jeudi 2 octobre 2014

NIGHTWISH "Hightest Hopes - best of" (2005) - par Pat Slade


Nightwish le gratin du Finnois par Pat Slade 
  

Nightwish et le Métal Symphonique
Claude Toon nous présente depuis quelques temps des compositeurs de musique classique scandinaves à découvrir comme Kurt Atterberg, Leevi Madetoja et plus récemment Rued Langgaard, mais le rock lui aussi n’est pas en reste. La Finlande nous a apporté quelques groupes qui ont eu une renommée. Que ce soit hard avec «Children of Bodom», «Stratovarius» ou encore «Lordi» (Genre de Kiss monstrueux vainqueur de l’Eurovision en 2006), de rock délirant avec les «Léningrad Cowboys», un groupe comparable à «Sha Na Na» que l’on a découvert à Woodstock en 1969 ou «Au bonheur des Dames» en France le groupe de Ramon Pipin.

Au début des années 2000, le rock métal symphonique entre en scène avec des groupes aussi étranges que bizarres comme «Versailles», un groupe de Visual Kei Japonais,  ou «Epica» et «Within Temptation» des Pays-Bas, mais le groupe qui va éclater sera Nightwish


Tuomas Holopainen



Crée en 1996 par Tuomas  Holopainen, claviers et principal auteur compositeur du groupe, Nightwish s’entoure du guitariste Erno Matti, du batteur Jukka Antero, du bassiste Sami Väskä (Qui quittera le groupe en 2001 et qui sera remplacé par le massif Marco Hietala) et la très belle et ensorcelante Tarja Turunen avec son profil vocal soprano lyrique spinto. Et c’est de cette époque ou Tarja était la chanteuse du groupe que je voudrais parler, l’époque où tous les grands classiques du groupe ont vu le jour.




Nightwish End of an Era




Marco Hietala
Le soir du 21 octobre 2005 à l’Hartwall Areena d’Helsinski devant 12.000 personnes, Nightwish allait donner son meilleur concert. Comme tous les lives, c’est un véritable «Best of». Après une intro dans une semi pénombre bleue sur la musique du film «Le Dernier Samouraï», le groupe entre en scène et attaque avec «Dark Chest of Wonders» tiré de l’album «Once», Tarja apparaît vêtue d’un manteau couleur or et son micro est de couleur jaune. Rythmique lourde et guitare saturée et voix haut perchée. Le ton est donné d’entrée pour ce que sera la suite du concert. Explosion de fumigène et les vocalises de Tarja entament la suite «Planet Hell», Marco Hietala, qui ressemble plus à un viking Danois qu’a un marin pêcheur breton, s’empare du micro avec sa voie rauque et son regard halluciné un peu barge ! Effet flippant garanti ! Après une intro calme avec les claviers de Tuomas Holopainen, un des hits du groupe : «Ever Dream». Après un «The Kinslayer» sur les chapeaux de roues, une reprise «The Phantom of the Opéra» d’Andrew Lloyd Webber. Avec en fond de scène la mer en mouvement et une Tarja tout de noir habillée : «The Siren».




Du noir au blanc, il n’y a qu’un pas, grande robe aux manches tombantes pour chanter le magnifique et calme «Sleeping Sun». Deuxième reprise et non des moindres «High Hopes» chantée par Marco et sa Warwick basse qui est, à mon avis personnel, meilleur que celle du Pink Floyd sur l’album «The Division Bell», le solo final de Erno Matti est bien en place et tient la route. Retour de la robe noire et deux classiques du groupe «Bless the Child» et «Slaying the Dreamer» où l’on sort l’artillerie lourde. Un titre mélancolique pour continuer «Kuolema Tekee Taiteilijan» (La Mort Crée l’Artiste) extrait de l’album «Once» et chanté en finnois. La robe change encore de couleur et passe au rouge «Nemo», encore un classique qui fait chavirer le public. Après «Ghost Love Score», seul en scène dans un tapis de fumée et armé d’une flûte amérindienne, un genre de shaman du nom de John Two Hanks vient calmer les ardeurs du public pendant 4 minutes avec «Stone People».Tarja en blanc et le groupe rejoignent l’homme pour un titre «Creek Mary’s Blood». Du continent amérindien  on rejoint l’Irlande pour une reprise de Gary Moore «Over the Hills and Far Away» menée tambour battant. Pour finir, le hit du groupe, celui qui déchire «Wish I Had An Angel», avec les vocaux de Tarja au couplet, de Marco au refrain, le tempo et la rythmique hyper lourde te laissent K.O pour le compte. Le groupe quitte la scène avec «All of them», la musique du roi Arthur, après avoir distribué médiators et baguettes de batterie comme d’accoutumé.







