Dis comme ça : je suis allé
voir le dernier film des réalisateurs de LA GRANDE AVENTURE LEGO, ça
vous fissure une réputation. Christopher Miller et Phil Lord sont
aussi à l’origine de TEMPÊTE DE BOULETTES GÉANTES et de l’adaptation bof cinoche de 21 JUMP STREET. Il est bon de
rappeler cet historique, parce que PROJET DERNIÈRE CHANCE risque
d’en désarçonner plus d’un, à commencer par votre humble et
pourtant tolérant serviteur.
Gloubi-boulga improbable de blockbuster
SF, huis-clos spatial et métaphysique, comédie potache. Ingrédients déjà utilisés par Bong Joon-ho dans MICKEY 17, que j’avais bien aimé - j'étais à peu près le seul...
De quoi
s’agit-il ? Ryland Grace, un ponte de la chimie moléculaire
mais simple prof de science en collège, se réveille d’un coma
profond à bord d’un vaisseau, loin, très loin de notre galaxie. Ses deux compagnons de route non pas survécu
au voyage. Grace est seul, azimuté, hirsute, pris de panique, c'est quoi ce cauchemar ? Flash-back...
Il avait été recruté (aux forceps) par
Eva Stratt pour apporter ses compétences à une mission aussi
sensible que secrète : sauver la Terre. Car le soleil perd son
énergie, aspirée par on ne sait quoi. Notre température risque de
perdre 20 degrés, seuls les vendeurs de doudounes s’en
réjouissent.
Le phénomène serait du aux astrophages, genre de
micro-organismes qui bouffent tout, et dont Ryland Grace est justement
spécialiste. Notre soleil, les étoiles en sont victimes, sauf
une : Tau Ceti. C’est là-bas qu’il faut aller élucider le mystère, à 11,9
années lumières, prévoyez le casse-croûte. Le carburant embarqué
ne permet que l’aller, pas le retour. Une mission suicide,
donc…
PROJET DERNIÈRE CHANCE c’est la rencontre de Kubrick et de
Mel Brooks. Une fable métaphysique, par moment contemplative, les
engins n’y dansent pas sur une valse mais sur du tango, les
références à 2OO1 y sont légions (le sas de décompression, la
marche à l’envers, la combinaison, le décès des compagnons, la
voix synthétique) comme à STAR WARS, E.T., LA PLANÈTE DES SINGES,
SOLEIL VERT et j’en passe. Mais le ton est résolument rigolo,
l’acteur Ryan Gosling (également producteur) s’y amuse comme un
fou, et passé un moment de gêne, nous aussi.
Les scènes en flash-back, sur Terre, avec la
communauté scientifique, les expériences en labo, ne sont pas ronflantes,
souvent drôles, tiennent presque du gag, sérieux s’abstenir. Il y a chez Ryland Grace un
côté Mac Gyver de la biologie, la témérité en moins. Scène
géniale où il comprend qu’on ne lui laisse pas le choix (« où
est problème ? vous n’avez pas de famille, d’amis, ni de
chien... ») c’est lui qui partira sans billet de retour.
Bruce Willis, lui, ne fuyait ses responsabilités, et se sacrifiait
pour l’humanité sans frémir.
Le récit bascule lorsque Grace se
retrouve face à un autre vaisseau, comme surgi de nulle part, qui le suit comme un aimant, une cathédrale de tubes
dorés, qui tente d’entrer en communication en envoyant des sondes
(qui tournoient comme un certain tibia lancé par un primate...).
La
séquence est très belle, angoissante (ce tunnel), surprenante. Les réalisateurs
ont proscrit le numérique, sont revenus aux fondamentaux du cinéma, prises réelles,
transparences, effets photographiques. Le film est visuellement
superbe. Grace se retrouve face à un alien qu’il surnomme Rocky,
un bloc de pierre à cinq pattes, qui émet les mêmes sons que Chewbacca ou qu'un estomac affamé, et tressaute comme D2R2. What the fuck ?! On se
fout de qui ? George Lucas* sort de ce corps ! Grace scanne
les fréquences sonores du gros cailloux, les traduit en sons, en
syllabes, en mots. Ils vont pouvoir communiquer et travailler
ensemble. Car Rocky a le même problème d’astrophages sur sa
planète.
Jolie trouvaille : il lui faut une voix à cet alien.
Grace en essaie plusieurs, dont celle de Meryl Streep (« elle
sait tout jouer ! » dira-t-il), mais finalement opte pour
une voix masculine, posée, limite hautaine, qui rappelle l’ordinateur Hall 9000 dans 2OO1 en moins anxiogène.
On est
un peu déphasé devant ce qui s’apparente à une resucée de E.T.
avec cet alien gentil et gaffeur, qui fera marrer les moins de 8 ans.
Mais ça finit par fonctionner car Miller et Lord y croient à leur buddy-movie spatial, vont au
bout de leur délire, un huis clos improbable mais habilement entretenu
par l’intrigue, l’action, filmée à l’ancienne (ça fait un
bien fou !). On n’évitera pas les moments émotions un peu faciles sur la fin (E.T. et son gros cœur rouge qui bat…) ni les
gags potaches pipi caca.
