mercredi 5 août 2026

STARZ " Violation " (1977), by Bruno



   Dans les recherches des albums "pré-FM", ou fondateurs d'avant l'ère des productions "blockbusters" gonflées au silicone, ou encore des (rares) groupes qui ont réussi leur conversion (ou soumission) au genre, le très sérieux SHQOPLPDPM (1) a exhumé un petit quintet new-yorkais qui avait tout d'un grand. D'un très, très grand. C'est bien simple, dans les années 80, un nombre incroyable de musiciens américains ont avoué avec enthousiasme y avoir puisé une partie de leur inspiration. Et non des moindres. Une influence qui aurait touché autant le glam-rock US que le sleaze-rock, ainsi que le Rock FM. Y compris, par exemple, l'un des cadors de la paroisse, à savoir Jon Bon Jovi et ses acolytes.

    Le groupe en question ? Starz. Un combo issu du New Jersey, qui a pour manager Bill Aucoin, célèbre pour l'excellence de son travail pour Kiss - ainsi que pour celui de Billy Squier (époque Piper comprise). Un quintet qui avait tout pour réussir, sans jamais parvenir à faire de grandes vagues. Plusieurs singles se sont pourtant infiltrés dans le top 100 américain, mais les ventes d'albums, bien que fort honorables, restent assez modestes. Soit des gains jugés insuffisants pour Capitol Records, qui les lâchent. De même que leur manager, qui a déjà bien assez à faire, tout en gagnant confortablement sa vie, avec les quatre enfarinés - et bientôt avec Billy Squier. 

     En cinq années d'existence, Starz n'a pas chômé avec quatre albums d'excellente facture et des concerts où les gars durcissent le ton. Mais visiblement, cela n'a pas suffit.


   En 1977, après un remarquable premier essai bien rock'n'roll, Starz revient à la charge. Toujours avec des pièces au cordeau, toutes guitares dehors, mais cette fois-ci, avec une ouverture vers des sonorités et des cadences plus pop. Ainsi, d'entrée, "Cherry Baby" s'impose comme un petit bijou de heavy-pop proto-Rock-FM - sans claviers. Un de ces trucs addictifs et mnémoniques, d'apparence évidents, accrocheurs dès la première écoute, portés aux cieux par un chant habité et jovial, parfaitement soutenu par des chœurs à l'avenant. Judicieusement sélectionnée pour sortir en single, cette chanson sera le plus grand succès du groupe, et poussera les ventes de l'album. « Sing It, Shout It » en est un autre, un bijou Heavy/power pop. Avec ce pattern brut et primal à la batterie (très proche du style de Bun E. Carlos), cette guitare clean coupante comme un scalpel (jouée en picking) et la seconde en arrière plan, plus sourde, peinant à retenir son humbucker qui ne demande qu'à rugir, tandis que Michael Lee Smith assure une fois encore un chant entraînant imparable. Le coda est à s'y méprendre du pur Cheap Trick – comme finalement, d'autres passages de ce morceau. Bien probable que les quatre de Rockford aient voulu rendre un juste hommage à ce groupe qui semble avoir laissé de profondes traces sur leur musique – d'autant qu'ils leur est arrivé de tourner ensemble.

   Un peu plus costaud, « All Night Long » est ni plus ni moins qu'un détournement de Bad Company, dans une optique nettement plus commerciale – ce qui en fait un peu du Foreigner pré-méga-tubes. Logique.

   « Cool One » ravive la flamme rock'n'roll, quelque part entre Creedence et les Flamin' Groovies. Les paroles ne manquent pas d'humour mais la morale ne nous permet pas de les exposer ici.

   En clôture, la ballade bancale, maladive, « Is That a Street Light or The Moon ?» dénote totalement avec la voix de Smith, qui se fait féminine, et l'émergence progressive d'un orchestre dont quelques instruments cherchent à s'échapper, ou déraillent brièvement. Néanmoins, elle a son charme.


