samedi 7 décembre 2019

HAYDN – Les Saisons (Oratorio 1801) – Karl BÖHM (1967) – par Claude Toon



- Ahhhh, le temps frisquet vous inspire M'sieur Claude… Les saisons, surement le printemps pour commencer, comme chez Vivaldi, un peu de chaleur…
- Les saisons ont inspiré nombre de compositeurs Sonia, mais en effet Vivaldi reste de loin le plus connu dans ce domaine avec sa suite de quatre concertos vivifiants…
- Vous mentionnez le mot Oratorio, il y a un rapport avec une liturgie ? Comme l'autre grand oratorio de Haydn, La Création ?
- Non, plutôt des tableaux bucoliques et oui à la fin un chant de reconnaissance… Mais la comparaison est pertinente car ces deux grandes œuvres sont de la même veine.
- Vous nous proposez une gravure ancienne du taciturne Karl Böhm, ce n'est pas trop daté, voire dans un style romantique assez pesant ?
- Bonne remarque. Non, Karl Böhm anime avec vivacité et humour la partition, la prise de son est l'une des meilleures jamais réalisées par DG ; bien entendu, il y a d'autres belles versions…

Haydn vers 1800
La succession des saisons est le concept rêvé pour les compositeurs de musique classique dont la plupart des œuvres reposent sur le principe d'un enchaînement de mouvements, a priori quatre pour ce sujet… Vivaldi, le baroqueux italien est universellement connu grâce à ses "quatre saisons", un ensemble de concertos pour violon solo et orchestre à cordes. Même les moins friands de musique classique en ont entendu parler. Et de vous à moi, parmi les centaines de concertos écrits par le vénitien, voilà l'une de ses plus belles partitions.
Le thème inspire les créateurs dans tous les genres musicaux : voici une petite liste non exhaustive parmi les plus grands : Tchaïkovski a composé une suite pour piano intitulée Les saisons, pourtant elle comprend 12 pièces, une par mois évoquant un moment propre à la vie quotidienne, les fêtes, les travaux des champs… ; plus original, Astor Piazzolla a composé une virevoltante suite en quatre volets pour bandonéon, ensemble de violoncelles et une contrebasse. (Il existe un disque comportant cette œuvre poétique et enflammée couplée à la suite de Tchaïkovski transcrite pour cette formation de cordes, Orféo). Parfois, un musicien se limite à une seule saison : La symphonie "le printemps" de Schuman ou la sonate n°5 titrée de même pour violon et piano de Beethoven (voir l'index). Citons encore Ronde de Printemps pour orchestre de Debussy, la symphonie des saisons de Spohr, mais là, comme on dirait à la Bourse, nous tombons dans le "second marché" 😀.
Avec Haydn, c'est du sérieux (au sens figuré du terme, l'humour et l'épicurisme étant omniprésents dans ses œuvres). En 1801, le compositeur est au crépuscule de sa carrière mais au sommet de son génie pas assez reconnu de nos jours. Il écrit un oratorio composé de quatre cantates de 30 minutes chacune. Pour la forme, on pense à l'oratorio de Noël de Bach ou au Messie de Haendel : des ouvertures orchestrales, des airs, des récitatifs et des chœurs. Le grand jeu, deux bonnes heures de musique d'une fantaisie hors normes…
Je ne reviens pas sur la biographie générale de Haydn déjà développée dans divers articles dont l'un sur trois symphonies "londoniennes" (Clic). Sa production est immense, des centaines de CD. 1795 : le maître a 63 ans, il revient à Vienne après son second voyage à Londres. Une légende de la vie musicale dans toutes les villes d'Europe même à Paris. "Le plus grand compositeur vivant" se plaît-on à dire. Il doit accepter un nouveau mécène, le prince Nicolas II Esterházy. Ce personnage n'aime ni la musique ni Haydn. Plutôt un bienfait, il n'exige de son maître de chapelle qu'une messe par an… Ça tombe bien, Haydn étant Franc-maçon composera lesdites messes "en speed" (six grandes messes verront le jour et ne sont pas si négligeables que cela). Ainsi, il dispose de tout son temps pour travailler sur deux domaines qui le passionnent : le quatuor et l’oratorio.
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Haydn ne s'est jamais impliqué avec fougue dans l'art lyrique. Il a composé des opéras un peu oubliés car oubliables, mais ce travail est un passage obligatoire dans les cours d'Europe. Il a peu écrit pour la liturgie, juste quelques petites messes alimentaires avant le groupe des six dernières plus ambitieuses et pour respecter son contrat. Côté oratorio ou cantate, rien ou presque, sauf à considèrer quand même la transcription pour voix et orchestre de son quatuor énigmatique "les 7 paroles du Christ en croix". Un chef d'œuvre de spiritualité. Ah si, en 1775, un oratorio en italien et assez académique "Le Retour de Tobie".
Fasciné par les oratorios sacrés d'Haendel entendus à Londres comme Israël en Egypte, Haydn va travailler de 1796 à 1798, sur un premier monument : La Création. Pour le livret la tâche sera rude et mêlera les textes de la Genèse, des Psaumes et du Paradis perdu de Milton. À l'inverse d'Haendel qui utilisait un orchestre baroque où dominaient surtout les cordes, Haydn recourt à un orchestre riche, celui élargi des symphonies londoniennes, et qui va devenir la référence pendant toute l'époque romantique qui pointe son nez, en l'occurrence avec les symphonies de Beethoven. Le succès est immense, le public pléthorique écoute depuis les rues avoisinantes tant bien que mal…

