samedi 26 mai 2018

Felix WEINGARTNER – Symphonie n° 3 (1910) - Marko LETONJA (2013) - par Claude Toon



- Ah ! Un petit nouveau M'sieur Claude. Il a un nom qui sonne allemand ce compositeur inconnu, enfin de moi. C'est quel genre ? Baroque, romantique, léger ou tonitruant ?
- Postromantique et oui, assez musclé… Weingartner était avant tout un chef d'orchestre de renom à l'époque postromantique et au début du XXème siècle…
- Ah je vois, un novateur ou un héritier de la grande tradition germanique ?
- Plutôt la seconde option Sonia, ni Stravinski ni Schoenberg, un style hérité de Wagner et Richard Strauss en passant par Liszt.
- Comme tous les compositeurs que vous réhabilitez M'sieur Claude, la discographie doit être modeste…
- En effet, Marko Letonja est le seul à avoir enregistré les sept symphonies pour CPO. Pas de discographie alternative cette semaine… Une curiosité…

On ne saurait trop remercier pour l'originalité de son catalogue le label allemand CPO qui, depuis 1986, explore un répertoire délaissé par les grands labels historiques, labels que vous connaissez aussi bien que moi. De Kurt Atterberg à Antonio Cartellieri en passant par Hans Rott, nombre de gravures consacrées à des compositeurs éclipsés par les grands noms ont permis à ce blog d'échapper à la routine en ne parlant que de Beethoven ou de Debussy. C'est encore le cas avec cette symphonie n°3 de Felix Weingartner que de nombreux mélomanes connaissent comme maestro historique à l'instar d'un Wilhelm Furtwängler ou d'un Bruno Walter mais beaucoup moins comme compositeur. Il faut se souvenir que les deux professions ne vont pas forcément de pair à quelques exceptions près comme Mendelssohn, Richard Strauss ou Mahler pour citer trois figures très emblématiques parmi les musiciens polyvalents. J'avais consacré un papier à une symphonie de Furtwängler jamais jouée ou presque car un chouia longuette et boursouflée. Là, la surprise est plutôt bonne. Les amateurs de musique symphonique bien construite, même si roborative, devrait apprécier. Une grande symphonie qui pourrait en remontrer à Liszt et ses poèmes symphoniques dont certains ne font pas dans la dentelle, on en parlait il y a une semaine…
Felix Weingartner va ainsi rejoindre dans notre blog Richard Wetz (1ère symphonie chez CPO) son contemporain, ou encore Marcel Tyberg (3ème symphonie chez Naxos), comme compositeur allemand méconnu et influencé par les formes symphoniques généreuses du XIXème siècle. Un homme peu enclin à rechercher des langages innovants, mais tenté par l'écriture d'une musique qui se fait l'écho de celles qu'il dirige au quotidien avec beaucoup de talent. Voir l'index pour ses deux compères.

Felix Weingartner voit le jour en 1863 en Croatie de parents autrichiens. Il est donc le contemporain de trois piliers du postromantisme : Mahler, Strauss et Sibelius. En 1868, sa famille s'installe à Graz en Autriche. Il va suivre une formation solide tant en philosophie qu'en musique avec les grands pédagogues de l'époque, notamment à Weimar auprès de Liszt en fin de vie. Dès les années 1880, il dirige, compose et écrit. En 1898, il est directeur de l'orchestre philharmonique de Munich. Puis à la demande de Mahler, à partir de 1908 jusqu'en 1911, il dirige l'opéra de Vienne. Il récidivera entre 1935 et 1936. Et en parallèle, de 1908 à 1927, il préside à la destinée de la Philharmonie de Vienne, la consécration.

Disques Beethoven de 1923
Son répertoire reste assez traditionnel, fidèle à la musique classique et romantique. Il sera le premier chef à confier au 78 tours les intégrales des symphonies de Beethoven et de Brahms. Des gravures qui, malgré l’âpreté du son, sont encore éditées comme un témoignage de son style de direction. À ce propos, Weingartner affectionnait un phrasé clair, précis, incisif, aux tempi rigoureux. On retrouvait cette approche chez un Erich Kleiber ou un Toscanini et donc à l'opposé d'un hyper romantisme d'un Furtwängler adepte d'un legato métaphysique et d'une lenteur parfois cosmique, y compris dans des œuvres classiques où tout effet transcendantal  ne se justifie pas vraiment. Ainsi, dans les interprétations des symphonies de Beethoven, Weingartner n'appréciait pas certaines dérives contemplatives et empâtées de mise en Allemagne et en Autriche depuis Hans von Büllow. Tout le monde ne s'appelait pas Furtwängler.

