jeudi 17 septembre 2026
JAN GARBAREK par Benjamin
mercredi 16 septembre 2026
BROWNSVILLE STATION " School Punks " (1974), by Bruno
Originaire d'Ann Arbor, comme le MC5 et les Stooges, Brownsville Station prend forme en 1969, et plonge rapidement dans le circuit des clubs du Michigan, se forgeant à la dure - sur les planches des clubs du Michigan, devant un public pouvant se montrer intransigeant. Loin du vacarme et de l'agressivité des voisins susnommés, plutôt dans la mouvance des Californiens des Flamin' Groovies, le credo des gus de Brownsville est la survivance du rock'n'roll des pionniers. Pas dans sa forme la plus pure, mais avec une certaine rugosité, une âpreté due au temps, et probablement aussi due à l'atmosphère ambiante de la scène de Detroit.
Brownsville Station, c'est initialement le fruit d'une rencontre, dans un magasin de disques, de Michael John Uszniewiez, alias Cub Koda, et de Michael Lutz, tous deux guitaristes et chanteurs. Une rencontre fortuite de deux musiciens qui se découvrent des goûts musicaux similaires, donnant naissance à une nouvelle amitié et s'accordant un nouveau départ dans une aventure musicale. Koda, du "haut" de ses 21 ans, est déjà alors quasiment un vétéran, avec un cursus remontant à 1963. Avec un trio, The Del-Tinos, il écume les salles d'établissements scolaires du sud des états du Michigan et de l'Ohio, en essayant d'intégrer à quelques reprises (obligatoires) un répertoire d'originaux. Une politique qui ne plait pas à tout le monde, et l'écarte du circuit rémunérateur des concerts pour événements familiaux - mariages, anniversaires, baptêmes, etc - à la recherche de simples formations vouées aux reprises de succès. "Ce qui nous manquait en maturité et en technique, nous le compensions par le volume, l'énergie et un engagement total envers le rock'n'roll... nous abordions chaque concert comme si c'était le dernier". D'abord fortement motivé par le rock'n'roll, progressivement, le trio se tourne également vers le Blues, qu'il n'hésite pas à marier à sa musique. De leurs trois singles, seul le dernier a droit à un petit succès local. Toutefois, en 2016, la chaîne HBO utilise "Nightlife", une composition originale du trio sortie en 1965 en face B, pour l'inclure à sa série "Vinyl" (1). Puis, avec diverses formations sans lendemains, quelques intégrations éphémères de groupes locaux, des prestations en solo, et même DJ pour des bals.
Quand sort en 1970 la première galette de Brownsville Station, "No BS", entre les reprises d' "antiques" rock'n'roll et des originaux très typés - perclus de références évidentes - , le groupe se présentait assez comme un anachronisme perdu au milieu des douceurs de la Motown et des sauvageons du Detroit Rock Sound. Ce qui n'empêche pas les premiers singles d'obtenir un honorable succès régional. Rien de renversant, et à ce petit jeu, on préféra les Flamin' Groovies, ou mieux, le MC5 et son admirable "Back in the USA". Deux ans plus tard, avec "A Night on the Town", Brownsville se présente déjà plus solide et consistant. Le succès commence à poindre le bout de son nez et les salles se remplissent. Mais c'est lent, trop lent pour le bassiste qui rend son tablier. Le groupe continue alors en trio, Lutz passant à la basse. Réduite à l'état de trio, la troupe se doit d'aller à l'essentiel, se détournant des quelques ballades et écarts vers la Soul ou la Country du second album, pour s'offrir pleinement au rock'n'roll. Il en résulte une troisième galette franche du collier, quasi séminale, sobrement baptisée "Yeah !".
Certes, les loustics n'ont pas pris de risque en chargeant leur album de reprises bien choisies, dont une majorité de garage-rock peu ou prou obscurs, avec, judicieusement glissée au milieu du disque, une excellente version du "Sweet Jane" du Velvet Underground - surclassant peut-être même l'originale. Toutefois, la pièce de choix, celle qui va booster les ventes de l'album pour en faire leur bestseller, est une composition originale de dernière minute. Initialement, un bouche-trou pour combler un album jugé trop court ; une chanson composée sur place, en studio, d'après un titre lancé par le producteur sur le ton de la plaisanterie. "Smokin' in the Boys Room" est un succès inattendu, culminant à la 3ème place des charts US. Douze ans plus tard, un groupe d'Angelins dépenaillés aux cheveux en pétard, s'évertuant à développer un Glam US tapageur (pléonasme ?), aura le nez creux en le ressortant (2), et en en faisant son premier grand succès en single - mais sans vraiment percer en Europe, pour l'instant. En 2009, "Smokin' in the Boys Room" est élu Chanson Légendaire du Michigan.