Le succès est tel que Le baron Gottfried van Swieten, qui a adapté en anglais La Création, suggère l'idée d'un Oratorio mettant en musique le poème Les Saisons de James Thomson. Haydn sourcille face au manque de religiosité de ce poème, un oratorio doit respecter une certaine dimension sacrée à l'époque. Swieten et Haydn se chamaillent, mais le texte final que d'aucuns trouveront naïf dans sa peinture du monde paysan trouve son équilibre à partir de la version allemande de 1745. On coupe dans les 200 pages de l'œuvre de Thomson, on taille, on chipote, on ajoute les trois personnages pour les airs. Bien entendu, les fans british du poète crient au blasphème, en un mot : la routine de tout projet nouveau !
Baron Gottfried van Swieten
Haydn acceptera le livret en l'état, mais refusera à van Swieten trop d'ajout de bruits de la nature, grenouille et oiseaux, etc. Attendons Mahler et Messiaen pour ce genre de fantaisie, un oratorio même profane ne doit pas devenir une grande "symphonie des jouets".
La première a lieu à Vienne le 24 avril 1801, le succès est plus nuancé que pour la Création même si les solistes et les musiciens sont les mêmes. Nous ne sommes pas encore à l'époque romantique où l'évocation des us et coutumes de la plèbe fait le succès des concerts pour notables !
Donc, quatre parties. Chacune commence par une petite ouverture symphonique. Puis, suit une dizaine de récitatifs, d'airs, de chœurs, mais aussi des dialogues chantés par les solistes en complicité avec le chœur. Une fois de plus Haydn innove, intégrant des éléments propres à l'opéra dans un oratorio. L'ouvrage est extrêmement vivant. Les choristes ont des rôles définis (des paysans par exemple) et chantent soit a cappella soit, divisés, un hymne liturgique. Comme dans la Création qui mettait en scène des personnages bibliques, Haydn imagine ici trois personnages ruraux !
Simon : un fermier (basse) ; Hanne : sa fille (soprano) et Lucas, un jeune paysan (ténor).
L'orchestre est très rutilant pour cette fin de l'âge classique : 2 flûtes + picolo, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons + 1 contrebasson, 4 cors (c'est exceptionnel, souvent 2), 2 trompettes, 3 trombones (alto, ténor et basse), timbales, tambourin, triangle, cymbales, cordes et pianoforte. Un chœur mixte important. Un effectif que l'on ne retrouvera fréquemment qu'à la seconde moitié du XIXème siècle (Brahms).
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La discographie est assez riche. Par son effectif l'ouvrage s'adapte aussi bien au style moderne, avec des chanteurs lyriques et des orchestres symphoniques, qu'à des ensembles jouant sur instruments d'époque et faisant appel à des chanteurs spécialisés dans le chant baroque. J'ai retenu la version culte de Karl Böhm de 1967 dirigeant l'excellent orchestre symphonique de Vienne. Deux chanteurs ont déjà été présentés dans le blog : la basse finlandaise Martti Talvela, la soprano Gundula Janowitz qui chantera dans la Création dirigée par Karajan en 1969. Enfin le ténor Peter Schreier sera présenté lors d'une chronique à venir. Une grande voix qui débutait sa carrière. Un plus, la prise de son possède une clarté et une dynamique exceptionnelles.
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Plutôt que des explications alambiquées, je préfère proposer ce tableau qui permet de suivre au mieux l'œuvre. En bistre, une traduction du titre de chaque morceau qui permet de se faire une idée de la scénette poétique. Une phrase complémentaire indique la manière qu'a choisie Haydn pour chanter et illustrer musicalement le propos.
On pense parfois que Karl Böhm appartient à l'époque de la direction d'orchestre marmoréenne ! Tu parles… L'introduction vibre d'une vitalité jamais entendue ailleurs, la lisibilité instrumentale est fabuleuse ; les bourgeons éclatent, les agneaux et veaux s'ébrouent. Bluffant ! Je viens d'écouter cette ouverture par l'immense Philippe Herreweghe et l'orchestre des Champs-Elysées. Dieu que c'est appliqué, morne plaine, le printemps se fait requiem, incompréhensible de la part de cette artiste génial… Bon, je vous laisse écouter tranquillement. 