Nightwish, la fin d’une époque





Mais, malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. Juste après être sortie de scène Tuomas Holopainen clavier et compositeur, remettra une longue lettre à Tarja en lui disant que l’aventure se terminait entre elle et le groupe pour cause de divergence d’opinion, de problèmes entre son mari et le groupe, qu’elle était plus intéressée par l’argent qu’autre chose…etc. c’était le Cloche merle de Nightwish! Autrement dit, elle a fait son dernier concert avec Nightwish sans le savoir alors que les autres membres du groupe le savaient.
Lire la lettre en question : Lettre

Tarja Partie, le groupe continue avec une autre chanteuse : Anette Olzon, une suédoise qui restera cinq ans au sein du groupe et qui sera remplacée en 2013 par la hollandaise Floor Jansen. Toutes deux sont de très bonnes chanteuses, mais elles n’ont pas la puissance et la texture de la voix de Tarja Turunen. Cette dernière continue en solo avec succès, elle enregistrera avec  la chanteuse de métal Doro Pesh et gravera un simple en 2010 avec le groupe Scorpion «The Good Die Young». 

Mais Nightwish, c'est quand même le gratin du Finnois !!

mercredi 1 octobre 2014

Johnny WINTER "Step Back" (2 Sept. 2014), by Bruno

     

     Il fallait s'en douter, avec ces indices qui révélaient une santé déficiente, un être épuisé. Notamment avec des concerts en demi-teinte où il peinait pour assurer jusqu'au bout et ses difficultés à assurer les interviews, pourtant réduites à une dizaine de questions. Pourtant, la sortie imminente d'un nouvel opus faisait espérer un état passager, et donc que Johnny Winter, même s'il n'aurait plus jamais l'étoffe de la « tornade blanche », pouvait encore faire partie du paysage musical Blues et Rock de qualité.
Johnny Dawson Winter nous a quitté le 16 juillet 2014, presque dans l'indifférence. Les médias – à l'exception de quelques trop rares résistants - n'ayant plus d'yeux que pour les poseurs, les affairistes, et les marionnettes d'une industrie « musicale » tentaculaire, ne sont guère intéressés par un forçat du Blues, même s'il avait rempli des stades entiers dans les années 70.


     Pourtant, les témoignages et hommages de musiciens de tout horizon ont pullulé (on parle bien de musiciens), ce qui a accrédité l'importance de l'impact qu'a eu Johnny Winter sur la musique. Il a laissé une trace profonde et indélébile. Certains ont même essayé de reprendre le flambeau (comme Eric Sardinas, Jay Gordon, Steve Johnson).

