[ le commissaire Broussard => ] L'auteur met en scène le bordel ambiant. Chez les groupuscules anars ou gauchistes aux multiples ramifications, toujours plus radicalisées, leurs pensés politiques et modes opératoires (on est au coeur du dispositif grâce
à l’infiltration de Gourvennec, séquences génialement tendues). Chez l'autre bord aussi, avec la
guerre des services de polices, Anti-gang, RG, ou ce nouveau GIGN du
commandant Prouteau. Ou ces réseaux qui se mettent en place pour soutenir une candidature Mitterrand. On suit aussi de près la traque de Mesrine jusqu'à la Porte de Clignancourt... On replonge dans une époque sans recherche ADN, portable, Internet ou réseaux sociaux. Donc cent fois dans le sommier on relit des pages de dossiers, on compare des photos floues, on tabasse les indics, on planque à proximité d'une cabine téléphonique. vendredi 30 octobre 2026
BLEUS BLANCS ROUGES de Benjamin Dierstein (2025) par Luc B.
[ le commissaire Broussard => ] L'auteur met en scène le bordel ambiant. Chez les groupuscules anars ou gauchistes aux multiples ramifications, toujours plus radicalisées, leurs pensés politiques et modes opératoires (on est au coeur du dispositif grâce
à l’infiltration de Gourvennec, séquences génialement tendues). Chez l'autre bord aussi, avec la
guerre des services de polices, Anti-gang, RG, ou ce nouveau GIGN du
commandant Prouteau. Ou ces réseaux qui se mettent en place pour soutenir une candidature Mitterrand. On suit aussi de près la traque de Mesrine jusqu'à la Porte de Clignancourt... On replonge dans une époque sans recherche ADN, portable, Internet ou réseaux sociaux. Donc cent fois dans le sommier on relit des pages de dossiers, on compare des photos floues, on tabasse les indics, on planque à proximité d'une cabine téléphonique. jeudi 29 octobre 2026
BABYLON BABIES de Maurice G. Dantec (1999) par Benjamin.
Ce reproche ne peut que faire sourire les vrais amateurs de littérature, à moins que ceux-ci soient capables de reprocher à Kafka de ne pas avoir détaillé la personnalité de son fameux K. Comme l’auteur du procès, les écrivains de science fiction voyaient d’abord leurs personnages comme des moyens de souligner les tourments et les tares de leurs mondes. « 1984 » aurait-il été meilleur si Orwell s’était longuement attardé sur le passé de Winston ? K. Dick aurait-il dû faire de son œuvre une version cosmique de la comédie humaine de Balzac ? Bien sûr que non !
Ayant perdu tout idéal, Hugo Cornélius Toorop erre dans ce décor futuriste avec son instinct de survie comme seule boussole. De puissantes mafias ont érigé leurs grandeurs sur les décombres d’états en lambeaux, créant ainsi une oppressante tyrannie anarchiste où la mort et le vice se partagent les rues. Perdue dans cet univers sans idéal, une humanité crépusculaire noie son angoisse dans les plaisirs narcotiques et l’aliénation numérique. Fille de cette décadence futuriste, une jeune femme se retrouve enceinte par la seule intervention de la science. Pauvre madone schizophrène, elle abrite dans sa chair malade deux jumeaux représentant l’avenir de l’humanité.
Le monde de « Babylon babies » est un monde où les décors d’un futurisme spectaculaire semblent faits pour faire oublier la tristesse d’un peuple sans âme ni lien collectif, c’est un nouvel âge féodal sans foi ni loi.
Si Toorop pensait simplement gagner de l’argent en protégeant la fille d’une secte d’illuminés, ses découvertes le plongent dans ces réflexions vertigineuses, dilemmes nés des angoisses fascinantes de Philip K Dick. Ces préoccupations ne sont donc pas neuves, mais aussi vieilles que la science fiction. Notons toutefois que, à travers sa grande odyssée futuriste, Maurice G. Dantec traite son sujet avec suffisamment d’inventivité et d’enthousiasme pour placer son œuvre dans la lignée des classiques du genre.
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N.D.L.R : ce roman a été adapté au cinéma par Mathieu Kassovitz sous le titre « Babylon A.D. » (2008) avec Vin "Fast and Furious vroum vroum" Diesel dans le rôle de Toorop, mais aussi Michelle Yeoh, Charlotte Rampling, Gérard Depardieu, Lambert Wilson, Mélanie Thierry.
mercredi 28 octobre 2026
Scott HENDERSON [ Featuring Thelma Houston ] " Tore Down House " (1997), by Bruno
Quand un guitariste, de jazz-fusion mondialement connu, s'offre un bol d'air en s'immergeant dans le Blues, ça donne quoi ? Ça donne un superbe album de Blues-rock - fusion - qui en a mis plus d'un à genoux. L'album, c'est "Tore Down House", et le guitariste, Scott Henderson.
