symphonies de Mozart,
toutes celles du père Joseph oscillent entre des divertissements
agréables et sans temps mort, ou des symphonies ambitieuses annonçant le
romantisme et écrites en fin de sa longue carrière…
- Oui, mais elles reposent sur des modèles de composition similaires,
pourquoi cette série sans logique apparente de la numérotation ?
- Tu avais donné toi-même la réponse dans ton billet sur la N°43 dite
"Mercure" publié quand j'étais à Vienne pour des recherches. Neville
Marriner a eu l'idée d'une pseudo intégrale réunissant toutes les
symphonies portant un sous-titre justifié ou ajouté de manière posthume
sans raison très pertinente, "Mercure", justement comme tu le
soulignais.
- Pas bête, les pochettes sont sympas, trente symphonies réparties sur
15 CD… L'interprétation est-elle à la hauteur ?
- On a reproché parfois un léger manque de panache à Neville Marriner
dans ses interprétations. Encore cet a priori sur les chefs fidèles à
l'interprétation sur instruments modernes sans les cabotinages
prétendument "informés" d'adeptes inconditionnels de certains baroqueux.
Élégance et beauté sonore sont aux rendez-vous…
Neville Marriner
La majorité des symphonies de cette anthologie a été gravée au crépuscule
de l'analogique à partir de 1976. Elle a été complétée jusqu'en
1990. Je possède le vinyle des
symphonies 31
et
73. L'orchestre se révèle léger, à effectif réduit, l'espace est large, les
timbres sont naturels, le pressage soigné mais… une seule œuvre d'à peine 20
minutes par face. Ce leg du chef anglais s'appuyant sur le contexte amusant
de n'enregistrer que les œuvres portant un "sous-titre" peut paraître
bizarre. Des premières symphonies jusqu'au dernières londoniennes, un
panorama varié du catalogue est ainsi couvert, 30 symphonies sur 104.
DECCA ayant repris le patrimoine abandonné par Philips a
récidivé en éditant un nouveau coffret comportant 3 symphonies par CD et non
deux, hélas sans les jolies pochettes de l'époque… Il y a du choix. Calcul
facile : 10 CD et non 15 mais un prix inchangé et une jaquette moche.
Référence : Symphonies à titre.
Avec sa verve et les jeux de mots rigolos qui font son charme, Sonia nous
avait rédigé un amusant billet sur la
symphonie
"Mercure" en début d'année. Elle avait eu la bonne idée de poser un lien vers un
article ancien comportant une biographie essentielle de
Haydn. Je ne change rien
(Biographie)
Neville Marriner
fait la une du blog pour la huitième fois. Disparu en 2016 à l'âge
vénérable de 92 ans, un portrait du maestro anglais, stakhanoviste des
gravures de qualité, était à lire dans l'article consacré au
Messie
de
Haendel en 2013(Clic).
Une sélection était nécessaire, six symphonies ont ainsi été réunies dans
deux playlists. Un choix au hasard parmi celles qui n'ont pas encore été
commentées et en laissant les londoniennes de côté. Ces œuvres d'un
Haydn
abordant le romantisme méritent des analyses un peu plus détaillées et leur
orchestration reflète l'effectif riche de bois et de cuivres qui deviendra
la norme chez
Beethoven. et le romantisme du début du XIXème siècle. Toutes ces
symphonies datent de la période dite classique, ce qui ne sous-entend en
rien un style académique. La
N°22
date de 1764, la
N°78
de 1782.
Playlist 1 : No.
22
"Le philosophe", No.
31
"Sonnerie de cor", No.
48
"Maria Theresia".
Playlist 2 : No.
55
"le maître d'école", No.
59
"le feu", No.
73
"la chasse".
