LE DEBLOC D'OR - EDITION 2014

RETROUVEZ TOUS LES PARTICIPANTS, ET LES LIENS VERS LEURS DISQUES, DANS L'ARTICLE DU MARDI 16/12.

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LE DEBLOCNOT

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vendredi 19 décembre 2014

LES FILS DE L'HOMME d'Alfonso Cuaron (2006) par Luc B.


Si vous n’avez pas vu LES FILS DE L’HOMME, vous avez raté un des films les plus excitants de ces 20 dernières années. Boum, c’est dit. L'histoire est tirée d'un roman de PD James (1920 - 11/2014)

2027. On pleure la mort du plus jeune humain de la planète Terre. Il avait 18 ans. Le plus jeune, car depuis, il n’y a eu aucune naissance. Les femmes sont devenues stériles. A Londres, c’est le chaos. Couvre-feu, fanatisme religieux, politique de répression anti immigration, attentats terroristes. Au tout début du film, le héros, Théo Faron, échappe de peu à une explosion. Ca commence sec. Et ça va continuer. 1h40 au compteur, et une histoire racontée de l'unique point de vue du héros.

On le suit rendre visite à son ami Jasper Palmer, un vieux baba qui cultive une ganja parfumée à la fraise, et qui écoute Deep Purple en voiture (« Hush »). Un homme qui a donc déjà toute ma sympathie. Jasper vit loin de la fureur ambiante, dans une maison retranchée dans les bois. De retour à Londres, Théo est enlevé par Les Poissons, un groupuscule qui lutte pour le droit des émigrés. Et là, surprise. Il se retrouve face à son ex-femme, qui dirige Les Poissons. Elle lui demande un service. Obtenir de son cousin Nigel, qui a ses entrées aux ministères, un laisser-passer pour voyager avec une jeune femme, Kee. C'est une émigrée, une clandestine, et elle est la première femme enceinte depuis 18 ans…

LES FILS DE L’HOMME est un film pétri de références. Chacun y trouvera quelque chose, un détail, une allusion, à la guerre en Irak, à Guantánamo. Quand Théo rencontre son cousin Nigel, on entend du King Crimson en fond sonore, le paysage vu de sa fenêtre recompose la pochette d’Animals, de Pink Flyod, et donc Orwell. Le tableau de Picasso Guernica, au mur, renvoie à la barbarie nazie, comme le traitement des émigrés, parqués dans des cages, accusés de mille maux, comme les juifs dans les années 30.

Ce qui fait l’attrait du film, son côté bluffant, ce sont les plans séquence. Alors, entendons-nous… Un plan séquence, c’est filmer en continu une scène (fixe ou en mouvement) et la mettre telle que dans le film. Welles, Altman, Ophüls, en sont les grands maitres. Mais à l’heure du numérique, il est possible de filmer cinq ou six plans, les assembler et gommer les transitions. C’est le cas ici. Un détail permet de deviner le truc… 

Lors d’une scène de rue, un type se fait descendre à côté de Théo, et le sang éclabousse l'objectif de la caméra. Trois petites taches rouges, qui restent, alors que l’action se poursuit. Théo, entre dans un immeuble, les taches rouges, visite les pièces, les taches rouges, avise un escalier, les taches rouges, monte les escaliers… plus de taches rouges ! L’objectif a été nettoyé entre temps. Conclusion : ce plan séquence de plus de 6 minutes, à l’écran, a été réalisé en plusieurs morceaux. Pris la main de le sac, Alfonso ! (il a repris la même technique pour GRAVITY, comme Gaspard Noé dans ENTER THE VOID).

Je crois que Alfonso Cuaron est le seul metteur en scène à utiliser les techniques numériques les plus pointues, pour faire (paradoxalement?) des images conventionnelles. Ce n'est pas la Foire du Trône, les effets spéciaux ne servent que la mise en scène. Comme la scène de l’accouchement, à priori banale (encore un plan séquence) mais entièrement fabriquée par couche successive de calques et de raccords numériques. Mais oublions la technique, car ce qui compte c’est l’effet final. La scène la plus marquante est sans doute l’attaque de la voiture où sont Théo, sa femme, et Kee, sur une route de campagne. Le film, c’est le point de vue de Théo. Donc ici, cette scène de guérilla est entièrement filmée depuis l’intérieur de la voiture. Et de se demander : mais bordel, elle est où la caméra ??? Comment c’est possible un truc pareil ? Surtout qu’à la fin, la caméra sort de la voiture. Logique : Théo s’en extirpe.

A partir de là, le film est sous tension. Théo ne peut plus reculer, Kee n’a confiance qu’en lui seul. Elle s’accroche à Théo comme un petit chat s’accroche à ses basques lors de la grande séquence dans la ferme, le QG des Poissons. Cuaron y va à fond dans la symbolique, y lésine pas, comme cette image de Kee vue dans un jardin, à travers le trou d'une vitre, en forme de coeur... Complot, trahison, la fuite du QG est un grand moment de suspens, la bagnole qui ne démarre pas - une Renault. On trouve refuge chez Jasper, l’anar illuminé, humaniste, qui partage un dernier pétard avec son pote, sur fond de « Ruby Thuesday » des Stones. Sans rien dévoiler, là encore le parti-pris est respecté, ce qui arrive à Jasper sera filmé de loin, des yeux de Théo, planqué dans les bois, impuissant.

