Dans les années 50, la critique française, et André Bazin en particulier, parlait de sur-western à propos des films de cowboys où la psychologie, voire la psychanalyse, l’emportait sur l’action pure. Une manière de séparer le divertissement, si honorable et réussi soit-il, et le film aux enjeux plus sérieux.
3h10 POUR
YUMA en est la plus belle démonstration. Delmer Daves, à qui on
doit aussi LA FLÈCHE BRISÉE (1950, avec James Stewart) ou LA
COLLINE DES POTENCES (1959, avec Gary Cooper) tenait ce film comme
son meilleur western. A Bertrand Tavernier, il déclarait :
« J’ai essayé de créer un nouveau style dans la manière de
raconter une histoire et j’y suis parvenu, du moins je le pense ».
C’est rien de le dire…
On est d’emblée frappé par la beauté
des images, dès le générique, avec cette diligence au loin dans un
immense paysage (le ciel occupe 90% de l'image !) que Delmer Daves à l'heure du Scope couleur flamboyant choisit de filmer en noir et blanc
(3h10 pourrait être un Film Noir, la nouvelle adaptée est de Elmore
Leonard, auteur de polar) et format VistaVision 1:1.85. Il nous
gratifiera plus d’une fois de superbes plans d’ensemble et mouvements de grue, comme lors de l’arrivée d’Alex Potter
dans une ville déserte.
On est subjugué par
la richesse et les trouvailles des cadres, des angles, des points de vue, une recherche stylistique qu'on retrouve chez Samuel Fuller notamment. Quand la
diligence est attaquée, regardez ce plan subjectif du conducteur,
panoramique droite gauche sur les bandits, qui finit par cadrer leur chef, Ben
Wade (Glenn Ford). Poli, affable, mais la gâchette facile, qui n’hésite pas à tuer le conducteur au premier mouvement de cil.
L'attaque et le meurtre sont vus de loin par Dan Evans, un fermier à la recherche de ses vaches. Accompagné
de ses gamins, non armé, il préfère ne pas intervenir. Wade, magnanime, lui laisse la vie
sauve, repart en ville célébrer son hold-up au saloon local. Il a même l'audace de prévenir le shérif de l'attaque qui vient d'avoir lieu, prétextant être passé par là pour conduire son troupeau !
Là
je mets sur pause parce qu’on va toucher au sublime. A-t-on déjà vu séquence pareille dans un western ? D'abord ce
travelling qui longe le bar du saloon quand Emmy, la serveuse
(merveilleuse Felicia Farr), la moue désabusée face à la dizaine de
malfrats, remplit les verres. Et comment Wade lui fait de l’oeil,
la séduit, congédie ses hommes pour rester seul avec elle. Le gars est recherché pour meurtre, c'est l'effervescence en ville, mais il choisit de briller, de séduire.
S’installe entre eux une proximité immédiate, comme si ces deux-là se cherchaient depuis des années et venaient de se trouver. Wade a du
charme, du bagout. On évoque Paris, ses robes, ses parfums (dans un
western ?!), les compliments à deux balles : « - vos yeux
sont bleus ? - non, marrons – ils n’ont pas besoin d’être
bleus... ». Emmy comprend-elle qu'elle a affaire au tueur ? Plus tard, retour au saloon, Daves ose un truc dingue pour l’époque. Emmy et
Wade reviennent de l’arrière salle, elle réajuste sa coiffure,
il vérifie son ceinturon. Gestes à peine perceptibles, mais l'allusion ne trompe personne sur ce qu'il vient de se passer derrière le rideau. Et le baiser qui suit, en très gros plan, qui rappelle celui de NOTORIOUS d'Hitchcock, est d'une rare sensualité dans ce monde de brutes.
Wade fait partie de ces anti-héros détestables qu’on aime adorer. Après s'être joué de tout le monde, il est identifié par Evans, et arrêté par le shérif. Qui conçoit un plan : un faux convoi servira à leurrer ses complices pendant qu'on planquera Wade dans une ferme, pour l’acheminer le lendemain à la gare la plus
proche, où il sera transféré au tribunal de Yuma, par le train de 3h10.
La ferme est celle de Dan
Evans, le témoin du meurtre, qui recevra 200 dollars pour servir de chaperon au meurtrier, seulement secondé par Alex Potter, brave type porté sur le goulot. L’argent
n’est pas son seul motif d’accepter – en période de sécheresse
il en a cruellement besoin – il s’agit aussi pour lui de
retrouver l’estime de ses fils, témoins de son inaction lors de
l’attaque de la diligence.
Une des figures classiques du western,
c’est le duel. A coups de flingue. Ici, ce sera un duel
psychologique. Dan Evans, fermier un peu rustre, honnête homme, face
à Dan Wade, malfrat séducteur au sourire malicieux. Le soir à la ferme, Wade
dîne à la table familiale (on lui coupe sa viande, il porte des
menottes), redouble de compliments sur la cuisine, flatte la femme
d’Evans que cela en devient gênant. Il lui sert les mêmes bobards
qu’à la serveuse du saloon. Quand ils repartent le lendemain, il
dit à Alice Evans : « J’essaierai de vous ramener votre
mari en bon état ». Un vrai gentleman.
