lundi 5 décembre 2016

RIP GOTLIB (1934 - 2016) - par Pat Slade







Le pape de la BD française





2016 a vraiment été une année de M…E !! Tout les arts ont été touchés par la faucheuse, jusqu’alors, le neuvième art y avait échappé, mais à croire que la dame en noir a décidé de regarder derrière elle. Celui qui disait : «J’existe, je me suis rencontré» vient de nous quitter par un froid dimanche de décembre.

Gotlib, fils de parents émigrés juif Hongrois, échappera aux rafles pendant l’occupation et commencera sa carrière dans la Bande Dessinée en 1962. Qui ne ce souvient pas des Dingodossiers et de la Rubrique-à-Brac dans le journal Pilote dans les années 60 qui furent une petite révolution dans la BD comique ? Les personnages comme l’élève Chaprot, le cancre dans toute son excellence, le professeur Burp, Newton et tout les personnages sortis de son imagination pour en faire des histoires en deux pages toutes aussi délirantes les une que les autres.

Mais certains personnages auront des vies beaucoup plus longues et deviendront son fond de commerce. Le premier qui sera sûrement le plus connu restera Gai-Luron, le seul chien qui n’évoluera pratiquement pas en 22 années d'existence. Il gardera toujours son sourire inexistant et son air lymphatique. Les personnages secondaires auront aussi leur importance comme la souris qui apparaîtra dans les pages de Gai-Luron et la coccinelle qui parcourt les cases des Rubrique-à-Brac et des Dingodossier, mais j’ai failli oublier Belle Lurette la mignonne petite cocker éprise de Gai-Luron ; dans l’album «La bataille navale ou Gai-Luron en slip», ils iront consommer leur union derrière un buisson avant de disparaître main dans la main dans le soleil couchant. Rajoutons quand même Pervers Pépère, Hamster Jovial et ses Louveteaux et Superdupont le seul super héros 100% bleu blanc rouge.

Gotlib était aussi un grand amoureux de la musique et particulièrement de Georges Brassens que malheureusement il ne rencontrera jamais à son grand dam. Les autres idoles du dessinateur furent les Beatles. Il dessinera aussi quelques pochettes de disques, entre autre pour le guitariste Marcel Dadi. L’album d’Hamster Jovial et ses Louveteaux a 90 % de dessins consacrés au rock des années 70. On peut y voir des allusions à Joe Cocker, Alice Cooper, Jethro Tull, Captain Beefheart, les Rolling Stones, etc.

Marcel Gotlib ira jusqu'à bousculer les critères en usage dans la bande dessinée, il fera évoluer ses dessins au fur et à mesure que ses lecteurs grandiront. Partant du dessin humoristique de Pilote, il va donner dans la BD pour adultes en créant «L’Echo des Savanes» et «Fluide Glacial» avec ses potes Alexis, Mandryka et Claire Bretécher.

Gotlib touchera à tout, il écrira avec Patrice Leconte le scénario du film «Les vécés était fermés de l’intérieur» avec Coluche et Jean Rochefort, d’ailleurs les deux personnages du film ressemble beaucoup à Bougret et Charolles les deux flics qui traînent dans les pages des Dingodossier. Il fera des affiches de cinéma «Elle voit des nains partout !» et il jouera même dans 8 films.

Son travail recevra de nombreuses récompenses, du prix Phénix au Mad Award de New York, le grand prix d’Angoulême évidemment, il sera fait docteur Bédéis Causa à Québec, il sera aussi décoré Chevalier et Officier des Arts et des Lettres et en 2000 Chevalier de la Légion d’Honneur.

Marcel Gotlib disparu, c’est tout un mur de la bande dessinée qui s’effondre et une grande part de notre enfance qui disparaît. Nous sommes tous orphelins de l'un de ses personnages. Il est parti rejoindre ses copains Fred, Alexis, Gébé et Reiser. Gai-Luron est parti faire la sieste pour l’éternité, la souris assise à ses coté.  

à lire également dans ce blog : 
-gotlib ou le 9eme art existe
-bd and rock n roll
-cinemastock



THE BEACH BOYS : "La Story" Part Two (1965 - 1969)


Les années dorées avant le déclin...

Brian Wilson commence petit à petit à perde son fragile équilibre mental en ce début d'année 1965. Forcé de partir en tournée avec le groupe, il pète les plombs pendant un voyage en avion et sombre peu après dans une 1ère dépression qui ne sera, malheureusement, pas la dernière...

