Sonia arrive bien tard, hâve, pâle et défaite1. Elle s'avachit sur son siège ergonomique… Houlà, ça sent le Burn out.
- Et bien ma belle, ce n'est pas la grande forme ? Des soucis ? Tu veux en parler ?
- B'jour Claude… dis donc ? Ça devait être court le billet Sammartini, tu parles… Original j'en conviens, mais je me ruine en compléments alimentaires pour récupérer… Alors cette semaine… Mme Farrenc épisode 2, je dois aller chercher quoi ? des amphétamines ?
- Ah ma pauvre Sonia, tu me présenteras la facture de tes pilules… N'en abuse pas ! Non là, on fait bref… D'autant que comme tu le soulignes, la compositrice française a déjà fait la une avec deux symphonies en 2023…
- Ouf ! Sinon, c'est bon les Nonnettes, mais je commence mon régime bikini… Heu, quoique c'est un peu tôt, je verrai ça après les chocolats de Pâques, hihi…
- Non le nonnette de Louise Farrenc est justement d'une élégante
légèreté, et quatre cordes plus cinq instruments à vent, en voilà de
succulentes sonorités… Ok, le calambour fait snob mais avec tes petits
pains d'épices à l'orange… je ne pouvais le rater…
- Je suppose à lire le titre que les nonettes constitués n'existent pas… Nous allons écouter un groupe de musiciens réunis entre virtuoses et amis…
- Farpaitement comme dirait Obelix !!!!
1 – formule empruntée à Voltaire dans un article titré "Torture".
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| Louise Farrenc en 1835 |
Partie 1 : Sextuor, Septuor, Octuor, Nonette, Dixtuor…
Votre rédacteur en apprend tous les jours. Autant les mots sextuor (de Brahms par exemple), Octuor (de Schubert par exemple), Nonette (de Farrenc par exemple) faisaient partie de mon vocabulaire, la dénomination dixtuor … elle, m'était inconnue et existe bien. Il ne s'agit pas d'un gag sémantique imaginé par un autre blogger fantasque. Il faut dire que le titre n'a été employé tel quel que par Enesco en 1906 ou Jean Françaix en 1987. Les œuvres requérant dix instrumentistes sont légions mais leurs appellations sont souvent plus traditionnelles : exemple : Mozart dans certaines sérénades ou divertimentos…
- Ah ça par exemple, voire non d'une pipe !!!
- Ça suffit Pat !! Donne l'exemple en respectetant ma prose
exemplaire…
Ce terme musical ne date que de 1898 et nous le devons au
compositeur et peintre
Ange Flégier ; en France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées 😊.
Decemtuor aurait été plus rigoureux en respectant l'étymologie latine…
- Clauuuude par pitiééé, on a dit bref ! On s'en fiche ! Louise s'impatiente…
L'instrumentation pour ces divers ensembles n'est pas aussi stricte que pour les quatuors à cordes depuis Mozart et Haydn (Violon I et II, alto, violoncelle), même si ledit quatuor en est souvent la force vive en complicité avec des vents. Fréquemment, un piano s'invite à la place d'un des violons (chez Brahms notamment). Schubert composera son Octuor pour huit virtuoses, il comporte le quatuor usuel et quatre vents (Clic).
La
sérénade
K 186
de
Mozart
(un dixtuor) réunit cinq couples de vents : 2 hautbois, 2 clarinettes, 2
cors anglais, 2 cors et 2 bassons, une musique de kiosque aussi pétillante
et assurant un tel équilibre sonore entre les pupitres. Eh bien… on n'entend
pas cette perfection tous les jours les amis !
Et, comme aurait insinué Maître Folace,
Louise Farrenc
ne voulant pas du tout-venant, elle se risquera dans une association
instrumentale bizarre… (Tout le monde a reconnu une réplique des tontons flingueurs… disons…
adaptée.)
- Claude… Tu es incorrigible… !!!
