mardi 17 juillet 2018

DOWNLOAD 2018 (1er partie) - par Pat Slade



Malgré mon handicap physique, je voulais à tout prix participer à ce festival ; déjà que je l’avais loupé l’année dernière, je n’allais pas rater la Sainte Viviane (La patronne de la bière !)



Download Quand la bière est tirée… !




Bienvenue dans ma ville qui accueille un festival qui va essayer de faire la pige au Hellfest à Clisson en Loire Atlantique (Ça va être dur !). Le hard rock n’a jamais eu autant le vent en poupe sur notre territoire, et les groupes outre atlantique et outre manche ne s'y trompent pas ! L’année dernière, j’avais évité, des groupes comme Linkin Park, Green Day ou même Gojira qui ne rentraient pas dans mes critères du hard rock. A la rigueur, il y a avait Epica et Alter Bridge, mais payer trois jours pour voir deux groupes, ce n’était pas économique et le prix du billet n’aurait pas été amorti… même avec la bière. Bon d’accord, mes goûts en hard rock sont plutôt arrêtés ! Je suis très old-school, les groupes où le chanteur fait du growl (Ou grunt) ce chant guttural grave ne rentre pas dans mes catégories de choix.

Mais revenons au Download 2018, les festivals de hard rock ont bien changé depuis le premier en France le 9 juin 1984 (Et déjà à Brétigny, votre serviteur y était !), un petit truc où des groupes qui à l’époque étaient de petite envergure, vont s’envoler sur les ailes du succès. Pour exemple on pouvait trouver Vulcain : le groupe des frères Puzio, les parisiens de Blasphème ou les essonniens de H-Bomb. Les fans types de Hard rock était encore des barbus bikers bedonnants pour certains, remplis de bière, l’air patibulaire avec des vestes en jean constellées de patchs et de badges de groupes métalleux et les gens en avaient un peu peur quand ils les croisaient. Pourtant le hardos est un pacifique qui aime le rock fort et la bière même si son look n’a rien à voir avec les fans de Louane ! Avec le temps, le public est plus chamarré et tu trouveras toujours l’éternel gilet en jean et ses patchs mais aussi des cosplays ou des tenues plus humoristique comme des déguisements de licorne, de requin, de coccinelle (J’ai même croisé Blanche –Neige !) et cela n’entache pas la bonne humeur qui traîne en bord de scène. Tout le monde dans le même trip, musique, éclate… et bière !  




Download j+1, Bière qui roule n’amasse pas mousse 




Wakan-Tanka
Avant de faire un festival comme le Download (Ou un autre), il faut faire sa line-up de ce que tu veux voir ; de toute manière, il est impossible de faire tout les concerts sans finir sourd ou barjot ! Mais tout a commencé sur une petite déception, je n’ai pas pu allez voir Laura Cox (Petit problème de timing), tans pis ! Je me rattrape avec une bière et je fonce à la main stage 2 pour écouter Wakan-Tanka des p’tits gars bien de chez nous qui font un bon rock plein d’énergie. Je ne m’éloigne pas trop de la scène, juste le temps de boire une bière et je reprends ma place pour Eluveitie un groupe Suisse de métal celtique (Ben oui ! Même les Suisse font de la musique celte, étonnant non ?) Où l’on retrouve l’éternel quatuor guitares solo et rythmique, basse, batterie mais en plus le violon, la flûte irlandaise, la cornemuse et un instrument que jamais on ne reverra dans le métal, une vielle à roue. Entre des morceaux très speed avec un beuglant qui growl et d’autres plus calmes avec une jolie brune à la voix enchanteresse, le tout passe assez bien. Petite pause sandwich avec une bière. L’organisation du festival est au top et tout est prévu pour que vous soyez bien dans vos baskets, un énorme parking, un camp de camping, des coins argent ou tu recharge ton bracelet pass avec ta carte bleu sans avoir à te promener avec du liquide (Hormis la bièresur toi, des endroits pour s’asseoir et se rafraîchir avec des brumisateurs, de la distribution de crèmes solaires, des coiffeurs, un barbier, des tatoueurs (Évidemment !), du merchandising partout, des restos ou les odeurs de churros se mélange avec celle de kebab et de nourriture antillaise et partout à perte de vue des bars à bières ! 
Alestorm
Et les mecs balaises de la sécurité sont très sympa ! Assis sur des palettes disposé en fauteuil, je regarde de loin le concert des britanniques d’Alestorm qui font du pirate métal, un mélange de folk et de power métal. Un groupe complètement déjanté avec un énorme canard jaune(Genre sexe-toy) sur scène qui finira sacrifié dans le publique. Un bon groupe pour s’amuser.


