jeudi 24 avril 2014

ALTER BRIDGE : FORTRESS (CD 2013) – par Vincent le Chaméléon



Four... très fort


Les casseurs de baraques


Avant de créer ALTER BRIDGE en 2004, trois de ses membres (soit 80% de son effectif actuel) avaient d'abord œuvré au côté du chanteur Scott Stapp au sein du groupe CREED.
Autant le dire de suite, si au pays de l'oncle Sam le groupe avait cassé la baraque, en vendant ses 3 albums par dizaines de millions d'exemplaires, cet incroyable succès ne fut pas tout à fait équivalant sur le vieux continent, et encore moins chez nous (en France) forcément. Qui s'en étonnerait ? Plus curieux cela dit, même la presse spécialisée Hard ne s'en fit jamais l'écho. En tout cas pas à ma connaissance. 
Toujours est-il que le hasard étant ce qu'il est, Human Clay, le deuxième album de la formation, avait quand même fini par atterrir chez moi.
D'humeur sombre et assez torturée, la musique de CREED était ainsi emprunte d'un étrange mélange évoquant aussi bien un Metallica, que Pearl Jam (la voix de Scott Stapp étant étonnamment proche de celle d'Eddy Vedder) ou encore The Doors.
Les qualités du disque étant ce quelles étaient, elles m'avaient alors poussé à acquérir leur premier essai, ainsi que le suivant.
Concernant ce dernier, même si il reste tout à fait écoutable aujourd'hui, j'avoue que Weathered montrait rapidement les limites que semblait déjà avoir atteint la formation américaine. Ce minimum de prise de risques n'avait néanmoins nullement diminué la renommée du groupe, et le disque se vendit même très bien. Rien donc ne laissait présager que CREED s'apprêterait à vivre très prochainement ses derniers moments.
Précisons aussi que, bien avant que le groupe ne tire sa révérence, Scott Marshall, son bassiste, avait déjà quitté le navire après la publication de Human Clay.



Mark Tremonti : Nouveau Guitar Hero ?!!!



Mark Tremonti
À une époque ou l'incontournable solo de guitare de nos héros d'hier n'avait alors plus tellement droit de citer depuis quelques années déjà (sur disques comme sur les ondes), voilà que je m'étonnais encore d'avantage que le guitariste/compositeur de CREED, Mark Tremonti, soit ainsi fréquemment reconnu comme le nouveau Guitar Hero des années 2000. Dans la presse comme sur le web.
Avouez qu'un statut tel que celui ci, ça doit se mériter, et surtout se légitimer d'une façon ou d'une autre. 
Ok je vous l'accorde ; Du gros son, sûr qu'il y en avait chez ce groupe. De la même manière, en matière de riffs et de rythmiques massives, je me rangeais là aussi du côté des zozos ! Mais pour ce qui était du sacro saint solo "killer de la mort qui tue", alors là les amis...  S'cusez-moi, mais non !!! Il n'y a jamais rien eu dans les interventions du guitariste qui m'ait jusque là fait dresser... Ne serait-ce qu'une oreille.

Puis vint ALTER BRIDGE...

Live and Let Die


Inconscience ou choix audacieux (en tout cas très gonflé) que mettre un terme à un groupe, au moment ou sa notoriété n'est en rien écornée. C'est pourtant bien ce que Mark Tremonti fera.
Plus surprenant encore, alors que n'importe quel groupe aurait fait le choix stratégique et facile de simplement remplacer son chanteur pour mieux garder le nom et le répertoire de la formation, Mark Tremonti créer rapidement un tout nouveau projet baptisé ALTER BRIDGE.
Enrôlant avec lui tous les membres de CREED (exception faite du chanteur Scott Stapp vous l'aviez compris), Mark, plutôt que d'aller vers la consensualité, va choisir au contraire d'amener ce nouveau projet vers une musique, certes toujours très mélodique, mais nettement plus virile et élaborée dans certaines de ses structures.