    Starz dégoupille également quelques bons rocks, vifs, ardus et trépignants, dans la continuité du premier album. Dont « Rock Six Times » qui conte les premiers émois donnés par l’innocente écoute d'un 45 tours, et l'épiphanie qui s'ensuit. Un morceau étendard du heavy-rock US, fusionnant les poids lourds du genre - Nugent, Aerosmith, Blue Öyster Cult et Montrose. Un quasi furieux « Subway Terror », qui préfigure Twisted Sister (celui des trois premiers opus). Ainsi que « S.T.E.A.DY. », qui débute par une plage d'un slow-blues poisseux avant de se laisser emporter par une bourrasque heavy. C'est un morceau plus étrange, plus dans le registre d'un Alice Cooper ou d'un Blue Öyster Cult. « … ils m'ont fendu le visage comme un futal bon marché. Ils m'ont comprimé le cerveau et m'ont mis en transe. Chaque nuit, ils modifient un peu mon sang. Et je fais mon lit sur des gravats et de la boue. Et ça peut vraiment te retourner le cerveau. Ils vont te rendre plus fort et sain d'esprit. Je suis si content qu'ils m'aient remis sur pied... ils m'ont surveillé pendant un an, tu sais... Et si jamais tu revois tes amis et que tu prêtes serment de dénoncer les salauds... Et si jamais tu revois tes amis, je veux être sûr de dénoncer ces pauvres garçons dedans...  » ?? Michael Lee Smith aurait il été un patient de Camp Hero, l'institut militaire de Montauk à Long Island ? 😱😁. La chanson éponyme, puissant heavy-rock un rien échevelé, baigne dans la même mouvance. Smith crie sa soif de liberté, tandis que des voix de l'autorité le réprimandent « (Nous sommes partout. Nous te protégeons de toi-même. Nous te surveillons) -Je veux faire du rock'n'roll (Non, c'est interdit!) Je veux perdre le contrôle (Non, c'est une violation !) Je veux aimer quelqu'un (Non, c'est une violation !) - (Merci de nous avoir élus, nous apprécions votre confiance. Il y a un problème dont nous sommes conscients. Beaucoup de vos enfants le partagent. Mais nous avons développé de nouvelles techniques … basées sur l'électrochoc. Une dose quotidienne de microwatts) ». Une théorie (du complot ?) voudrait qu'à l'origine ce second essai devait être un album concept. Ce qui n'aurait pas été du goût du label, qui aurait renvoyé illico les musiciens revoir leur copie.

     En dépit de quelques titres pouvant paraître un peu en deçà en comparaison des pièces fortes, c'est un album sans faute qui, en cette année 1977, aurait dû s'installer confortablement parmi les classiques du genre, voire du Rock au sens large. Et s'il a rencontré un certain succès – boosté par les singles -, ce n'est pas à la mesure réelle de sa haute teneur qualitative. Peut-être que Starz aurait dû un peu développer des pièces dans le format (power-) pop / rock AOR qui a si bien réussi à leurs singles ? C'est pourtant ce que le groupe a effectué avec le suivant, « Attention Shoppers ! ». Où, contre toute logique, la petite perle « She », n'est pas sortie en single, alors qu'elle en a tous les attributs - avec des paroles éculées, niaises, passe partout - pour squatter les radios. Ou même le bon slow – au léger parfum de « Purple Rain » - « Third Time's The Charm ». Incompréhensible. Avoir mis du miel dans son heavy-rock n'a pas réussi à Starz, qui redescend dans les scores et cœurs. Déconfit, le groupe revient avec « Coliseum Rock » à des sonorités plus en phase avec les deux premiers essais. Toutefois, sur cette dernière livraison, les musiciens paraissent un peu moins impliqués, ou du moins généralement perméables à la « fièvre rock'n'roll » ; celle qui vous fait perdre le contrôle, qui libère l'instinct animal, qui vous détache de la réalité. Sur ce dernier essai, il y a l'ombre du meilleur de Kiss, mais aussi... celle de Boston. Particulièrement évident sur le magistral « Last Night I Wrote a Letter ». Mais là, pas de single, plus de réel espoir de rejoindre les illustres groupes (établis ou en devenir) avec lesquels ils tournent régulièrement. Peut-être qu'il aurait fallu maintenir Jack Douglas à la production – son absence à partir de « Attention Shoppers ! » se fait sentir. Déçu, désillusionné, fatigué, le groupe ne tarde pas à arrêter les frais. Pourtant, il demeure dans les mémoires. Les disques sont régulièrement réédités, divers enregistrements live sont édités (dont certains à la qualité douteuse, proche du pirate) et, des années plus tard, le groupe se reforme pour des concerts où une foule de fidèles – et de nouveaux convertis – l'attend impatiemment.