Derrière les fanfaronnades du héros très cool (Ryan Gosling a tout de même un charme fou) le film arrive à
rendre ce sentiment de solitude chronique, cette angoisse face à
l’immensité, au vide, à l’inconnu, une plongée vers un ailleurs nourrie de
questions existentielles. Le film est long, oui, mais bien rythmé et
riche en péripéties. J’aurais une réserve sur la fin. Pas
l’épilogue savoureuse entre Grace et Rocky, au second degré assumé, mais
sur ce qui se passe sur Terre.
L’aventure de notre astronaute
amateur est incroyable au sens strict du terme. On repense au dernier
chapitre de LA PLANÈTE DES SINGES, le roman, pas le film. Qui
semble avoir inspiré Andy Weir, auteur de la nouvelle ici adaptée,
qui avait aussi écrit SEUL SUR MARS (adapté par Ridley Scott).
L’angoisse finale qui suinte du film naît parce que Ryland Grace
est le seul à savoir, et qu’il ne pourra jamais le raconter. Elle était là, la clé. Fallait-il une conclusion rationnelle, sans mystère, réconfortante, le bon vieux happy end ? Ce que Kubrick avait
justement évité.
On parle parfois d’ovni cinématographique. J’en
ai vu un, et je le prouve ! On accroche, ou pas. Un spectacle
totalement débile, ou au contraire merveilleux, au sens du conte,
pas si naïf, divertissant.
Couleur - 2h40 -
format scope 1:2.39 / 1:2.20 / 1.1:90 / Imax (oui, un joyeux bordel
!)
* les réalisateurs préparaient un épisode de la franchise Star
Wars, une production George Lucas donc, et ont été finalement virés du tournage
à cause de leur façon de faire, plus proche d’un
Michel Gondry que d’un James Cameron.
- Salut Claude, journée piano apparemment… et… orchestre aussi… Ravel,
j'adore, et Nema aussi m'a-t-elle dit un jour…
- Certes Sonia, Ravel n'a peut-être pas un catalogue aussi fourni qu'un
baroqueux hyperactif, mais on cherchera en vain la médiocrité. Cette
suite pour le piano en hommage au grand Couperin, est dédiée à ses amis
morts dans les tranchées et comprend six pièces pour le clavier dont
quatre ont été orchestrées…
- Malgré le destin terrible des dédicataires, je n'entends guère de
lamentation dans ces pièces…
- Oui, à l'époque baroque, le mot tombeau désignait une œuvre rendant
hommage à un personnage mais aussi bien après son décès que de son
vivant… Ils étaient bizarres au XVIIIème siècle…
- J'aime beaucoup le touché énergique de Bertrand Chamayou déjà entendu
dans les valses nobles et sentimentales en 2022, toujours de Ravel, sur
le même CD… Tu n'as pas préféré choisir un autre interprète… histoire
de…
- Je ne m'en aperçois que maintenant que tu lis l'index Sonia… Nous
écouterons la dédicataire Marguerite Long… Pour la version orchestrale,
Bernard Haitink reste un grand cru même si lui aussi est un abonné du
blog…
Marguerite Long et Ravel
Ravelcomposera entre 1893 et 1923, soit trente ans d'activité
(on dénombre 90 œuvres "officiels" qui ne portent d'ailleurs aucun numéro
de catalogue). Une carrière écourtée, une mort prématurée en
1937 (Ravel
atteint d'une maladie cérébrale n'écrira rien pendant les quatre dernières
années de sa vie), deux raisons qui n'expliquent pas ce nombre modeste de
partitions. Mais attention, il s'agit des ouvrages achevés,
touchant à la perfection, d'une grande diversité car abordant tous
les genres… instrumental, piano, musique de chambre, lyrique…
En réalité, je mentionne les ouvrages originaux édités et joués ou gravés
au disque généreusement… Le musicologue Marcel Marnat a prolongé
cette liste avec des œuvres orchestrées, réduites ou transcrites et autres
manuscrits, un total de 111 partitions…
Sonia s'étonne d'une seconde mise à l'honneur de
Bertrand Chamayou
dans un choix d'interprètes immense. Ben oui, mais j'avoue avoir été,
d'une part très séduit par l'expressivité de son jeu en écoutant une
tribune des critiques consacrée à cette suite (je ne suis pas toujours
d'accord avec le podium), et ne pas avoir consulter l'index en ayant
l'idée de ce billet… prenant le risque d'un remake, ce qui n'est arrivé
qu'une fois en 15 ans (BrahmsTrio N°1😊).