Force 4, ça décoiffe !



Si son physique de beau gosse, soigné et propre sur lui pourrait faire illusion aux regards de certains, Tremonti est avant toute chose, un "Métaleux" dans l'âme. Et cette fois-ci, avec ce quatrième album d'ALTER BRIDGE, l'homme nous montre vraiment qui il est. Quoique les autres ne soient pas en reste non plus
Croyez-moi, les adorateurs de guitares racées et chiadées, mélodiques et audacieuses, n'ont plus qu'à se ruer au plus vite sur ce quatrième méfait des américains. Beaucoup n'hésitent d'ailleurs pas à affirmer que Fortress serait le meilleur album produit par le groupe. Et si il faut bien admettre que la cohésion, la diversité, la puissance et l'intensité qui s'en dégage tout du long, a de quoi satisfaire les plus exigeants d'entre nous (les fans de Metal en particulier), Fortress est également a considérer comme l'album le plus "rentre-dedans" que le groupe a enregistré à ce jour. Ceci expliquant peut être cela.
Myles Kennedy
Prenez garde les amis, car Mark Tremonti (guitars), Brian Marshall (basse), Scott Philips (batterie) et le chanteur Myles Kennedy (dont je vous avais déjà vanté tous les mérites via l'excellent Apocalyptic Love de l'ex Guns' N' Roses, Slash) ont assurément frappé très fort avec ce disque. Un disque qui fera date, comme on dit dans ces cas là.
Blackbird (2007), leur deuxième album, montrait clairement ses intentions, en choisissant, entre autre, de se débarrasser une bonne fois pour toute des habitudes qui pouvait tendre par endroits a replonger Mark, Scott et Brian à rejouer quelques plans liés à leur ancienne formation. Nos 3 frères d'armes affichaient également leur détermination à aller désormais vers un Hard beaucoup plus orienté Metal et bien plus incisif surtout. Et puis voici que débarque (3 ans tout de même après l'excellent, lui aussi, AB III, sorti en 2010), un quatrième album qui a plus que jamais tous les atouts pour en imposer. 
En 10 années d'existence (et oui déjà !), on constatera assez vite que le savoir-faire et l'inspiration des membres d'ALTER BRIDGE n'a toujours pas faibli d'un iota. Mieux encore, ce magnifique "Club des 4" progressent d'album en album.
La symbiose et l'implication qu'on mit chaque musicien pour atteindre un si haut degré de qualité sont telles, qu'il serait indécent d'en vouloir extraire un morceau plus qu'un autre. A cet exercice là, tout juste vous avouerais-je que le refrain de "Peace is Broken" m'agace un peu dans les intonations que lui donne, avec trop d'insistance, le chanteur. Pour le reste, on peut quasiment parler d'un sans faute pour cet album, dont la durée conséquente de quelques 63 minutes (euh... oui quand même) passe finalement comme une lettre à la poste.

Non ! Je ne vous ferai pas là une revue de détail d'un titre à l'autre. Mais s'ils vous arrivaient de croire ou de penser qu'en matière de Metal, les sentiers ont tous été balisés depuis fort longtemps, il y a fort a parier que cet album vous réserve quelques bien belles surprises. Avec Fortress, ALTER BRIDGE ne cesse de redéfinir ses propres règles, ses propres contours, en ne s'interdisant finalement absolument rien. Ainsi, ce disque n'est certainement pas l'une de ces œuvres balisées. Vous savez, celles que l'on range et que l'on oublie définitivement après quelques semaines d'écoutes.

Quoi qu'il en soit, avec un tel album, on peut dire que le groupe aura clos l'année 2013 en beauté et dans le haut du panier. Dans un tel contexte, pas facile d'en extraire un titre part rapport à un autre. Les 3 que je vous ai sélectionné devraient tout de même vous donner un bon aperçu de ce qui vous attend.

Go !!! 

