lundi 28 juillet 2014

LES FESTIVALS D'AOUT 2014




 

Pour la suite de ce hot summer 2014, les Déblocnoteurs n'oublient pas leurs fidèles lecteurs.... voici une petite liste de festivals (non exhaustive) pour le mois d’août :




 28 Juillet - 31 Août : Jazz in Marciac (32) jazzinmarciac.com
On commence par une virée dans le Gers déguster  un peu de foie gras . Ce soir en vous pressant il reste peut être encore des places pour Lucky Peterson et Joe Satriani, et demain 4 pointures du jazz (Herbie Hancock, Wayne Shorter, Chick Correa, Stanley Clarke) et ça continue comme ça jusqu'au 15 Aout. A noter notamment le 6 une soirée avec 2 magnifiques chanteuses Cécile Mc Lorin Salvant et Dee Dee Bridgewater.




31 Juillet - 2 Août : Megeve Blues (74)

Ce soir nous irons dormir chez la dame de Haute Savoie, à Megève... et écouter jeudi soir Manu Lanvin (chaudement recommandé par Rockin') et Beverly Jo Scott.
Vendredi, blues rock et choucroute avec le guitariste  allemand Henrik Freischlader et samedi le talentueux harmoniciste/chanteur Charles Pasi...





1-3 Août : Festival Du Bout Du Monde Crozon (29)  festivalduboutdumonde  Allons maintenant en Bretagne chez nos amis Rockin' et Philou. Ils ont toujours un vieux chouchen (ou une bière) au frais même si eux ne sont pas toujours très frais... A Crozon cette année, événement exceptionnel pour la 15ème édition du festival, avec la présence du groupe légendaire America et leur cheval sans nom. A l'affiche également, Nanard Lavilliers, Keziah Jones, Pink Martini, Morcheeba, Maxime le Forestier, Miossec, les Wailers (sans Bob)...


5 -16 Août : Jazz en Baie Le Mont St Michel (50)  jazzenbaie.com
De la Bretagne à la Normandie il n'y a qu'un pas alors, allons au Mont St Michel se taper la mère Poulard, pardon, son omelette et assister à Jazz en Baie, 12 jours de concert avec là encore de grands noms du jazz : Eric Legnini, Jacky Terrasson, Dee Dee sera là aussi, le 16, mais aussi Malted Milk (le10) ou Earth Wind & Fire (le 8). 
A noter aussi l'affiche du festival, superbe....



8-9 Août Bagnols Blues Festival Bagnols sur Ceze (30)
bagnolsblues.com 
Bagnols Blues c'est prés d'Avignon, une belle région.
On fera gaffe de ne pas oublier nos clés (de bagnole...) et on assistera à des concerts sympas, colorés Soul, Funk, Blues avec Sugaray Rayford, Boeny Fields, Connie Lush, MZ Dee, Nico Wayne Toussaint sans oublier les régionaux de l'étape, le groupe Cotton Blues.







9 Aout : Blues in Sem (09) Vallée de Vicdessos
 Blues in Sem
Les Pyrénées maintenant et un arrêt à Sem (Ariège) pour le Blues in Sem, pas de noms ronflants mais une programmation intéressante avec Alexis Evans, les Three Gamberros, Suitcase Blues, Chico & The Big Bet et le French Blues All Stars .


 
9-10 Aout : Fête Du Bruit Landerneau (29)
Fête Du Bruit
Déjà de retour en Bretagne à Landerneau cette fois, pour faire un max de bruit avec les Pogues, Tiken Jah Fakoly, les Babyshambles, New Model Army, The Hives, les Strypes, et pour ceux qui aiment, M.







