jeudi 3 septembre 2015

Joe SATRIANI - Shockwave Supernova (CD 2015) – Par Vincent le Chaméléon



En route pour les étoiles

Comme à chaque sortie d'un nouvel album, Joe SATRIANI, l'un des guitaristes parmi les plus prolifiques de la planète guitare, ne cesse de diviser tous ceux qui continuent de s'intéresser à sa musique. Les observations sont évidemment diverses, en fonction de ce que chacun recherche aujourd'hui dans la musique du presque sexagénaire six-cordiste virtuose. Et une nouvelle fois, j'observe, comme souvent, que ceux qui continuent d'espérer un album de guitariste "pour guitaristes" n'en finissent pas de pester en affirmant que SATRIANI ne fait plus des disques "comme avant". Entendez par là, ces 5 ou 6 premiers albums. 

Marco Minneman
Et c'est ma foi parfaitement exact ! Joe ne tricote plus aussi sauvagement que par le passé, préférant privilégier le groove, l'ambiance du morceau joué, les sons et la mélodie. Mais surtout, depuis Black Swans and Wormehole Wizards, SATCH' a d'abord pris le soin d'accorder d'avantage de place aux musiciens qui l'accompagnent. Sur ce quinzième album, la basse est par exemple particulièrement bien mise en avant dans le mix. Autre fait marquant, la présence de quelques claviers savamment dosés apporte un vrai plus aux compos de Joe. Mais le fait le plus marquant est à mettre à l'actif d'une batterie aux rythmiques bien plus expressives que par le passé. Entre Marco Minneman et Vinnie Colaiuta, le guitariste a de quoi faire se faire de nouveaux amis chez les batteurs de tout poil.
Moins aventureux et audacieux que son prédécesseur, cet album dernier né n'en demeure pas moins un très agréable moment. A condition de se laisser le temps nécessaire pour digérer et apprivoiser cette heure de musique... Superbement produite en plus.

Pour finir, je dois quand même admettre que j'attendais de cet album quelque chose d'un peu plus enlevé et/ou fou dans l'élaboration de ces compositions. Comme me l'avait laissé présagé son précédent opus. Ainsi, côté style, SATRIANI ne prend pas selon moi suffisamment de risques. C'est d'ailleurs un peu le problème avec lui d'un disque à l'autre : Celui d'avoir toujours un peu ce sentiment que le guitariste avance, pour reculer l'instant d'après.
Quoi qu'il en soit, chacun faisant son choix, rien que pour la magnificence de son final "Goodbye Supernova", je serais presque tenté de vous dire... Allez-y !

Crazy Joey" puis "All of My Life" :



mercredi 2 septembre 2015

WES CRAVEN (1939-2015) R.I.P



     C’est le crabe qui a eu sa peau (tumeur au cerveau), pas un couteau, ni un gros marteau, une scie sauteuse, ou une bande de psychopathes armée de haches… Le réalisateur Wes Craven est décédé, à 76 ans, il faisait partie d’un petit clan de cinéastes dont les noms sont synonymes d’épouvante : John Carpenter (HALLOWEEN, CHRISTINE) Tobe Hopper (MASSACRE A LA TRONCONNEUSE, POLTERGEIST), George A. Romero (la saga des MORTS VIVANTS).

     A la fin des années 60, Wes Craven travaille surtout comme documentariste et monteur. Il écrit un scénario, inspiré apparemment d’un fait réel, qu’il réalise en 1972 : LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE. Le film est très remarqué, et lance un genre : le slasher, des jeunes filles perdues dans le noir qui crient très fort avant d’être débitées en tranches. Ce premier métrage semble réalisé avec trois bouts de ficelles (tourné en 16 mm), les approximations de raccords sont flagrantes, il manque des plans, s’en est presque risible. 