Première partie : Le Printemps
n°1 : Introduction et récitatif des trois solistes dans l’ordre d’entrée basse-ténor-soprano annonçant la fuite de l’hiver et l’arrivée du printemps.
n°2 : Viens, doux printemps : alternance des chœurs d’hommes et de femmes évoquant des chœurs de paysans dans un climat de tradition pastorale.
n°3 : Du Bélier les clairs rayons du soleil tombent sur nous : Récitatif de Simon.
n°4 : Déjà le laboureur accourt au travail : Dans cet air de Simon, le plus célèbre de la partition, Haydn utilise pour la première fois le piccolo imitant le paysan sifflant derrière sa charrue.
n°5 : Le paysan a accompli son ouvrage : Récitatif de Lucas.
n°6 : Sois miséricordieux, Ô ciel ! : Trio des solistes avec chœur, un hymne et se terminant sur une fugue.
n°7 : Notre prière est exaucée : Récitatif de Hanne.
n°8 : O comme il est aimable le spectacle des prairies : Chant de joie pour solistes et chœurs.
n°9 : Éternel, puissant, bienveillant, Dieu : Chœur se terminant par une fugue à la gloire de Dieu.
[31:45] Deuxième partie : L’Été
n°10 : Dans le voile gris approche la tendre lumière du matin : Introduction et récitatif de Lucas, puis de Simon qui annonce l'arrivée du jour. Le hautbois se prend pour un coq. [34:52]
n°11 : Le gai berger rassemble ses joyeux troupeaux : Sonnerie des cors simulant un ranz suisse, air pastoral de Simon puis récitatif de Hanne.
n°12 : Il se lève le soleil, il approche, il vient, il rayonne, il brille : Pour trio et chœur. Un largo évoquant le lever du soleil, solistes et chœur.
n°13 : Maintenant tout s’anime et se meut : Récitatif de Simon puis récitatif de Lucas.
n°14 : La nature succombe sous le poids : Cavatine de Lucas soutenue par les cordes en sourdine, une flûte et un hautbois.
n°15 : Salut maintenant, sombres bosquets : Récitatif de Hanne.
n°16 : Quel réconfort pour les sens : Air de Hanne, cordes et un hautbois solo, intervention des autres instruments soulignant l'idée de l'éveil de forces nouvelles.
n°17 : Voyez! Dans l’air alourdi s’élève un nuage : Récitatif de Simon et Lucas, au loin un peu de tonnerre (roulement de timbales), récitatif de Hanne
n°18 : Ah, l’orage approche : L'orage éclate, fortissimo de tout l'orchestre ! Les flûtes cinglent les éclairs (la tempête dans la "pastorale" de Beethoven ?)
n°19 : Les sombres nuages se dissipent : trio et chœurs. On entend divers cris d’animaux : les fameuses grenouilles finalement acceptées par Haydn.

[1:07:32] Troisième partie : L’Automne
n°20 : Ce que le printemps par ses fleurs avait promis : récitatif de Hanne, puis récitatif de Lucas et Simon
n°21 : Ainsi la nature récompense-t-elle le travail : trio et chœurs
n°22 : Voyez comme la jeunesse accourt : récitatifs de Hanne, Simon puis Lucas.
n°23 : Venez beauté de la ville, et regardez les filles de la nature : Duo entre Lucas et Hanne, traité comme un duo d’amour d’opéra. (Ça devait arriver.)
n°24 : Maintenant les champs dénudés : Récitatif de Simon.
n°25 : Voyez sur les vastes prairies comme le chien file dans l’herbe ! : Air de Simon. Un chien traque le gibier. Tentative désespérée de la proie pour s'échapper. Un coup de feu et la mort de l'animal (la voix de Simon descend de deux octaves).
n°26 : Ici un cercle compact lève les lièvres au gîte : Récitatif de Lucas.
n°27 : Ecoutez les échos bruyants : Les cors convient les paysans à la chasse ; course poursuite et hallali des trombones excluant trompettes et timbales.
n°28 : Sur le cep brille maintenant : Récitatif des trois solistes.
n°29 : Vivat ! Le vin est là : Deux chœurs, un air joyeux de Ländler (danse villageoise) puis, les choristes "pris de boisson" 😋. Utilisation de percussions, inhabituel chez Haydn.