Et la course recommence, dans les ruines de Londres en proie à la guérilla urbaine, ça pétarade dans tous les sens. La bande son est superbe, ces tirs partout qui ricochent, l’affolement. La scène dans l'immeuble à la recherche de Kee est incroyable. Kee, descendant les escaliers devant un parterre de soldats, qui lui ouvrent le chemin, comme la Mer Rouge s’ouvrait devant Moïse (version Cécil B. de Mille). Question parabole christique, Alfonso Cuaron, en fait des tonnes. Kee, le vendre rond, dans une étable entourée de veaux, fallait oser. Scènes un peu lyriques, mélodramatiques, qui se fondent bien dans le paysage du film, comme le sacrifice de Marishka, la femme qui leur vient en aide, à l’ultime étape de leur périple.
  
On pourra reprocher une petite facilité de scénario, avec le personnage de Syd, l’ami de Jasper, soldat bourru au grand cœur, qui retourne sa veste. Un détail. 

Pour un film d’anticipation, Alfonso Cuaron refuse une vision futuriste. Il ne cherche pas à créer un futur de pacotille. Comme Kubrick le faisait en son temps pour ORANGE MÉCANIQUE (référence que Cuaron a donné à ses décorateurs) les personnages évoluent dans une ville de barres grises, bétonnées, taguées, criblées d’impact de balles - qui rappellent furieusement les décors de FULL METAL JACKET. Théo évolue dans ce marasme qu'il n'a jamais souhaité, guidé par son sentiment humaniste. Le fait qu'il subisse l’action est aussi intéressant, il ne maîtrise pas ce qui lui arrive, ce n’est pas un héros à la Bruce Willis, droit dans ses bottes.

Les acteurs sont épatants, Clive Owen (j'adore ce type), Julianne Moore (j'adore cette femme) Peter Mullan et bien sûr Michael Caine (j'adore cet homme) qui s’amuse comme un fou à composer le vieux Jasper. Curieusement, le film n’a pas bien marché à sa sortie. L’action, le suspens, les fusillades, les rebondissements ne manquent pourtant pas. C’est un film incroyable de maitrise, technique, narrative, sans temps mort, très impressionnant, prenant. Pas de digression, on va d’un point A à un point B, chaque scène en appelle une autre, jusqu'au dénouement, abrupt et sans pathos. 

Si vous n’avez pas vu LES FILS DE L’HOMME, vous avez raté un des films les plus excitants de ces 20 dernières années. Ah bon, j’l’ai déjà dit ?   

  
 LES FILS DE L'HOMME (CHILDREN OF MEN)
scé : Alfonso Cuaron, Timothy J. SextonRéal et montage : Alfonso Cuaron
Couleur  -  1h40  -  format 1:1.85
     
La bande annonce (un peu pompeuse et mélodramatique...)



OOO

jeudi 18 décembre 2014

LE ROCK FRANCAIS PARODIQUE - par Pat Slade


Le Rock du Simple au Rire par Pat Slade





La bonne Odeur du Bonheur des Dames




Qui a dit que le rock français était ennuyeux ? Que la joie et l’allégresse ne transfiguraient pas dans ses riffs ? Rappelez-vous d’Au Bonheur Des Dames dans les années 70. Ce groupe de rock parodique est le petit frère du groupe Sha Na Na qui faisait du rock revival et qui joua même à Woodstock en 1969.  Un nom évidement inspiré du titre du livre d’Émile Zola. Ramon Pipin (De son vrai nom Alain Ranval) va créer un groupe qui aura un succès immédiat avec leur premier album «Twist» ou figure leur hit «Oh les filles». 
Des musiciens avec des pseudos aussi drôles les uns que les autres : Eddick Ritchell, Rita Brandalou (Que l’on a vu dans l’équipe de Stéphane Collaro), Chick Béru et autre Costric 1er et Rudi Kartoffün Muller. La liste des musiciens passés dans le groupe est tellement longues (40 en tout) que parler de tous, un par un, serait une véritable sinécure. Mais parmi eux, les noms de Jean-Michel Kajdan et Jean-Pierre Prévotat ne sont pas inconnus. Le premier que l’on entendra auprès des grands de la chansons française comme Jonasz, Sanson, Bertignac, Chédid, Lockwood, etc. et pour le deuxième, on ne le présente plus, batteur et créateur du groupe Triangle qui jouera aussi pour Johnny Hallyday.
XXX
Groupe créé en forme de gag en 1972 après avoir gagné le tremplin du golf Drouot, les musiciens puisent leur inspiration chez les yé-yé et dans la musique pop, mélangeant des reprises comme «Twist à Saint Tropez», des pastiches et des créations propre à eux même. Suivra dix ans de succès jusqu'à la dissolution du groupe en 1980 après seulement 4 albums. ils feront un comeback en 1987 pour une soirée souvenir organisée par le Zenith avec Ange et Martin Circus. Ils refont un album l’année suivante «Jour de fête» avec le hit «Roulez bourrés» une reprise francisée du «Wooly Bully» de The Sam & Pharaohs en 1965. Le groupe ne se produira plus qu’épisodiquement et ne sortira que trois disques dont un live. 
La plupart des musiciens rejoindront Ramon Pipin qui en 1979 avait créé Odeurs, un genre de fourre-tout musical ou tous les genres se retrouvent, du blues au disco en passant par Kraftwerk avec le titre «Couscous Boulettium» sur l’album «No Sex» avec une pochette légèrement trash.
Odeurs vivra le temps de cinq albums et trois compilations, ils donneront leur dernier concert en mai 2008 au théâtre du Trianon à Paris.