En tant que compositeur, le nombre de partitions n'est pas mince, Weingartner ayant travaillé à ses projets pendant toute sa carrière et dans tous les genres : opéras, musique de chambre, lieder et un cycle de sept symphonies assez ambitieux en terme de durée, de 45 minutes à plus d'une heure pour cette 3ème, ce qui rappelle le Bruckner première manière. Ô toute comparaison s'arrête là, l'inventivité de la musique de Weingartner étant aux antipodes de l'austérité mystique du compositeur autrichien. L'écriture de ces symphonies couvre la période 1899-1937. Tout cela n'est guère joué de nos jours, mais heureusement des artistes commencent à le redécouvrir et à proposer des enregistrements des meilleures pages. (Liste des œuvres).
En tant que musicologue, on lui doit de nombreux écrits, mais aussi une édition complète des œuvres de Berlioz qu'il admirait. Il a également composé un final exécutable de la symphonie "Inachevée" de Schubert. Idée amusante, mais mes lecteurs assidus savent ce que je pense de ces ajouts posthumes…
Derniers détails : Felix Weingartner se passionnait pour l'occultisme et, pour ne pas oublier Rockin' friand de ce genre d'infos, il fut marié 5 fois ! La 3ème épouse sera la mezzo-soprano américaine Lucille Marcel (1887-1921) à qui est dédiée la 3ème symphonie. Cette dame fut une grande Elektra de Strauss. Felix Weingartner est mort en Suisse en 1942.
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Marko Letonja
Marko Letonja est né en 1961 en Slovénie. Il fait partie de ces chefs que j'aime présenter car peu connus de la vie musicale officielle qui n'a souvent d'yeux que pour les grandes messes musicales des capitales du vieux monde : Vienne, Berlin, Paris, Londres, les mégalopoles US, etc. Pour paraphraser Brassens, il n'y a pas qu'à Paris que l'on entend de la bonne musique. Ainsi ce chef au visage volontaire dirige l'Orchestre de Strasbourg et Opéra du Rhin depuis 2012 et a été récompensé pour la production du Crépuscule des Dieux, l'opéra fleuve de Richard Wagner.
Élève entre autres d'Otmar Suitner (1922-2010), grand chef allemand et pédagogue, Marko Letonja, connaît une carrière internationale, tant dans son pays qu'en Europe. On lui doit cette aventure que personne n'avait tentée : l'enregistrement de l'intégrale de l'œuvre symphonique de Felix Weingartner avec l'Orchestre Symphonique de Bâle dont il a été le directeur de 2003 à 2006.
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L'orchestration est puissante et rappelle celle du Wagner dernière manière (Le crépuscule des dieux), voire d'un Mahler :
1 picolo, 4 flûtes, 2 hautbois, hautbois d'amour*, Heckel phone* (hautbois grave), 3 clarinettes + clarinette basse, 3 bassons + contrebasson, 6 cors, 4 trompettes diverses, 3 trombones, tuba, 3 timbales, cymbales, triangle, grosse caisse, 2 harpes, orgue (3ème mouvement) et cordes.
* Original, car rarement utilisés depuis l'époque baroque.

1 – Allegro con brio : La Vienne de 1910 est l'un des centres culturels les plus vivants et innovants de l'Europe. Difficile de savoir que dans quatre ans, l'un des plus effroyables conflits mondiaux va embraser le continent… On y croise Freud, Jung et son patient Hermann Hesse, futur prix Nobel de Littérature, Gustav Klimt, Mahler en fin de vie, Richard Strauss, Schoenberg qui va poser les bases du dodécaphonisme ; n'en jetons plus… Mais surtout Vienne vit au rythme de la musique, celle du postromantisme, héritier de Beethoven, Schumann, Bruckner, Brahms. On ne sera donc pas surpris de noter ici ou là dans la symphonie des influences assez nettes des compositeurs que Felix Weingartner dirige si bien. Je parle bien d'influences, pas de collage ou de plagiat et encore moins d'emprunts ou de parodies comme à l'époque baroque.
L'allegro débute gaiement sur des motifs de flûtes et de bois, mais aussi de cors et des arpèges de harpes. On pensera aux murmures de la forêt de Wagner. Une thématique plus élégiaque et sinueuse aux cordes accompagne ces feux follets de l'harmonie à la manière des grands élans d'un Bruckner mais sans la dimension grave et mystique typique du style du maître de Linz. Ô rien de moderne et d'aventureux dans l'écriture, mais un flot symphonique charmeur voire bucolique. Et surtout, même si cela ne sera pas le cas dans d'autres passages, rien de tonitruant ou de pathétique, comme si l'angoisse métaphysique qui traverse l'époque romantique n'était plus de mise pour Weingartner. La suite va infléchir cette première impression… Une belle musique qui peut sembler ingénue au départ.
[3:34] Une marche introduit une nouvelle idée plus épique qui va conduire à un développement sensiblement plus dramatique et solennel. [5:16] L'ombre obscurcit l'ambiance et précède une reprise destinée à satisfaire la forme sonate. Pourtant, tant de transformations complexes animent cette musique que ladite forme sonate obligée est bien mise à mal. Weingartner académique ? Non pas vraiment. [6:11] Le solo du premier violon nous renvoie à ceux entendus fréquemment chez R. Strauss. [6:44] Des accords de cuivres et les accents plaintifs des bois démontrent que la symphonie n'a rien d'une simple musique pastorale ou descriptive, mais s'inscrit bien dans l'expression des tourments psychologiques en vogue depuis Goethe, dramaturgie qui mène les compositeurs du XIXème siècle à insérer ces climax dans la conception de leur musique… Un passage musclé, avec le grondement de la grosse caisse et l'agitation barbare qui gagne l'orchestre, témoigne de cette dramatisation dans le développement de ce long allegro de 17' : une durée comparable à celle de celui de la 9ème de Beethoven, ou encore à ceux de Brahms ou de Bruckner. [11:02] Tout le final se construira à partir du thème initial réexposé. L'orchestration joue sur de nombreux contrastes de tonalités qui ne laissent pas indifférent par la déroutante ambiguïté entre poésie et pathétisme, ambivalence qui nous conduit aux dernières mesures martiales et héroïques.