La suite du film se situe presque
exclusivement dans un hôtel, Evans et
Wade attendent l’arrivée du train, enfermés dans une chambre à l'étage. Les plans sur les montres et les horloges rappellent le décompte de LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS, (autre sur-western) la
situation est presque identique, y compris dans la difficulté de recruter du monde, la lâcheté des
habitants. Un
dispositif qui rappelle aussi RIO BRAVO, le huis-clos, l’attente,
l’unité de temps, la prison assiégée. Il n’y a que Butterfield, le propriétaire de la diligence, suant de trouille, et Alex Potter, pour garder l'hôtel.
Dans la chambre les deux
hommes se jaugent. Wade cherche la faille, saoule son geôlier de paroles, tente un coup : « Il
fallait que j’essaie… tu n’as pas tiré ». Wade exploite
les remords d’Evans, sa lâcheté, puis sa pauvre condition de
fermier, ses dettes, son incapacité à donner à sa charmante épouse
la vie qu’elle mérite. Il tente de l’acheter. Dan Evans
encaisse mais reste droit. Il oppose aux arguments de Wade
une question de principe moral, toute bête : « Tout le
monde à droit à une vie tranquille ».
Je parlais des
trouvailles de cadrages, la longue séquence à l’hôtel en
regorge, Delmer Daves découpe ses scènes au cordeau. Plusieurs fois
il filme depuis l’extérieur de la fenêtre ce qu’il se passe
dedans, cela lui donne plus d’espace, de profondeur.
Visez-moi cette merveille de plan [à 1'20" de la bande annonce], la caméra qui entre légèrement dans la piaule, redéfinissant le cadre, Wade au fond et le canon du fusil d'Evans en amorce à gauche. Car la
profondeur de champ joue à fond, on a toujours les deux hommes dans le
cadre, le fermier fébrile, doutant jusqu’à bout du bien fondé de sa
mission, le tueur amusé de la situation qu'il pense totalement maitriser, Stetson sur les yeux, allongé,
sûr d’avoir le dessus sur cet homme rustre.
C’est évidemment aussi un
duel d’acteurs. Van Heflin en fermier (celui de L’HOMME DES
VALLÉES PERDUES,) face à Glenn Ford, sans doute un
des plus sous-estimés acteurs américains (vu dans GILDA, GRAINE
DE VIOLENCE, et deux Fritz LangRÈGLEMENT DE COMPTE, DÉSIRS
HUMAINS).
Delmer Daves fait monter la tension. Il y a plusieurs plans
de coupe sur un gars avachi au rez de chaussée de l’hôtel, la tête sous un journal. Le pochetron local, on ne s'en méfie pas. Cette procession funèbre vue
depuis la fenêtre, l’enterrement de Moons, le conducteur de la
diligence. Les complices qui s’organisent, dehors ça s'agite. Alice
Evans, qui n’y pouvant plus d'attendre dans sa ferme rejoint son mari en ville. Les avertissements, on tue dans le dos, basta pour le code d'honneur. Génial plan du corps pendu dans le hall de l'hôtel, mise en garde limpide, la première chose qu'Alice Evans verra en entrant. Les minutes
s’égrainent.
Le train arrive en gare, il est temps pour Evans de
sortir avec son prisonnier, déjouer les traquenards, cerné par la
bande. Wade prévient ses hommes : « vous n’aurez qu’une
seule chance, soignez bien votre tir ».
La dernière séquence, superbe, tendue, noyée dans la vapeur de la locomotive, déjoue
tous les pronostics et renforce encore la subtilité psychologique
du film. Le thème musical de George Duning retentit une dernière
fois, ritournelle qui vous trotte dans la tête. Visuellement, Daves joue sur le contraste des grands plans d'ensemble à l'horizon infini, et d'un coup, ce plan sur Alice
Evans le visage trempé de pluie. Une pluie régénératrice, qui annonce des lendemains plus chanceux. Elle regarde ce train qui part, comme
la diligence était arrivée une heure et demi plus tôt.
3h10 POUR
YUMA fait sans doute partie des plus beaux westerns dits modernes
(comme JOHNNY GUITARE de Nicholas Ray, LE GAUCHER d’Arthur Penn ou plus tard HOMBRE de Martin
Ritt), d’une violence sèche, complexe, admirablement photographié
- contrastes tranchants et ombres allongées bien noires. Delmer Daves filmait en début et fin de journée pour bénéficier d'un soleil rasant, alors qu'on sait que l'intrigue se situe l'après midi, vers 3h10 ! Au diable la cohérence temporelle, c'est le résultat visuel qui compte, et il est ici somptueux.
Et cas peu commun,
James Mangold en a fait un remake en 2007 avec Russell Crowe et
Christian Bale, qui dans mon souvenir était tout à fait recommandable.
"Cette
société est de ne plus engendrer que des opposants ou bien des
muets". Philippe Muray.