Un article dédié au compositeur italien
Giovanni Sammartini
et publié il y a quelques semaines évoquait la naissance de la symphonie
classique à partir du concerto grosso en trois parties et de la forme sonate
(Clic). Dans ces sinfonias, le compositeur milanais donnait à chaque instrument
un rôle égal dans l'ouvrage symphonique, même si l'orchestre demeurait très
modeste en terme d'effectif.
On suppose que sans imiter ce précurseur,
Mozart
et
Haydn
ont pu être influencés par cette forme novatrice au style concertant
appliqué à tout l'orchestre, remarque toujours valable de nos jours, même
pour les orchestres cyclopéens de
Mahler
ou de Chostakovitch. Pour la grande majorité des ouvrages du genre, apparaîtra un quatrième
mouvement : un menuet puis un scherzo possédant une thématique plus étendue.
Les orchestrations requises en cette période du classicisme ayant
définitivement tourné le dos au baroque tardif montrent de grandes
similitudes :
Petites comparaisons entre orchestrations très similaires :
Sammartini
:
Symphonie JC 60
(1772), 2 hautbois, 2 cors, cordes dont basses à l'unisson.
Haydn
: No.
22
"Le philosophe" (1764), 2 cors anglais, 2 cors, cordes, continuo. Le cor anglais sonne de
manière plus vénérable que le hautbois… l'humoriste
Haydn
illustre-t-il ainsi l'affectation du discours philosophique 😊 ? Sans
engagement de ma part… Mais écoutez la drôlerie de l'introduction…
Mozart : No.
11, (1770), 2 hautbois, 1 basson, 2 cors, cordes. (Elle ne comporte que trois
mouvements comme la plupart des symphonies de
Wolfgang
de cette période.)
L'orchestration de la fin du classicisme vhez Haydn
et
Beethoven
dans les symphonies 1 et 2 : 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes,
2 bassons, 2 trompettes, 2 cors, (3 trombones dans la
5èmeSymphonie
de
Ludwig) n'est donc pas encore au goût du jour, ou plutôt disponible dans les
sociétés de concert encore rares…
Il n'est pas envisagé d'analyser en détail les six symphonies, uniquement
ladite "Le philosophe" que j'adore. Elle est en quatre mouvements et reflète tellement bien
l'imagination débridée de
Haydn.
Les solistes : clavecin ad libitum :
Nicholas Kraemer,
Flute –
William Bennett.
Cors : Horn –
Julian Baker,
Nicholas Hill,
Robin Davis,
Timothy Brown. (2 ou 4 suivant effectif requis).
Cor naturel
Haydn ne sous-titrait jamais ses symphonies ! D'où viennent ces
pseudos ?
Le programme s'ouvre avec la
symphonie No. 22
"Le philosophe". J'avais émis une hypothèse dans le chapitre précédent. Ce sous-titre
n'apparait pas sur le manuscrit de Haydn mais sur une copie de 1790 découverte à Modène… 1790,
Haydn
a encore vingt ans à vivre. Le copiste semble partager mon imaginaire… Lui
aussi imagine une dispute peu conflictuelle entre les cors anglais et les
cors dans l'intro adagio figurant un débat doctrinale de très haut vol 😊.
Les cordes scandent en notes pointées la ténacité des échanges. Le ton
suggère une certaine présomption de la part des intellos… La conversation
entre instrument se prolonge dans tout le mouvement, agrémentée de trilles.
Voici les premières mesures :
Le musicologue David Wyn Jones soutient cette allégorie mais
souligne que le reste de la symphonie gardera un style certes rythmé et
allègre, mais indépendant de toute intention métaphorique.
La
symphonie No. 31
s'est vue attribuée le surnom de "Sonnerie de cor" par l'éditeur parisien Jean-Georges Sieber en 1785. Son
harmonie comprend une flûte, deux hautbois et quatre cors ! l'orchestre de
la création comprenait environ 16-17 musiciens, les cornistes étant appelés
à de belles prouesses dans leur jeu… La fanfare aux airs villageois se
manifeste dans le final en alternance avec un solo du violon. On retrouve ce
quatuor de cors naturels dans la
symphonie N°25
de
Mozart
et la
symphonie No. 73
"Lachasse" de
Haydn
écoutée en fin de programme.
