jeudi 2 avril 2020

Bruce Springsteen & The E Street Band - The River (Live in New York City) – Coup de cœur de Claude Toon




Clarence Clemons et Bruce Spingsteen
11 minutes !!! La version studio de 1980 qui concluait un double album éponyme ne durait que cinq ! Le Boss meuble ? Ô que non, il développe cette chanson émouvante en plusieurs sections vocales ou instrumentales lors de ce live Newyorkais en 1999-2000. Un live dans le cadre d'une tournée de deux ans pour laquelle Springsteen avait réuni la plupart des musiciens de historiques de son E. Street Band dont Mme Springsteen, Patricia Scialfa à la guitare…
Sonia m'a demandé par mail pourquoi une chanson en anglais du Rockeur ? Je ne parle qu'un pauvre anglais d'aéroport, et moi, quand je ne comprends rien, ben j'écoute juste d'une oreille distraite. J'avais déjà proposé une écoute de La mémoire et la mer de Léo Ferré, texte surréaliste, fabuleux d'imagination et de poésie. J'avais le texte depuis belle lurette en anglais sur une jaquette, ça allait, et là j'ai une traduction pour combler les vides… Un texte de Springsteen a priori moins ésotérique, mais là encore des souvenirs nostalgiques et une thématique chère à l'auteur : l'observation des classes populaires, de l'amour dans la simplicité de deux jeunes gens, et puis cette rivière où en un temps on pouvait se baigner… une rivière désormais asséchée… Pourquoi un lit de terre sèche ? Leur amour, un symbole d'une société américaine qui se délite… À chacun son émotion et sa réponse. Pour Luc, bien plus expert que moi car fan éternel du Boss (donc une source sûre) : Les personnages de la chanson sont sa sœur, et donc, son beau-frère, une évocation des galères habituelles de la classe ouvrière, pas mariée, enceinte et sans boulot. J'en étais pas trop loin pour la première fois où je parle d'autre chose que de "classique" pur !


Alice Neel (1900-1984 - USA)
Lors du concert, les artistes proposent de marquer le temps qui s'écoule inexorablement. Si je puis me permettre la comparaison, l'adaptation me fait penser aux grands compositeurs de Lieder symphoniques que furent Mahler et Richard Strauss (ich bin der welt abhanden gekommen pour l'un, Im Abendrot pour le second) ; dans les deux cas, des textes élégiaques et courts, mais tant la nature de la composition, qu'une Jessie Normann par exemple, étendent le propos à la dizaine de minutes en distillant avec gourmandise chaque note…


L'interprétation commence par un solo du saxophoniste Clarence Clemons disparu en 2011 (RIP). Une virtuosité tendre et un son crépusculaire, pas une note au vibrato incertain, immense ! Quelques mesures au clavier puis l'harmonica énonce le thème mêlant nostalgie et sensualité. Début de la chanson : La belle voix chaude, rauque et un peu nasal, un timbre viril reconnaissable entre mille se fait entendre jusqu'à un passage en duo entre l'accordéon, l'harmonica et quelques instruments comme la basse, le clavier, percussion sans emphase et quelques autres… La reprise des strophes suivantes est baignée d'émotion et soulignée par la seconde voix d'un guitariste. On s'aperçoit que Springsteen a la faculté de monter dans un aigu plaintif qui prend aux tripes. La chanson se termine par une reprise du saxo accompagné du rythme obsédant au clavier… Un moment de pur bonheur qui devrait se prolonger dans le silence…



The River (La Rivière)

Je viens du fond de la vallée où monsieur quand tu es jeune
Ils t'élèvent pour que tu fasses comme a fait ton père
Marie et moi on s'est rencontrés au lycée quand elle avait à peine dix-sept ans
Nous descendions cette vallée pour aller où les champs étaient verts

Nous descendions à la rivière
Et dans la rivière nous plongions
Oh à la rivière nous descendions

Puis je mis Marie enceinte et mec c'est tout ce qu'elle a écrit
Et pour mon dix-neuvième anniversaire on m'a donné une carte syndicale
et une veste de cérémonie
Nous sommes allés au tribunal et le juge a tout mis en attente
Pas de sourires du jour du mariage, pas de marche nuptiale
Pas de fleurs pas de robe de mariée