Scott Henderson, né le 26 août 1954 à West Palm Beach, en Floride, se fait un nom en tant que guitariste de Jazz fusion au sein de Tribal Tech. Un groupe qu'il a fondé en 1983 avec le bassiste Gary Willis. L'ascension est relativement ardue ; en effet, en évoluant dans le club fermé - certains diront plutôt sélectif - des amateurs de Jazz, il ne faut pas s'attendre à exploser les compteurs des charts - encore moins ceux du Billboard, qui concernent généralement plus le "grand public". Peu de musiciens évoluant - peu ou prou - dans cet univers peuvent prétendre à se produire dans de grandes salles à travers la planète ; encore moins dans des stades. Quant aux radios et à la télévision, elles ne leurs ouvrent habituellement les portes qu'à des heures tardives, dans des émissions spécifiques. Toutefois, malgré tout, grâce à son exigence et sa technicité, Tribal Tech finit par traverser les frontières des préjugés. L'intérêt que porte les revues dédiées à la guitare - à Henderson en particulier, mais aussi au groupe -, contribue considérablement à la notoriété croissante du groupe et de son guitariste.

C'est peut être ce succès inattendu - qui reste tout de même relativement modeste -, qui permet à Scott Henderson de relâcher un peu la pression sur Tribal Tech et d'entamer parallèlement, sereinement, une carrière solo. Ainsi, en 1994, il sort un premier album, "Dog Party". Un disque d'un doux dingue artificier, qui débute comme un hommage à Stevie Ray Vaughan par un "Hole Diggin' " survolté, avant de déballer une ribambelle de blues tantôt habillé de funk, de country-blues ou de West Side Sound, de Jazz, aussi - inévitablement. Mais ce qui est étonnant, c'est que cet album ne reflète aucunement le musicien de Jazz qui se frotterait au Blues, mais plutôt celui d'un Bluesman (moderne) qui injecte à l'occasion du Rock et, moins souvent, du Jazz. C'est, qu'avant de se vouer totalement au Jazz - ou plutôt à la fusion -, le monsieur a fait ses classes au son du Blues et même du Heavy-rock. C'est même avec ces deux univers - pas si éloignés - qu'il a appris à apprivoiser la scène. Ritchie Blackmore et Jimmy Page sont deux de ses influences majeures, avec, évidemment, Jimi Hendrix et Jeff Beck. D'ailleurs, bien des fois, l'ombre de ce dernier ne manque pas de planer sur les morceaux lents de "Tore Down House". En matière de Blues, étonnamment, il désigne généralement Albert King, qui n'est ni le plus technique ni le plus véloce. Loin de là.
Trois ans plus tard, en 1997, Scott réitère son incursion en terre blues et passe au niveau supérieur.
Déjà,
d'entrée, il dégaine un « Dolemite »
dantesque. Un instrumental du feu de dieu avec une solide section de
cuivres dans le style de Tower of Power, une basse énorme et l'orgue
alerte de Scott Kinsey (1). De son côté, Henderson n'en fait pas
des tonnes, laissant ses comparses s'exprimer. Mais dès qu'il retire
la muselière de sa Stratocaster, c'est le feu à tous les étages.
Deux géniaux instrumentaux égrènent l'album. « Continuum »
de Jaco Pastorius, ici revisité en greffant un Country-blues vaporeux aux lignes de basses
élastiques, et « Harpoon », où l'harmonica de Pat O'Brien (2) joute avec la gratte d'Henderson.Contrairement à quoi on pourrait s'attendre, ce n'est pas un album de guitare stricto sensu, mais bien un disque de Blues-rock. Certes pétaradant et plutôt moderne, parfois même d'apparence échevelé. Le son y est énorme et même aujourd'hui, pratiquement trente ans plus tard, il surprend par sa puissance et sa définition. Aucun instrument n'est négligé, Scott n'hésitant pas à mettre parfois - à bon escient - sa guitare en retrait ou à la museler. Par contre, si quelqu'un pourrait avoir un régime de faveur, c'est peut être la chanteuse Thelma Houston. Célèbre chanteuse de Soul et de Rhythm'n'blues (avec un passage, un fourvoiement disco...) avec une puissance vocale qui pourrait bousculer quelques esgourdes sensibles.