Les Bidochons, Les Parodiques




La recette : Prenez le nom d’une bande dessinée de Christian Binet avec un S à la fin pour bien différencier les deux, quatre ou cinq musiciens (selon la recette musicale) inconnus, complètement déjantés mais au demeurant excellents, des reprises de groupe mondialement connus, mélangez le tout et vous aurez Les Bidochons. Le gang des pastiches était né.
Leur premier méfait discographique apparaitra en 1989 avec Les Sex Bidochons et l’album «On s’en bat les couilles» : reprise des Sex Pistols «Anarchy in the U.K». Suivront Les Rolling Bidochon et les Rolling Stones «Sales gueules» pour «Somes girls», 4 beadochons dans le vent, une compile des Beatles avec une pochette revue et corrigée de «Sgt Peppers ». Bigophone pour Téléphone, «Disco Bidochons» avec aussi des reprises de plusieurs titres disco ou non. Mais ce ne sont pas seulement des reprises musicales que le groupe assure ; les paroles sont traduites de façon phonétique ce qui rend les titres abracadabrants et drôles à souhait.

Prenez «Jumping Jack Flash» qui deviendra «Jeune pine, chatte flasque» (Une histoire
de gigolo), «Paperback writer» des Beatles sera «Pas d’papier water» (Pas un morceau chiant !), «Crache ton venin» de Téléphone devient «Cache ton machin». Sur l’album «Disco Bidochons» le morceau d’Axel Bauer «Cargo de nuit» deviendra «Cageot de nuit» et «YMCA» de Village People «Chez les pédés», même si le titre peut être dérangeant pour certains, il n’y a rien d’homophobe dans les paroles. On pourra trouver aussi du Cheap Trick, du The Damned, du Little Richard et du Nirvana. Pour revenir aux musiciens, pas d’identités officielles, de vrais anonymes avec des pseudos qui changent selon les albums parodiés, John Lénine (Voix officielle du parti) de son vrai nom Thierry Wolf, Giorgio Harissa (Ukuléléctrique), Paul Maque Armé (Basses œuvres) et Ringo Tare (Peau et usage de peaux).
1989, Ils enregistrent leur premier album sur un 16 pistes en sous-louant le studio où enregistrait Bérurier noir, ainsi va naître «On s’en bat les couilles». Fort de ce succès qui restera quand même confidentiel, ils continuent l’aventure avec les Rolling Stones et «Sales Gueules», l’album mettra un an et ferra la navette entre trois maisons de disque avant de sortir, mais le succès est là et tous les médias veulent les Rolling Bidochons.

Mais la machine va s’enrayer avec la sortie de «4 Beadochons dans le vent», les ayants droits des Beatles, avec la veuve Lennon en tête Yoko Ono, intentent un procès à la maison de disque pour empêcher la sortie de l’album. Ce n’est qu’après de long mois et un procès gagné que le disque sortira dans les bacs et sur les ondes.
Comme beaucoup de groupes, ils sortent la compilation de leurs trois premiers albums «Le très meilleur des Bidochons», les CD sont regroupés à l’intérieur d’une vraie boite à camembert mais en trafiquant l’étiquette 99% de matière grasse, 1% de matière grise, mixé à la louche. La marque Président les attaque pour plagiat de leur logo et la justice les oblige à payer 75.000 francs d’amende. Ce qui ne les empêchera pas de sortir ensuite deux autres albums. Les Bidochons sont maintenant en retraite après avoir quand même vendu près d’un million d’albums dont beaucoup dans des boites à Calendos.






Elmer Food Beat, 28 ans de Délires grivois



 
La légende raconte que le groupe est né le 21 juin 1986 devant un bar de Nantes, soir de la fête de la musique alors que la France battait le Brésil en quart de final de la coupe du monde (4-3 aux tirs aux buts). Les compères du groupe commenceront à tourner dans les bars de la côte entre Piriac (44 125), leur ville de prédilection, et la Turballe (44 211). Elmer Food Beat a son propre univers musical et ne laisse pas indifférent les jeunes qui assistent à leurs concerts sauvages.

