- Si dans le titre je n'avais pas déjà lu Granvile Bantock, Claude,
j'aurais pu me faire avoir lors d'un quizz et nommer Richard Strauss …
Sinon, je connais une petite gargote à Granville où les moules sont
particulièrement bonnes … Avec Nema […]
- Heuu oui oui Sonia, cette musique te donne la frite à l'évidence….
Mais revenons à la musique. Strauss ! Une méprise assez naturelle de ta
part car ce compositeur, anglais de naissance, admirait le style
chromatique de Wagner et les climats épiques et légendaires des
symphonies de Sibelius… et aussi de Richard Strauss qui fut un
interprète historique de Wagner…
- Un nouveau dans le blog… Un grand compositeur ?
- Un second couteau mais digne d'être présent dans la ligne
"découverte" du blog. Il a composé et enseigné beaucoup, servi avec
ardeur la musique de son pays.
- Le maestro Vernon Handley a déjà été entendu dans un poème
symphonique de Arnold Bax en 2017.
- Oui et de sir Bantock. Vernon Handley a gravé beaucoup de disques des
maîtres de la perfide Albion de son temps pour des labels comme Chandos
ou Hyperion. On ne peut nier un charme cinématographique à la musique
anglaise postromantique ; de la poésie, peu de théorie alambiquée…
|
| Granville Bantock (1868-1946) |
Encore une chronique qui nous conduit vers 1900 à traverser la
Manche, ballotés sur un ferry à vapeur entre Calais et Douvres puis
bringuebalés dans train (aussi à vapeur), train qui nous conduira à Londres.
Bigre, Sonia a eu le mal de mer puis celui des transports 🤮. Nous avons
Rendez-vous avec un tout jeune compositeur britannique :
Granville Bantock
!
Comme le fait remarquer Sonia, mon attachement à la musique anglaise de la
fin du romantisme puis de l'époque plus moderne n'est pas un scoop. Il y a
deux semaines, nous écoutions un concerto pour violon génial de 2005,
celui de
Thomas Adès.
Mes lecteurs connaissent déjà les grands noms de la musique de cette période : Sir Edward Elgar (Enigma variations), Frederick Delius (poèmes symphoniques et concerto pour violoncelle), Ralph Vaughan Williams (symphonies entre autres pièces, bien servi dans le blog), Gustav Holst (et ses planètes), William Walton (symphoniste) et Arnold Bax (poèmes symphonique bucoliques). L'index propose de nombreux articles.
Un mystère plane au-dessus de l'histoire de la musique "classique"
anglaise. À l'époque baroque, un nom et un seul se distingue, celui de
Henry Purcell, auteur de génie hélas mort précocement à 35 ans en 1695 ! Entre
cette date et l'entrée en piste à la fin du XIXème siècle des compositeurs
cités avant, aucun compositeur, du moins marquant, n'a laissé de trace.
Haendel
était allemand. On peut par compassion mentionner
Thomas Arne
dont on peut écouter les élégants
concertos pour orgue
dans un billet dédié à
Jean Guillou.
Pendant près de 200 ans, l'Allemagne, l'Empire Austro-Hongrois, l'Italie
mettent fin brillamment à 150 ans de style
Baroque (Bach,
Vivaldi). Puis ils domineront le
classicisme (Mozart,
Haydn) et enfin le romantisme (Beethoven,
Schubert,
Schumann,
Chopin,
Liszt,
Bruckner,
Paganini, Verdi). La France n'est pas en reste (Couperin,
Rameau,
Berlioz,
Bizet). Les anglais maintiennent une intense activité musicale, notamment
chorale, car grands amateurs d'oratorios tels ceux de
Mendelssohn…
|
| Royal College of Music (1882) |
Pourquoi cet absence de grands maîtres britishs ? On suppose que le public
anglais étant trop amateur de musiques religieuses - je parlais d'oratorios
- ceci a conduit à l'émergence du concept national de
musique ancienne et de répertoire immuable, celui de
Haendel
à
Mendelssohn
(qui traduit ses ouvrages en anglais). Aucun notable ne pense utile de
passer commande à des compositeurs de son pays… Or, cet attrait pour la
musique religieuse dans un pays anglican est un frein pour l'innovation
profane due aux grands maîtres du continent : la symphonie, le concerto, les
opéras d'inspiration profane, tragiques ou bouffons.
