mercredi 27 janvier 2021

HYDRA (Same - first album) - 1974 - by Bruno

 


     Un genre musical qui semble aujourd'hui passé de mode, malgré quelques irréductibles, mais il fut un temps où aux USA les desperados fervents adeptes de Rock sudiste pullulaient. A un tel point que quelques "clusters" naissaient même dans des territoires plus au nord. Dans cette cohue, certains n'ont jamais pu dépasser le statut de célébrité régionale. Quelques uns, plus chanceux, ont pu goûter à une certaine notoriété nationale, sans pour autant avoir l'opportunité de franchir les frontières (à l'exception de celle du Canada). Ainsi, pendant longtemps, par ignorance, le vieux continent ne connaissait qu'une dizaine de bandes, ignorant l'existence de sympathiques combos, parfois aussi méritants que les ténors.


     Hydra
est de ceux-là. Bien que sa genèse commence à la fin des années soixante et qu'il ait à son actif trois excellents opus, ce n'est que grâce à des passionnés que ce groupe est parvenu à s'installer tardivement comme une référence en Europe. Entre autre, comme celui de premier groupe de Rock sudiste à pactiser avec le Hard-rock. 

     C'est le guitariste Spencer Kirkpatrick et le batteur Steve Pace qui vont mettre les choses en branle, en quittant leur ancien groupe (Strange Brew - en référence à Cream, bien sûr -) courant 68, pour fonder une entité plus personnelle, enrôlant au passage Wayne Bruce. (Non, celui-là ne se promène pas la nuit avec cape et collants). Ce dernier assure le chant ainsi que la seconde guitare. Les patronymes changent avant de se fixer sur Hydra en 1970, et la mouture définitive l'année suivante avec l'entrée du bassiste Orville Davis (en 1971). Leur réputation scénique s'affirme dans leur ville d'origine, Atlanta, et s'étend rapidement à toute la Georgie. Puis, tout naturellement, elle déborde sur les états limitrophes. Le groupe est alors considéré comme le meilleur groupe sudiste non signé. Hydra joue régulièrement au Funochio's Club d'Atlanta, où passe aussi une bande de teigneux issus de Floride, de Jacksonville : Lynyrd Skynyrd. Aussi, lorsqu'Al Kooper descend en Georgie pour découvrir cette nouvelle scène bientôt baptisée Southern rock, dont on lui avait vanté l'effervescence, outre Lynyrd Skynyrd auprès duquel il va s'investir, il tombe aussi sur Hydra. Il apprécie leur tempérament musical, et monte sur scène à plusieurs reprises pour jammer avec la bande, estimant particulièrement le jeu de Wayne Bruce. Il souhaite les faire enregistrer sur son Sounds of the South Records (qui servira essentiellement à Lynyrd), mais le manager préfère se tourner vers Capricorn Records, certain d'obtenir un contrat, grâce à l'appui du manager du Allman Brothers Band. Le groupe est aussi approché par Epic et Windfall Records (la société créée par Felix Pappalardi).


   C'est donc bien avec Capricorn Records que le groupe signe un contrat, en 1973. Toutefois, la suite des évènements prouvera que c'était un mauvais choix, et le refus poli de l'offre d'Al Kooper laissera un goût amer, celui d'avoir loupé le coche.

     C'est en 1974 que le quatuor de rednecks sort son premier essai. Les années d'apprentissage effectué à la dure, sur la scène, ont bien rodé ces outlaws. En conséquence, ce premier essai, éponyme, n'a rien d'un exercice de chauffe. C'est déjà un grand disque de Heavy-rock viril, aux forts parfums sudistes, en avance de quelques petites années sur d'autres frondeurs tels que Blackfoot et Molly Hatchet.

