jeudi 30 octobre 2014

WEST SIDE STORY de Robert Wise (1961) - par Pat Slade






Roméo et Juliette dans le Ghetto




Écoutez ces claquements de doigts, ces battements de cœur du West Side où une vie peut ne durer que 48 heures (Prologue).

L'épopée West Side Story partira d’une idée du chorégraphe Jérôme Robbins. Il demandera à Leonard Bernstein de faire une adaptation musicale contemporaine de Roméo et Juliette. La comédie musicale sera créée en 1957. La trégédie de Shakespeare est transposée en un drame qui relate la rivalité entre deux bandes de jeunes des bas quartiers du Upper West Side de New York. D'un côté : les Jets avec pour chef Riff, bande issue de la classe ouvrière et constituée d’étrangers de seconde génération, des descendants d'immigrants d’Italie, d’Irlande et de Pologne. De l'autre : les Sharks et leur chef Bernardo, jeunes nés de parents portoricains. Sur fond de rivalité entre les deux bandes, une histoire d’amour va se nouer entre Maria, la sœur de Bernardo, et Tony le meilleur ami de Riff et créateur des Jets. Nous sommes loin de Roméo et Juliette, de Vérone, et les Capulet et les Montaigu ont bien changé.

La première mouture du livret devait relater les conflits culturels entre les Jets, jeunes catholiques américains, et les Emeralds, des familles juives vivant dans l’East Side. Toute l’histoire était centrée sur l’antisémitisme. Léonard Bernstein veut représenter l’histoire sous  la forme d’un opéra, mais Jérôme Robbins le chorégraphe et le rédacteur du livret Arthur Laurents refusent, voyant dans l’œuvre plutôt du théâtre lyrique. Le projet en l'état est abandonné et il faudra attendre cinq ans avant qu’il ne refasse surface.

En 1955 le trio Bernstein, Robbins, Laurents ressort des cartons le projet de «East Side Story». Bernstein veut situer l’intrigue à Los Angeles, mais l’auteur du livret se sent plus proche des portoricains et de Harlem. Jérôme Robbins se fait une joie de faire des ballets sur des rythmes latino. Bernstein veut uniquement se consacrer à la musique, c’est pour ça qu’il fera appel a un parolier en la personne de Stephen Sondheim qui plus tard composera pour les films «Stavisky » d’Alain Resnais et «Red» de Warren Beatty. Laurents réécrit le livret en changeant certains profils des protagonistes. Tony se retrouve avec des origines polonaise et Maria, juive au départ, devient portoricaine. Le titre devient «West Side story»   

Commence alors le long travail de production pour un spectacle scénique qui se terminera en apothéose sur la scène du Théâtre Winter Garden de Broadway le 26 septembre 1957.



West Side Story de la Scène à l’Écran 




Georges Chakiris (Bernardo)
Le 18 décembre 1961 sort l’avant première de «West Side Story» sur les écrans. La mise ne scène à été réalisée par Robert Wise. De la distribution initiale du spectacle de Broadway, il ne reste que deux acteurs-danseurs : Tony Mordente qui jouera le rôle de Action mais qui sur scène jouait celui de A-Rab (deux membres des Jets) et Georges Chakiris toujours dans le rôle de Bernardo, le chef des Sharks sur la scène à Londres (Et non de Riff comme c’est écrit sur Wikipédia !). 
Dans la distribution du film, Il n’y avait guère que Nathalie Wood qui était célèbre depuis sa participation à des films comme «La Fureur de Vivre» avec James Dean qui aurait du jouer le rôle de Tony dans le spectacle de Broadway. (Mais le destin et surtout une voiture en décidèrent autrement.) Rita Moreno qui jouait Anita, la meilleur amie de Maria et la girlfriend de Bernardo  avait été vue dans «Dansons sous la pluie»  et Simon Oakland dans le rôle du lieutenant Shrank qui avait un rôle dans «Psychose» et qui dans les années 70 jouera le rôle du général Moore dans la série «Les Têtes Brulées». De nouvelles têtes apparaissent comme Russ Tamblyn qui jouera Riff, Richard Beymer dans celui de Tony. Pour l’anecdote, Elvis Presley a été contacté pour le rôle de Tony, je dis un grand merci au colonel Parker d’avoir refusé la proposition.
  