Howard Kirk fut d’abord un petit homme tel
que la modernité en produit de plus en plus. Sans talent
particulier, corseté par une timidité absurde vis-à-vis des
femmes, ses études lui laissaient espérer une vie vide mais
tranquille de professeur universitaire. L’homme ne se résolut
pourtant pas à une telle existence, son caractère d’humble
serviteur entrait en conflit avec son égo démesuré. Nous étions
alors au cœur des sixties et, fleurissant dans les universités
d’occident tels des champignons venimeux, les idées new age
s’imposaient comme l’écho délirant de la folie engendrée par
Sartre et Foucault.
Le mot d’ordre de cette jeunesse fut aussi
simple que clair : faire du plaisir individuel la valeur sacrée
de l’Occident. Pour cela, il fallait libérer les corps afin
d’aliéner les esprits, faire du sexe une drogue et de la drogue
une hostie permettant l’élévation de l’âme. Ce que Julius
Evola nomma l’intoxication sexuelle culmina ainsi dans la fumée
des joints et les hallucinations du LSD. S’il partageait le goût
pour la provocation libertaire de sa génération, Howard Kirk fut
d’abord gêné par une inactivité sexuelle digne du panda du zoo
de Beauval. Vint finalement Barbara, sa porte d’entrée dans le
monde merveilleux de la débauche sexuelle.
Comme lui, elle affirmait
un mépris hypocrite pour les possessions matérielles. Comme lui,
elle ne cachait pas sa volonté de continuer ses libertinages après
avoir formé un couple et fondé une famille. Elle fut incapable
d’imaginer que, en considérant son conjoint comme un homme comme
les autres, elle se condamnait également à n’être pour lui
qu’une femme parmi d’autres. Lui ayant fait découvrir le plaisir
charnel, Barbara ne put ensuite que tolérer la succession de ses
conquêtes. Devenu professeur de sociologie, Howard maintenait son
ego vacillant par la multiplication de ses ébats avec des
étudiantes fascinées par ses délires marxo libertariens. Entré
dans la sociologie avec la ferveur d’un curé entrant dans son
cloître, il fit du Capital de Marx son évangile et de ses cours de
grandes messes dédiées au dieu progrès.
Tout cela, Howard le fit
selon lui pour le bien, il libérait les âmes de la jeunesse par le
chemin de son entre cuisse. N’imaginez pourtant pas que cet homme
pratiquait ses méfaits avec la discrétion d’un gourou
charismatique s’isolant de la société pour cacher les turpitudes
de sa secte. La hiérarchie, c’était bon pour les sociétés
d’antan qu’il méprisait, celles qui écrasaient l’homme sous
la chape de plomb d’une morale dépassée. Méprisant les cours
magistraux autant que les valeurs traditionnelles, Howard Kirk organisait
de grandes fêtes, qu’il voyait comme les points centraux de ses
cours. Sa vie devint alors une perpétuelle fuite en avant, une
recherche continue de l’oubli de soi, une déshumanisation par la
magie noire d’un hédonisme mortifère. Si tout cela rendait notre
homme heureux, si une telle débauche pouvait faire naître un
quelconque bonheur, Howard ne serait qu’un joyeux dépravé sans
intérêt.
Mais, à mesure que les fêtes se succédaient, un mal
être profond s’installait en lui et chez sa triste épouse. Les
dialogues qu’il entretient tout au long du roman sont parsemés de
réflexions psychologisantes d’une lourdeur ridicule. La
psychologie, voilà le véritable opium du peuple d’Howard, celui
qui lui permet d’oublier son abyssal vide intérieur et de
justifier sa veulerie. Ayant obtenu un bon poste dans une grande
université, il se surprit à aimer le confort qu’il affirmait
toujours mépriser. Ce poste, il l’avait obtenu au dépend d’un
de ses amis, qui espérait cette promotion depuis des semaines.
Qu’importe si l’ami en question tomba ensuite dans une profonde
dépression, le progrès méritait bien le sacrifice de quelques
innocents.
Howard triait les hommes selon deux catégories, les
fascistes à abattre et les bonnes volontés à embarquer dans sa
grande lutte révolutionnaire. Pour cet homme, toute forme de devoir
ou de frein mis aux désirs individuels n’étaient que des restes
d’un passé honteux. Le fasciste n’était pas seulement pour lui
le partisan d’une doctrine immonde, mais tout homme ne communiant
pas totalement à son radicalisme libertaire.
Se voyant comme le
messie de la vérité révélée aux hommes, il n’hésita pas à
créer de toute pièce un scandale pour s’imposer comme le
valeureux défenseur du camp du progrès. Howard Kirk fit donc courir
le bruit qu’un certain professeur Mangel avait été invité à
donner une conférence dans l’université où il enseignait. Sorte
de version scientifique d’une théorie déjà exprimée par Zola,
l’idée de cet homme affirmait que le crime avait également des
origines génétiques. Ce que l’auteur de L’Assommoir supposait à
travers la lignée des Macquart, Mangel voulait le démontrer
scientifiquement. Admettre une telle idée, c’était aussi accepter
que l’homme a une responsabilité vis-à-vis de sa descendance et
qu’il n’est que le jalon d’une chaîne démarrée bien avant
lui. Une telle idée allait à l’encontre du catéchisme new age,
donnait à l’amour charnel un rôle plus profond que celui de
simple plaisir futile.