     D'ailleurs, lorsque retentissent les premières notes du disque, dans un déferlement sauvage d'un boogie de malandrin, on pense irrésistiblement à Molly Hatchet. Qui ne sortira son premier essai que quatre ans plus tard. La seule différence entre l'orchestration "Glitter Queen" et celle de Molly Hatchet réside dans l'ajout de cuivres. Décorum instrumental certes "chaud-bouillant", mais rajouté dans le dos d'Hydra, qui le découvre une fois le produit fini. Pourtant c'est loin d'être une stupidité, cela procure même une consistance supplémentaire et une couleur festive de bon aloi. Le résultat séduit quasi unanimement ceux qui découvrent la troupe uniquement par l'album. Vraisemblable que les gars du Mid-west qui ont constitué The Boyzz, ont scrupuleusement étudié ce "Glitter Queen", tant cette chanson paraît avoir servi de fondation à leur musique. (L'album "Too Wild to Tame" de 1978 👉 lien). 


   La suite est moins torride. "Keep You Around" tempère la cadence mais dégage encore un feeling enflammé, en alternant Heavy-boogie et Southern-rock saupoudré de touches de piano honky-tonk (joué par le producteur, Dan Tuberville), tandis que le refrain anticipe un Hard-rock carré, mélodique mais cru, prisé par des groupes comme Starz. "It's So Hard" paraît un peu bancal, poussif même, à cause d'un refrain foireux. Pourtant, la basse ne cesse de mouliner et la batterie de cogner dur, comme si tous deux cherchaient à accélérer le tempo et corser le jeu (quel dommage que le mixage ne rende pas justice à cette excellente section rythmique qui apprécie les cavalcades). Ce qu'ils réussissent finalement à faire, entraînant les guitares dans la sphère d'un Rock sudiste incandescent. Hélas, le morceau se termine sur un fade au moment où la température ne cessait de grimper.

   C'était probablement pour en garder assez sous le coude, pour la version de feu de "Going Down". Si aujourd'hui, ce morceau de Don Nix a été usé jusqu'à la corde, éculé par des versions en pilotage automatique, à l'époque celle-ci s'avérait comme l'une des plus chaudes réalisées, rivalisant avec celle du Jeff Beck Group (sur l'album éponyme de 1972). Wayne Bruce étant un fan inconditionnel de Freddie King, ce titre de Blues-rock faisait déjà partie de leur répertoire scénique. Kirkpatrick y dégaine et envoie avec nonchalance des bastos comme si c'étaient des friandises. Une version qui s'écoute à fond les manettes.

   "Feel in Pain" s'inscrit dans la tradition des ballades sudistes qui, dans un crescendo de joutes guitaristes, montent en intensité jusqu'à exploser dans un feu d'artifice. Modèle initié un an plus tôt par le "Free Bird" de Lynyrd Skynyrd. Toutefois, cette chanson a été écrite par leur ami, Will Boulware (un claviériste qui se fera connaître plus tard aux sons du Jazz, du smooth-jazz parfois mâtiné de Funk ou de Soul. Mais avant, il jouait souvent avec des musiciens de Southern-rock de Georgie et des environs, les rejoignant parfois sur scène ; dont les Allmans). Il y a d'ailleurs de discrètes nappes de synthés, totalement écrasées par le groupe.


   "Good Time Man" renoue avec l'excellence et tout en paraissant assez classique, pose de nouveaux jalons sur lesquels vont se baser Blackfoot et Molly Hatchet. Le premier pour certaines parties de slide, celles servant de pont, le second pour le gosier qui pose la recette des gargarismes au gravier et au whisky. Intense. Retour des cuivres, pas vraiment nécessaires mais pas non plus défigurants.

   La suite épouse plus franchement la cause du Hard-rock, ce qui a refroidi et fâché nombre d'amateurs intégristes de Southern et de Country-rock. Avec "Let Me Down Easy", qui, étonnamment, évoque par bien des côtés les Anglais d'UFO (les débuts avec Schenker), et le frontal "Warp 16". Il est amusant de remarquer que ce dernier aurait trouvé sa place dans la NWOBHM. On peut aussi faire le rapprochement avec Ultra, une bande de sudistes patibulaires et moins talentueux, qui mettent l'accent sur l'agression, .

   "Myriam" clôt ce premier opus sur un morceau plus ambitieux. Une triste ballade, tranchée nette par quelques accès d'humeur électrique et heavy, et qui finit dans un courroux de guitares. Reprenant ainsi le chemin tracé par Lynyrd Skynyrd l'année précédente, et qui va rapidement devenir une tradition - pour le meilleur et pour le pire -.