2 – Un poco moderato : [16:46] Les passionnés feront sans difficulté le rapprochement entre ce scherzo et sa forme très symétrique avec celui de la 9ème symphonie de Bruckner et son rugueux staccato. La comparaison se limite à la similitude de forme et de durée. Weingartner nous entraîne dans une danse baroque et sarcastique, une caricature du style viennois. Curieusement, on devrait en rire, mais la ligne mélodique se déploie avec tant de dislocation volontaire et de goguenardise que l'on ne peut pas ne pas penser à un certain Rondo burlesque de Mahler (9ème symphonie) dissimulant une danse macabre… Le discours alterne un jeu trépidant des cordes et des joutes ricanantes des bois. La forme est plus complexe qu'il n'y parait. L'auditeur se voit entrainer dans une chorégraphie folle et sauvage. [21:04] Le trio essaye de calmer le jeu avec un tempo plus sage, une succession des mélodies gentiment capricieuses jouées par les différents pupitres. Une musique exigeante pour l'orchestre et je dois dire que l'interprétation de Marko Letonja répond pleinement à cette problématique. [23:04] Reprise da capo du scherzo avec une virile coda aux excès volontaires, sauvages mais assumés.

3 – Adagio ma non troppo : [28:06] Avec presque vingt minutes et son style méditatif, sa forme de long crescendo, Weingartner me semble assez proche des profonds adagios brucknériens portés par la spiritualité. Cependant, une certaine nervosité émerge ici et là au sein d'un hymne aux accents langoureux, un chant lascif proche de la Nuit transfigurée de Schoenberg (1899). Une grande contemplation qui en fait à mon sens le plus beau mouvement de la symphonie, un univers sonore de passion à la forme relativement libre. Difficile de dissocier en thèmes contradictoires cet adagio. On se laisse bercer, savourant le chant merveilleux des cordes frémissantes puis des bois à partir de [33:41]. On pourra imaginer une promenade voire une procession nocturne. Vers [38:11] un lent crescendo va nous conduire vers un tutti olympien qui ouvre les portes d'un monde moins tendre, plus effrayé. Fausse alerte, pas de drame faustien, retour d'une péroraison entre tous les pupitres ; quelle science de l'orchestration de la part de Weingartner ? [42:03] Un phrasé énergique se déploie pour atteindre le point culminant et extatique du mouvement. [42:35] Un arpège de harpe invite l'orgue (ad libitum – facultatif) à faire son entrée. Un effet souvent vulgaire ailleurs, mais le chef limite la puissance de l'instrument (pas de pédale) pour éviter cela, juste un peu de couleur divine 😇.

4 – Allegro moderato : [47:06] Ah qu'il est difficile de conclure une symphonie ! On le savait depuis Schubert dont s'était le talon d'Achille. L'allegro va partir un peu dans tous les sens. Volonté évidente de recycler la thématique des mouvements précédents. Mais nous approchons de l'heure et les nouvelles idées vont manquer. Cela dit, Weingartner sauve la mise en recourant à une énergie fougueuse, des conflits badins entre instruments et de nombreuses citations ironiques sur les coquetteries de la musique viennoise qui font toujours les délices un peu surannés mais sympas des concerts du Nouvel an à Vienne. Un pot-pourri en un mot. Ah ce n'est pas léger, un tantinet confus mais la conclusion empreinte beaucoup à la valse si chère à la capitale autrichienne. [59:46] On entendra des échos de La Chauve-Souris de Johann Strauss II de 1874. Johann le fils  qui restera le plus célèbre de la famille. Mais j'y entends aussi un avant-goût de la suite du Chevalier à la Rose de l'autre Strauss, Richard le bavarois qui composera cet opéra un an plus tard.

Bon je me résume : cette symphonie un peu longuette ne fait pas d'ombre au répertoire symphonique "officiel". Cela dit, "ça change", surtout pour les mélomanes qui comme moi connaissent quasiment par cœur les corpus des compositeurs de premier plan cités dans cet article. Une forme de synthèse attachante et distrayante d'un siècle de musique romantique avec sa poésie, ses moments de bravoure, etc. À découvrir pour les amateurs d'insolite…
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vendredi 25 mai 2018

LE FILS de Jo Nesbo (2015) par Luc B.