 Acteur, Danseur… Mais Chanteurs ?




Jérôme Robbins
Les séquences de ballets ayant une énorme importance, on demanda à Jérôme Robbins d’assumer une partie de la mise en scène du film. N’importe quel danseur ayant travaillé avec lui pourra dire que c’était un véritable tyran tellement il exige discipline et précision. Le chorégraphe demande l’impossible à ses troupes, la production accordera dix semaines de répétitions à Robbins.
Rappelez-vous de la première scène du film : après un survol de New-York, la scène se fige sur un terrain de jeux. Tout est filmé en décor réel en plein cœur de Manhattan dans la 68e West Side. Cette rue n’existe plus ayant été inscrite dans le projet de reconstruction du Lincoln Center. La démolition des immeubles attendirent la fin des prises de vues. La musique de Leonard Bernstein enregistrée à l’avance emplit la rue pendant un certain temps. Tourner dans un quartier où les véritables bandes avaient leurs territoires n’aurait pas du être simple et pourtant, certains anciens membres s’employèrent à refouler les badauds hors du champ des caméras. (Le procédé à angle large est utilisé : la panavision 70. )
Pour le chant, uniquement Georges Chakiris et Russ Tamblyn (Bernardo et Riff) ne seront pas doublés, Nathalie Wood ne chantera que la dernière chanson du film (A la mort de Tony). 




Des Titres Incontournables




Rita Moreno : América !
Je ne vais pas vous faire un synopsis du film, mais vous remettre en mémoire les grands titres qui ont fait la gloire du film. Déjà le «Prologue» qui nous donne les signes avant- coureurs de ce que sera la suite de la partition. «Jet Song», Riff et les Jets chantent à propos de leur mainmise sur le quartier «Car les Jets sont les plus forts». Arrive Tony qui s’est éloigné des Jets et travaille dans un bar-confiserie et se demande si le soir, au bal, il va rencontrer quelqu’un(e) d’intéressant : «Something’s Coming». Soir de bal : les deux bandes rivales sont face à face : «Dance at the Gym». Tony et Maria se rencontrent pour la première fois, Tony repart dans la nuit perdu dans ses rêves, ne pensant qu’à la fille qu’il vient de rencontrer : «Maria». Après le bal, les Sharks se retrouvent sur le toit et une discussion amicale s’ensuit. Les filles font semblant de souligner la douceur de vivre de leur nouvelle patrie, tandis que les garçons se moquent de leur frivolité. «América» avec son ballet et son rythme latino reste le morceau le plus connu de la partition. 

Tony arrive sous la fenêtre de Maria (la fameuse scène du balcon de Roméo et Juliette) et tous les deux oublient leurs soucis : «Tonight». Dans le bar de Doc, tenancier d'un bistrot plus ou moins terrain neutre, les Jets après avoir rencontré le sergent Krupke le policier du secteur, lui taillent un costard une fois ce dernier parti : «Gee, Officer Krupke». Maria est d’humeur joyeuse dans l’atelier de confection où elle travaille : «I Feel Pretty». Le lendemain Tony la rejoint et ils imaginent leur mariage : «One Hand, One Heart».    

La bagarre entre Bernardo et Riff commence après que Tony ait essayé de réconcilier les deux bandes : «Quintet», les couteaux apparaissent : «Rumble», Bernardo tue Riff et Tony poignarde Bernardo à mort, la bagarre prend fin avec le hurlement de la sirène de police dans le lointain.