Par ailleurs, les mécènes et protecteurs allemands n'ont pas d'équivalents
en Angleterre. La monarchie absolue n'investit pas dans l'art musical. Le
futur roi Édouard VII, conscient des déficiences dans ce domaine,
changera la donne en créant le Royal College of Music avec l'aval
officiel et direct de la reine Victoria. De cette institution
prestigieuse sortira une génération de compositeurs listés plus haut,
d'esprit novateur et adoptant les genres européens mais fidèle à une
éthnomusicologie britannique.
Granville Bantock
appartient à cette pépinière de compositeurs qui assureront la renaissance
de l'école musicale anglaise moderne. Au-delà de ceux désormais bien connus
des mélomanes fouineurs et énumérés plus-haut qui se sont imposés avec des
ouvrages populaires –
Gustav Holst
et "les planètes" qui fascinent les chefs et le public
(Clic)
ou
Fantasia sur un thème de Tallis
de
Vaughan-Williams, suite pour cordes à l'ambiance mélancolique et grandiose, leitmotive de
B.O.F. comme
Master and Commander
(2003) de Peter Weir ou
L'Histoire sans fin
(1984) de Wolfgang Petersen…
(Clic).
Je précise à Sonia qui rassemble des infos, qu'il est inutile de chercher la programmation de ces musiques dans les concerts de l'Hexagone. Elle ne trouvera rien ou presque avant Britten. La cause n'est pas forcément une peur viscérale de l'inconnue, de la nouveauté mais, et ce n'est guère plus glorieux, une franchouillardise de mise au début du XXème siècle. Nos compositeurs anglais resteront influencés longtemps par les styles wagnérien et straussien (Richard), à savoir : orchestre gigantesque, thèmes romanesques voire abusivement héroïques. Par ailleurs, l'esthétique repose sur la collecte et l'intégration de folklore et de chants traditionnels anglais (le mouvement Pastoral) ; à la manière de Bartòk en Hongrie…
|
| Frederick Corder () |
En France on tourne plus nettement le dos à l'école germanique et
autrichienne pour expérimenter des formes expressionnistes et
impressionnistes poétiques et recourir à une orchestration certes riche,
mais rayonnante de timbres plus déliés et raffinés. Il était déjà difficile
pour le public hermétique de la IIIème République d'admettre la
révolution musicale de son temps, alors adhérer à celle des anglais, n'y
pensons pas 😡… Ah… le public parisien endimanché de la belle époque et ses
amateurs d'opérettes cucul ("musicosceptique"
me souffle l'I.A… Sinon le paragraphe est de ma plume, du pur toon 😊).
Rappelons-nous le scandale du Sacre du printemps
de
Stravinsky. Alors, imaginons dans un même programme l'érotique
prélude à l'après-midi d'un faune
ou la scintillante
mer
de
Claude Debussy
avec la suite symphonique de ce jour ou la musique de
Delius
teintée de Folk bucolique. Faire cohabiter ces ouvrages en concert se révèle
chimérique même pour les mélomanes les plus éclairés. Mon rôle dans le blog
est d'assurer une grande séance de rattrapage.
J'ai pu apprécier les symphonies haut de gamme de
Vaughan-Williams
dès les années 70 grâce aux disques EMI d'Adrian Boult
et les
planètes
de
Holst, le hit grandiose favori des maestros en vaine d'épate sonore (Steinberg,
Karajan, etc.). Étendre mon intérêt pour leurs confrères et amis mal connus est
essentiellement dû au mécanisme de YouTube qui suggère des pistes de
découverte. C'est le cas ce jour…
Anecdote
:
Vaughan-Williams
franchira le Channel en 1907-1908 pour suivre les cours de
Maurice Ravel. Il trouve à son propre style d'orchestration trop de lourdeur Germanique.