Bridant la multiplication des sensations
promues par Howard, une telle thèse ouvrait la voie à une volonté
de contrôle de ses pulsions et à une sélection sévère de son
partenaire. Notre professeur avait mis en lumière son opposant
idéal, ne lui restait plus qu’à criminaliser sa théorie pour
faire triompher son dogme. L’histoire d’Howard Kirk est d’abord
celle d’un homme qui, obsédé par son idéologie, sème autour de
lui la tristesse et le malheur au nom du bien. Une tyrannie morale,
ce qu'était sa vision de la sociologie, une fausse science cherchant
à pousser l’humanité dans une grande fuite en avant dépravée.
Le mépris du lecteur pour ce Staline aux petits pieds croit d’autant
plus que, loin de le condamner, Malcolm Bradbury se contente de le
laisser dévoiler sa veulerie à travers des dialogues souvent
comiques. Porté par son sectarisme morale, son personnage ne cesse
de renforcer son emprise sur des étudiants hypnotisés par son rêve
cauchemardesque d’un monde où tous les désirs des hommes
s’exprimeraient sans retenue. Le rire du lecteur est l’expression
angoissée d’une question fondamentale : jusqu’où ce fou
pourra-t-il aller ?
Je laisserais ici au dit lecteur le plaisir
de découvrir par lui-même la réponse à cette question, le
principal intérêt d’un tel livre ne se situant pas dans son
dénouement. Dans la réalité, des Howard Kirk ont proliféré dans
toutes les strates de la société, serviteurs zélés de tous les
dogmes de la modernité. Véritables Ramirez marxistes, ils sont
toujours prêts à exhiber leur vertu et à dénoncer ceux qui
oseraient penser hors de leur cadre. Lire L'HOMME A HISTOIRES l’homme à problème
donne ainsi une idée de ce que durent ressentir les premiers
lecteurs de Rabelais. Nul rire n’est plus libérateur que celui qui
déchire gaiement les certitudes dogmatiques de son temps.
Des
disciples de John Lennon aux jeunes révolutionnaires aux cheveux
colorés, l’angélisme belliqueux que décrit ce livre n’a cessé
de se radicaliser pour cacher son ridicule. Ce ridicule Malcolm
Bradbury le dévoile ici avec la gaieté contagieuse de l’enfant
heureux d’avoir réussi une bonne farce.
J'me suis fait épingler par la
patrouille... Le conseil d'administration a lourdement insisté pour
que j'écrive des trucs autres que sur des big heavy qui font du
boucan, ou sur des disques de la préhistoire (d'avant internet), ou
encore sur de parfaits inconnus qui ont réalisé qu'une seule
galette, on ne sait trop comment. Ce n'est pas ça qui fait vendre du
papier – ou qui génère des vues. Pas content qu'ils sont.
Pourtant, le Toon parle bien de compositeurs décédés bien avant la
naissance de mon arrière grand-père... Rien à voir, qu'on m'a
rétorqué. C'est du Classique ! Et le Classic-rock, alors ?
…
Ils ne veulent rien savoir. De plus, on
me dit que c'est l'été, et qu'il faut faire des articles en
conséquences. Soit écrire sur des choses festives et
rafraîchissante. Qui vont de paire avec les vacances, qui permettent
aux gens d'échapper (un temps) à leurs contraintes, leurs soucis et
leurs inquiétudes.
Dans le cas contraire, on me menace de
ne pas me verser mes indemnités... ça craint. D'autant que je n'ai
toujours pas reçu un kopeck. Même pas un antique CD AAD bariolé de
rayures.
Dans l'espoir – faut vraiment être
naïf – de recevoir, un jour, un maigre pécule, je courbe l'échine
et consent à faire l'effort d'aller dans leur sens. On va non
seulement faire dans l'ultra classique, mais aussi dans le rock FM,
ou AOR, ou mélodique, ou j'ne sais plus quoi comme étiquette. Et
quel n'est pas l'un des plus célèbres représentant que Boston.
Ouais, Boston. Le groupe qu'ie hésitation poui était de bon ton de dénigrer. Ce
groupe de Boston (donc) qui en 1976 a tranquillement affolé les
radios et les disquaires de la planète. Ce quintet qui a vendu des
millions d'albums. Dix-sept millions rien qu'aux USA pour le premier
disque, rien qu'aux USA (!). Ce premier disque, éponyme, qui a
établi dès l'année de sa sortie, en 1976, de nouveaux records de
ventes (1), a redéfini les contours de la musique Rock, du hard-rock
pour des années. Son immense succès, quasi pérenne, a réveillé
la cupidité des majors – ou plutôt l'on simplement exacerbé. Dès
lors, leur avidité du gain – surpassant leur intérêt pour
la musique - , va les inciter à mettre une pression – plus ou
moins forte – sur une grande majorité de groupes de Rock, afin
qu'ils liment docilement leurs quenottes, épines et cornes pour se
glisser sans accrocs dans leurs nouvelles tenues scintillantes.