Les jets sont maintenant commandés par Ice qui calme ses troupes : «Cool» et vont essayer de protéger Tony de Chino qui le recherche, armé d’un pistolet. Anita accuse Maria : «A Boy Like That» mais l’amour de Maria pour Tony a raison du chagrin d’Anita «I Have a Love». Anita, ayant voulu prévenir Tony chez Doc, se fait chahuter par les Jets et donne un message différent : «Dites-lui que Chino a tout appris sur eux et qu’il l’a tuée ! Elle est morte !». Tony, effondré, court dans les rues en criant à Chino de le tuer lui aussi. Puis il aperçoit Maria. Il court vers elle mais une détonation se fait entendre et une balle interrompt sa course. Il s’effondre dans les bras de Maria : «Somewhere». Le corps de Tony est emporté par les Jets et les Sharks, les rivaux semblent, pour le moment, faire cause commune dans cette tragique circonstance.     

6.000.000 de dollars de budget, 25 millions de bénéfice rien qu’aux U.S.A, dix oscars et la 51e place des meilleurs films américains par l’american Film Institute.




West Side Story : Discographie





Il existe beaucoup de versions. Gardons la bande originale du film sous la direction de Johnny Green en 1961, celle de son créateur Léonard Bernstein enregistrée en 1985 avec Kiri Te Kanawa, José Carreras et Marilyn Horne  même si cette dernière est un peu trop lyrique à mon goût... et pour la curiosité la version jazz d’André Prévin enregistrée en 1959 et celle d’Oscar Peterson Trio qui reprendra des extraits en 1962.  




mercredi 29 octobre 2014

The CADILLAC THREE "Tennessee Mojo" (7 mai 2013), by Mojo Bruno


Yiippiie

     Comme quoi les a priori ont la vie dure. J'étais complètement passé à côté de ce trio de crados hirsutes pour une simple raison :
- un batteur, ouais... un chanteur-guitariste, mouais... une Lap-steel guitare, haaa oui, pourquoi pas... et c'est tout ?? Y'a pas d'basse ??
Et bien oui. Ou plutôt non, il n'y a pas de bassiste. Et bien oui, j'aime la basse. J'aime la basse lorsqu'elle fait trembler les murs et cogner les cœurs, j'aime quand elle insuffle un groove funk profond, à l'âme afro-américaine, lorsqu'elle a les épaules larges et qu'elle s'impose comme la fondation sur laquelle se pose, ou s'appuie, la musique. J'aime les bassistes qui ne se laissent pas impressionner par les gratteux (généralement un peu égocentrique sur  les bords).
Alors dès que je vois un petit combo qui a l'affront de se dispenser de cet instrument, en général, je passe mon chemin. Ce fut le cas avec The Cadillac Three. Ce qui fut une erreur. Heureusement, il y eut une réédition cette année. Et puis, ça tombe bien puisque cette nouvelle édition (de 2014) s'enrichit d'un superbe "The South" qui va rendre vert de jalousie Blackberry Smoke et Whiskey Myers.



Jaren Johnston, Kelby Ray et Neil Manson sont trois potes d'enfance qui, après quelques errances, finirent par se retrouver et s'allier.