Ravel
le libère de l'usage du lourd contrepoint teuton pour lui faire découvrir la
clarté français dont celle de la
Rhapsodie Espagnole
ou de
Shéhérazade, et sans doute la magie des sonorités instrumentales de son confrère
Debussy
qui avait conseillé
Arnold Bax
vers 1900 (ça s'entend dans les audaces harmoniques modales
appliquées aux airs celtiques 😐)…
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
|
| Robert Southey (1774-1843 ) |
Londres, 1868, naissance dans la famille Bantock du petit Granville
! Le papa, d'origine écossaise, exerce la chirurgie et l'obstétrique. La
fratrie comporte huit enfants ! Sa mère en cette époque victorienne où peu
d'épouses peuvent assumer un métier gère la maisonnée activement et avec
bienveillance face à un mari plus rigoriste.
Granville
est destiné à suivre des études pour partir comme fonctionnaire en Inde, et
se forme également la chimie (de santé fragile, le projet hindou tournera
court). On ne trouve pas trace d'une activité musicale du jeune homme avant
ses vingt ans hormis l'étude de partitions. La passion pour la musique bien
que tardive le conduit au Trinity College of Music en 1888,
puis à la Royal College of Music de Londres (de 1889 à 1892).
Il y suit les cours de composition de
Frederick Corder
(1852-1932). La discographie de
Corder
se limite à
Prospero, une pièce orchestrale de 10 minutes dénichée dans une anthologie d'œuvres
victoriennes mineures de 7 auteurs tombés aux oubliettes (Clic
- Vidéo en prime 😊). Petit compositeur ? Sans doute, mais excellent
professeur.
Granville Bantock
débute sa carrière comme chef d'orchestre pendant cinq ans et bourlingue à
travers le monde à la tête d'une troupe de comédie musicale. Un chanteur se
distingue, son frère
Leedham Bantock. Il deviendra plus tard cinéaste du temps du muet et acteur incarnant pour
la première fois sur la pellicule le Père Noël dans Santa Claus en
1912 d'Harold Simpson (Luc prépare un billet m'a-t-on dit 🎅).
En parallèle, il fonde une revue musicale
The New Quarterly Music Review, qui paraitra trois ans de 1893 à 1896. La ligne éditoriale
promeut la musique anglaise de ses confrères. Ce désir de mise en valeur de
la production british qui renaît après presque deux siècles de silence sera
une préoccupation constante chez cet homme.
En 1897, Bantock conduit la destinée des concerts de la New Brighton Tower dans le Cheshire près de Liverpool. D'une simple fanfare de 30 cuivres, il obtient la mise en place d'un orchestre symphonique complet de 100 instrumentistes. Le programme évolue, finies la valse et la polka. Place aux grands compositeurs (Beethoven, Mozart, Tchaïkovski, Wagner, Sibelius*) et surtout Bantock invite les anglais novateurs à exécuter leurs œuvres. Elgar jouera ainsi ses Variations Enigma en 1899. Les tarifs sont adaptés à toutes les clases sociales. Une suractivité estimée ruineuse et Bantock est congédié en 1900.
Il dirigera également l'Orchestre de Liverpool et l'Orchestre symphonique de la ville de Birmingham
(CBSO) fondé en 1920.
