DE LA COMEDIE FRANCAISE de Martin Darondeau et Bertrand Usclat (2026) par Luc B.
C’est ce qu’on appelle faire le grand écart, passer des
3h00 tonitruantes de L’ODYSSEE la semaine dernière, à l'1h15 de DE LA COMEDIE
FRANCAISE ! Ce n'est pas en Imax, mais on y rigole beaucoup plus !
Le
prétexte de cette comédie est tout bête : Nina Cardi (Pauline Clément) ajuste les réglages
de sa première mise en scène de "Macbeth" à la Comédie Française, dont la première
a lieu le soir même. Et comme disait Audiard, les emmerdes ça vole toujours en escadrille. L’actrice principale se retrouve coincée en province, partie tourner une série télé. Il faut annuler la représentation, ou improviser
rapidement une solution de rechange…
C’est un huis-clos, tourné sur les lieux
même, avec les sociétaires de la Comédie Française, dont pour certains on
reconnait le visage pour les avoir vu au cinéma : Laurent Stocker, Marina
Hands, Danièle Lebrun, Christian Hecq, Guillaume Gallienne, Benjamin Lavernhe.
Denis Podalydès ne fait qu’une apparition sonore… le DJ de Radio Molière, qui
ne programme que du Lully !
Raconté en quasi temps réel, on va suivre les
déboires de la troupe, basés sur des incidents dont on se doute qu’ils proviennent
de souvenirs bien réels. Ce qui aurait pu s’apparenter à une célébration
pompeuse à la gloire du Français, donne une comédie débridée, souvent
jubilatoire. Les comédiens y sont pour beaucoup, qui s’amusent comme
des fous à se moquer d’eux-mêmes et dépoussiérer la noble institution. Le film distille plein de petites
informations, détails, comme ces
sociétaires contraints de cachetonner en douce dans des séries télé, les déboires techniques, ceux qui
jouent cinq pièces en même temps et confondent textes et personnages (Feydeau et Shakespeare !), les superstitions « - mon costume est vert ! - non, moi je le vois plutôt bleu turquoise - moi j'suis daltonienne, je le vois orange »,
les histoires de cœur ou de cul, et bien sûr les égos parfois haut placés.
Christian
Hecq (souvent vu chez Albert Dupontel) excelle en régisseur maniaque, féru d’explications
techniques qui font chier tout le monde, Florence Viala en costumière qui
remarque le moindre kilos en trop ou les premières varices, Guillaume Gallienne
en gardien retors adepte du badge, Danièle Lebrun qui a forcé sur le pétard et erre hébétée dans les couloirs à la recherche de la scène, Séphora
Pondi maquilleuse télé dénichée à la rescousse (pardon, « make-up artist » !)
qui force sur le fond de teint orange, Laurent Stocker en star blasée et cocue.
Et à la baguette, Pauline Clément (aussi co-scénariste du film) qui jongle avec
tous ces emmerdements pour assurer le soir même la représentation, puisque qu’aucune n’a été annulée en plus de 350 ans, même sous les bombardements. D’autant que la ministre de
la Culture est annoncée à la première…
Il ne faut pas s’attendre à des prouesses
de cinéma, le réalisateur Bertrand Usclat a jusqu’ici produit des pastilles
comiques de 2 minutes (« Broute », parodie du média Brut). Mais les
contraintes du format court ont été un atout, puisque le film est tourné en
seulement 15 jours, avec un plan de travail sans cesse réadapté, les
sociétaires n’ayant que peu de temps à consacrer au film, puisque jouant en même temps sur scène, parfois deux fois par jour. L’interprétation est
évidemment sans reproche, vu les cadors.
Rythmé par une musique funky et souvent
par une batterie seule, le tempo ne faiblit pas. Bertrand Usclat suit souvent
caméra épaule les protagonistes courir dans les couloirs, les escaliers, ce qui
rappelle le film BIRDMAN de Alejandro Iñárritu. Et du coup, on se dit que l’exploit
aurait été de réellement filmer l’ensemble en un seul plan séquence, l’action ne que durant trois heures pour un film d’une heure et quart. On sent que l’intention n’était
pas loin, quitte à tricher un peu dans les transitions (comme Iñárritu ou Cuaròn
ne s’en privent pas), le numérique permet parfois de belles choses.
DE LA
COMEDIE FRANCAISE célèbre le théâtre, l’esprit de troupe, un Molière un peu contrarié qu'on joue dans sa maison le vulgaire Shakespeare y
fait même une apparition. C’est vif, burlesque, assez déjanté, on passe un bon
moment.
Eh bien, voilà un film qui va nous changer des blockbusters imbitables à X millions de dollars. Je sens que ça va faire un tabac, vu le thème. Plus musique
Excellente critique dans Le Canard (entre deux films monténégrins) qui subodore que certaines répliques vont devenir cultes. Pour savoir lesquelles, il faudra voir le film.
Dans un ascenseur, musique d'ambiance : "Vous écoutez Radio Molière, c'était Lully. Et maintenant, Lully ". Deux semaines plus tard j'en ris encore. Mais je suis bon client.
Eh bien, voilà un film qui va nous changer des blockbusters imbitables à X millions de dollars. Je sens que ça va faire un tabac, vu le thème. Plus musique
RépondreSupprimerSuite: assurée par une batterie seule, le type aime prendre des risques.
RépondreSupprimerÇa marche déjà très bien, le bouche à oreille fonctionne. La batterie seule colle très bien au rythme du film.
RépondreSupprimerExcellente critique dans Le Canard (entre deux films monténégrins) qui subodore que certaines répliques vont devenir cultes. Pour savoir lesquelles, il faudra voir le film.
RépondreSupprimerCa prendra pas beaucoup de temps (1h15...) mais c'est pas bon signe, même si les plaisanteries les meilleures sont souvent les plus courtes...
SupprimerDans un ascenseur, musique d'ambiance : "Vous écoutez Radio Molière, c'était Lully. Et maintenant, Lully ". Deux semaines plus tard j'en ris encore. Mais je suis bon client.
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