Ce
fut un séisme, un choc, une secousse. Depuis le temps que la
littérature était devenue lisse, légère, insignifiante, nul
n’aurait pu imaginer qu’elle puisse encore mener à la prison.
« Pour écrire il faut mettre sa peau sur la table, il faut
payer ». Les aptères virent dans cette citation de Céline un
encouragement à exhiber leur narcissisme creux. Naturellement, ils
vomirent tous la même bouillie victimaire et nihiliste, prenant leur
vulgarité pour une réinvention du génie du cuirassé Destouches.
A
force d’entretenir un entre soi particulièrement sectaire, ces
fonctionnaires qui se voulaient artistes purent devenir de
lamentables rentiers de l’argent public. C’est ainsi que
l’éternelle adolescente Virginie Despentes devint conseillère du
directeur du théâtre du nord David Bobée, avec lequel elle ne
ratera pas une occasion d’exprimer son mépris pour tout ce que son
pays a créé de beau. Des « écrivains » aux
« journalistes », de la gauche dure à la droite molle,
des librairies dites indépendantes aux grandes surfaces, une morale
absurde s’acharne aujourd’hui contre tout ce qui sort de son
cadre. Le terme extrême droite est à ce milieu ce que le terme
« ennemi du peuple » fut pour les dictatures communistes,
une arme de censure massive.
Nul ne sait véritablement définir de
tels mots, tracer une frontière claire au-delà de laquelle
l’imprudent tomberait dans cet abyme. Un petit milieu s’est en
réalité, grâce à cette sentence, autoproclamée partie de la
vérité et du bien. Quel ne fut pas l’étonnement de Boualem
Sansal lorsque, après ses vives critiques sur l’islam, il se vit
fermer les portes de nombre de médias dits publics. Lui qui vit les
dégâts de l’islamisme en Algérie, qui vécut dans un pays où
tant de têtes tombèrent sous les coups du front islamique du salut,
on le bâillonnait par peur du scandale. Ce pays qu’il aimait et
dont il avait si bien honoré la langue serait il donc devenu
l’Abistan de son roman « 2084 » ? Il n’était
pas si farfelu de le craindre.
Refusant de se taire, l’écrivain
accepta donc les invitations de nombre de médias honnis. C’est
dans l’un d’eux que, inconscient des conséquences de ses
déclarations, il disserta librement sur l’histoire des frontières
algériennes. Au fond, le président Tebboune se fichait bien
d’entrer dans un débat intellectuel qui le dépassait, ce ne fut
pour lui qu’un prétexte de plus, une nouvelle façon d’entretenir
le feu d’un nationalisme revanchard. Véritables frères
spirituels, ceux qui attaquaient Sansal en France et le président
algérien avaient en commun une haine fanatique du pays de Hugo. En
envoyant Boualem Sansal en prison, Tebboune accomplit l’acte dont
rêvait une certaine caste médiatique sans oser le dire. Que n’a
pas fait le camp du bien pour faire de cette prise d’otage de
Tebboune une mise à mort médiatique et littéraire. Ses relais
politiques votèrent contre l’aide de l’union européenne à sa
libération, ses relais médiatiques le taxèrent de « mauvais
écrivain », fustigèrent son rapprochement supposé à une
extrême droite indéfinissable.
Au fond, ces gens furent pareils à
un des gardiens de prison décrit dans « La légende ».
Totalement dénué d’idéal et d’autonomie, il se contentait de
répéter une série de réflexes pavloviens. Comme le dit lui-même
l’auteur, ce sont d’abord ces hommes serviles qui permettent à
une tyrannie de prospérer. Certains moquèrent le passage de « La
légende » où, subissant les souffrances physique liées à la
maladie et la souffrance morale de l’isolement, l’auteur se
comparait à Soljenitsyne. Comme lui pourtant, l’homme ne survécut
que grâce au constat qu’il était devenu un symbole. Admirant sa
résistance, des prisonniers commençaient à espérer que son
courage viendrait à bout du régime.