(*) Cinq de ses compositeurs fétiches qui auront une grande influence sur
son propre style…
|
| Vernon Handley |
|
|
Après ces aventures en tant que maestro,
Bantock
conciliera pédagogie et composition. dès 1900, il est nommé
directeur de l'école de musique du
Birmingham and Midland Institute, à la demande de
Elgar. Il occupera le poste jusqu'en 1934 ! un établissement
pluridisciplinaire enseignant les sciences dures ou humaines et les arts…
Son accès est possible pour toutes les couches de la société depuis
1854. La particularité de cette école est le changement de président
chaque année, des hommes politiques, des astronomes et des écrivains comme
Dickens s'y succéderont. En 1908,
Elgar
se réjoui de lui céder le poste de professeur de musique à
l’Université de Birmingham là
encore jusqu'à la fin de sa carrière en 1934. Il est anobli par
George V en 1930. Il décédera en 1946.
Le catalogue de
Bantock
comporte 800 œuvres environ. Comme tout anglais une grande part est dédiée à
la musique vocale et chorale, on compte 40 cycles de mélodies. Il est
l'auteur de quatre opéras dont
La femme Phoque, 🦭
- C'est une blague de mauvais goût Claude ? Evidemment, M'sieurs
Pat et Luc se marrent …
Non et pas un film de Jacques Tourneur non plus. Cet opéra a été
reconstitué en 2015. Il s'agit d'une légende celtique, les sirènes
étant des créatures ôtant leur peau de phoque pour devenir de séduisantes
naïades… 😊 l'Orchestre de l'Opéra d'Écosse l'a ressuscité. Comme
souvent dans la production de
Bantock l'histoire se déroule sur les côtes des
Nouvelles Hébrides dont le
folklore et les légendes inspireront aussi des poèmes symphoniques et des
symphonies.
Bantock
a légué un répertoire abondant dans tous les domaines : piano, musique de
chambre et lyrique. Excellent orchestrateur, il savait utiliser les cuivres
à merveille.
~~~~~~~~~~~~~~~~~
Le choix non hasardeux du poème symphonique Thalaba The Destroyer (destructeur) nous permettra d'explorer les spécificités de l'art de Bantock en lien avec les compositeurs qui l'ont influencé. Bantock, amateur de personnages légendaires rejoint ses maîtres favoris adeptes de suites symphoniques épiques et aventureuses : Sibelius et Lemikainen (héros mythique finlandais), Tchaikovsky et Manfred, (héros romantique de Byron), Richard Strauss et Don Juan et Till Eulespiegel… et bien sûr Wagner et la multitude de personnages issue des légendes nordiques ou arthuriennes… Que détruira Thalaba ? Un repère de sorciers et de sorcières après une dangereuses quête…
|
| Sabbath de sorcières - Hans Baldung - 1510 |
Impossible de passer sous silence l'intellectuel, poète, biographe,
historien du Brésil et parlementaire Robert Southey (1774 – 1843). On lui doit la rédaction du charmant conte
Boucle d'Or et les trois ours
👱♀️+🧸🧸🧸. Inconditionnel de la misogynie de son époque, il reçut pour avis des
manuscrits de Charlotte Bronté à qui il conseilla de retourner à
ses fourneaux, non par manque de talent, mais parce qu'une femme n'avait
pas vocation à devenir écrivaine 😣! Autrice à qui on doit pourtant le
beau roman Jane Eyre, féministe et porteur de critique sociale.
Intéressons-nous au conte gothique de Robert Southey,
Thalaba The Destroyer, dont la Hammer aurait pu
décliner quelques films horrifiques. Conte qui inspirera en 1899
Bantock
pour un premier poème symphonique en douze épisodes. Inutile de préciser que
je ne vais pas analyser tous les passages dont les sous-titres explicites,
guident par eux-mêmes l'imaginaire de l'auditeur. On peut établir un
parallèle avec
Peer Gynt
de
Grieg
ou
Shéhérazade
de
Rimski-Korsakov. Nota : une adaptation en français a été publiée en association avec
Dracula de
Bram Stocker (Chez la Pléiade de Gallimard, rien que cela )… Et oui Southey y parle de vampire pour la première fois en
littérature…
Résumons la saga (fort rocambolesque et riche en rebondissements sous la
plume de Southey), mais telle que
Bantock
l'a condensée pour sa mise en musique. Le compositeur privilégie la
succession des portraits des personnages principaux et des péripéties plutôt
que suivre le récit épique originel dont il s'écarte en plusieurs points
(Mort de Thalaba ?).