PS: Le groupe sera cette année, et pour la deuxième fois consécutve, à l'affiche du Hellfest. A vos agendas !



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mercredi 23 avril 2014

Neal BLACK & The Healers "Before Daylight" (2014) by Bruno



     Le parcours de monsieur Neal Black est assez particulier. En effet, alors que la plupart des musiciens américains restent attachés à un état, une région, ou une ville, que ce soit par affinités ou par besoins commerciaux, Neal Black, lui, s'est singularisé par quelques longs voyages qui l'amenèrent à s'installer pour un temps dans divers coins.

     Né à Washington, sa famille part rapidement s'installer au Texas (à San Antonio). C'est donc dans le plus vaste état des Etats-Unis qu'il fait ses classes en arpentant les scènes de l'état et en parvenant à ouvrir pour des musiciens endémiques dont la réputation à rayonner au-delà des mers (Omar & the Howlers, Fabulous Thunderbirds, Stevie Ray Vaughan, Johnny Winter, Johnny Copeland), en jouant pour Jimmy Dawkins, Papa John Creach (le bluesman violoniste qui jouât avec Hot Tuna), les Chambers Brothers et Johnnie Johnson, et aussi en entrant au conservatoire « Southwest » pour parfaire ses connaissances guitaristiques auprès de Jazzmen réputés (Herb Ellis, Barney Kessel et Jacky King). En bref, le gaillard a déjà un solide bagage lorsqu'il décide de partir pour "The Big Apple".

Avec une Lâg Imperator Custom

     Ainsi donc, aux débuts des années 90, il déménage pour s'installer à New-York, où il régnait, à ce moment là, une effervescence profitable aux musiciens de Blues-rock (dont Popa Chubby, Bill Perry et Steve Johnson furent plus ou moins les fers de lance, avec les clubs Manny's Car Wash et Lonestar Roadhouse). C'est l'époque où il parvient à enregistrer un premier album de Blues-rock bien cossu, fleurant autant le Boogie-rock graisseux des trois barbus que celui des quatre anglais américanisés de Foghat avec une influence encore palpable d'un Heavy-rock furieux et entreprenant tel que pouvait le pratiquer un Nugent ou un Marino dans les 70's. La presse américaine le remarque et un journaliste le décrira comme « one of the most important blues songwriters/performers on the scene today », alors qu'un autre l'affublera du titre de « Master of high voltage Texas Boogie ».
Lorsqu'il retourne dans son Texas natal, sa musique s'enrichit de quelques vagues touches country-blues et Rock'n'Roll. Et quand il émigre au Mexique, pour fuir une justice qu'il jugeait trop implacable (plus précisément parce qu'il refusait de faire quelques mois à l'ombre pour conduite avec un verre, ou deux, de trop dans l'nez), ce sont quelques couleurs Tex-Mex qui viennent fleurir son Blues rugueux. Non pas que l'homme soit influençable, mais il parait tout simplement sensible à l'ambiance musicale qui plane sur le lieu où il vit. Toutefois - et heureusement - sans que cela ne soit jamais prégnant.
Pendant son séjour prolongé au Mexique, il entre à l'université « Pan American » de Mexico en tant que professeur de musique.

Enfin, ne pouvant retourner au Texas sans risquer la tôle et en désaccord avec la politique américaine, il s'expatrie en France en 2004, où il est très rapidement adopté par la scène Blues nationale, à commencer par les artistes de Dixiefrog, le label qui le soutient depuis son premier essai, en 1993. L'éloignement de l'Amérique n'entache en rien sa passion et son engagement pour le Blues. Au contraire, par rapport au désabusé, austère et sombre « Dreams are for Losers » (enregistré au Mexique), il semble même y revenir plus profondément. Neal participe même, à divers degrés, à différents projets musicaux, jouant alors pour ou avec Nico Wayne Toussaint, Gaëlle Buswell, Fred Chappelier, Nina Van Horn, Manu Lanvin, Leadfoot River. Voir le collectif live : B.T.C. (la chro.)