     Les choses sérieuses débutent avec American Bang, un groupe né des cendres de Llama et de The Kicks, plus un nouveau venu, Jaren Johnston (qui rejoint ainsi ses "vieux" amis, Kelby et Neil). Ce quatuor de Nashville réussit son  coup en réalisant un album frais de Southern-rock poppy (ayant quelques similitudes avec les derniers Kings of Lion et Taddy Porter - 1er opus-) idéal pour les radios et les fiestas de post-adolescents et de jeunes nord-américains. Pas très original mais bien ficelé, sans accrocs ; du Rock passe-partout plutôt vivifiant. Leur hit, qui joue les trouble-fêtes dans les charts US, est repris pour le thème de WWE NXT. 
Lorsque le guitariste quitte le groupe, Jaren, Kelby et Neil se retrouvent un peu le bec dans l'eau. Ils essayent bien de repartir avec un nouveau membre mais cela ne colle pas. On ne sait pas si le fait déclencheur est le départ de Ben Brown ou l'inadéquation avec son remplaçant, mais au final, les trois copains effectuent un virage au frein-à-main qui les recadre dans une Country plus en phase avec leur état, leur ville. 
Une Country qui n'a rien de celle, aseptisée et ampoulée, dont on a élimé toutes les aspérités afin de rentrer dans les formats de la télévision US bon teint. Une Country qui sent la terre (normal), le climat humide, subtropical du Tennessee, écrasé par un Soleil de plomb. Une Country ayant une main dans la prise (et un pied sur la pédale d'overdrive) et l'autre tenant un verre de Jack Daniel's (n°7 ?) (1). Une country qui sent la testostérone, les Ford Mustang, les Corvette C3, les Trans Am, les longues routes en décapotable ou en bécane cheveux au vent, les soirées festives et chaleureuses dans des clubs fait de bric et de broc où résonnent des vibrations recrachées par des amplis certes souffreteux mais qui ont de la patine. Une Country qui retrouve sa capacité à faire danser, à foutre le feu, et à rejeter toutes les facettes larmoyantes et niaises.
Une Country qui semble parfois renouer avec des percussions aux rythmes tribaux, binaires mais hypnotiques, réminiscences des tribus natives américaines de cet état, des Creeks, des Chicachas et des Cherokees. 
Une Country qui a pris des bains de boues de Hard-blues curatif.

  Ils auraient pu tout simplement repartir sur les mêmes bases qu'American Bang, sachant que tout s’annonçait pour le mieux, qu'une route dégagée et sans embûches leur était ouverte depuis leur album éponyme.
Et bien non, ils ont préféré se serrer les coudes, rester entre eux, et changer carrément de patronyme pour repartir pratiquement à zéro. 

Si Jaren Johnston a préféré garder son aptitude à pondre des refrains fédérateurs, lui et ses acolytes ont donc choisi de suivre cette nouvelle voie nettement plus roots. Pas vraiment très éloignée de celle d'American Bang mais nettement plus franche, honnête et... humaine, organique. Il faut préciser que d'après Jaren, American Bang était un groupe nettement plus southern-Rock, avec même quelque chose de Punk-rock, avant de signer avec Warner Brothers et... de s'éloigner de leurs racines.
Kelby Ray ressort sa vieille LapSteel de la grange, Jaren dépoussière une Telecaster dont la table et le manche accusent de nombreuses heures d'utilisation intense. Quant à Neil, il ne déloge pas de derrière ses fûts.

La recette est simple, mais tout le monde ne parvient à faire monter la mayonnaise. Ce n'est que du Country-Rock, Southern-Rock même, du genre efficace, évitant tout chemins tortueux.
Sur quelques pièces, le côté parfois bastringue de la LapSteel et du Dobro de Ray, couplé aux attaques furieuse de la guitare de Johnston donnent une sensation de Bluesgrass-Metal.
 Bien que l'orchestre n'ait pas du tout la même envergure (difficile à trois de réaliser ce que d'autres font  à six ou sept), on pense assez à Lynyrd Skynyrd, voire à 38 Special (du début). Toutefois, s'il n'y avait qu'un seul groupe à citer en référence, se serait Blackberry Smoke. Le timbre et les intonations de Johnston en étant la principale raison, très proches de ceux de Charlie Starr. Cette même façon d'imposer un rythme par le chant. (plus précisément, ce serait un timbre à la Charlie Starr agrémenté de Ronnie Van Zant et de Cody Cannon, le tout avec quelque chose d'un tantinet plus enjoué et une approche un rien plus sauvage). On y retrouve aussi ce son de Telecaster (parfois remplacée par une Gibson SG) à l'overdrive boostée, au crunch mat et débordant, penchant de temps à autre vers une fuzz bien fat (Big Muff). Le trio qualifie d'ailleurs leur musique, entre autres épithètes, de Country Fuzz.