Ils remettent le couvert l’année suivante toujours au même endroit. En 1988 ils élargissent leur horizon en parcourant le littoral atlantique et méditerranéen et la Bretagne qu’ils vont conquérir jusqu’au petit bar de la marine sur l’Ile d’Yeu.  Le succès commençant à prendre de l’ampleur, ils décident en 1989 de tourner été comme hiver. Entre premières parties, festivals et tremplins, ils ce retrouvent vite au Printemps de Bourges, au Francofolies de la Rochelle et au Eurockéennes de Belfort.

Le groupe avait déjà sévit sur le vinyle en 1988 en pressant un super 45 tour où apparait le titre qui les fera sortir de l’ombre «Daniela». En 1989, ils signent chez le label Off the Track aux côtés des Pogues et des Négresses Vertes. Ils sortent «30 cm» qui va faire un carton (Rappelez vous des titres «La caissière de chez Leclerc» ou «Le plastique c’est fantastique » et «Daniela» bien sur !) et qui sera certifié disque de platine. Un Olympia Sold-Out, des concerts avec un public qui reprend en chœur les chansons du groupe. 1991 second album «Je vais encore dormir seul ce soir» leur ouvre un peu plus les ondes des radios avec le titre éponyme de l’album. Ce dernier sera certifié double disque d’or et le soir du 2 février 1991, ils reçoivent la victoire de la musique du meilleur groupe de l’année. Suivra en 1992 «La vie n’est pas une opérette» avec plus de 700.000 ventes.

Mais à force de traverser la France de long en large et les pays francophones jusqu’au Canada, en faisant un crochet par New York, en assumant 500 concerts par an, le groupe s’essouffle et a besoin de se mettre en stand-by. Les membres partent chacun de leur coté dans des aventures solo. Même si Elmer Food Beat n’apparait plus sur scène, le groupe sortira régulièrement des compilations (5 au total) et un album live «Heureux sur scène»  qui retrace bien la folie de leurs concerts.

Et puis en 2006, ils font leur réapparition au Zénith de Nantes et la machine se remet en marche pendant l’été 2007 dans les festivals de la côte Bretonne (Poupet-Bobital...). On prend  la même recette et on recommence, guitares, épuisette, slip kangourou, énergies, public qui chante à tue tête et tout fonctionne à merveille même si le groupe a vieilli.

Retour en studio en 2010 avec «25 cm», un CD de 6 titres, s’en suivra une énième compilation «Merci les filles» et en 2013 leur dernier album studio à ce jour «Les Rois du Bord de Mer».

A l’heure actuel, Elmer Food Beat tourne toujours sur les routes de France et de Navarre, à croire qu’ils sont heureux sur scène ! 



mercredi 17 décembre 2014

MAGNUS Une histoire pour tuer le temps - Le dernier Chaman , de Laurent Peyronnet

Nous sommes heureux d’accueillir aujourd'hui un écrivain, Laurent Peyronnet qui publie le second tome d'une saga nordique riche en vikings, trolls, références mythologiques, et qui en apprend beaucoup sur la vie dans le grand Nord où l'auteur a été guide. Si l'ouvrage est destiné aux 9-13 ans il est aussi -j'en atteste- très agréable pour tous les âges, et richement illustré.
Voila vraiment de quoi se cultiver intelligemment (pléonasme!) et une superbe idée de cadeau (clic) .Laurent n'a pas eu une trajectoire banale, il a plein de choses à raconter et c'est un plaisir de l'écouter, alors donnons lui la parole sans plus attendre: 

1- Bonjour Laurent; avant de parler de tes livres évoquons un peu de ton parcours. Les livres, l’écriture et toi c'est une longue histoire je crois?

Oui, les livres sont des amis de trente ans comme on dit. J’ai 48 ans et j’ai commencé à lire à 18, ça fait le compte. Mais finalement c’est assez tardif par rapport à pas mal de gens. J’ai très peu de souvenirs de mon enfance et les livres n’y sont pas. Je suis parti de chez mes parents à l’âge de 16 ans et je me suis pas mal égaré dans des endroits où l’idée même d’un livre n’existe pas. J’ai pris beaucoup de risques, fait tout et n’importe quoi. Les livres sont arrivés brutalement, sans aucune préparation ni discours (je n’allais plus à l’école depuis longtemps). J’en ai ouvert un et ça à complètement changé ma vie. Ils m’ont sauvé la vie.

l'auteur avec le Tome 1

2- Quels sont les premiers romans que tu as lus? Les œuvres qui t'ont marqué ?