Une Flying V laissée au placard pour cet opus

Même s'il peut y avoir un monde entre son premier opus New-Yorkais et « Sometimes the Truth » de 2011 (la chro.), chacun de ses disque porte très profondément son sceau, même les quelques rares et bonnes reprises qui sont marquées au fer rouge de son fort tempérament (le fameux « I can see clearly now  » avec un accordéon, la superbe échappée de l'orchestre sur "Who Do You Love").
Ne serait-ce que cette voix unique, grave, bourrue, enrouée, virile, profonde et rocailleuse, (entre John Campbell et Howlin' Wolf). Et puis Neal Black, au contraire d'une légion de musiciens, et a fortiori de Blues-rock, ne se contente pas de ressasser des plans éculés surchargés d'interminables soli qui tournent en rond, asphyxiant le morceau par une surabondance de plans démonstratifs. Non, Neal est un authentique compositeur ayant suffisamment de personnalité pour que cela transparaisse naturellement dans ses chansons.
Autant ses blues, plus ou moins acoustiques, dégagent d'irrésistibles parfums bucoliques et sont empreints d'une certaine mélancolie, autant ses Blues-rock sont énergiques et incandescents, puent l'asphalte, les gaz d'échappement, et les trottoirs saturés d'une faune humanoïde déambulant sans but. Il aime agrémenter ses pièces d'harmonica, de piano ou d'orgue, de dobro ou de guitare folk, parfois même de mandoline ou, bien plus occasionnellement, d'accordéon. Il aime ses Blues riches, pourtant il y a toujours de la respiration ; ce n'est jamais étouffé par une orchestration inutilement chargée. Parfois c'est une joie un tantinet introvertie, tantôt c'est une colère emmagasinée qui transparaît. Il a de plus la faculté à s'épanouir dans l'un comme dans l'autre, et certains de ses boogie-rock torrides sont parmis les plus fameux composés depuis deux décennies.
Si son jeu de guitare respire le Blues Texan (un picking joué à l'aide d'un seul onglet au pouce), avec quelques réminiscences de celui de Chicago (incontournable ?), il apparaît parfois un petit quelque chose échappé du Hard du milieu des 70's, notamment dans l'attaque furieuse que peuvent avoir ses soli et/ou ses instrumentaux. Sa guitare est incisive, nerveuse, toujours sur le qui-vive, prête à mordre.

     Son petit dernier qui vient juste d'être présenté au monde en mars dernier ne terni pas la bonne réputation de sa discographie (si chacun peut légitimement avoir ses préférés, tous ses disques valent le détour) ; au contraire, « Before Daylight » a les attributs nécessaires pour se placer aux côtés des meilleurs.
Peut-être plus serein que les précédents - certainement plus en tout cas que « Dreams are for Losers » et « Handful of Pain » -, il donne la sensation d'un artiste ayant le Blues si ancré dans son âme que même en en brisant les plans, les frontières, son appartenance au genre ne fait aucun doute. Même si certains gardiens du Temple le réfutent avec force.

Avec sa Lâg signature : Roxanne "Neal Black 13"

     « Before Daylight » est peut être son disque le plus équilibré entre slow-Blues / Country-Blues, Blues-rock / Boogie-rock et Blues... Blues façon « Neal Black » : légèrement bastringue évoquant un Tom Waits bluesy, aventureux et respectueux à la fois (Taj Mahal ?), une tension nerveuse et tribale inquiétante, parfois morose, chevillée au corps (John Campbell ?). Neal gère le chaud et le froid, le champêtre et l'urbain comme s'ils ne faisaient qu'un, ou du moins comme s'ils ne faisaient partie que d'une seule et même famille. 

