C’est un secret de polichinelle pour personne. Je n’aime pas Renaud ou
plutôt je m'en suis lassé. Mais il y a une période de sa vie que j’ai bien
aimé, sa genèse.
Vrai poulbot ou faux loubard ?
Je ne suis pas un inconditionnel de Renaud, le personnage ne m’a jamais vraiment emballé, mais comme il faut faire
plaisir à tout le monde, je vais faire abstraction de mes goûts et
répondre à la (forte !) demande d'un article sur le chanteur.
La seule période qui me parle le plus me renvoie à ses débuts et à ses
premiers albums à partir de 1975. Mais pour arriver à ce qu’il
est devenu, il a quand même pas mal galéré. Une rumeur, au début de ses
succès (Moi-même j’y croyais), disait qu’il était issu d’une
famille de la petite bourgeoisie et qu’il jouait le gamin de la zone en
contradiction avec l’éducation parentale qu’il avait eue. Évidemment les
jaloux qui avaient lâché cette info avaient tout faux. Il est né
en 1952 (Il aura 74 ans le 11 mai) dans le XIVème
arrondissement de Paris (Pour les provinciaux, sur la rive gauche située entre Montparnasse et
le parc Montsouris séparé par le périphérique de Montrouge, Malakoff
et Gentilly) d’un père professeur d’Allemand et de
Hollandais auteur de romans policiers et d’une mère descendante de mineurs
du nord et femme au foyer. Pour ce qui est de la scolarité, ce n’est pas
vraiment ça ! Dès l’école primaire il ne manifeste pas une forte envie de
travailler et la situation ne s’arrangera pas en entrant en sixième.
Il échoue au BEPC en 1965 et doit redoubler sa troisième,
mais le lycée ne le garde pas. Il intègre le lycée Montaigne
en 1967 mais ce ne sera pas mieux. Hormis le français et
le dessin, il fait une aversion à toutes les autres
matières. L’indiscipline est sa maitresse et son refus de
toute autorité son cheval de bataille.
En vacance en 1971, il rencontre Patrick Dewaere qui le fera entrer au café de la gare en remplacement de Gérard Lefèvre (dit Gégé). Tout en restant libraire le jour, il
joue le soir avec Coluche, Miou-Miou et toute la troupe de Romain Bouteille. Après avoir
passé un certain temps avec cette bande de joyeux drilles, il rend sa place
au retour de Gégé et pense avoir trouvé sa
vocation : comédien. Pour retards successifs, il est
licencié. Après un rapide passage dans le sud, il retourne dans la
capitale où il effectue plusieurs petits boulots, de plongeur à
représentant en livres pornos. Les années suivantes, il fréquente
Montparnasse, chante dans les rues et dans les cours avec son
pote Michel Pons à l’accordéon,
il chante le Paris populo au travers des chansons de Bruant et du bal musette.
En 1974 alors que Coluche commence à percer en jouant son spectacle au nouveau café de la gare,
il décide de jouer dans la cour devant la file d’attente, lui et ses
compères (Michel Pons à l’accordéon et Bénédicte Coutler à la guitare) sont remarqués par Paul Lederman, il leur propose de jouer en première partie de son poulain au Caf’conc’.
Engagé pour trois mois, le groupe ne durera que trois semaines pour cause
d’obligations militaires de l’accordéoniste. Lederman encourage Renaudà continuer seul. A la Pizza du Marais, il va roder ses propres textes et
en 1975, Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim lui
proposent de faire un album, son premier 33 tours : ”Amoureux de Paname“ sort en mars. Un premier essai qui se vendra difficilement mais
remportera un succès d’estime. ”Amoureux de Paname“ Un premier titre qui nous met bien dans le bain, Pour ceux qui ont connu
le Paris des années 60, on a la saveur et les odeurs du pavé parisien. ”Société tu m’auras pas“ Le blouson du loubard anarchiste commence à percer sous la casquette du
poulbot. ”Petite Fille des sombres rues“ qui aurait du s’appeler”Monsieur Franco“ Même si il est un révolté, c’est aussi un auteur de très beaux textes
(Quand on aime le français au lycée… ça paye). ”La java sans joie“ sonne comme les chansons que jouait les chanteurs des rues au début du
siècle dernier. ”Gueule d’aminche“ encore un titre nostalgique avec une bonne manière de se servir de la
langue verte.
”La Coupole“ La célèbre brasserie au cœur de Montparnasse, tout peut se chanter même un resto de fruit de
mer. ”Hexagone“ l'un des tubes de l’album qui va le cataloguer ”Chanteur énervant“ auprès d’une certaine catégorie de personnes. Mois après mois, il va
passer en revue les habitudes des français. Étant très critique, la
chanson sera, par ailleurs, interdite d'antenne. ”Écoutez-moi les gavroches“ Encore une jolie ballade sur les gamins de Paris. ”Rita“ Une chanson humoristique en un seul couplet d’une durée de 39 secondes.
”Camarade bourgeois“ Une chanson satirique sur la classe bourgeoise vis à vis des mouvements
gauchistes intellos issus de mai 68. ”Le gringalet“ une chanson façon Aristide Bruant. ”La menthe a l’eau“ surement pas le meilleur titre, l’orchestration est trop fournie. ”Greta“ une histoire d’amour berlinoise ville séparée par le mur.
Le Renaud
avec la casquette de toile blanche de son grand-père tombant sur les
yeux, qui gratte sa guitare et qui chante avec talent quelques goualantes
du début du siècle, si ce Renaud était resté dans ce
registre de Poulbot révolté tout le long de sa carrière, peut être que
j’aurais aimé.





Faux loubard, évidemment, c'est un déguisement. Restent les "tubes", en particulier, me concernant, "Hexagone" (toujours d'actualité...), "Miss Maggie" et allez, quand même, "Mistral gagnant".
RépondreSupprimerJe ne suis pas d'une nature à jeter le bébé avec l'eau du bain… Après un début de carrière hors norme, Renaud a sombré en lui-même et semble presque oublié..
RépondreSupprimerJ'avoue ma préférence pour les albums d'avant la picole… Saleté de maladie ; fidèle j'ai quand même douze albums.
Mon HLM, même 500 connards sur la ligne de départ car je ne suis pas un fan de ce gâchis pseudo aventureux (opinion perso).
Et aussi Mon bistrot préféré hommage aux grands qui sont devenus si rares…. En 2002… depuis j'avoue être moins intéressé voire connaisseur.
Troisième billet de toi pour Renaud Pat, pour un gars qu'il ne l'aime pas trop 😊
On ne pourra jamais nier sauf mauvaise foi militante qu'il a ou avait une sacrée plume pour ses textes...
Tout comme toin je préfère l"ère post picole. Peut etre que dans un avenir proche je referait un billet sur un de ses albums mais pas après 1980 hormis peut être le live "Le P’tit Bal du samedi soir et autres chansons réalistes" pour justement les chansons réaliste que j'ai toujours aimé
Supprimer