Qu'ils musellent guitares et claviers (l'incontournable Hammond
laissant sa place à des synthétiseurs). Une catastrophe pour
certains qui ne s'en remettront jamais, et une opportunité pour de
jeunes louveteaux – plus ou moins sincères – qui sauront se
faire une place, et leur beurre, en empruntant ce chemin déjà en
partie défriché par d'autres, mais désormais largement borné par
Boston. Ce premier album a changé le paysage du heavy-rock. Une
raison qui laquelle il fut tant encensé par certains, et si haï par
d'autres. Pourtant, au contraire de ce qui a pu être écrit et dit
sur cet album, si indéniablement il pose les bases du Rock FM (A.O.R.),
il n'a rien de mièvre ou de sirupeux.
Quoi qu'il en soit, il faut reconnaître
que cette galette est une formidable réussite. Un sans-faute ?
Probablement. Même les plus endurcis, bien que peinant à
l'admettre, ne furent pas insensibles à l'entrée en matière :
le divin « More Than A Feeling ». Un monument subtilement introduit par des arpèges de guitares en
fade-in, débutant comme un chanson douce folk, avant que ne percute
prestement le refrain, avec son gros riff, ses claquements de mains
et ce chant haut perché soutenu par des chœurs de séraphins (ceux qui ont du poils au menton). Finalement, le rapprochement avec Uriah Heep est vite faite (bien que
totalement occulté par les chauvins ricains...), avec en sus une fibre proche
d'un « Rock de stade ».
Bien qu'un poil plus heavy et
rock'n'roll, avec ses guitares harmonisées, « Peace Of Mind »
reste dans le même sillage. Au contraire du diptyque « Foreplay
/ Long Time » avec sa première partie progressive laissant une
grande aux claviers ; un premier paragraphe explorant une ligne de temps parallèle où Keith Emerson aurait été à la place
d'Hensley au sein du Heep. On l'omet souvent, mais le leader incontesté et despote Tom Scholz, a été pianiste, avec une sérieuse formation classique, avant de se tourner vers la guitare. Pour revenir à « Peace Of Mind », la chanson traite de l'importance de ne pas se laisser intégralement absorber par un travail où la compétition fait loi, où l'on demande toujours plus, au détriment d'une vie extra-professionnelle, d'une passion, d'instants de vie, de détentes, sans lesquels on ne peut espérer goûter à une certaine sérénité. C'est un choix que Scholz lui-même dû faire, préférant ne pas gravir certains échelons pour se préserver, garder la possibilité de s'adonner, d'une façon ou d'une autre, à la musique. Même s'il préféra garder son poste à Polaroid jusqu'à ce que les ventes de l'album et des singles franchissent la stratosphère à une vitesse fulgurante.
Loin de se complaire uniquement dans un Rock dit "FM", Boston ne résiste pas, avec la chansons équivoque « Rock & Roll Band », au simple plaisir de se glisser dans un tempo purement rock'n'roll. Avec «Smokin' », il tâte même du boogie trademark "Foghat" - le chanteur Brad Delp reprend même des intonations typique de Lonesome Dave Peverett -, avant de prendre un virage vers Grand Funk Railroad, ère Graig Frost (forcément,
avec les claviers). Pour info, l'ingrédient fumé n'est pas du tabac...
Pour la quasi intégralité de l'album, il est évident que tout a été murement réfléchi, ne laissant rien au hasard, où on a maintes fois remis les œuvres à l'ouvrage, jusqu'à s'approcher de la perfection. Un travail au cordeau de longue haleine. Toutefois, même si l'interaction entre le chant et les chœurs - ne cessant de défier les Beach Boys, James Gang et Uriah Heep réunis - atteint une certaine excellence et raffinement, Boston a pris soin de ne pas égarer sa fibre "heavy rock". Notamment grâce aux Gibson de Tom Scholz et de Barry Goudreau, crémeuses à souhait, épaisses mais pas trop. Un timbre pas réellement nouveau, mais qui sera tout de même une référence, et qui, étonnamment et malheureusement, ne sera pas totalement reproduit sur l'album suivant. Ainsi, avec ce premier album, Boston trouve la recette d'un heavy-rock à la fois élégant et fédérateur, évitant soigneusement de se perdre dans un excès de subtilités afin d'assurer l'impact des chansons - ainsi que leur accessibilité.
