samedi 15 décembre 2018

HAYDN - Symphonie N°45 "Les adieux" – Charles MACKERRAS (1989) – par Claude Toon



- Bizarre M'sieur Claude… Quand vous parlez des symphonies de Haydn, soit vous commentez un ensemble soit vous écrivez une "brève" en été, et ici un article complet…
- Inexact en partie Sonia, la symphonie N°44 a été savoureusement détaillée… Et puis la symphonie "les adieux" a une place à part dans l'histoire de la musique…
- Ah bon, au dos de la jaquette, je vois bien que le chef fait durer le plaisir pendant plus d'une demi-heure, mais je pense que c'est une affaire de reprises… Non ?
- Oui tout à fait, mais là n'est pas le plus rigolo. Pendant le final, lors de la création en 1772, les musiciens sortirent un à un de la scène, laissant Haydn seul au violon…
- Ah !? Un mouvement social à cette époque ? Un gag connaissant le côté facétieux de Joseph Haydn ?
- Oui, plutôt un gag mais prévu dans la partition. Cela dit, le compositeur voulait aussi faire passer un message à ses employeurs. Je vais vous raconter tout ça !

Nicolas 1er Esterházy (1714-1790)
Dans l'absolu, on pourrait écrire un article indépendant pour chacune des 104 symphonies que ce diable d'homme à la plume alerte nous a léguées. Soit deux ans d'activité du Deblocnot pour votre Toon, chaque samedi… Ça serait lassant 😕. Le choix de cette 45ème symphonie n'est pas dû au hasard, l'ouvrage est particulièrement original sur le fond et une anecdote piquante lui a permis de recevoir son surnom des Adieux en 1784 et non en 1772, date de sa création…
Il faut savoir qu'à l'époque, peu d'œuvres avaient l'espoir d'accéder à la postérité. Haydn, comme Mozart, compose rapidement, des copistes préparent à la hâte les partitions des musiciens, on interprète un soir pour égayer les princes et autres commanditaires "de la haute", puis, parfois, on publie ou, plus souvent, on range les manuscrits dans un tiroir… Et c'est un peu le cas de cette symphonie originale qui sera redécouverte et jouée par Mendelssohn qui, je l'ai souvent rappelé, avait déjà sauvé de l'enfer des bibliothèques les chefs-d'œuvre de Bach.
Originale ? Oui ! En jouant les reprises, on découvre un ouvrage plus expansif qu'à l'accoutumée : 34 minutes au lieu de 25. Le mouvement lent est imposant et d'une grande profondeur psychologique, le final se termine sur le tempo adagio et de plus Haydn recourt à la tonalité très ambiguë de Fa # mineur (cas unique dans le répertoire du siècle des lumières). Il parsème également ses portées de dissonances et de syncopes et d'autres astuces solfégiques innovantes en termes de langage. Par ailleurs, l'esprit de la symphonie l'inscrit-il dans le courant Sturm and drang (Tempête et passion), ce courant intellectuel préfigurant le romantisme dans cette seconde moitié du XVIIIème siècle ? Pour moi : oui ; même si les avis sont partagés. Les symphonies 44 et 49 "funèbre" et "passionne" en font partie comme la plupart de celles du groupe des opus de la série 40-49. Et puis, plus concrètement, à l'écoute, nous sommes loin d'un simple divertissement mais proche d'une musique riche d'émotions pour ne pas dire de réflexions.
En cette fin d'automne 1772, Haydn séjourne à Fertőd (frontière hongroise) dans le palais d'été de son "protecteur", le prince viennois Nicolas 1er Esterházy. Le séjour s'éternise, les musiciens originaires de Vienne ou d'Eisenstadt n'ont pas revu leurs familles depuis des mois. La situation est flatteuse pour Haydn mais celui-ci cherche un moyen de mettre fin à cette saison musicale sans froisser son maître. Il innove en remplaçant le final traditionnel par un mixte allegro-adagio. Lors de l'adagio, un à un ou par petits groupes, les musiciens éteignent leurs chandelles et quittent la scène sur la pointe des escarpins ! Haydn finira seul les dernières mesures en tant que violon solo…  Nicolas 1er Esterházy, amusé, comprend le message et libère les musiciens. Et cette ingénieuse conclusion revendicative permet à la symphonie d'entrer dans l'histoire…
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Salle de concert du palais Esterházy à Fertőd (classieux !)
De nos jours, les instrumentistes s'interrompent sans se déplacer, cela évite de gênants bruits de siège 😄. J'aurais aimé assister à cette soirée dans la magnifique salle de concert du palais Esterházy qui sert toujours… Il faut souligner que l'orchestre à l'époque n'est en aucun cas une phalange de 100 musiciens ou plus comme celle qui se produit à la Philharmonie de Paris. Une vingtaine de musiciens environ. L'orchestration est très succincte :
2 hautbois, 1 basson, 2 cors, des cordes (les premiers et seconds violons sont répartis en deux groupes dans le final). Les cors sont de différentes tessitures (en la, en mi, en fa # ; à l'époque le changement se faisait en ajoutant ou retirant des éléments de tuyaux).
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Nous écouterons aujourd'hui une interprétation due à Sir Charles Mackerras, un chef déjà écouté lors d'une chronique consacrée à la Sinfonietta de Leoš Janáček (Clic).
Ce maestro disparu en 2010 à 84 ans a bien servi le répertoire classique, de Gluck à Mozart en passant par Haendel. N'attendez pas une interprétation sur instruments d'époque. Le style se réfère déjà, et en accord avec ce que j'écrivais plus haut, au balbutiement du romantisme. Attention pas de Berliner au grand complet non plus mais un orchestre de chambre : Orchestra of St. Luke's fondé en 1974 à New-York et dont Charles Mackerras a assuré la direction de 1998 à 2001. Instruments modernes donc, mais effectif léger, un ensemble similaire à l'Orpheus Chamber Orchestra souvent entendu dans ce blog… Objectif commun : dégraisser l'interprétation de la musique du XVIIIème siècle.
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Haydn en 1770
1 – Allegro assai : Le thème principal est énoncé vigoureusement, tempétueux, ce qui confirme l'esprit Sturm und Drang de cette symphonie. Sur des accords quasiment martelés de l'orchestre au complet, les violons sont chargés de lancer ce thème en arpège descendant répété staccato trois fois sur une tessiture large mais en variant la hauteur de la note initiale. La mesure ¾ est inhabituelle dans le début d'une symphonie. Un prélude véhément aux accents dramatiques. [0:12] Cette thématique initiale se prolonge par une volée d'accords en trémolos qui accentuent le pathétisme qui sera la signature de cette allegro. Avec une tonalité de fa # mineur, il ne fallait pas s'attendre à un divertimento. [0:16] Le motif primordial est repris une fois pour débuter le premier développement. Ce motif initial donc serpente dans tout l'allegro tel un leitmotiv, une fuite éperdue en avant. Charles Mackerras effectue toutes les reprises. La fougue de sa direction évite le sentiment de répétition. Peu de chef respectent ces reprises, limitant ainsi le mouvement à 5 minutes au lieu de 7-8. [3:00] Une seconde idée très opposée dans le style, presque galante, vient interrompre la fougue plutôt brutale du propos. [3:56] Une courte variation énigmatique s'insinuera après une énième reprise du motif principal. Tout l'art de Haydn repose sur des "surprises" disséminées ainsi dans un mouvement qui pourrait paraître pauvre au niveau thématique. Le compositeur comme Beethoven sait capter instantanément l'attention de l'auditeur avec des moyens musicaux simples, des mélodies claires et franches, mais travaillées avec fantaisie.