[1:41:52] Quatrième partie : l’Hiver
n°30 : Maintenant décroît l’année blafarde : Introduction adagio contrastant avec la liesse enivrée de la fin de l'Automne, récitatif de Simon.
n°31 : Lumière et vie sont affaiblies : Cavatine de Hanne accompagnée des cordes seules.
n°32 : Le grand lac est pétrifié : Récitatif de Lucas.
n°33 : Ici le voyageur s’arrête : Air de Lucas qui voyage et piétine dans la neige découragé… Réjouissance en découvrant la chaleur d'un refuge.
n°34 : Comme il approche, résonne à son oreille le son vif de voix claires : Récitatif des trois solistes.
n°35 : Ronronne, bourdonne, ronronne ! : Chanson de Hanne qui file le lin, le chœur simule le bruit du rouet (Chant des fileuses de Gottfried August Bürger.)
n°36 : Le lin est filé : Récitatif de Lucas
n°37 : Une fille qui tenait à l’honneur : Hanne et chœur ; Chanson d'un autre auteur, Christian Felix Weisse.
n°38 : Venant de l’est aride un souffle glacé avance : Récitatif de Simon.
n°39 : Contemple ici homme insensé, contemple l’image de la vie : Air et récitatif de Simon (citation tirée de la 40ème symphonie de Mozart).
n°40 : Alors le grand jour arrive : introduction joyeuse de tout l'orchestre. Trio de solistes et double chœur. Fugue teintée d'humanisme sur des thèmes maçonniques puis conclusion monumentale d'essence chrétienne, un hymne de reconnaissance marquée par deux Amen !!



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Pour conclure, trois versions hautement recommandables :
Dans le style orchestre moderne, en 1969 Herbert von Karajan signe pour EMI une interprétation qui fait toujours concurrence à la production de Karl Böhm. On retrouve Gundula Janowitz secondée par Werner Hollweg et Walter Berry, la basse favorite du maestro autrichien. Là encore une belle vitalité qui ne quitte pas le catalogue (EMI – 5/6).
Pour ceux qui recherchent un orchestre et des chœurs plus allégés, l'interprétation de Neville Marriner est pour eux. Une belle probité, mais le petit grain de bonhomie et le rayon de soleil pourra manquer à certains mélomanes (Philips – 5/6).

Sur instruments d'époque, ma préférence va à René Jacobs et son Freiburger Barockorchester qui retrouvent l'énergie et les myriades de couleurs de la partition. J'ajoute l'introduction du printemps en vidéo pour justifier ce propos. Les chanteurs sont des complices du chef : Werner Güra, Dietrich Henschel, Marlis Petersen. (HM – 6/6)

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vendredi 6 décembre 2019

MAD MAX de George Miller (1979) par Luc B.