On ne va pas tourner autour du pot : voilà un excellent polar, du genre Noir, Série Noire, d’un auteur que je découvre. Jo Nesbo est norvégien, comme Henning Mankell, autre romancier célèbre de cette contrée nordique. On lui doit une quinzaine de livres, dont la plupart mettent en scène l’inspecteur Harry Hole. Connais pas.
LE FILS est un roman indépendant de la série. 600 pages remplies ras la gueule de flics et avocats véreux, de caïds monstrueux, de tueurs pas vraiment raffinés, trafiquants de dope, proxénètes, de junkies. Pas simple de raconter cette histoire complexe, aux multiples ramifications, mais parfaitement compréhensible in fine.
C'est joli Oslo...
D’un côté, Sonny Lofthus, qui croupit en taule depuis 12 ans, pour meurtre. Personnage mutique, junky, qui avec la complicité du directeur adjoint de la prison, une belle ordure, Arild Franck, reçoit quotidiennement sa dose d’héroïne. Pourquoi un tel traitement ? Parce qu’en échange, Lofthus accepte d’endosser des crimes qu’il n’a pas commis. Dans sa bulle opiacée, il fait figure de sage, à qui les autres détenus se confessent. Sonny Lofthus est donc au courant de beaucoup de choses crapuleuses… Si ce type sortait de sa torpeur, et racontait tout, ce serait de la bombe. Et justement, il s’évade…
Parce qu’il vient d’apprendre que son flic de père, officiellement suicidé, a été en réalité assassiné. Vengeance ! Lofthus commence à dézinguer brutalement tous ceux qui sont liés à la mort de son père. Liens que le lecteur peine à comprendre, mais c’est fait exprès, sinon autant commencer un bouquin par la fin ! Comme cette madame Iversen, abattue chez elle. Et qui semblait pourtant parfaitement innocente. C’est sur ce meurtre qu’enquêtent l’inspecteur Simon Keffas (ex addict au jeu d’argent) et sa stagiaire Kari Adel, débarquée de la brigade financière. Ils enquêtent aussi sur la mort de l’aumônier de la prison (tiens tiens...), puis sur une série de règlements de comptes entre truands (croit-on), dominés par le Jumeau, sorte de Keyzer Söze de USUAL SUSPECT, qui règne sur le crime organisé depuis des années en toute impunité.
... mais pas partout.
Beaucoup de personnages (mais vraiment beaucoup, on y perd parfois son latin, ou son norvégien), il faudrait aussi parler de Martha qui dirige un centre pour drogués dans lequel Sonny se réfugie, des ex-détenus, des SDF, qui tous ont un vrai rôle dans l’intrigue. Et la femme de Keffas, qui par contre me semble un peu trop prendre de place dans l’histoire. Beaucoup de fils à tirer pour les enquêteurs, chaque découverte en amenant une autre, jusqu’à former un puzzle, où chaque pièce s’imbrique.
Le récit est tendu, parfois violent, le parcours de Sonny Lofthus est parsemé de cadavres. Un personnage mystérieux, pas causant, mais dont tout le monde s’accorde à dire qu’il est extrêmement gentil, dont émane paix et sérénité. Intelligent, réfléchi, organisé, pour semer derrière lui les policiers qui le recherchent, comme tous les truands de la ville, sommés par le Jumeau de lui mettre la main dessus.
A l’enquête policière, se rajoute au fur et à mesure un autre sous-texte : le passé des personnages, leurs liens, les meurtres endossés par Lofthus, la collusion des tenants du pouvoir pour étouffer des histoires aussi malhonnêtes que sordides. Aucun temps mort, un intérêt accru au fil de la lecture.
Pourtant, juste une petite remarque… Si on peut croire qu’un type accro à l’héro pendant 12 ans dans une cellule de 4 mètres carré, bref, une épave, puisse du jour au lendemain décrocher de la dope, tout seul, et hop, et se métamorphoser en tueur méticuleux aussi habile avec un flingue que Martin Fourcade même sans ski… alors on ne peut croire à cette histoire telle qu’elle nous est racontée. Et si vous n'y croyez pas, lisez-la quand même, parce que c’est vachement bien !   
Le livre sera (ou serait) adapté au cinéma par le canadien Denis Villeneuve (PRISONERS, SICARIO, BLADE RUNNER 2049) avec Jake Gyllenhaal. Une bonne nouvelle.
Edition Poche, Folio, 616 pages.  