2 – Adagio : [7:08] Nouvelle étonnement dans une symphonie de cette époque : un adagio de 13 minutes ! Un risque important en ce siècle où le public s'ennuie assez vite. Il faudra attendre la 3ème symphonie de Beethoven puis les romantiques pour prendre un tel risque. Par ailleurs, Haydn après un allegro plutôt sombre recourt à une tonalité plus romantique : la majeur et une mesure tout aussi insolite : 3/8 ! Plus concrètement, le mouvement semble avoir été écrit pour le groupe des cordes. Les interventions des hautbois et des cors (jamais le basson) sont isolées. La thématique générale est celle d'une ballade, une petite marche. Haydn joue très peu sur la dynamique. [8:19] Émergence d'une mélodie moins scandée, plus poétique, légèrement crépusculaire mais aucunement triste. Là encore, le maestro ne cherche pas à raccourcir le temps, il laisse la musique se déployer avec douceur. On pense à une expression concernant les développements assez expansifs de Schubert : "Les divines longueurs". Cela dit, on pourra apprécier aussi un style plus pêchu… Une fois de plus, Haydn ne cherche pas à briller par un excès d'inventivité mélodique. Les variations de climat proviennent des écarts chromatiques, des changements de timbres et de rythmiques. Une longue méditation… On imagine un galant faisant la cour à une jolie hongroise… Parfois cela prend du temps😊.

Portrait de Charles MacKerras
3 – Menuetto. Allegretto : [21:37] Le menuet est en fa # majeur avec la mesure traditionnelle à 3/4. Passage obligé dans toute symphonie classique, il n'est pas d'une originalité folle… Le premier thème est allègre, un esprit dansant, une distraction après le long adagio méditatif. Le flot mélodique est attachant, élégant. À noter que dans son interprétation, Charles Mackerras maintient un continuo de clavecin comme il était d'usage à l'époque. Le claveciniste improvise en accompagnant les cordes graves. Il n'y a pas de portée dédiée sur la Partition (Clic).
[23:15] le trio annoncé par les cors prolonge le climat pastoral sans grande innovation.

