- Essai sur les goûts et les couleurs musicaux, Claude, les intentions
des musiciens de tous les genres, un article d'opinion ? Une première
dans le blog…
- En effet Sonia, un texte sur mes interrogations au sujet des inconditionnels et fans s'opposant à propos de la valeur d'un genre musical par rapport à un autre. D'ailleurs sans réellement savoir de quoi ils parlent, le rejet par principe ! Mélomanes, rockeurs, bluesmen, etc. de tous les pays, unissez-vous 😊
- Bigre, j'impose un commentaire de texte composé de la part des
lecteurs, je ramasse les copies dans 2 heures, hihi !
Partie 1 : La musique classique est-elle morte ?
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Bach et un théorbe bizarre... |
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Je pourfends cette idée reçue : la musique classique n'a pas disparu ! L'univers musical de la civilisation occidentale s'est remodelé profondément suite aux inventions d'Edison et de Charles Cros (les disques), de Guglielmo Marconi (la radio), et des recherches acoustiques de musiciens créant des techniques de compositions nouvelles (sérialisme, polyrythmie… électroacoustique).
Les gravures des chansons populaires sont entrées dans les foyers avant-guerre et que dire depuis. Dans les années 50, la muse Euterpe a pris de multiples visages et on a assisté à l'éclosion d'une myriade de genres pour des publics très larges : le jazz, le rock, la pop, etc. Les salles de concert et l'écoute attentive et silencieuse (pas toujours, il y a eu des rixes) s'est vue concurrencée par la folie enflammée dans des stades gagnés par une ambiance électrique (sans jeu de mot 😊). Le Deblocnot reflète par ses billets cette large variété de styles… Sauf que les rédacteurs et nos lecteurs ne se "bouffent pas la tête" pour imposer leurs passions comme référence !
Depuis le Moyen-Âge jusqu'au début du XXème siècle cohabitent la musique dite "savante", celles des concerts chics des châteaux, des cathédrales, des salons ou salles de concerts, avec la musique plus "festive" des traditions villageoises. Pourquoi ce qualificatif doctoral "Savante" ?
Les quatre saisons de Vivaldi n'exigent aucune formation solfégique académique pour nous charmer, en tout cas guère plus que pour apprécier un beau standard de Jazz, un hit de Rock, ou une chanson des Beatles. La musique dite classique a porté longtemps le statut d'art et de musique de "classe", comme l'affirme encore notre ami sh**le M**r, un lecteur historique fidèle. Comprendre par-là que la musique "classique" se voulait exclusivement réservée à : la noblesse, le clergé, les intellectuels, son écoute dépendant d'une éducation bourgeoise. Quid de nos jours, tu parles ! (Comme si la musique votait conservatrice, on dit à droite je crois, une idée saugrenue qui aurait fait hurler Beethoven républicain et révolutionnaire😊.)
Dans les villages, danses et chansons constituaient un patrimoine rarement écrit, transmis par tradition orale, sauf quand des compositeurs éclairés (Dvorak, Bartók) viendront les transcrire voire les enregistrer… puis les métamorphoser en œuvres "savantes".
Dernier nota : ne nous leurrons pas au sujet d'une musique classique qualitativement dominatrice. Une idée de génie comme Pam Pam Pam Paaaam de Beethoven ne surgit pas chaque matin, y compris chez l'intéressé. Des centaines de compositeurs de cour ont disparu et leurs piètres partitions avec. Certaines injustement oubliées ressurgissent... et apportent de la nouveauté dans le catalogue ancien.
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| The Beatles |
Au fil du temps, en parallèle de l'écriture d'œuvres de cabaret (café Zimmermann de Leipzig) comme les concertos brandebourgeois de Bach, la création d'ouvrages vraiment "savants" exigeait du public des connaissances en philosophie, en histoire, en littérature et sollicitait notre mémoire pendant 1 à 4 heures. Et là, je pense à certains opéras de Wagner ou aux symphonies de 1H20 de Mahler, ou de Bruckner, et d'autres… Combien de "nantis" ont souffert à Bayreuth, le temple wagnérien, à cause de leur incapacité naturelle à apprécier les mystères des partitions de 500 pages, en fait simplement parce qu'ils devaient s'y montrer, quitte à critiquer l'innovation ! Si j'ose dire, la bourgeoisie bavaroise ou viennoise respectaient des obligations mondaines érigées en règles sociales leur donnant droit de se faire ch**er 😖😄ou somnoler !! Des étudiants désargentés mais fascinés restaient à la porte.