Le sous-titre "Maria Theresia" de la
symphonie No. 48
reste bien mystérieux. On a supposé un temps qu'elle fut écrite à l'occasion
de la visite de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche en 1773. Il
semblerait que la
symphonie No. 50
était l'élue. Comme celles de ses camarades de cette époque, l'orchestration
initiale comprenait deux hautbois, un basson, deux cors et des cordes. Il y
a des doutes quant à la présence de trompettes et de timbales voulue par
Haydn
qui donnerait une allure solennelle à l'œuvre.
Neville Marriner
ne les a pas retenus.
On comprend mieux l'historique de ces surnoms avec la
symphonie No. 55 "le maître d'école". Et si on doute encore de l'inventivité sans limite du talent
compositionnel de
Haydn, plus aucun espoir n'est permis d'aimer sa musique… 😊. D'après le
musicologue british H.C. Robbins Landon, le sous-titre est connu
depuis la dernière décennie de l'existence de Haydn décédé en 1809. Au crépuscule de sa carrière, Haydn a contribué au catalogage de ses œuvres et le compositeur de tempérament
plaisant et tolérant aurait accepté sans difficulté l'ajout de ces
sous-titres sur les éditions à venir, même si parfois ceux-ci semblent tirés
par les cheveux. Ici, c'est le second mouvement assez long (8 minutes) et
son rythme marqué qui suggère un "instituteur pointilleux" tapant du doigt sur son bureau dans l'espoir d'appuyer son enseignement
ou de réveiller les têtes blondes s'assoupissant 😊. Et en parlant
d'imagination débordante quant à l'écriture, cet adagio comporte un thème et
sept variations alternant scansion et mélodie… (une variation
staccato et une variation legato). "Ma Semplicemente"
précise que le mouvement doit éviter toute ornementation incongrue dans le
discours. Si la musique est fantaisiste de part ces variations,
l'instituteur doit apparaître disons… un peu fat et ennuyeux… [2:00] Autre
trouvaille : le trio est un trio de chambre opposant un violoncelle solo et
deux violons ! Sacré
Haydn !
"Au feu, les pompiers ! La maison qui brûle". Encore quelques mystères autour de la
symphonie No. 59 "le feu". La numérotation est erronée, car on suppose que cette œuvre enflammée
devrait être classée plutôt vers le N°30. Sa date de composition,
1760, le laisse supposer, sa brièveté aussi… Bien entendu son surnom
"le feu" n'est pas directement de la main de
Haydn. On peut penser que les tempos très rapides ont influencé un éditeur. Plus
vraisemblable, la symphonie aurait servi de musique de scène pour une
représentation d'une pièce de
Gustav Friedrich Wilhelm Großmann (1746-1796) portant
le titre de "Die Feuersbrunst" ("L'incendie"), spectacle donné à
Eszterháza en 1774 ou 1778, dates où seront composées
les
symphonies de la série 70. Tout cela n'est que supposition. Pourtant un manuscrit daté du vivant de
Haydn
mentionne ce sous-titre. L'orchestration reste chambriste ; 2 hautbois, 2
cors, cordes dont basses à l'unisson. Bien que sympathique à écouter par sa
vélocité (presto en introduction), cette symphonie n'apporte pas de
trouvaille solfégique particulièrement originale, ce qui plaide aussi pour
une rédaction précoce dans le parcours symphonique du maître…
Achevons cette anthologie avec la symphonie
No. 73 "la chasse" de 1783. L'orchestration comprend 1 flûte, 2 hautbois, 1 basson, 2
cors, cordes dont graves à l'unisson. Parfois on ajoute 2 trompettes et des
timbales dans le finale. La partition propose un continuo de clavecin. Le
sous-titre semble faire référence aux appels de cors dans le finale et à une
citation extraite d'une
cantate
"La Chasse du cerf", un divertissement pour voix solistes, chœur et orchestre du compositeur
français du XVIIIéme siècle
Jean-Baptiste Morin… Pour une fois le contexte est vraiment pertinent 😊. Noté perdendosi, la coda s'éteint doucement jusqu'à ppp.