Lorsqu'on parle de compositions maintes fois remaniées et travaillées, il faut savoir que pendant des années, les démos envoyées par le groupe - alors sous le patronyme de Mother's Milk - aux maisons d'éditions, ont été systématiquement refusées. (Tom Scholz garde a d'ailleurs encadré et accroché le courrier jugé hautain de refus d'un cadre d'Epic Records, Lennie Petze pour ne pas le nommer ; celui-là même qui se revendiqua comme le principal instigateur de la signature du groupe... ). Lassé, déçu, découragé, le groupe avait abdiqué en 1974, avant que quelques mois plus tard, Scholz, qui avait investi dans du matériel d'enregistrement, prie ses acolytes de rappliquer dans son sous-sol réaménagé pour faire une nouvelle démo... Celle qui, enfin, éveilla l'intérêt de décideurs de labels. De ce fait, il est bien probable que sans ces longues années d'adversité et d'incertitude, entraînant à revoir régulièrement sa copie, la teneur et l'accroche n'auraient des chansons n'aurait pas été la même. Et le succès inhérent non plus.
Après les mets modestement épicés,
on attaque les douceurs avec « Hitch A Ride ». Une admirable composition alternant entre ballade acoustique et mouvements heavy. Une pièce semblant devoir beaucoup à Wishbone Ash. Ce dernier pouvant très bien être une (forte) influence inavouée, tant on retrouve des parties de guitares harmonisées typiques, ainsi que cette essence spécifique, en équilibre entre le progressif et le heavy-rock. Scholz préféra mentionner les Yardbirds, les Kinks (?) et Blue Cheer (?!?) "La vie est comme le plus froid des hivers, les gens figent les larmes que je pleure... je dois briser la glace et m'envoler". Pour la petite histoire, au sujet de cette chanson, elle a parfois été attribuée à Brad Delp, qu'elle dépeignait son mal-être, sa difficulté à profiter de la vie alors que tout lui souriait. En effet, Delp tombait régulièrement dans la dépression - les désaccords avec Scholz relatifs aux royalties, à son leadership et à l'attribution de droits d'auteurs, ont probablement leur importance -, et son suicide en 2007 avec pour seul mot "Je suis une âme solitaire. Brad" ont conforté les complotistes. Toutefois, ce n'est pas une de ses compositions.
"Something About You" est un heavy-rock débordant d'enthousiasme, comme pris d'euphorie, qui, après une courte intro onirique, va dans le vif du sujet, pratiquement comme si, dans un formidable élan, la chanson était emporté par un pré-refrain et un refrain enfiévrés .
Cette première chapitre se termine sur
« Let Me Take You Home Tonight », la chanson la moins
intense de l'album - le maillon faible. C'est relatif, évidemment. Comme un fourre-tout de rock ricain où l'on
relève deux trois pincées de Southern-rock, une cuillère de
country-rock, une louche de soft rock californien arrosant un mince
pâtée de rock lourdement imbibée de chœurs, avec un coda
explosant dans un élan de joie un peu (beaucoup) forcée –
pareillement aux comédies musicales hollywoodiennes dites de
« rock ».
Indéniablement, un classique incontournable du rock américain, voire plus. Un disque qui avait en son temps battu des records de ventes, et restent encore aujourd'hui parmi les grands succès commerciaux. Des chansons qu'on retrouve dans des séries, des films, des jeux vidéos. Même la pochette est une référence. Tout le monde connait un truc de cet album (enfin, presque), même s'ils ne l'ont jamais écouté. Pourtant, cette œuvre traîne peut-être derrière elle quelque chose de plus sombre. En effet, tout le mérite a été un peu trop vite attribué quasiment au seul Tom Scholz. Si ce dernier est indéniablement une sorte de génie (1), on peut s'étonner que le succès et l'intensité de ce premier jet ne fut jamais vraiment renouvelé. Dès lors que Scholz a imposé son despotisme, le succès et l'intérêt porté au groupe a été décroissant. Le guitariste Barry Goudreau, initialement soliste à l'époque de Mother's Milk, a regretté que son nom n'ait pas été porté sur certaines compositions. Si Goudreau ne réfute pas le talent et le travail de Scholz, notamment pour sa pugnacité et sa patiente à retravailler les morceaux jusqu'à pleine satisfaction, il estime que sans lui, et d'autres membres du groupe, des chansons de cet album n'auraient pas vu le jour. Du moins telles qu'on les connait. D'ailleurs, son départ marque un petit mais progressif déclin du groupe, malgré les longues années données à Scholz pour parfaire sa musique (huit années séparent le second du troisième, et autant avec le quatrième... de même pour le cinquième).
Face A
Titre
A1.
More Than Feeling
4:46
A2.
Peace of Mind
5:02
A3.
Foreplay / Longtime
7:47
Face B
Titre
Auteur
B1.
Rock and Roll Band
3:00
B2.
Smokin'
Brad DelpTom Scholz
B3.
Hitch a Ride
4:13
B4.
Something About You
3:48
B5.