Ghost
Arrive l’heure ou le Cardinal Copia et ses Nameless Ghouls rentrent sur scène, le groupe Ghost va mettre le feu à la plaine, plus le temps de boire une bière, c'est l’heure du vin de messe. Gros show, gros son, Ghost n’est ni une chimère ni une apparition. Et puis le gros morceau de la soirée, tout droit sortie de sa maison de retraite l’ancien chanteur du groupe Black Sabbath, Monsieur Ozzy Osbourne en personne sur la scène du Download. Le bouffeur de chauve souris n’est plus que l’ombre de lui-même, il est vrai qu’il aura 70 ans à la fin de l’année les ravages de l’alcool (La bière ?) et de la drogue ont laissé
Ozzy Osbourne
des traces, la voix n’est plus là et il devrait prendre un déambulateur pour se déplacer sur scène. Heureusement que son band emmené par l’immense
Zakk Wilde qui te sort des solos énormes et une rythmique d’enfer avec Rob Nicholson à la basse et Tommy Clufetos à la batterie remontent un peu la sauce. Un light show terrible et le prince des ténèbres gagnera haut la main  l’approbation du public.

A suivre Download J+2, Bière qui mousse amasse la foule.  

- Dite M'sieur Claude, il a l'air d'avoir mal au crâne M'sieur Pat ce matin ???
- Ben oui Sonia, j'ai compté 15 fois le mot bière dans son papier... 
- Ah oui... Quand même ! 


 

lundi 16 juillet 2018

BORÉAL de Sonja Delzongle (2018) – par Claude Toon



Bœufs musqués du Groenland
À la fin de ce livre, Sonja Delzongle remercie les commentateurs en général et les blogueurs amateurs en particulier pour leurs critiques. C'est gentil, mais hélas l'auteure va me maudire car je dois avouer que mon sentiment à la toute dernière page est celui d'un rendez-vous manqué voire d'un beau gâchis…
A mon sens, un échec dû à trop de genres entremêlés qui font que ce livre accumule les poncifs et les situations inabouties : du polar, de l'aventure en milieu hostile, de la science, de la géopolitique, des bribes de combats écologiques (ce que j'espérais), du sexe gratuit pour voyeurs. Par ailleurs, bravo pour le carnage ; ce n'est plus un roman mais un cimetière bondé ; 3 protagonistes sur des dizaines et plus survivront, dont un clebs… Essayons de reprendre depuis le début.
Pourtant le fond de l'histoire, très peu exploité, est séduisant. Le nord du Groenland (Thulé) a servi de base de déploiement d'armes nucléaires pour les Yankees pendant la guerre froide. Des bases creusées dans les glaces, des bombardiers et des bombes A et H, enjeux de ce combat de mâles dominants entre les superpuissances. L'immense île gelée étant la terre la plus proche de la Russie via le pôle nord pour les avions. On suspecte que le crash d'un B52 (janvier 1968) a provoqué l'explosion d'une de ses quatre bombes, irradiant ainsi instantanément hommes et bêtes… (C'est impossible techniquement, mais ça, les littéraires ne le savent décidément pas et se croient dans Le salaire de la peur et ses bidons de nitroglycérine instables. Par contre oui, ça pollue, mais localement.) Alors, un pamphlet sur la folie nucléaire ? Non…

