jeudi 22 octobre 2026

Granville BANTOCK – Thalaba The Destroyer (1900) – Vernon HANDLEY (2001) - Claude Toon



- Si dans le titre je n'avais pas déjà lu Granvile Bantock, Claude, j'aurais pu me faire avoir lors d'un quizz et nommer Richard Strauss … Sinon, je connais une petite gargote à Granville où les moules sont particulièrement bonnes … Avec Nema […]

- Heuu oui oui Sonia, cette musique te donne la frite à l'évidence…. Mais revenons à la musique. Strauss ! Une méprise assez naturelle de ta part car ce compositeur, anglais de naissance, admirait le style chromatique de Wagner et les climats épiques et légendaires des symphonies de Sibelius… et aussi de Richard Strauss qui fut un interprète historique de Wagner…

- Un nouveau dans le blog… Un grand compositeur ?

- Un second couteau mais digne d'être présent dans la ligne "découverte" du blog. Il a composé et enseigné beaucoup, servi avec ardeur la musique de son pays.

- Le maestro Vernon Handley a déjà été entendu dans un poème symphonique de Arnold Bax en 2017.

- Oui et de sir Bantock. Vernon Handley a gravé beaucoup de disques des maîtres de la perfide Albion de son temps pour des labels comme Chandos ou Hyperion. On ne peut nier un charme cinématographique à la musique anglaise postromantique ; de la poésie, peu de théorie alambiquée…



Granville Bantock (1868-1946)
 

Encore une chronique qui nous conduit vers 1900 à traverser la Manche, ballotés sur un ferry à vapeur entre Calais et Douvres puis bringuebalés dans train (aussi à vapeur), train qui nous conduira à Londres. Bigre, Sonia a eu le mal de mer puis celui des transports 🤮. Nous avons Rendez-vous avec un tout jeune compositeur britannique : Granville Bantock !

Comme le fait remarquer Sonia, mon attachement à la musique anglaise de la fin du romantisme puis de l'époque plus moderne n'est pas un scoop. Il y a deux semaines, nous écoutions un concerto pour violon génial de 2005, celui de Thomas Adès.

Mes lecteurs connaissent déjà les grands noms de la musique de cette période : Sir Edward Elgar (Enigma variations), Frederick Delius (poèmes symphoniques et concerto pour violoncelle), Ralph Vaughan Williams (symphonies entre autres pièces, bien servi dans le blog), Gustav Holst (et ses planètes), William Walton (symphoniste) et Arnold Bax (poèmes symphonique bucoliques). L'index propose de nombreux articles.

 

Un mystère plane au-dessus de l'histoire de la musique "classique" anglaise. À l'époque baroque, un nom et un seul se distingue, celui de Henry Purcell, auteur de génie hélas mort précocement à 35 ans en 1695 ! Entre cette date et l'entrée en piste à la fin du XIXème siècle des compositeurs cités avant, aucun compositeur, du moins marquant, n'a laissé de trace. Haendel était allemand. On peut par compassion mentionner Thomas Arne dont on peut écouter les élégants concertos pour orgue dans un billet dédié à Jean Guillou.

Pendant près de 200 ans, l'Allemagne, l'Empire Austro-Hongrois, l'Italie mettent fin brillamment à 150 ans de style Baroque (Bach, Vivaldi). Puis ils domineront le classicisme (Mozart, Haydn) et enfin le romantisme (Beethoven, Schubert, Schumann, Chopin, Liszt, Bruckner, Paganini, Verdi). La France n'est pas en reste (Couperin, Rameau, Berlioz, Bizet). Les anglais maintiennent une intense activité musicale, notamment chorale, car grands amateurs d'oratorios tels ceux de Mendelssohn…


Royal College of Music (1882)

Pourquoi cet absence de grands maîtres britishs ? On suppose que le public anglais étant trop amateur de musiques religieuses - je parlais d'oratorios - ceci a conduit à l'émergence du concept national de musique ancienne et de répertoire immuable, celui de Haendel à Mendelssohn (qui traduit ses ouvrages en anglais). Aucun notable ne pense utile de passer commande à des compositeurs de son pays… Or, cet attrait pour la musique religieuse dans un pays anglican est un frein pour l'innovation profane due aux grands maîtres du continent : la symphonie, le concerto, les opéras d'inspiration profane, tragiques ou bouffons.