Le premier souvenir que j’ai de MAD MAX c’est que je ne l’ai pas vu. Précédé d’une réputation sulfureuse d’ultra violence, comme ORANGE MECANIQUE en son temps, le film était sorti avec une interdiction aux moins de 18 ans - ce qui était mon cas. George Miller a dû faire quelques coupes pour éviter le classement X, signifiant une sortie limitée aux salles spécialisées et taxes supplémentaires, autrement dit, une mise au rancart. MAX c’était un mythe, comme le MIDNIGHT EXPRESS (1978) d’Alan Parker. Le truc à voir. Mais si on se souvient des images qu’ils nous en restent, elles proviennent davantage du second opus de la saga, qui en bétonne l’imagerie, avec ces monstres mécaniques hurlant en plein désert. Comme les scènes cultes de ROCKY qui viennent en réalité de ROCKY II.
Le premier MAD MAX tient presque de la série B, petit budget à l’arrache, trois acteurs, une route et quelques bolides bodybuildés, et du fourre-tout. George Miller mélange dans sa marmite chauffée à blanc road movie, polar, fable d’anticipation (pénurie de carburant suite au choc pétrolier), horreur, film de vengeance, et western. Surtout western. Car la ville qu’on voit à l’écran tient davantage du décor western classique, dans laquelle déboule une horde de motards, dont les trognes n’auraient pas déparé chez Corbucci ou Leone. Et quand les cowboys débarquent foutre le souk à coup de « Yep yep » en tirant en l’air, les motards eux, font rugir les moteurs et crisser la gomme.   
Séquence d’ouverture qui pose le contexte : un pays (lequel ?) une époque (laquelle ?) en plein chaos, des bandes de fous furieux qui sillonnent la région, semant la désolation, face à quelques flics qui tentent de combattre cette anarchie. Le décor : lignes droites bitumées, horizon infini, caméra au ras du macadam. Le film se divise en trois parties. Une première en mode western moderne, avec intervention de la police routière pour choper le criminel Montazano. Le flic Max Rockatansky, au volant de son « Interceptor » mettra un terme à la cavale du gars. On songe à John Wayne cavalant deux fusils aux pognes dans CENT DOLLARS POUR UN SHERIF (Henry Hathaway, 1969). Scène d’anthologie : les bolides lancés à toute allure sur une route, avec le p’tit gamin qui traverse…  
Mais aussitôt les soucis resurgissent avec les Aigles de la Route, horde de psychopathes dirigée par Toecutter, qui pille, tue, et viole tout ce qui passe à leur portée. L’agression du couple en voiture, dont la bagnole sera littéralement désossée à coup de barre à mine, se pose là. Un des agresseurs trop shooté pour s’enfuir se fait coincer, mais sera libéré faute de plainte. On relèvera la tronche de l’avocat, costard et gomina, la raie à gauche, bien tête à claques, hum... un peu trop facile ? Mais c'est efficacement réalisé, le montage est sec, faut juste être sensible aux charmes d’un V8 rutilant, sinon on s'emmerde un peu. Les Aigles poussent des hurlements pénibles comme les Droogs de Kubrick, on remarquera que l’un d’eux porte les lunettes rouges en forme de cœur de la petite Lolita
Max Rockatansky songe à démissionner mais son chef l’envoie plutôt prendre des vacances : deuxième partie. Ou George Miller change de genre. Max et sa famille recherchent d’un havre de paix, promenades bucoliques et siestes en plein air. Un petit sursis. Car Miller va filmer la suite en reprenant très habilement les codes du film d’épouvante, s’autorisant même ce plan de la main arrachée… Avec la tentative d’agression de Toecutter sur Jessie Rockatansky, Miller nous prévient : les Aigles sont toujours là, la menace pèse encore. Il y a donc un réel suspens, entretenu par ces plans de Jessie Rockatansky seule dans les bois (quiconque a vu les films de Wes Craven ou John Carpenter sait que ce n’est pas prudent… et George Miller les a vus, c’est certain) qui s’allonge sur une plage isolée, s’y endort bercée par la brise, la bande son juste constituée de bruits de nature et d’oiseaux. Première alerte : son cleps renifle un truc et disparait dans les rochers…
Plan d’ensemble au-dessus de la crique, petit coin de paradis, quand apparaissent en amorce les roues de la moto de Toecutter. Comme les indiens qui se tiennent au sommet d’un défilé avant de charger sur la diligence. Tout ce qui suit n’est que tension et nervosité. Parce que George Miller nous a montré dans la première partie de quoi étaient capables les Aigles en terme de violence, on est franchement inquiet pour la pauvre Jessie et son gosse. Et on ne donne pas cher de la petite vieille armée d’un fusil qui tente de s’interposer. La scène qui déclencha la polémique, dont on croit se souvenir, n'existe pas ! Elle est hors champ. Juste une petite chaussure d’enfant qui roule sur le bitume. Mais tout est dit. Et quand Max arrivera sur les lieux, Miller le filme de très loin, petit personnage paumé dans l’immensité.
Troisième partie. Où Max revêt sa panoplie qui le rendra célèbre, cuir noir, fusil à canons sciés, regard mauvais au volant de sa Pursuit Spécial V8, aussi célèbre que la Gran Torino Tomato de David Starsky, ou la Dodge Challenger de Kowalski (dans le film POINT LIMIT ZERO de Richard C. Sarafian, 1971, film référence pour Miller a n’en pas douter, et pendant que j’y suis, le personnage d’Eastwood dans GRAN TORINO s’appelait aussi Kowalski, pas un hasard, l’info est gratos, même si ça rallonge la parenthèse).  
Question mise en scène, Miller se fait plaisir. Et nous aussi. Est-ce volontaire, mais on pense furieusement à LA MORT AUX TROUSSES (la fameuse scène du champ et de l’avion) dans l’agencement des plans, comme on repense à DUEL de Spielberg. On notera tout de même quelques beaux faux raccords, ciel tantôt d’un bleu profond ou chargé de nuages menaçants, selon les plans intérieurs / extérieurs de la voiture. Pour rappel, le tournage fut de courte durée (6 semaines), Miller et la première équipe filmant les plans avec les acteurs, puis partant en post-prod, avant de diriger la seconde équipe pour les cascades. Comment raccorder des plans tournés à six moins d’intervalle ! Le montage a pris aussi du temps, le tournage a lieu en 1977, pour une sortie deux ans plus tard.  
Mais ça valait le coup d’attendre, surtout pour George Miller, qui signe un premier film aux bénéfices records, le film le plus rentable du cinéma, détrôné en 1999 par le stupide BLAIR WITCH. Il reste à jamais le papa de Max, qui lui donne une rente à vie, car sa filmographie est tout de même légère. LES SORCIERES D’EASTWICK (1987) est tout juste regardable grâce à un Nicholson en roue libre (donc génial) et on se pince d’apprendre qu’il est aussi le papa de BABE LE PETIT COCHON, dont il réalisera le n°2. A part ça…  Coup de poker aussi pour l’acteur alors inconnu Mel Gibson, que j’aime personnellement beaucoup malgré ses dérives mystiques nauséabondes, faut dire que trouver Dieu au fond d’une bouteille de whisky n’aide pas.
La bonne idée de Miller est d’avoir recasé son personnage dans un univers différent et encore plus apocalyptique, MAD MAX LE DEFI (1981), que je ne suis pas loin de préférer au premier, parce qu’il y crée réellement la légende MAD MAX. La suite n’est que resucée, le n°3 avec Tina Turner lorgnant vers la fable FM grand public, le dernier FURY ROAD, solidement réalisé, mais étant un mix habile et sans surprise des précédents (et sans Mel). Reste à savoir pourquoi George Miller n’a pas su ou voulu se renouveler, il fait presque figure d’artisan, inscrit au panthéon du cinoche juste pour avoir fait mumuse avec ses bolides. C’est peu.
Je souhaite à tous les metteurs en scène en herbe de réussir ce joli coup, ce premier MAD MAX sans le sou, qui impose une forme, un univers, dont beaucoup vont s’inspirer.