« Hangman's Tree » et « Dead By Now », voire la reprise de Willie Dixon et Chester Burnett « Mama's Baby », renoueraient presque, si ce n'est le son, avec les boogie-rock canailles de ses deux premiers opus, avec en sus l'harmonica incendiaire de Pascal "Bako" Mikaelian (Jean Louis Murat, Patrick Verbeke, Charlelie Couture, Bill Deraime, Hugues Aufray). Y'a pas à dire : Neal excelle vraiment dans ce genre.
Des instants acoustiques avec un country-blues crépusculaire « The Peace of Darkness », qui pourrait presque descendre des Appalaches ; une pièce d'apparence simple qui saisit aux tripes. Avec « American Dream » aussi, uniquement construit autour d'un piano en mode boogie de Lattrell, de l'harmonica de Bako et la voix singulière de Neal.
« Goin' down the Road », un traditionnel réarrangé, aurait également pu en faire parti s'il n'était ponctué de fins chorus de guitare. Entre ballade et road-song qui vous téléporte sur une route d'un Texas arride, balayé d'une brise sèche propulsant des volutes de poussière.
La basse de Kris Jefferson et le piano de Mike Lattrell (ce dernier déjà présent sur le précédent) apportent une couleur jazzy sur le slow-blues « The Same Color ». Notons que ces deux musiciens sont connus pour avoir été longtemps les mercenaires de l'imposant Popa Chubby.
« The Road Back Home » est un Rock hybride hésitant entre un Heavy-rock et un Chris Réa bluesy.

La chanson titre est un rayon de Soleil perçant l'ambiance ombrageuse sous-jacente qui traînait jusqu'alors. Neal semble heureux, satisfait, profitant de l'effet revitalisant d'un printemps chaud et fleuri. Les paroles, bien que cyniques, sont chantées avec une désinvolture optimiste. « Surrounded by strangers with masks on their faces, they're all hiding in a midnight bottle and a cloud of blue smoke. Everybody's laughing but they don't get the joke... I'm tired of all you monkeys and fools in this town, nobody wants to help when I'm comin' down ».

Et justement, en parlant de "paroles". Il convient de rappeler que bon nombres de chansons de Neal ont cette qualité rare de dépeindre par une poésie crue (vestige de ses lectures passées de Baudelaire et de Rimbaud) les choses de la vie, les travers, les paradoxes et les aberrations de l'être humain, ou de la société dans laquelle il (sur)vit. Des sujets qui sortent de l'ordinaire du matériel Blues et Rock.

La patte de Neal Black est immédiatement reconnaissable, pourtant, tous ses disques sont différents, et chacune de ses chansons a sa propre personnalité. L'apanage des grands.

Petite précision sur le matos de Neal : Depuis quelques années, Neal est endossé par les guitares Lâg. De superbes grattes conçus dans la région Toulousaine (since 1979) qui ont su séduire des artistes aussi divers que Dweezil Zappa, Phil Campbell de Motörhead, Keziah Jones, Gus G, Mathieu Chedid, Pat O'May, Jean-Félix et Francis Lalanne, Manu Livertout, Chris George de Waysted, Brendan Benson, Judge Fred, Jennifer Batten.
Outre sur son modèle signature (voir photo ci-dessus), Neal joue sur Lâg Imperator 15 Custom, Imperator 50 Custom, Louisiane, et les acoustiques Primavera et Tramontane. Quelques infidélités occasionnelles avec une Gibson Les Paul "60's tribute" et une Fender Stratocaster "Eric Johnson". De superbes pelles qu'il branche dans des amplis IT-11 (Supercharger Spring 70's) et des pédales de la même marque, elle aussi de fabrication française. Et apparemment, ça sonne du tonnerre de diable !



,50


mardi 22 avril 2014

TWO THE WEST (2013)

Il y a quelques mois j'avais attiré -enfin j’espère- votre attention  sur un duo de musiciens venus de Bretagne, Fred Woff et Lionel Giardina, et leur groupe TWO THE WEST, à l'occasion d'un EP 4 titres, je vous invite à relire l'article en question pour ne pas avoir à refaire les présentations (un clic ici ); les revoici avec cette fois un album complet, 11 titres de leur composition.