     Bien que foncièrement brut et rugueux, le groupe est assez mécontent du déroulement de l'enregistrement et du résultat final. Le label et le producteur ont fait pression pour atténuer sa puissance de feu. Ainsi, il y a une différence notable entre le Hydra qui se produit sur scène, de réputation torride, et celui plus sage, présenté sur disque. Ce que leur reprochent les fans de la première heure qui se sentent grugés. Paradoxalement, pour un label qui souhaitait rendre le groupe plus accessible, allant jusqu'à lourdement insister pour polir certaines rythmiques, la production est un peu sale, parfois même un tantinet touffue, avec la basse qui se retrouve noyée dans la masse. Capricorn Records souhaitait qu'Hydra soit plus en phase avec les autres groupes du label et simplement plus commercial. 


     Les relations tumultueuses avec le label et le management n'entravent pas la progression d'Hydra. Chacun de leurs albums étant plus réussis que le précédent (cependant, les avis divergent). Pourtant, le succès ne parvient pas à s'étendre hors des frontières de Dixieland. Capricorn Records en est grandement responsable, car les cadres préfèrent miser leurs deniers sur d'autres poulains - bien plus ancrés dans la Country et le Southern-rock -, et plus mainstream. 

     Hydra est aussi le premier groupe américain a sollicité l'agence Hipgnosis (Pink Floyd, Wishbone Ash, Led Zeppelin, UFO, 10cc, Bad Co), qui réalise la pochette du premier album et celle du suivant, "Land of Money".

     Après la dissolution du groupe, on retrouve Steve Pace immergé dans le rock lourd aux côtés de Derek St. Holmes et Brad Whitford pour leur sympathique projet éphémère (l'album éponyme de 1981), puis, plus invraisemblablement, avec les Suisses de Krokus ("Headhunter"). Spencer Kirkpatrick lui, se plonge dans le Blues et offre ses services à divers bluesmen. Il apparaît notamment sur des disques d'Eddie Stone et de Wayne "Bear" Sauls. Ainsi que sur des galettes du batteur du Eric Quincy Tate, Donnie McCornick. Tandis qu'Orville Davis rejoint Rex Smith du groupe Rex. Et ensuite Starz (où chante le frère de Rex, Michael Lee Smith) avec qui il enregistre le très bon "Coliseum Rock". Par la suite, il change de registre et se lance dans la country en tant que chanteur. Quant à Wayne Bruce, il préfère monter son propre band, le Wayne Bruce Band, qui récupérera un temps l'ami Steve Pace. 


(1) Capricorn Records est considéré comme le label de Southern-rock. Label indépendant de Macon (Georgie) créé en 1969, est effectivement spécialisé dans le Rock sudiste. Il est connu et célébré pour supporter le Allman Brothers Band depuis son premier album. Plus tard, The Marshall Trucker Band, Wet Willie, Grinderswitch, Stillwater, et Windespread Panic, ont fait partie de l'écurie.


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mardi 26 janvier 2021

BARCLAY JAMES HARVEST : "Octoberon"(1976) - par Pat Slade



Encore une chronique sur un groupe pour lequel j’ai une profonde sympathie et beaucoup d’amour (musicalement s’entend !). "Octoberon" un de leurs  premiers chefs-d’œuvre et pas le dernier.




BJH La Combinaison d’un Titre



1976 verra beaucoup d’albums dans les bacs : Queen, Led Zeppelin, les balbutiements d’AC/DC, Peter Frampton et son fameux «Frampton Comes Alive» et, dans le rock progressif, Genesis avec «A Trick Of The Tail», Kansas «Leftoverture», Jethro Tull «Too Old to Rock 'nRollToo Young to Die!» et le bon vieux Ange sortait «Par les Fils de Mandrin». Le marché du rock prog frôlait l’indigestion et pourtant Barclay James Harvest va pouvoir caser ce qui sera, à l’époque, l’un des plus beaux albums de leur début de carrière. 