15-17 Août : Saint Savin sur Gartempe (86) Gartempe Blues Festival.
C'est à Saint Savin (Poitou Charentes) que cela se passe et les organisateurs du festival, malgré une 1ère édition mitigée en 2013, nous proposent cette année un affiche très alléchante avec des artistes comme Nina Van Horn, Alexx and Mooonshiners, Shaolin Temple Defenders, Lino Muoio and the Blue Stuff, Bootleggers, Red Beans and Pepper Sauce




16-20 Août : St Clément des Baleines (17) Jazz Au Phare    
 jazzauphare.com

Un tour sur l'ile de Ré pour 5 jours de concert avec encore (elle doit nous suivre) Dee Dee, des concours de jeunes talents, et "du jazz sous toutes ses teintes, du style New Orleans des origines à l’electro d’aujourd’hui en passant par le swing, le bebop, le cool, le jazz manouche et même la soul et le funk" (Thomas Dutronc, René Urtreger, Earth Wind & Fire, La Planche A Laver...)







20-23 Aout :  La Charité sur Loire (58) Blues en Loire
lechatmusiques.com

Voila un festiv' qu'il est chouette avec des films, des spectacles jeunes, des expo et bien sur des concerts avec notamment Nico Wayne Toussaint, French Blues Explosion et Otis Grand.








21-23 Aout : Le Buis Blues (87) lebuisbluesfestival.com

On continue ce tour de France par le Limousin et le Buis Blues Festival, avec en ouverture le 21 Manu Lanvin, puis Shake Your Hips , les Delta Saints, Monkey Junk, Scarecrow ...etc...








22-24 Aout : Saint Cloud (92) Rock En Seine rockenseine.com
Quelques trucs sympas comme Artic Monkeys, Queen Of The Stone Age, Hives, Portishead, The Prodigy, Blondie, Selah Sue, Jake Bugg, Airbourne (hard australien tendance AC/DC), Tinariwen (blues touareg), pour le reste on doit vraiment être de vieux cons car on ne connait quasi aucun de tous les autres groupes, même pas de nom......




30 Aout : Blues en Chenin (49) bluesenchenin.com

Blues en Chenin, c'est à Saint Lambert du Lattay, à 25 km au Sud d'Angers (Le Chenin est le cépage qui est à l'origine des Coteaux du Layon, ça c'est un vin qu'il est bon!) . 
On y entendra un furieux groupe de blues rock local, The High Sausages, avec également Shake Your Hips, Sugaray Rayford et Fred Chapelier, belle soirée en perspective.



8 août - 17 août :
67ème édition de la Foire aux vins d'Alsace à Colmar (68).
foire-colmar 
En plus de déguster (avec modération) les grands crus alsaciens, vous pourrez passer plusieurs soirées sympas en vous rendant à quelques concerts qui valent le détour. C'est le "loner", le légendaire Neil Young, qui débutera les festivités le vendredi 8 août. Le 10 aout, soirée hard-rock avec au programme, Motörhead, Airbourne, Tarja Turunen et Blackrain.  

En fin de festival, vous pourrez également applaudir Texas, Simple Minds, Jean-Louis Aubert, Bernard Lavilliers.
A éviter : Indochine, James Blunt et la soirée electro du 16 août....  même si on a forcé un peu trop sur le Riesling ou sur le Gewurztraminer !!!!





3-14 Septembre : Jazz A La Villette (Paris 19 ème) jazzalavillette.com

Quoi Août est déjà fini? Mais quand c'est fini y'en a encore avec Jazz à la Villette, on poursuit les vacances.... là aussi du beau monde  avec Charles Bradley, Macéo Parker, Malted Milk, Henri Texier et plein d'autres au cours de ces 12 jours.







 Bons concerts à vous tous, organisateurs, bénévoles, artistes et spectateurs.....

dimanche 27 juillet 2014

PENDANT LES VACANCES LE DEBLOCNOT RESTE OUVERT..

Pas de vacances pour les Deblocnoteurs, enfin pas tous, certains se débrouillent pour avoir leurs congés quand il fait beau et laisser lâchement les copains faire le job, je ne cite personne mais un amateur de Deep Purple, Springsteen et qui fait également beaucoup de chroniques cinéma le vendredi se reconnaitra. Enfin il parait qu'il bosse, il a prétexté une étude sur le country blues lusitanien pour se barrer 3 semaines au Portugal...J’espère au moins qu'il nous ramènera un bon Porto...