D'abord un œil sur la pochette et la jaquette intérieure, tout à fait superbe avec un artwork signé Mickaël Doucet qui n'est pas sans évoquer des pochettes de Genesis, ou celles de Yes (Roger Dean), un univers onirique qui renvoie aux grandes heures du rock progressif. A noter que les deux musiciens s'y baladent   en veste militaire "Edwardienne" comme les Fab' Four sur la pochette de Sergent Pepper.
 Pop, prog, psyché, tout est dit en faisant parler la pochette, qui fait partie à part entière de la musique; désolé pour les accros du téléchargement, mais la perte de cette dimension est un vrai appauvrissement.

Les 4 premiers titres sont ceux de l'Ep précité, "Things change",  rock aux accents "Dylaniens", impression renforcée par l'harmonica qui sonne dans la tonalité de celui du "Zimm'", des influences  Pink Floyd ou du rock West Coast sont également palpables,  "On top of us all" est une belle ballade, au souffle puisant, agrémentée d'un superbe passage de violon de Jean Baptiste Ramaut.
"Hugo" une superbe ballade country/folk psyché avec l'apport du banjo de Raoul Tellier (de "La Maison Tellier") et celui du dobro de Fred Lesaint, sans oublier l'harmo de Fred Woff;  la parfaite bande son d'un western ou d'un road movie, entre Ry Cooder et Ennio Morricone...
"So much rage in me" qui porte bien son titre évoque le heavy progressif à son age d'or des seventies mâtiné de sons plus modernes à la Radiohead, avec  alternance de plages calmes et de fulgurances sonores, de belles nappes de moog, et un final puissant . Les 7 nouveaux titres seront du même tonneau et du même niveau, c'est à dire haut placé, et d'une grande maitrise instrumentale. 
On retiendra  "another part" , prés de 7 minutes au climat sombre , voire apocalyptique sur la fin, où Fred Woff utilise les sons d'orgue hammond, farfisa, mellotron ; même climat progressif sur le dernier titre "When you get there" , d'une grande richesse instrumentale avec ses cordes (Benoit Faucher et Jean Baptiste Ramaut) . A noter aussi 3 petites perles pop/folk/rock avec "Oh dear me" ,  "You may"  et "Where very few people go" sur lesquelles l'autre complice du duo Lionel Giardina s'en donne à coeur joie avec ses guitares électriques ou acoustiques. Parlons un peu des autres musiciens, outre Lionel (chant et guitares) et Fred (claviers, harmo, production), on va trouver sur la plupart des morceaux Arthur Travert aux drums et Florent Gayat ou Pascal Riaux à la basse, sans oublier quelques autres invités au fil de l'album.

Conclusion : un album rare dans le paysage musical français, d'une maitrise et d'une maturité surprenante; dans lequel les plages intimistes acoustiques cohabitent avec un rock plus dur, où les  passages planants sont suivis de redescente brutale sur terre; aux influences variées, disons pour ratisser large du Pink Floyd à Radiohead en passant par Dylan, Wilco, Genesis, King Crimson, le rock West Coast et le rock/folk seventies.
Bref, du bel ouvrage pour une musique  qui ne dévoile  pas forcément  toutes ses atouts à la première écoute mais qui une fois qu'on s'y est plongé se révèle d'une grande richesse et profondeur.
Donc direction Two the West!

 Rockin-JL

lundi 21 avril 2014

SUNSTORM - "House Of Dreams" - (2009) par Philou






Encore un p'tit effort JLT, please ....