couleur – 1h30 – format scope 2 :1.39

   

jeudi 5 décembre 2019

CENDRIO "Vertiges" (2019)

On retrouve avec plaisir Cendrio, auteur compositeur que nous avions déjà croisé dans ces colonnes il y a 5 ans pour son album "Parlez moi de moi" , je vous renvoie d'ailleurs à sa lecture pour en savoir un peu plus sur cet artiste attachant (lien) .
Il signe ici  13 des 14 titres de ce nouvel album et est accompagné de Philippe Arnaud (batterie), Adrien De Smidt (basse , mandoline, fretless), Lucas Sanchez (guitares) et Stéphane Pasquier (claviers, clarinette) , lui même étant à la guitare et bien sur au chant.
"D'argile" nous plonge d'entrée dans le monde de Cendrio, de la belle chanson française pleine de poésie et d'utopie, une histoire simple illuminée de  très belles notes de guitare, j'aime ce coté raconteur d'histoires. Encore un  beau texte que "Juste un instant" , sur les préoccupations écologiques "Juste un instant/écouter la terre" , en mode pop/rock énergique. Une belle ballade triste et mélancolique avec "La bague" puis le morceau titre "Vertiges"  qui balance bien, et plein de belles images ("Comme un gosse je suis ébloui par les lueurs du buisson ardent/ je soupçonne ma peur ma folie de vouloir me pousser dedans..au bord du vide j'ai contemplé les grands espaces sans frontière/ dans cette chute je me laisse tomber en arrière" ).
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)
On part ensuite sur  "la grande route"  pour une ballade qui sonne très  americana   et prend même un tour "dylanien" quand Cendrio sort son harmonica; avant de faire la rencontre de " Monsieur Learing" qui "vit seul dans son meublé deux pièces/ le salon la chambre ou règne une forte odeur de sieste", encore un beau portrait /tranche de vie, c'est la patte Cendrio, que l'on retrouve également sur la belle déclaration d'amour "Elle".
"Migrant" est le seul titre que ne signe pas le chanteur , il est de Roselyne Demattéo et il est absolument superbe   ("A quoi rêvent tous les oiseaux posés/ dés l'aurore dans l'arbre mouvant/ à quoi rêvent tous les oiseaux posés/ d'une graine d'un vermisseau/ ou d'un long voyage avant d'être migrant") , de même que "Le poète", émouvant hommage  à Gerard Honoré, poète décédé en 2017, avec une belle partie de piano de David Vandiedonck. "Une fleur dessinée par Charlie" fait évidement référence aux dessinateurs de Charlie Hebdo, tout en poésie. Avant de terminer l'écoute on boira un coup sur un zinc avec "Les verres", on croisera un voleur, ne planquez pas votre bourse, c'est un "Voleur de chaleur"   ("je suis un voleur de chaleur/ je vole la chaleur des gens/ je vole gentiment/ une poignée de main me suffit un regard aussi") et on atterrira  en Italie pour une belle reprise de l'immortel "Bella Ciao".
Vraiment une écoute agréable que celle de cet album et de cet artiste sensible et  poète, à la très belle voix aussi, dont je ne peux que recommander de l'écouter et le voir sur scène
(dates et renseignements sur son site : cendrio.com/ )

ROCKIN-JL


mercredi 4 décembre 2019

STEVE JONES " Mercy " (1987), by Bruno



     Steve Jones, un nom bien commun dans la perfide Albion, on en retrouve d'ailleurs une bonne poignée dans le milieu du sport. Celui-ci a marqué le monde de la musique au crépuscule des années 70, avec un groupe qui a réussi avec une carrière éclair à s'imposer à jamais dans le cœur des punks de toute la planète, les Sex Pistols. Aujourd'hui encore, ce groupe est un sujet de polémique, certains doutant même de l'authenticité du combo, prétextant un montage de l'astucieux filou Malcom McLaren. Rock'n'roll swindle ?
Quoi qu'il en soit, cette petite frappe londonienne qui arrondissait ses fins de mois avec de petits larcins, s'était retrouvé dans un groupe d'irrévérencieux, attifés comme des as de pique, qui allait ruer dans les brancards avec leur musique bruyante héritée de Detroit et de New-York. Et si l'on ne devait s'en tenir qu'à leur musique, et non au charisme toxique de certains , outre le chant déglingué de Johnny Rotten, c'est Steve Jones et sa Gibson LesPaul Custom blanche de 1974 (1) qui ont construit le son des Pistols.