Side one



1."Cherry Baby"
3:47
2."Rock Six Times"3:15
3."Sing It, Shout It"
5:10
4."Violation" 4:26
Side two


1."Subway Terror"         3:45
2."All Night Long"       3:26
3."Cool One"3:40
4."S. T. E. A. D. Y."5:25
5."Is That a Street Light or the Moon?"3:06


(1) Service Hautement Qualifié Œuvrant Pour La Préservation Des Perles Musicales. Organisme travaillant hardiment - et bénévolement -, dans le plus grand des secrets, pour le bien de l'humanité.



🎼🎶 🌟

Autres articles / STARZ : 👉  " Starz " (1976) 👉 " Live In Action " ( 1978 - 1989)

mardi 4 août 2026

Marie-Paule Belle - ”Marie-Paule Belle chante Barbara“ (2001) - par Pat Slade



Elle est partie rejoindre toutes celles qu’elle a aimées, au lieu e faire un banal RIP, je vais faire une bafouille sur un de ses albums


La Parisienne a quittée la Scène



  Quand on cite Marie-Paule Belle, la première chose qui vient à l’esprit c’est sa chanson ”La Parisienne“ qui aura son petit succès en 1976. Elle a été une artiste de l’ombre très discrète dans les médias (Même si elle n’a jamais cachée son homosexualité, elle a vécu une longue et importante histoire d'amour avec une femme, la célèbre romancière Françoise Mallet-Joris). Sa carrière n’a jamais eu d’éclipse, toujours sur les routes ou en studio. Entre 1973 et 2023 ce seront quinze albums et  trois live. Voila pour cette courte nécro. C’est maintenant un secret de polichinelle, mais tout le monde sait que j’aime Barbara et comme Marie-Paule Belle a fait un spectacle ”De Belle à Barbara en hommage à la dame en noir et enregistré un album, je me devais ‘écouter cette galette.

Marie-Paule Belle chante Barbara“ ; un hommage poétique et profond. Marie-Paule Belle offre au public un cadeau précieux et profondément respectueux de l’œuvre d’une des plus grandes figures de la chanson française : Barbara. Ce recueil musical, sobrement intitulé *Marie-Paule Belle chante Barbara*, représente bien plus qu’un simple album de reprises, c’est un hommage vibrant empreint de délicatesse, une passerelle entre deux voix féminines qui, chacune à leur manière, ont marqué l’histoire de la musique francophone.
Barbara, de son vrai nom Monique Serf, était une artiste dont le nom évoque immédiatement la poésie, la sensibilité exacerbée et une capacité singulière à transcrire les émotions les plus intimes avec une intensité rare. Son œuvre, gravée dans la mémoire collective, traverse les décennies en parlant aux âmes que l’on croit secrètes. C’est cette force que Marie-Paule Belle choisit de mettre en lumière, en revisitant avec mesure et respect des titres emblématiques qui ont jalonné le parcours de la dame en noir.

L’interprétation de Marie-Paule Belle, qui possède elle-même une tessiture chaude et expressive, sublime chaque texte sans jamais chercher à imiter l’ombre imposante de Barbara. Son chant se veut humble et sincère, fidèle à l’esprit original, tout en apportant une coloration nouvelle, intacte et personnelle. Au fil des chansons, elle déploie une palette émotionnelle riche, où la douceur côtoie parfois une douleur contenue, mais toujours empreinte de vérité.
Le choix du répertoire reflète la variété et la profondeur de l’univers de Barbara : des ballades nostalgiques aux mélodies plus rythmées, chaque morceau est une histoire à part entière, une confession qui trouve en Marie-Paule Belle une interprète à la hauteur. La poésie, souvent mélancolique et grave chez Barbara, se mue ici en un hommage vivant, une reconnaissance que la musique, plus que toute autre forme d’art, est capable de transcender le temps et les générations.