L’année précédente, les anglais avaient sorti l’honorable «Time Honoured Ghost» où de bons titres comme «Beyond the grave» ou le très beau «Hymn for the Children» les faisaient entrer dans une autre dimension du rock progressif. «Octoberon» un titre qui est la contraction de deux mots, la racine latine octo qui veut dire huit (Huitième album du groupe) mais qui est aussi une forme contractée du mois d’octobre et comme par hasard, l’album sortira le dixième mois de l’année. Mais que veut dire Obéron ? Pour ceux qui n'ont pas lu Shakespeare ou écouté l’opéra du compositeur allemand Carl Maria Von Weber, Obéron est le roi des elfes et le personnage central dans «Le Songe d’une Nuit D’été». Le personnage est représenté sur la pochette de l’album. Queen avait déjà fait allusion au personnage d’Obéron et de sa femme Titania dans les paroles de «The Fairy FellersMaster-Stroke» sur l’album «Queen II» en 1974.                                                                                                      

Le groupe est toujours constitué des quatre mêmes musiciens, John Lees, Les Holroyd, Mel Pritchard et Woolly Wolstenholme, quatuor complété par un orchestre et un chœur. La pochette est en elle-même une particularité puisqu’elle est en relief, une reproduction d’un tableau de Frédérick Mariott, et à l’intérieur, en plus des paroles, une photo du torse d’un homme arborant le même pendentif, une image qui n’apparait pas dans le pressage français mais uniquement sur celui qui vient d’Angleterre, et au lieu de l’éternel face 1 et 2, elles sont renommés Red Side et Blue Side.

Octobéron par F.Mariott
 L’album s’ouvre sur «The World Goes On» un genre de   concerto pour guitare, voix et orchestre, du pur BJH avec un   chant et des paroles mélancoliques. «May Day» commence en douceur avec un couplet refrain assez répétitif mais qui ne vous saoule pas et un final grandiose et de toute beauté avec le chœur The Capriol Singers. «» le seul morceau écrit   par  Wolstenholme, un de mes titres préférés et surement le   point culminant de l’album. «Rock’n’roll Star» classique des  concerts du groupe, Le tube de l’album composé par Les   Holroyd inspiré par le titre «So You Wanna Be A Rock’n’ Roll   Star» des Byrds et qui sera raccourci en «Rock’n’roll Star».

  «Polk Street Rag» un riff de guitare pour cette tentative rock très  soft-pop. «Believe in Me» Encore un classique dans la plus pure veine du Barclay James Harvest et comme final le nom moins célèbre «Suicide». Un titre quelque peu morbide pour conclure un album puisqu’il parle d’une histoire de suicide. Mais il est intéressant en l’écoutant de constater que la construction et les harmonies rappellent inévitablement «Child Of The Universe». Un titre vécu en direct puisqu’on assiste au déroulement de l’événement, des bruits de pas, des portes qui s’ouvrent, un ascenseur qui monte, des cris, des mots mystérieux, le morceau se termine par un cri et le son d’une chute. 

«Octobéron» n’aura pas le succès de son petit frère qui sortira l’année suivante «Gone To Earth» mais il est une pépite pour les passionnés de rock progressif. Il est de la trempe des grands classiques de la musique.



dimanche 24 janvier 2021

BEST OF EN PENTE DOUCE

 


Semaine de merde, comme si y'avais pas assez du virus… Jean-Pierre Bacri nous a quittés, vraiment nulle à chier sa dernière scène. I nous faisait bien marrer le ronchon étalon du pavillon de Sèvres. Marrer ? pas toujours le dépressif au cœur gros comme ça… Un R.I.P. ? pour dire quoi ? des fadaises qui l'aurait énervé (m'ééénerve !!!). Au Deblocnot aussi on fait dans la rouspétance chronique, forcément an approchant les 4000 chroniques ; haha…

Tiens post mortem, on lui file la plume (au cul) au Jean-Pierre. Promu pigiste pour faire la pige hebdo, et pour faire la pige aux habitués de l'académique (relatif). Pas une bonne idée ça Sonia ?