  

jeudi 24 mai 2018

HOODOO GURUS "Mars needs guitars !" (1985)


Comment ? 8 ans de blog (dans 3 semaines!) 3042 articles, et rien sur Hoodoo Gurus ? Une erreur que je me dois de réparer d'urgence car ce combo de kangourous figure dans le top 10 de mes groupes préférés, et pourtant la concurrence est vive, et leurs CD reviennent souvent tourner chez moi. Certes il ne s'agit pas d'un groupe novateur, dans le sens où ils n'ont pas créé un genre ou un style, mais ça peu de groupes peuvent s'en vanter. Mais ils ont su créer une parfaite alchimie entre une power pop joyeuse et bien ciselée et une rage garage voire punk, le tout avec ce petit quelque chose en plus typique des groupes des Antipodes. Incroyablement méconnu en France - au contraire par exemple de leurs compatriotes de INXS ou Midnight Oil, sans parler d'ACDC - à telle enseigne qu'en préparant ce papier je n'ai trouvé sur le net aucune chronique de cet album. A croire - hormis Bruno qui les évoque parfois dans ses chroniques et moi - personne d'autre ne les connait en France... (ils ne sont pas les seuls, n'est ce pas (entre autres) Died Pretty, Radio Birdman, Cold Chisel, the Angels, Kings of the sun, You am I et même l'immense Jimmy Barnes).

Une petite bio ne me semble donc pas superflue :
stoneage romeos
Les Gurus se forment à Sidney en 1981 autour de David Faulkner (guitare, chant, songwriting) qui restera au fil des décennies   le leader incontournable du groupe. Autour de lui 2 autres guitaristes Roddy Radalj et Kimble Rendall ainsi que le batteur James Baker, à noter que les 4 étaient issus de la scène punk de Sidney et Perth. En Octobre 1982 sort leur premier single "Leilani", l'histoire d'une jeune fille sacrifiée aux dieux pour apaiser un volcan en colère sur une ile du pacifique sud, thème basé  sur un vieux film des années 50 "Bird of paradise". Un son particulier (3 guitares pas de basse), un beat tribal et sautillant qui les fait remarquer, ce titre restera d'ailleurs un classique du groupe.

Rendall et Radalj quittent le groupe vers d'autres voies, remplacés par Clyde Bramley (basse) et Brad Shepherd (chant/guitare). En 1984 ils enregistrent leur premier album "Stoneage roméos" (encore référence au ciné, puisque ce nom vient  du film "Stoneage roméos" (1955) des Three Stooges (bande de comiques américains). Ils reçoivent l'award du meilleur premier album et l'album est très bien reçu aux States (N°1 de l'alternative collège charts pendant 7 semaines). Encore un changement de personnel puisque Baker est viré (on le retrouvera , avec un autre ex Gurus, Radalj, dans les excellents Dubrovniks et également dans les Beasts of Bourbon) , remplacé derrière les fûts par  Mark Kingsmill, avec qui le groupe tourne aux Etats Unis fin 84.  En 85 sort donc ce "Mars Needs guitars" sur lequel je reviendrai plus loin (référence encore cinéphilique à un film SF de 1967  "Mars needs women") suivis de "Blow your cool" (87) et "Magnum cum louder"(89).

Cette trilogie est clairement leur apogée et est indispensable à tout amateur de rock, le groupe est au faîte de sa popularité et tourne au Japon, aux States, en Europe. En 88 Richard Grossman remplace Bramley à la basse et 3 autres albums vont voir le jour "Kinky"(91) "Crank" (94) et "Blue cave" (96), plus inégaux mais avec chacun de petites perles. En 98 sort un bon  live "Bite the bullet" (le chercher en édition triple cd, si vous avez les moyens...), qui montre bien l’énergie du groupe sur scène, et marque également la fin de cette première vie des Gurus qui se séparent alors pour se consacrer à d'autres projets. Mais ce n'est pas pas facile de tourner la page et en 2003 c'est la réformation et l'album "Mach Chau" arrive un an plus tard puis "Purity of essence" en 2010, dernier album en date même si le groupe continue à tourner et jouer lors d'événements.


Comme promis retournons sur Mars avec nos guitares pour les petits hommes verts, j'ai choisi de vous parler de celui ci car c'est mon préféré du groupe même si "Magnum cum louder" (avec les singles "come anytime" et "axegrinder" et "Blow your cool" (avec "what's my scene", "good times", "in the middle of the land, "out that door") ne sont pas bien loin.
"Bittersweet" est une bonne illustration du style des Gurus, cette power pop à guitares avec mélodies et  refrain à reprendre en choeur, c'est le premier single  extrait de l'album.
"Poison pen" sera aussi un des singles, un poil plus violent, avec un harmonica bluesy. Faulkner l'écrit en réponse aux critiques de certains journalistes sur l’éviction de Barker.
"In the wild" durcit encore le ton et donne dans le rock énervé avant "Death defying", autre single et un des titres vedettes du groupe, faut dire qu'il est craquant ce morceau avec ces choeurs "oouu woui". Une petite anecdote très personnelle à ce sujet : à l'époque je passais ce titre en boucle sur ma chaîne et ça amusait beaucoup mes potes d'imaginer que c'était le chœur de mes conquêtes (ou de mes râteaux diront les mauvaises langues) qui chantait mon prénom sur ce refrain... Raconté comme ça c'est pas drôle mais avec 3 ou 4 idiots qui chantaient en se trémoussant sur une chorégraphie improbable, ça l'était, surtout que la bière coulait à flots dans mon studio à cette époque insouciante des 20 ans...