Encouragés par cet imprévisible succès, le trio souffle sur les braises et s'empresse de réaliser un nouvel album en poursuivant leur credo d'un rock'n'roll festif, à la gloire de l'hédonisme et de l'insouciance, hors de tout tracas sociétal. Les musiciens sont encore bien jeunes, n'approchant que le quart de siècle au moment de l'enregistrement, et leurs soucis et motivations sont encore généralement marqués par une psychologie troublée par la testostérone. D'où la présentation et le nom de ce quatrième disque : "School Punks".
Sur "Mama Don't Allow No Parkin' ", la structure est d'apparence assez simple et aérée, permettant à l'harmonica de Cub de gazouiller tel un lutin espiègle "Mama n'autorise pas qu'on se gare sur la banquette arrière. Si je l'avais écoutée, je ne serais pas dans le pétrin... Ha ! La fille était furieuse ! Et son père aussi ! Et ma vie sociale était morte ! ... ma mère a dit : "tu es pire que ton père !!" .. No comment ?. Une orchestration relativement épurée mais pas moins robuste, dorénavant souvent proche d'un proto-hard, mais dénuée de fuzz crépitantes et de hurlements de berserkers ou de vierges effarouchées. Comme pour le solide "Meet Me on the Fourth Floor", ou encore "I Got It Bad For You", qui est carrément du 100% hymne à la Kiss (avant l'heure ?...). Et d'ailleurs, à bien regarder, il semblerait que Peter Criss ait beaucoup appris - et pris - auprès de Henry Wreck. Jusqu'à la composition de la batterie, l'accoutrement scénique, et même la coupe de cheveux. Avant le "chatounet" de Kiss, Wreck se présentait déjà sur scène avec moults chaînes et accessoires vestimentaires cloutés. Et, exceptionnellement, s'offrait le plaisir de chanter une chanson. Ici, sur une reprise d'un vieux hit de 1959 basé sur le "Bo Diddley Beat", "Hey Little Girl" (3) - probablement le maillon faible de l'album.
Au contraire de ses congénères de l'époque, même sur les titres les plus "heavy" ou bluesy, Brownsville ne s'embarrasse pas de longs soli - quand il y en a, ça tourne généralement entre les 20/30 secondes max. Ça reste du concis. Efficacité avant tout ; les débordements éventuels sont réservés pour la scène. La voix de corbeau de Cub Koda est bien proche de celle d'Alice Cooper, jusqu'à parfois aux intonations - et accent ? -, et là encore on peut se demander qui a influencé qui, sachant que tous deux ont fréquenté les mêmes salles et ont quasiment le même âge (moins de huit mois de différence). Évidemment le premier est plus dans le rhythm'n'blues et le glam, tandis que le second a un pied dans la théâtralité (et le "Grand Guignol") et le Hard-rock. Et puis, l'omniprésence du compère Mike Lutz, assurant couplets et chœurs, brouille les pistes.

BS va poursuivre sa carrière en revenant au format du quatuor, avec un guitariste complémentaire. Le ton continue a s'étoffer, se durcir. Toutefois, alors qu'avec l'arrivée d'un quatrième larron, Brownsville Station aurait dû s'envoler, bien au contraire, il entame sa chute. L'album suivant, "Motor City Connection" est pourtant très bon, mais il est, étonnamment, le premier depuis 1972, a ne pas placer un seul single dans les charts. Paradoxalement, au contraire du suivant, album éponyme, qui lui, se vautre par contre sur les ventes d'albums. En 1978, la troupe avec "Air Special", a bien un beau sursaut d'orgueil, mais le public semble être passé à autre chose. Le groupe raccroche l'année suivante, en 1979.
Plus tard, après la dissolution du groupe, Cub Koda sera également reconnu et respecté comme auteur de chroniques musicales et de quelques articles et bouquins sur l'histoire de la musique populaire (dont trois volumes pour la série "Blues Masters" et un "Blues pour les Nuls" - for dummies ). On retrouve également son nom sur de nombreux livrets de rééditions CD. Il est considéré comme une sommité en la matière. Parallèlement, il continue à se produire sur scène , en groupe, comme simple accompagnateur (dont Hound Dog Taylor) ou en solo. Souffrant déjà d'une maladie rénale l'obligeant à être régulièrement dyalisé, il décède à 51 ans, le 1er juillet 2000. En 2016, il est intronisé au Michigan Rock and Roll Legends Hall of Fame. Le groupe, Brownsville Station, l'a été en 2008.