Le tout premier fut « La chartreuse de parme ». Après ce roman, j’ai laissé tomber tout le reste pour ne plus m’intéresser qu’aux livres. C’était comme si d’un coup on avait allumé la lumière. Après Stendhal, j’ai lu « Les frères Karamasov » puis « Les démons » et tout Dostoïevski. J’étais devenu boulimique de lecture, j’avais du temps à rattraper.
Surtout, avec les livres, j’avais trouvé une famille, une famille de papier mais immensément généreuse. Par le biais de mes lectures, je retrouvais un vieil ami d’enfance (enfin vieil ami, relativisons, nous avions à l’époque 18 ans mais à cet âge là, une année c’est une vie). Il vivait dans une petite chambre de bonne vers Barbès, la mienne était à la porte de Vanves. Ensemble nous lûmes alors Thomas Mann, Robert Musil, Stephen Zweig, Balzac, Proust, Powis, les grands romans chinois comme « Au bord de l’eau » et «  Le rêve dans le pavillon rouge », E.T.A. Hoffmann, Aloysius Bertrand, Hugo, Thomas Hardy… Avec cet ami et trois autres, nous ne nous sommes plus quittés durant 7 ans. Nous vivions avec un seul but: travailler à devenir des écrivains et les meilleurs artistes possibles. Nous explorions l’écriture, la peinture et la musique. De 18 à 25 ans ce fut ma vie. Ce groupe que nous avions nommé « Le cénacle » n’était pas exempt de complexités relationnelles. La règle était que nous devions tout sacrifier à l’art : pas d’argent, pas de famille, une intransigeance morale extrême et au fil du temps, beaucoup de tensions d’égos sont apparues. Finalement, cette fraternité éclata et chacun parti de son côté affronter le vaste monde. J’avais 25 ans. Je m’étais construit des fondations et je m’en allais vers d’autres rivages.


merci à Laurent pour ses photos du grand Nord
3- Ensuite tu as été guide en Norvège, fait des expéditions dans le grand Nord, comment as tu atterri là bas?

Ça ne s’est pas fait tout de suite. J’ai tâtonné quelques années puis on m’a proposé de partir animer des ateliers d’écriture en Russie, sur la Neva et la Volga. J’ai sauté sur l’occasion. Une autre page de ma vie s’est alors ouverte.
J’ai animé ces ateliers en Russie durant deux ans mais c’était en 1996-97 et l’ambiance là bas était très glauque. Beaucoup de mafia, de cynisme, de violence sociale. Au détour d’un voyage, un ami me proposa d’être guide durant une saison en Norvège. Je pris trois mois pour me préparer et c’était parti… pour 12 ans. A partir de 1998 et jusqu’en 2010, je passais en Scandinavie entre 3 et 6 mois par ans, dans toute la péninsule, jusqu’à l’archipel des Spitzberg, mais surtout en Laponie qui est un territoire fascinant. La moitié de l’année que je passais en France, je l’occupais à écrire, je ne voulais pas perdre ce lien avec moi-même. J’écrivais des nouvelles et aussi des chansons car j’avais la chance d’être accueilli dans les ateliers du chanteur Allain Leprest à Ivry.


4- Tu as découvert de nombreuses cultures. Quel est selon toi la principale différence entre les sociétés scandinaves et françaises?

Il y a là bas une mentalité différente. Les nordiques sont des gens qui aiment les règles, les français non. Ça a des avantages et des inconvénients. Les scandinaves sont moins individualistes que les français. Ils ont par conséquent beaucoup plus le sens de la responsabilité collective. Ils sont plus solidaires. Les pays scandinaves sont riches mais ils répartissent cette richesse de façon plus équitable qu’en France. Le système éducatif qui est la base de tout est très performant parce que très humain et dispose de moyens considérables. Dans la vie quotidienne, les gens sont moins brutaux les uns envers les autres. Il n’y a pas, par exemple, ce système français de la « cooptation ». Si vous faites, si vous produisez quelque chose, dans quelque domaine que ce soit, on essayera de vous aider à le socialiser, à ce que votre travail trouve une place dans la société. En France, vous devez d’abord entrer dans un réseau relationnel et ensuite, seulement, en fonction de votre place dans le réseau vous existerez plus ou moins. Chez les scandinaves, ce système d’exclusion fonctionne moins fortement et du coup, les gens vivent mieux. Ils sont moins agressifs les uns envers les autres, il y a plus de bienveillance. Dans l’extrême nord c’est encore différent, on est dans une sorte de « Far West ». Loin de tout, les règles sont « adaptées » selon les circonstances mais le fond reste le même : ce sont des gens qui prennent plus soin les uns des autres que nous ne le faisons.


5- Venons en aux aventures de Magnus, ton héros qui voyage dans le temps jusqu'à l'époque des vikings. Comment t'es venue l'idée de ce livre?