Par ailleurs, les mécènes et protecteurs allemands n'ont pas d'équivalents en Angleterre. La monarchie absolue n'investit pas dans l'art musical. Le futur roi Édouard VII, conscient des déficiences dans ce domaine, changera la donne en créant le Royal College of Music avec l'aval officiel et direct de la reine Victoria. De cette institution prestigieuse sortira une génération de compositeurs listés plus haut, d'esprit novateur et adoptant les genres européens mais fidèle à une éthnomusicologie britannique.

Granville Bantock appartient à cette pépinière de compositeurs qui assureront la renaissance de l'école musicale anglaise moderne. Au-delà de ceux désormais bien connus des mélomanes fouineurs et énumérés plus-haut qui se sont imposés avec des ouvrages populaires – Gustav Holst et "les planètes" qui fascinent les chefs et le public (Clic) ou Fantasia sur un thème de Tallis de Vaughan-Williams, suite pour cordes à l'ambiance mélancolique et grandiose, leitmotive de B.O.F. comme Master and Commander (2003) de Peter Weir ou L'Histoire sans fin (1984) de Wolfgang Petersen… (Clic).

Je précise à Sonia qui rassemble des infos, qu'il est inutile de chercher la programmation de ces musiques dans les concerts de l'Hexagone. Elle ne trouvera rien ou presque avant Britten. La cause n'est pas forcément une peur viscérale de l'inconnue, de la nouveauté mais, et ce n'est guère plus glorieux, une franchouillardise de mise au début du XXème siècle. Nos compositeurs anglais resteront influencés longtemps par les styles wagnérien et straussien (Richard), à savoir : orchestre gigantesque, thèmes romanesques voire abusivement héroïques. Par ailleurs, l'esthétique repose sur la collecte et l'intégration de folklore et de chants traditionnels anglais (le mouvement Pastoral) ; à la manière de Bartòk en Hongrie…


Frederick Corder ()

En France on tourne plus nettement le dos à l'école germanique et autrichienne pour expérimenter des formes expressionnistes et impressionnistes poétiques et recourir à une orchestration certes riche, mais rayonnante de timbres plus déliés et raffinés. Il était déjà difficile pour le public hermétique de la IIIème République d'admettre la révolution musicale de son temps, alors adhérer à celle des anglais, n'y pensons pas 😡… Ah… le public parisien endimanché de la belle époque et ses amateurs d'opérettes cucul ("musicosceptique" me souffle l'I.A… Sinon le paragraphe est de ma plume, du pur toon 😊).

Rappelons-nous le scandale du Sacre du printemps de Stravinsky. Alors, imaginons dans un même programme l'érotique prélude à l'après-midi d'un faune ou la scintillante mer de Claude Debussy avec la suite symphonique de ce jour ou la musique de Delius teintée de Folk bucolique. Faire cohabiter ces ouvrages en concert se révèle chimérique même pour les mélomanes les plus éclairés. Mon rôle dans le blog est d'assurer une grande séance de rattrapage.

J'ai pu apprécier les symphonies haut de gamme de Vaughan-Williams dès les années 70 grâce aux disques EMI d'Adrian Boult et les planètes de Holst, le hit grandiose favori des maestros en vaine d'épate sonore (Steinberg, Karajan, etc.). Étendre mon intérêt pour leurs confrères et amis mal connus est essentiellement dû au mécanisme de YouTube qui suggère des pistes de découverte. C'est le cas ce jour…

Anecdote : Vaughan-Williams franchira le Channel en 1907-1908 pour suivre les cours de Maurice Ravel. Il trouve à son propre style d'orchestration trop de lourdeur Germanique. Ravel le libère de l'usage du lourd contrepoint teuton pour lui faire découvrir la clarté français dont celle de la Rhapsodie Espagnole ou de Shéhérazade, et sans doute la magie des sonorités instrumentales de son confrère Debussy qui avait conseillé Arnold Bax vers 1900 (ça s'entend dans les audaces harmoniques modales appliquées aux airs celtiques 😐)…

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Robert Southey (1774-1843 )
 

Londres, 1868, naissance dans la famille Bantock du petit Granville ! Le papa, d'origine écossaise, exerce la chirurgie et l'obstétrique. La fratrie comporte huit enfants ! Sa mère en cette époque victorienne où peu d'épouses peuvent assumer un métier gère la maisonnée activement et avec bienveillance face à un mari plus rigoriste.