Cette nuit-là nous sommes descendus à la rivière
Et dans la rivière nous avons plongé
Oh à la rivière nous sommes descendus
J'ai trouvé un boulot dans la branche du bâtiment à la société Johnstown
Mais dernièrement il n'y a guère eu de travail à cause de la conjoncture économique
Maintenant toutes ces choses qui semblaient si importantes
Eh bien monsieur elles se sont volatilisées complètement
Désormais j'agis comme si j'avais oublié, Marie se comporte comme si elle s'en foutait

Mais je me rappelle de nous deux dans la voiture de mon frère
De son corps bronzé et mouillé en bas près du barrage
La nuit sur ses rives j'étais allongé éveillé
Et je l'ai attirée à moi simplement pour sentir sa respiration

Maintenant ces souvenirs reviennent me hanter, ils me hantent comme une malédiction
Un rêve est-il un mensonge s'il ne s'accomplit pas
Ou est-ce quelque chose de pire qui m'envoie
Descendre à la rivière alors que je sais que la rivière est asséchée

Descendant à la rivière ma chérie et moi
Oh en bas vers la rivière nous nous dirigeons

mercredi 1 avril 2020

R.I.P. 2019 - Premier volet -


Edward "Ted" McKENNA
 (10.03.1950 - 19.01.2019)
     Ted McKenna faisait partie de cette race de batteurs appréciés de tous. Apprécié du public mais aussi de ses employeurs chez qui généralement il restait plusieurs années. Même les musiciens réputés comme étant des plus grincheux appréciaient sa sincérité et sa bonne humeur.
Bien que ses racines et sa base soit le Rock dur, sa frappe à la fois lourde et fluide lui a permis de sortir de la scène Heavy-rock pour se frotter au Jazz et au Blues(-rock).
Une carrière qui remonte aux années 60, et une discographie qui débute en 1971 avec "Tear Gas" (du groupe du même nom) pour finir en 2018 avec "Resurrection" du Michael Schenker Fest. Plus de cinquante ans de carrière comportant le Sensational Alex Harvey Band et les albums parmi les plus marquants de Rory Gallagher et de Michael Schenker. Il joua aussi pour John English, Greg Lake, Fish, Gwyn Ashton et Gillan.
     Ted McKenna est décédé à 68 ans des suites d'une hémorragie qui a suivi ce qui devait être une simple opération de routine.

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Dick DALE 
(4.05.1937 - 16.03.2019)
     Richard Anthony Monsour devenu Dick Dale, le King of the Surf guitar, le premier guitar-hero pour certains, quand d'autres l'érigent en tant que précurseur de Heavy-metal en raison de son attaque franche et du volume sonore déployé. En effet, son ami Leo Fender lui reprochait de jouer trop fort et de flinguer ses amplis, il confectionna en conséquence - avec Dale, dont la part de participation réelle reste sujette à controverse - le fameux ampli Showman, fait pour résister à ses assauts soniques. Suivit par le Dual Showman. Il est aussi convenu que la non moins fameuse Reverb Fender à ressort - sortie sur le marché en 1962 - est due à une autre riche collaboration.
Ainsi, armé de sa Fender Stratocaster surnommée The Beast et de ses amplis Showman, Dick Dale a gravé dans la pierre le son de la guitare surf pour l'éternité.
Luttant depuis des années contre un cancer, malgré son état de fatigue dû aux traitements, à plus de soixante-quinze ans il doit retourner faire des tournées afin de subvenir à des frais médicaux fort onéreux. Il y succombe à 81 ans, après près de dix années de combats.