Quand j’étais sur la route dans le Grand Nord je notais des idées qui peu à peu sont devenues des textes. En 2000, je publiais à compte d’auteur un petit recueil de nouvelles intitulé «  Un français en Norvège ». L’une d’entre d’elles avait pour titre «  Une histoire pour tuer le temps ». C’était une nouvelle à chute et je l’avais écrite principalement pour cette chute mais il se trouve que dans son contenu elle abordait des thèmes de culture : les vikings, la mythologie scandinave, le chamanisme lapon. Le personnage de cette histoire était un enfant nommé Magnus. Je souhaitais publier cette nouvelle sous forme d’album jeunesse. Je l’envoyais donc aux éditeurs et l’un d’entre eux, les éditions Dadoclem, me téléphona. Mon histoire leur avait plu mais ils voulaient savoir si je pouvais en faire un roman. Leur but était de faire découvrir la culture scandinave aux jeunes français par le biais d’une fiction de type fantastique. Ça cadrait parfaitement avec mon texte et mes connaissances de guide allaient pouvoir trouver une application littéraire. J’acceptais avec enthousiasme et c’est ainsi que naquit «  Magnus, une histoire pour tuer le temps ».

6- La reconstitution de la vie au grand Nord est soignée, ainsi que l'aspect mythologique (trolls, dieux..) mine de rien, on y apprend plein de trucs, cela a du demander pas mal de documentation?  Tu t'inspires aussi sans doute de ton vécu dans ces pays?

Oui tout à fait, le vécu est important. Il permet de créer des ambiances, de retranscrire des impressions, des émotions qui sont crédibles. D’ailleurs, mêmes quand celles-ci n’apparaissent pas de manière concrète dans le récit, celui-ci en est imprégné. Lorsque je suis en train d’écrire un chapitre sur la Laponie, par exemple, c’est toute ma mémoire du Nord qui flotte autour de moi et qui nourrit, pas forcément le texte lui-même, mais ma capacité à l’écrire, mon énergie.
Pour ce qui est de la reconstitution de la vie et de la culture du Grand Nord aux diverses époques traversées, il y a une importante documentation en effet mais c’est normal. Après tant d’années à étudier ces pays, à les raconter, à les découvrir à chaque voyage un peu plus, on fini par avoir pas mal de choses à raconter.


le site de Gogo: godo-art.fr
7- un mot sur  Godo qui illustre superbement tes ouvrages?

J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir travailler avec lui et je le dois en partie à l’éditrice. Il est assez rare qu’un auteur ait son mot à dire concernant les illustrations qui seront choisies pour son livre. Là, j’ai eu cette chance. Dès le début Danica Urbani (l’éditrice) m’a impliqué dans le choix. Lorsque je lui ai proposé Godo elle a tout de suite été d’accord. Je trouve ses dessins fantastiques, très évocateurs du monde de la féérie et de l’école scandinave des illustrateurs du XIXe siècle tels John Bauer, Theodore Kittelsen ou Hasse Beerenberg. En plus d’être un illustrateur de grand talent, Godo est une personne formidable et cela compte beaucoup lorsque l’on s’attelle à un travail comme celui fait pour Magnus. Chaque volume compte quinze illustrations grand format en couleur plus une dizaine de petits croquis noir et blanc disséminés dans les marges du texte au fil des pages. Pour chacune des illustrations, j’ai envoyé à Godo des photos, des gravures d’époque, des reproductions de toiles de maitres, des plans, des photos, dans le but que les costumes, les décors, les gens et les êtres qu’il allait peindre correspondent à la réalité du pays, de la culture. Lui, de son côté, intégrait ces éléments avec une patience infinie et leur ajoutait sa touche poétique. Ainsi a-t-il réussi la prouesse de réaliser des illustrations parfaitement juste du point de vue historique et, en même temps, totalement féériques.

8- une suite est prévue?

« Magnus, une histoire pour tuer le temps » est paru fin 2012.
Le tome 2 intitulé «  Magnus, le dernier chaman » vient de sortir en librairie. Il y aura un troisième et dernier tome qui arrivera fin 2015.

9- à qui s'adresse tes livres, les enfants, mais pas que?

Oui, le livre s’adresse aux enfants de 9-13 ans mais dans les faits, beaucoup d’adultes nous lisent aussi. Les parents des enfants tout d’abord car Magnus est un livre dans lequel on apprend des choses et pour ce plaisir là il n’y a pas d’âge. Nous touchons également les jeunes adultes amateurs du monde de Tolkien car ce dernier a construit une grande part de son univers sur la base de la culture scandinave ancienne ; ainsi, ses lecteurs remontent avec mes livres jusqu’à certaines des racines de son œuvre. Le côté fantastique des voyages de Magnus à travers le temps fait que nous sommes aussi appréciés par des lecteurs de fantasy. Un adulte lira chaque tome en deux heures environ et ressortira de là avec tout plein de nouvelles connaissances, en ayant vécu une aventure agréable et dépaysante et en s’étant régalé de très belles illustrations. Dans ces conditions, pourquoi bouder son plaisir ?

10- On dit que la lecture se perd chez les jeunes générations, le constates tu aussi? Penses tu que des livres comme le tien les touchent, d'après les retours que tu as?