L'intégralité de l'œuvre de
Ravel
pour piano seul occupe simplement deux CD. Consultez l'index, j'ai proposé
au fil du temps l'écoute de trois des
quatre suites pour le clavier sous
les doigts de divers interprètes de 15 à 87 ans ! La jeune sino-américaine
Kate Liu
adolescente dans
Gaspard de la Nuit
considéré par les pianistes comme les pièces les plus difficiles à
exécuter de tout le répertoire pianistique, défi interprété également par
Ivo Pogorelich
et
Vlado Perlemuter
quasi nonagénaire et ayant connu
Ravel,
Miroirs
par
Jean-Efflam Bavouzet
et enfin
Valses nobles et sentimentales
par
Bertrand Chamayou
(même album que celui de ce jour). Toutes les autres pièces isolées sont
courtes, hormis une
sonatine
en trois brefs mouvements, et justifieraient un article anthologique pour
l'ensemble, une idée de chronique. Nous entendrons le
Tombeau de Couperin
dans un enregistrement de
Marguerite Long, la dédicataire et créatrice de l'ouvrage. 2 H 20 de musique de piano au
total mais… mais aucun morceau sans intérêt !
Ravel en tenue militaire en 1916
Camions sur la Voie Sacrée Verdun - Bar-le-duc
Une synthèse biographique du musicien figure dans le premier billet dédié à
Ravel, l'un des compositeurs français les plus inventifs du début du XXème
siècle. Je n'y reviens pas, préférant me focaliser sur les événements qui
entourent la conception de l'œuvre présentée. (voir cet article :
Le Boléro,
la Valse,
Daphnis et Chloé
-
2ème suite,
Pavane pour une infante défunte,
Alborada del gracioso
–
Seiji OzawaClic).
En 1914,
Ravel
occupe une place méritée dans le monde musical après des débuts difficiles.
Il échouera cinq fois au prix de Rome suite à des favoritismes (magouilles).
Il a écrit presque tout son catalogue pour piano seul hormis le
Tombeau de Couperin. Il doit faire face à des critiques sur l'abandon des formes classiques
(sonates,
ballades,
études, etc.) préférant les
pièces isolées ou réunies en suites au climat
expressionniste. On l'accuse d'imiter le style
Debussy.* L'influence inverse supposée donnera aussi du grain à moudre aux
critiques déconcertés face à cette musique moderne qui s'invente. En
1912 il a offert aux ballets russes de Diaghilev une partition
de près d'une heure,
Daphnis et Chloé, une symphonie chorégraphique pour orchestre et chœurs sans paroles
écrites ! En 1911, il composera un petit opéra,
L'heure espagnole, pour cinq voix solistes avec orchestre sur un livret de
Franc-Nohain. Les succès seront en demi-teinte… la sanction des
artistes visionnaires.
(*)
Debussy
était friand de l'usage des gammes modales et pentatoniques.
Ravel
n'a pas négligé ces modes mais restera très attaché à la tonalité, ah les
critiques !
Donc août 1914, la Grande Guerre éclate. De petit gabarit (1,61m -
48 kg)
Ravel
avait déjà été réformé. Patriote mais non nationaliste à la manière de la
Ligue nationale pour la défense de la musique française*, le combat au front lui est refusé. Néanmoins, opiniâtre, il conduira des
véhicules et même une ambulance, y compris sur la Voie Sacrée à Verdun.
Blessé en 1916, sa guerre est finie, mais pas celle de ses camarades
dont beaucoup périssent sous les obus et la mitraille, dans la glaise du
Nord.
(*)
Ravel,
au risque de voir son œuvre boycottée, refusa d'adhérer à cette ligue
voulant interdire les musiques allemandes et austro-hongroises. Ravel
rejette la confusion entre l'art et les idéologies barbares. Figure dans
cette ligue : Vincent d'Indy
(anti-dreyfusard, antisémite et monarchiste antirépublicain), Camille Saint-Saëns
(nationaliste tendance dure et colonialiste) et Alfred Cortot
(complaisant avec les nazis plus tard) et même Debussy et Fauré, désolé je balance ! Personne n'est parfait. Tout le contraire de Ravel, Dreyfusard, anticolonialiste, défenseur d'une gauche progressiste…
proche des idées humanistes de
Jaurès. Le compositeur françaisAlbert Roussel et l'anglais Ralph Vaughan Williams
seront aussi ambulanciers… Les écrivains Yankee
John Dos Pasos et Ernest Hemingway également…
Les poètes Charles Péguy et Guillaume Apollinaire, les
romanciers Alain-Fournier ou Louis Pergaud, sont des noms
ancrés dans les mémoires parmi les 560 écrivains morts pendant le
conflit. Ajoutons le compositeur
Albéric Magnard. Dans l'hécatombe n'oublions pas d'autres intellectuels au profil plus
modeste et bien entendu, les ouvriers et les cultivateurs en passant par les
employés et les enseignants… Les forces vives et "utiles" du pays.
Pont Basque - Gabriel Delluc
Ravel
verra disparaître sous les obus des amis très chers : un peintre, un jeune
compositeur, des copains d'enfance, dont deux frères, d'autres. Sa mère
décède en 1917, ajoutant un désarroi intime à la tristesse et à la
mélancolie que même l'Armistice ne guérira pas complètement.