     Cependant, au contraire de John Lyndon, il n'a pas su rebondir après le clash des Pistols et a disparu des écrans radars avant de faire sa réapparition au sein de Chequered Past avec Michael DesBarres et des anciens musiciens de Blondie. Un groupe prometteur mais qui ne fit guère d'étincelles. (Du potentiel mais dès le départ, mal desservi pas un son hésitant entre la New-wave et le Punk-rock).
Enfin, à la fin des années 80, en seulement deux années, il sort du tunnel et fait à nouveau les titres de la presse musicale.
Ça débute avec une collaboration qu'on aurait pu juger contre-nature, avec le guitariste de Duran-Duran, Andy Taylor (2). Cependant, il faut savoir que ce dernier, ne supportant plus la musique de Pop synthétique des "Fab Five " (sic), a préféré quitter le groupe - pendant l'enregistrement de "Notorious" (sorti fin 1986) - afin d'avoir toute liberté de jouer la musique qu'il aime. Établi depuis quelques temps à Los Angeles, il s'imprègne de la musique qui fait trembler les murs de la cité des Anges depuis quelques années. De plus, il se lie d'amitié avec un autre Anglais expatrié, Steve Jones.
Tout deux composent et enregistrent un lot de chansons qui vont constituer le premier disque en solo d'Andy Taylor, "Thunder". Un très bon album de Hard-rock US aux guitares velues et suantes et aux chants Pop-rock.

     Sur la lancée, Steve Jones enchaîne avec son propre disque, où il est le seul maître à bord. Il endosse les rôles d'auteur-compositeur, de guitariste - évidemment -, de bassiste, de chanteur et de co-producteur. C'est son disque. L'attente fut longue mais le résultat en valait la peine. Encore plus de la part d'une personne que l'on n'aurait jamais cru revoir sur scène. Encore moins en solo.

     Forcément, il y a quelques similitudes avec le "Thunder" d'Andy Taylor, surtout dans le rythme et la cadence. Cependant, si le premier se distingue par un son typé "Heavy-glam-pop-rock US" avec une bonne dose de réverbération et de distorsion sur les guitares, le second, lui, se démarque par un son cru, assez sec et plutôt ouvert. Une approche inattendue, voire curieuse, de la part de l'ex-punk. Comme si les années 80 et même les années punk avaient littéralement glissé sur lui, sans laisser aucune trace. Ou si peu.

     Ici, avec "Mercy",  ce serait plutôt le rhythm'n'blues des sixties et le Gros-rock de la décennie suivante qui semblent avoir laissé leurs marques. Et à l'inverse de ses années punk, plutôt que de foncer tête baissée avec force rage et débauche d'énergie, il joue avec une certaine nonchalance. Avec un flegme tout britannique, qui amène ces morceaux quelque part entre un Heavy-rock guindé et une forme de ... cold-metal. Une façon aussi d'accommoder les limites évidentes de son chant.
En plus d'une nouvelle maturité,le gaillard accuse désormais trente-deux ans au compteur. Ce qui l'amène à un peu plus de pondération.

     Des titres tels que "Mercy" (qui s'est retrouvé dans la B.O. bien Rock'n'roll de la série TV "Miami Vice" et de son long métrage, ainsi que dans celle de "Homeboy" de Mickey Rourke) et "Raining in My Heart", en dépit d'une relative froideur, plongent donc leurs racines dans les années 60. 
Tandis que " With You Or Without You", "Through The Night", "That's Enough" et "Give It Up" sont d'évidentes émanations d'un Hard-rock typé 70's. Notamment au niveau de la guitare qui s'appuie principalement sur des power-chords. Tandis que le batteur, lui, se contente généralement de cogner comme un sourd sur la caisse claire et les toms ; et il y met tout son cœur. Sans plus de subtilité que ça. Sur le break de "Through The Night" le trépied doit plier sous les coups. Brutasse !. En dépit de la présence de Mickey Curry (Bryan Adams, Hall & Oates, The Cult, Bowie, Elvis Costello, etc), secondé par Jim Keltner (Leon Russell, Harry Nilsson, Ry Cooder, John Lenon, Randy Newman, George Harrison, Ringo Starr, Joe Cocker, BB King, Bob Dylan, Jackson Browne, Clapton, JJ Cale, Ronnie Wood, etc), ça manque souvent de swing, mais c'est  un choix permettant d'accéder à l'essentiel. Pas de chichi. Même si le producteur Bob Rose a bien réussi à placer quelques légères et mesurées touches de claviers. Pourtant aucunement expérimenté dans le gros rock, le producteur a très bien su mettre en valeur la musique de Jones, en lui donnant un relief et un dynamisme qui permettent à ce disque de garder, trente ans plus tard, toute sa fraîcheur et son attrait.