Occasionnellement, elle est secondée par Masta Edwards – un chanteur de Soul et de Blues, également auteur-compositeur, qui produira très peu pour lui-même, passant sa carrière souvent dans l'ombre, travaillant essentiellement pour autrui. Thelma et Masta se glissent judicieusement dans la peau d'un couple se susurrant des mots d'amour sur le slow-blues « I Hate You », qui débute sur un ton des plus mielleux (avec fleurs printanières et p'tites zoizieaux piaffant), avant de prendre un peu plus de corps et de gnaque après un premier solo tranchant. « Oh, tu es un ange, un ange venu des enfers. Ta bouche est vulgaire, ton odeur de cosmétiques bon marché... Espèce de petite catin bon marché, tu te tires par la porte de derrière, tu sors avec n'importe qui pour un sou... Oooh, tu n'es qu'un ivrogne affalé dans le canapé à regarder du sport en buvant des Corona. Chéri, j'arrêterai de boire si tu te rases les jambes. C'est dommage que ta mère n'ait jamais pris la pilule - [et en chœur :] Chéri(e), tu es un(e) raté(e), c'est toi que j'ai envie de tuer. Chéri(e), tu as ruiné ma vie, alors je te hais et je te haïrai toujours ! ».
Jouant avec nombre de clichés récurrents, chers au blues, tout au long de l'album, Scott se plaît à les détourner avec humour tout le long de l'album. Comme sur le shuffle « Gittar School », chanté avec âpreté par Masta, où il semble ne pas penser grand bien du grunge qui après avoir atteint son apogée commerciale, et en pleine dégringolade. « J'ai perdu mon boulot chez XX, je n'arrêtais pas de faire tomber les burgers par terre. Tout le monde sait que je suis un idiot... J'me suis acheté une guitare électrique... l'école va m'apprendre à la brancher... Je prends le bus pour Hollywood... Grandes piscines et stars. Je vais bien m'amuser... Plus de temps pour les cours, j'ai appris quelques accords et j'ai bronzé. Maintenant je pars pour Seattle. Je vais jouer mes accords dans un gros groupe grunge ».
En conséquence, "Tore Down House" a bien plus de chance d'intéresser un public friand des Jeff Beck, Larry Coryell et Roy Buchanan - voire de Blues Saraceno - que de pur Blues. D'autant qu'il y a dans l'attaque de Scott une certaine véhémence qui pourrait être appréhendée comme une agression pour des esgourdes délicates. Même sur le slow-blues éponyme, Scott, dans un esprit beckien, déchire l'espace de soli torturés comme autant de décharges électrostatiques de 3000 watts. Thelma n'a plus qu'à chanter à l'avenant, sous l'effet des décharges. Tandis que "You Get Off On Me" serait comme une immersion sous haute dose de caféine de Zappa dans le Blues-rock et "Meter Maid" s'abreuve aux standards de Bo Diddley pour en régurgiter une version granitique et cahoteuse.
Quand tellement d'autres musiciens, lorsqu'ils décident de sortir un disque de Blues - pour leur simple et sincère plaisir, ou dans l'espoir de récolter un peu de monnaie sans trop se fouler - se contentent de reprises resservies quasiment telles quelles (proches des originaux), Scott Henderson, lui, déboule tranquillement avec des pièces originales explosives. En toute intégrité, et tant pis si ça fait un flop, ça fait longtemps qu'il n'a plus rien à prouver. Même pas sûr que ce genre de considération lui traverse l'esprit.
P.S. : C'est bien sur une Fender Stratocaster (modèle réédition 1957), celle avec laquelle il se présente sur la pochette, que Scott joue sur l'album. Une Strato équipée de micros Suhr, qu'il branche dans un Fender Bassman et un Fender Supe Reverb. Il booste la saturation des amplis, déjà poussée au-delà de la moitié, avec une Ibanez TS9 (ou une Maxom).
Kinsey, également co-producteur avec Henderson, et claviériste depuis 92 de Tribal Tech.
Déjà présent sur « Dog Party », il sera aussi de la partie sur le troisième opus blues d'Henderson. Également chanteur et guitariste, il effectue aussi une carrière solo qui n'a jamais décollé. Toutefois, aux USA, il est réputé pour son talent et sa virtuosité en tant qu'harmoniciste. On le retrouve sur le « From The Cradle » de Clapton et le « Blues Summit » de BB King.
🎶🎸🚭
mardi 27 octobre 2026
THE OSMONDS BROTHERS, Une Famille en Or - par Pat Slade
Pendant les années 70, ils provoquerons une véritable hystérie auprès des
jeunes adolescentes américaines (on parle même d’épidémie aphasique). La
Osmond mania fera des ravages.
Les Osmonds Brothers ou quand la famille chantait plus fort que les casseroles. Bienvenue dans la famille, paillettes, col pelle à tarte, futal à patte d’eph, sourire Gibbs et brushing nickel !
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| Donny Osmond |
Et pour les très gourmands du genre : l'anthologie version XXL 😉














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