Une obsession pour ce bel animal : manger sur une banquise qui se réduit
La ou les intrigues multiples gravitent autour d'une équipe de scientifiques hivernant sur Inlandsis, le glacier du Groenland et ses 2 millions de km2. Oui Bruno, un premier plagiat inspiré de The Thing de Carpenter. Une équipe hétéroclite : Roger Ferguson, écologiste et danois, chef de l'expédition, Anita Whale, climatologue anglaise, Atsuko Murata, japonaise et dépressive*, Dick Malte, glaciologue canadien (cherchant les preuves secrètes des accidents nucléaires*), Mathieu Desjours, traducteur français et schizophrène*, Akash Mouni, le cuistot. Enfin, Lupin, le chien loup de Mathieu. Leur mission… Bof, on ne sait pas trop précisément…
* Détails ignorés des autres membres de l'équipe, et on s'en doute : sources de bien des problèmes et des gros !
Lors d'une sortie, il découvre un troupeau de bœufs musqués morts ensemble depuis des lustres, entassés et enchâssés dans la glace. Un mystère. Atomisés ? Secte de bovidés angoras adepte du suicide collectif ? Plus sérieusement, encore une piste du livre peu exploitée voire abandonnée à l'imagination du lecteur. On fait appel à Luv Svendsen, une biologiste norvégienne spécialiste des morts de groupes d'animaux non élucidées, un sujet encore traité en quelques pages et qui m'aurait passionné par ses implications sur l'avenir du vivant sur notre planète souillée… Elle rejoindra l'équipe avec son photographe Niels Olsen.
Digression policière. Luv doit d'abord filer à Londres car sa fille adulte (née quand Luv avait 16 ans et qu'elle a confiée aux grands parents) a été percutée par un 4x4 et va mourir. La jeune femme avait une petite amie Flynn qui est suspecte. Luv, en tant qu'écologiste militante, a beaucoup d'ennemis. Stop ! Peu importe le dénouement policier digne d'un téléfilm à deux balles. Je me demande ce que ce drame et cette enquête viennent faire dans un techno-thriller en arctique ?!
Base secrète US sous la glace vers 1960
Autre digression incongrue : Roger Ferguson est amené à disséquer un ours abattu car dangereux et mourant de faim, une conséquence du recul de la banquise (encore un sujet grave escamoté). Atsuko Murata interrompt Roger pour se faire "sauter" (désolé, mais la scène est très vulgaire donc, ma rhétorique se justifie). Par -10° devant la carcasse du plantigrade. Dehors, Mathieu les mate en se faisant un petit plaisir solo. Encore un chapitre inutile, incohérent et salace, d'autant que la japonaise va s'égorger dans le hammam, le lendemain. Quand j'écris qu'on meurt beaucoup. Et puis le Mathieu, il gonfle tout le monde à aller faire pisser son chien dans le blizzard. Lupin se barre et son maître se paume. Une première escouade part à sa recherche et disparaît aussi. Avec un sens aigu de la sécurité, les autres scientifiques s'enfoncent aussi dans la nuit… Il ne reste plus que le cuistot avec son ragoût d'ours qui refroidit ! Beurk !
La suite : un soupçon de fast and furious version motos-neige. Mille dangers : les gelures, la trahison, les prédateurs, la mort… Il y aura un autre passage inspiré de La colline a des yeux mais par -35°, je passe sur la complaisance assez sordide des scènes cannibalesques entre dégénérés. Quelques idées isolées en rapport avec l'époque de la guerre froide, mais jamais un développement réel et encore moins d'explication. Dommage.
Pour compliquer le tout : les mésaventures (mortelles bien sûr) du Shérif Sangilak de Qaanaaq, ville de Thulé. Un gars du coin qui ne peut qu'archiver des cas de disparitions inexpliquées depuis des décennies. Des autochtones, des aventuriers traversant ce continent gelé. Jamais encore des scientifiques. Point commun : on ne retrouve jamais de trace des disparus : rien, l'anéantissement, pas un ouvre-boîte, une chaussure ou du matériel abandonné, et encore moins… de restes humains après un hypothétique festin de plantigrade. Là aussi, pas de suite donnée à l'affaire. Enfin si, vaguement…

Sonja Delzongle
Quel fourre-tout ! Le bilan humain est effroyable…
Etc. etc. etc. 300 pages de course poursuite sur glace.