     Toutefois, Johnny Winter ne s'est jamais vu comme un novateur. Lui, ce qui l'intéressait avant tout, c'était de jouer la musique qui le faisait vibrer : le Blues. Dans sa forme la plus pure à celle nimbée de quelques effluves de psychédélisme relevé de racines Country, et à celle fortement auréolée de Rock. À ce titre d'ailleurs, il restera l'un des maçons du Blues-rock.
Cela, il le faisait en souhaitant principalement rendre hommage à la musique des musiciens de Blues qui l'avaient inspiré (de Muddy Waters à Freddie King), tel un sacerdoce. Ce qui ne l'a pas empêché d'y apporter sa patte, son style, son feeling. Toujours dans le respect. Ce que finalement, font – et ont fait – une pléthore de musiciens, mais dont seuls ceux qui avaient de la personnalité et un réel talent ont pu s'extirper de la masse (ou su, pour les petits malins qui ont su jouer d'artifices). Johnny lui, n'eut jamais besoin d'être autre chose que lui-même pour séduire les foules. Même si, un moment, il força un peu le trait, emporté par l'air du temps, aidé en cela par quelques substances illicites (qui finiront par le ronger, lui otant toute énergie) et poussé par son management. Johnny fut même reconnu par des icônes des « douze mesures » tels que B.B. King, Buddy Guy et Muddy Waters comme un Bluesman. Pratiquement comme l'un des leurs. D'ailleurs Johnny, lui, s'était toujours senti proche de ces musiciens noirs : « Eux et moi avions un problème parce que la couleur de notre peau était différente ».


     Toutefois, ce fut aussi son physique singulier qui lui permit d'attirer l'attention. A l'époque, point de clip vidéo ou de séquences filmées relayées par internet pour se faire connaître hors des frontières ; c'était par les oreilles, à l'écoute studieuse de galettes grésillantes de vinyls que l'on devait se forger une opinion sur la qualité (de la musique) d'un musicien (1)

     Et malgré tout, Johnny était resté humble – certains, qui l'avaient côtoyé, l'avaient même qualifié de « gentleman » -, n'hésitant pas à se mettre en retrait, freinant ses (h)ardeurs lorsqu'il accompagnait ses pairs, bien moins portés sur les excès et les dérapages dues au tempérament fougueux du Rock. Humilité encore lorsqu'il répond à la question « Quel souvenir voudrait-il que l'on garde de lui ? » : "Celui d'un bon joueur de Blues". Tout simplement. (biographie « Raisin' Cain »)
Il convient d'ailleurs de rappeler qu'il ne s'était jamais fourvoyer en tentant d'édulcorer sa musique, ou en tentant d’appâter les radios avec de l' "easy listening".

     Et puis, finalement, en dépit d'un désir renouvelé d'arpenter la scène pour prêcher la bonne parole du Blues-rock, miné par les excès et les addictions passés, que n'ont pas arrangé un traitement médical inadapté (qu'il a arrêté suite à une hospitalisation, après sa déplorable tournée de 2002), Johnny Winter finit par s'éteindre le 16 juillet 2014, seul, dans sa chambre d'hôtel de Zurich. Des témoignages de sa prestation de la veille, sa dernière, au festival de Blues de Cahors, le décrivent comme un être fortement diminué, ayant du mal à chanter et à garder l'équilibre. Au même moment, on apprend que son dernier disque, initialement prévue pour juillet, est prévue pour le 2 septembre prochain. Évidemment, on parle de son meilleur opus depuis longtemps... coup de marketing ? Probablement.

     Comme pour Jimi Hendrix il y a 44 ans avec « Cry of Love », ce « Step Back » sort à titre posthume, mais là où Jimi rayonnait encore par un extraordinaire génie irradiant à travers de fabuleuses compositions sorties de son imaginaire, Winter, lui, se contente de reprises.