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Roky ERICKSON
 (15.07.1947 - 31.05.2019)
     Roky Erickson, né Roger Kynard Erickson à Dallas, est l'archétype du destin gâché par l'abus de drogues et de champignons hallucinogènes qui vont le conduire à être interné trois années dans un hôpital psychiatrique. Soigné à coup d'électro-chocs et de nouvelles drogues licites pour l'assommer, il va en sortir définitivement cassé, en ayant perdu les sens de la réalité, ne parvenant parfois plus à chanter.
    A sa décharge, son enfance n'est pas des plus heureuse avec un père alcoolique et une mère catholique intégriste, sévère, élevant ses cinq garçons dans la crainte de Dieu et de l'Enfer. La musique est un exutoire. Il apprend le piano et la guitare et intègre un premier groupe à quinze ans. Un premier 45 tours à 17 ans, avec les Spades. En 1966, il rejoint un nouveau groupe qui ne va tarder à changer de nom pour 13th Floor Elevators. Patronyme faisant directement référence aux prises de drogues, alors considérées comme un moyen libératoire pour accéder à des états de consciences intérieures et pour réveiller des sens, des perceptions. Ce groupe d'allumés, considéré comme un pionnier du psychédélisme, fait directement une percée nationale en se contentant de reprendre la chanson d'Erickson composée pour les Spades. Un rhythm'n'blues sauvage et écorché : "You're Gonna Miss You". La même année sort l'emblématique et barré (avec Tommy Hall, apprenti poète et "influenceur"  en drogues de toutes sortes, qui s'époumone dans une cruche de whisky amplifiée... ) "The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators". L'un des premiers disques de Rock psychédélique.
   La troupe part pour San Francisco où elle se ruine en diverses substances. Une fois les poches vides, elle rentre au Texas où elle enregistre un second disque un peu plus solide, "Easter Everywhere" (avec toujours la cruche, mais, heureusement, sous-mixée...). Mais les concerts restent chaotiques. Un dernier album en 1968, "Bull Of the Woods", plus Rock et Rhythm'n'Blues, plus concis (peut-être le meilleur du groupe bien qu'ignoré). L'année suivant Erickson se fait pincer pour détention d'un joint et doit choisir entre la prison, à laquelle il a déjà goûtée, et l’hôpital. Le choix de la seconde option a raison de sa santé mentale.
   A sa sortie, il n'est pas vraiment sevré de la drogue dans laquelle il replonge régulièrement. Il retournera plus tard en psychiatrie (néanmoins, avec des traitements moins radicaux). En 1975, il dépose chez un notaire une lettre expliquant qu'il n'est pas issu de la Terre, qu'il est un extra-terrestre. "... J'espère que cela prouvera à ceux qui m'administre des électro-chocs que je suis un extra-terrestre... je ne me livre à aucune violation de lois terrestres puisque je déclare être en réalité un extra-terrestre".
   Considéré par beaucoup comme un héro malheureux et sacrifié, tout au long de sa carrière des plus tumultueuses, de nombreux mécènes essayeront par divers moyens de le remettre en scène. Parmi ses admirateurs célèbres, on compte Doug Sahm, Patti smith, Thurston Moore, R.E.M., Jesus & Mary Chain et Billy Gibbons.
   En 1980 et 1981, Stu Cook - l'ex-bassiste de Creedence - produit deux bons albums d'Erickson qui, en dépit de paroles trahissant un esprit torturé et obsédé d'images démoniaques, témoignent d'un sursaut. Mais la descente aux enfers reprend doucement son cours.
Dernier album en 2010, "True Love Cast Cast Out All Evil" avec le groupe Okkervil River.


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Bernie TORME
 
(18.03.1952 - 17.03.2019)
     Oublié depuis des années, cet Irlandais, né Bernard Joseph Tormey, s'était fait un nom à la fin des années 70 grâce à son intégration au sein de Gillan, et sa contribution pour ce qui à l'époque était considéré comme le meilleur d'un groupe qui ne réussit jamais vraiment à s'exporter hors du Royaume-Uni. Les albums "Mr Universe", "Glory Road", "Future Shock" et le double live, correspondant au retour de Ian Gillan à un Hard-rock franc et cogneur (et pas toujours finaud).
     Suite à des problèmes de rémunération, il se brouille avec Gillan et rejoint la reformation d'Atomic Rooster avec de rejoindre Ozzy Osbourne en remplacement de Randy Rhoads. Cependant, il n'y attarde pas, car son style particulier et fougueux, sorte de heavy-blues punky aux dérapages de vibrato intempestifs, ne convient pas à la musique du madman. Il fait son retour avec un groupe de son cru, le Electric Gypsies, avec deux albums remarqués avant de végéter sous son propre nom. En 1988, il s'associe avec Dee Snider et Clive Burr sous le patronyme de Desperado. La presse et le public attendent avec impatience un premier disque qui ne sortira que des années après la dissolution du groupe, en 1996.
     Avec Silver, le groupe avec l'ancien frontman de Michael Schenker, Gary Barden, et Don Airey, le Heavy-rock devient moins fougueux, plus mélodique et conventionnel.
 Bernie Tormé ne quittera jamais la scène, continuant à sortir des disques sporadiquement et dans l'ombre, se contentant de se produire à l'envie dans de petites salles et répondant aux invitations de divers groupes respectueux.
   En février 2019, il est hospitalisé en urgence pour une double pneumonie. En soins intensifs, il décède à l’hôpital le 17 mars 2019 ; un jour avant son soixante-septième anniversaire.