Vincent, le génie des alpages, a croisé dans ses belles montagnes les Simple Minds en concert à Morzine, c'était chouette et lui a rappelé ses chères années 80 où finalement tout n'était pas si pourri que ça, on a fait  pire depuis finalement quand on voit le niveau actuel des  rap, r'n'bi, electro ou variété neuneu ....
Mardi Rockin s'est pointé en 35 tonnes, c'est vrai qu'il est lourd parfois Rockin -dixit Sonia et Foxy- et nous a fait écouter Truckers, un groupe de vieux routiers du southern rock établis en Franche Comté, c'est carrément extra comme un vieux comté 3 ans d'affinage et raviva les fans de Lynyrd Skynyrd et autre "sudisteries".

Mercredi c'est Bruno, qui bosse aussi tout l'été, enfin à son rythme de corse et... driing driing...., pardon..
-M'sieur Rockin
-Oui Sonia
-un paquet pour vous...

....................


Veuillez nous excuser,
Pfff , susceptibles ces corses,  je disais donc, Bruno nous a parlé Mercredi de blues danois -si si ça existe, même que la scène scandinave est très active, on en a deja parlé - et de Thorbjorn Risager, et sa gosse voix d'ours mal léché, son blues est efficace et sa palette variée de blues rock musclé à soul plus moelleuse.

Les Jeudi Pat continue de nous faire revivre les BD qui l'ont marqué, il nous conte aujourd'hui l'histoire des Closh, signée Dodo et Ben Radis, ou les gloires et déboires d'un groupe de rock, pas mal de nos amis musiciens sont sans doute passés par là...

Vendredi Luc nous a fait parvenir de Lisbonne par un pigeon voyageurs aussi barbu sous les pattes que Sonia sa chronique sur un polar irlandais "hypothermie" de Arnaldur Indridason et si Indrida sonne on va ouvrir. (Luc qui représente au sein du Deblocnot le comité de censure m'a mis au défi de caser le mot "couilles" dans cette petite chronique du dimanche et je vais relever le défi). Nous sommes en Islande il fait froid il fait sombre on se pèle les couilles (bingo!) , une femme se pend dans un chalet prés d'un lac, suicide ? Pas sur pour l'inspecteur  Erlendur Sveinsson (et si Svein sonne...)....(après enquête la malheureuse se serait pendu à la lecture du jeu de mot ci dessus...), une chronique signée Jlaibiendur Lucson.

Samedi Claude Toon a évoqué pour nous les préludes de Franz Liszt, poèmes symphoniques romantiques, idéal pour emballer cet été, sacré Claude, il cache bien son jeu....

samedi 26 juillet 2014

LISZT : Les Préludes – Bernard HAITINK – par Claude Toon


Les préludes (illustration d'Albena Vatcheva)
- Mais M'sieur Claude, j'imaginais Franz Liszt comme un compositeur austère, voire religieux, d'où ma surprise devant cette illustration… un peu sensuelle ??
- Il a deux époques dans la vie du compositeur Austro-hongrois Sonia… Liszt est l'inventeur du poème symphonique dont Les préludes inspiré d'un poème de Lamartine…
- Ah vous avez donné le texte… Une ode amoureuse… Je commence à comprendre…
Tout naît, tout passe, tout arrive
Au terme ignoré de son sort :
À l’Océan l’onde plaintive,
Aux vents la feuille fugitive,
L’aurore au soir, l’homme à la mort.
Mais qu’importe, ô ma bien-aimée !
Le terme incertain de nos jours ?
Pourvu que sur l’onde calmée,
Par une pente parfumée,
Le temps nous entraîne en son cours ;
Pourvu que, durant le passage,
Couché dans tes bras à demi,
Les yeux tournés vers ton image,
Sans le voir, j’aborde au rivage
Comme un voyageur endormi.
Le flot murmurant se retire
Du rivage qu’il a baisé,
La voix de la colombe expire,
Et le voluptueux zéphire
Dort sur le calice épuisé.
Embrassons-nous, mon bien suprême,
Et sans rien reprocher aux dieux,
Un jour de la terre où l’on aime
Évanouissons-nous de même
En un soupir mélodieux.