Des parents viennent me voir pour me dire «  mon fils qui ne lit jamais a dévoré votre roman ! » ça me fait énormément plaisir bien sur, tout comme les messages de mes lecteurs sur la page facebook de Magnus car il y a aujourd’hui une offre incroyable en termes de publication. Rien qu’au mois de novembre, 400 titres jeunesses sont sortis. Un livre est vite noyé. Le mien a l’avantage par rapport à d’autres, d’ouvrir sur d’autres lectures et de montrer des directions, culturelles et géographiques. Comme le petit Poucet, je sème des cailloux, les miens pour montrer un chemin vers la découverte d’une région du monde et sa poésie. Je ne pense pas que les enfants lisent moins qu’avant mais je crois que certains lisent différemment. Depuis quelques années est apparue une sorte de littérature « fast food » pour les jeunes. Des trucs qui vous proposent la lecture comme une série télé. Ça se vend super bien mais c’est totalement vide. Des gamins qui s’habituent à ne lire que ça se retrouvent avec un horizon tout petit, une culture de supermarché et c’est ça qui est dommage.

11- Changeons de sujet, tu es également musiciens je crois; dans quel genre?  Peux-tu nous parler un peu de tes activités musicales?

Je suis chanteur. Chanter est un besoin viscéral chez moi. Cela me permet d’extérioriser des choses que je n’arrive pas à exprimer autrement. Je chante du blues, du rock et du folk. La musique fait complètement partie de ma culture et ces musiques là sont très puissantes ; elles charrient des tonnes d’émotions. Je suis assez peu doué pour la composition, je crois que ce n’est pas cela dont j’ai besoin dans la musique. Je suis un interprète. Je vois dans les chansons des autres mille choses que je trouve merveilleuses à exprimer et cela me comble amplement. Le groupe dans lequel je joue s’appelle «  Dribble Blues », c’est du rock et du blues électrique. Je suis en train de monter en parallèle et avec une partie des mêmes musiciens, un groupe acoustique, un peu un «  Dribble Blues unplugged » plus folk. Pour écouter Dribble Blues, il y a une page facebook (clic) et nous faisons des concerts dans la région lyonnaise environ tous les deux mois.

12- Et bien merci Laurent et à bientôt pour de nouvelles aventures. Quelque chose à ajouter?

Nous avons évoqué pas mal de choses et je te remercie pour cette interview. Je rajouterais aussi un grand bravo pour toute l’équipe du Déblocnot. Chroniquer la vie culturelle est un sacré boulot et vous le faite très bien. Les artistes et le public ont besoin de gens comme vous.
Bonne continuation !

Propos recueillis par Rockin-JL.

mardi 16 décembre 2014

LE DEBLOC D'OR EDITION 2014 : l'annonce des nominés


C’est la quatrième édition du Débloc d’Or, qui est à la musique ce que le prix Nobel est à la littérature !  

Les majors compagnies du monde entier nous sollicitent pour qu’on inscrive au menu de cette compétition des gugusses tels que Jack White (il a persuadé Claude de faire entrer tout le philharmonique de Berlin dans sa cabine Voice-O-Graph, pour les enregistrer comme Neil Young), Julian Casablanca, Adèle, Foo Fighers, U2 (qui ont voulu placer leur album gratos en téléchargement sur le blog, on les a renvoyés chez Apple, non mais oh). Nous avons des tiroirs entiers de fax larmoyants, de stars qui demandent à participer. Nous ne citerons pas les noms… Ce serait salaud pour Bowie. On a même reçu un courrier, écrit à la main, d'un jeune type parait-il débutant, qui voulait un p'tit coup de main. Le cachet de la poste venait d'Arménie. Après enquête, c'était Aznavour...

Pour postuler au trophée suprême, il faut venir de chez nous, savoir faire rimer la langue de Molière autant que celle d’Eddie Cochran, et être super sympa (genre, nous inviter aux concerts, payer le dîner et l'hôtel, nous choper un autographe de Paul Personne...).

La compétition s'ouvre ce jour, mardi 16 décembre, 9 heures, pour se clore le samedi 20 décembre, à minuit. Notre huissier de justice, maître Poilauilloc, de Concarneau, sera présent pour veiller au bon déroulement des votes. Rockin' et Luc seront personnellement présents, à la fin des votes, samedi à minuit, au Déblocnot. C'est que va falloir se les vider, ces urnes. Sonia donnera un coup de main.

Comme d'hab', vous pourrez voter sur la page d'accueil du blog, à gauche , sous la photo, grâce à un truc un peu technique à expliquer (on a mis les ingénieurs de la sonde Rosetta sur le coup) mais en gros, vous cliquez sur celui, ou celle, que vous souhaitez voir monter en haut du podium. 