Avec le fidèle lieutenant, Paul Nelson
   En fait, ses derniers enregistrements de compositions personnelles datent de 1992. Quatre bons titres que l'on retrouve sur l'excellent « Hey, where's your brother ? » (plus deux autres originaux du compositeur Jon Paris (2) ). Certes, l'amour sincère et dévoué qu'il portait au Blues l'a toujours amené à lui rendre hommage à travers ses covers, tout en essayant de le pérenniser ; et ainsi, rares sont les opus où il y a une majorité de titres personnels, Winter préférant se reposer sur des compositeurs (internes ou externes à son groupe du moment) et des reprises qu'il faisait siennes. D'ailleurs, il était ardu pour un non-initié de distinguer les originaux des reprises tant la touche personnelle de Winter avait une emprise empirique et omnisciente.
Néanmoins, finir sa carrière sur deux albums uniquement constitués de reprises laissera à jamais le sentiment d'une source tarie (3). Ainsi qu'un goût amer dans le sens où la plupart de ses propres chansons sont d'une qualité indéniable, certaines faisant même office de classiques et ayant fait l'objet de reprises.

     Comme pour « Roots », on ressort la bonne recette des invités prestigieux. Et c'est du lourd, avec notamment Billy Gibbons qui n'offre ses services qu'en de très rares occasions (4), Brian Setzer, Clapton, Bonamassa, Ben Harper, Joe Perry, Leslie West, Dr John. De quoi éveiller la curiosité du moindre chaland qui pourrait être de prime abord dubitatif quant à l'écoute du dernier « Winter ». Ça sent le plan marketing.
Dommage... Pourtant, c'est indéniable : cet album est bon, et bien meilleur que nombre de disques de covers, qui, malheureusement, pullulent actuellement. Même si sa voix est parfois à peine reconnaissable tant elle a perdu en force et en rugosité, même si jeu y est moins fougueux et véloce (ce qui était déjà le cas pour les deux précédentes réalisations), « Step Back » est un bon cru qui fait ronronner nos esgourdes de contentement.

échange de guitares entre Johnny et Joe Perry

     À la différence du précédent, la production, toujours du fidèle Paul Nelson, sonne plus mate et veloutée à la fois, plus gras également, non sans une certaine rugosité injectée par le son des guitares. Winter a même ressorti ses Gibson Firebird, plus une Dean Zelinsky Private Label (5) qui est plutôt réputée pour le « graoûh ». On peut d'ailleurs légitimement soupçonner que c'est cette Dean, conçue spécialement à son attention, qui procure ce son rugueux et charnu à la fois, pas trop loin de celui qu'affectionne Billy Gibbons (sans le cambouie), que l'on entend sur une bonne partie des chorus du maître. 
Dans l'ensemble, ce n'est pas trop loin en fait des productions « Point Blank », "Let me in" en tête. Finalement, et à bon escient, les invités n'ont pas une présence empirique, ils se contentent généralement d'apporter leur contribution pour un solo.

     Entrée en matière un peu surprenante avec « Unchain My Heart », le titre de Bobby Chart popularisé par Joe Cocker, soutenue par la section de cuivres des Blues Brothers et un trio de choristes. Bien que l'on ne le reconnaisse pas forcément de suite, Johnny y chante parfaitement, avec un penchant Soul, délaissant le rocailleux pour le velours. Ouvrant alors une fenêtre vers la Soul, comme il l'avait déjà des années auparavant (sur « Saints & Sinners »).
On ressort la fameuse slide pour un hommage à Elmore James avec la scie « Can't Hold Out (Talk to Me Baby) » où Ben Harper paraît bien timoré sur sa Lap Steel, à côté des traits cinglants de Winter qui n'a pourtant plus rien d'une tornade. Harper se lâche un peu plus pour le chant.
Le célébrissime Eric Clapton apporte respectueusement sa contribution sur « Don't Want No Woman », en cherchant plus à se fondre dans l'ensemble qu'à briller particulièrement et individuellement. Un gentleman.
Pour le superbe « Killing Floor » c'est alors Paul Nelson qui est placé en vedette, soutenu par l'harmonica de Frank "Kingbee" Latorre qui joue, avec un son plus propre, dans la lignée de Chester Burnett .
Sur « Who Do You Love » on a le plaisir de retrouver la slide omnipotente et rugueuse de Johnny qui semble ici avoir retrouvé une belle vitalité (sans partir dans des fabuleux dérapages contrôlés pour autant).
Infidélité au Blues pur avec l'instrumental « Okie Dokie Stomp », le classique de Clarence « Gatemouth » Brown d'où émergent quelques senteurs jazz des années 40. Brian Setzer vient épauler en jouant ici en fonds rythmique (« rhythm fills »), derrière Nelson.