-  Oui, bon ben j'ai pigé les gars, chuis une pigeonne mais quand même…

Mardi : I' m'énerve le Pat avec ces donzelles qui poussaient la chansonnette après la Libération… On y a encore droit au billet only for EHPAD. Quoique la petite Marie-Josée Neuville alias La Collégienne de la Chanson j'aime bien. Et en plus militante la petite nana aux nattes de gamine pas farouche. Tiens sa chanson "le métro", elle fustige un vieux porc qui lui tripote les fesses (mignonnes surement). Putain, à c't'heure c'est les assises ; et là les connards de la RTF censuraient sur les ondes… En plus des chou chou chouettes textes qui sonne le Brassens (Pas fuck nique, fuck nique, fuck nique, etc… pour faire 12 pieds).

Mercredi : Vache de surprise avec le Bruno, le corse rockeur qui te défonce la tronche quand on lui déplace une virgule, un point-virgule c'est direct les PFG. Mouais mais bon, moi le heavy-rock, le métal et le hard-rock, bof… Surprise ? mon cul ! Encore de la zique qui décolle la pâ… … tisseririe, heu la tapisserie et te fissure le plafond et les tympans. Au menu "Holy Moly !" de Blues Pills (opus de 2020). Je cite le rédacteur "Du très bon boulot qui apaise les craintes, rassure quant à la santé et aux ambitions du quatuor". Bref, je ferme non claque-merde, ça vaut mieux. Il sait tout sur tout dans le genre le Bruno… M'énerve ce mec, mais chapeau !

Jeudi : Ouf on échappe à Claude Toon le classiqueux… Pas faignant  le vieux cela dit, il se... se sort le doigt du cul :  quelques secondes de zizique, des violonades, 5 mesures, 14 notes, et 50 pages et de l'érudit en plus. Donc cette semaine Benjamin et ses trouvailles rock-pop au brocanteur vinyles des puces, et là "Go Girl Crazy" de The Dictators (1975). "la légèreté des sixties et l’énergie punk était déjà à l’œuvre ici." Donc on dit pas ringard, on dit vintage… D'après Luc, le Boss, (pas Springsteen, mais le taulier) "dans la foulée chaotique des MC5 ou des Stooges, The Dictators déversent leur proto-punk débridé, mais sans oublier la pop…"         

Tiens j'ai croisé le Toon, "Vous vous rendez compte qu'il m'a proposé de me prêter sa carte senior cet enculé ?" (D'après une fine réplique de Place publique)

Vendredi : et l'autre là, le Luc, mais qu'est ce qu'il vient toujours faire chier là avec ses films à-mémé, à-mémé, américains, avec l'autre zigoto en casquette de tweed qui poursuit un tueur dans le futur, mais c'est quoi cette idée à la con ? Ca s'appelle C'était Demain, ça donne vachement envie, pourquoi pas Ce sera hier pendant qu'on y est. L'acteur c'est le mec qui jouait dans le Ku... Ku...Kubrick, vous savez, le gars qui met 10 ans a tourné un plan, mais qu'est ce qu'il devait être chiant c'ui là. McDowell y s'appelle, on dirait un nom de restau ricain, c'est dire la finesse. Il a pas tourné avec Resnais, lui, hein ? Resnais, alors ça j'aime bien, Resnais, il avait du talent Resnais, mais ça le Luc y s'en fout, le Luc tu lui colles sur l'écran trois cowboys et deux nichons, il est content. Pffff... 'fait chier là... 

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Putain de merde, pas… pas l'air con à faire la queue au paradis sur ce nuage… Fait chier cette semaine, vla la Nathalie Delon qui se pointe. Elle aussi elle a calenché, son ex samouraï va chiâler la crue de la Seine, c'est la saison… M'énerve… la queue elle bouge pas ; putain le saint-pierre a une erreur 404 ? y a plus d'ailes débiles en stock ; ça rappelle les crises sur les masques et le PQ, cause co... covid ?

Mouais et bien ça continue... Putain... qui dit cascade dit encore Delon donc Rémy Julienne... Encore un... Le zigue il a survécu aux numéros de cirques suicidaires pour Bébel et Alain et le crâneur de Bond, et le virus chinetoque le bouffe à 90 balais... , lui 90, Nathalie : 79, Et moi ? 69 ! Bordel. Fait chier, Rémy, lui il a tout fait pour pour mou... mourir d'avance et en vrac... et pof ! Waouh, la trombine façon Frankenstein, faut dire que 1400 tonneaux en bagnole ca marque ; quel festival de la cicatrices sa tronche... QUOI ??? Ok, là, j'saoule, j'meuble...  Elle avance cette queue de pédés... lui faut du Viagra ou quoi ? Pffff... 'fait chier là... 



vendredi 22 janvier 2021

C'ETAIT DEMAIN de Nicholas Meyer (1979) par Luc B.