     Sauf que, le côté amateur renforce le propos, et l’horreur du film, d’autant que la construction dramatique, toute simple, est très efficace. Une bande qui a enlevé, violé, tué deux jeunes filles, se retrouve dans une maison, qui s’avère être celle des parents d’une des victimes. Parents qui vont comprendre qu’ils sont faces aux meurtriers de leur fille… Pas d’effets tape-à-l'oeil, mais de la tension, du malaise, et une violence brute, sadique, crescendo, filmée froidement, presque documentaire. L'arrière pays texan n'a jamais été aussi repoussant !

     Avec LA COLLINE A DES YEUX en 1977, Wes Craven signe encore un classique d’horreur, tellement violent qu'il sera d'abord classé X, avant qu'un second montage n'adoucisse le propos (sic). Il donne encore une vision de l’Amérique profonde à faire frémir. Le schéma des futures productions de ce genre se met en place : des jeunes, innocents, beaux, qui s'égarent et tombent sur une meute moins accueillante que prévue… Il y aura une suite, réalisée par lui, puis un remake d'Alexandre Aja, et une suite du remake… En 1981, c’est LA FERME DE LA TERREUR, avec encore une communauté pas très sympathique, des prières au démon, mais surtout, l’apparition d’une blonde très mignonne qui jouera elle-même du pic à glace quelques années plus tard : Sharon Stone. Elle hurle très bien. Et Ernest Borgnine qui fait les gros yeux sous son chapeau de quaker. Y’a des trucs avec des insectes proprement dégueulasses !

     En 1984, c’est le succès planétaire avec LES GRIFFES DE LA NUIT, et la création du personnage de Freddy, sérial killer qui s’en prend à ses victimes dans leurs cauchemars. Rôle qui colle à la peau (il a essayé le Biactol, le Freddy, parce que question hygiène de peau...) de son acteur Robert Englund. Parmi les moments épouvantables, cette langue qui sort du téléphone pour lécher la fille qui tient le combiné ! FREDDY est devenu une franchise qui rapporte, avec 9 films, mais réalisés par d’autres. On est en pleine période VENDREDI 13, des films qui ne coûtent pas grand chose, et rapportent beaucoup. Wes Graven a accepté d’en reprendre un, le septième épisode (1994), mais en y ajoutant un élément original : la mise en abîme. Le réalisateur y joue son propre rôle, en train de réaliser son nouveau Freddy… Un film dans le film.

     Entre temps, il y aura eu SCHOCKER (1989) puis LE VAMPIRE DE BROOKLYN (1995), avec Eddie Murphy. Mais son grand retour, et son plus gros succès commercial, c’est SCREAM en 1996, qui repose sur la culture des films d’horreur, autrement dit, sur ce que Wes Craven a lui-même contribué à créer. Les personnages, une bande d’amis, sont passionnés de films d’épouvante, jouent à se faire peur. Sauf que les morts, eux, sont bien réels ! SCREAM joue sur les codes du genre, passe du premier au second degré, emprunte au DIX PETITS NÈGRES d’Agatha Christie. Le résultat est assez jouissif, d’autant que dans les épisodes 2 et 3, Wes Craven pousse le principe un cran au-dessus, mais bon... on commence à tourner en rond. SCREAM a permis aussi de revoir Drew Barrymore, qui depuis E.T. avait bien grandi. Et de découvrir Neve Campbell (disparue depuis...) et Rose Mc Gowan, et rien que pour ça on lui en sera éternellement reconnaissant !  Une des clés du succès est aussi la panoplie du tueur, sorte de fantôme en cape noire, portant un masque, visage déformé évoquant le tableau  "Le Cri" de d'Edward Munch

     Le dernier film réalisé par Wes Craven est SCREAM 4, passé inaperçu (par moi, en tout cas…). Même s’il a essayé de changer de registre, Wes Craven restera lié au cinéma d’horreur, d’épouvante, un de ceux qui a contribué à forger ce genre, un genre qui ne se démode pas, car très lucratif. Tous les étés pleuvent sur les écrans des zombies, des piranhas, des psychopathes hirsutes, voire des piranhas-psychotiques-zombie, (cet été on a vu "Zombeavers", l'attaque des castors mutants... véridique !) des prédateurs qui s’en prennent toujours à des jolies filles, aux gros seins si possible, qui en perdent leurs soutifs à force de courir en hurlant !! 