Mike Lutz, lui, se lance dans la production et tourne un temps avec le "compatriote" Ted Nugent (il produit aussi son passable "Spirit of the Wild"), avant de continuer tranquillement sa vie en enseignant la guitare et la basse.
Le batteur Henry Weck se lance aussi dans la production, en débutant par une collaboration avec Al Nalli, sur les albums de Blackfoot. (Et qui joue de l'harmonica sur le fougueux "Train, Train" ? Mister Cub Koda !)
| 1. | «Kings of the Party» |
| 4:12 |
| 2. | «Mama Don't Allow No Parkin'» | Koda, Lutz | 3:05 |
| 3. | «Meet Me on the Fourth Floor» | Koda, Lutz | 2:54 |
| 4. | «Fast Phyllis» |
| 2:35 |
| 5. | «I Get So Excited» |
| 2:54 |
| 1. | «Ostrich» | Koda, Lutz | 2:52 | |||||||
| 2. | «I Got It Bad for You» | Koda, Lutz | 2:35 | |||||||
| 3. | «Hey Little Girl» |
| 2:05 | |||||||
| 4. | «I've Got Love If You Want It / I'm a King Bee» | James Moore | 4:14 | |||||||
| 5. | «I'm the Leader of the Gang» |
| 3:33 | |||||||
(1) L'histoire se situe aux débuts des années 70, dans le milieu d'une industrie musicale un peu sclérosée qui peine à prendre conscience du foisonnement des changements musicaux émergeant de quartiers populaires New-Yorkais.
(2) Paradoxalement, alors que dans les années 80 les revues affirmaient mordicus que les dinosaures de des décennies précédentes étaient dépassés, obsolètes, tout comme leur musique (de has-been), on remarque que pas mal de cartons des 80's sont en fait des reprises - ou des détournements - de cette époque. Et ça démarre même un peu plus tôt avec "You Really Got Me" par Van Halen. Suivent "Oh Pretty Woman", "Peter Gunn", "Cum'on Feel the Noize", "I Love Rock'n'Roll", "Bette Davis Eyes", "California Girls", "Dear Prudence", "Mama All Crazee Now", "La Bamba", "Venus", "Walk This Way", "Spirit in the Sky", "Tainted Love", "Unchain My Heart", "Sweet Jane", "Harlem Shuffle", "I'm Free", "Your Mama Don't Dance", "Higher Ground", "I Do Every Thing for You", "Wild World", "Lean on Me" (massacré), "Always on my Mind", "You Can't Leave Your Hat On", "Don't Leave Me This Way", "The Greatest Love of All", "China Girl", "Baby I Love Your Way / Freebird" (sic),
(3) Chanson que Quentin Tarantino a exhumé pour son film "Once upon a time... in Hollywood".
🎼🎶🚃
mardi 15 septembre 2026
”Catalogue d’objet introuvables“ de Jacques Carelman (1969) - par Pat Slade
Jacques Carelman ou Pierre Dac par l’image, la loufoquerie par
l’absurde.
Un Catalogue de Manufrance Farfelu
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| Le Porte Enclume |
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| toilette pour berger landais |
dimanche 13 septembre 2026
LE BEST-OF À L’ÈRE DU MÉSOZOÏQUE
MARDI : Pat a rendu un hommage mérité à l’acteur britannique Tim Curry, que tout le monde a vu en porte jarretelles dans « The rocky horror… », mais ce comédien très polyvalent jouait aussi les méchants, les excentriques, les comiques, les vulnérables, et les clowns démoniaques.
MERCREDI : dans la série quand ça veut pas, Bruno nous a déniché une rareté, le groupe Bull Angus, très prometteur à l’écoute de la première galette, du proto-métal proche d’Uriah Heep, basé sur une doublette de guitaristes. Hélas ils n’ont pu rééditer l’exploit.
VENDREDI : quelques frissons cinématographiques avec ces bons vieux T-Rex lâchés dans un quartier paisible, « La fin d’Oak street » de David Robert Mitchell ne manque pas d’évoquer tonton Spielberg, en plus modeste, un aimable divertissement sacrément tiré par les cheveux sur la fin.
👉 La semaine prochaine, voyage en Absurdie avec les drôles objets de Jacques Carelman, le rock de Brownsville Station, le jazz de Jan Garbarek, et du très très sanglant avec un énième Evil Dead.









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