Revenons à nos moutons, nos kangourous plutôt avec le 4eme et dernier single "like, wow-wipeout!",  encore un rock bien énervé. Changement de genre avec "Hayride to hell", un country rock moderne  et énergique qui conte la triste histoire d'un routier et de la mort de sa fille avec un refrain entêtant ("and Charlie would drive / for miles and miles"). "Show some emotion" est sans doute le titre le plus faible, un peu  facile; plus intéressant est "The other side of paradise" plus rythmé avec encore un refrain qui s'imprime dans le cerveau pour ne plus en ressortir. Le morceau titre "Mars needs guitars" est le seul chanté par Brad Shepherd, le ton est plus dur, la rythmique tribale, qui nous ramène d'ailleurs à leur premier single "Stoneage romeos" (I'm a stoneage Romeo/ be my spaceage Juliet/ we'll take guitars on Mars / and hit the discotech, comme on"). On termine avec "She" , un  rock presque "grungien" qui annonce avec une décennie d'avance les Pearl Jam ou Nirvana.

L'album sera réédétité en cd en 2005 avec 5 bonus tracks, "Bring the hoodoo down", "Turkey dinner", "death ship", "in the wild", "Teenage head", les 3 derniers enregistrés live à Sidney en 1986.

Cet excellent album est présent dans  "100 best australian albums" (tout comme "Stoneage roméeos"), bouquin signé de critic rock  australiens qui recense les 100 meilleurs disques sortis du pays des kangourous, et ce n'est que justice.

ROCKIN-JL



mercredi 23 mai 2018

Jared James NICHOLS "Black Magic" (novembre 2017), by Bruno



       Jared James Nichols fait partie de ses guitaristes bourré d'énergie, quelque part entre un Nugent, un Mark Farner et un Zakk Wylde. Avec le look qui va avec. Un croisement de redneck, de biker-hippie et de guitar-hero seventies. Avec une technique qui n'est pas sans rappelé irrévocablement Brad Sayre et Steve Hill. Pour sûr, car ce gaillard a la particularité de jouer en picking sur ses Gibson. Picking sans onglets, juste aux doigts. Et forcément, le "jeu-aux-doigts" sur des Gibson, ça donne du gros son. Au moins un crunch naturel. 
Rien de vraiment singulier si ce n'est que le sieur cultive le Heavy-rock viril et apprécie la distorsion. De la grosse Fuzz crachotante à l'épaisse overdrive. Pourtant, il n'en sort rien de brouillon. Sa tonalité est seulement naturellement plus charnue.

       Encore un que l'on pourrait croire fort d'un hubris démesuré alors qu'en fait se serait plutôt et simplement un authentique passionné de musique n'aspirant qu'à donner vie à la musique qui l'habite et à la partager. Essayant visiblement de retrouver le feu sacré qui habitait certaines fortes personnalités de la guitare électrique des années 60 et 70, tout en faisant en sorte de ne pas être écrasé par ces imposants caractères en restant un élève appliqué, mais bien de développer sa propre nature.
     Il y a quelques temps, il clamait que son désir n'était que de faire revivre le côté sauvage du Blues. Mouais ... d'accord, mais on peut légitimement rajouter une facette brutale exacerbée. Et même s'il revendique Lonnie Mack et Albert King comme deux de ses héros (à ses débuts, il se produisait bien plus souvent avec une Gibson Flying V, guitare emblématique de ses deux icônes. Et aussi les deux premiers a l'utiliser exclusivement), ainsi que Stevie Ray Vaughan, on le recentrerait plus aisément dans un Hard-blues volcanique. Dimension développée par des mages et des apprentis sorciers connus sous les noms de Paul Kossof, Leslie West, Jimmy Page, Billy Gibbons, Steve Marriott, Mel Galley.
Cependant, lorsqu'il s'emploie à brancher une guitare directement dans un antique ampli combo, en se gardant bien de pousser les potards à fond, on découvre alors, effectivement, tout un bagage issu du Blues. Et puis il a aussi maintes fois démontré qu'il pouvait adapter son jeu suivant les personnes avec qui il jouait.
     Même s'il prétend que le Blues est la musique la plus pure, on est tout de même moins surpris lorsqu'il désigne des personnes telles que Zakk Wylde (pour qui il a effectué la première partie du "Book of Shadows II Tour") comme faisant partie de ses héros. Néanmoins c'est bien par le Blues qu'il a fait son apprentissage, lui qui a grandi près de Chicago, dans une communauté où cet idiome - d'après ses propres mots - était roi. Jusqu'à ces 19 ans, ce fut la seule musique qu'il jouait, en allant dès ses seize ans se produire dans des clubs du Wisconsin et de l'Illinois (parfois devant Hubert Sumlin ou jouant avec Buddy Guy) avant de progressivement la fusionner avec le Rock des grandes formations des seventies. Des groupes qui avaient déjà copieusement exploité cet héritage, pillé sans retenue.