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Paul RAYMOND
 (16.11.1945 - 13.04.2019)
     Paul Martin Raymond , né le 16 novembre 1945 à St Albans (Hertfordshire), était une figure incontournable du Heavy-rock des années 70 et 80. Ce claviériste-guitariste gaucher, autant talentueux que discret, après des débuts dans un groupe de Pop soft (Plastic Penny), rejoint Chicken Shack en 1969 puis intègre Savoy Borwn en 1971, en débutant par l'excellent album "Street Corner Talking". Il reste avec Kim Simmonds (le boss de Savoy Brown) - jusqu'en 1976, avec l'album "Skin'n'Bone" qui annonce un certain déclin du groupe.
A partir de 1977, c'est la période flamboyante avec UFO avec qui il demeure jusqu'à la fin de l'agonie des années 80. Il est de la reformation avec Michael Schenker en 1994. Il reste finalement avec les houleux Phil Moog et Pete Way en s'autorisant quelques vacances pour ses projets personnels ; avec le Paul Raymond Project et en solo. Son fils devait rejoindre son père pour jouer de la batterie au sein de son "project", mais finalement abandonna l'idée, trouvant la musique de papa trop old school, pas assez thrash.
Jamais très éloigné de la famille "UFO", il a aussi participé aux débuts du Michael Schenker Group et de Waysted.
Paul Raymond décède d'une crise cardiaque le 13 avril 2019.

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Larry WALLIS
 (13.05.1949 - 19.09.2019)
     Larry Wallis, le looser magnifique par excellence. Celui qui a toujours frôlé la gloire sans jamais y accéder, mais qui a fini par gagner une reconnaissance pour son parcours chaotique. Après une courte période avec Shagrat, un intéressant groupe de Rock encore très marqué par les 60's, mené par Steve Peregrin Took (auparavant avec Marc Bolan dans Tyrannosaurus Rex), un passage éclair dans Blodwyn Pig, puis UFO (en 1972) qu'il quitte pour les Pink Fairies. Avec eux, il enregistre "Kings of Oblivion" dont il compose et écrit quasiment à lui seul la totalité des morceaux. Mais, suite à des vues divergentes sur l'évolution du groupe, Larry le quitte. Pour le coup, Pink Fairies devra  attendre 15 ans pour enregistrer un nouveau disque studio ; grâce au retour de Larry Wallis.
     La suite est plus connue avec sa collaboration avec Lemmy Kilminster qui va donner la première mouture de Motörhead et un premier disque, "On Parole". Hélas, l'album déplaît au label, United Artists, qui refuse de le sortir (avec le succès du trio, l'album sort finalement en 1979). Peu après l'insertion d'Eddie Clarke, il fait ses valises.
   Les années suivantes sont encore plus tumultueuses. Il travaille parfois pour Stiff Records en tant que musicien ou producteur, monte divers projets sans lendemains, compose pour autrui (dont Dr Feelgood). En 2007, il parvient à sortir un premier album solo.