Mmmm… merci Wes !

On se regarde une bande tranche de rigolade, le (court) rôle de Drew Barrymore au début de Scream.           




ooo

mardi 1 septembre 2015

WITH A LITTLE HELP FROM MY FRIENDS

Ce célèbre titre des Fab Four sort le 1er Juin 1967 sur l'album "Sergent Pepper lonely heart club band", classé Numéro 1 dans le classement des "500 plus grands albums de tous les temps" par le magazine Rolling Stone en Novembre 2003, une référence.
"With a little help" est une compo du duo Lennon/ Mc Cartney, conçue spécialement pour être chantée par Ringo Starr, au registre vocal plus limité; Georges Martin, leur producteur, accompagne les 4 de Liverpool à l'orgue. Deuxième morceau de l'album, enchaîné au morceau titre, Ringo y interprète Billy Shears, personnage présenté à la fin de "Sergent Pepper" : 
Puis-je donc vous présenter / Le seul et l'unique Billy Shears /
Et le Groupe du Club des Coeurs Solitaires du Sergent Poivre.
les Beatles en 1967

Billy Shears, s'il y a des Beatlesmaniaques parmi nous, ce nom leur évoquera quelque chose... en effet pour les adeptes de la théorie du complot ce Billy Shears - parfait sosie du Paulo - est sensé avoir remplacé MacCartney aprés sa mort supposée dans un accident de voiture en Septembre 1966. Mais nous reviendrons un jour sur cette tenace légende, certainement une des plus troublantes de l'histoire de la musique. Plusieurs autres indices dans cet album alimentèrent le moulin des adeptes de la théorie du complot, mais comme je le disais, nos reporters sont sur le coup et nous y reviendrons...

C'est une chanson à choeurs dans laquelle Ringo répond à des questions posées par les 3 autres scarabées. Elle s'appelait initialement "Badfinger boogie", ce qui inspira le nom du groupe Badfinger, signé sur Apple records - le label des 4 garçons dans le vent - en 1969.

A noter que certains tordus, notamment américains, ont vu dans cette chanson une apologie des drogues traduisant les "friends" de la chanson par "drogues", ce que Lennon et Macca ont toujours démenti, arguant qu'ils ne parlaient que d'amitié. Le journaliste Hunter Davies qui assista à la séance du travail du duo ne dit pas autre chose. De toutes façons, d’après les mêmes paranos, tout l'album est satanique et/ou réfère aux drogues (Sergent Pepper ferait allusion au célèbre occultiste Aleister Crowley, celui dont Jimmy Page racheta le manoir, Boleskine House en Ecosse, Lucy in the Sky with Diamonds serait une ode au LSD, etc )

Ce titre a connu une véritable seconde vie, par la grâce de la reprise de Joe Cocker, en single (septembre 1968) puis à Woodstock (Aout 1969). Le plombier de Sheffield la ralentit et en donne une version intense et bouleversante; l’exemple parfait et rare d'une reprise qui égale l'original. Beaucoup d'autres reprises bien sûr, dont celles de Wet Wet Wet, numéro 1 en GB en 1988, assez proche de celles des Beatles. En 2004 le duo Sam and Mark commet une reprise  bien pourrie, faut dire qu'ils sortaient de Pop idol, France ou Angleterre la télé réalité est toujours aussi gerbante, n'est ce pas Amandine Bourgeois qui a de ce coté ci du Channel a aussi massacré le titre...
Citons aussi parmi les nombreux repreneurs Santana, Richie Havens ou  Ike & Tina Turner .
Coté français une adaptation, signée Sacha Distel et Veronique Sanson, "Avec un petit coup de main des copains", c'est frais et sympa mais si vous l'écoutez  après l'original ou celle de Cocker vous mesurerez en un instant et mieux qu'avec de longs discours le chemin qui sépare la variétoche frenchie de la musique anglo-saxonne, ou pourquoi le rock n'a jamais pris en France.