4 – Presto – adagio : [23:15] le presto reprend la tonalité de fa # mineur initiale (c'est logique) ; Haydn, pour l'adagio farfelu conclusif, a préféré les tonalités de la majeur puis fa # majeur. Un thème alerte introduit le final. Là encore les cordes dominent le discours vivifiant. Haydn regroupe sur la même portée la partie de violoncelle, contrebasse et basson qui jouent à l'unisson. Nostalgie du continuo de l'époque baroque ? Le phrasé se veut épique et allant. Cette introduction prend fin brutalement à [29:08] sur une pause en guise de point d'orgue.
L'adagio de forme insolite qui a donné son nom à la symphonie est le mouvement le plus concertant de l'œuvre. La petite harmonie prend part de manière plus allègre à un passage d'imagination très fertile. [30:17] Petit échange malicieux entre les hautbois et les cors. [31:40] Marche bonhomme et accentuée des contrebasses. Et, comme prévu, les instruments prennent congé, soit un à un, soit par groupes (les violons sont scindés en deux groupes par pupitre). Je me suis amusé à noter, partition sous les yeux, le moment où les musiciens s'évadent… Bien entendu, l'orchestration de cette époque n'est jamais limpide, surtout au disque. Une fois de plus, on n'entend guère notre ami le basson !
Début de l'adagio
[29:11]



Départs :


Départs :

Hautbois I et cor II
30:34

Violoncelles
32:33
Basson
31:04

Violons III et IV
32:46
Hautbois II… puis :
31:40

Violons I et II
33:08
Cor I (qui joue une note de plus😊)
31:41

L'alto abandonne le violon solo
34:00
Contrebasses
32:13

Le violon solo termine seul…
34:13
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La discographie est assez large pour les symphonies de ce groupe. Pour les interprétations sur instruments modernes, la vitalité et l'autorité d'Antal Dorati dans le cadre de son intégrale reste un must. Le chef ne fait pas les reprises, l'ouvrage gagne en concision et s'adresse donc à ceux qui voudraient découvrir la quintessence de la symphonie. (Decca – 6/6 - 1971). Nota : l'intégrale est un gros coffret de 33 CD, mais Decca a eu la bonne idée de publier un album comportant une sélection de trois symphonies.
L'interprétation sur instruments d'époque nous a apporté un rafraîchissement du son bienvenu, l'utilisation de cordes en boyaux notamment. Christopher Hogwood et son orchestre The Academy of Ancient Music (1996) reste "ma" référence personnelle. La direction ciselée et articulée, les tempos rapides mais non frénétiques, et le respect des reprises m'enchantent ! (Oiseau Lyre – 6/6). J'avoue, malgré la force minérale de la conception de Charles Mackerras, j'ai un faible pour cette version. Prise de son magique !
Autre bijou de l'interprétation de type baroque, Ton Koopman et l'Amsterdam Baroque Orchestra. En 1984, le chef ne fait pas les reprises. La vivacité du propos accentue le dramatisme de cette œuvre dans laquelle dominent les modes mineurs. L'adagio très articulé, limité à 8 minutes, est un enchantement (Apex – 6/6). Prise de son sublime.

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Les fêtes approchent ! Donc cadeaux : deux vidéos : Charles Mackerras vs Christopher Hogwood.



vendredi 14 décembre 2018

LOLITA de Stanley Kubrick (1962) par Luc B.