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Paul WHALEY
(14.01.1947 - 28.01.2019)
     Paul Gene Whaley, fils d'un chanteur de Country, a commencé très jeune dans un groupe californien de rock garage, Oxford Circle, auteur d'un seul 45 tours en 1966. Cependant, en 1997, soit trente années après sa dissolution, le groupe a droit au pressage de l'intégralité d'une prestation live à l'Avalon (San Francisco) dévoilant un attrait prononcé pour le Blues et une sensibilité pour le rock psychédélique. Si cette formation s'avère intéressante sous sa forme "live", son exhumation n'est engagée que par la présence de deux futurs Blue Cheer. Car Paul Whaley est le batteur de ce trio mythique, annonciateur du Hard-rock le plus lourd et du Stoner - avant de faire marche arrière pour des sonorités plus respectables, et probablement plus rémunératrices -. Inquiet par rapport à une consommation galopante de drogues, il quitte le groupe peu après la sortie de "New ! Improved !" (1969).
Il ne renoue avec le groupe que pour son retour bruyant en 1984, avec un "The Beast is Back" particulièrement décapant et agressif.
     Retour éphémère mais renouvelé régulièrement à partir de 1990, il est désormais de tous les albums à venir, jusqu'en 2007 avec un "What's Doesn't Kill You" encore bien abrasif. Des soixantenaires encore bien virulents.
     Whaley succombe à une insuffisance cardiaque, en Allemagne, pays où il avait élu domicile depuis 1992.

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mardi 31 mars 2020

L’APOCALYPSE EST POUR AUJOURD’HUI par Pat Slade



Il fût un temps où sortir se promener était la normalité, mais ça c’étais avant… !.


IL Y A LONGTEMPS DÉJÀ !




31 mars 2022, sept cent trentième jours de quarantaine, mon petit jardin ressemble à la forêt vierge et des singes ont élu domicile en haut du baobab qui a poussé là sans que je ne sache comment il a pu arriver devant ma fenêtre. Les quelques personnes qui passent devant chez moi me regardent d’une façon bizarre derrière leurs masques de protection de couleur improbable et qui avaient du être blancs à une époque. Je viens de finir le dernier rouleau de papier toilette des huit cent cinquante que j'avais achetés, j'en suis réduit à me servir des couvertures de mes livres, c'est douloureux, mais il faut faire avec. Il y a déjà huit mois que le courant a été coupé, si je peux encore me servir de mon ordinateur, c’est grâce au groupe électrogène que j’ai bricolé avec la batterie de ma voiture et que j’ai branché sur le vélo d’appartement ;  avec ma fille nous nous relayons chaque jour pour pédaler. Le plus dur n’est pas le manque de nouvelles du monde extérieur, BFM diffuse en boucle les anciens journaux télévisés, aujourd’hui, je viens d’apprendre que Valery Giscard d’Estaing vient d’être élu.


Thomas Edison
Le plus dur reste surement le manque de musique, mais je remercie Monsieur Thomas Edison qui en 1877 va inventer le phonographe. Le mien trône fièrement sur mon bar en bois importé du Mexique décoré de cartons de bière du monde entier (Oui je sais il n’y a aucun rapport entre les deux, mais ça fait chic !). Après l’avoir dépoussiéré, fait briller le cuivre du pavillon et remettre une aiguille au bout du micro, je me mets en quête de la recherche des fragiles disques 78 tours en cire. Je retrouve  deux valisettes très lourdes et recouvertes de poussière. Cet héritage que je tiens de mes grands-parents me rappelle une époque où je les écoutais sur un autre  phonographe, un modèle 102 de 1940. Le premier disque qui me tombe entre les mains est «La Chanson Des Maréchaux» Chanté par Armand Mestral, Yves Montant et Clément Duhour, un joli titre que l’on pouvait entendre dans le film «Napoléon» de Sacha Guitry. Je passe sur tous les disques d’Emile Vacher, d’Emile Prud’homme et autre Verchuren (Mon grand père jouait de l’accordéon et faisait partie d’un groupe de bal musette) pour chercher des pièces plus rares. Et coincé entre un Tino Rossi «Tango de Marilou» et un Rina Ketty «Sombrero et Mantilles» je tombe sur un Fréhel «Tel Qu’Il Est», après écoute, pour un disque de 84 ans il craque un peu mais il est encore très écoutable. Quelques disques Classiques avec une version de «L’Apprentis Sorcier» de Paul Dukas avec l’orchestre du conservatoire de Paris sous la direction de Philippe Gaubert et aussi «Invitation à la valse» de Carl Maria Von Weber avec le grand orchestre symphonique sous la direction de Gustave Cloëz.