Épilogue : Luv et Malte ont failli mourir de froid, sont polytraumatisés physiquement et psychologiquement, sans compter avoir couru le risque de finir boulotés par les ours, les loups, les cannibales ou alors butés par le dingue de l'équipe… Eh bien, dernier chapitre : ils baisent comme des hardeurs. Quelle santé et quelle conclusion grotesque et racoleuse ! Lupin, le toutou s'en sort bien. Il se trouvera une gentille louve, vivra heureux car ils auront plein de petits louveteaux. Un vrai conte de Perrault 😊. Gentil, mais cucul en regard de la noirceur ambiante.

C'est pourtant assez bien écrit, mais il y a des perles comme cette réplique de Malte une fois que tout le monde est porté disparu, que la station est ruinée par un "tremblement de glacier", qu'il va sans doute y rester : "je trouve que rien ne va bien depuis le début de l'expédition". Encore un Sherlock Homes qui s'ignore 😁. Non, je n'ai pas aimé cet entrelacs surchargés de scènes sordides mises bout à bout sans grande logique. Pour les amateurs d'histoire à tiroirs et un tantinet glauque, ça peut le faire.

Denoël – (Collection Sueurs froides) – 448 pages. Sympa le Groenland en période de canicule.


dimanche 15 juillet 2018

FEU d'ARTIFICE POUR LE BEST OF

lundi :  une fois n'est pas coutume, Nema délaisse sa bibliothèque  pour  un concert du groupe Issue de secours , du bon pop/rock en français  énergique, aux paroles bien troussées ; nous la retrouverons comme envoyée spéciale au Hellfest l'an, prochain avec notre ami Vincent (appel aux  organisateurs, si vous avez 2 Pass VIP en trop..)

Mardi : avec Pat qui s'intéresse à un monument du rock  psyché, Atom mother earth des Pink Floyd et sa célèbre pochette à la vache, un classique pas toujours facile à comprendre et encore moins à chroniquer , mais Pat s'en est bien tiré, aprés avoir toutefois  fumé la moquette de la salle de réunion ..

Mercredi : direction Detroit avec Bruno  et le groupe d'afro- américains Black Merda qui enregistra cette petite bombe de  funk Hendrixien, un disque culte des  seventies à redécouvrir.  

Jeudi : Rockin poursuit sa tournée estivale en Australie avec cette fois  le groupe JET qui déboula en 2003 avec "Get born" , une réjouissante décharge de classic heavy rock  avec en prime quelques singles qui ont fait date. 

Vendredi :  Luc n'a pas été vraiment convaincu par la lecture du polar de Joel Dicker "la disparition de Stéphanie Mailer", "révélations tirées par les cheveux, style plat, ridicule même parfois malgré de bonnes idées"...Luc on te demande en bas à l’accueil, un certain Mr Dicker, par ailleurs ceinture noire de karaté, bon, je te laisse......

Samedi : En 1947, les ingénieurs du son savaient faire des miracles. Et claude Toon nous propose la Suite en Fa d'Albert Roussel, musique fort joyeuse et colorée dirigée ici par Charles Munch, l'homme idéal pour cette facétie musicale qui rend hommage aux suites de danses de l'époque Baroque. Au programme : prélude, sarabande et gigue…

samedi 14 juillet 2018

Albert ROUSSEL – Suite en Fa – Charles MUNCH (1947) – par Claude Toon



- Petite chronique pour un samedi férié M'sieur Claude… Mais dites, un enregistrement 78 tours de 1947, vous n'avez pas trouvé mieux, pourquoi pas un rouleau de cire ?
- Et bien non Sonia ! Toutes les interprétations stéréo YouTube écoutées sont ternes, sans humour, avec une prise de son fumeuse, un comble pour le pittoresque Roussel !
- C'est vrai que ça sonne pas si mal, on entend bien les instruments… Désolée de vous avoir chambré…
- De rien mon petit, et puis une musique dansante et un peu fantasque pour démarrer le weekend, c'est cool…