Ravel
l'humaniste ne peut comprendre la genèse de cette apocalypse qui tua 1,4
millions de soldats (900 par jour), 300 000 civils, sans compter 4,6
millions de blessés et invalides ; des chiffres qui donnent le vertige. Il
dédie le
Tombeau de Couperin
à six (sept en réalité) de ses amis morts aux champs d'honneur ("au champ d'horreur" chantait Brel dans
Jaurès, un hit de son dernier album de 1977). Il ne retrouvera que
lentement le goût pour la composition. Pour le piano seul, il écrira en
1924 la
Sonate pour violon et piano
et les deux
concertos
seront composés entre 1929 et 1931, l'un titré "en sol" et le second, le célèbre "pour la main gauche" sera dédié au pianiste virtuose autrichien
Paul Wittgenstein
qui avait perdu son bras droit lors du conflit, sur le front russe 😳.
Le projet pour
Le Tombeau de Couperin
a germé dans son esprit dès avril 1914. Soyons clair, depuis
1870, la perte de l'Alsace et la Lorraine, l'opposition entre la
triple entente et la triple alliance, l'Europe se transforme en poudrière.
Les intellectuels et pas qu'eux savent qu'une allumette et… Cette allumette
sera l'Attentat de Sarajevo le 28 juin 1914. Le militarisme,
l'impérialisme et le nationalisme nourris de rancœur entre monarchies
rivales et vieillissantes entretiennent les craintes du pacifiste et
visionnaire Ravel. Dès novembre 1914,
Ravel
reçoit les faire parts de décès qui se succèderont.
Autoportrait de Gabriel Delluc
Je prête ces appréhensions à
Ravel, par présomption allez-vous dire ? Possible, le musicien avait en projet
de composer deux suites pour piano. Mi-septembre 1914, les allemands
sont stoppés dans la Marne, évitant la prise de Paris (Au prix de
200 000 morts en une semaine et le début de l'effroyable guerre de
position de quatre ans). À lire le portrait ci-dessus, on n'imagine mal
Ravel
écrivant un Te Deum cocardier pour cette pseudo victoire (euphémisme)… Pour
preuve ce courrier d'octobre 1914 à son ami
Roland-Manuel : "Je commence deux séries de morceaux pour pianos, dont une suite
française. Oh non, ce n'est pas ce que vous croyez, La Marseillaise n'y
figurera point, il y aura une forlane, une gigue, pas de tango".
La suite française se nommera
Tombeau de Couperin ! Un peu de
sémantique s'impose. Le mot tombeau ne cache en rien un requiem à nos
enfants morts pour la patrie (des nantis) qui ne dirait pas son nom. SOS
Larousse, 4. (musique) -
Pièce musicale vocale ou instrumentale écrite à la mémoire de personnages
illustres. En deux mots, ce genre musical de style lamentation apparait vers
1650, l'époque baroque. On en récence une trentaine qui nous sont
parvenus de compositeurs connus comme
Froberger
ou
Marin Marais
(plusieurs), pour luth, viole, clavicorde, etc.. Tombé en désuétude à la fin
du baroque classique, le XXème siècle s'intéresse de nouveau au genre :
Debussy,
de Falla,
Messiaen, et Ravel et quelques autres. Certains sont des compilations, ainsi
Tombeau de Paul Dukas pour piano, composées d'œuvres de
Manuel deFalla
(1935),
FlorentSchmitt (1936) et Olivier Messiaen (1935). Donc… un sujet très vaste …
Plus surprenant, la forme de ces tombeaux fait appel à des danses anciennes
; plutôt aux tempos lents :
allemande, sarabande, mais pas toujours : le rigaudon (une forme de bourrée) … En regard du genre on évite la
gigue et comme l'écrit
pince-sans-rire
Ravel
: le tango !
Composer un Tombeau semble ainsi pertinent : rendre hommage à des amis disparus, mais dans un style animé honorant
leur jeunesse, le souvenir des temps heureux à l'opposé d'une évocation
mortifère des charniers dans des ouvrages sulpiciens. Pourquoi Couperin ? L'argumention paraît simple : François Couperin partage avec Rameau
le statut de compositeur pour clavier parmi les plus essentiels de la fin
du baroque et du début du classicisme français. Je vous invite à lire un
billet consacré à ce maître génial à propos de l'album Tic-Toc Choc de 2012, une interprétation pétillante d'un programme varié, certes pour le
piano et non le clavecin, sous les doigts virevoltants d'Alexandre Tharaud(Clic). Et comme vous pourrez le constater Ravel
écrira dans le style clavecin : des notes brèves (noirs, croches…) et des
nuances relativement limitées (l'opposé des tempêtes de Liszt). Nous n'entendrons pas un de profundis
collectif, mais une suite de cadeaux d'adieu.
