Le film ne perd son temps en exposition, qui entre illico dans le vif du sujet, en développant trois intrigues parallèles qui vont irriguer le récit. Un bon point.
La première scène pose le personnage idolâtré par
son public. Un Matt Vasseur aux canines blanchies qui se jette dans
l’arène, galvanise les foules sur fond du « Sirius »
d’Alan Parsons Project (j’avais pas entendu ça depuis 30 ans !).
Son truc, c’est isoler un spectateur, cerner son problème,
faire communion, lui donner les pistes pour réussir. Ce
jour-là, il choisit le brave Julien (joué par l’excellent Antony Bajon). Et il n’aurait sans doute pas
dû…Julien va vite devenir un boulet encombrant dont il va falloir se débarrasser. Autre souci, cette enquête sénatoriale qui vise à réguler la profession de coach. Vasseur se rend à la convocation sûr de son bagou, il va vite déchanter. En parallèle il renoue avec son frère Christophe, pensant s’en faire un allié, mais le frangin a visiblement un sérieux contentieux à régler. La relation fraternelle va tourner au règlement de compte. Et derrière tout cela, il y a une entreprise à faire tourner, avec sa femme Adèle (Marion Barbeau, vue dans EN CORPS de Cédric Klapisch), des employés dévoués, du fric facile, et la promesse d’ouvrir à Las Vegas le prochain show de Peter Conrad. Une proposition qu’on ne peut pas refuser…
Côté mise en scène, Yann Gozlan n’y va pas avec le dos de la cuillère. Comme d’hab, je reproche ce format scope mal exploité, trop de gros plans, des champs contre champs faciles, usants. Réalisation clinquante et flashy, des effets en veux-tu en voilà (scènes à Vegas) à l’image de son héros.
Mais qui sait aussi se poser pour instiller
le suspens. Comme dans la séquence où Vasseur démasque une
journaliste infiltrée, le gourou en roue libre, contraint de sortir
de ses scripts millimétrés. Ou lorsque Vasseur se rend chez
Julien qu’il soupçonne de le troller sur la toile, scène prenante qui doit beaucoup à Antony Bajon. Mais une fois encore, pourquoi morceler la scène en champs contre champs et ne pas avoir misé sur la tension du plan séquence ? Joli aussi ce face à face avec Rudy à
propos de la supposée trahison du frère, tout dans le jeu de
regards. Le film multiplie les fausses pistes, quitte à s’égarer parfois. Car des moments sonnent artificiels, sans enjeux, comme la perte d’un téléphone en forêt qui n’aboutit à rien. Il aurait fallu élaguer un peu dans ces deux heures et quelques. C’est dans les rapports entre les personnages que le film est le plus intéressant. L’épouse qui perd confiance, le chauffeur qui en gagne trop. Comme dans BOITE NOIRE, la paranoïa s’immisce. Le gourou de pacotille perd pied. On adore détester les héros qui dévissent, et en même temps, on a presque de la peine pour lui, comme ces moments très gênants avant sa prestation à Las Vegas. La conclusion ouvre a différentes interprétations.
GOUROU se regarde bien, Gozlan tient le spectateur, avec quelques trous d’air ou redondances ensuite. Un film calibré, où Pierre Niney fait le job (dans les limites de ses possibilités comme on dit...) souvent dépassé par les seconds rôles.
Lien vers Elmer Gantry ; lien vers Boite noire





J'attends encore de voir un vrai bon film avec Niney. Je comprends pas l'engouement du public et trop souvent de la critique pour ce gars, le plus souvent transparent dans des films quelconques.
RépondreSupprimerC'est sûr que vu la thématique du film, le comparer à Cruise dans Magnolia ou à Hoffman dans The Master (les deux de PTA, qui joue pas exactement dans la même cour que Gozlan) , ça va pas tourner en sa faveur ...
Là où PTA ne faisait d'un tel personnage qu'un rôle secondaire dans son film chorale (qui a ses longueurs et maniérismes tout de même, pour l'avoir revu il y a peu) Gozlan en fait le rôle principal. J'ai cru comprendre que l'idée de Niney était venu de là. Le mec est sympathique, plutôt drôle, de beaux pectoraux (il les montre souvent) mais c'est vrai qu'on attend le grand rôle. Qui ne viendra jamais à mon avis ! Comme je le dis, il fait le job. Je n'ai vu que "Monte Cristo" qu'en partie à la télé, un bon produit.
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