Ils le clament haut et fort, ces trois loustics sont du Sud (des USA), de Nashville précisément, et ils en sont fiers. Ils revendiquent leur étiquette de Southern-men et de patriotes Américains (« God bless America » sur une de ses Telecaster et au dos d'une National). Ce que reflète leur musique ainsi que les paroles des chansons qu'ils se plaisent à truffer de références : « I got my Johnny Cash black boots... », « Bumpin' an ol' Tom Petty cassette... », « My family's full of crazy Cajuns », « My daddy came from Louisiana... », « It's all about The South. Georgia, Alabama, Mississippi, Louisiana, Carolina... », « Singin' « Free Bird »... », « Moved down to Mississippi... », « A little hillbilly redneck stomp my feet », « Tennessee boys and girls, running free, ... », « Skynyrd.. », « Tennessee Mojo ».


Ouaip, d'indécrottables Rednecks amoureux de leur ville, de leur état, du Southern, et qui doivent penser qu'il ne fait pas bon vivre ailleurs : « (the South) This is where I was born and this where I'll die ».

Ils le disent eux-même : leur musique oscille entre des hymnes adéquats pour la radio (américaine), un Heavy-rock et un Southern-folk traditionnel. Dans ce sens, les loustics nommeraient leur musique  Country-Fuzz ou Hipster-billy. Un truc qui pourrait autant séduire les fans de ZZ-Top que ceux de Dierks Bentley.

Une musique qui pourrait faire la bande son de séries typiquement américaines tels que Sons of Anarchy, Banshee, voire True Blood.
Tandis que "Days of Gold" aurait pu être un tube des "Culs-Trempés" ( "O'Brothers"). (Titre repris par Jake Owens et qui permit à ce dernier de visiter les charts Nord-américains).

Ouaip ! Pour sûr, boy. Y'a bien du Four Horsemen (le son rêche près de l'os, la slide), du Lynyrd Skynyrd, du Blackberry Smoke, du Leroy Powell & the Messengers, du Delta Saints, du Blackfoot (dont Johnston est fan), du Georgia Satellite, quelques onces de Ken McMahan, de Shooter Jennings, voire de Kid Rock (de Rock'n'Roll Jesus et de Born Free, avec plus de c... gnaque), parfois même du White Cowbell Buffalo. Et ça envoie le bois !
Pour être juste, il convient immanquablement de citer Stoner Train. Un autre trio - plus bluesy avec l'harmonica qui prend la place de la LapSteel - qui allie l'acoustique (banjo) et la débauche d'électricité avec une fougue démente. (Un trio de frappa-dingues qui devrait l'bojet d'une prochaine chronique).
En mentionnant Stoner Train on peut ainsi faire le meilleur raccourci pour donner une image : The Cadillac Three, c'est Stoner Train qui joue du Blackberry Smoke.

The Cadillac Three est un sacré coup de pied au cul du Southern-Rock.
Mais surtout, ce qu'il y a avec ce trio de rednecks à l'aspect sympathique et négligé, c'est que malgré l'apparente simplicité de leurs chansons, on ne s'en lasse pas. Ça tourne en boucle. Et rares sont les disques à comporter treize titres tous de qualité (on ne compte pas le "hot sauce mix" (?) de "I'm Southern Man"). 
Ha, et aussi, Kelby Ray ressort sa basse pour le studio. Pardonné. Toutefois, la quatre-cordes est bien mixée en retrait, souvent difficilement discernable, ne servant pratiquement qu'à épaissir le son.

Pari réussi avec l'album qui parvient à gravir la 19ème place des charts US.

P.S. Jaren Johnston a coécrit le hit de Keith Urban, "You Gonna Fly" (1er des charts country US), et "Southern Girl" pour Tim McGraw (autre n°1, mais cette fois-ci au Canada). 

