vendredi 17 novembre 2017

MATT HELM TRAQUE d'Henri Levin (1967) par Luc B.


Matt et son sèche-cheveux à la main...
Vous souvenez-vous de MATT HELM, une série télé de 1975 (l’année suivante en France) avec Tony Franciosa ? J’adorais cet acteur, très classe, et la série aussi. Dans cette adaptation télé, le personnage de Matt Helm était détective privé à Los Angeles.

Mais à l’origine il s’agissait d’une série de romans écrits par Donald Hamilton, 7 ans après l’apparition en librairie de son cousin british James Bond. Matt Helm est un coriace, un cynique, un violent, qui a la permission de tuer, comme qui vous savez… Et qui en pleine Guerre Froide, parcourt le monde pour sauver sa belle démocratie. Au total 26 romans de 1960 à 1993.
Les bouquins ont rapidement été adaptés au cinéma. Quatre films avec dans le rôle-titre Dean Martin. Doit-on les prendre pour des parodies ou juste des comédies ratées ? Le premier et le quatrième  (dans lequel on retrouve tout de même Sharon Tate et Elke Sommer pour l’aspect bikini de la chose, et le jeune Chuck Norris pour les biscotos) ont été réalisés par Phil Karlson. Les épisodes 2 et 3 sont mis en boite par Henri Levin, qui avait réalisé VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE (1959) d’après Jules Verne, un film que j’adore, avec le classieux James Mason. Et qui 10 ans avant l’ère hippie, bénéficiait déjà d’une photographie très psychédélique, à croire que le gars Levin écrivait ses scripts à l'encre et surtout aux buvards…
Mais retournons à notre espion… Dans MATT HELM TRAQUE (1967) adapté du roman The Ambushers (1963, Série Noire n°933), il y est question de soucoupe volante, les mêmes qu’on voit dans la série LES ENVAHISSEURS, d'ailleurs, d'après mes infos, David Vincent n'aurait toujours pas trouvé son chemin... Bref, des soucoupes particulières : elles ne peuvent être pilotées que par des femmes. Si un homme s’y trouve seul à bord, il sera horriblement… horriblement quoi, je ne sais pas, à l’image, le mec devient orange, puis rouge (filtre photo) et convulse en poussant des hurlements… C’est ce qui attend le méchant à la fin. Oh merde !! J’vous ai raconté…
Le méchant c'est José Ortega, qui au Mexique détourne le prototype d'une soucoupe des services secrets, viole sa conductrice Sheila Sommers, qui revient bredouille et amnésique à la base des espions. Le chef Mac Donald demande à Matt Helm de régler cette histoire. Il fera équipe avec Sheila (bah oui, elle peut piloter l’engin et a vu son agresseur) pour sa couverture de photographe de mode.
Ce qui nous vaut des scènes dont Michel Hazanavicius s’est fortement inspiré pour ses OSS 117, Matt Helm déambulant autour de la piscine d’un hôtel d’Acapulco, appareil photo en bandoulière (mais aussi une arme redoutable, calibre 9 mm) entouré de nymphettes en bikini. Et année 1967 oblige, Henri Levin surfe sur la vague, filles au profil hippie, la robe au ras du mariage, décolletés avantageux, et musique ad-hoc. Plusieurs plans sont filmés au fish-eye (objectif ultra grand angle) censés illustrer un trip au LSD, sauf que ça intervient n’importe comment, c’est juste histoire de. Les dialogues ne sont pas piqués des hannetons… J’imagine que les blagues originales étaient intraduisibles, les adaptateurs y sont donc allés à cœur joie… « - Allo ? - Pétillante, pour moi » Voyez le genre ? Ou des trucs comme : « - Que vous a demandé cette fille ? – Si je voulais visiter son arrière-boutique ». Arfff…  Et ça n’arrête pas, Matt Helm en lâchent des dizaines du même tonneau.
Les péripéties s’enchainent, mêlant scènes d’actions, d’humour, de séduction. On ne comprend pas toujours la logique, comme lorsque Matt Helm s’introduit dans la brasserie du méchant Ortega, et après une bagarre, tombe dans une cuve à bière. Qu’il goute goulument bien sûr, mais surtout, il se retrouve à patauger auprès de Quintana (bras droit d’Ortega) dont on se demande ce qu’il fait là, pourquoi, comment… Exemple de scène comique : pour échapper à des types, Matt Helm à recours à un rayon hypnotisant, les gars se pétrifient comme des statues, le froc tombé sur les chevilles. On se frotte les yeux pour y croire (et j'ai retrouvé la photo aux archives du Los Angeles Movies Institute)...
Comme chez James Bond, le film regorge de gadgets. Le ceinturon de Matt Helm, une fois trempé à l’eau, durcit pour devenir une matraque. L'allusion phallique relève du hasard... Ortega a un flingue (l’accessoiriste a été dénicher un sèche-cheveux ?) qui déplace les objets. Pratique pour se servir un verre, sans aller jusqu’au bar, ou désarmer un ennemi. C’est avec ce même joujou que Matt Helm va téléporter Sheila Sommers d’un train lancé à toute pompe jusqu’au siège de sa moto !! Le clou, c’est lors d’un bivouac nocturne. Pas question de dormir à même le sol. Matt Helm actionne une manette dans le coffre de sa voiture, et une tente se gonfle, modèle XXL, avec un grand lit rond, des tables de chevet, gonflables aussi, mais en prime des sièges en dur !!! Heu… ils sont rentrés comment, les fauteuils ? Y'a le rouge à lèvres empoisonné, pas con, quand on veut endormir un Don Juan comme Matt.
Ces films n’ont strictement aucun intérêt - ou ethnographique - c’est tellement bâclé que cela en dévient drôle, les effets de transparence sont juste hallucinants (scène finale à moto). Mais ça marchait, Dean Martin en a tourné quatre en deux ans.
Ah si, une idée rigolote. A la toute fin, Matt Helm forme une jeune et blonde recrue. Première leçon donnée à la fille : si un homme tente de vous séduire, cédez. (le film est trop vieux pour avoir été produit par Harvey Weinstein...). La recrue n’est pas très enthousiaste et rechigne à embrasser l’espion, quand on entend dans la bande son « Strangers in the night » chanté par Franck Sinatra. La fille s’illumine soudain, comme en transe, et roule sa pelle à Matt !! Pour rééquilibrer ce gag, si on fait gaffe, on remarque à l’arrière-plan une pochette de disque : les plus grands succès de… Dean Martin !

THE AMBUSHERS (1967)
couleur  -  1h40  -  format 1:1.85 

 
La bande annonce d'époque.... On n'en fait plus des comme ça, la clope au bec...
 
 

2 commentaires:

  1. Ah ouiiiiiii
    Ce n'est pas vraiment une bande annonce, plutôt de la publicité en forme de défilé de mode pour les bikinis à fleurs...
    Franchement Luc ?

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  2. Quand tu tombes sur un truc pareil, tu restes jusqu'au bout, rien que pour vérifier que tu ne rêves pas ! Tu me comprends, toi, Claude !
    Oui, c'est plutôt une publicité télé pour le film, ça se faisait à l'époque.

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