Ce projet s’inscrit également dans une démarche de transmission culturelle. En 2001, à une époque où les supports musicaux et les modes évoluent rapidement, Marie-Paule Belle rappelle l’importance de garder vivantes les œuvres qui ont forgé notre patrimoine artistique. Elle invite ainsi les auditeurs, qu’ils soient fidèles admirateurs ou nouvelles générations, à redécouvrir la richesse d’une écriture unique, à ressentir la puissance des mots et la beauté des compositions.
Plus encore, *Marie-Paule Belle chante Barbara* est une rencontre entre deux âmes féminines, solitaires et passionnées, qui ont su livrer leurs fragilités et leurs forces à travers la musique. Ce dialogue silencieux, que l’on perçoit dans chaque note et chaque silence, souligne la continuité d’un art engagé, la quête de soi et l’expression d’émotions universelles.

En somme, l’album est une pépite poétique, une déclaration d’amour discrète mais profonde à une artiste incomparable. La voix de Marie-Paule Belle, fluide et respectueuse, fait rayonner la lumière créée par Barbara, offrant un refuge à ceux qui cherchent dans la chanson la consolation, la beauté et la vérité. Cet hommage musical, d’une délicatesse infinie, demeure un précieux lien entre hier et aujourd’hui, un témoignage vibrant de la puissance intemporelle de la chanson française. Vingt et une reprises parmi les plus célèbres ; de ”Drouot“, ”Au Bois De St Amand“, ”Nantes“, ”La Solitude “, ”Madame“, ”Petite Cantate“, ”Le Mal De Vivre“, ”Mourir Pour Mourir“, “Le Mal De Vivre“, ”Göttingen“, “Dis Quand Reviendras-Tu ?“ pour donner quelques exemples. Aucun des morceaux est dénaturé, ils sont même sublimés. ”Marie-Paule Belle chante Barbaran’est pas un simple album de reprises c’est un chef-d’œuvre. j‘ai écouté, j’ai adoré !!   

dimanche 2 août 2026

BEST-OF DU DEBLOCNOT THERMODYNAMIQUE*

(*) Ça ne veut rien dire mais ça fait style genre, dans l'air du temps… (comprendre : "le Deblocnot est un blog chaleureux et plein d'entrain 😊".

MARDI : Qui pourrait encore douter que Pat Slade n'est pas un fan de la première heure du groupe "Supertramp" ? Retour en 1979 avec l'album ”Breakfast in America“, sans doute l’album du groupe britannique qui a le mieux su mêler rock progressif et pop avec une finesse rare.

MERCREDI : Bruno témoigne du risque pris par les groupes de rock qui veulent innover. Ici le groupe "The Outlaws" et son album de 1986 : "Soldiers of Fortune", paru après quelques années d'absence du groupe et mal accueilli à sa sortie. Pourtant il se distingue par une production particulièrement travaillée - en avance sur son temps, où paraît cohabiter chaque instrument dans un équilibre quasi parfait, où chaque intervention semble être mise en valeur.


 

JEUDI : Benjamin a lu "La Légende" de "Boualem Sansal" de 2026, le témoignage des souffrances endurées par l'auteur dans les griffes des islamistes radicaux. Il rend hommage à la résilience de cet homme, ce récit qui fait écho à ceux d'un Soljenitsyne. Certes l'auteur est devenu une proie facile pour les pisse-copies et opportunistes politiques qui confondent islamisme de la terreur dans le monde et la culture musulmane sincère en France.

VENDREDI : Luc apprécie le format court du film "De la comédie française" de Martin Darondeau et Bertrand Usclat (2026)". Le film célèbre le théâtre, l’esprit de troupe, un Molière un peu contrarié qu'on joue dans sa maison le vulgaire Shakespeare y fait même une apparition. C’est vif, burlesque, assez déjanté, on passe un bon moment.


👉 On se revoit mardi avec un hommage à Marie Paule Belle décédée et chante Barbara, un article de Bruno au sujet tenu secret, claude qui réjouie l'ambiance avec des concertos pour violoncelles de Haydn et enfin Luc qui clôt la semaine studieuse en critiquant Paresse pour tous d'Hadrien Klent….


vendredi 31 juillet 2026

DE LA COMEDIE FRANCAISE de Martin Darondeau et Bertrand Usclat (2026) par Luc B.


C’est ce qu’on appelle faire le grand écart, passer des 3h00 tonitruantes de L’ODYSSEE la semaine dernière, à l'1h15 de DE LA COMEDIE FRANCAISE ! Ce n'est pas en Imax, mais on y rigole beaucoup plus !