Hors de ces murs, ceux qui
militaient pour sa libération refaisaient de la littérature une
force de résistance contre la tyrannie. « La légende »
n’est pourtant pas, comme « L’archipel du goulag »,
une analyse minutieuse d’un système carcéral. Quitte à comparer
ce livre à l’œuvre du grand Alexandre, on pensera plus volontiers
au roman « Une journée d’Ivan Denisovitch ». Comme le
héros de ce livre, Sansal dut subir des conditions de détentions
indignes. « La légende » nous fait découvrir ses heures
de souffrance au milieu des cafards, cette solitude terrible où seul
l’espoir fait vivre. « La solitude est une patrie peuplée du
souvenir des autres » écrivait Sylvain Tesson, le prisonnier
Sansal n’aurait pas dit mieux.
Ce qui le fit tenir, c’était le
souvenir de ceux qui se battaient pour lui dehors. Contrairement à
ce que semblent penser nos sociétés individualistes, la vie d’un
homme ne lui appartient jamais totalement, elle appartient également
à ceux qui l’aiment, admirent son œuvre, tous ceux pour qui son
existence signifie quelques chose. Idéalisant sans doute une France
qui n’était plus que l’ombre d’elle-même, ses codétenus
imaginaient déjà que le pays de Voltaire se mobiliserait contre la
tyrannie bigote qui enferma une de ses plus grandes plumes. Victime
du même idéalisme, Sansal eut comme eux une admiration démesurée
pour les rodomontades stériles de l’impuissant Bruno Retailleau.
Bien conscient qu’il ne pourrait rien faire dans un tel
gouvernement, le ministre profita du malheur de l’écrivain pour se
lancer de façon tonitruante dans la course à la présidentielle.
Idéaliste, Sansal l’est tout au long de ce livre, ce qui fut sa
grande force relevant parfois d’une touchante candeur. Lorsqu’il
rêve qu’un Zola vienne écrire pour lui le « J’accuse »
moderne, ce n’est que pour constater à sa sortie de prison que
précisément ceux qui se prenaient pour Zola le mirent au banc des
accusés. Son « J’accuse », Sansal devra l’écrire
lui-même, lorsque le temps lui aura donné une vision plus complète
de l’épreuve qu’il vient de traverser. « La légende »
ne répond pas encore à cet impératif, la grandeur de ce témoignage
se situe ailleurs.
C’est le cri de rage d’un homme qui, ayant su
garder sa liberté de penser jusque dans les geôles les plus
insalubres, hurle son désir de vengeance et sa haine de la tyrannie
qui l’enferma. Il existe encore des hommes qui, plus attachés à
leur honneur qu’à leur confort, osent affirmer que la
réconciliation ne se fait pas à n’importe quel prix, que la
sagesse se situe plus parfois dans la colère que dans la soumission.
La féerie sera pour une autre fois mais, en attendant, Sansal
témoigne ici d’un courage nous incitant à ne plus baisser les
yeux.
Finalement, l'engouement engendré par le Rock FM et l'A.O.R. va grandement chambouler le paysage musical. En particulier en Amérique du Nord ; l'Europe et la majorité des autres contrées consommatrices de Rock fort resteront - dans l'ensemble -, moins euphoriques que les Ricains et que leurs proches voisins. L'explosion de groupes tels que Boston, Journey, Foreigner et consorts a un profond impact sur les maisons de disques et les managements, qui voient d'un très bon œil (avide) les lourdes retombées financières. Parfois, ce sont les musiciens eux-mêmes qui voudraient bien goûter au gâteau, enviant les signes extérieurs de richesse des collègues et leur main mise sur les ondes.
Pour beaucoup d'auditeurs, c'est comme un virus contaminant leur(s) musique(s) préférée(s) ; rabotant ses aspérités, muselant sa sauvagerie, voire, pour certains, émasculant sa virilité (sic). Souvent, la sentence envers les formations qui plient le genoux devant la pression des labels - ou de l'appât du gain -, celles qui polissent notablement leur musique, est des plus dures. La déception pouvant aller jusqu'au rejet complet du groupe autrefois placé sur un piédestal - "crime de haute trahison" à "bande de vendus", à "gibets de potence", à "traitres à la cause", etc. Cependant, dans le lot, il y a aussi ceux qui ont parfois eu une mauvaise surprise en découvrant le résultat final - prêt à l'envoi ou déjà dans les bacs -, bien différent des séances d'enregistrements, un produit final transformé, méconnaissable après un sévère et copieux traitement studio. Sans l'assentiment des musiciens, sans leur demander leur avis. Pour d'autres encore, c'était se plier à la volonté du label et/ou du management, sous peine d'être mis à la porte sans autre forme de procès. Et puis aussi, il faut bien manger, pourvoir aux besoins de la famille - ou de ses addictions...