     "Mercy" - la chanson titre -, relativement dépouillée, prend des airs de repentir et de pénitence religieuse avec ses cloches et ses chœurs graves en forme de mantra, quasiment subliminaux.
"Le temps gâché ... Où est l'amour que j'ai perdu ? Où est la miséricorde et la confiance ?"
Pas vraiment gai, mais le fringant Heavy de "Give It Up", suivi par le proche cousin "That's Enough", forment un duo gagnant qui envoie Jones crâner dans les cieux, parader fièrement sur sa grosse cylindrée pétaradante (à l'époque, il ne décollait pas de sa Harley Sportster - celle de la photo du verso de la pochette -). Enfin, il peut relever la tête et toiser ceux qui l'ont cru fini.
     Sur "Pretty Baby", Jones joue au crooner, à un Tom Jones fébrile, ménageant ses cordes vocales, sur un riff de Hard US primaire, tempéré par quelques douces nappes de synthés (heureusement en retrait). Sur le papier, ça semble une gageure, pourtant, la sauce prend. "And my love, in your eyes ..."
Avec "Drug Sucks", la pièce la plus brute et rêche, où vient sourdre un passé punk qui le relie à l'approche de Billy Idol, il parvient à exprimer ses regrets, sous une forme mélancolique où pointe la recherche d'absolution.
Amusant aussi ce "Through The Night" qui évoque "I Drove The Night", dans une interprétation de Pop-metal implacable fusionnant la version de Roy Orbison avec la partie charnue de celle de Cyndi Lauper.
Les riffs sont basiques, mais possèdent une force et un engouement qui ensorcellent. Invitant l'auditeur à enfourcher sa bécane, ou prendre le volant de sa Shelby (ou de sa Twingo tunée) et à prendre la route, musique à donf, cheveux au vent, et tracasseries au placard.

   Sur " With You Or Without You", on soupçonne l'incursion de l'ex-Duran Duran, Andy Taylor, qui aurait sournoisement laissé la trace de ses anciennes mœurs commerciales avec de petites notes de piano synthétique et la voix sensuelle d'une demoiselle susurrant des mots tendres.
Une fois de plus, Jones n'a aucun a priori à se livrer nu avec cette chanson contant les blessures de l'Amour, celles qui meurtrissent un homme jusqu'à le rendre faible et reclus. On est bien loin des fanfaronnades punks d'antan. 

L'ensemble de "Mercy" est un succulent cocktail qui va électriser et réveiller un iguane qui rechargeait ses blessures à la cité des Anges.


     Par contre, serait-ce le signe d'un goût persistant de la provocation, mais ce "Love Letters" final est pour le moins surprenant. A se demander s'il n'a pas replongé dans la came. Une chanson à l'origine instrumentale, bande-son larmoyante du film du même nom de 1945, puis chantée par l'acteur-chanteur Argentin Dick Haymes. En 1961, Ketty Lester en donne une version avec plus de corps, nettement plus organique, bien qu'avec une orchestration minimale. C'est sur cette dernière que Jones s'appuie. Evidemment, l'acte est plutôt présomptueux, et, en conséquence, Jones s'y casse les dents, donnant l'image d'un vieil alcoolo marmonnant sa chanson. Un final saugrenu qui néanmoins ne parvient pas à gâcher l'excellence de cette galette inespérée.

     Modestement, lors de ses interviews, il répondra qu'il n'a rien fait de bien compliqué. Que finalement, il s'est contenté de recycler des riffs millésimés 70's (probablement ceux du Glam-rock et du Hard-rock) sur du mid-tempo. Toutefois, comme le disait un chapeauté caché derrière une sombre crinière bouclée et des lunettes fumées, avec une Gibson Les Paul et un double corps Marshall, ça sonne forcément. Et ceux qui, équipés ainsi, n'arriveraient pas à sortir un riff, feraient mieux de raccrocher. 

     Après cet excellent album, Steve Jones, désormais bien chaud et affûté, l'esprit alerte, ne baisse pas les bras. Il donne à nouveau un sérieux coup de main à un autre de ses amis. Cette fois-ci, c'est à James Osterberg qu'il apporte son concours, lui offrant quatre morceaux, et l'aidant à peaufiner le reste. Il l'accompagne même sur scène avant de laisser sa place pour la tournée européenne à l'ex Hanoi-Rocks, Andy McCoy.



(1) Une Gibson Les Paul Custom qui a d'abord appartenu à Sylvain Sylvain, des New York Dolls, qui retira la plaque de protection et colla les stickers de pin-ups des 50's toujours présents. Malcom McLaren qui l'aurait reçu des mains de Sylvain Sylvain [si c'est bien le cas, c'est qu'il ne devait pas être bien frais], l'offre à Steve Jones - qui n'en jouait pas - pour qu'il endosse le poste de guitariste, laissant alors le poste de chanteur à Johnny Lyndon. Jones doit alors apprendre en quelques mois les rudiments qui vont lui permettre d'assurer le minimum syndical. 
(2) Qui héberger un temps Steve Jones, qui crèche alors à droite et à gauche, dans sa maison de Malibu.



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