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| Aristide Farrenc (1794-1865) |
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Partie 2 : La musique de chambre de Louise Farrenc
Nul ne contestera que
Hector Berlioz, le compositeur autodidacte échevelé et un peu fou, ait été le compositeur
romantique le plus marquant du début du XIXème siècle. La
possédée Symphonie fantastique,
la
Damnation de Faust, d'autres grandes œuvres symphoniques ou lyriques jalonnent son existence
au détriment de la musique de chambre qu'il n'a pas abordé, tout comme la
musique pour piano, pour la simple raison qu'il n'en jouait pas 😊.
Tout le monde connaît
Hector, pourtant une dame virtuose et compositrice de surcroit, oui une femme
nommée
Louise Farrenc, avait bizarrement été reléguée de l'histoire de la musique française.
Misogynie ou carnet d'adresses trop modeste pour asseoir sa notoriété ? On
redécouvre pas à pas l'une des personnalités les plus talentueuses de l'art
musical de l'époque.
J'invite mes chers lecteurs à consulter une biographie détaillée de la
compositrice dans une
chronique
de 2023 consacrée à ses
1ère
et
3ème symphonies
particulièrement misent en valeur par
Laurence Equilbey. En un mot
Louise Farrenc
née Dumont deviendra l'une des pianistes les plus en vue de son temps et
même professeur au Conservatoire pendant 30 ans. Instruite musicalement
parlant par
Anton Reicha, un contemporain et ami de
Beethoven. À l'écoute des deux symphonies commentées dans ce billet, sous la
baguette fougueuse de
Laurence Equilbey, difficile de ne pas entrevoir l'influence du style passionné du grand
Ludwig.
La musique symphonique n'était pas le genre dominant de son catalogue. Les pièces pour piano réunies sous au moins 32 numéros d'opus constituent la majorité de son œuvre. Contrairement au patrimoine de Chopin, on y trouve beaucoup d'ouvrages de formes peu académiques (citons : études, variations, ballades, etc. dont raffolait le génial polonais), des partitions d'inspiration très libre telle La sylphide de 1835, un rondo valse très éloquent. De la même manière Louise Farrenc nous a légué un ensemble de 13 œuvres de musiques de chambre qu'il serait nécessaire de redécouvrir dans son intégralité : sonates pour piano et violon ou violoncelle, variations pour piano et cordes, 4 trios, 2 quintettes avec piano, sextuor pour piano et quintette à vent et… le nonette. En résumé des formations dignes d'un Mozart ou même d'un Brahms… En effet, les deux trios tardifs peuvent céder la place de la flûte ou de la clarinette à un violon…
Important : Dans le couple
Schuman, nous avions
Robert
le compositeur et
Clara la virtuose mais aussi une autrice. Le couple
Farrenc
est lui aussi un exemple de conjugalité musicale sauf que Mme compose et
interprète !!! 😊 Un grand merci à
Aristide Farrenc, son mari, flûtiste dans un petit orchestre de la capitale, le
Théâtre-Italien situé rue de la Gaîté*, et surtout éditeur de musique
des célébrités du temps. Il veilla sur la pérennité du travail de sa femme
et géra sa carrière… Cela ne suffit pas, il faut attendre notre siècle pour
redécouvrir la grande dame du romantisme français.
Aristide Farrenc publia une somme de partitions pianistiques en vingt volumes en collaboration avec Louise ; œuvres de l'époque baroque, celles pour clavecin de Couperin, Bach, Haendel, Scarlatti, Rameau, CPE Bach ; mais aussi celles du classicisme pour piano forte de Haydn, Mozart, Clementi, Hummel, Dussek, Weber et Beethoven voire chopin (Source Wikipédia).
(*) Ce petit théâtre d'une centaine de places existe toujours sous le nom de Comédie Italienne. On y joue Goldoni, de la commedia dell'arte, des auteurs italiens. La façade est un lieu de visite à elle seule, mais la mairie de Paris menace son intégrité !!!!