Ainsi, pendant une certaine période, soit environ du crépuscule des années 70 au mitan de la décennie suivante, on a pu voir - subir - des mariages contre-nature, de pauvres ou tristes formations qui se sont fourvoyées dans un genre qui ne leur convenait pas. Dans lequel elles étaient aussi à l'aise qu'un ours kodiak dans un 501 (oui, ça coince sévère à l'entre-jambe). Le problème principal c'est qu'on a voulu imposer, ou mieux aiguiller, des directives musicales rigides à des musiciens qui n'avaient pas nécessairement compris l'origine, l'esprit initial de ce Rock dit "AOR", et ce faisant n'avaient fait qu'essayer de le singer ; au risque de se révéler maladroit, voire même caricatural. Heureusement, il y eut aussi de superbes métamorphoses. Comme par exemple celle de Rainbow, qui s'était carrément et magistralement réinvité. Certainement en raison de l'inflexible volonté du sombre et génial Blackmore.
Mais s'il y a bien un genre qui s'est distingué par de sérieux ramassages, dont la plupart des groupes se sont difficilement remis -voire, pas du tout -, s'est dans le Southern-rock. Mais que c'est t-il donc passé ? Était ce une conspiration ? Fallait il éteindre le feu de ces groupes qui devaient représenter aux yeux des cadres un passé révolu ? Même Point Blank, qui semblait dur comme le roc, soudé comme une bande de frères desperados, se compromet dès son troisième élan, "Airplay". Ou Molly Hatchet, qui mollit considérablement avec son boursouflé "The Deed is Done". Ou plus étonnant encore, quand celui qui était renommé pour des prestations scéniques incandescentes, intègre un clavier pour mieux se glisser dans ce rock typé synonyme de dollars faciles. Blackfoot s'en sort bien avec "Siogo" (malgré des frictions ouvertes avec le label) mais se saborde avec "Vertical Smiles" ; et se suicide avec le gluant "Ricky Medlocke & Blackfoot". Et encore, d'autres de la famille "sudiste" n'ont même pas eu l'opportunité d'essayer de survivre en se compromettant : on les a, en quelque sorte, foutus à la porte.
Néanmoins, quelques entités ont réussi à se réinventer. Des formations qui, miraculeusement, ont réussi une métamorphose leur permettant d'intégrer l'univers chromé et lustré du rock FM sans (trop) perdre en caractère. Soit sans chercher à imiter les ténors de l'AOR. Évidemment, on comprendra que la majorité des fans de la première heure ont reçu une douche froide à l'écoute des premières minutes de ce "Soldiers of Fortune". Pourtant, la plongée dans des eaux mainstream / AOR n'a pas été soudaine, car cela faisait déjà des années que le groupe de Tampa (Floride) flirtait à l'occasion avec des sonorités plus commerciales. Depuis 1978, avec l'album "Playin' to Win". Même si, l'année suivante, la formation fait machine arrière, renouant avec leurs influences country le temps d'un album. Tandis que le malin "Ghost Riders", de 1980, un de leurs plus gros succès, semble jouer habilement et étroitement sur les deux tableaux, en durcissant le ton, tout en s'adonnant parfois à des cadences nettement plus pop. Enfin, "Los Hombres Malo" succombe - dans les grandes lignes - aux sirènes d'un rock mainstream. Ça essaye bien de mordre de temps à autre, mais les dents ont été bien limées.
"Soldiers of Fortune", paru après quelques années d'absence, en 1986, se distingue déjà par une production particulièrement travaillée - en avance sur son temps, où paraît cohabiter chaque instrument dans un équilibre quasi parfait, où chaque intervention semble être mise en valeur. Ensuite, si indéniablement, The Outlaws sont passés de l'autre côté (du miroir), s'offrant - d'apparence - corps et âme aux esprits "malos" des ondes, ils ont trouvé un étroit chemin leur permettant de préserver leurs racines. Ainsi, plutôt que quelques imitations sans jus et souvent sans grande conviction qui ont ponctué les albums passés, The Outlaws tente une exploration risquée dans une nouvelle contrée. Une nouvelle terre qui n'est pas vraiment celle qui a été largement défrichée par les poids lourds du Rock FM. Disons qu'ils sont parvenus ici à fusionner leur southern-rock à un tempérament soft-rock et d'AOR, sans chuter dans la caricature.
