dimanche 22 juillet 2018

BEST OF, Banquise et Rosé Frais


lundi : Pour se rafraichir en ces temps caniculaires Claude a lu "Boreal",  de Sonja Delzongle, un thriller sur la banquise  du Groenland qui part dans tous les sens  et s'y perd : du polar, de l'aventure en milieu hostile, de la science, de la géopolitique, des combats écologiques, du sexe salace et un vrai carnage... tout cela a laissé notre chroniqueur de glace...

mardi : avec Pat qui bat un record, homologué par Maitre Grorat, notre huissier, en effet il a réussi à placer le mot "biere" 15 fois dans une chronique, bravo à lui, il gagne son poids en... canettes de bière. Ah oui au fait la chronique en question c'est son compte rendu du festival Download où il a pu voir notamment un Ozzy bien fatigué et quelques groupes sympas comme Ghost ou Alestorm. 

mercredi : aprés le Groenland, la Finlande avec Bruno qui nous parle de Dog Day Revolution, à la base tribute band à AC/DC, mais pas que, en tous cas leur heavy boogie blues festif a séduit notre ami. 

jeudi : la suite des chroniques australiennes de Rockin avec cette semaine Crowded House, qui cartonna dans les années 80, début des 90 avec  sa pop bien ciselée, pas un groupe majeur mais un groupe sympa selon notre apprenti kangourou.

vendredi : chronique estivale pour Luc qui de sous les palmiers de Floride nous fait parvenir un petit papier sur un disque qu'il aime bien, un Art Pepper de 1957, sur lequel le saxophoniste balance un swing imparable, cool avec un rosé frais pour un apéro pépère !

Samedi : Claude est parti faire un tour en enfer ; enfin un enfer à la Lewis Carroll… La danse macabre de Saint-Saëns est une pochade symphonique inspirée d'une certaine manière du Sabbat de la symphonie fantastique de Berlioz. Un dessin animé proposé par claude Toon avec, pour interpréter cette musique : Daniel Barenboïm et l'orchestre de Paris.


samedi 21 juillet 2018

SAINT-SAËNS - La Danse Macabre – Daniel BARENBOÏM – par Claude Toon




Danse macabre par Monika Meglić (cherchez l'erreur)
Poursuite des petits billets estivaux… Qui n'a pas entendu un jour ou l'autre la brève mais amusante Danse Macabre de Camille Saint-Saëns avec l'incontournable humour sarcastique de l'auteur de la tonitruante Symphonie avec Orgue ?
Inutile d'être un mélomane grand amateur de musique classique, ce poème symphonique a été exploité dans un nombre impressionnant de films ou de séries TV : de Buffy contre les vampires en passant par Grimm, dans le jeu vidéo Alone in the dark, dans La Règle du Jeu de Jean Renoir, et même semble-t-il par le groupe de Black Métal Suédois Marduk dans un album quasi éponyme. J'ai écouté quelques morceaux à péter les vitres de ces gens-là, je n'ai pas trouvé une seule note qui ressemble de près ou de loin à l'ouvrage de Saint-Saëns… Si les Rockers du Deblocnot ou nos lecteurs peuvent m'éclairer… Sans oublier une adaptation poilante de Francis Blanche chantée par les 4 barbus.
Saint-Saëns a composé cette pièce symphonique en 1874. Il s'inspire d'un poème plutôt farfelu d'Henri Cazalis (1840-1909), un écrivain contemporain de Saint-Saëns. Comme le Déblocnot ne recule devant rien, je vous en donnerai le texte.
L'ouvrage, assez court, sera créé par les concerts Colonne en 1875. Il a été assez bien accueilli et devra même être bissé. À noter que Saint-Saëns détestait le courant wagnérien qui commençait à conquérir le style Français sous la houlette de César Franck, mais il était ami de Franz Liszt dont le principe de l'emploi des leitmotive et du romantisme parfois outrancier (Clic) se rapproche de celui de Wagner ; hors les deux derniers s'appréciaient beaucoup. Comprend qui pourra… Liszt, l'inventeur officiel du poème symphonique avec Ce que l'on entend sur la Montagne d'après Hugo écouté en mai, a influencé notre Saint-Saëns national pour l'orchestration plutôt rutilante.