Ravel
commencera la composition en 1914 par la
forlane en ayant ce trait
d'humour un tantinet anticlérical. "Je turbine à l’intention du pape. Vous savez que cet auguste personnage
[…] vient de lancer une nouvelle danse : la forlane. J’en transcris une
de Couperin." En effet, on racontait que Pie X trouvait le
tango indécent car lascif et
promouvait la furlane (inspirée
par la forlane) plus prude. Soyons honnête,
Ravel
fut victime comme d'autres d'une fake news de l'époque. Jamais
Pie X ne se mêla de cette affaire de danse 😊. La lecture des
titres fantaisistes et poétiques des pièces de
Couperin
montre un homme friand du bien vivre.
- En plus Claude, tango ou forlane, danser avec une soutane et une
tiare sur le tête… pas facile… hihi…
- M'enfin Sonia, tu te gausses du Saint-Père !! Sacrilège !
La rédaction réelle aura lieu en 1917 après la démobilisation de
Ravel. Pour chaque pièce, la guerre a dressé une liste de victimes suffisamment
longue pour choisir les dédicaces. Le mari de la pianiste
Marguerite Long
sera le dernier de ce monument aux morts musical. La
partition
est achevée en juin 1918 alors que
Ravel
suit une convalescence morale et physique à Lyons-la-Forêt chez madame
Dreyfus, la mère de son ami
Roland-Manuel, futur compositeur trop jeune pour être enrôlé.
Mme Fernand Dreyfus était la "marraine de Guerre" de
Maurice, une femme lettrée chargée d'assurer la correspondance aux soldats pour
soutenir le moral des combattants.
Marguerite Long
donnera la première de l'ouvrage le 11 avril 1919 Salle Gaveau. C'est
un succès total. La pianiste doit la rejouer en bis dans son intégralité !
(20 minutes environ).
Je ne commente pas les pièces, elles sont d'une grande spontanéité.
Playlist :
Bernard Haitink vers 1977
1
Prélude
Vif 12/16 noire pointée = 92 mi
mineur
à la mémoire du lieutenant
Jacques Charlot compositeur (1885 -
1915)
2
Fugue
Allegro moderato 4/4 noire = 84 mi éolien (mode de la sur mi)
à la mémoire de Jean Cruppi
fils de la dédicataire de
l'Heure espagnole (1892-1914)
3
Forlane
Allegretto 6/8 noire pointée = 96 mi mineur
à la mémoire du lieutenant Gabriel DelucPeiintre basque (1883-1916)
4
Rigaudon
Assez vif 2/4 do majeur
à la mémoire de Pierre et Pascal Gaudin
amis d'enfance à Saint- Jean de Luz
(tués ensemble en 1914)
5
Menuet
Allegro moderato ¾ noire = 92 sol majeur
à la mémoire de Jean Dreyfus
fils de sa "marraine de Guerre"
(1896-1917)
6
Toccata
Vif 2/4 noire = 144 mi mineur
à la mémoire du capitaine Joseph de Marliave
mari de Marguerite Long
(musicologue spécialiste de Beethoven
1873-1914)
En 1919,
Ravel
décide d'orchestrer quatre des pièces :
Prélude, Forlane, Menuet et Rigaudon. L'orchestration est très légère, une antithèse de celle de
la Valse
furieuse et déjantée, ici nous avons un ensemble classique : 2 flûtes,
l'une jouant du piccolo, 2 hautbois, l'un jouant du cor anglais,
2 clarinettes en La et en Sib, 2 bassons, 2 cors en Fa,
1 trompette en Ut, harpe et cordes. Le discours évoque un subtil
concerto pour orchestre. La création a lieu le 28 février 1920. Comme
toujours, la rigueur et la probité par rapport à la partition du chef
néerlandais
Bernard Haitink
fait miracle. Dire que le
Concertgebouw d'Amsterdam
était et reste l'un des ensembles symphoniques les plus colorés et
disciplinés en Europe frise le pléonasme. Il existe d'autres belles
versions…
Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que
conseillée.
Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la
musique…
INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool.
Il
existe des groupes au caractère trempé, qui ont réussi, contre
vents et marées, à tenir tête aux diktats de l'industrie musicale.
Des groupes qui ont perduré en suivant leur propre chemin, leur
vision, sans se plier aux modes imposées. Rush s'impose
en digne représentant de ce genre, un exemple à suivre. Rappelons à cet effet,
qu'en 1976, après trois disques (1), les cadres de Mercury leur avaient
posé un ultimatum. Les disques se vendaient assez bien, mais
insuffisamment suivant leurs critères, et sans un effort évident
pour pondre un (ou deux) hit(s) radiophonique(s) pour leur prochain album,
Rush serait mis à la porte sans autre forme de procès. Ainsi, Mercury
refuse de distribuer le travail de leur quatrième album en l'état.
Mais les trois loustics de Rush - fortes têtes - n'en ont cure et
restent campés sur leurs positions : ils ne retoucheront pas une
seule note. C'est simple : ça sort ainsi, dans son intégralité, ou
ça ne sort pas du tout et ils retournent chez eux, retrouver leur ancien
travail.