"House Of Dreams" est le 2ème album de SUNSTORM paru au mois d'avril 2009, un projet mené par l'hyperactif JOE LYNN TURNER
L'idée originale est venue du président de Frontiers Records, Serafino Perugino, qui a décidé d'exploiter des démos inachevées de JLT enregistrées vers le milieu des années 80, juste avant la parution de son excellent 1er album solo, "Rescue You" (1985).
Après un premier album éponyme sorti en 2006, le chanteur/poseur au CV impressionnant (Fandango, Rainbow, Deep Purple, Brazen Abbot, Mother's Army, Hughes Turner Project, Yngwie Malmsteen + une bonne douzaine d'albums solo) remet le couvert et nous propose un menu pas bien différent que celui proposé en 2006. Pour ce nouvel essai, pas de révolution à l'horizon, c'est toujours du Hard FM de grande qualité, mais qui reste néanmoins très classique.
Sur cet album, le chanteur a réuni une équipe de compositeurs habitués à évoluer dans la 1ére division de l'AOR, des pointures comme Jim Peterik, Desmond Child, Russ Ballard, Paul Sabu et les frères Martin.

Il est bien mon brushing, non ????
Les musiciens qui accompagnement JOE LYNN TURNER sont des incontournables de la maison Frontiers Records, à savoir, l'homme à tout faire Dennis Ward (production, enregistrement, basse, guitares, vocaux ) accompagné par une équipe de brillants mercenaires comme Uwe Rietenaur (guitares), Gunther Werno (claviers), Thorsten Koehne (guitares) et Chris Schmidt (batterie.
 
L'album démarre sur les chapeaux de roues avec les très percutants "Divided" et "Don't Give Up" et on se dit que si ça continue sur une telle intensité, on tient enfin le successeur de "Rescue You". Malheureusement, dès le 3ème morceau, la ballade passe-partout "The Spirit Inside" nous plombe l'ambiance et fait tout de suite retomber notre joie.
En fait sur cet album, les titres exceptionnels côtoient les moins bons . Pour le meilleur, citons "Divided", "Don't Give Up", "I Found Love",
"House Of Dreams","Forever Now" et surtout, "Gutters Of Gold" un morceau bien hard, pêchu, avec un refrain hyper accrocheur.
Le reste est beaucoup moins bon, les ballades comme "Say You Will", "Tears On The Page", "Walk On" sont absolument sans surprise et nous donnent une impression de déjà entendu.

Finalement, cet énième projet de JOE LYNN TURNER est un assez bon album de rock mélodique à la production impeccable et, bien sûr, avec des arrangements vocaux parfaits. Certes, le son est un peu trop enraciné dans la première moitié des années 80, mais si vous avez grandi à l'époque avec cette musique, alors vous apprécierez certainement ce disque. 


I'm the Voice .....et en plus, je n'en fait pas de trop !!!!
Alors, pourquoi une si bonne note pour cet album qui semble se situer tout juste au dessus de la moyenne ?
Et bien, la voix, bon sang, la voix de JOE LYNN TURNER !!!!!!!!!..........
Sur cet album JLT chante comme un dieu, avec un aisance insolente et sa voix atteint vraiment des sommets. Il faut certainement revenir à l'époque de Rainbow, sur l'excellent album "Bent Out Of Shape", pour retrouver un chant si lumineux et d'une telle qualité.
JOE LYNN TUNER est un très, très grand chanteur et je me dis qu'avec des compositions plus variées et plus abouties, ce disque aurait pu être très, très bon.
Allez, Joe, pour la prochaine, n'écoute pas trop le boss de chez Frontiers Records et prend un peu plus de risques !!!!

PS :  Annoncé il y a quelques mois sous le nom de Legacy X par Frontiers Records, puis aujourd'hui Rated X, le nouveau projet de JLT, qui sera accompagné par le guitariste Jeff Watson (NIGHT RANGER), le bassiste Tony Franklin (THE FIRM, BLUE MURDER) et le légendaire batteur Carmine Appice (VANILLA FUDGE, CACTUS, BECK BOGERT & APPICE, ROD STEWART, KING COBRA....) devrait sortir incessamment sous peu....