Je n’sais pas vous, mais moi j’ai toujours aimé les histoires qui remontent le temps, qui télescopent les époques. Ça triture les méninges. Un genre en soi. Des bouquins comme REPLAY de Ken Grimwood (excellent, jetez-vous dessus immédiatement) ou FUGUES de Lewis Shiner (pour les amateurs de rock 60/70's) des films comme RETOUR VERS LE FUTUR, NIMITZL’ARMÉE DES DOUZE SINGES, TERMINATOR ou... LES VISITEURS. Pour ne citer que les contemporains. Le père du genre étant le romancier HG. Wells et sa MACHINE A EXPLORER LE TEMPS (1895), adapté à l'écran en 1960 par George Pal, et il existe d'autres déclinaisons. Il ne s'agit pas ici, de repartir dans le passé pour changer le cours de l'Histoire, mais pour des gens du passé d'aller dans le futur, pour éviter qu'elle se perpétue.
  
Herbert George Wells, il va en être question, puisque c’est le héros du film C’ETAIT DEMAIN réalisé par Nicholas Meyer. Il en a écrit aussi le scénario, inspiré du livre du même nom. Meyer est d’ailleurs davantage scénariste que réalisateur, on lui doit les scripts de SHERLOCK HOLMES ATTAQUE L’ORIENT EXPRESS (1976), des trucs comme LIAISON FATALE ou LA COULEUR DU MENSONGE, mais surtout de tout un tas de films de la franchise STAR TREK. Sherlock & Spock : un résumé de son univers, intrigues criminelles et science-fiction, tel est le cocktail du film. On y va...

Londres, 1893. Départ en caméra subjective, un gars aborde une prostituée, la coince dans une ruelle plongée dans l’obscurité et le fog. Quand la fille lui demande son nom, le micheton répond : « Je m’appelle John, mais mes amis m’appellent Jack ». Euh, perso, si j'étais une fille gironde à Londres dans ces années-là et que le mec qui m'aborde s'appelle Jack, je fuis à toutes jambes... pas elle. Le gars sort une lame aiguisée, et vlan, la donzelle est trucidée.

Plus tard, dans un hôtel particulier cossu, l’écrivain et inventeur Herbert George Wells réunit quelques amis à dîner, et leur parle de sa dernière invention, une machine à voyager dans le temps. Incrédulité des invités face à l’engin qui trône dans la cave, mais l’un deux, le docteur John Leslie Stevenson s’intéresse au concept. S’engage une discussion. Voyager pour aller où : dans le passé ou le futur ? Pour Wells « le futur, un futur en paix, où régnera l’amour libre, dans un monde où les maladies seront vaincues par la science ». L’amour-libre est une notion réellement développée par Wells en son temps, lui-même grand queutard porté sur la chose, en plus d’être un socialiste convaincu. Quant à la science et aux maladies... euh... y'a encore une marge de progrès... Stevenson balaie l’argument, pour lui « l’humanité est composée de chasseurs et de proies » le chaos est plus passionnant que la paix. Voyant le monde tel qu'il est devenu, il dira, plein d'amertume : « de mon temps j'étais un monstre, aujourd'hui je ne suis qu'un amateur ».
 
Ding dong. On sonne à la porte : intervention des policiers de Scotland Yard qui fouillent les maisons alentours à la recherche de Jack l’Eventreur qui vient de faire une nouvelle victime. Ils tombent sur une sacoche en cuir contenant des lames ensanglantées. Wells explique : « C’est la sacoche du docteur Stevenson, un ami, d’ailleurs il est là… ». La scène est habilement réalisée, le montage est sec, les protagonistes sont agglutinés dans le vestibule, c’est l’effervescence, sauf qu’on ne voit pas Stevenson. Et pour cause. Il vient de s'échapper grâce à la machine de Wells. Qui décide de le poursuivre...