Dean présente fièrement la guitare qu'il a conçu spécialement pour Johnny Winter.

Billy gibbons est un chaman de la guitare, un mage de la gratte saturée. Ses trop rares interventions pour autrui, sont toujours un ravissement. Les deux Texans, amis de longue date, se retrouvent sur un titre de Jimmy Reed, une influence commune. Un Blues en mid-tempo à ras-de-terre, au rythme écrasé par un soleil de plomb, qui sied on ne peut mieux au répertoire des barbus texans ; le Révérend y est comme un poisson dans l'eau. Est-ce du mimétisme ou l'influence de la forte aura de Gibbons ? Mais Winter prend des intonations et des inflexions propres à Billy Gibbons. Plus que jamais, il semble ici y avoir une réelle osmose entre ces deux icônes du Blues-rock. Une pièce de choix.
Gros moment aussi avec « Sweet Sixteen » où Winter déroule de superbes soli tout en feeling, et où on le sent forcer sur ses cordes vocales, désormais bien usées, en tentant de retrouver, autant que possible, les éclats de voix de B.B. King. Joe Bonamassa, lui, aurait gagné à être moins impulsif (il paraît jouer sous l'influence d'une sur-dose de caféine).
Retour au Country-Blues, avec « Death Letter » de Son House, qui peine à retrouver l'éclat de ceux de "Third Degree". 
Encore une chanson de l'incontournable Willie Dixon avec « My Babe » où le controversé Jason Ricci (6) prend - avec honneur - la place de Little Walter. Là encore, Winter, entraîné par ce rythme enjoué, prend moins soin de sa voix.
De nouveau, un vieil ami avec Leslie West sur l'entraînant « Long Tall Sally » qui, pour le coup, est bien moins pesant qu'à son habitude. À l'écoute de la prestation vocale, on pourrait croire qu'à la fin de ce vieux succès de Little Richards, l'albinos s'était cassé la voix pour quelques jours.
Par contre, étonnement, Joe Perry est un peu transparent sur « Mojo Hand ». Il faut dire aussi que Winter y fait une prestation magistrale, avec des chorus saturés de fuzz granuleuse, dans la veine de Billy Gibbons.
Final avec Dr John, avec qui il avait déjà fait un concert entier – enregistré par la télévision -, sur « Blue Monday » dans un style que chérit le Docteur Rebennack.

     Finalement, oui, en dépit de l'absence de compositions originales et d'un Johnny Winter diminué (bien que semblant tout de même nettement plus en forme que sur ses deux précédents opus), il faut considérer ce « Step Back » comme un très bon album. Le meilleur qu'il ait réalisé depuis « Hey, where's your brother ?».

     « Step Back », dès sa sortie, a gravi la première place du Billboard « Top Blues Albums ».
Mais est-ce vraiment un pur album de Johnny Winter, ou ne serait pas plutôt une collaboration de Johnny Winter et de Paul Nelson tant ce dernier semble présent pour soutenir son protégé ?