Qui va succéder aux Fishbone Rocket (2011), Laurent Zerat (2012), Projet Yvan Guillevic (2013) ? RRrrrrrrrrrrr roulement à une main de Ian Paice sur sa caisse claire Ludwig…. RRRrrrrrrrrrrrrrrrrr…

Les heureux et talentueux nominés sont :    

LES CHICS TYPES  - CLIC VERS L'ARTICLE -
Pourquoi voter Chics TYpes ? Parce que  c'est le premier "live" nominé dans l'Histoire (avec un grand H) du Deblocd'or. Aussi parce que ces types-là représentent les valeurs que nous défendons : des passionnés de musique qui ne se prennent pas le chou et non d'autre ambition que de se faire plaisir et de nous le communiquer. A noter que c'est leur 3eme participation, ça vaut bien une récompense ! De plus ils ont promis en cas de victoire d'inviter la rédac' chez Bocuse à leurs frais pour la remise du trophée, alors déconnez pas : VOTEZ CHICS TYPES !! (Rockin-JL)


WITCH DOCTORS   - CLIC VERS L'ARTICLE -
Eux, ils ont promis de nous inviter chez Mimile à Caen autour d'un jambon beurre/ cidre... Bah ça le fait aussi !
Comme leurs potes des Chics types, c'est leur 3eme participation et il serait justice que ce soit la bonne. En effet d'album en album nos normands montent en puissance, on aime chez eux  leurs compositions, le fait qu'ils aient choisi le français, leur fraicheur, leur enthousiasme et leur punch. Les Witch ? Ni plus ni moins le meilleur groupe de rock français actuel alors pas d'hésitation : VOTEZ WITCH DOCTORS !! (Rockin-JL)


FLYIN’SAUCERS GUMBO SPECIAL  - CLIC VERS L'ARTICLE -
Incontestablement les grands favoris de cette édition 2014, parce que venus des quatre coins de France, ils font swinguer comme personne la musique des Bayous. Ca rock, ça roll, c'est moite et ça glisse tout seul. Et la pochette est tout juste comme il faut pour aiguiser l'imaginaire... Leur album représente l’Hexagone au Blues Challenge de Memphis, mais si les ricains sont trop miros pour les louper, nous on ne les ratera pas ! Parce que sur scène ils mouillent le maillot. Bon, et puis, l’oncle du cousin de la tante par alliance du batteur qui travaille à la Poste a trouvé un stage pour mon neveu en troisième… En deux mots : VOTEZ FLYIN’ !! (Luc B)


Pourquoi prendre le bulletin Rod Barthet ? Parce que ce gars-là a fait la première partie de John Lee Hooker, avec son groupe Rod & the Shotgun Blues, il mérite qu’on se prosterne ! Et jammé avec Tommy Castro. Et parce que 25 ans après ses débuts, il revient avec un superbe album. Et parce quand Rod prend un chorus de guitare, c’est lumineux. Et parce que ses chapeaux sont plus classes que ceux de Stevie Ray. Et que ma sœur est sortie en 1995 avec Raoul, de Vesoul, le gars qui déchirait les tickets d’entrée au concert de Barthet. Donc : VOTEZ ROD BARTHET !! (Luc B)


BACK ROADS  - CLIC VERS L'ARTICLE - 
Pourquoi Back Roads ? Ben, parce qu'ils sont bons. Comment ? c'est pas suffisant comme explication ? Bon ben, tout simplement parce qu'ils ont l'art de marier les guitares, dans la tradition des quintets de Heavy-rock des 70's, soit avec chaleur et mordant. Le tout avec un son de gratte crémeux, "brown et fat". Parce qu'ils possèdent une section rythmique ad-hoc, qui sait aller au-delà de la figuration (le petit plus) sans partir dans des délires égocentriques. Et une chanteuse qui a l'organe pour. En bref, parce que la musique de ces Lyonnais transpire celle des grandes formations de Classic-rock aux réminiscences bluesy (ce que l'on retrouve dans le choix de leurs reprises - pas un goût d'chiotte les loustics -). Et surtout, surtout, parce que Back Roads a le potentiel pour faire une vraie carrière, le potentiel pour s'exporter et conquérir ("Haaa HaHaaa - Immigrant Song -"). T'aimes le bon Hard-Rock ? Celui qui sait se montrer agressif sans vriller les tympans, avec de bonnes grosses grattes efficaces et incendiaires, porté par une section rythmique robuste ? T'aimes les chanteuses qui ont des c******s  (euh... non en fait... hola, c'est une image).  Bref VOTEZ BACK ROADS !!  (Bruno)


PHIE   - CLIC VERS L'ARTICLE -
Faut-il voter Phie ? Oui mille fois oui ! Pour en faire la première musicienne vainqueur du trophée ! Elle le mériterait. La musique  de Phie véhicule la grâce, le talent, l'émotion, la sincérité, la sobriété, l'aventure et la beauté. C'est un voyage à la fois mélancolique et rafraîchissant, un voyage de lumière et de parfums fleuris, mariant la Pop au Folk, à la Country et la musique Celtique. Et puis, elle a promis de donner des cours de batterie à notre marteleur favori du Déblocnot (soit Luc B. himself) si elle gagnait et ça ce serait sympa pour nos tympans.. Alors VOTEZ PHIE !! (Bruno)