Le prétexte de cette comédie est tout bête : Nina Cardi (Pauline Clément) ajuste les réglages de sa première mise en scène de "Macbeth" à la Comédie Française, dont la première a lieu le soir même. Et comme disait Audiard, les emmerdes ça vole toujours en escadrille. L’actrice principale se retrouve coincée en province, partie tourner une série télé. Il faut annuler la représentation, ou improviser rapidement une solution de rechange…

C’est un huis-clos, tourné sur les lieux même, avec les sociétaires de la Comédie Française, dont pour certains on reconnait le visage pour les avoir vu au cinéma : Laurent Stocker, Marina Hands, Danièle Lebrun, Christian Hecq, Guillaume Gallienne, Benjamin Lavernhe. Denis Podalydès ne fait qu’une apparition sonore… le DJ de Radio Molière, qui ne programme que du Lully !

Raconté en quasi temps réel, on va suivre les déboires de la troupe, basés sur des incidents dont on se doute qu’ils proviennent de souvenirs bien réels. Ce qui aurait pu s’apparenter à une célébration pompeuse à la gloire du Français, donne une comédie débridée, souvent jubilatoire. Les comédiens y sont pour beaucoup, qui s’amusent comme des fous à se moquer d’eux-mêmes et dépoussiérer la noble institution. Le film distille plein de petites informations, détails, comme ces sociétaires contraints de cachetonner en douce dans des séries télé, les déboires techniques, ceux qui jouent cinq pièces en même temps et confondent textes et personnages (Feydeau et Shakespeare !), les superstitions « - mon costume est vert ! - non, moi je le vois plutôt bleu turquoise - moi j'suis daltonienne, je le vois orange », les histoires de cœur ou de cul, et bien sûr les égos parfois haut placés.

Christian Hecq (souvent vu chez Albert Dupontel) excelle en régisseur maniaque, féru d’explications techniques qui font chier tout le monde, Florence Viala en costumière qui remarque le moindre kilos en trop ou les premières varices, Guillaume Gallienne en gardien retors adepte du badge, Danièle Lebrun qui a forcé sur le pétard et erre hébétée dans les couloirs à la recherche de la scène, Séphora Pondi maquilleuse télé dénichée à la rescousse (pardon, « make-up artist » !) qui force sur le fond de teint orange, Laurent Stocker en star blasée et cocue. Et à la baguette, Pauline Clément (aussi co-scénariste du film) qui jongle avec tous ces emmerdements pour assurer le soir même la représentation, puisque qu’aucune n’a été annulée en plus de 350 ans, même sous les bombardements. D’autant que la ministre de la Culture est annoncée à la première…

Il ne faut pas s’attendre à des prouesses de cinéma, le réalisateur Bertrand Usclat a jusqu’ici produit des pastilles comiques de 2 minutes (« Broute », parodie du média Brut). Mais les contraintes du format court ont été un atout, puisque le film est tourné en seulement 15 jours, avec un plan de travail sans cesse réadapté, les sociétaires n’ayant que peu de temps à consacrer au film, puisque jouant en même temps sur scène, parfois deux fois par jour. L’interprétation est évidemment sans reproche, vu les cadors.

Rythmé par une musique funky et souvent par une batterie seule, le tempo ne faiblit pas. Bertrand Usclat suit souvent caméra épaule les protagonistes courir dans les couloirs, les escaliers, ce qui rappelle le film BIRDMAN de Alejandro Iñárritu. Et du coup, on se dit que l’exploit aurait été de réellement filmer l’ensemble en un seul plan séquence,  l’action ne que durant trois heures pour un film d’une heure et quart. On sent que l’intention n’était pas loin, quitte à tricher un peu dans les transitions (comme Iñárritu ou Cuaròn ne s’en privent pas), le numérique permet parfois de belles choses.

DE LA COMEDIE FRANCAISE célèbre le théâtre, l’esprit de troupe, un Molière un peu contrarié qu'on joue dans sa maison le vulgaire Shakespeare y fait même une apparition. C’est vif, burlesque, assez déjanté, on passe un bon moment.


couleur  -  1h15  -  format 1:1.85