(1) Une évidence, mais pas nécessairement pour les plus jeunes qui restent rivés à leur écran pour « écouter » leur musique.
(2). Compositeur, guitariste, bassiste, harmoniciste, (batteur à ses débuts) il accompagna parfois Johnny Winter durant les années 80 et 90. On le retrouve comme musicien sur les albums « Raisin' Cain », « Serious Business » et « Winter of '88 ». À ne pas confondre avec Jeff Paris versé dans le Hard-FM cossu et burné.
(3) En fait, il y avait le projet de sortir quatre disques de reprises dans la même optique que « Roots ». Pour le plaisir de Winter qui renouait avec son passé et ses premiers amours, mais aussi pour une certaine facilité ; peut-être pour le ménager.
(4) Jusqu'à présent pour John Mayall et Gov't Mule.
(5) Dean, fan de la musique de Johnny, lui a conçu un modèle spécifique après lui avoir proposé plusieurs modèles. La table de cette pièce unique est totalement sculptée, incorporant en toutes lettres le nom de "Johnny Winter". 
(6) Parce qu'il n'a pas sa langue dans sa poche, parce qu'il a fait de la taule à cause de sa dépendance à la drogue, parce qu'il aime aussi le punk et parce qu'il a fait son coming-out et qu'il en parle parfois à ses concerts. Et qu'il reproche à la communauté gay de s'afficher avec de la musique synthétique. Mais cela n'empêche pas d'être considéré par de nombreux musiciens et médias comme un des meilleurs harmonicistes actuels.



Un clip simple, sobre au possible, énumérant quelques citations de divers musiciens (parmi les plus grands), de divers horizons, prouvant l'impact qu'a eu feu-Johnny Winter sur l'univers de la musique Rock au sens large.


Autres articles / Johnny Winter :
Johnny Winter 1944 - 2014 : R.I.P.
- "Roots" (2011)
- "Live at Fillmore East 10/3/70"

mardi 30 septembre 2014

LES CHICS TYPES "Live au Millenium" (2014)


Il y a quelques jours j'ai eu la plaisir de recevoir en interview ici  Francis Rateau et Cedric Vernet, les animateurs de l'émission, "le Blues Café" , enregistrée au Millénium à l'Isle d'Abeau (clic). Et bien le Millénium nous y retournons pour y écouter les Chics types , le groupe de Cédric, recorded live.
Les Chics types, c'est un groupe qu'on aime bien ici, d'abord parce que ce sont des mecs sympas, qui vivent la musique comme une fête, sans se prendre la tête et sans péter plus haut que leur cul, des gars visiblement heureux de partager leur bonne humeur et leur amour de la bonne zic. Ensuite pour la petite histoire c'est je crois le premier groupe à nous avoir envoyé un CD à la naissance de ce blog, c'était "Hey ! ma BO" bel album de reprises à la sauce Chics types (clic) et depuis il y a eu aussi le remarquable "Alabama Blues", couplé avec le livre de Maryvonne Ripert auquel il fait figure de BO (clic).
Voici donc un 4eme album pour le gang des lyonnais ("Une belle journée" en plus des 2 cités plus haut) pour Cédric Vernet (basse, harmo), Christian Biral (guitare, chant) et Jean-Yves Demure (batterie) les 3 Chics types "canal historique", ils sont épaulés de Christophe Annequin au piano et de Philippe Crova à la guitare.