Mal aimé, je suis le mal aimé… Pas moi. Le film. Car on dit parfois que LOLITA serait le film le moins réussi de Stanley Kubrick. Bon, tout dépend où on place le curseur, parce que les Kubrick pas réussis se comptent sur les doigts d’un lépreux de Jakarta en phase terminale. On pourrait lui faire grief de sa longueur excessive (2h25), avec donc des p’tits coups de mou dans le récit notamment dans la seconde partie.
Ce n’était sans doute pas évident de transcrire à l’écran le roman de Nabokov, pourtant auteur du scénario. Beaucoup trop long, et qui aurait donné un film de 7 heures. Kubrick coupe dans le gras, élimine nombres de personnages secondaires, de sous couches psychologiques (qui vont manquer au film) débute l’intrigue à la rencontre Lolita/Humbert, et donne plus de place au personnage de Clare Quilty (Peter Sellers à l'écran) qui dans le roman est davantage une abstraction maléfique. Le film est moins un délire mental et pervers (ce que sera EYES WIDE SHUT) qu’une comédie noire et satirique. Kubrick réécrit au jour le jour (Nabokov a aimé résultat, mais dira que le cinéaste n’a utilisé que 20% du script original) incite ses comédiens chevronnés à improviser pour que son actrice débutante garde sa fraicheur dans les répliques.
C’est avec LOLITA que Kubrick quitte les Etats Unis pour s’installer près de Londres, et y rester jusqu’à la fin de ses jours. Deux motifs à ce départ. D’abord se tenir le plus loin possible des studios, pour avoir la paix. Son précédent tournage, SPARTACUS fut un cauchemar. Kubrick n’était pas à l’origine du projet (il a remplacé Anthony Mann au bout de deux semaines), a dû se bagarrer avec le producteur tout puissant et acteur principal : Kirk Douglas. Plus jamais ça, Kubrick sera dorénavant seul maître à bord. Est-ce pour cela que LOLITA commence par cette scène géniale – due à Kubrick, absente du roman - un Peter Sellers drapé en centurion (le ping pong romain !), rond comme une queue de pelle, dans un dédale baroque, balançant à James Mason qui le menace d’un flingue : « - Are you Quilty ? – No, I’m Spartacus ! » ? Autre motif, le financement du film. Le livre de Nabokov était considéré comme pornographique, avait été censuré, et aucun studio n’aurait mis un dollar dedans. Kubrick et son associé James B. Harris ont trouvé les fonds chez la filiale Europe de la MGM, à Londres. 
Une fois de plus on va retrouver des images de ce film dans la culture populaire. A l’instar des Droogs d’ORANGE MECANIQUE, des astronautes en gravité ou Hal 9000 de 2OO1, Nicholson et sa hache dans SHINING… L’image qui va marquer les esprits, c’est les lunettes en forme de cœur de la nymphette, et la petite sucette… Annie aime les sucettes, les sucettes à l’anis… Voyez l’genre ? Parce que ce film, c’est quoi ? Un type de 45 ans Humbert Humbert - où est le prénom, le nom ? - prof de littérature, qui tombe raide dingue d’une gamine de 12 ans, allant jusqu’à épouser sa mère, pour être plus près de la chambre de la fifille… 

Autre reproche des détracteurs, le fait que l’actrice jouant Lolita soit trop âgée pour le rôle. Sue Lyon, avait 15 ans au moment du tournage, mais à l’image en parait 3 de plus. C’était la condition pour éviter aux ligues de vertu d’interdire le tournage, le projet d'adaptation ayant filtré dans la presse. Lolita devait être sexuée, en âge de comprendre la situation et le manège de son beau père. Le film fut tout de même censuré, Kubrick fit des coupes, ce qui n’endigua pas le flop commercial. Le réalisateur dira d’ailleurs que si c’était pour avoir autant d’emmerdes, il aurait dû s’abstenir !
La rencontre Humbert / Lolita est juste sublime. Humbert visite la maison de Charlotte Haze, tout en longs plans de caméra traversant les cloisons des décors, comme chez Max Ophüls. La bonne femme est à gifler, grotesque, pathétique, une caricature. « J’aime l’art » explique-t-elle en montrant une immonde statuette de chat en porcelaine. On a même droit à une démonstration de chasse d’eau des chiottes ! Humbert n’a qu’une idée, foutre le camp - regardez comment l'acteur sort du champ, d'un coup, Kubrick traduit par l'image les intentions du personnage - « Je vous rappellerai dans quelques jours… » s’excuse-t-il, sur le départ. « Mais vous n’avez pas vu le jardin ? » insiste Charlotte. Et paf ! Image mythique : Lolita en "itsi bitsi tini ouini tout petit, petit bikini" sur la pelouse, qui écoute « Lolita ya ya » à la radio - chanson de Nelson Riddle, le compositeur de la musique, un twist swinguant et sucré qui accompagne le film. Humbert manque d’un coup d’oxygène, se force à regarder ailleurs. « Nous n’avons pas parlé du prix » dit-il... « Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis, le jardin ? » minaude la vieille. « Non, vos tartes aux cerises ». Visez le regard entendu de Lolita, absolument pas dupe des intentions du gars... 
Plan cut. Les trois sont en voiture, dans un drive-in, regardent un film d’horreur. Gros plan : la main de Charlotte qui agrippe celle d’Humbert qui s’en détache pour prendre celle de Lolita… Jeux de mains, jeux de vilains.
La séquence du bal vaut son pesant de sous-entendus, le couple Farlow visiblement adeptes de l’échangisme (« mon mari et moi avons les idées larges »), et l’apparition de Clare Quilty – traduisez « guilty » donc  « clairement coupable » - sur la piste de danse (génial Peter Sellers). Puis le retour à la maison avec le délire drague de Charlotte Haze en combinaison léopard. Plan sublime : le départ de Lolita en camp de vacances, qui au dernier moment se jette dans les bars de Humbert, travelling aérien et piano lyrique. Le pauvre homme se console en sanglotant sur le lit de Lolita, comme un ado en crise. Toute la veulerie du personnage éclate lorsqu’il lit la déclaration d’amour que Charlotte lui a écrite, lui arrachant un fou rire nerveux.  
Parmi les plus beaux moments de cinéma chez Kubrick, il y a cette longue séquence (car déjà, il construit ses films en longues séquences) entre Humbert et Charlotte, fraichement mariés. Comment Kubrick suggère-t-il le mariage ? Parce que Charlotte entre sans prévenir dans la salle de bain, alors qu’Humbert s'y trouve déjà. Intimité du couple. Suit cette scène fameuse : le couple au lit, il enlace sa femme, mais le regard fixé sur la cadre photo de Lolita sur la table de chevet, son viagra à lui. Contre-champ : sur l’autre table de chevet il y a un pistolet. Idée de meurtre. La tension monte crescendo quand Charlotte trouve le journal intime d'Humbert et découvre les instincts incestueux de son mari. « si tu avais vécu, nous n’en serions pas là » chiale Charlotte. C’est la part qui manque au récit, la sous-couche psy, les déviances passées de Humbert. Comment en est-il arrivé là ? 