"Today' (1965)
Il renonce de partir en tournée avec Les BEACH BOYS, remplacé tout d'abord par Glenn Campbell, puis par Bruce Johnson, qui va devenir son remplaçant de luxe. Le gars Brian reste donc enfermé dans son studio, ce qui lui permet de composer en toute liberté, sans que son cousin Mike Love, n’intervienne sur les compos. Ne se contentant plus de fumer le pétard, il passe au LSD, ce qui va faire augmenter sa parano. Il enregistre ses chansons avec Les musiciens du Wrecking Crew* et lorsque les 4 autres BEACHS BOYS reviennent de tournée, ils n'ont plus qu'à enregistrer les vocaux.
L'album "Today" sort le 8 mars 1965 et annonce un changement musical étonnant qui s’éloigne petit à petit de la plage, des voiture et des minettes. Brian Wilson s'aventure vers des rivages plus tristes et mélancoliques, comme on peut s'en rendre compte en écoutant "In My Room", "I’m So Young" et "In The Back Of My Mind"


"Summer Days... (1965)
Pour l'album suivant, Capitol Records et Mike Love lui demandent de revenir à la formule classique des BEACH BOYS, la fameuse "Formula" chère au cousin des frères Wilson.
Le 9 ème album des BB,"Summer Days (and Summer Nights !!)" parait en juillet 1965, soit seulement 3 mois après "Today". Même pressé par sa maison de disques, Brian Wilson confirme l'étendue de son talent avec des titres comme "Let Him Run Wild", "Girl Don't Tell Me" et surtout le classique des classiques "California Girls". Album un peu fourre-tout, "Summer Days..." ne convainc pas vraiment, mais le meilleur est à venir...



La même année, Capitol Records demande aux BEACH BOYS de sortir un disque pour Noël. N'ayant pas le temps de composer de nouvelles chansons, Brian Wilson & Co, vont se contenter de proposer à leurs fans un disque de reprises enregistrées en live et en acoustique. En réalité, "Beach Boys Party" qui sort en novembre 1965, est un faux live avec des rires, des applaudissements qui ont été rajoutés après. Simple curiosité pour les aficionados, il contient quand même l'énorme tube "Barbara Ann" qui sortira en single et atteindra la 2ème des charts au début de l'année 1966.

"Pet Sounds" (1966)
Impossible de passer à coté de l'album suivant "Pet Sounds", un chef- d’œuvre directement sorti du cerveau génial et dérangé de Brian Wilson qui fait entrer sa "gentille pop" dans l’age adulte, comme avaient fait également les BEATLES * avec "Rubber Soul".
Terminé les gonzesses en bikini, la plage, les bagnoles, le surf… l'ainé des frangins Wilson aborde sur cet album d’autres thèmes un peu plus profonds comme Dieu, la nature humaine, l’art, l’amour… Brian Wilson, enfermé pendant des jours entiers dans son studio expérimente de nouvelles technique comme le re-recording, la reverb, l’écho et utilise des nouvelles sonorités (clochettes, klaxon, ukulélé,
instruments à cordes hawaïens, flutes, clavecins...)
Enregistré avec les musiciens de Phil Spector et une section de cuivre, pendant l’absence des autres BEACH BOYS partis en tournée, ces derniers apparaitront uniquement aux vocaux. Ce disque restera l’un des plus beaux de la musique des sixties et même de toute l’histoire du rock.
D’apparence simple, "Pet Sounds" est  au final, bien plus complexe qu’il n’y parait à la 1ère écoute. Impossible de se passer de l’envoûtement des chœurs célestes de "God Only Knows", des mélodies démentielles de "Wouldn’t Be Nice" ou de la beauté déchirante de "Caroline, No".
Le public américain sera évidemment déboussolé par  la sortie de "Pet Sounds" en mai 1966, heureusement outre-Manche, l’accueil sera bien plus chaleureux. Brian Wilson sera profondément blessé du manque de succès de l’album aux USA, mais n’a pas dit son dernier mot….