Daniel Barenboïm au Panthéon en 1981 en l'honneur de l'élection de Tonton
On se souvient que depuis un article consacré à son 5ème concerto pour piano, je vois Saint-Saëns d'un œil plus favorable, un auteur n'ayant, tout compte fait, pas peur de certaine audaces sous un apparent académisme. L'emploi d'un xylophone en 1874 est une réelle nouveauté à cette époque. Il est vrai que la sonorité clinquante et percutante de l'instrument est idéale pour symboliser le fracas des nonos des squelettes. 😊 Donc un orchestre généreux surprenant dans cette France du début de la IIIème république :
1 picolo, 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 4 cors (2 en sol et 2 en ré), 2 trompettes, 3 trombones, 1 tuba, 3 timbales, triangle, cymbales, xylophone ! 1 harpe, les cordes et un violon solo.
Dans les années 70, Daniel Barenboïm avait gravé un certain nombre d'œuvres symphoniques de Saint-Saëns dont la danse Macabre et l'inénarrable Bacchanale de Samson et Dalila au kitsch oriental assumé, même si hilarant. On retrouve dans l'album présenté en introduction la symphonie avec Orgue dans une belle interprétation ainsi que diverses pièces orchestrales sympathiques, le Carnaval des Animaux, le second concerto sous les doigts de Pascal Rogé. Bref : une anthologie d'initiation à l'œuvre pour orchestre de Saint-Saëns de haute volée. On écoutera la Danse Macabre dans cette version qui illustre le dessin animé de la vidéo.
L'argument est assez simple. Après une courte introduction assez sombre, un violon solo (luben Yordanoff) aux timbres grinçants et symbolisant le diable vient animer un sabbat diabolique sur un rythme de valse. L'interprétation commence à [1:03].
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Zig et zig et zig, la mort en cadence
Frappant une tombe avec son talon,
La mort à minuit joue un air de danse,
Zig et zig et zag, sur son violon.

Le vent d'hiver souffle, et la nuit est sombre,
Des gémissements sortent des tilleuls ;
Les squelettes blancs vont à travers l'ombre
Courant et sautant sous leurs grands linceuls,

Zig et zig et zig, chacun se trémousse,
On entend claquer les os des danseurs,
Un couple lascif s'assoit sur la mousse
Comme pour goûter d'anciennes douceurs.

Zig et zig et zag, la mort continue
De racler sans fin son aigre instrument.
Un voile est tombé ! La danseuse est nue !
Son danseur la serre amoureusement.
La dame est, dit-on, marquise ou baronne.
Et le vert galant un pauvre charron – Horreur !
Et voilà qu'elle s'abandonne
Comme si le rustre était un baron !

Zig et zig et zig, quelle sarabande !
Quels cercles de morts se donnant la main !
Zig et zig et zag, on voit dans la bande
Le roi gambader auprès du vilain !

Mais psit ! tout à coup on quitte la ronde,
On se pousse, on fuit, le coq a chanté
Oh ! La belle nuit pour le pauvre monde !
Et vivent la mort et l'égalité !

Quand je parlais d'un poème un peu barré...

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vendredi 20 juillet 2018

ART PEPPER "Art Pepper meets the Rhythm section" (1957) par Luc B.


Pour l’été, je vous propose quelques disques cool que j’aime beaucoup, dans des styles différents, mais respectant tout de même la sainte trinité : jazz (Art Pepper), blues (Taj Mahal), Rhythm’n’blues (Bill Wyman’s Rhythm Kings) et rock (The Band) puisque oui, la trinité a quatre côtés. Des disques ayant pour point commun le pur plaisir des esgourdes. A consommer sans modération, les orteils dans la flotte et un jus de papaye (avec paille) à la main. Des disques dont peu importe qu’ils soient ou non répertoriés dans la « discothèque idéale volume 3 ». Moi, j’vous dis qu’ils sont bons, ça devrait vous suffire…

Je ressors régulièrement ce disque d’Art Pepper (dont le père n’était pas docteur... ouh la, la blague… vous l’avez ?). Art Pepper, qui à l’instar des Gerry Mulligan ou Chet Baker, en bon saxophone alto de la West Coast qui se respecte (et clarinettiste) était un insatiable junkie - il en mourra en 1982 - qui a passé plus de temps en taule qu’en studio ! Et beau gosse avec ça ! 

Il grandit entre San Pedro et Los Angeles, biberonne aux sons de Benny Goodman ou Artie Shaw (vinaigrette pour moi). Après-guerre – il était mobilisé en Angleterre - il devient un altiste de renommée, et ce n’était pas simple, quand on sait qui dominait la discipline à l’époque : Charlie Parker.

Ce disque est une session du 19 janvier 1957. Et ouais les p’tits loups, fut une époque où un disque s’enregistrait en une après-midi… Art Pepper n’a été prévenu que la veille, son instrument était cassé, il n’avait pas soufflé dedans depuis plusieurs semaines. Sa femme a rapidement écrit trois arrangements pour la Rolls des sections rythmiques, les mecs de Miles Davis, à savoir Red Garland au piano, Paul Chambers à la contrebasse, et Philly Joe Jones à la batterie. 