Louise Farrenc méritait la rédaction d'un ouvrage pour nous faire découvrir la vie et la personnalité de cette compositrice dans un monde dominé par les mecs. Ce sont les artistes allemands et le label CPO qui l'ont ressuscitée à partir de 1997. À noter que son style était apprécié de Robert Schumann lui-même, un expert en la matière. Ceci montre que sa musique avait franchi les frontières… sa renommée était européenne ! Il existe un petit ouvrage de la plume de la musicologue Catherine Legras, paru en 2003 mais épuisé, bien entendu, et difficile à dénicher. Le nonette que nous écoutons laisse à penser que Louise aimait le bien vivre. Une chose est certaine, Louise Farrenc avait du tempérament et ne s'en laissait pas compter, ainsi elle exigea et obtint l'égalité salariale des professeurs des deux sexes au Conservatoire.
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| Joseph Joachim Jeune |
Partie 3 : Composition et création du nonette de Louise Farrenc
J'avoue ma gourmandise pour ce genre d'œuvres mêlant cordes et vents. La
modicité de l'effectif offre la variété de timbres d'un orchestre
symphonique en miniature. Je m'imagine facilement au jardin du Luxembourg en
1849 avec chapeau haut de forme et canne à pommeau,
Maggy Toon en robe à froufrou et crinoline, chapeau, voilette et
éventail mais étouffant dans son corset 😊. Sonia en humble tenue de
nourrice surveille Baby Toon. Sur le kiosque, neuf musiciens jouent
ce
nonette
dans une formation inspirée de celui de 1813 de
Louis Spohr, un contemporain de
Beethoven, lui aussi un peu oublié, quoique…
L'effectif comporte un quatuor à cordes classique que Louise adapte : violon, alto, violoncelle et contrebasse (et non un violon II), et cinq vents les plus courants de l'orchestre symphonique définitif en cette période du romantisme : flûte, hautbois, clarinette, basson, cor. (Un trombone ferait fuir les oiseaux du parc. 🦜🦜) Le nonette est l'unique œuvre de chambre sans piano de la compositrice.
Il ne s'agit pas d'une commande.
Louise
montre sa fascination pour les formes les plus originales apparues depuis
Mozart
et reprises par
Beethoven
dans son
septuor
ou
Schubert
dans son
quintette
La truite
ou son
Octuor.
Contrairement à mes fantasmes, le Nonette est créé en privé lors de deux soirées mondaines chez Sophie Pierson-Bodin (1819-1874), soprano, pianiste et pédagogue (autrice de "Conseils aux parents qui veulent faire apprendre la musique à leurs enfants".). La première publique a lieu début 1850 Salle Érard devenue de nos jours un lieu d'événementiel (séminaires, soirées de gala… la déchéance quoi 😊). Joseph Joachim, encore jeune, 19 ans, est au violon. (Difficile ainsi de se méprendre sur la place occupée par Louise Farrenc dans l'univers musical de ce milieu du XIXème siècle.) Joseph Joachim qui deviendra l'un des violonistes les plus talentueux jusqu'à la fin du romantisme et de sa vie en 1907. Il sera l'ami de Brahms qui lui dédicacera son concerto. Diable d'artiste virtuose qui enregistrera des extraits des musiques de Bach, Brahms et de lui-même en 1903 ! (Heu, le son c'est vraiment la misère 😊.)
Partie 4 : Le nonette et ses interprètes
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| François Leleux et son hautbois |
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| Guillaume Sutre et son violon |
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| Gustave Caillebote : Canotiers |
Preuve que la gente masculine musicale de la IIème république,
toute neuve mais éphémère, ne dédaignait pas le talent de compositrice de
leur consœur et que sa musique connaissait un franc succès, la liste des
instrumentistes lors des deux créations en privé et celle de la première
chez Erard sont parfaitement connues. Je ne les donne pas, c'est
superflu, mais la plupart étaient des virtuoses et-ou premiers solistes de
l'époque, certains membres de la
société des conservatoires
créée en 1828 et portant de nos jours le nom d'Orchestre de Paris.