Granville est destiné à suivre des études pour partir comme fonctionnaire en Inde, et se forme également la chimie (de santé fragile, le projet hindou tournera court). On ne trouve pas trace d'une activité musicale du jeune homme avant ses vingt ans hormis l'étude de partitions. La passion pour la musique bien que tardive le conduit au Trinity College of Music en 1888, puis à la Royal College of Music de Londres (de 1889 à 1892). Il y suit les cours de composition de Frederick Corder (1852-1932). La discographie de Corder se limite à Prospero, une pièce orchestrale de 10 minutes dénichée dans une anthologie d'œuvres victoriennes mineures de 7 auteurs tombés aux oubliettes (Clic - Vidéo en prime 😊). Petit compositeur ? Sans doute, mais excellent professeur.

Granville Bantock débute sa carrière comme chef d'orchestre pendant cinq ans et bourlingue à travers le monde à la tête d'une troupe de comédie musicale. Un chanteur se distingue, son frère Leedham Bantock. Il deviendra plus tard cinéaste du temps du muet et acteur incarnant pour la première fois sur la pellicule le Père Noël dans Santa Claus en 1912 d'Harold Simpson (Luc prépare un billet m'a-t-on dit 🎅). En parallèle, il fonde une revue musicale The New Quarterly Music Review, qui paraitra trois ans de 1893 à 1896. La ligne éditoriale promeut la musique anglaise de ses confrères. Ce désir de mise en valeur de la production british qui renaît après presque deux siècles de silence sera une préoccupation constante chez cet homme.

En 1897, Bantock conduit la destinée des concerts de la New Brighton Tower dans le Cheshire près de Liverpool. D'une simple fanfare de 30 cuivres, il obtient la mise en place d'un orchestre symphonique complet de 100 instrumentistes. Le programme évolue, finies la valse et la polka. Place aux grands compositeurs (Beethoven, Mozart, Tchaïkovski, Wagner, Sibelius*) et surtout Bantock invite les anglais novateurs à exécuter leurs œuvres. Elgar jouera ainsi ses Variations Enigma en 1899. Les tarifs sont adaptés à toutes les clases sociales. Une suractivité estimée ruineuse et Bantock est congédié en 1900.

Il dirigera également l'Orchestre de Liverpool et l'Orchestre symphonique de la ville de Birmingham (CBSO) fondé en 1920.

(*) Cinq de ses compositeurs fétiches qui auront une grande influence sur son propre style…


Vernon Handley
 
 

Après ces aventures en tant que maestro, Bantock conciliera pédagogie et composition. dès 1900, il est nommé directeur de l'école de musique du Birmingham and Midland Institute, à la demande de Elgar. Il occupera le poste jusqu'en 1934 ! un établissement pluridisciplinaire enseignant les sciences dures ou humaines et les arts… Son accès est possible pour toutes les couches de la société depuis 1854. La particularité de cette école est le changement de président chaque année, des hommes politiques, des astronomes et des écrivains comme Dickens s'y succéderont. En 1908, Elgar se réjoui de lui céder le poste de professeur de musique à l’Université de Birmingham là encore jusqu'à la fin de sa carrière en 1934. Il est anobli par George V en 1930. Il décédera en 1946.

Le catalogue de Bantock comporte 800 œuvres environ. Comme tout anglais une grande part est dédiée à la musique vocale et chorale, on compte 40 cycles de mélodies. Il est l'auteur de quatre opéras dont La femme Phoque, 🦭

- C'est une blague de mauvais goût Claude ?  Evidemment, M'sieurs Pat et Luc se marrent …

Non et pas un film de Jacques Tourneur non plus. Cet opéra a été reconstitué en 2015. Il s'agit d'une légende celtique, les sirènes étant des créatures ôtant leur peau de phoque pour devenir de séduisantes naïades… 😊 l'Orchestre de l'Opéra d'Écosse l'a ressuscité. Comme souvent dans la production de Bantock l'histoire se déroule sur les côtes des Nouvelles Hébrides dont le folklore et les légendes inspireront aussi des poèmes symphoniques et des symphonies. Bantock a légué un répertoire abondant dans tous les domaines : piano, musique de chambre et lyrique. Excellent orchestrateur, il savait utiliser les cuivres à merveille.