(1) Le Jack Daniel's est un bourbon du Tennessee. Créé en 1866 à Lynchburg, par Jasper Newton Daniel. A savoir que la date de création de la première distillerie, revendiquée par l'entreprise sur ses étiquettes, est remise en question par le biographe de Daniel qui la daterait plutôt vers 1875. Cette entreprise est une des fiertés du Tennessee. "It's not Scotch. It's not Bourbon. It's Jack".





belote


et rebelote


dix de der

mardi 28 octobre 2014

PETER ALEXANDRE "Looking for the sun" (2014)

Peter Alexandre est un jeune guitariste/ chanteur et songwriter (en anglais) qui nous arrive de Lyon. Il signe ici son premier album autoproduit  et financé par les internautes via un site participatif. il est accompagné d'une section rythmique (Simon Rebuffat, drums et Jery Ralaiariliva, basse) et de deux choristes : Margot Sagan et Mary Reynaud. Ses influences revendiquées renvoient vers le folk/pop avec Jack Johnson, Jason Marz, le duo français Cocoon, Bahamas, Ben Harper, sans oublier les immortels Beatles et il qualifie sa musique de "pop acoustique optimiste". Et là, comme moi, vous vous demandez "c'est quoi de la musique optimiste ?", et bien le mieux est de voir ça à l'écoute..

"Better keep cool" mérite bien son titre, de la pop cool, un brin West coast, voix et mélodie sont  agréables et sont plus une incitation au farniente et à prendre la vie du bon coté qu'à la prise de tête... Impression confirmée par "The whole wide world" avec ses  mélodie entrainante, guitare folk, choeurs "do woop", mon  titre préféré.
Tempo plus slow pour "Sweet ballad" qui là encore tient bien son nom, une ballade intimiste qui s'emballe un peu sur la fin. "Storyteller" est une belle chanson pop où l'on remarque encore les voix féminines et un joli passage de Peter à l'harmonica. "Looking for the sun" qui donne son titre à l'album ne manque pas d'évoquer Ben Harper, tout comme "Poor and lonely". De la seconde partie de l'album je ressortirai "Birds" et son intro à la Beach Boys, une excellente pièce pop, richement arrangée, douce et apaisante ; "Interlude" avec ses superbes choeurs et "Love you more", une pièce pop entrainante et bien rythmée, ainsi que la ballade finale "What's going on", qui n'est pas une reprise de Marvin Gaye, même si elle n'est pas si loin que ça de la soul, avec encore un passage d'harmonica.

Pour en revenir à notre interrogation initiale, cette "pop optimiste" s’avère teintée de bonne humeur et de fraicheur et passe facilement, sans être pour autant simpliste et commerciale. J'ai particulièrement apprécié les chansons enlevées, l'apport des voix féminines et les arrangements, mais le tout dégage une impression  de quiétude reposante bienvenue dans ce monde speedé. Bien sûr tout n'est pas parfait, on pourra trouver quelques longueurs et 2 ou 3 morceaux un ton en dessous, mais au final pour un  premier album le résultat est prometteur et Peter s’avère un faiseur de chansons doué  ainsi qu'un interprète sincère et convaincant que l'on suivra . 
(son site: peteralexandremusic.com)

Rockin-JL


lundi 27 octobre 2014

PAUL KOSSOFF - Live Free, Play Hard : Retrospective (1ère partie) par Philou



"Each note of Paul is an ocean of feelings"

En mémoire de Koss (14 septembre 1950 - 19 mars 1976)