Bien entendu, comme généralement dans ces cas, cette mue déplait copieusement à une bonne partie du public qui la rejette avec véhémence. Des mécontents qui attribuent la faute au retour d'Henry Paul qui, bien que présent sur les trois premiers opus et auteur de deux sympathiques albums avec son Henry Paul Band, s'est sévèrement compromis avec sa dernière réalisation "Anytime", qui sonne comme un Boston s'adonnant au southern-rock. Une colère également reportée sur Randy Bishop, co-producteur (avec Spencer Proffer), qui participe activement à la composition et apporte son concours... aux claviers. Pourtant, c'est un très bon album. Certes, les couleurs country qui habillaient autrefois le groupe, sont ici des plus délavées - malgré quelques résurgences avec notamment le sobre "Cold Harbor" - ; certes, en dépit de la présence de trois guitaristes, les joutes de guitare sont rares ; certes, ça trempe dans le (hérétique) rock FM. Il n'empêche... Non seulement ce neuvième album n'a pas vieilli, mais il a aussi toujours une certaine classe - de celle qu'on acquiert au fil du temps, des erreurs, de la souffrance. Probablement que, sans le passé glorieux de The Outlaws lié au southern-rock - voire, pour certains, à ses fondements -, ce "Soldiers Of Fortune" aurait eu une toute autre carrière. Peut-être même qu'il aurait pu devenir, à juste titre, un classique. Parfois, honni, il préfigure pourtant une bonne frange des artistes de Country-rock de ce siècle.
Avec des titres tels que "The Outlaw", "Watcha Don't Do", "Just the Way I Like It" et "Racin' For The Red Light", le Southern-rock est toujours à l'honneur. Même si les chœurs peuvent loucher vers le rock FM, même si quelques bribes de programmation pointent à l'occasion le bout de leur nez, même si les guitares sont plus mesurées, The Outlaws démontrent avec ces pièces qu'ils peuvent encore chevaucher des mustangs à cru dans les grands espaces.
Sur un étroit chemin, en équilibre entre de capiteux parfums "southern" et des fragrances mélodiques, la chanson éponyme s'efforce de maintenir l'allure. Cinq pièces assez proche de la mouvance du "Siogo" de Blackfoot, le chrome et le rutilant en plus. Plus sournois, "Lady Luck", sur la cadence d'un trot (de travail), n'en est pas moins vif et saisissant. "Just the Way I Like It", franchement plus farouche, est une reprise de Billy Thorpe (single de l'album "Stimulation" de 1981), co-écrite avec Spencer Proffer (1)
Parmi la ribambelle de rock vifs un brin efféminés, sont insérées deux petites pépites de rock aéré et mélodique. "The Night Cries" qui, sur un lit de guitares ciselées, résonne dans une nuit bleutée, froide et étoilée, une lamentation, cruelle révélation d'un gâchis irrattrapable "à travers les rêves fanés, les murmures se muent en cris. Nous pensions avoir l'éternité devant nous. Qui sait ce que signifie l'éternité ? Mais chaque soleil couchant tombe devant un ciel de lune. Les mondes tournent, les cœurs brûlent, et pourtant nous nous demandons pourquoi". Autre gâchis, dans le giron d'un country-rock semi-acoustique et assez classique, "Cold Harbor" rouvre la blessure de la guerre de Sécession. Précisément celle de la bataille du même nom, qui se singularise pour être probablement la première guerre de tranchées, avec ses horreurs, ses absurdités, ses crimes. Malgré les ans - plus de 120 ans plus tard -, la "Bataille de Cold Harbor" est restée tristement célèbre en raison de l'importance des pertes humaines en peu de jours, et à cause de l'entêtement du général Ulysse Grant (ce fut un regret, une erreur de jugement qui le hantera jusqu'à la fin de ses jours) - futur président des États-Unis. Suite à ce terrible évènement, parfois nommé "massacre", la presse le surnomme "le boucher". Un peu perdu au milieu du disque, "Savin' by the Bell" est probablement le morceau le plus franchement "AOR", et ses chœurs en "who-whooo" ont dû faire dresser bien des cheveux sur la tête d'un "confédéré". C'est pourtant, là encore, une belle pièce. Pas un gros morceau, mais un truc plaisant, assez californien, qui se marie bien avec l'ensemble.