Kubrick pousse l'humour noir encore plus loin. La scène de ménage, tragique, tourne au grotesque, au gag macabre, avec l'appel téléphonique qui interrompt la dispute (je ne vous dirai pas ce qu'il se passe...). Retour d’Humbert dans son bain, que chacun vient consoler, alors qu’il trempe dans son jus ! Sublime ! Un des plus beaux moments de cinéma qui soit !   
La seconde partie s’apparente à un road movie. Humbert et Lolita voyagent à travers l’Amérique, se cachent d’hôtels en hôtels. Humbert devient de plus en plus paranoïaque, violent, presque fou (scène à l’hôpital, plaqué à terre par des mastards pour avoir voulu étrangler une infirmière). Les scènes entre le beau-père et sa belle-fille deviennent des querelles d’amants, de couple. Humbert est suivi, harcelé, on l’appelle en pleine nuit. Quilty, tout en faux semblant (scène géniale à la convention des policiers) le suit à la trace, ou suit sa véritable proie : Lolita. Il prend les traits du Dr Zemph (Peter Sellers avec lunettes cul-de-bouteille et accent préfigurant son triple rôle dans FOLAMOUR) psychanalyste qui interroge Humbert sur la libido de la petite. Malaise.« Les américains, nous sommes modernes ! » dit-il, en réponse aux réserves d’Humbert, plusieurs fois accusé de représenter la vieille Europe.
Kubrick brasse différents genres, parfois au sein d’une même scène. Comme celle du lit pliant, gag qu’on pourrait voir dans un Buster Keaton, qui désamorce la suite, où le prédateur tente de se glisser dans le lit où Lolita s’est endormie. Au matin, c’est elle qui attaque, minaudant, penchée sur lui : « Jouons à un jeu ». Fondu au noir… Si Humbert est victime de ses pulsions, Lolita ne fait rien pour l’en dissuader. Se rend-elle compte de ses provocations ? Finalement, cette jolie frimousse objet de tous les désirs, sera responsable du destin tragique des trois personnages adultes.
LOLITA est parait-il le film que préfèrent ceux qui n’aiment pas Kubrick. Parce qu’il est encore de facture classique. La mise en scène est d’une extrême sophistication, cadres et mouvements de caméra sont d’une précision diabolique. Contrairement à ses réalisations précédentes (films de genre, film dossier) Kubrick y agence les thèmes et préoccupations qu’il développera par la suite : la cellule familiale qui implose (LOLITA est très proche de SHINING sur cet aspect, deux plans s’y répondent quand le père câline l’enfant apeuré), l’émotion opposée à la raison, la recherche pour le héros d’une forme de perfection (comme l’écrivain de SHINING, l’arriviste de BARRY LYNDON, l’intelligence artificielle de 2OO1, ou le crime élevé au rang d’art pour les Droogs). La satire de l’Amérique way of life fait mouche, tout ce bel équilibre qu’on nous vend s’effondre, les beaux idéaux se désagrègent, l’humanité autodestructrice, et Kubrick, fidèle à sa vision de moraliste, observe de loin, sans juger, et sourire en coin.
James Mason y tient sans doute son plus grand rôle. Son phrasé britannique fait merveille, la sophistication et l’intelligence faite homme, et derrière ces sourires affables, un monstre cynique, pervers, manipulateur, pétri de douleur. Il faut le voir chialer dans la dernière scène, exhorter Lolita à le suivre. Face à lui Shelley Winter étincelle, leurs joutes verbales sont jouissives. Sue Lyon qui a disparu de la circulation assez vite, se tire très bien du rôle. Et Peter Sellers sort le grand jeu à chaque apparition, fielleux, halluciné, tordu, jouant sur tous les registres, accompagné d’une mystérieuse maitresse-rabatteuse, clone de Juliette Greco, ou des futures nanas de FASTER PUSSY CAT KILL KILL de Russ Meyer (1965).  
Aucune scène n’est de trop, même si on peut objecter un rythme moins fluide aux deux tiers, des scènes plus étirées, dues aux impros de Peter Sellers difficilement canalisable ! Un très très très très grand film.