Playlist 1 :
No. 22 "Le philosophe" mi bémol majeur
[1] I Adagio 4/4
[2] II Presto 4/4
[3] III Menuetto 3/4
[4] IV Finale (Presto) 6/8
No. 31 "Sonnerie de cor" ré majeur
[5] I Allegro 3/4
[6] II Adagio – sol majeur 6/8
[7] III Menuet 3/4
[8] IV Finale (Moderato Molto – Presto) 2/4
No. 48 "Maria Theresia" en do majeur
[9] I Allegro 4/4
[10] II Adagio - fa majeur 6/8
[11] III Menuet (Allegretto en do mineur) 3/4
[12] IV Finale. Allegro 2/2
Playlist 2 :
No. 55 "le maître d'école" mi bémol majeur
[1] I Allegro Di Molto 3/4
[2] II Adagio, Ma Semplicemente si bémol majeur 2/4
[3] III Menuetto – Trio 3/4
[4] IV Finale (Presto) 2/4
No. 59 "le feu" la majeur
[5] I Presto 4/4
[6] II Andante O Più Tosto Allegretto 3/4
[7] III Menuetto 3/4
[8] IV Allegro Assai 4/4
No. 73 "la chasse" ré majeur
[9] I Adagio – Allegro - ré majeur, 3/4,
[10] II Andante - Sol majeur, 2/4
[11] III Menuetto - trio - Allegretto Ré majeur, 3/4
[12] IV Presto - Ré majeur, 6/8
Cor anglais vers 1800 ➔
Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que
conseillée.
Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la
musique…
INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool.
- Attention Claude, tu as partagé deux fois la même vidéo !!!!
- Tss tss Sonia, jeu des sept erreurs, regarde l'une débute par la
symphonie 22 et l'autre par la 55. Un hasard, les deux étaient réunies
sur le même LP lors de la parution
😊. Un dessin humoristique d'ailleurs, un philosophe dodu et fier de lui
et un instit empressé, le charme de cette collection…
Retour
au pays de l'obscur avec un nouvel élément apporté au chapitre des
perles oubliées des 70's. Chapitre réservé aux bafouilles
sur ces groupes qui ont disparu après avoir réussi à enregistrer
et à sortir le fameux premier disque. Le but ultime, l'Eldorado, la
Terre Promise, hélas atteint au prix de pénibles et douloureux
efforts et qui a souvent servi à donner le coup de grâce à des
jeunes dont la tête était pleine de rêves et d'espoir. Qui se sont
souvent retrouvés éreintés par des années de galère, de mauvaise
nutrition et de nuits écourtées.
En
plus, pour ce groupe, sa seule et unique galette a été financée
par un label également des plus obscurs, Kinetic. Une micro filiale
de CBS, qui n'aurait pas sorti une demi-douzaine de disques, avant de
prestement fermer ses portes après à peine une poignée d'années
d'existence. Une filiale qui n'a jamais eu les finances nécessaires
pour promouvoir les quelques rares groupes qu'elle ait pu signer. Un
micro label qui est parti d'entrée avec des handicaps, courant à sa
perte à peine lancé.