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Le choix non hasardeux du poème symphonique Thalaba The Destroyer (destructeur) nous permettra d'explorer les spécificités de l'art de Bantock en lien avec les compositeurs qui l'ont influencé. Bantock, amateur de personnages légendaires rejoint ses maîtres favoris adeptes de suites symphoniques épiques et aventureuses : Sibelius et Lemikainen (héros mythique finlandais), Tchaikovsky et Manfred, (héros romantique de Byron), Richard Strauss et Don Juan et Till Eulespiegel… et bien sûr Wagner et la multitude de personnages issue des légendes nordiques ou arthuriennes… Que détruira Thalaba ? Un repère de sorciers et de sorcières après une dangereuses quête… 


Sabbath de sorcières - Hans Baldung - 1510

Impossible de passer sous silence l'intellectuel, poète, biographe, historien du Brésil et parlementaire Robert Southey (1774 – 1843). On lui doit la rédaction du charmant conte Boucle d'Or et les trois ours 👱‍♀️+🧸🧸🧸. Inconditionnel de la misogynie de son époque, il reçut pour avis des manuscrits de Charlotte Bronté à qui il conseilla de retourner à ses fourneaux, non par manque de talent, mais parce qu'une femme n'avait pas vocation à devenir écrivaine 😣! Autrice à qui on doit pourtant le beau roman Jane Eyre, féministe et porteur de critique sociale.

Intéressons-nous au conte gothique de Robert Southey, Thalaba The Destroyer, dont la Hammer aurait pu décliner quelques films horrifiques. Conte qui inspirera en 1899 Bantock pour un premier poème symphonique en douze épisodes. Inutile de préciser que je ne vais pas analyser tous les passages dont les sous-titres explicites, guident par eux-mêmes l'imaginaire de l'auditeur. On peut établir un parallèle avec Peer Gynt de Grieg ou Shéhérazade de Rimski-Korsakov. Nota : une adaptation en français a été publiée en association avec Dracula de Bram Stocker (Chez la Pléiade de Gallimard, rien que cela )… Et oui Southey y parle de vampire pour la première fois en littérature…

Résumons la saga (fort rocambolesque et riche en rebondissements sous la plume de Southey), mais telle que Bantock l'a condensée pour sa mise en musique. Le compositeur privilégie la succession des portraits des personnages principaux et des péripéties plutôt que suivre le récit épique originel dont il s'écarte en plusieurs points (Mort de Thalaba ?).

Une prophétie prédisait que Thalaba serait l'élu mystique qui détruirait les hordes sataniques. Le jeune Thalaba, victime désignée, assiste impuissant au massacre de sa famille par une cabale de sorciers, dont son chef Hodeirah. Le carnage a lieu au fond des mers dans les cavernes maléfiques de Domdaniel. (Lieu maudit ou règne les démons sous l'autorité de Satan ; souvent évoqué en littérature fantastique, telle celle de Lovecraft.) Thalaba échappe à la mort, sa mère Zeinab aussi mais peu de temps. 

Projetons nous dans le désert oriental, celui des djinns et des califes comme Mohareb qui l'accueille après la mort de Zeinab. Thalaba tente de protéger un anneau de protection et d'affermir sa foi musulmane pour repousser les forces démoniaques toujours à sa recherche. Son périple et de multiples péripéties le conduisent de Baghdâd à Babylone, luttant contre des magiciens, des guerriers, de viles créatures comme Zahak le dieu serpent, tandis que des esprits divins lui donnent mission de venger les siens…


cavernes maléfiques de Domdaniel. 
 

Les tentations seront nombreuses. Les sorciers envoient des démons pour le faire dévier de sa route. Il perd son anneau lors d'une tempête de sable, le retrouve. Il se voit invité dans des paradis artificiels et orgiaques, participe à des festins et résiste à la séduction de danseuses lascives… en un mot refuse la perdition ! Il sauve la vie de la jeune Oneiza, la fille de Mohareb qu'il veut épouser mais la jeune fille est tuée au grand désarroi de Thalaba. Un vampire s'insinue dans l'âme de Oneiza pour désavouer en songe la quête du héros… Moath la fille de Oneiza… découvre le maléfice et le rompt. Des sorcier.e.s des deux sexes en notables maléfiques ou pas et même un vampire… Thalaba poursuit une épopée très compliquées, avouons le !!!

Thalaba atteindra enfin les grottes maléfiques de Domdaniel. Il parviendra après de furieux combats à tuer les sorciers et les créatures impies, la grotte sous-marine s'effondrant sur les hordes démoniaques… La victoire du bien sur le mal, concept très zoroastrien à rapprocher de Ainsi Zarathoustra de R. Strauss.

À la manière d'un ballet Bantock écrit douze "tableaux" pour illustrer ce conte qui aurait pu donner naissance à un opéra. L'orchestration est la suivante : 2 flûtes + Piccolo, 1 hautbois + cor anglais, 2 clarinettes + clarinette basse, 2 bassons + contrebasson, 4 cors en mi, 2 cornets, 2 trompettes, 3 trombones, 1 tuba basse, 3 timbales, triangle, cymbales, gong, grosses caisse, harpe, cordes dont les violons 1 en 3 groupes. (partition). 116 pages pour une œuvre de 25 minutes 😊.