On notera d'entrée le superbe visuel signé du bien connu Dom S-D qui pourrait justifier à lui l'achat, une pochette comme ça c'est la classe, mais rassurez vous le contenu vaut le coup aussi.
12 titres au programme, moitié reprises moitié compos originales, des titres puisés dans les 3 albums plus quelques surprises comme nous allons le voir.
"Sur la route de Tullins" ouvre les débats, après une belle intro au piano, c'était un de mes titres favoris d'Alabama Blues, une belle chanson  sur la vie de musicien "on the road", sans doute un peu autobio, sur tous ces gars qui loin des sunlights "donnent du bonheur pour quelques euros", c'est ça en fait les Chics types: des pourvoyeurs de bonheur...C'est plutôt enlevé musicalement, frais et entrainant, les Chics c'est un groupe de scène et ça se sent, par rapport aux versions studio on sent comme un petit supplément d’âme, de vie, de joie communicative. La reprise d'Hygiaphone (Téléphone) est aussi parfaitement réussie, bien bluesy, avec un petit coup d'harmonica et de piano. Nous aurons aussi droit à 4 titres sympas du premier album "Road movie", "Une belle journée", "Chacun pour soi", "Faut pas zoomer" parmi lesquels je m’arrêterai sur "Une belle journée" qui rejoint ce que je disais tout à l'heure tant ce titre respire la bonne humeur et donne envie de siffloter dans la rue et d'aller folâtrer avec une jolie fille derrière un bosquet  au parc de la Tête d'or...euh excusez moi je m'emporte, c'est ça "l'effet Chics Type"...Y'a un p'tit coté Charles Trenet là dedans, 'y'a d'la joie...
Autre incontournable du groupe "Hey ma B.O." qui résume à lui seul leurs passions musicales, pas trés éloignées des miennes d'ailleurs ; "A nos amours" d'un autre enfant de Lugdunum, l'ex Starshooter  Kent et "One" de la bande à Bono (U2..). J'en arrive au final qui sera torride avec "Come together" (Beatles of course), puis la surprise du chef, la chantilly sur le banana split, avec un medley Lio qui commence avec une reprise blues rock des "brunes comptent pas pour des prunes"  enchainé par son fameux et licencieux   "Banana split"  ; ça c'est aussi une force de nos Chics de savoir accommoder  des tubes pop à leur sauce pour en faire leurs propres créatures tels des Dr Frankenstein à partir d'un cœur de blues, de poumons de pop, d'un petit doigt de jazz, et de  c**** de rock...   On termine avec "Rockin all over the world" de John Fogerty, une bonne conclusion et un pur moment de folie rock'n'roll.

Ça devait être une soirée sympa et on envie les veinards qui y étaient, mais par la magie de l'enregistrement, on y est un peu grâce à ce disque, un bon "best of " live qui résume bien leur première partie de carrière, qui n'est qu'un début..
Purple avait son "Made in Japan", Cheap Trick son "Budokan", Simon & Garfunkel leur "Central Park", Johnny son "Palais des Sports" , les Chics types ont maintenant leur  "Millénium", Comment? y'avait moins de monde? Bah, on va pas commencer à chipoter...

Rockin-JL

 

lundi 29 septembre 2014

"THE RAY GILLEN STORY" (1ère Partie) par Philou



RAY GILLEN  (12/05/1959 - 01/12/1993)


La véritable histoire de Ray Gillen remonte évidemment un peu plus loin que son premier concert avec BLACK SABBATH.....

En effet, le jeune Raymond Arthur Gillen, né le 12 mai 1959 à Cliffside Park dans le New Jersey, va commencer à chanter seul dans sa chambre en imitant ses héros de HUMBLE PIE, BAD COMPANY et DEEP PURPLE avant de débuter sur scène avec des groupes locaux. Au début des années 80, il devient le chanteur de HARLETT, une formation spécialisée dans les reprises de VAN HALEN. Petit à petit, le jeune Ray Gillen commence à se faire une bonne réputation dans les clubs et les bars du New Jersey.
Après avoir refusé une invitation pour rejoindre le groupe d'Ingwie Malmsteen, la carrière de Ray va vraiment débuter en 1985 lorsqu'il rejoint l'ancien batteur de RAINBOW, Bobby Rondinelli dans son groupe RONDINELLI. Une formation qu'il a monté avec son frère Tony Rondinelli (guitares) et le bassiste James Lomenzo (futur WHITE LION, ZAKK WYLDE, BLACK LABEL SOCIETY, MEGADETH).


Avec un chanteur exceptionnel comme Ray Gillen, le groupe va rencontrer un vif succès sur la côte nord-est des États-Unis et permettre au quatuor d'enregistrer un album. Malheureusement, peu de temps après la fin des sessions studio, James Lomenzo rejoint WHITE LION et Ray Gillen reçoit une proposition qu'il ne peut pas refuser : devenir le nouveau chanteur de BLACK SABBATH !!!
L'aventure RONDINELLI tourne court et le résultat de ces séances d'enregistrement, verront finalement le jour dans l'album "Wardance", qui ne sera publié qu'en 1995.
Un album que vous pouvez écouter surtout pour la performance vocale de Ray Gillen, le contenu musical étant plutôt moyen.