Dans le disque sélectionné ce jour, seul le hautboïste m'était connu… J'ai navigué… tous les autres interprètes sont des musiciens de haute volée, mais leur consacrer quelques lignes allongerait le billet au grand dam de Luc 😊. Tous sont membres de phalanges de premier plans et professeurs de conservatoires. Donc, côté cordes : Violon – Guillaume Sutre, Alto – Miguel Da Silva, Violoncelle – François Salque, Contrebasse – Vincent Pasquier, Flûte – Philippe Bernold, Hautbois – François Leleux, Clarinette – Romain Guyot, Basson – Gilbert Audin, Cor – André Cazalet. (Partition)
1 - Adagio – Allegro : Louise connaît bien les petites traditions du classicisme… et notamment l'introduction au tempo lent si souvent présent dans les symphonies de Haydn. Un adagio trois fois plus alangui que ne sera l'allegro (♩=69 - 𝅗𝅥.=69 - la bémol majeur). La mesure changera aussi passant de 4/4 à 3/4. Un noble motif joué à l'unisson par tous les instruments introduit une thématique élégante, une succession d'arpèges crescendo decrescendo de deux mesures navigant d'un pupitre vers un autre, arpèges séparés d'une citation du basson : ainsi se suivent : clarinette, hautbois, clarinette, flûte et clarinette… … On imagine une conversation entre dames chics. Le cor et l'alto se font discrets… [01:03] une seconde idée mélodieuse viendra des cordes, accompagnant le chant enjoué de la flûte. Nous écoutons un adagio empreint de poésie et de tendresse dont le style nuancé gracile émerge des jeux de timbres qui se succèdent. L'adagio se poursuit ainsi affirmant sa tonalité majeur, affichant un lyrisme bonhomme et s'achevant sur un arpège allègre du violon suivi d'un point d'orgue !
[01:50] Plus allant, l'allegro débute
par des échanges concertants des bois.
Louise
nous propose une musique ludique. La thématique sans esbrouffe s'anime
émaillée de trémolos et trilles des divers instruments, un climat récréatif
se développe. [04:23] la compositrice fidèle aux règles de la forme sonate
assure une reprise. On notera deux rôles de leader, l'un du violon et
l'autre de la clarinette. Justifiant mon impression, [10:36] une cadence
virevoltante du violon solo s'élance avant de céder au cor l'initiative de
la coda…
2 - Andante con moto (avec entrain - ♩ = 69 – 2/4 - Si bémol majeur) : Pour jouer à qui influence qui ? Je choisirai Schubert pour cet andante bien rythmé et surtout recourant au principe thème et variations. Louise ose tout dans la forme compositionnelle. L'introduction et les quatre variations comportent toutes deux sections de deux motifs répétées deux fois ! La brièveté, l'imagination thématique et le jeu de rôles attribués aux divers instruments solistes n'ennuient en rien. Le résultat obtenu sera vécu par l'auditeur telle une procession de village, de toute façon de manière festive. Première section : motif initial, pimpant : 8 mesures aux cordes (1 reprise) qui précèdent un intermède de 5 mesures aux vents [0:38] et enfin [0:38] 5 mesures tous ensemble comme 3ème motif. (1 reprise des 2ème et 3ème motif). Vous voyez le genre 😅 On ne va pas tout commenter au risque que le paragraphe soit bien plus long à lire que l'écoute du morceau. [1:12] Variation 1 : hautbois soliste avec soutien des cordes. Reprise évidemment. [1:47] Variation 2 : violon soliste dans motif 1 et flûte et clarinette dans motif 2. [3:18] Variation 3 : basson principal dans motif 1, hautbois dans motif 2. [4:38] Variation 4 : violon, flûte et cor dans motif 1, violoncelle et flûte dans motif 2. [6:02] Conclusion cantabile et coda. Enchanteur, même si ce mot paraît désuet.
3 - Scherzo, Vivace : (𝅗𝅥.