…Alphonse de Lamartine

- C'est une œuvre orchestrale assez courte ?
- Oui un quart d'heure environ, idéal pour les chroniques estivales, et coup de chance, nous avons la vidéo de l'interprétation de Bernard Haitink, spécialiste du genre…

Je ne reviens pas en détail sur la biographie de Liszt que l'on peut lire dans la chronique consacrée à sa sonate en si mineur sous les doigts de Martha Argerich vs Krystian Zimerman (CLIC).
Franz Liszt est un pur romantique, ayant vécu de 1811 à 1886. Bien que voguant de crises mystiques en crises mystiques, tout en troussant avec assiduité le beau sexe, ce n'est qu'en 1860 qu'il accède à la prêtrise… C'est à partir de 1848 que Liszt invente le poème symphonique, peut-être influencé par la symphonie fantastique de Berlioz. Cette nouvelle forme symphonique monolithique de 12 à 30 minutes s'appuie sur un programme, le plus souvent un poème. Liszt en écrira 13 d'intérêt très divers. Dans les réussites inspirées par un poème on compte "Ce que l'on entend sur la montagne" d'après un poème de Victor Hugo, Mazzepa, Héroïdes funèbres et les préludes. D'autres, plus dispensables, illustrent des faits historiques : La bataille des huns (grotesque avec son grand orgue…) ou la mythologie (Orpheus). Le style, d'essence wagnérienne est parfois lourd, mais on ne peut dénier à ces œuvres un certain panache. Certains voient les prémices de la musique de film par le coté narratif et descriptif du traitement musical des sujets. Nota : les 13 poèmes symphoniques ont été composés pendant le séjour du musicien à Weimar.
Inutile de préciser que cet ensemble imposant inspirera nombre de compositeurs comme Richard Strauss : Ainsi parla Zarathoustra, Don Juan ou encore Mort et Transfiguration qui est un peu l'héritier du très beau Du Berceau à la tombe, l'ultime poème symphonique de Liszt composé en 1881.
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On se focalise sur les Préludes. Sa composition s'étend de 1845 à 1853, la création ayant lieu den 1854, à Weimar sous la direction du compositeur. Il n'est pas absolument certain que ce poème symphonique soit une illustration directe du poème de Lamartine dont le texte a été intégré par Sonia. La plupart des musicologues y voit au moins une influence… Les deux thèmes principaux sont extraits de Chœurs sur des poèmes de Joseph Autran. Liszt imaginait sans doute un oratorio plus vaste avec tous ces éléments, oratorio qui n'a jamais vu le jour. Il est donc admis que c'est la 15ème méditation de Lamartine qui structure l'œuvre….
Dans les années 70' Le chef néerlandais Bernard Haitink (Clic), directeur du Concertgebouw d'Amsterdam et du Philharmonique de Londres entreprend l'enregistrement intégral des poèmes symphoniques avec l'orchestre londonien. 5 vinyles qui n'ont jamais quitté le catalogue Philips rassemblés sur 2 double albums CD. C'est une réussite absolue. Le label DECCA a également réédité l'ensemble dans un coffret à prix imbattable.
Les préludes pourrait se prêter facilement à un analyse fort détaillée de la partition tant le nombre d'idées, de climats, d'utilisation conjointe de la forme sonate et du scherzo s'entrecroisent avec énergie et romantisme dans une œuvre aussi courte. Ce n'est pas très utile ici, car justement la brièveté du morceau évite de se perdre dans les méandres d'un morceau à la structure complexe.
L'introduction assez sombre serait-elle un écho du vers "L’aurore au soir, l’homme à la mort" (quelques pizzicati sur les cordes graves) ? On enchaîne rapidement sur une marche fougueuse qui peut nous renvoyer au vers : "Le temps nous entraîne en son cours". Puis, un passage tendre et élégiaque, avec une langoureuse mélodie aux cordes, laisse la voix aux hautbois, cors et divers solos de la petite harmonie. Ce qui permet de souligner en passant la finesse et l'équilibre de la prise de son. Oh, il n'y a pas que l'ingénieur du son à saluer, mais aussi la direction analytique et contrasté de Bernard Haitink, ses spécialités. La musique de Liszt, comme celle de Wagner ou de Bruckner peut aisément, et trop souvent, laisser libre cours à un pathos gluant et teutonique. Rien de cela ici où le phrasé est d'une belle transparence et sert magnifiquement le génie d'orchestrateur de Liszt. [6'17] Un orage orchestral semble évoquer la frénésie amoureuse (pourquoi pas). Ce passage impétueux est suivi d'un tendre et bucolique développement, un soupçon sensuel. Le morceau évolue enfin vers une conclusion majestueuse ! C'est le point faible de ce poème symphonique à mon sens. C'est fanfaronnant, et rien d'étonnant que ces abrutis de nazis aient détourné le final pour en faire un générique pour annoncer ou conclure leur propagande radiophonique. Bernard Haitink sauve ce triomphal final du pompiérisme par sa direction acérée qui nous entraîne dans une bacchanale enjouée. Soyons clair et objectif, Liszt n'orchestra pas ces dernières mesures dans la dentelle. " Comme un voyageur endormi."… Il y a des chances que la bien-aimée se réveille en sursaut d'une humeur de dogue à chaque coup de cymbale !!! Dans tous les cas, pour cette œuvre populaire, une référence discographique…
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vendredi 25 juillet 2014