Let Me Take You Home Tonight
Brad Delp
4:43
(vague hésitation pour une note entre 5,25 / 6 et 5,85 / 6)
(1) Comme si son talent d'instrumentiste - guitariste et claviériste talentueux, bassiste à l'occasion - et de compositeur ne suffisaient pas, c'est aussi un technicien doué. Il est en effet l'inventeur du Rockman. Une petite boîte noire correctement équipée d'effets permettant de jouer de la guitare au casque, sans se fracasser les esgourdes avec un son pro, et en épargnant celles des voisins pendant l'apprentissage. Le boîtier pouvant également se raccorder à une console, il fit rapidement la joie des pros qui ne s'en privèrent pas. Un gros succès (encore une fois) qui permit la création d'une entreprise qui développa tête d'ampli, racks, pédaliers et effets.
1969 l’année ou Bowie partira dans les étoiles et il n’en reviendra pas.
Entre les deux pochettes, j’ai préféré celle plus proche de Ziggy que
celle version avec la coiffure mouton.
Mister Bowie et Major Tom
"Space Oddity" de David Bowie, ce petit bijou interstellaire qui a atterri dans nos oreilles en
1969, pile au moment où Neil Armstrong
faisait ses premiers pas lunaires. C’est un peu comme si Bowie
avait décidé de faire de l’astronomie musicale avant que ça ne devienne
tendance. Alors, attachez vos ceintures, on décolle pour une chronique
cosmique et décontractée autour de ce classique intemporel.
"Space Oddity", c’est à la base une chanson sortie en single en juillet 1969,
elle sera ensuite le titre phare de l’album du même nom. Vous vous
demandez sans doute pourquoi cette chanson a autant marqué les esprits ?
Eh bien, c’est l’histoire de Major Tom, ce fameux astronaute fictif, un
personnage presque aussi iconique que Bowie
lui-même, qui s’envole dans l’espace. Là où ça devient drôle, c’est que
notre héros semble vite perdre le contrôle de sa navette et reste bloqué
dans le vide intersidéral. Pas très rassurant pour un voyage dans
l’espace, mais diablement poétique.
Musicalement, Bowie
nous offre un mélange de folk psychédélique et de ballade pop avec des
touches progressives. La mélodie est simple, presque hypnotique, comme
une berceuse pour astronautes solitaires. L’utilisation du mellotron (un instrument à clavier qui imite le son des cordes) joué par Rick Wakeman
du groupe Yes,
donne un côté éthéré et planant à la chanson, parfait pour évoquer les
vastes étendues cosmiques. C’est comme si chaque note flottait dans le
vide, nous emmenant avec Major Tom dans sa dérive spatiale. Et puis,
parlons de la voix de Bowie
: tour à tour vulnérable et résolue, elle raconte parfaitement
l’ambiance de solitude et d’émerveillement mixés à une pointe
d’angoisse.
"Space Oddity" ce n’est pas seulement une chanson sur un astronaute perdu dans
l’espace. C’est aussi un miroir tendu à la société des années 60, une
époque fascinée par la conquête spatiale, mais également pleine
d’incertitudes politiques et personnelles. On peut y lire une métaphore
sur l’aliénation, la perte de contrôle, ou même sur la carrière
naissante de Bowie
lui-même, qui entame un voyage artistique audacieux et inconnu. Major
Tom, c’est un peu Bowie
qui se lance dans l’inconnu, sans savoir s’il va revenir les pieds sur
Terre.
Petit détail rigolo : la BBC a tellement aimé la chanson qu'elle
a choisi de la diffuser pendant la couverture en direct de
l’alunissage d’Apollo 11, ce qui a rendu "Space Oddity" immédiatement emblématique. Imaginez le contraste : un homme réel
qui marche sur la lune, et Major Tom, cet aventurier de
l’imaginaire, perdu dans le silence de l’espace. Ça donne un côté
presque comique, si on y pense bien, à cette coexistence entre
réalité et fiction.
Et que dire des paroles ? Elles sont simples mais suffisamment
cryptiques pour laisser libre cours à l’interprétation. Le fameux
"This is Ground Control to Major Tom" est devenu une phrase culte, répétée et remixée à toutes les
sauces. C’est un appel à l’aide, une communication froide en pleine
défaillance, un moment suspendu où on sent que quelque chose dérape
doucement. On peut presque imaginer Major Tom qui, en plein mal de
l’espace, pense à sa mère, à ses plantes vertes, ou à sa pizza
préférée sur Terre.
L’humour est subtil mais présent. Par exemple, cette chanson d’un
astronaute qui perd le signal est drôlement ironique quand on sait
que
Bowie
lui-même était un mec assez terre-à-terre malgré son look parfois
complètement hors du temps. Son style spatial allait inspirer toute
une génération de fans et musiciens, et pourtant, lui, il n’a jamais
vraiment quitté le plancher des vaches… enfin, sauf sur scène
évidemment.
Il regarde vers les étoiles et se demande s’il va réussir à rentrer
à la maison. Un sentiment universel et éternel, qui transcende les
époques et les générations.
Pour conclure, "Space Oddity" est une œuvre qui mélange poésie, science-fiction, musique folk
et pop, avec une bonne dose d'ironie galactique. Bowie
y incarne à merveille l’explorateur à la fois courageux et perdu,
l’artiste qui ose partir dans l’inconnu tout en restant proche de
ses émotions humaines. Si vous ne l’avez jamais écoutée en plein
ciel étoilé avec un casque sur les oreilles... qu’attendez-vous ?