Sarabande du XVIIIème siècle
Sonia m'amuse avec ses remarques piquantes sur l'époque des rouleaux de cire et des phonographes. Je garde en souvenir une des innombrables 6ème symphonie de Beethoven "la pastorale" dirigée par Bruno Walter, sur 78 tours (un cadeau que je ne peux plus écouter faute de matériel ad hoc). Cinq disques soit dix faces dont 4 pour la scène aux champs 😎 ! Le CD comportant la 6ème de Prokofiev sous la baguette de Walter Weller écouté il y a peu dure 85 minutes ! C'est le record dans ma discographie classique dont les minutages sont plus généreux que ceux des CD de mes amis rockeurs.
Son pourri avant l'invention de la stéréophonie début des années 50 ? Et bien pas tant que ça, car pendant et après la seconde guerre mondiale, les magnétophones avaient fait de gros progrès et les ingénieurs du son réalisaient parfois des exploits pour obtenir une transparence que l'on n'a pas toujours de nos jours, à défaut d'une dynamique et d'une bande passante larges… La mise en place de l'orchestre dans la gravure réalisée à la Philharmonie de Londres pour cette Suite en Fa de l'ami Roussel est exemplaire pour illustrer ce savoir-faire. (Arpèges des harpes dans le mouvement central et triangle dans le final.)
Autre point de vue : je ne pense pas que la qualité sonore des meilleures gravures en stéréo ait été dépassée depuis l'arrivée de la stéréo en 1953. La quadriphonie des années 70-80 a fait un bide. Quant au SACD, la quantité de matériel à mettre en œuvre n'a pas connu un franc succès (en audiophile je précise, pas en DVD). La revue Diapason avait réalisé des tests comparatifs au début de l'ère SACD. Budget 30 K€, quand même, dont cinq enceintes B&W Nautilus à 3000 € pièces. Problème : l'amplificateur à cinq canaux pourtant assez couteux n'avait pas la qualité de délié, d'aération, etc. d'un ampli stéréo haut de gamme que l'économie de trois enceintes permettaient d'acquérir. Un Naïm ou un ampli à tubes costaud sans doute… Si on fait l'impasse sur le côté invasif des enceintes, la chaleur et la finesse de l'installation stéréo l'emportaient sur tous les plans en termes de fluidité et de beauté des timbres. Conclusion : le SACD reste confidentiel et rejoint la liste des technologies sans réel avenir dans l'univers classique, d'autant que pour la prise de son, il semblerait que ce soit la galère pour restituer avec réalisme la position des instruments.
J'ai profité de ce petit papier pour vous faire part de mes réflexions sur l'état de l'art en matière de reproduction sonore. Je reste fidèle à la stéréo (MP3 uniquement sur autoradio) même si ça serait chouette d'écouter Hilary Hahn jouer à mes pieds en multicanal. Faudrait que je réfléchisse à la question
Hein ? Mais non Maggy, on ne change rien… Jamais nous n'aurons cinq ou six enceintes et cinq ou six blocs mono Lavardin dans le salon, j'te jure. Aie, ouille, pas le rouleau à pâtisserie. Aie, ouille, Pitié !!!!
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Mengelberg (assis) et Roussel (debout) en 1929
Après cet aparté technique, revenons à cette pétulante Suite en Fa. Roussel n'est pas un nouveau venu dans le blog. Nous avions déjà écouté sa 3ème symphonie fantasque et énergique. Ancien capitaine de marine et d'humeur épicurienne, son œuvre laisse peu de place à la mélancolie et à la méditation. Dans cet article consacré à l'interprétation de Charles Dutoit, j'avais mentionné le disque culte de Charles Munch des symphonies 3 et 4 avec l'Orchestre des Concerts Lamoureux. Une verve inégalée. Je ne suis pas surpris de retrouver cette vitalité dans cet enregistrement de 1947 à Boston. Il dirigera le célèbre orchestre de la ville de 1949 à 1962. Il succédait à Serge Koussevitzky qui avait assuré la direction de l'orchestre de 1924 à 1949 ! Et comme le monde est petit, c'est ce chef immigré russe qui créa ladite Suite en Fa en 1927.