      Sur l'une de ses récentes vidéo où il joue, tel un jeune amateur se filmant en train de réaliser un master-class artisanal en rejouant les parties guitares d'un de ses morceaux préférés, on remarque dans sa modeste pièce les pochettes des 33 tours des "The Road Goes Ever On", "Electric Ladyland" et de "Captured Live" (1) accrochées au mur ; témoignage d'une considérable affection pour ces œuvres. Et pour les derniers septiques quant à la source du terreau dont est fait sa musique, et moteur de sa passion, sur son Ep de 2015, "Highway Man", figure deux reprises : "We're an American Band" de Grand Funk Railroad et "30 Days in the Hole" d'Humble Pie. Par ailleurs, savourant les reprises, on a pu l'entendre reprendre en concert "Rock'n'Roll Hoochie Koo" de Johnny Winter, "Daydream" de Robin Trower, "Voodoo Child", "Never in My Life" et "Mississippi Queen" de Mountain ou encore "Cat Scratch Fever" de Nugent.
On peut voir aussi sur le clip de "Last Chance", Jared manipuler comme un vieux fan les 33 tours de "Disreali Gears", "Are You Experience ?" et "Pronouced Leh-nérd 'Skin-nérd", extirpés au milieu d'une pile où l'on discerne aussi "Sabbath Bloody Sabbath" et "Climbing !".

     Sur son avant-bras droit est tatoué la mention "blues power". Comme un coup de tampon validant ad vitam eternam son engagement, son sacerdoce.

       Certains critiques américains n'ont pas hésiter à l’ériger comme un nouvel maître du Blues. Or, si effectivement, sa source primale remonte bien à cette musique, et même si quelque fois elle resurgit ("Come on in My Kitchen" sur l'opus précédent), actuellement c'est indéniablement de Hard-Rock et de Hard-blues qu'il s'agit. Du bon Hard-rock à l'ancienne fondé sur le terreau du Blues, et interprété avec la fougue et l'insouciance de la jeunesse. Mais, finalement, pourquoi à l'ancienne, sachant que cette "branche" n'a jamais cessé d'exister, de bourgeonner.

Une évidence dès le premier coup de semonce, "Last Chance".
Après un petit échauffement constitué d'une cascade de notes célestes Van-halieniennes (2) - en fait une feinte pour faire baisser la garde de l'auditeur -interrompu brutalement par un roulement de fûts ... Pan ! Jared assène un uppercut ! Ouch, ce gars-là ne fait semblant ; il sait riffer grave ! Et le son de guitare, gras, un rien crasseux, guttural et sauvage fait monter la température (son tirant de cordes est du 12-54). De plus, il rugit tel un guerrier se jetant dans une bataille où tout n'est plus qu'épées, boucliers, sang et éclats d'os ! Et le solide compagnon d'arme, Dennis Holm qui assure les arrières, martèle comme un forcené sur ses caisses. Un brutal, certes, mais qui s'entend pour injecter du groove ; même quand c'est du lourd. Même "The Gun" qui ralentit nettement le tempo, reste profondément ancré dans le Hard-blues. Pratiquement un lien entre le Stoner et le premier Montrose. Même lorsque Jared sort le slide, ça tranche dans le lard. Tchac !
Quant au Sabbathéen "Don't Be Scared", qui descend encore un chouia le tempo, la basse y est tellurique. L'incursion d'une talk-box doublant la guitare rythmique ne parvient pas à adoucir le propos.
Alors ? Hard-blues ou pas Hard-Blues ?
Et ce n'est pas la présence d'un Blues-rock funky d'obédience ZZ-Top qui va prouver le contraire. En dépit d'une choriste bienvenue apportant un peu de fraîcheur sur les refrains et les claviers pudiques d'Anthony Perry (3) tentant de mimer Donny Hathaway, "Honey Forgive Me" puire le bitume et l'essence.
Encore moins le Boogie-glam-rock "Got to Have You" où le bûcheron de service, envoie des patterns acrobates comme si pour cela il avait dû adapter la morphologie d'un Thark de Barsoom.

        Le nom de baptême de cet album peut paraître assez hasardeux, dans le sens où la musique n'exsude absolument rien d'occulte, de sulfureux, ni même rien de vaudou dans un sens Hendrixien, encore moins dans celui du Dr John. Probablement est-ce simplement une résurgence de la fascination qu'avait exercée les vieux opus de Black Sabbath sur un jeune Nichols. D'autant plus que "End of Time" peut justement évoquer le groupe de Tony Iommi, celui de la première période - nourrie d'une grosse fuzz Tone bender -, ici en alternat avec un mode Heavy-Blues Texan. On pourrait aussi concéder une certaine aura à "Keep Your Lighton Mama" qui pourrait être le fruit de la rencontre du Sabb' avec Mountain.
Sinon, "Run" possède ce petit quelque chose d'inexpliqué, de mystique, de magique, qui fait les bonnes chansons, leur procure du piquant qui accroche irrémédiablement l'oreille et s'imprime dans le cerveau. Cette étincelle particulière inspirée par une de ces entités hantant le "crossroad" les nuits les plus sombres.