Thalaba et Mohareb visitent la caverne de Zahak

Analyser de manière détaillée chaque épisode rebute par leur richesse et n'apportera rien aux mélomanes. À poème symphonique, je préfère presque le terme de symphonie à programme telle la symphonies Fantastique ou Harold en Italie de Berlioz qui certes conservaient un découpage en mouvement mais dont les sous-titres indiquaient clairement les émois du héros et les atmosphères de chaque épisode. Liszt inventera le poème symphonique plus ésotérique inspiré d'ouvrages littéraires. Dans le blog, voir Ce qu'on entend sur la montagne, un peu long voire répétitif dans sa thématique mais grandiose et doté d'un traitement orchestral qui fera date (Clic).

Vernon Handley par une direction musclée et héroïque, nuancée et trépidante redonne une vie intense à cette page. Le chef (Clic) ressuscite et enregistre en 2001 la partition jouée que trois fois en concert depuis sa création par Henry Wood en mai 1900…

À l'écoute, Maggy Toon parle d'une fabuleuse variété de thèmes et de contrastes instrumentaux. Elle ressent une fascination pour Tchaïkovski, les couleurs, les transitions abruptes lors de l'évocation des langueurs et sentiments amoureux face aux sauvageries des combats contre les démons… Bantock utilise des échelles chromatiques arabisantes très denses, des harmonies opulentes et des éclats de cuivres vigoureux pour peindre le désert et la magie noire… Voici la liste des passages agrémentée de quelques impressions personnelles :

 

[0:00]

1.      Introduction : Les pouvoirs du mal. Triste et lugubre-animato

Trombones et tuba, timbales(pp), cordes graves…

[1:10]

2.      Le thème de Zeinab. Molto plus lento

Chorégraphique, cordes chantant l'amour d'une mère

[3:05]

3.      Le thème de Thalaba. Allegro "enflammé"

Enigmatique, volontaire, vengeur…

[5:00]

4.      Le thème d'Oneiza. Modéré

Orientalisant (bois) sensuel et tendre (thrène aux cordes)

[8:55]

5.      La langueur fatale de V. Thalaba. Poco lento

Méditatif et onirique, chant de la flûte solo et harpe

[12:05]

6.      Mariage et bref bonheur amoureux. Meno Mosso

Faussement joyeux et tragique, vents magnifiés !

[14:35]

7.      Mort d'Oneiza. Appassionato dolorosa

Lutte concertante des cuivres (Bantock est un as !)

[15:20]

8.      Thalaba erre désolé au milieu des tombeaux. Molto lento

Marche de la désolation, dominante de cordes, affliction

[18:55]

9.      Thalaba repart dans sa grande quête. Poco Allegro

Choral de cuivres typiquement british, vindicatif

[21:50]

10.   Mort de  Thalaba et reprise du thème d'Oneiza. Poco plus lento

Enchanteur et érotisant, mélodie subtilement orchestrée

[23:35]

11.   Le mal perdu à jamais

Pathétique et paroxystique, coup de gong conclusif du drame

[25:00]

12.   La dernière extase de la foi et de l'amour. Pesante risolto

Reprise des leitmotive opposant tendresse et tragédie

 


Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que conseillée.

Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la musique…


INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool. 



En complément, une playlist de 7 pièces symphoniques par divers compositeurs anglais contemporains de Granville Bantock… Peu pourrait justifier une chronique individuelle… Ce n'est pas toujours de la dentelle 😊😊.

Le maestro David Lloyd-Jones (1934–2022) fondateur de l'Opéra Nord (Opera North) et son orchestre résident, initialement appelé l'English Northern Philharmonia (rebaptisé plus tard l'Orchestre de l'Opera North)

David Lloyd-Jones était particulièrement reconnu pour sa défense de la musique britannique (Bax, Vaughan Williams, Walton) et russe (Moussorgski, Tchaïkovski, Prokofiev), avec une vaste discographie principalement chez Naxos et Hyperion. (Source I.A.)

 

1.   George Alexander Macfarren (Chevy Chace)

2.   Henry Hugo Pierson (Romeo and Juliet, Op. 86)

3.   Arthur Sullivan (Macbeth)

4.   Frederick Corder (Prospero)

5.   Edward Elgar (Froissart, Op. 19)

6.   Hubert Parry (Overture to an Unwritten Tragedy)

7.   Alexander Mackenzie (Britannia – A Nautical Overture, Op. 52)





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