Les effets spéciaux font sourire à l'heure du tout numérique, vintage à mort, c’est ce qui fait le charme du film. Pour matérialiser les époques qui défilent, Meyer ne choisit pas un condensé d'images, mais des retransmissions d'actualité radio. Idée géniale. Du jazz, un discours d’Hitler, le couronnement d’Elizabeth II, le Watergate, le bébé éprouvette… En 10 secondes s'écoule un siècle. Et voilà HG Wells qui atterrit au musée de San Francisco, en pleine exposition sur son œuvre ! 

Wells veut retrouver Stevenson qu’il soupçonne de vouloir commettre d’autres crimes. Mais comment faire dans ce monde qu’il ne connaît pas, ne maîtrise pas. Il se dit que Stevenson a forcément eu besoin d’argent, donc d’une banque. C’est le point de départ de son enquête.
 
HG Wells est joué par Malcolm McDowell, merveilleux acteur hélas trop vampirisé par son rôle dans ORANGE MÉCANIQUE. Le voir déambuler dans le San Francisco post-hippie en costume et casquette de tweed est un pur bonheur. Le film, divertissement grand public, confronte son héros du passé à l’époque moderne. Il s'interroge sur le prêteur sur gage juif qui a un numéro tatoué sur le poignet. A l’employée de la banque, Amy Robbins, qui en pince pour ce british bien élevé, il dit être journaliste écrivant sur l’amour-libre. Elle pouffe : « quel terme préhistorique ! ».

Aux flics américains qui l’interrogeront, il dira s’appeler Sherlock Holmes, sans savoir que le personnage de Conan Doyle est depuis entré dans la postérité. Et puis ces détails de la vie quotidienne, le téléphone, les escalators, le cinéma qui fait peur, ou lorsqu’il confie à Amy qu’il est allé dans un restaurant écossais pas terrible… McDonald.
 
Le film est rondement mené. Les idées fusent. HG Wells est le seul à connaître le meurtrier qui sévit à San Francisco. Pas évident d'expliquer aux flics ou à Amy, qui il est réellement, et d'où il vient. A moins d’une démonstration ? La scène est excellente, il embarque Amy dans sa machine pour un voyage de trois jours dans le futur. La date d'un journal sera une preuve. Sauf qu'il n’est pas toujours bon de connaître son avenir…

C'ETAIT DEMAIN** est un film astucieux, mêlant comédie, polar et suspens. L'agression dans l’appartement d’Amy, avec ce plan subjectif d’une poignée de porte (!) aurait plu à Brian de Palma. Stevenson est interprété par David Warner, une pure tronche de salaud souvent croisée au cinéma. Ça reste du pur divertissement, familial, les meurtres ne sont jamais montrés. Quand Stevenson zigouille une fille à Frisco, on ne voit que quelques gouttes de sang projetées sur son visage, qui forment une larme rouge au coin de son œil. Joli.

On objectera quelques facilités, ou raccourcis, comme le fait que Stevenson*, contrairement à Wells, semble tout de suite très à l’aise en 1979, il en apprivoise instinctivement les codes, on le voit en boite de nuit danser avec une femme noire. Pour un homme du XIXè siècle c’est une adaptation fulgurante ! Sans doute parce que le film adopte le point de vue de Wells, mais il aurait été sans doute intéressant de confronter les deux personnages, le bon et le mauvais, au monde actuel.

J'aime bien ce film, on y sent ce plaisir simple de raconter une histoire formidable, avec des acteurs convaincants, une mise en scène solide. Un peu désuet, mais divertissant. 

* Dans le roman il s’appelle Stephenson. Il devient à l’écran Stevenson, comme Robert Louis Stevenson, l’auteur de « L’Ile au trésor », un contemporain de HG Wells, est-ce un clin d’œil du scénariste ?

** Le film a été décliné en feuilleton TV en 2017 sous son  titre en V.O.  "Time after time". Ne pas confondre avec "Si c'était demain" ("Les Diamants de la vengeance") téléfilm en trois parties de 1986 avec Tom Berenger.
 
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