       L'album est intense, rien à jeter, aucun coup de mou ; et en dépit de la présentation du CD qui peut faire craindre quelques débordements stériles égocentriques, il n'y a rien de superfétatoire. Il aurait pourtant été aisé de rajouter des introductions complaisantes et des breaks pour étoffer artificiellement les morceaux, mais Nichols et Perry ont pris le partie d'aller à l'essentiel. En conséquence, la durée des pièces n'excède pas les trois minutes trente, et en dépit de dix chansons, l'intégralité du disque dépasse péniblement la demie heure. Il aurait été facile d'inclure une ou deux reprises afin d'effectuer du (bon) remplissage, d'autant plus que Jared en est friand et qu'il les maîtrise, mais non. Néanmoins, peut-être pour satisfaire ceux qui ne jurent que par la quantité (un mal de notre siècle ?), une seconde version (celle de novembre 2017) est sortie avec deux titres supplémentaires captés live au Hellfest de Clisson de 2017 (où le trio a été bien accueilli et dû effectuer un rappel) : "Don't Be Scared" et "Last Chance". Rien de singulier par rapport aux versions studio si ce n'est que l'on remarque que le trio assure impeccablement. Pas de mauvaise surprise ; c'est à peine si l'on distingue que c'est du live. Toutefois, les petites touches discrètes d'orgue d'Anthony Perry se font alors désirer. En particulier sur la première chanson. En revanche, il est heureux de retrouver en troisième bonus "Don't You Try" qui avait été réalisé dans le courant de l'année pour faire le sujet d'un clip.

       En fait, plutôt que travailler à faire revivre à proprement parler le côté sauvage du Blues, Jared James Nichols semble plutôt afféré à retrouver la fougue et l'électricité d'un Mountain de l'époque héroïque (soit celle de feu-Felix Pappalardi), voire du Leslie West Band (lien). Et on peut dire qu'il y réussit. Non pas à ressusciter ce groupe, ou à en dépouiller son temple, mais à en retrouver l'esprit. La fougue, la vitalité, l’insouciance et l'optimisme de la jeunesse aidant à rendre la chose crédible.
Garantie "pas de musique de laboratoire".


 -   Le coin matos   : Bien qu'ayant débuté et gagné ses galons dans les clubs du Wisconsin et d' Illinois armé de diverses Fender, Jared est passé aux Gibson dès qu'il a commencé à fusionner le Blues à la musique des groupes de Heavy-rock des 70's (classic-rock). D'abord, Flying V (dont une Landric V inspirée de celles d'Albert King), un peu Explorer, puis Gibson Les Paul. Par la suite, à sa demande, on lui a réalisé une Les Paul à un seul micro (bridge), la "Old Glory". Aujourd'hui, sa préférée semble être une Epiphone Les Paul avec un seul P90 Seymour Duncan (bridge). Il possède également une Epiphone Korina Flying V (édition limitée). D'ailleurs, la majorité de ses guitares sont équipées de Seymour Duncan. Les autres restantes ont eu l'honneur d'être up-gradées par des Bare Knuckle : "Nantucket 90" (rien d'étonnant vu l’appellation) et ... "Mississippi Queen HSP90" (comme par hasard), refondu spécialement par la firme en 2017 en "Blues Power", avec une sérigraphie d'un aigle amérindien en son honneur.
En acoustique, une Gibson (toujours) J-45 (non concernée sur cet album).
En amplis, il est endossé depuis quelques années par Blackstar. Il utilise généralement la série Artist 30.
En matière de pédales, une Fulltone Deja-Vibe, un Xotic EP, une T-Rex Yellow Drive et une Octavia Tycobrahe (une blinde). Actuellement, il a une préférence pour la Seymour Duncan Killing Floor (une overdrive bluesy pouvant être utilisée comme booster) et la Dunlop Fuzz-face FFM2 (au germanium).
Et D'Addario NYXL pour les cordes.

(1) Pour les plus jeunes qui n'auraient aucune culture musicale sur les années 70, respectivement : premier live de Mountain (1972), emblématique double-vinyl de Jimi Hendrix (1968) et second live de Johnny Winter (1976).
(2) En fait, un solo enregistré à part, une récréation, avec quelques effets chaînés, et repassé à l'envers.
(3) Anthony Perry, producteur, co-compositeur et ami de Jared James, fils de Joe Perry. Une partie du matériel a été enregistré au Boneyard, le studio d'Aerosmith. Jared James en a profité pour jouer sur des guitares appartenant à Joe Perry et Johnny Depp.



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