- Salut Pat, c'est la semaine de Benjamin et Luc n'a pas eu le temps de
préparer sa chronique. Claude vient de m'appeler depuis Vienne (il écume
des manuscrits poussiéreux dans les caves de la Philharmonie) et de me
demander d'improviser un billet… Là je suis mal… T'as une idée…
- Waouh ma biche, quand on voit l'index classique et le millier
d'œuvres déjà commentées, je comprends ton angoisse… faut pas un truc
long, une œuvre classique, sympa, pas de philo… Humm voyons… J'pense à
une p'tite symphonie de Haydn, sur les 104, Claude n'a pas tout
chroniqué, on regarde…
- T'es Sympa, merci…
- Ah voyons ma Sonia, on a déjà : les six parisiennes au complet, les
londoniennes sont ambitieuses, les principales du Sturm und Drang sont
aussi présentes… Ma parole, à force, on va tirer au sort dans la liste
sur Wikipédia…
- Tiens Pat, y en a une, la 43 qui s'appelle "Mercure", elle a sans doute un style cosmique ?
- Pourquoi pas, elle va peut-être faire monter la température, haha…
- Ou refroidir les lecteurs ! hihi… Ok je me lance, tu me donneras ton
avis…
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| Mercure par Hendrick Goltzius (1610) |
Mince, pas de chance, la jaquette est hideuse, elle me rappelle de mémoire
celle de 1963 pour la
9ème symphonie
de
Beethoven
par
Karajan
(clic)… Pourtant pour Mercure, il y a du choix. J'irai vérifier l'origine
du sous-titre… En attendant, je mets du traditionnel : soit le Dieu* romain
qui était un facteur ailé portant les messages avant l'invention des emails,
soit la planète (façon
Holst). Hehe, je maîtrise les Clic, M'sieur Toon m'a bien coaché. Il est
beau ce mec… non, pas le Toon, le Dieu du tableau. Bon je m'égare, pas de
digression…
(*) Hermès en grec, même métier, un cumulard. Et puis avec ce que je
gagne au blog, vous imaginez pas que je me fringue chez Hermès Luxe quand
même…
- Heu Sonia, je lis par-dessus ton épaule… On a dit pas de digression
vraiment hors sujet !!!!
- Ok Pat, désolée…
Et bien c'est pas avec les trois lignes sur Wikipédia en français, que je
vais avancer… Waouh, en allemand c'est un roman fleuve ! Enfin, hop un petit
coup de traduction (Merci Chrome) et je prends des notes… ("Mercure au Chrome"), désolée pour ce calembour nul, je sors… pfff !
Pour la biographie du compositeur autrichien qui a vécu 77 ans (pas mal
pour l'époque), je ne ferai pas mieux que Claude dans sa chronique sur un
brelan de
symphonies londoniennes
(3 parmi les douze dernières composées lors du second voyage à Londres)
dirigées par le truculent chef british
Sir Thomas Beecham
(Clic).
Pour la vidéo, j'ai pris la première venue sur YouTube, un disque de Adam Fischer, chef d'orchestre qui a gravé pour le label Nimbus l'intégrale des symphonies de Haydn, une grosse boîte de 33 CD plus récente que celle d'Antal Dorati des années 60-70 que Claude avait retenue pour parler des six symphonies "parisiennes", l'"Ours", la "Reine", etc… de mémoire des symphonies énergisantes. Et puis pour ce coffret d'Adam Fischer, des centaines de commentateurs d'Amazon le trouvent à 95% génial… alors.
Je tord le coup à cette histoire de "Mercure". Jamais le grand Joseph n'a sous-titré sa symphonie avec le nom du dieu-planète. Un seul intérêt, c'est plus pratique quand on la cherche dans une boîte de 33 CD que ce numéro 43 dont, honnêtement, on ne se rappelle jamais… Ce sous-titre aurait été attribué soit lors de l'utilisation de la symphonie pour une comédie ballet mettant en scène Mercure, un spectacle mythologique typique de l'époque et organisé chez le Prince Esterhazy, l'employeur de Haydn de 1766 à 1790. La première trace de cet intitulé date en fait de 1839… Bref, on ne va pas passer la semaine sur cette énigme…
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| Adam Fischer |
Adam Fischer est né en 1949. D'origine hongroise il a fait ses études au conservatoire Franz Liszt de Budapest. Il est le frangin d'Iván Fischer beaucoup plus connu sur la scène internationale et écouté dans ce blog dans La "pastorale" de Beethoven et les "danses hongroises" de Brahms. Nota : Adam et Iván sont de fervents opposants au dictateur Viktor Orban. Adam a d'ailleurs démissionné de son poste de l'opéra de Budapest en 2010 ! Cela dit, spécialiste des œuvres de Haydn (une évidence à lire mon texte), Mozart, Wagner et Bartok, il n'est ni au chômage ni en prison mais dirige depuis 2015 comme chef d'orchestre principal l'Orchestre symphonique de Düsseldorf. Il y a été nommé pour jusqu'en 2030.
Sinon
Adam Fischer
a beaucoup œuvré sur les scènes lyriques européennes…
Il a créé en 1987 l'Österreichisch-Ungarische Haydn-Philharmonie
pour enregistrer cette intégrale
Haydn.