Aujourd'hui, les avis sont partagés : un album toujours conspué par certains mais porté aux nues par d'autres. À sa sortie, cet album n'a pas trouvé son public et, par rapport à tous les albums précédents, il affiche des ventes bien décevantes. L'intégration du label par CBS n'arrange pas les choses - la promo n'étant pas vraiment assurée -. "Soldiers of Fortune" parvient tout de même à intégrer les charts US ; c'est le dernier album du groupe à s'y immiscer. Une injustice pour ce groupe valeureux, qui va encore sortir une petite poignée de belles galettes - "Diablo Canyon" (1994), "It's About Pride" (2012) et "Dixie Highway" (2020). "Soldiers of Fortune" marque le dernier soubresaut commercial du groupe, juste avant une longue traversée du désert ponctuée de fréquents changements de musiciens, de désaccords, de réconciliations et de décès.
"One Last Ride" (Randy Bishop, Chuck Glass) – 4:26
"Soldiers of Fortune" (R. Bishop, L.C. Cohen, H. Paul, Thomasson Alan Walden) – 3:32
"The Night Cries" (R. Bishop, Cohen, Paul, Thomasson) – 4:36
"The Outlaw" (Duane Evans, Steve Grisham, H. Paul) – 3:49
"Cold Harbor" (C. Glass, H. Paul) – 4:26
"Whatcha Don't Do" (P. Thomasson, Paul, John Townsend) – 3:50
"Just the Way I Like It" (Spencer Proffer, Billy Thorpe) – 4:02
"Saved by the Bell" (R. Bishop, Jon Butcher) – 3:56
"Lady Luck" (Evans, Grisham, H. Paul) – 3:52
"Racin' for the Red Light" (Bishop, Freddie Salem, Thomasson) – 6:03
Henry Paul - guitars, vocals, background vocals Hughie Thomasson - Lead guitar, lead vocals, background vocals Steve Grisham - Lead guitar, background vocals Chuck Glass - bass, keyboards, background vocals David Dix - percussion, drums
Randy Bishop - keyboards, programming, backing vocals Jon Butcher, Bart Bishop, John Townsend, Stacey Lyn Shaffer - backing vocals Buster McNeil - guitar, backing vocals Jimmy Glenn - drums Dwight Marcus - Drum Programming [Electronic Percussion Programming
(1) Il n'est pas rare de retrouver sur un album produit par Spencer Proffer, notamment ceux sur son label Pasha, une reprise d'une chanson qu'il a co-écrite. Probablement un moyen de récupérer un peu de royalties pour droit d'auteur, tout en espérant faire découvrir l'album (qu'il a produit) où figure l'original.
Les chroniques de l’été avec un classique de Supertramp que tout le monde
connait.
Les Clochards aux Petit Dej’
Sorti en 1979, ”Breakfast in America“ est sans doute l’album le plus emblématique de Supertramp, un groupe britannique qui a su mêler rock progressif et pop avec
une finesse rare. Cet album, à la fois mélodique et rythmé, est une
véritable pépite musicale qui a marqué la fin des années 70 et a
permis au groupe de toucher un large public. Il n’y a pas
grand-chose à redire sur cet album. Donc voici une plongée
détaillée, dans cet opus devenu classique.
”Gone Hollywood“ : Signé Davies et Hodgson, on est tout de suite dans le bain, un morceau qui donne la couleur
de ce que sera la suite de l’album. ”The Logical Song“ :Dès la première piste, Supertramp frappe fort. ”The Logical Song“ est un hymne à la nostalgie et à la quête d’identité. Avec ses
paroles introspectives, Roger Hodgson
aborde le passage délicat de l’innocence enfantine à la complexité
adulte. La musique est à la fois entraînante et mélancolique, grâce à
un arrangement riche en claviers et un solo de saxophone mémorable. Ce
titre est vite devenu l’un des classiques du groupe, à juste titre.
”Goodbye Stranger” : Une touche mélancolique mais énergique, une
instrumentation caractéristique du style de Supertramp
à cette époque. Les paroles de la chanson sont inspirées des virées du
groupe sur les routes.