Et oui, des durées et des complexités du texte et du discours musical rebutantes (100 motifs mélodiques et 14 Heures pour le Ring de Wagner) et non une heure comme dans l'enchaînement des morceaux de Rock de 5-6 minutes interprétés par des groupes rivalisant d'imagination, des plus sages au plus barbares, de blues, etc.. Ces générations de musiciens participeront ainsi dès 1960 à l'éclosion d'une culture à part entière mêlant lesdites "classes". Notez que ces durées sont aussi celles de chacune des 555 sonates de Scarlatti. Parle-t-on ici de compétition qualitative entre musique pour intellectuels vs celles pour distraire la populace ? NON !!!! ABSOLUMENT NON.
Attention à ne pas se méprendre sur mon propos !! Dans nos choix musicaux,
la réceptivité face à un style musical défini varie beaucoup d'un auditeur à
un autre. Certains de nos contemporains se passionnent pour la rage à
vocation militante, l'expression des révoltes à travers des morceaux
musicalement rugueux voire agressifs (souvent du Rock, parfois du classique
moderne1) ? À l'inverse, d'autres publics préféreront la légèreté
colorée d'une musique classique (parfois certains rocks progressifs) aux
accents épiques, mystiques ou poétiques (Beethoven,
Messiaen,
Ravel
?). Attention je ne parle pas des niaiseries dédiées aux Concours de
l'Eurovision, la platitude au service du mercantilisme…
1 – les compositeurs Henryk Henrik Górecki, Krzysztof, Penderecki et Dmitri Chostakovitch, tous antinazis, antistaliniens, anti guerre à l'instar des groupes U2 ou Rage Against the Machine… Voir les spécialistes du blog…
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| Pochette Lp 45 tours U2 |
Partie 2 : Classique et Rock, même combat contre la folie humaine
Écoutons la férocité du scherzo de 4 minutes de la
10ème symphonie de
Chostakovitch, écrite après l'agonie et la mort de Staline,
Dmitri
n'a jamais caché que cette musique de cirque frénétique avec sa marche
sardonique [Trio à 2:20] dépeint la nature sadique et exterminatrice du
dictateur. Au pupitre de la
philharmonie de Leningrad, l'ami maestro de toujours, Evgeny Mravinski
très motivé et très satisfait de la descente aux enfers du père Joseph…
(Article)
La vidéo exacerbe le sarcasme musical par des images témoignant de
l'imbécilité du culte de la personnalité voué au tyran.
Effectif :
120 musiciens…
Autre dégoût, autre style : Une mécanique implacable, un cri de rage du
groupe irlandais
U2
dans la chanson Sunday Bloody Sunday (dimanche de sang) de 1982 dénonçant le massacre de 14 manifestants non armés en 1972 à
Derry par des soldats britanniques. La rythmique obsédante ne cesse de
s'amplifier, scandant une ligne mélodique fracassante, un carnage inter
musicos. Le texte ne laisse aucune ambiguïté :
Bono – chant principal, The Edge – guitare, chœurs, Adam Clayton –
guitare basse, Larry Mullen Jr. – batterie, Steve Wickham – violon
électrique.
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| Labo moderne de composition 😀 |
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Partie 3 : Le menuet des snobs et la valse des faussaires 😅
L'une ou l'autre des attirances, et même les deux, ne dépendent en aucun
cas de dieu sait quel QI analytique nourri de connaissances académiques
pointues en solfège, contrepoint, chromatisme, etc.. En un mot, établir une
théorie élitiste dédaigneuse envers ceux que la musique classique n'émeut
pas n'a aucun sens en psychologie et dans l'étude de la sensibilité
artistique (précepte pédant pourtant professé un temps par
René Leibowitz ou Antoine Goléa). Professer cette doctrine est
méprisable. Certes, on doit admettre que naître dans un milieu de bon niveau
éducatif peut être un atout (notamment financier ?) pour la sensibilisation
des jeunes à l'esthétique classique et à toutes les formes d'arts en
général ; et encore…
Un défi a ainsi été lancé aux musiciens de "conservatoire" face à cette nouvelle donne socioculturelle : se renouveler ou disparaitre. Écrire un concerto grosso pour guitares, basse, batterie et voix serait une idée grotesque et hors sujet. Mais attention aux resquilleurs plus ou moins bien intentionnés...