 
Ray Gillen rejoint donc BLACK SABBATH en 1986, au milieu de la tournée "Seventh Star" pour remplacer au pied levé, le bassiste et chanteur britannique, Glenn Hughes.
Au fil des concerts Ray s'améliore, mais le public qui découvre, avec stupeur, un chanteur inconnu au micro de leur groupe fétiche, ne réserve pas un accueil très chaleureux aux concerts de cette tournée.
Début 1987, le groupe retourne en Angleterre pour travailler sur son prochain album "The Eternal Idol" sur lequel Ray Gillen enregistre la majeure partie des vocaux. Malheureusement, à la suite d'une série de défections de certains membres de BLACK SABBATH (Bob Daisley et Eric Singer), Ray se voit (mal) conseillé de quitter le groupe. Il rejoint donc le bassiste Tony Franklin et le légendaire batteur, le regretté Cozy Powell, dans l'incarnation initiale de BLUE MURDER, le nouveau "super groupe" de John Sykes, l'ex guitariste de THIN LIZZY et de WHITESNAKE.
Mauvais calcul de la part du manager de Ray Gillen, ce projet n'aboutira finalement pas.
Pendant ce temps, c'est Tony Martin, le chanteur providentiel, qui intègre BLACK SABBATH et qui ré-enregistre les parties vocales de "The Eternal Idol".
Les bandes avec Ray Gillen ont été soi-disant effacées.... elles referont surface sur des disques pirates et finalement sur le 2ème CD de l'édition Deluxe de "The Eternal Idol" en 2010.
Un disque indispensable pour les inconditionnels de Ray Gillen qui nous régale avec des versions  incroyables de "Born to Lose", "The Shining" et surtout de "Hard Life To Love", un titre qui ne laisse aucun doute sur ses capacités vocales hors-normes.
On retrouve la voix de Ray Gillen, au début de l'hiver 1987, sur un projet mené par les frères Tom et Mel Galley, l'album "Phenomena II: Dream Runner". En compagnie d'un "All Star Band" constitué de musiciens prestigieux comme John Wetton, Glenn Hughes, Scott Gorham, Max Bacon, Mel Galley, Neil Murray etc... Ray Gillen écrase le disque de sa présence exceptionnelle et avec un line-up ce ce niveau, inutile de vous dire que le résultat frôle la perfection. Sa voix sublime fait des merveilles sur les 4 compositions qu'il interprète ("No Retreat, No Surrender", "Stop", "Move, You Lose" & "Emotion Mama") et on en redemande....



- BADLANDS - de G à D : G.Chaisson, E.Singer, R. Gillen & Jake E. Lee
Le temps est venu pour Ray de monter son propre groupe. En 1988, il retourne aux USA et contacte Jake E. Lee, l'ancien serial riffer d'Ozzy Osbourne sur les albums "Bark At The Moon" et "The Ultimate Sin". Avec ce fameux guitariste et son ancien collègue de BLACK SABBATH, le batteur Eric Singer, les 3 musiciens recrutent ensuite Greg Chaisson pour tenir la basse dans ce nouveau projet baptisé BADLANDS.
Avec un tel line-up, le quatuor signe sans problème chez Atlantic Records. Le groupe entre en studio, avec le producteur Paul O'Neill (AEROSMITH, SAVATAGE), pour se consacrer à la réalisation de leur premier album.

Pendant les séances d'enregistrement, la cohésion de la rythmique basse-batterie, le jeu flamboyant du guitariste et la conviction du chanteur ne laissent aucun doute sur le contenu du futur album qui parait le 11 mai 1989.....


 ********** FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE **********


"Hard Live To Love" un titre enregistré pour l'album "The Eternal Idol" de BLACK SABBATH.