=100–3/4 – La bémol majeur) : L'andante
plutôt cadencé me fait songer au son des rames d'une barque manœuvrée par de
vaillants canotiers surgis d'un tableau de Gustave Caillebotte (L'un
de ses sujets favoris). Le peintre étant né en 1848, cette
association est toute personnelle, vous connaissez mon intérêt pour
rapprocher les arts… Cette idée, peut-être farfelue, m'est venue en écoutant
le scherzo construit sur des principes
similaires : des motifs trépidants réunis en courtes sections, une tonalité
de la bémol majeur plutôt optimiste favorable à un flot mélodique plein
d'entrain, terme ajouté sur la
partition par
Louise
pour préciser le style de jeu souhaité.
Femme énergique mais parfois humoriste pensera-t-on à l'écoute du début de
ce scherzo, une facétie de pizzicati
syncopés aux cordes (pas la contrebasse pour alléger le
motif 1 finement nuancé et entrée
tardive de l'alto). Le motif 2 n'est
autre qu'une variation sans les syncopes jouée par les vents. [00:24]
Entraîné avec vigueur par le cor et le violon staccato se dessine un
motif 3 unissant cordes et vents ;
pourtant
Louise
s'écarte vaillamment des règles sonates imposées dans un scherzo. [00:55] Ce
motif 3 développé est repris crescendo,
logique dans un scherzo, quoique… [01:32] Le
trio est noté
meno mosso (moins agité, le tempo étant 𝅗𝅥. =76 et la tonalité devient Ré majeur). En effet, une
jolie mélodie aux accents printaniers se déploie, le rythme 3/4 laisse
imaginer un couple valsant dans une guinguette proche du kiosque. [03:14]
Tiens un écho du motif 1 énonce le
scherzo II avec le retour des pizzicati, sauf que le hautbois oiseleur
intervient… Bref, en quatre minutes,
Louise
bouscule l'organisation rigide du
scherzo dont seul le climat rieur
assure une réelle symétrie musicale (Bruckner
n'osera jamais déroger aux règles malgré un matériel thématique très
sophistiqué). Si on note divers écarts chromatiques, ce petit morceau
s'avère d'un modernisme que seul
Wagner
affirmera totalement en pulvérisant la tonalité pure et dure dans les
décennies suivantes.
4 - Adagio – Allegro : (♩ = 52 | 𝅗𝅥 =104 – 3/4 | 4/4 – La bémol majeur) : Une marche funèbre mais peu convaincante constitue le bref adagio : des accords syncopés des vents répétés à l'unisson, des motifs arpégés faussement tragiques des cordes. La gravité trahie par une cadence geignarde du hautbois révèle encore une idée originale, une réplique de l'adagio introductif… Martiaux, cor puis clarinette lancent l'allegro merveilleusement cantabile. La liberté de ton permet à la musique d'échapper à un carcan formel. Chaque instrument aura peu ou prou son solo, tel le violon puis la clarinette… etc.. Je ne détaille plus cette œuvre d'une qualité compositionnelle et d'une joyeuseté extrêmes.
Partie 5 : Le Trio opus 44 pour clarinette
Composé en 1856 par
Louise Farrenc, ce
trio
fut conçu pour piano, clarinette (ou violon) et violoncelle. Il comprend
quatre mouvements et on y retrouve l'élégance teintée d'insouciance
caractéristique du
nonette
et liée à la tonalité de mi bémol majeur. Il sera édité en
1861 par son mari et dédié au clarinettiste virtuose
Adolphe Leroy
(1827-1880) qui avait déjà participé à la création du
nonette. Assez ambitieux, il préfigure ceux de
Brahms. Le menuet certes gracile accuse
une forme traditionnelle à l'opposé du
scherzo cocasse du
nonette.
Il complète le disque du jour ainsi que d'autres pièces. L'interprétation réunit de grands artistes français : Brigitte Engerer au piano ; Romain Guyot à la clarinette ; Francois Salque au violoncelle.
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Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que conseillée. Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la musique…
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INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool. |










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