On se quitte avec une traduction des paroles puis 4 versions : les Beatles, Cocker, Sergio Mendes et sa cover bossa nova, Distel/Sanson.



Que penserez-tu si je chantais faux, 
Te lèverais-tu et me laisserais-tu tomber ?
Tend moi l'oreille et je te chanterai une chanson
Et j'essayerai de chanter juste.
Oh, je m'en sors avec un peu d'aide de mes amis
Mm, je m'en remets avec un peu d'aide de mes amis
Mm, je vais essayer avec un peu d'aide de mes amis.
Que dois-je faire quand mon amour est parti
 Est-ce que ça t'ennuie d'être seul ? 
Comment je me sens à la fin de la journée
 Es-tu triste parce que tu es tout seul ? 


Non, je m'en sors avec un peu d'aide de mes amis
Mm, je m'en remets avec un peu d'aide de mes amis
Mm, je vais essayer avec un peu d'aide de mes amis.
As-tu besoin de quelqu'un ?
J'ai besoin de quelqu'un à aimer.
Cela pourrait-il être n'importe qui ?
Je veux quelqu'un à aimer.
 Croirais-tu au coup de foudre ?
Oui je suis certain que ça arrive tout le temps
 Que vois-tu quand tu éteins la lumière ? 
Je ne peux pas vous le dire mais je sais que c'est à moi.

As-tu besoin de quelqu'un ? 
 j'ai simplement besoin de quelqu'un à aimer.
Cela pourrait-il être n'importe qui ? 
 je veux quelqu'un à aimer.
Oh, je m'en sors avec un peu d'aide de mes amis
Avec un peu d'aide de mes amis.

lundi 31 août 2015

LÉO FERRÉ AU DEJAZET par Pat Slade


LÉO FERRÉ L’Anarchiste bien aimé





«La vieillesse, c’est la fin des haricots»  





Comment définir le « Monstre» qu’était Léo Ferré ? Comparable à la statue du commandeur dans «Don Giovanni» de Mozart, Inébranlable, il va laisser une (Très) profonde et durable empreinte dans la chanson française dite "à texte" (Comme pour Brel ou Brassens, on ne peut pas parler de chanson populaire). Le 24 août 2016 ce géant de 1m71 aurait eu 100 ans, mais il décide de dire «Thank You Satan» le 14 juillet 1993 à 76 ans.

Je ne vais pas retracer sa carrière, ce serait un exercice qui correspondrait à retranscrire les vingt volumes des Rougon-Macquart d’Emile Zola. Je voulais, comme d’habitude, juste ouvrir une brèche dans mes souvenirs sur le grand Léo. En 1988 ce grand bonhomme qui n’avait pas sa langue dans sa poche et qui savait si bien déclamer les vers de Baudelaire, Rimbaud ou Aragon donna un concert au TLP Déjazet, et étant un amoureux des mots et des chanteurs à textes, je ne pouvais pas louper un tel concert. 

Trois dates dans ce théâtre libertaire qu’il avait inauguré en février 1986. Et qui dit libertaire dit anarchiste, l’image de Léo Ferré a toujours été liée à ce mouvement qui a une connotation péjorative et négative aux oreilles des gens qui traduisent le mouvement par chaos, émeute, désordre et pagaille. Pourtant l’anarchie ce n’est pas cela (Lire Bakounine et Proudhon), mais je ne suis pas la pour faire une chronique sur le mouvement anarchiste et faire son historique.