Ainsi,
à peine édité, l'avenir de cet album éponyme était des plus
compromises. D'autant que le groupe, éreinté et déçu par
l'industrie
musicale,
a raccroché peu après la sortie de l'album. Cet objet plutôt rare
n'a donc pas vraiment pu être défendu sur scène. CBS a
toutefois repris à son compte l'objet pour une distribution
européenne. Pourtant, en dépit de tout, malgré un échec commercial
total, la réputation de cet unique opus est parvenue à traverser
les âges. Suffisamment pour que les collectionneurs les plus tenaces le recherchent
incessamment dans les boutiques d'occasions, les foires et les
marchés (parfois à des prix pas accessibles à toutes les bourses). Jusqu'à ce
que l'album soit réédité en CD (la première fois en 2004).
Peace
& Quiet a
vu le jour en Floride, à Miami. Une ville plutôt dédiée à un
tourisme friqué, friand de béton et de chaleur, qu'au rock. La
ville ne tient pas alors à s'encombrer de groupes de rock - bruyants
et négligés -, qui pourraient perturber le bon déroulement des
affaires liées au tourisme. Les origines de Peace
& Quietremontent
à 1967, à l'époque où le combo s'appelait "Bad Boys".
La troupe change de patronyme avec l'arrivée de deux autres jeunes galériens de
Floride : le bassiste Jim
Tolliver(ex-Birdwatchers
et Razor's Edge)
et surtout le chanteur Rick
Steeler (ex-The
Villagers).
Véritable valeur ajoutée, l'homme qui propulse, quasiment à lui
seul, le groupe dans de hautes cimes généralement réservées aux
dieux et demi-dieux (du
rock).
À l'exception de la Floride, le groupe est peu ou pas connu lorsque
le disque sort. Entre son récent changement de patronyme et la pauvre couverture géographique de leurs concerts, généralement limitée à la Floride (quand ce n'est pas Miami et ses proches environs), le groupe avait bien
peu de chance de faire un carton. Surtout sans soutien radiophonique
et sans promotion. Désespérés, les musiciens lâcheront l'affaire quelques mois seulement après la sortie d'un disque sur lequel ils avaient fondé tous leurs espoirs.
"You
Can't Wait Till Tomorrow" entame l'album avec des
accords d'orgue prononcés et un chant déclamatoire, grondant telle
l'annonce au loin d'un impérieux orage. La guitare, saturée d'une
fuzz un brin nasillarde (type Maestro) .... dans la veine
de Bloodrock. Rien de
particulièrement mirobolant... jusqu'à ce que le violon de Jerry
Goodman, marque le premier mouvement de "Margo's
Leaving Song (Go to Go Away)". Une chanson qui fait
tellement sensation qu'elle menace d'éclipser le reste de l'album. Après
une mise en bouche sur la pointe des pieds, en toute sobriété, avec
un violon esseulé, se lamentant sous le poids de la solitude, et un chant timide, repenti, la chanson prend
de l'ampleur et s'engouffre dans une ballade heavy-rock arrosée de
soul. On pense alors à Uriah Heep ; comme si ce dernier était parti enregistrer au studio Muscle Shoals pour communier avec une Southern-soul. Avec en sus, ce
violon qui surgit ponctuellement pour un effet « dramatique ».
Jerry
Goodman est connu pour avoir joué avec The Flock (en
y entrant par la petite porte, en qualité de roadie),
puis avec le Mahavishnu Orchestra - ainsi que pour Jan Hammer et John
Mclaughin.
La suite est moins solide, avec ce "Country
Thing" évoluant comme un papillon de bronze, ivre de soleil,
virevoltant maladroitement entre la soul, un Southern-rock mâtiné
de jazz et un heavy-rock tâché de chorus acides.