Leur
entêtement leur a donné raison : le succès de "2112" (sorti
il y a tout juste cinquante ans, le 1er avril 1976)
a définitivement rabattu le clapet aux cadres de Mercury qui ont
bien retenu la leçon et qui vont dorénavant laisser tranquille
le trio.
Une
liberté de création qui va permettre au trio canadien de s'offrir
une carrière exemplaire. Bien sûr, sur le long terme, leur parcours a parfois été chaotique. Cependant, jusqu'à la fin, Rush
est l'un des rares groupes apparentés "heavy-rock" à avoir
pu traverser les années 90 et à continuer à effectuer des concerts à
forte audience. Ce n'est pas une perte de succès qui a incité le groupe
à s'arrêter définitivement, mais des petits ennuis de santé. D'ailleurs, leur
dernier album, "Clockwork
Angels",
de 2012, a été quasi-unanimement reconnu comme l'un de leurs
meilleurs disques (n°
1 au Canada et n° 2 aux USA).
Ainsi, Rush tire sa révérence après un coup de maître. Pas
évident pour un dix-neuvième album d'une formation qui s'est fait
fort de ne pas rester enfermée dans des formules faisant recette. Au
contraire, Rush s'est distingué par ses prises de risques, cherchant
à se renouveler régulièrement. D'où son évolution, qui l'a fait
passer d'un heavy-rock épique trempé de blues - dans le style d'un
Led Zeppelin - à un rock nettement plus progressif, qui va entraîner
l'implication de plus en plus marquée de synthétiseurs. Ce qui, à
l'époque, divisa les rangs de la fan-base, laissant parfois
dubitatifs - voire blessés - même les plus hardcores du groupe.
Mais,
à l'aube des années quatre-vingt-dix, après deux albums, "Presto"
et "Roll
The Bones",
qui semblent marquer le pas, bien que toujours empreint d'un
certain succès commercial, Rush fait
un retour fracassant dans le heavy-rock. Et même une incursion
réussie dans le heavy-metal. Heavy-metal ? En fait, non. Si. Pas
vraiment. Car comme toujours, lorsque Rush emprunte
de nouvelles voies, ce n'est jamais une cassure franche et brutale.
Il y a toujours une continuité. Et puis bien sûr, Rush est un
groupe reconnaissable entre mille. Evidemment, il y a la voix haut
perchée de Geddy Lee, mais il y a aussi le jeu singulier d'Alex
Lifeson, complexe et acrobatique. Et que dire de Neil Peart, qui fut
sans conteste l'un des meilleurs batteurs de Rock, incessamment
en quête de progression (2), sachant faire chanter ses cymbales et
psalmodier, ou gronder, ses fûts.
"Counterparts"
est un album fascinant, auquel, malgré les années, on ne cesse de
revenir (plus ou moins) régulièrement. Certain de satisfaire des
esgourdes exigeantes, mais aussi pour y (re)découvrir de nouvelles
choses. "Counterparts"
est un album qui, de prime abord, pourrait paraître dur, métallique
(métôl ?), chargé et relativement agressif, parfois sombre, mais
jamais ténébreux. Une sensation induite par le retour en force
de la guitare de Lifeson. Après des années à s'être faite plus
discrète pour laisser du champ aux claviers, à ronger son frein,
elle a laissé éclater sa bulle créatrice, éclaboussant de la plus
belle des façons ce disque. Pour le coup, ce quinzième (!) album
est non seulement un retour aux guitares, mais également un retour à
l'excellence.
Bien
que la sensation « heavy-metal » soit prégnante, les
guitares d'Alex ne sont pas pour autant spécialement gonflées par
de grosses distos voraces. Au contraire, il y a de nombreuses
pistes limpides et claires ; plutôt scalpels que tronçonneuses.
Et lorsque « disto » il y a, c'est plutôt dans une vibe
« nature » ; c'est-à-dire un ampli aux lampes
surchauffées (ça hume bon le gros Marshall 100 watts). Sur ce
point, Alex Lifeson nous
éclaire en expliquant qu'après s'être enregistré pendant des
années en se branchant dans la régie, il était revenu à la bonne
vieille méthode des amplis poussés à donf (ou presque). « J'avais
deux amplis à fond. Il m'a fallu quelques jours pour m'y habituer,
mais après, franchement, j'ai adoré. Je sentais le bois vibrer
contre mon corps et j'entendais le son des amplis à travers les
micros. J'étais complétement absorbé par l'énergie du son et de
l’atmosphère. Je me suis dit : « Mais où étais je passé ?
À quoi étais-je passé ? … Pour toutes les pistes de
base, je me suis branché directement dans les amplis, sans effets,
et j'ai poussé le volume à fond. J'ai joué sur ma Paul Reed Smith,
ma Les Paul et ma Telecaster » Propos recueillis
dans une interview accordée à Guitar Player en 1993. Les deux
amplis en question sont un Marshall 100 w. et un Peavey 5150 (3). Mais
outre le volume sonore, ce qui procure cette puissance, sans perdre
en définition, c'est la vieille ficelle de superposer deux pistes de
guitares jouées sur deux instruments à la tonalités différentes
(souvent en utilisant une montée en single coils et une seconde
en humbuckers).