”Breakfast in America“ : La chanson-titre est un vrai coup de maître. Avec son rythme
enjoué et son refrain contagieux, Elle dépeint un regard ironique et
légèrement sarcastique sur le rêve américain vu depuis la
Grande-Bretagne. Le jeu de piano est particulièrement marquant, et
les chœurs féminins en harmonie renforcent ce côté kitsch assumé,
presque cinématographique. ”Oh Darling“ Un brin plus rock, le morceau propose une instrumentation plus
élancée et un feeling plus direct. La voix de
Hodgson
est plus rauque, un contraste intéressant avec le côté pop des
autres morceaux. C’est une invitation à la simplicité affective,
portée par une rythmique dynamique qui ne lâche jamais.
”Take the Long Way Home“ : Ce titre est une ballade pleine de mélancolie et
d’introspection. L’arrangement, qui mêle piano, basse et
synthétiseurs crée une atmosphère douce-amère. C’est une chanson
qui parle du besoin d’évasion, d’un voyage intérieur nécessaire
quand la réalité devient lourde. Supertramp
excelle ici dans l’art de rendre complexe une émotion simple.
”Lord Is It Mine“ : Un moment spirituel dans l’album, ce titre interroge avec pudeur
le rapport à la foi et aux doutes personnels. La mélodie est
plutôt apaisante, presque méditative, avec un travail soigné sur
les percussions et les claviers. Ce morceau offre une respiration
dans le flot parfois très énergique des autres chansons.
”Just Another Nervous Wreck“ Plus funk et groovy, cette chanson apporte une touche de
fraîcheur et d’humour. Elle parle des petits tracas de la vie avec
légèreté, presque comme une thérapie musicale. Le jeu de basse est
particulièrement inspiré et donne envie de bouger, tandis que la voix de Daviesajoute une nuance supplémentaire au chant
principal.
"Casual Conversations" : Une jolie ballade de Rick Davis
avec son piano, presque mystérieuse, où le piano prend le
devant. Son ambiance feutrée souligne le talent du groupe pour
créer des moments variés tout en gardant une cohérence globale
. “Child Of Vision” : L’ambiance se fait plus lumineuse C’est une chanson rythmé,
un rappel que même lorsque les choses vont mal, il y a de
l’espoir. La complémentarité vocale entre Hodgson
et Davies
illumine ce morceau qui aurait pu, par sa sonorité, faire
parti de ”Crime of Century” termine l’album sur une note positive.
”Breakfast in America“ est un album qui mélange habilement les émotions et les
styles. Supertramp
réussit le pari de proposer des chansons accessibles sans jamais
sacrifier la qualité musicale ou la profondeur des textes. Entre
mélodies accrocheuses, paroles intelligentes et jeux
d’instruments subtils, cet album reste aujourd’hui un
incontournable du rock progressif accessible. À écouter
absolument, surtout un matin avec une bonne tasse de café, pour
bien commencer la journée.
MARDI :Pat
s’est remis un Beatles sur la platine, « Help ! »,
qui est aussi la bande son de leur film éponyme, au-delà du tube
écrit par John Lennon, les Fab Four y
gardent leurs esprits malicieux et leur sens de l’humour pour
des titres rock, folk ou pop.
MERCREDI :s’obstinant
dans sa quête des origines de Rock Fm, ou AOR, Bruno
est
parti enquêté du côté de chez Grand Funk Railroad dont l’album
« Born to die » s’éloigne de l’aspect brutal de
leurs premiers opus, une musique plus mélodique, aérée, moins crue.
JEUDI :Claude
exulte et se réjouit de nous avoir fait écouter ce « Motet »
de Mozart« Exsultate Jubilate », une œuvre d'une
douzaine de minutes écrite pour soprano ou castrat, le Toon nous a
sélectionné l’interprétation de la soprano suisse Edith
Mathis.
VENDREDI :
heureux
qui comme l’Ulysse
de
« L’Odyssée »a
fait bon voyage, guidé
dans sa quête par Christopher Nolan, une superproduction à
l’ancienne, visuellement
impressionnante,
mais
désincarnée,
bruyante,
et
qui manque
de souffle et de merveilleux.
👉 La
semaine prochaine, Pat
accueille les londoniens de Supertramp, Bruno parlera de southern
rock (mais de qui ?), Benjamin a lu le dernier Boualem Sansal, et Luc
réunira
un sacré casting issu de
la Comédie Française…