Souvenirs des bancs d’école où je forgeais ma connaissances avec
la musique classique.
J’ai découvert Jacques Ibert
et "Divertissement" (1928), écrite pour la scène et plus particulièrement pour la comédie
"Le chapeau de paille d'Italie" d'Eugène Labiche. Une version
avec l'orchestre de la société des concerts du conservatoire sous la
baguette de Jean Martinon (Coll. Ace of Diamonds). Un enregistrement de 1960. Mais rendons à César ce qui
lui appartient, c’est avec la femme du musicien et pédagogue
Guy Miaille, (elle était ma professeur de musique en 6eme) que ma connaissance dans la musique classique
s’approfondira et que mon apprentissage aux différentes flûtes à
becs me feront aimer le contacte d’un instrument de musique.
Guy Maille composera plusieurs œuvres
surtout un travail pour orgue, des chants vocaux (dont certains que j’ai encore en mémoires cinquante années plus
tard), mais il y a un livret de partitions pour que je possède toujours
c’est ”Entrelacs“ (Edition Minerva 1973) qui comportait plusieurs œuvres courtes pour flûte à becs. Donc
c’est avec sa femme que je découvrirais ce disque et
Jacques Ibert par la même occasion,
même si l’œuvre étudié à ce moment précis était ”La Danse Macabre“ de Camille Saint-Saens et ”Jeux d’enfants“ de Georges Bizet.
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| Guy Miaille |
Claude Toon
avait déjà parlé de Jacques Ibert
avec son ”Concerto pour flûte“ et la suite symphonique ”Escales“. Je vais juste faire un petit rappel du personnage
Jacques Ibert, compositeur français du XXe siècle, est reconnu pour son style
éclectique (il composera beaucoup de musique de film) et sa capacité à
naviguer entre légèreté et profondeur musicale. Parmi ses œuvres,
”Divertissement“ se distingue par son originalité et son caractère ludique, mais aussi
par une certaine dimension subtile, elle mérite une attention
particulière, elle invite à une lecture plus nuancée de cette
composition.
”Divertissement“, composée en 1930, est souvent perçue comme une œuvre
légère, presque frivole, conçue pour divertir sans prétention
sérieuse. Pourtant, derrière cette apparente simplicité, Ibert
insuffle une énergie tellurique, presque primale, qui rappelle les
fondations anciennes de la musique et de la nature humaine. Cette
force se manifeste notamment dans le rythme et la pulsation
sous-jacente de la pièce. Les motifs répétitifs et les accents
percussifs créent une dynamique évoquant les battements du cœur de la
terre, rythmant l’œuvre comme un incontournable souffle vital.
Par ailleurs, la structure même du ”Divertissement“ joue avec des contrastes qui peuvent être interprétés comme une
dualité entre le monde superficiel et le monde profond. Les mélodies
légères, aériennes, se déploient sur un socle harmonique parfois grave
et dense, rappelant ces couches invisibles, enfouies sous la surface
visible. Cette interaction entre la surface joyeuse et la profondeur
cachée reflète une tension, un dialogue constant entre la lumière et
l’obscurité (je crois que le mot juste, après maintes recherches sur google est
chtonique, mais je ne vais pas m’enfoncer dans le coté sombre de la
langue française), le jeu et la gravité, l’éphémère et l’éternel.
Dans une perspective plus symbolique, on peut voir dans ”Divertissement“ une célébration des forces naturelles innées, celles qui régissent la
vie et la mort, le mouvement incessant des cycles cosmiques. L’énergie
que dégage la musique de Jacques Ibert
semble puiser à la source même de ces puissances primitives, alliant
tradition rythmique et innovation harmonique pour transmettre une
impression de vitalité brute. Ce lien au monde chthonien dépasse le
simple registre sonore pour toucher à une forme d’expression
universelle, où la musique devient le langage des éléments.
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| Jean Martinon |
Il est également intéressant de noter que cette dimension dans ”Divertissement“ s’inscrit dans le contexte plus large de l’époque. Entre deux guerres
mondiales, la redécouverte des racines et des mythes anciens nourrissait
l’inspiration artistique. Ibert, conscient de cette atmosphère, intègre dans son œuvre une énergie qui
dépasse le divertissement superficiel : un appel à renouer avec des
forces archaïques, à travers une musique accessible, mais riche de
significations implicites.
En somme, l’écoute de ”Divertissement“ nous invite à dépasser l’apparente légèreté de la pièce pour en
percevoir la profondeur cachée. Jacques Ibert, par un savant mélange de rythmes puissants, de textures contrastées
et d’une vitalité contagieuse, réveille en nous cette part primitive,
capable de nous relier à la terre et à ses mystères. Cette œuvre
illustre ainsi parfaitement comment la musique peut être à la fois
plaisante, divertissante, et porteuse d’une force souterraine
essentielle, hommage discret mais vibrant à l’inexorable puissance du
monde.
Après relecture de ma copie, je la trouve trop austère (comme disait
Liszt dans la gare du même nom), complexe tout comme la musique de Jacques Ibert
pour des oreilles non averties.







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