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Si j'ai tout compris, cette symphonie sans programme précis date de 1771, soit de la période dite du Sturm und Drang (Orage et Passions) époque où Haydn compose des symphonies aux titres bien connus : "Passionne", "Funèbre", "Adieu", etc. (Index). Elle dure 25 minutes, comprend comme toujours quatre mouvements et sa tonalité est en mi bémol majeur, donc pas dramatique je crois. L'orchestre est réduit : deux hautbois, deux cors et (ça me fait penser à des symphonies de jeunesse de Mozart, ou à la sinfonia concertante pour violon et alto). Claude pourrait confirmer. Un basson peut être ajouté et joue à l'unisson avec la ou les contrebasses et les violoncelles. Un continuo de clavecin est possible. J'ai juste regardé la (Partition) pour confirmer la formation instrumentale. Je suis pas douée en solfège…
Formée à l'école Toon, je rappelle ce qu'est le
Sturm und Drang. Il s'agit d'un
mouvement intellectuel allemand influencé par les Lumières en France.
Écrivains et compositeurs s'interrogent sur la finalité d'une œuvre,
est-ce uniquement un divertissement ou doit-elle exprimer des émotions
plus intimes, des pensées philosophiques, c'est précurseur du Romantisme…
Claude en a souvent parlé dans ses chroniques, justement pour
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Aie j'arrive à la partie consacrée à une analyse thématique en guise de
guide pour faciliter l'écoute de l'ouvrage. Bigre sans Claude et sans
savoir parcourir la partition qui s'affiche dans la vidéo, je suis mal 😓. Je me contente d'essayer de formuler mes impressions…
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| Salle Haydn au palais Esterhazy |
[00:00] 1. Allegro : J'ai lu dans Wikipédia que le groupe thématique comprend les 26 premières mesures en quatre motifs 😟 ! Claude SOS. C'est vrai qu'à bien y regarder, l'intro est un accord musclé noté [f] que l'on retrouve plus loin mais que deux fois, j'y comprends rien. J'ai appelé Claude au téléphone. ☎ "Mouais Sonia, c'est farceur venant de Haydn, tu penses. Cet accord puissant marque le début des deux première phrases (motifs). La 2ème à [00:11]. Puis la 3ème débute à [00:16]. La 4ème à [00:24] mais sans cet accord, juste après un soupir 𝄽 à l'unisson de l'orchestre, regarde au 2ème et 3ème temps de la mesure 14...". 😟. Heureusement, il a ajouté : "Limite toi à parler de tes sentiments, ces phrases constituent le grand bloc thématique A, il n'y a pas de thème B. Haydn l'imaginatif facétieux ne respecte pas la forme sonate usuelle, c'est sans importance… À plus Sonia, bises". ☎ Holà, ô que oui chef, on s'en fiche 😊 !
Les accords des premières "phrases" me font penser aux "trois coups" au
théâtre. Par contre, j'entends à partir de [00:38] une chevauchée dans une
forêt… Le rythme est allant, et par-ci, par-là, la mélodie change de style
entre gaieté et élégie… J'aime bien cette fantaisie. Tiens, à [02:08], on
retourne au début, sans doute la fameuse reprise du truc sonate. Bref, cette
musique me met de bonne humeur… c'est chouette et vivant… J'ai l'impression
que l'accord assené au début et répété pourrait servir de rythmique pour un
ballet… qui a peut-être eu lieu comme le dit une légende…
[07:16] 2. Adagio : Me voilà cheminant
dans une procession, non plutôt une ballade tranquille, main dans la main,
avec mon copain Ferdinand, c'est plus mon genre ça. On accélère le pas… On
entend bien le cor en arrière-plan. Je ne comprends pas bien les
explications ésotériques du professionnel qui a rédigé l'article wiki en
teuton. On entend plusieurs fois les cors bomber le torse, excusez moi pour
cette trivialité. Il y a beaucoup d'intimisme dans cet adagio…
[16:03] 3. Menuetto &
Trio : Une mélodie trépidante est
répétée deux fois, je ne sais pas danser le menuet, dommage, ça semble
élégant et mondain. [17:38] le trio (en do mineur d'après Wiki) sonne
cantabile (chantant, je m'essaie aux mots savants empruntés à mon mentor),
avec des hautbois et des cors trop discrets à mon avis… Prise de son ?
[19:18] 4. Finale. Allegro : Très allègre, le final me fait penser à ce qu'on appelle un petit concerto pour orchestre, orchestre de chambre ici. Haydn offre à chaque pupitre son petit solo personnel. Une musique pleine d'énergie…
- Ah le conseil d'écoute au casque. Il faut aller bidouiller le code HTML dans les entrailles du blog. On me demande de drôles d'exploits. Mais j'ai un classeur lutin avec les différentes recettes données par Le Toon. Et j'ajoute une photo de la planète Mercure pour la déco et les amateurs d'horoscopes 😊.
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Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que conseillée. Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la musique…
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INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool. |
- Ah au fait la note. Claude Toon m'a dit de mettre 4/6






Coucou choupette
RépondreSupprimerIl est bien ton billet, sympa la musique de monsieur Haydn. Il est cool ton petit chef de t'avoir aidé pour le passage ardu de solfège… D'autant que j'ai pu suivre sur la vidéo.
Tu donnes mon bonjour à M. Pat Slade avec qui tu t'entends bien aussi et dont les billets sont plus dans mes goûts…
Bises
Ferdinand
"il écume des manuscrits poussiéreux dans les caves" ... faudrait-il lire "il cuve dans les caves poussiéreuses de... "
RépondreSupprimer(j'aime bien "Mercure au Chrome")
Ça me rappelle mon adolescence... et une parente qui m'avait parlé d'Haydn - entre autres.
RépondreSupprimerJe redécouvre et j'aime bien ce "Mercure 43" - même si j'ai du mal avec le menuet