HYPOTHERMIE d'Arnaldur Indridason (2010) par Luc B.


Depuis quelques années, plusieurs éditeurs publient des polars venus de Scandinavie, une nouvelle mine ! Arnaldur Indridason, lui, vient d’Islande. Il a été critique de cinéma, scénariste, puis écrivain de roman policier. Et mine de rien, il s’est fait une petite réputation dans la littérature policière, notamment grâce à son héros, l’inspecteur Erlendur Sveinsson.

HYPOTHERMIE est son huitième roman, et il est formidable. Car c’est une autre musique que celle des thrillers américains (ou français quand ils copient les américains), pleins de tueurs, de bruits et de fureur. Les caractères sont différents, les paysages, la façon de vivre. Nous sommes en Islande, il fait froid, sombre. Il faut sans doute s’habituer aussi aux patronymes des personnages, pas évidents à retenir ou même reconnaître !
Erlendur enquête sur un suicide, dans un chalet, près d’un lac. Pas officiellement, mais il s’y intéresse, pour comprendre comment Maria en est arrivée à se pendre. Maria s’intéressait à la vie après la mort, consultait des médiums, vivait une relation fusionnelle avec sa mère décédée, ne s’était jamais remise de la noyade de son père lorsqu’elle était gamine.
C’est ce passé qu'Erlendur va remuer. A priori rien ne remet en cause la thèse du suicide, et pourtant, des présomptions, des sentiments, des petits riens qui bout à bout, conduisent Erlendur à déterrer de vieilles histoires. Il est comme ça ce flic, obsédé par un drame familial (la disparition de son frère), il s’est fait le spécialiste des recherches de personnes disparues. Comprendre pour mieux vivre son chagrin. Comme ce jeune David, volatilisé sans laisser de trace 30 ans plus tôt, et qu’Erlendur cherche encore.
HYPOTHERMIE cultive son rythme, assez lent (mais jamais ennuyeux), de plus en plus prenant parce que le lecteur progresse en même temps dans sa réflexion sur les évènements, que le flic. Erlendur va mettre à jour des histoires, de famille, de couple, une sombre histoire d’expérience entre étudiants en médecine. C’est cela qui est très réussi, comment d’infimes détails, collectés, recoupées, analysés, vont conduire à la résolution de l'énigme.
Le portrait que dresse Indridason de l’Islande est assez cauchemardesque. Tout ne semble être que désolation, silences murés, mensonges, secrets refoulés, âmes à l’abandon. Très bon roman, psychologique, court, bien écrit, et finalement aussi glaçant dans son épilogue qu’une nuit d’hiver à Reykjavik.