1ère Partie : l'ascension

The young Paul Kossoff
Né à Londres, en Angleterre, le 14 septembre 1950, le jeune Paul Francis Kossoff, tout juste âgé de 10 ans, commence à étudier la guitare classique. Après 6 années de pratique, il délaisse les cordes de nylon et pendant l'automne 1965, alors que le "British Blues Boom" est en pleine effervescence, il va voir en concert John Mayall And The Bluesbreakers. Le groupe vient d'accueillir un jeune guitariste en rupture des YARDBIRDS. Il vient de fêter ses 20 ans, il est plutôt doué et il s'appelle Eric Clapton ..... quelques mois plus tard, les gens vont le surnommer "God".
Ce concert va relancer sa passion pour la guitare et changer sa vie. A partir de là, il se plonge dans le blues et s'achète une guitare électrique Eko, un modèle bon marché fabriqué en Italie.
Inlassablement, il écoute les 33 tours de BB King, de Muddy Waters, d'Elmore James, de Willie Dixon, d'Howlin' Wolf, d'Albert King .... et commence à jouer dans des groupes locaux.
Après avoir quitté l'école, il travaille dans un magasin de musique à Londres et réussi à acheter sa première guitare Gibson, une Les Paul Junior, la moins chère de la marque à l'époque. 
Un jour de l'automne 1966, il rencontre Jimi Hendrix tout fraichement débarqué des USA avec l'ex- bassiste des Animals, Chas Chandler. Jimi prend une guitare et joue une 1ère version de "Little Wing" devant Koss, complètement hypnotisé par la prestation du guitariste américain.
En 1967, il rejoint un groupe de blues BLACK CAT BONES et va commencer à arpenter les scènes des pubs londoniens. 
Pendant plusieurs soirs, avec son groupe, Koss va ouvrir pour FLEETWOOD MAC et le jeune guitariste, pendant la tournée,  va passer des heures à répéter avec Peter Green....une expérience incroyable pour un gamin de 17 ans !!!!
 
Black Cat Bones "Paul's Blues"
L'année suivante, un nouveau batteur intègre les BLACK CAT BONES, il a tout juste 19 ans et se nomme Simon Kirke. Bien vite, Paul Kossoff et Simon Kirke, vont sceller une solide amitié fondée sur leur amour mutuel du blues.
Les 2 jeunes musiciens attirent l'attention du producteur Mike Vernon qui les invitent à participer à l'enregistrement d'un titre, "When You Feel The Feeling", pour le pianiste de blues Champion Jack Dupree.
Mais les 2 jeunes surdoués sentent qu'il est temps d'aller voir ailleurs et se mettent en tête de monter un nouveau groupe.

Un soir, dans un club de blues londonien, le Fickle Pinkle, Koss et Simon Kirke découvre Paul Rodgers sur scène avec son groupe BROWN SUGAR. Pour le 2ème set, Koss s'invite sur scène et interprète le "Stormy Monday Blues" de BB King avec Paul Rodgers au chant. Ce dernier, médusé, lui dit à la fin du morceau : "Eh mec, nous allons former un groupe ! 
Les graines de FREE ont été semées ce soir là.....
Alors que Kossoff, Rodgers et Kirke commencent à répéter, Mike Vernon leur présente un bassiste qui malgré son jeune age (16 ans), a déjà joué avec les Bluesbreakers de John Mayall : il s'appelle Andy Fraser.

Le nouveau quatuor est baptisé FREE par Alexis Korner, le père fondateur du blues britannique qui les fait signer chez Islands Records. Les 4 jeunes musiciens sont lancés dans le circuit blues de la capitale anglaise et reçoivent des critiques élogieuses. Un public de fidèles se met à les suivre dans toute l'Angleterre.
En juillet 1968, Mike Vernon invite Koss à jouer sur l'album de Martha Velez "Fiends & Angels". Sur ce disque, le jeune guitariste de FREE va participer à 3 titres et va croiser dans le studio, Mitch Mitchell, Eric Clapton, Jim Capaldi, Gary Thain, Chris Wood, Brian Auger, Christine Mc Vie et le regretté Jack Bruce, décédé il y a 2 jours.(l'hommage du Déblocnot' à lire  ici : Jack Bruce -14/05/1943-25/10/2014-)
Cet album réédité en CD en 2008 est un véritable trésor, si vous arrivez à le trouver, n'hésitez pas !   

Martha Velez "Fiends & Angels" (1969)

Le 1er album de FREE "Tons Of Sobs" sort en mars 1969, rapidement suivi par un second, en octobre 1969, tout simplement intitulé "Free".