Geddy
Lee revient aussi à des tonalités plus organiques
avec un vieil ampli Ampeg, sauvé de la casse, fourgué par Kevin
Shirley (ici, juste en tant qu'ingénieur), et qui, d'après
Lee, menaçait de prendre feu à tout instant.
D'entrée,
avec «Animate »,
Rush annonce la couleur : fini les synthés, ou sinon avec
parcimonie, en toile de fond. La musique paraît plus orageuse et
dure, moins axée sur la mélodie. Une première cartouche qui se
distingue par ses paroles, peu communes dans le milieu
« harderoque », s'appuyant sur une recherche de Carl
J.Jung à propos de l'harmonie de la psyché de l'humain, de
l'équilibre féminin-masculin, l'Anima et et l'Animus, que
l'orchestration. Cependant, musicalement, c'est à partir de «Stick
it Out» que le groupe explose, faisant suffisamment
d'étincelles pour illuminer les nuits les plus noires. Pourtant,
finalement, le riff de base de « Stick
it Out » n'est rien d'autre qu'une énième
émanation de Led Zeppelin (et il est d'ailleurs joué sur une Les
Paul), avec une basse qui se situerait entre John Paul Jones et
Mike Inez (Alice in Chains, Ozzy). C'est
un retour à un heavy-rock pur et dur, pas loin de la première
période du trio. Tout comme «Cut
the Chase », qui suit une direction assez identique,
sauf que là, c'est la basse Fender Jazz Bass 72 de Geddy qui prend
la barre, solidement appuyée par les patterns fous et martelés de
Neil – à croire qu'il a quatre bras.
« Nobody's
Hero » repose les esgourdes avec ce premier
mouvement acoustique sérieusement typé «Pete Townsend » - qui revient ponctuellement. Le morceau évolue sur une
orchestration dramatique induite par une section de cordes. Un
morceau relativement pop, où Geddy Lee démontre toute la
progression de son chant, désormais plus mesuré et habité. Un chant se voilant ici de regret et de tristesse pour donner du corps à cette
chanson écrite par Peart en hommage à un ami récemment décédé. Un ami différent dans ses mœurs mais pas moins sincère et méritant, bien plus authentique que ceux qui se créent, ou s'achètent, une image.
« Between
Sun & Moon » est une puissante performance semblant marier le grunge de Pearl Jam à la pop - avec toujours un bon assaisonnement "heavy-rock". L'éphémère break,
par contre, est un gros clin d’œil aux Who, et tout du long, Peart
envoie quelques patterns de bûcheron psychopathe à la Keith Moon. « Alien Shore»
est une nouvelle prouesse de Geddy à la basse (qui paraît parfois se
dédoubler), ainsi que de Neil, dont le jeu s'imbrique dans un équilibre de
funambule. Alors que tous deux jouent des phrases assez rapides, Alex, flegmatique, se contente de laisser résonner ses accords, plantant ainsi un décor chargé de mystère en alternant arpèges cristallins chargés d'échos (de delay) et riffs paresseux.
«The
Speed of Love » fait redescendre la température,
s’inscrivant plutôt dans la continuité d'un U2, voire d'un Simple
Minds, qui aurait épousé un son plus métal. « Double
Agent » semble maintenir un cap similaire, jusqu'à
ce que Lifeson déboule avec un riff dur et méchant, plongeant dans
un heavy-metal épineux à peine temporisé par le chant de Geddy, qui
tente dans cette tempête orchestrale d'imposer - avec difficulté - une fibre lyrique.
À l'écoute de ces deux dernières pièces, il est aussi probable
que le « Love » de The Cult ait été apprécié et
assimilé par les Canadiens.
« Leave
That Thing Alone » pourrait bien être le maillon
faible de l'album. Il a pourtant été sélectionné pour concourir
au titre du meilleur instrumental de l'année. Certes, de bons
moments, mais ça semble tourner en boucle, et surtout, ça ne tient
pas la comparaison avec l'ensemble de l'album.
Heureusement,
« Cold Fire » revient
aux choses sérieuses. Introduit par un riff incandescent découpé
au laser, il reviendrait presque à un rock classique, aux
réminiscences de Blue Öyster Cult (l'arpège de Lifeson semble
d'ailleurs reprendre quelques notes de « (Don't Fear) the
Reaper »).