La Suite en Fa composée en 1926 renoue avec l'esprit des suites de Bach qui enchainaient des préludes, des arias et des pièces inspirées dans leur forme par des rythmes de danses de cour de l'époque baroque. L'humour est omniprésent dans ce pastiche, à tel point que même le très austère et autoritaire Sergiu Celibidache admirait et jouait cette œuvre anticonformiste… L'œuvre d'une quinzaine de minutes comprend trois mouvements.
L'orchestration comporte : 2 flûtes + picolo, 2 hautbois + cor anglais, 2 clarinettes + clarinette basse, 3 bassons, 4 cors, 4 trompettes, 3 trombones, tuba, 3 timbales, grosse caisse, tambour, triangle, cymbales, tambour basque, célesta, harpe et les cordes. Un effectif étendu et très coloré dans la suite logique de ceux de Debussy, Ravel et Bartók(Source – partition).
1 – Prélude : Cavalerie légère au grand galop des cordes pour mener tambour battant les premières mesures de cette fantaisie orchestrale. Les bois et instruments virevoltent : arpèges descendants des flûtes, trilles de trompettes, des pizzicati goguenards, en un mot les mille facéties dont raffolait notre compositeur. L'esprit dansant pour le moins entrainant nous conduit jusqu'à un premier tutti syncopé ponctué énergiquement par des coups de cymbales. Roussel paraphrase la thématique de cette introduction avec gourmandise dans une forme qui de prime abord paraît classique. Il n'en est rien, le travail contrapuntique est très imaginatif et résolument moderne. Charles Munch confirme ses dons pour des tempos agrestes et la vitalité débonnaire dans sa direction, l'absence de rubato ou de pathos dans cette musique qui n'a absolument aucun lien avec le courant postromantique tardif.
2 – Sarabande : [4:02] Pour mémoire, la sarabande est une danse lente et courtoise. (Le leitmotiv de la sarabande de Haendel dans Barry Lyndon de Kubrick). Mais là, aucune gravité ! Bassons, cors et cordes énoncent une mélodie poétique et nonchalante. Sérénité et lumière diaphane sont les maîtres mots dans cette musique sinueuse en totale opposition avec les scansions vigoureuses  du prélude. Le développement central prolonge ce climat nocturne illuminé par de cristallins arpèges de harpe. Un crescendo et un court passage plus martial marquent la transition avec la coda.
3 – Gigue : [9:56] Autre danse ancienne autant en France que dans les pays anglo-saxons. Une danse animée pour laquelle Roussel renoue avec l'ardeur du Prélude. Course poursuite et chassé-croisé entre tous les pupitres, une musique capricieuse égaillée par des interventions mutines des percussions, triangle, tambourin entre autres, sans oublier le célesta.
Certains voient dans cette suite (104 pages de partition pour seulement 15 minutes) des influences du phrasé hardi et de l'orchestration percussive de Bartók. Plutôt d'accord sur ce point. Quant à l'interprétation de Munch, un seul qualificatif : poilante !
Une belle interprétation toute en finesse avec une plus-value sonore indéniable complète l'album de Sergiu Celibidache commenté à propos du concerto pour vibraphone et marimba de Milhaud (Clic). Il y en d'autres, par exemple : Charles Dutoit ou encore Paul Paray dans un album dédié à Chabrier (rapprochement judicieux) ; par contre les disques sont plus ou moins disponibles.
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