La seconde face débute par "Hear My Love", où, après une introduction jazz-rock trompeuse, Steeler
accepte de partager le chant avec le claviériste, Chuck
Witherow. Une bonne interaction entre deux tonalités
assez proches – celle de Chuck étant un peu plus lisse -, pour une
ballade soutenue d'heavy-soul-rock. On y sent un batteur qui a des fourmis dans les jambes, qui peine à se caler sur un tempo simple et lent. On remarque aussi, une fois encore, l'excellent travail du bassiste qui, à l'image des grands bassistes de l'époque, insuffle du groove et de la fluidité au groupe, n'hésitant pas à se démarquer
Suit une autre
pièce d'envergure : "Black
Mountain". Où sur des éruptions d'orgue, une guitare imbibée de fuzz tisse des
riffs de hard-blues et des chorus charnus et râpeux. Tandis qu'au milieu de ces feux, un
chant fiévreux, entre Soul et heavy-rock, préfigurant
étonnamment David
Coverdale, lutte pour tenter de se faire une place. Il est étonnant qu'un chanteur du
gabarit de Rick Steeler, porteur d'une voix puissante et chaude, se
situant quelque part entre Jim Rutledge (Bloodrock), David Coverdale
et David Byron, n'ait pas fait carrière. Après l'aventure Peace & Quiet, il disparaît carrément des radars. L'orchestration, avec l'orgue rageur, la basse volubile et soul, et la guitare fuzz et acide, évoque assez Grand Funk Railroad (qui était alors, rappelons-le, un groupe immense aux States).
Malheureusement,
la dernière pièce semble trahir un certain manque d'inspiration du groupe, avec un instrumental un peu étiré. Au moins, le groupe ne s'est pas
contenté de placer une ou deux reprises pour remplir son disque
(peut-être aussi que le management
craignait de ne pas avoir les fonds pour payer les royalties). Un instrumental de boogie-jazz-rock'n'roll speedé, qui aurait tellement gagné à être placé au milieu de la seconde face, et non à la
fin, et à être raccourci de deux bonnes trois
minutes. Les premiers mouvements sont néanmoins entraînants et bouillonnants, avec un orgue et une guitare se tirant la bourre, et une très bonne prestation de la section rythmique. Ce
morceau, "Looney Tunes"
(en hommage à une célèbre série de
courts-métrages d'animation, où sont nés les Bugs Bunny, Daffy
Duck, Elmer, Bib-Bip et le coyote, Cochonnet, Titi & Sylvestre,
Taz, Sam le Pirate, et où ont bossé Tex Avery et Chuck Jones),
aurait d'ailleurs gagné à placer un peu plus en avant cette basse et
cette batterie expressément alertes, souples et groovy. Alors que sur les deux dernières minutes, la guitare s'enferme dans une redondance soûlante, agrémentée de quelques pains. Un fade-out au bout de cinq minutes aurait été salutaire.
Même si cet album ne présente rien de révolutionnaire - bien que pour l'époque, des pièces telles que "Margo's Leaving Song (Go to Go Away)" ne courent pas les rues -, on peut s'étonner du peu d'écho qu'il a reçu. Cependant, en matière de heavy-rock et de rock-progressif, de rock toutes catégories confondues, l'année 1971 ayant été particulièrement productive en pièces maîtresses, en chefs-d'œuvre, il était bien difficile de se faire remarquer sans être soutenu par une grosse machine promotionnelle et sans aucun passé discographique. Désillusionnés, la moitié des musiciens du groupe abdiquent quelques mois après la sortie de l'album, courant 1972. Et on n'entendra plus jamais parler d'eux.
Aujourd’hui ce sera une chronique spéciale, encore des souvenirs de
concerts.
Aubert ‘n’ Ko…Rien de Nouveau !
Comme le chantait Téléphone”J’avais un ami, mais il est parti“, Mon pote Laurent, était un inconditionnel de
Téléphoneet un dingue de
Jean-Louis Aubert en particulier. Quel
ne fut pas sa déception, son amertume et son désappointement quand le
groupe se sépara en 1985. Je lui ferais connaitre d’autres
groupes et artistes que nous irons voir sur les scènes parisiennes.
Marillion,
Status Quo,
Charlélie Couture,
Bill Deraime mais celui qu’il adorera
par-dessus tout sera Jacques Higelin
que nous verrons une bonne dizaine de fois en live et avec qui nous
taillerons le bout de gras un soir devant une bière.