Brian Wilson & Mike Love (1966)
Brian Wilson écrit une chanson qui doit représenter "la somme de sa vision musicale". Seul, au piano, il compose "Good Vibrations" et l'enregistrement de la chanson nécessite 17 séances d'enregistrement qui durent 6 semaines.
Le génie tourmenté traverse alors une période sombre et consomme de plus en plus de substances illicittes. Il contacte Van Dyke Parks pour écrire les paroles du prochain disque "Smile". Pendant la préparation de l'album décrit par Brian Wilson comme "une symphonie adolescente adressée à Dieu", le compositeur sombre petit dans la folie et le projet repoussé de mois en mois, est finalement abandonné au printemps 1967.
Capitol Records réclame un album aux BEACH BOYS qui enregistrent "Smiley Smile" en 11 jours, un disque qui assemble quelques titres de "Smile" et d'autres chansons assemblées à la va-vite. L'album sort le 14/09/1967 et montre bien que les sessions ont été bâclées, la production est décevante, la régression sonore est palpable sur la plupart des morceaux à part sur "Good Vibrations" et "Heroes And Villains" qui détonnent vraiment du reste de l'album.

"Smiley Smile" & "Wild Honey"
L'album suivant "Wild Honey" parait le 18 décembre 1967 et marque certainement la fin d'une époque. Terminées les explorations sonores, terminée la suprématie de Brian Wilson sur la musique, l'album s'oriente vers la soul, le rhythm'n' blues. Le talent de chanteur de Carl Wilson éclate sur ce disque et c'est même lui qui dirige les sessions d'enregistrement.
Les BEACH BOYS semblent un peu dépassés dans cette Amérique contestataire et flower-power, mais nous offrent quelques bonnes surprises comme "Are'nt You Glad", "Country Air", "Darlin" et "Let The Wind Blow".


"Friends" (1968)
En 1968, les BEACH BOYS sont devenus des has-been, dépassés par les Doors, Jimi Hendrix, Jefferson Airplane... Du 29 février au 13 avril 1968, ils enregistrent leur 14 ème album "Friends", qui parait le 24 juin 1968. "Friends" sera l'un de leur plus grand échec commercial, une grande injustice quand on connait la qualité des chansons qu'il contient. Après les Beatles, Mike Love en quête de spiritualité, part 2 semaines en Inde pour étudier la méditation transcendantale avec le Maharishi *.
A son retour, l'enregistrement des chansons est presque terminé mais il apporte sa touche personnelle sur "Meant For You", "Anna Lee, The Healer" et sur "Transcendental Meditation". "Friends" est un album brillant qui contient de bien belles chansons comme "Wake The World", "Friends", "Little Bird", "Be Here In The Morning" et "Busy Doin' Nothing".
Une œuvre à ré-découvrir d'urgence et qui, d'après la biographie de Brian Wilson, serait son album préféré.
De G à D : Carl Wilson, Bruce Johnson, Al Jardine, Dennis Wilson & Mike Love (mais où est passé Brian Wilson ?).
"20/20" (1969)
Les BEACH BOYS n'ont plus la cote en cette fin des sixties et ce n'est pas la sortie de leur 15ème disque studio "20/20" (10/02/1969) qui va inverser la donne. Brian Wilson a été absent pendant la majeure partie de l'enregistrement de l'album. Entre 2 séjours en hôpital psychiatrique, il donne un coup de main à ses frangins pendant les sessions, mais c'est Carl Wilson et Dennis Wilson qui prennent alors la barre du navire BEACH BOYS. Le groupe essaye de sonner plus moderne sur "Do It Again" et Dennis Wilson nous dévoile (enfin) son talent de compositeur et de chanteur sur "Be With Me". Sur "I Can Hear Music", une reprise des Ronettes, la voix de Carl Wilson fait des merveilles, les harmonie vocales sont somptueuses et pendant 2 mn 37 les BEACH BOYS retrouve la grâce. Inégal, certes, cet album propose quand même de belles surprises, avec notamment des morceaux écrits pour "Smile", comme "Our Prayer", un titre a capella et "Cabinescence", une des plus belles compos de BRIAN WILSON.

Les BEACH BOYS se sont démodés très rapidement aux USA, mais ils conservent encore une immense popularité en Angleterre.

* The Wrecking Crew : groupe de musiciens réputés de studio de L.A. avec notamment Leon Russell, Hal Blaine, Glenn Campbell, Steve Douglas ... 
* Beatles : groupe anglais ayant connu un succès considérable dans les années 60. 
* Maharishi : guide touristique indien. 
 
VIDÉOS :
"Good Vibrations" :



"I Can Hear Music" :