Les 3, 4 et 5 mai 1988 Léo Ferré s’installe «Chez lui» au Déjazet, dans le théâtre à qui il a mis le pied à l’étrier et qui verra passer toute une pléthore d’artistes comme Graeme Allwright, François Beranger, Colette Magny, Henri Tachan et autre Mouloudji et qui fut à deux doigts de détrôner Bobino, le temple de Georges Brassens. Le 4 mai 1988,  je suis au 41 boulevard du Temple (Métro République) devant le théâtre, un peu nerveux de venir voir ce monument qu’est Léo Ferré, pourtant j’ai vu des artistes qui m’ont impressionné  comme Barbara ou Joan Baez, mais je ne sais pas pourquoi, même si ce n’est pas moi qui vais monter sur scène, ben... j’ai le trac.  

Avec Jean-Roger Caussimon
Il commencera avec «Ils ont voté», un titre prédestiné avant la réélection de François Mitterrand 10 jours plus tard. 42 ans de succès seront chantés pendant un petit peu plus de deux heures et demi. Gros succès pour les classiques comme «Les Anarchistes» ou «L’Age d’Or». La plupart des titres joués seront de lui hormis quatre «Comme à Ostende» de Jean-Roger Caussimon, grand pote de l’ami Léo et qui deviendra son parolier privilégié en dehors de ses apparitions cinématographiques et ses propres récitals.

Il chantera «La La Mémoire et la Mer» (Ne pas confondre avec «Les Travailleurs de la mer» de Victor Hugo), une poésie toujours aussi mystérieuse et qui vous prend aux tripes quand l’artiste déclame ce texte presque biographique et qui parle de l’univers maritime.

Ferré, c’est une présence sur scène, Un Ferré toujours aussi sauvage dans sa manière de chanter, mais toujours aussi avare dans ses gestes, les jambes et le corps restent fixes devant son pied de micro, seul le visage bouge dans un clignement des yeux continue et les bras mîment les textes du poète. Léo Ferré ne récite pas, il vit ce qu’il chante.   

« Ni Dieu Ni Maître» très applaudi, à croire que les anarchistes ne sont pas si minoritaires que ça. Un chouette «Les Hiboux» de Baudelaire. Arrive les grands titres immortels comme «Avec le Temps» puis, après les paroles :
 «L'autre à qui l'on croyait pour un rhum' pour un rien
L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l'on s' traînait comme traînent les chiens
» 
il lâche un monumental : «Salope !» 

«Thank You Satan» suivi de «On est pas sérieux quand on a 17 ans» d’Arthur Rimbaud  enchaîné par la fameuse «Affiche Rouge» de Louis Aragon tristement célèbre depuis la guerre, une affiche de propagande humiliant les martyres du groupe Missak Manouchian. La fin sera des plus tendre et des plus belles. Sur scène, Léo Ferré joue du piano, sinon il était accompagné par des bandes son d’un orchestre symphonique qu’il dirigeait lui-même la plupart du temps. Il sortira  un album en 1975 «Ferre muet…dirige» avec une direction du «Concerto pour la main gauche» de Maurice Ravel entre autre. Pour finir avec cette soirée marqué par la poésie, il chantera «La chanson Triste» à capella. Un album de trois disques vinyles sortira la même année et ce sera son dernier live de son vivant. Sur l’intégrale du concert enregistré, je ne sais pas si pour les autres dates il avait chanté «Le Bateau Ivre» d’après Arthur Rimbaud, mais le soir du 4 mai, nous y avions eu droit. 

Un concert de Léo Ferré laisse des traces dans les mémoires comme un concert de  Barbara ou tous les autres artistes poètes. Tous les grands qui ont laissé une marque auprès de certains et qui, si le flambeau n’est pas transmis d’une génération à l’autre, leur passage sur cette terre n’aura pas servi à grand-chose. Et quand je vois ou plutôt quand j’entends ce qui passe sur les ondes, je me demande où est la poésie. A croire qu’elle est morte avec la disparition de ces chanteurs qui ont su faire vivre la langue française. Et comme le chantait Charles Trenet :  

«Longtemps, longtemps, longtemps 
Après que les poètes ont disparu 
Leurs chansons courent encore dans les rues 
La foule les chante un peu distraite 
En ignorant le nom de l'auteur»