Une prophétie prédisait que Thalaba serait l'élu mystique qui détruirait les hordes sataniques. Le jeune Thalaba, victime désignée, assiste impuissant au massacre de sa famille par une cabale de sorciers, dont son chef Hodeirah. Le carnage a lieu au fond des mers dans les cavernes maléfiques de Domdaniel. (Lieu maudit ou règne les démons sous l'autorité de Satan ; souvent évoqué en littérature fantastique, telle celle de Lovecraft.) Thalaba échappe à la mort, sa mère Zeinab aussi mais peu de temps.
Projetons nous dans le désert oriental, celui des djinns et des califes comme Mohareb qui l'accueille après la mort de Zeinab. Thalaba tente de protéger un anneau de protection et d'affermir sa foi musulmane pour repousser les forces démoniaques toujours à sa recherche. Son périple et de multiples péripéties le conduisent de Baghdâd à Babylone, luttant contre des magiciens, des guerriers, de viles créatures comme Zahak le dieu serpent, tandis que des esprits divins lui donnent mission de venger les siens…
|
| cavernes maléfiques de Domdaniel. |
Les tentations seront nombreuses. Les sorciers envoient des démons pour le faire dévier de sa route. Il perd son anneau lors d'une tempête de sable, le retrouve. Il se voit invité dans des paradis artificiels et orgiaques, participe à des festins et résiste à la séduction de danseuses lascives… en un mot refuse la perdition ! Il sauve la vie de la jeune Oneiza, la fille de Mohareb qu'il veut épouser mais la jeune fille est tuée au grand désarroi de Thalaba. Un vampire s'insinue dans l'âme de Oneiza pour désavouer en songe la quête du héros… Moath la fille de Oneiza… découvre le maléfice et le rompt. Des sorcier.e.s des deux sexes en notables maléfiques ou pas et même un vampire… Thalaba poursuit une épopée très compliquées, avouons le !!!
Thalaba atteindra enfin les grottes maléfiques de Domdaniel. Il parviendra après de furieux combats à tuer les sorciers et les créatures impies, la grotte sous-marine s'effondrant sur les hordes démoniaques… La victoire du bien sur le mal, concept très zoroastrien à rapprocher de Ainsi Zarathoustra de R. Strauss.
À la manière d'un ballet
Bantock
écrit douze "tableaux" pour illustrer ce conte qui aurait pu donner
naissance à un opéra. L'orchestration est la suivante : 2 flûtes + Piccolo,
1 hautbois + cor anglais, 2 clarinettes + clarinette basse, 2 bassons +
contrebasson, 4 cors en mi, 2 cornets, 2 trompettes, 3 trombones, 1 tuba
basse, 3 timbales, triangle, cymbales, gong, grosses caisse, harpe, cordes
dont les violons 1 en 3 groupes.
(partition). 116 pages pour une œuvre de 25 minutes 😊.
|
| Thalaba et Mohareb visitent la caverne de Zahak |
Analyser de manière détaillée chaque épisode rebute par leur richesse et
n'apportera rien aux mélomanes. À poème symphonique, je préfère presque le
terme de symphonie à programme telle la
symphonies Fantastique
ou
Harold en Italie
de
Berlioz
qui certes conservaient un découpage en mouvement mais dont les sous-titres
indiquaient clairement les émois du héros et les atmosphères de chaque
épisode.
Liszt
inventera le poème symphonique plus ésotérique inspiré d'ouvrages
littéraires. Dans le blog, voir
Ce qu'on entend sur la montagne, un peu long voire répétitif dans sa thématique mais grandiose et doté
d'un traitement orchestral qui fera date
(Clic).