Noir et blanc  -  2h25  -  format 1:1.66  (1:1.85 dvd) 
Le bande annonce d'origine, et la première séquence, filmée en un seul plan, admirez les travellings "à travers" les murs et les étages, et la position des personnages à la fin : encadrés par la statue moche de chat et les chiottes à l'arrière plan. Dans tous les Kubrick, on voit des cuvettes de chiottes ! 

     

jeudi 13 décembre 2018

SCREAMING KIDS "Bien avant que le soleil se leve" (2018)

On connaissait la légende du blues Screaming Jay Hawkins , le non moins excentrique rocker  et faux Lord anglais Screaming Lord Sutch (chronique), les Screaming Trees produits de la vague grunge de Seattle, les australiens des  Screaming Jets et Screaming Tribesmen (clic), mais si vous suivez la scène rockabilly française vous connaissez surement aussi les Screaming Kids. Ces "gamins hurlants" biberonnés à la choucroute nous viennent d'Alsace et  ont une trentaine d'années d'existence au compteur , plus vraiment des gamins donc, mais c’est bien connu le rock'n'roll ça conserve et aide à rester jeune dans sa tète (regardez moi..) .
Les Screaming Kids débutent en 1988 à Strasbourg et connaissent des débuts prometteurs, signature sur le label anglais Nervous Records, festivals (Printemps de Bourges où ils ont un prix, Hemsby en Angleterre, etc, quelques dizaines de milliers de disques écoulés, des tournées un peu partout en Europe où ils Côtoient notamment les Stray Cats,  les Inmates ou Dr Feelgood...Ils joueront ensuite sur la région parisienne et participent à plusieurs compilations pour des labels anglais ou allemands, dans leur style rockab matiné de psyché, un genre qu'on nomme  le  psychobilly. Puis, après diverses expériences musicales, le trio se réactive en 2007, articulé à l'origine autour des frères Haezebrouk (Gilles et Cyril ) le groupe actuel est composé de Gilles toujours au chant et à la guitare plus Sarada Riefsthal (drums, choeurs) et Sébastien Muller (contrebasse, choeurs).
En attendant dans les mois qui viennent la sortie d'un "Best of 1988-2018" on se contentera de cet EP de 5 titres qui s'ouvre avec le morceau titre  "Bien avant que le soleil se lève" qui confirme la réputation énergique que traîne le trio, avec une rythmique  speedé  et certaines intonations à la Noir Désir. Première reprise, celle du tube d'Eurythmics "Sweet dreams" , ça surprend mais c'est vraiment très bon à la sauce  rock'n'roll à la Johnny Cash, les guitares sifflent comme un nid de crotales dans la Death valley. Autre reprise un standard du blues de  Willie Dixon ,"My Babe", qui a été chanté notamment par Little Walter, Elvis Presley, Bo Diddley, Rick Nelson, les Fabulous Thunderbirds, ici dans une version rockab incandescente. Autre compo en français  "Encore un soir", chanson alcoolisé pas autobiographique j’espère "encore un soir,  ou je côtoie les caniveaux, ou les trottoirs sont mon berceau" . Et on termine avec du Led Zep et une cover de leur  "Black dog", une reprise qui a du chien, noir bien sur,  où l'on remarque la voix puissante et orageuse de Gilles Haezebrouk et le travail de la rythmique, avec notamment la contrebasse , instrument emblématique du genre.
Du beau travail que ce petit album qui sonne vraiment bien, que ce soient les  compos en français ou les reprises anglo-saxonnes remises à la griffe rock'n'rollesques de nos alsaciens.

ROCKIN-JL


mercredi 12 décembre 2018

The MARCUS KING BAND "Carolina Confessions" (2018), by Bruno


       Voilà l'un des grands disques de l'année. Si aux premières écoutes il pourrait paraître relativement conventionnel, les écoutes successives n'altèrent en rien le plaisir. Au contraire, c'est un peu comme si l'on éduquait son oreille (hélas, pour les adeptes du support miniaturisé, téléphone ou tablette, ça risque d'être vraiment long ...), et que les subtilités apparaissaient progressivement. Parfois, c'est comme si la musique indienne avait laissée son empreinte avec ses demis et quarts de ton, difficilement appréhendables pour une esgourde occidentale.
       Peut-être d'apparence ennuyeuse pour certains, car rien de catchy, rien d'immédiatement accrocheur comme un bon riff de Kossof ou de Young. Toutefois, ce "Carolina Confessions" est de ces albums qui s'écoutent sans que jamais on s'en lasse, sans que jamais il n'égratigne ou ne fatigue l'oreille. Précédemment, il avait fait quelque peu le touche-à-tout - en restant dans une sphère jam-band, southern-rock, blues-rock deep-south -, faisant ainsi ses preuves et s'imposant d'entrée dans un milieu où il est désormais difficile de se faire remarquer. Cette fois-ci, Marcus King s'est laissé porter par son humeur du moment, pour s'épanouir avec sobriété dans une saine musique à la fois chaleureuse et introspective, auréolée de Soul, de Blues, de Country.
Tout porte à croire que dans dix ans cette galette n'aura pas pris une seule ride.