Juste après la sortie du 2ème album, Paul Kossoff se présente pour une audition pour les ROLLING STONES qui cherchent un guitariste pour remplacer Brian Jones. Il passe également une audition pour JETHRO TULL. Finalement, c'est Mick Taylor et Martin Barre qui obtiendront les jobs tant convoités. Koss se sentira finalement assez heureux d'avoir été sollicité et surtout d'avoir été reconnu comme l'un des meilleurs guitaristes du moment.
De G à D : Kossoff, Kirke, Rodgers & Fraser.
Les chose s'accélèrent au milieu de l'année 1970 avec la sortie de l'album "Fire And Water". Grâce au single "All Right Now" qui va connaitre un succès phénoménal, le groupe se voit propulser en tête d'affiche au festival de L’Ile de Wight devant 600 000 personnes et en compagnie de Jimi Hendrix, les Doors, les Who, Ten Years After, Jethro Tull, Chicago...etc...

 
Les 4 hommes libres acquièrent dès lors, une stature internationale et Paul Kossof s'impose par sa présence électrisante et son jeu unique. Car même s'il n'a pas la dextérité d'Eric Clapton, la finesse de Jeff Beck ou la grandiloquence de Jimmy Page, il a le don de faire beaucoup avec pas grand chose (tout le contraire d'un shredder !). Il possède une puissance émotionnelle énorme et chaque note qui sort de sa guitare est un océan de feelings.
Paul Rodgers déclarera plus tard : - "Paul a joué chaque note comme si sa vie en dépendait, il était tellement passionné par son jeu"-


Paul Kossoff ne fabrique pas la musique à la demande, il la vit. Son style se caractérise par de longues tenues de notes et par l'usage répété de bends (technique qui consiste à modifier la hauteur d'une note en tirant la corde vers le haut ou vers le bas). Pour jouer de cette façon, la justesse est toujours de rigueur, sinon, c'est le danger immédiat pour votre confort auditif. Koss possède un feeling naturel pour le blues avec son phrasé et son choix de notes toujours millimétré.

Le jeu de Koss est si expressif que même Eric Clapton lui demanda comment il obtenait ce vibrato si particulier. Timide et modeste, Koss croyait que Clapton se moquait de lui alors que ce dernier était on ne peut plus sérieux
Comme "slowhand" Clapton, Koss ne joue pas à la vitesse Grand V, chaque note est savamment distillée et porte sa signature personnelle.
Question rythmique, ça parait simple, presque minimaliste mais ses riffs ne sont pas joués en avant et n'occupent pas tout l'espace sonore, ils sont savamment assénés au fond du tempo, sans toutefois se retrouver à la traine..... redoutable !!!



Suite à la sortie de l'album "Fire And Water" et le carton de "All Right Now",  c'est une véritable Freemania qui sévit en Angleterre. Le succès est brutal pour un groupe si jeune et les chose vont se gâter.
La gloire naissante va accentuer les tensions au sein du groupe. Sentant la pression monter et voulant prouver que leur succès n'est pas un hasard, le quatuor se précipite en studio pour enregistrer un nouvel album. Une discorde concernant la future orientation musicale commence à scinder le groupe en deux, d'un coté Fraser et Rodgers qui veulent se lancer dans l'écriture de chansons plus pop/rock et de l'autre Kirke et Kossof qui ne veulent pas s’éloigner du blues.
Enregistré rapidement, l'album "Highway" sort en décembre 1970 et c'est un échec inexplicable. Les séances d'enregistrement ont été perturbées par la conduite imprévisible de Koss qui est devenu un junkie instable accroc à l’héroïne.
Ces événements vont précipiter la séparation de Free qui explose en avril 1971.
En mai 1971, FREE se sépare et Paul Rodgers déclare même à la presse qu'ils ne rejoueront certainement jamais plus ensemble.

En septembre 1971, Island Records se dépêche de sortir un album en public "Free Live", histoire de capitaliser sur le dernier soupir du groupe.



********** FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE **********
A lire également : The FREE STORY

 FREE "Mr Big" Live In Germany (1970)