Modèle 102 de 1940
Les quelques voisins encore vivants viennent de sonner à ma porte pour me demander de baisser le volume sonore, mais sur un phono la chose n’est pas facile, la seule solution, mettre des chiffons dans le pavillon pour étouffer un peu le son. Certain étaient même étonnés d’entendre de la musique s’échapper de mon appartement. 

Je continue mon petit inventaire d’une autre époque et je trouve un Dalida et son «Bambino», un Yves Montand «Les Routiers», Edith Piaf «La Goualante Du Pauvre Jean». Vu la quantité impressionnante de galettes en cire que j’ai, je continuerai l’écoute jusqu'à ce que le confinement et la quarantaine se terminent. Nos anciens avait le bonheur d’avoir un matériel qui ne marchait qu’à l’huile de coude et ne consommait, hormis la notre, aucune énergie, en plus il est très drôle de courir vers le phono pour remonter la manivelle quand le disque commence à ralentir et que l’artiste commence à avoir une voix grave et fatiguée. Mais le rock n’existe pas en 78 tours, il y en a peut-être mais pour en trouver dans l’état des choses, il  faudra m'armer de patience.






lundi 30 mars 2020

Le Deblocnot en télétravail… Et Sonia doit écouter Ennio Morricone : IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE




Lundi, malgré le confinement, le télétravail est actif. Les lecteurs avaient apprécié en février de pouvoir écouter la musique de John Williams pour le film La liste de Schindler
Claude Toon propose une nouvelle séance et demande à Sonia de mette en ligne la B.O. d'Ennio Morricone pour son dernier chef-d'œuvre, Il était une fois en Amérique de Sergio Leone.
Une B.O. haut de gamme avec l'obsédant thème joué à la flûte de pan par Gheorghe Zamfir (toujours debout à 78 ans). Claude a imposé à Sonia de faire le minutage ; elle est furax !
- Pfff, je pensais à avoir juste à mettre trois mots et faire le partage… Et pendant ce temps-là me faire le vernis des ongles (mains et pieds).
- Tiens, sur You Tube, ils ont déjà fait le minutage… Je sais que le Claude, il te transforme ça en deux coups de cuillère à pot en français et en HTML… Pfff, chais pas trop faire ça moi… J'essaye…
- Alors, de mémoire : on capture sur l'écran ; on filtre dans le bloc note… J'utilise un traducteur automatique (mon anglais est pas top), on repasse dans le bloc note, on colle le tout dans Word (pire que cuisiner de la tambouille ***)… Je vais prendre un café…
- (immonde le café) Alors, oui, faut faire un tableau qui sera invisible (là il y a un truc, une histoire de pixels pour la largeur des traits qu'il faut surtout pas virer, gentil le Claude…). Mouais… ça prend une plombe c't'affaire… Allez, je colle ça dans le blog… Heee, c'est pas mal… Publier et hop j'attrape mon vernis…
Sonia farfouille vingt minutes dans son sac, un inextricable b**l…
- OH NON !!!!! Grrrrrr j'ai oublié le flacon au bureau !!!!!!!!



00:00 Il était une fois en Amérique
25:18 Chanson de Cockeye
43:57 Thème de Deborah : Amapola
02:16 Pauvreté
29:43 Amapola (Partie II)
50:17 Suite de Il était une fois en Amérique
05:56 Thème de Deborah
32:54 Pauvreté infantile
01:03:53 Pauvreté
10:24 Souvenirs d’enfance
34:39 Souvenirs photographiques
01:07:25 Thème inutilisé I
13:51 Amapola (Partie I)
35:42 Amis
01:12:16 Thème inutilisé II
19:14 Amis
37:10 Amitié et Amour

20:53 Prohibition de Dirge
41:29 Speakeasy
Amapola est une chanson populaire espagnole

Cela étant dit, rendez-vous dès demain pour :
Article de Pat titré : L’APOCALYPSE EST POUR AUJOURD’HUI !!!!!