       Le Blues des deux précédents albums s'est mis en retrait pour laisser la soul s'exprimer pleinement. Les cuivres ont pris du poil de la bête et n'ont aucun complexe à se faire entendre. Comme à la grande époque de la "Deep soul" des studios Stax et du Muscle Shoals. Des cuivres qui envoient du riff, en veux-tu en voilà, comme un seul homme. Omniprésents mais aucunement envahissants.
Il en est de même pour les tonalités jazz, bien moins marquées ici ; et aucun morceau de bravoure à la Allman Brothers comme précédemment avec "Plant Your Corn Early".


     Marcus King n'est nullement altéré par la stupidité des clivages. Pour lui, la musique est une expression de l'âme. Une expression qui, s'il ne restait la barrière de la langue, serait un pont entre les peuples, les ethnies, les communautés. Un lien invisible ayant la faculté de rassembler. On retrouve dans sa musique cet esprit de communauté, de partage, tel que l'on le concevait au crépuscule des années 60. Des groupes qui refusaient d'être définitivement catalogués, compartimentés dans un genre qui aurait forcément été castrateur pour leur énergie créative et leur soif de découverte d'univers parallèles, parfois inconnus.

     Plus qu'un simple mélange des genres, où chaque ingrédient ne serait pas totalement dilué, où subsisterait des grumeaux, ce serait plutôt une fusion naturelle. Marcus King a manifestement absorbé, assimilé, tout ce qui fait la musique du Sud des USA ; de la Louisiane à sa très chère Caroline-du-Sud. En passant par le Tennessee. Ça sent autant le bayou, la mangrove, le magnolia, la fraîcheur du Blue Ridge que les grands espaces et les clubs festifs et conviviaux où les gens s'entassent le samedi soir, pour oublier leurs soucis en passant du bon temps ("Les bon temps rouler" (a)) avec une bonne bière rafraîchissante et, cela va de soi, des bonnes et revitalisantes vibrations.
   
    L'album démarre tout en douceur, sur quelques notes perdues de piano. Après une brève explosion de cuivres, d'orgue et un solo bluesy, Marcus King se lance dans un mea culpa, demandant le pardon (l'absolution ?). "Confessions", entre Blues viscéral et Soul intimiste, possède quelque chose de magique. A l'exception de la basse qui vibre presque comme une contrebasse enrichie d'une fuzz, il semble ne pas y avoir de structure totalement définie. Comme si c'était l'expression fugace d'un élan. Pourtant ce morceau touche la corde sensible. Serait-ce simplement le chant de King,  qui ne tricherait pas, se livrerait à nu pour expier ses fautes ? ["Je n'étais pas catholique, mais l'idée de confesser mes péchés a toujours été très puissante pour moi"] Les instruments n'étant là que pour appuyer les propos, en exacerber le sens.
"But jealousy runs through me, seemed okay for me to stray away from you. Forgive me for I have sinned... I sing these words to you, over and over again, but this will be my last confession...Left you lonely so many times, 'cause in my mind I was only saving from me. Now I woke up in a cold sweat and my mind won't let ... the pain that I put through is killing me inside. Thought if I could make you leave, then you would see I ain't a damn away".





Avec "
Where I'm Headed", c'est le retour à des vibrations plus copieuses et surtout nettement plus enjouées, avec cette section de cuivres qui célèbre la vie. Une explosion de chaleur printanière au petit matin, faisant éclore les bourgeons encore transies par la fraîcheur de la nuit, redonnant vigueur à la faune émergeant sous les rayons de l'astre salvateur.
"She came down from the mountain, singing songs for me. Always left me wondering where she may be

"Homesick" maintient ce souffle régénérateur et optimiste. Cependant, cet enthousiaste flot d'allégresse n'arrive qu'après une première partie semblable à un crépuscule grisâtre et humide, percé de temps à autre par quelques rayons colorés régénérants. Les longues journées sur la route permettent de mûrir, d'acquérir une vision plus large et plus juste de la vie, mais peuvent aussi se révéler déprimantes. Au bout d'un temps, les proches finissent par manquer. Le retour au bercail est alors une liesse. 
Pure ballade de country-soul typée Muscle Shoals avec "8 A.M.
"How Long" est un débordement de joie. L'élan exaltant que l'on éprouve à l'idée de retrouver l'élue de son coeur. Impatient et capiteux embrasement parfois plus chaleureux, plus fiévreux que l'avènement. Il y a comme une atmosphère née d'une ardente fanfare de New-Orleans.