Les titres sont au format chanson, pas de longs solos démonstratifs, mais un swing imparable, comme le « You’d be so nice to come home to » de Cole Porter, avec classique petit chorus de basse, et 4x4 batterie. Un p’tit blues rapide « Red Pepper blues » pour Red comme Red Garland, compositeur du morceau. Il y a des ballades, « Imagination », du trois temps avec « Waltz me blues » avec batterie au balais, « Straight life » donne dans le pur Be Bop, tempo 480, quand « Tin Tin Deo » fait dans la latin / swing, changements de groove selon les parties jouées, c’est avec 7’42 le titre le plus long. Sur « Star eyes » Paul Chambers joue la contrebasse à l’archer, et le final reprend un thème de Dizzy Gillespie « Birks works », dont les premières notes du thème rappellent le « Take 5 » de Dave Brubeck.

Finalement le titre de la galette nous en dit beaucoup ("meets" = rencontre), Art Pepper à gauche du ring, face à la section rythmique. Les quatre musiciens sont très présents, chacun y va de son jeu, pas de bataille d'égo, de coqs, les notes coulent toutes seules, et c’est très agréable. Dire qu’il a suffi d’une après-midi pour graver les neuf titres… C’était y’a plus de 60 ans, et le produit reste toujours aussi frais ! 

Peu de vidéos disponible sur cette époque... donc ce fichier audio, premier titre du disque :

  

jeudi 19 juillet 2018

L'été australien de Rockin' - Part III : CROWDED HOUSE

Non, mais sérieux, qui écoute encore Crowded House en 2018... à part quelques vieux briscards comme moi ou Philou ? Pourtant cette "maison bondée" a connu son heure de gloire dans les années 80 avec son pop/rock qui l'a mené en haut des charts un peu partout dans le monde. On parlait même parfois  de "Beatles australiens", ce qui est idiot d'ailleurs car si ce sympathique groupe  est capable d'une  pop colorée légère et ironique aux mélodies chatoyantes portée par la belle voix de Neil Finn, il n'est jamais arrivé à la cheville des Fab Four ; manque ce petit grain de créativité et de folie qui fait  la différence avec les Beatles, les Beach Boys, les Kinks, Crosby Strill & Nash et autres géants;  enfin ce n'est que mon  avis.

Tout commence en 1985 à Melbourne, le groupe se nomme alors the Mullanes et est composé de Neil Finn (chant, guitare), Paul Hester (drums), Nick Seymour (basse) plus occasionnellement Tim Finn, le frangin de Neil, les 2 faisant aussi partie du groupe Split Enz. C'est à Los Angeles qu'ils enregistrent leur premier 33 tours pour Capitol Records et qu'ils changent de nom pour  Crowded House, ce qui est un clin d'oeil au fait qu'ils vivent alors tous ensemble dans une petite maison. L'album sobrement intitulé "Crowded house" sort en juin 1986. Il met un peu de temps à décoller mais explose finalement en Australie et à l'international porté par 2 singles : le festif "Something so strong" et surtout "Don't dream it's over", un slow comme on ne sait plus en faire. Second album début 88 "Temple of low men", qui rencontre un peu moins de succés aux States même si plusieurs singles marchant bien, notamment "Better be home soon" puis en  Juillet 91 sort "Woodface" qui est considéré comme leur chef d'oeuvre, écrit majoritairement par les frères Finn, avec encore quelques singles qui s’insèrent dans les charts ("Chocolate cake" "Fall at your feet""Weather with you") tout comme "Distant sun" issu de l'album "Together alone" (Octobre 93).

Paul Hester quitte le groupe en Avril 94, les freres Finn sortent un album de leur coté, et en 96 le groupe annonce officiellement sa séparation, qui coïncide avec un best of enrichi de 3 nouveaux titres avec en  invité Eddie Vedder (Pearl Jam). 10 ans plus tard en 2006 Neil Flynn remonte le groupe avec Seymour et 2 nouveaux musiciens : Matt Sherrod (batterie, qui remplace Paul Hester qui s'est suicidé en 2005) et le multi instrumentistes Ethan Johns, deux albums voient le jour ( "Time on earth" 2007 et "Intriguer" 2010)

3 clips pour illustrer la zic de ces kangourous. Une de leurs meilleures chansons  "four seasons in one day" qui traite du temps changeant de Melbourne ou la pluie succéder au soleil en quelques minutes (comme en Bretagne!) -  l'hilarant "something so strong" qui bizarrement commence par quelques mesures de "Smoke on the water", chaque fois que je regarde ce clip j'ai l'impression qu'il s'agit d'une parodié signée des Inconnus... et enfin "Chocolate cake" qui se moque gentiment des comportements américains en matière de nourriture, trés "beatlessien", avec un coup d'harmonica en prime.