Et puis en 1987,
Jean-Louis Aubert repointe le
bout de son nez en sortant son premier album solo ”Plätre et Ciment“ avec un groupe où l’on pouvait retrouver le batteur
Richard Kolinka, son ex-complice de
Téléphone, le
bassiste Daniel Roux,
Marine Rosier au clavier et
Feedback aux percussions. Pour
ne rien cacher, je n’ai jamais aimé
Téléphone et
Jean-Louis Aubert, j’ai
toujours préférer son complice
Louis Bertignac.
Aubert fera une tournée
promotionnelle pour la sortie de son album et mon camarade de
concert me trainera (de force… !) le voir trois fois
de suite à La Cigale au Bataclan et à l’Agora d’Évry avec en
guest-star
Bernard Estardy surnommé ”Le Baron“ un requin de studio qui collaborera avec beaucoup d’artistes.
Un concert avec seulement neuf titres aurait été réducteur, il
l’allongera avec des titres de
Téléphone. Donc cette tournée
était pour la promotion de son premier album solo ”Plätre et Ciment“ qui n’était ni sponsorisé par la marque de plâtre Lafarge ni
par la marque ciment de Portland. En plus du groupe,
Wendy MelvoinetLisa Colemanguitariste et claviériste du groupe de
Prince, The Révolutionparticiperont à l'enregistrement.
”Plätre et Ciment“ : Une intro de batterie et de percussions, une rythmique de
guitares qui dure tout le long du morceau, un petit solo du Baron et des paroles un peu creuses comme de la brique. ”Les Plages“ : Le morceau que l’on a le plus entendu, pourtant les paroles
et la musique restent collées sur le sable. ”L'horizon“ A l’intro, tu te dis ”Enfin du rock !“ et puis au
bout de trois accords et dès qu’il se met à chanter, ça tombe à
plat comme une blanc d’œuf qui refuse de monter en neige. Il n’y
a que vers le final que ça a l’air de se réveiller mais c’est
juste une illusion. ”Compromis“ : C’est du Téléphone sans la
patte à Bertignac même si c’est
le morceau ayant le plus de rythme depuis le début. Tout les
compromis ne sont pas des choses dues.
”Les gens disent que“ : Quand Aubert essaye de
piétiner les platebandes de
Bertignac en essayant de
faire une ballade comme “Ces idées-là“ sortie la même année. “Quand Paris s’éteint“ Je ne critiquerai pas ce morceau, je trouve que c’est
celui qui a le plus d’originalité et qui est le mieux écrit
de l’album. ”Chaque pas“ : Aubert dans sa
catégorie d’écriture dans laquelle il ne bougera plus jusqu’à
ce jour, de la musique pour radio périphérique. ”J’t’adore tellement“ : Encore une ballade où il aurait du s’abstenir de chanter
et laisser la place à quelqu’un d’autre. ”Tel
est l'amour (mon amour)“ : Ca ressemble à du Prince,
on comprend la présence de
Wendy and Lisa, ou les Girl Bros. Mais le clip officiel est d’une rare laideur, ça ressemble
à du Mondino
Pour la version CD, deux titres seront ajoutés ”Juste une illusion“ : Une chanson enregistrée au lendemain de la séparation de
Téléphone et qui sera la chanson
la plus connue de la carrière solo de
Jean-Louis Aubert et “Oui et non“. Que ce soit “Plätre et Ciment“ de Jean-Louis Aubert ou ”Bertignac et les Visiteurs“ ils se vendront moins bien que les albums deTéléphone du fait de la
séparation du groupe.
Mon pote Laurent lui à
rejoint les étoiles vers un autre monde au cœur de la nuit il
y a quinze ans à l’âge de quarante quatre ans avec pour
voisine de repos éternel la chanteuse
Barbara.
Barbara qui travaillera avec
Jean-Louis Aubertsur plusieurs chansons.