                                                                         

Il n'est pas indispensable à Marcus King de recourir à une instrumentation cossue pour transmettre l'émotion. L'apanage des grands. Il le démontre depuis ses débuts lorsqu'il se produit avec le minimum syndical : guitare et chant. C'est le cas de "Remember", où, ici, le seul accessoire complémentaire est une pedal-steel
 timorée. A mon sens, totalement superflue. Voire de trop. Il est rassurant de constater que, parmi la jeune génération, certains sont capables de chanter avec émotion et surtout sans ces pénibles effets de voix qui semblent tout droit sortis d'un kit de prêt-à-miauler.
Certes, en restant dans une ambiance intimiste et en appelant les potes en renfort, ça se transforme en catharsis ; ce que démontre "Autumn Rains", véritable libération émotionnelle évoluant sous le signe du mariage d'une blue-eyed-soul et du Marshall Tucker Band (1ère période). 
"There's Autunm rains down by the river, singing sweet songs that wash my pain away ... I don't seek shelter I've always loved the rain"

     Si, dans l'ensemble, les chansons portent en elles le poids de l'éloignement, de l'introspection (du blues) qu'il impose, incitant à méditer sur les amours passés et les regrets, - la plupart ont d'ailleurs été effectivement écrites en tournée, dont une bonne poignée en France (terre de mélancolie ?) - donnant à Marcus King l'image d'un poète au coeur tendre, d'un éternel amoureux transi,  avec "Welcome 'Round Here", il montre le poing et les crocs. Et pour appuyer ses propos acerbes et menaçants, il enclenche la grosse fuzz crépitante et balance un riff mordant et poisseux. Ce heavy-rock agressif et corrosif choque par son approche totalement différente. Apparemment, Marcus peut se révéler particulièrement belliqueux.

     On sort le grand jeu pour le final avec "Goodbye Carolina" démarre comme si c'était la continuité de "Remember", avec en sus le soutien de la belle voix claire et sûre de Kristen Rogers (1), avant de s'étoffer avec force grâce aux cuivres et à l'orgue. Ces derniers ne s'écartant qu'un instant, respectueusement, pour laisser toute latitude à un solo céleste.
Malheureusement, le dernier mouvement glisse et s'étale sur un ersatz de jam paresseuse aux allures vaguement psychédéliques. Un coda final synonyme d'intense fatigue.
     Résultat des courses ? Pratiquement un sans faute. Un disque ambitieux, nullement effrayé à l'idée de ne pas suivre les formats commerciaux en vigueur, et d'une incroyable maturité en regard de l'âge de l'auteur-compositeur. Pourtant, les premières écoutes peuvent laisser un arrière-goût de légère déception en comparaison avec ce que l'on pourrait attendre après les deux précédent opus, alors que finalement, dans l'ensemble, il s'avère un poil meilleur.

    Avec cet album, le Marcus King Band a trouvé en profondeur ce qu'il a perdu en mordant. Les soli se font plus rares et courts, préférant un élan collectif plutôt qu'une échappée solitaire. Le son est plus rond aussi, moins sec, avec la présence accrue des cuivres - sans toutefois s'imposer outre-mesure - et la guitare qui est passée de la Gibson SG à la ES-345. Plus la présence d'une chanteuse en soutien sur quatre morceaux, parmi les plus belles pièces.
On retrouve ainsi dans ce "MK band" la pertinence et la richesse du Grease Band de Joe Cocker, de la Soul blanche de Delaney & Bonnie, de The Band, un peu du Bad Company lorsqu'il taquinait la Soul, et plus récemment, du Tedeschi-Trucks Band.

   Trois albums déjà en son actif à seulement vingt-deux balais au compteur. Il y en a qui murmurent qu'il a tout pour être le nouveau Boss, le nouveau Springsteen
S'il n'a pas encore un rayonnement digne de son talent, à chaque réalisation il bouscule les charts Blues" US. C'est pourquoi d'autres n'hésitent pas à le considérer comme un nouveau messie du Blues.
Huitième place dès son premier essai, seconde avec le suivant, de même avec le Ep de l'année dernière et maintenant "Carolina Confeessions". (Le Polidor du Blues ? ...). Et seulement vingt-deux ans ... Respect.

(a) "Le bon temps roulé" : expression louisianaise, plus particulièrement de la Nouvelle-Orléans (New-Orleans), repris par de nombreuses chansons du cru (dont un classique de Clifton Chenier), du blues au zydeco, et qui sera plus tard traduit par "Let the good time roll" (il ne faudrait surtout par perturber l'américain lambda).
(1) Chanteuse plus largement connue pour sa présence sur les disques de Shooter Jennings, A Thousand Horse, Blackberry Smoke, Anderson East, Rival sons (les deux derniers), Lori McKenna, Kid Rock, Glenn Hughes (l'éphémère California Breed).



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