Allez-y, laissez-vous emporter par les aventures de Major Tom et
pensez à envoyer un "bonjour de la Terre" à votre propre
tour de contrôle.
Dans l’espace, personne ne vous entendra chanter... sauf Bowie. Et franchement, c’est beaucoup mieux comme ça.David Bowie
! Un mec qui, en 1969, a décidé d’envoyer un astronaute un peu
paumé dans l’espace... et nous embarquer dans son sillage. “Space Oddity”, c’est un peu le ticket d’entrée pour voyager entre psychédélisme,
glam rock naissant et ballades lunaires. Allez, on enfile notre casque
spatial, on met le disque sur la platine (ou Spotify version rétro-futuriste) et on décortique titre par titre ce monument.
”Space Oddity“Le hit culte par excellence. Ce morceau est une sorte de
balade interstellaire qui commence doucement, façon berceuse
cosmique, avant que Major Tom, le héros un peu paumé, ne se
retrouve perdu dans l’espace. Guitare acoustique, mellotron et
cette voix grave pleine d’émotion nous plongent direct dans
une aventure spatiale à la fois poétique et mélancolique. On
s’imagine déjà flottant dans le vide, avec Bowie
en capitaine de vaisseau un peu dépressif (mais super stylé).
”Unwashed and Somewhat Slightly Dazed“Là, on passe à quelque chose de plus brut, plus rock’n’roll.
Le titre est long comme un jour sans pluie, et c’est un petit
feu d’artifice de guitares électriques qui décoiffe.
Bowie
y chante un peu à la manière d’un jeune rebelle des années 60,
un brin désabusé. C’est la version musicale de la gueule de bois
après une soirée trop arrosée, mais avec classe.
”Letter to Hermione“ Petite pause dans l’ambiance, on descend un peu du cosmos pour
atterrir dans une ballade intime où Bowie
écrit à son ex, Hermione (rien à voir avec Harry Potter !).
C’est doux, presque fragile, avec des paroles qui ressemblent à un
carnet intime. Un moment où on sent toute la complexité émotionnelle
de Bowie, loin du glam tape-à-l’œil. ”Cygnet Committee“Le titre le plus long de l’album (plus de 9 minutes), c’est un vrai trip psychédélique.
Bowie
y raconte une histoire presque dystopique, un peu comme un conte
futuriste avec une critique sociale en fond. La musique monte en
intensité, mêlant rock progressif et passages acoustiques délicats. On
a l’impression d’assister à une mini-pièce théâtrale, avec Bowie
en maître du jeu. C’est ambitieux, parfois un peu bordélique, mais
terriblement fascinant.
”Janine“Un retour à quelque chose de plus simple, un folk-rock
légèrement enjoué. Ici,
Bowie
parle de Janine, sans trop dévoiler qui elle est, avec une mélodie
entraînante et des arrangements légers. C’est un peu la pause café
dans l’album, court, sympa, sans prise de tête.
”An Occasional Dream“Douceur et rêverie sont les maîtres mots de ce morceau.
Avec ses arpèges délicats et son ambiance
feutrée, Bowie
nous invite à un moment contemplatif. Les paroles parlent
d’espoir et de petites joies, un contraste bienvenue après la
gravité de certains titres précédents. C’est un peu comme si on
écoutait Bowie
chuchoter à l’oreille. “Wild Eyed Boy from Freecloud” Ici, l’énergie revient ! Une chanson puissante, presque
dramatique, avec une instrumentation riche et une voix
passionnée.
Bowie
incarne un personnage intense, en marge, presque prophétique.
L’atmosphère est électrique, avec une touche de folk-rock
énergique qui donne envie de lever le poing. ”God Knows I’m Good“ Une chanson un peu étrange, qui mélange humour noir et
critique sociale.
Bowie
joue sur les contradictions avec une touche sarcastique, tout en
maintenant une musique plutôt joyeuse et entraînante. C’est un
peu un coup de gueule déguisé en chanson pop.
”Memory of a Free Festival“ On termine avec un morceau festif et optimiste, presque comme
un hymne hippie.
Bowie
y célèbre la libre expression et la joie collective, avec une
belle énergie folk-rock. Le refrain est contagieux, et on a qu’une
envie : danser pieds nus dans un champ.
“Space Oddity” n’est pas juste un album, c’est une expérience. Entre ballades
cosmiques, critiques sociales et embruns psychédéliques, Bowie
réussit à capturer l’esprit de son époque (fin 60's) tout en
plantant la graine de son futur glam-rock. On sent déjà le potentiel
immense de l’artiste, capable de jouer avec les styles et les
émotions.
Bref, que vous soyez fan de
Bowie
ou simple curieux, cet album mérite vraiment un détour. Alors, prêt
à décoller avec Major Tom ? N’oubliez pas vos étoiles dans les yeux,
ça risque de secouer un peu !