Rush
étant ce qu'il est - un groupe qui n'a jamais cherché la facilité - après neuf morceaux au cordeau, quasi imparables, et un
instrumental, il clôture ce chapitre par un superbe « Everyday Glory »,
encore empreint d'une pop-rock alternative évoquant autant U2, que The
Alarm et Simple Minds, mais sans jamais renier sa propre essence. Un final d'apparence aussi chaleureuse qu'un soleil de printemps, pourtant, les paroles de la chanson, elles, n'ont rien de
jubilatoire, évoquant l'irréparable traumatisme de l'enfance face à la violence d'un couple se déchirant « Dans la maison où personne ne rit, et
personne ne dort. Dans la maison où l'amour se meurt et les ombres
rampent, une petite fille se cache en tremblant avec ses mains sur
les oreilles. Repousser ses larmes jusqu'à ce que la douleur
disparaisse. Maman dit de vilains mots, Papa frappe le mur. Ils
pourront se battre pour leur petite fille plus tard, pour le moment,
ils se fichent de tout... Dans la ville où personne ne sourit et
personne ne rêve, poussent ceux qui s'ennuient à l'extrême »
Alors qu'en ces débuts des années 90, une
grande majorité de groupes affiliés au mouvement « heavy-rock »
souffre cruellement de la surmédiatisation du grunge, Rush, lui,
avec cet album, suit tranquillement son chemin et grimpe tranquillou
sur la seconde place du billboard. Une première pour le trio de
Toronto. En dépit des genres qui s'entrechoquent et s'accouplent,
«Counterparts » est d'une cohérence rare. Si l'on fait
exception de l'instrumental « Leave
That Thing Alone », tout semble s'enchaîner dans
une logique imparable, liant l'auditeur à une écoute intégrale, le
plongeant hypnotisé dans cet univers. Rush est revenu à ses
fondamentaux, mais avec des esgourdes curieuses qui n'ont pas été
sourdes à l'actualité musicale des dernières années - probablement en particulier U2 mais aussi Pearl Jam. Il en
résulte un album monstrueux, inoxydable, rivalisant de trouvailles, porté par trois musiciens au meilleur
de leur forme, où Rush s'impose avec l'un des meilleurs albums de
Heavy-rock-metôl-progressif de l'année. Certains iront jusqu'à le
hisser au rang des meilleurs de la décennie.
En 2018, après plus de quarante ans d'existence, et près de vingt albums studio, Rush avait annoncé tout arrêter, définitivement. Sans espoir de remonter un jour sur scène. Derrière ce qui semblait être une résolution radicale mais aussi une simple et juste aspiration à profiter d'une retraite paisible, il y avait la maladie de Neil Peart, et les soins qui en découlaient. Continuer à profiter de l'engouement des foules sans leur vieil et indéfectible ami, était difficile envisageable. Rush était vraiment la fusion de trois musiciens soudés et complémentaires. Après plus de trois années de dur combat contre la maladie, le 7 janvier 2020, Neil Peart succombe. Rush fait alors désormais partie de l'histoire. Et lorsqu'on interroge Lee ou Lifeson sur une hypothétique reformation de Rush, tous deux disent que c'est impossible sans Neil.
Cependant, dans le courant de l'automne 2025, on apprend qu'une tournée de Rush est prévue pour 2026. Finalement, Geddy et Alex, une fois le deuil digéré, ont de nouveau été saisi par l'irrépressible envie de remonter sur scène ensemble, afin de faire vivre la musique de Rush (n'oublions pas qu'ils sont tous deux amis d'enfance). Celle de leur vie, de leur indéfectible amitié. Ainsi, cette année, Rush a repris la route avec un nouveau membre en la personne de l'Allemande Anika Nilles, qui c'était déjà faite remarquer en incorporant le groupe de Jeff Beck pour sa tournée de 2022. Il faut avoir un sacré bagage et une certaine confiance en soi pour remplacer un batteur de l'acabit de Neil Peart.
No.
Titre
1.
"Animate"
6:04
2.
"Stick it Out"
4:30
3.
"Cut to the Chase"
4:48
4.
"Nobody's Hero"
4:55
5.
"Between Sun & Moon"
4:37
6.
"Alien Shore"
5:47
7.
"The Speed of Love"
5:02
8.
"Double Agent"
4:52
9.
"Leave That Thing Alone" (instrumental)
4:05
10.
"Cold Fire"
4:27
11.
"Everyday Glory"
5:11
(1) Le premier, éponyme, a été initialement sorti par le label Moon Records. Le propre label du groupe créé en 1973 par le management et les musiciens de Rush, à la suite des refus catégoriques des majors canadiennes d'enregistrer le groupe. Quand des chansons de ce premier disque commencèrent régulièrement à passer en radio (celle du comté), Mercury se ravisa promptement et vint les démarcher pour gentiment leur proposer d'intégrer son écurie. En 1974, Moon Records est transformé en Anthem Records, un label indépendant, qui a permis à Rush de garder une certaine - et enviable indépendance - et qui a aussi accueilli des groupes et musiciens tels que Coney Hatch, Max Webster, Ian Thomas, A Foot in a Coldwater, BB Gador, Spoons.
(2) En dépit d'une reconnaissance internationale, de récompenses et d'un succès pérenne, Neil, particulièrement exigeant envers lui-même, n'était jamais totalement satisfait de son jeu que de ses compétences. Ainsi, à 45 ans, il décide de prendre des cours pour améliorer la facette jazz de son jeu et améliorer son swing.
(3) Le désormais fameux ampli 5150 de Peavey n'était alors commercialisé que depuis quelques mois, en 1992.