Pour les "copy cat" comme Federico Maria Sardelli et sa musique baroque "à la manière de", un passionné ne doute pas très longtemps de la supercherie face à la banalité de ses compositions qui, écrites au XVIIIème siècle auraient terminées oubliées dans une bibliothèque poussiéreuse. Cela dit, respectons l'humoriste et le maestro qui connait son Vivaldi, "le vrai", sur le bout des doigts. Merci pour la première gravure de l'opéra l'Atenaide de Vivaldi avec Nathalie Stutzmann, quand même.
Je ne m'étends pas sur les trahisons musicales d'André Rieu. Je l'avais déjà habillé pour l'hiver en 2011, le violoneux et ses caviardages de chefs-d'œuvre authentiques, façon made in China (Maestro ou Classic’ en toc ?) ; le délit de contrefaçon de la partition...
Partie 4 : Chacun sa passion, qu'on se le dise !
Hormis quelques titres qui me passionnent (voire mon billet sur Old River de Springsteen chanté en live en plus de dix minutes ou bien la musique inclassable de Steve Wilson, le Rock, même défendu avec conviction par mes camarades, me laisse sur ma faim au bout de trois titres car ressenti comme trop répétitif tant sur l'inspiration que sur la forme… Il en est de même pour les caprices de Paganini… Je n'ai aucune explication rationnelle à ceci ; précisons que je suis d'origine du monde ouvrier et que mon goût inattendu pour le classique contamina mes parents, les conduisant de Yvette Horner à Debussy et Beethoven, et même au concert 😊. Le monde à l'envers.
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| John Adams et… la bonne vielle méthode du papier |
Pour se recentrer sur le propos, l'art classique moderne perdure
intensément. Les compositeurs ont inventé de nouveaux langages : le
sérialisme, les modes minimalistes-répétitifs, etc. Dans un premier temps,
les créateurs ont eu tendance à s'enfermer dans ces nouveaux cadres très
conceptuels voire trop abscons pour le public.
L'échec relatif de certains parcours (Boulez
au hasard) a donné lieu à une libération des formes (John Adams). Certes l'écoute peut se révéler difficile, provocante, foutraque… Ceci
est le lot de toutes les nouveautés artistiques. Aux mélomanes de faire
l'effort d'affiner leurs capacités d'écoute, de laisser vagabonder leurs
imaginaires par rapport à ce ce qu'ils écoutent, et ce qui déroute finit
souvent par manifester son objectif expressif, sa logique conceptuelle et sa
poésie…
Dans la prochaine chronique, nous mettrons en illustration ces quelques
idées lors de l'écoute d'un
concerto pour violon
de l'anglais Thomas Adès, utra moderniste mais diablement intrigant…
J'en ai parlé, on les écoute !
1 –
John Adams
:
Common Tones in Simple Time
de 1979 -
Orchestre symphonique de Montréal
-
Kent Nagano
("Tons communs en mesure simple". On ne
sait pas de quoi il s'agit 😊mais quelle poésie méditative !!! (Style :
minimaliste - répétitif)
2 -
Steve Wilson
:
Deform to Form a Star
extrait de l'album
Grace for Drowning, un double CD de 12 titres de 2011. (style : rock progressif avec,
à mes oreilles des incursions jazz, un univers étrange… qui fusionnent
diverses influences musicales). Une douzaine de musiciens sont à l'œuvre
dont
Steve Wilson
jouant d'environ trois instruments à lui seul. (Bach
faisait pareil 😊)
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A
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ADAMS John |
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ANDRIESSEN Hendrik |
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B
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BARBER Samuel |
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BART K Bela |
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BERG Alban |
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BERNSTEIN Leonard |
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BOULEZ Pierre |
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C
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CHOSTAKOVITCH Dmitri |
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CORIGLIANO John |
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CRUMB George |
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D
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DUTILLEUX Henri |
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G
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GLASS Philip |
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GORECKI Henryk |
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H
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HERRMANN Bernard |
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HIGDON Jennifer |
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HORNER James |
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HOVHANESS Alan |
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L
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LANGGAARD Rued |
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LIGETI Gy rgy |
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M
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MARTYNOV Vladimir |
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MESSIAEN Olivier |
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P
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PÄRT Arvo |
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PENDERECKI Krzysztof |
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PRICE Florence |
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PROKOFIEV Serge |
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R
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REICH Steve |
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S
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SAARIAHO Kaija |
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SCHNITTKE Alfred |
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SCHOENBERG Arnold |
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SORABJI Kaikhosru Shapurji |
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V
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VAR SE Edgar |
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VASKS Peteris |
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W
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WELLESZ Egon |



