Vernon Handley
par une direction musclée et héroïque, nuancée et trépidante redonne une vie
intense à cette page. Le chef
(Clic) ressuscite et enregistre en
2001 la partition jouée que trois fois en concert depuis sa création
par
Henry Wood
en mai 1900…
À l'écoute, Maggy Toon parle d'une fabuleuse variété de thèmes et de
contrastes instrumentaux. Elle ressent une fascination pour
Tchaïkovski, les couleurs, les transitions abruptes lors de l'évocation des langueurs
et sentiments amoureux face aux sauvageries des combats contre les démons…
Bantock
utilise des échelles chromatiques arabisantes très denses, des harmonies
opulentes et des éclats de cuivres vigoureux pour peindre le désert et la
magie noire… Voici la liste des passages agrémentée de quelques impressions
personnelles :
|
[0:00] |
1.
Introduction : Les pouvoirs du mal. Triste et lugubre-animato |
Trombones et tuba, timbales(pp), cordes graves… |
|
[1:10] |
2.
Le thème de Zeinab. Molto plus lento |
Chorégraphique, cordes chantant l'amour d'une mère |
|
[3:05] |
3.
Le thème de Thalaba. Allegro "enflammé" |
Enigmatique, volontaire, vengeur… |
|
[5:00] |
4.
Le thème d'Oneiza. Modéré |
Orientalisant (bois) sensuel et tendre (thrène aux cordes) |
|
[8:55] |
5.
La langueur fatale de V. Thalaba. Poco lento |
Méditatif et onirique, chant de la flûte solo et harpe |
|
[12:05] |
6.
Mariage et bref bonheur amoureux. Meno Mosso |
Faussement joyeux et tragique, vents magnifiés ! |
|
[14:35] |
7.
Mort d'Oneiza. Appassionato dolorosa |
Lutte concertante des cuivres (Bantock est un as !) |
|
[15:20] |
8.
Thalaba erre désolé au milieu des tombeaux. Molto lento |
Marche de la désolation, dominante de cordes, affliction |
|
[18:55] |
9.
Thalaba repart dans sa grande quête. Poco Allegro |
Choral de cuivres typiquement british, vindicatif |
|
[21:50] |
10.
Mort de Thalaba et reprise du thème d'Oneiza. Poco plus lento |
Enchanteur et érotisant, mélodie subtilement orchestrée |
|
[23:35] |
11.
Le mal perdu à jamais |
Pathétique et paroxystique, coup de gong conclusif du drame |
|
[25:00] |
12.
La dernière extase de la foi et de l'amour. Pesante risolto |
Reprise des leitmotive opposant tendresse et tragédie |
|
Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que conseillée. Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la musique…
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|
INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool. |
En complément, une playlist de 7 pièces symphoniques par divers
compositeurs anglais contemporains de
Granville Bantock… Peu pourrait justifier une chronique individuelle… Ce n'est pas toujours
de la dentelle 😊😊.
Le maestro David Lloyd-Jones (1934–2022) fondateur de
l'Opéra Nord (Opera North) et son orchestre résident, initialement
appelé l'English Northern Philharmonia (rebaptisé plus tard
l'Orchestre de l'Opera North)
David Lloyd-Jones était particulièrement reconnu pour sa défense de
la musique britannique (Bax,
Vaughan
Williams,
Walton) et russe (Moussorgski,
Tchaïkovski,
Prokofiev), avec une vaste discographie principalement chez Naxos et
Hyperion. (Source I.A.)
1. George Alexander Macfarren
(Chevy Chace)
2. Henry Hugo Pierson
(Romeo and Juliet, Op. 86)
3. Arthur Sullivan
(Macbeth)
4. Frederick Corder
(Prospero)
5. Edward Elgar
(Froissart,
Op. 19)
6. Hubert Parry
(Overture to an Unwritten Tragedy)
7. Alexander Mackenzie
(Britannia – A Nautical Overture, Op. 52)











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