mardi 15 novembre 2022

THE TRUMAN SHOW de Peter Weir (1998) - par Pat Slade



 «The Truman Show» ou la manipulation médiatique sur la vie d’un homme.



Une vie sous l'œil des caméras




Passeriez-vous votre vie sous le feu des projecteurs à votre insu  ?  Truman Burbank (Jim Carrey) est un de ceux-là, sa vie n’est qu’une immense mise en scène pour le bon plaisir des spectateurs. C’est comme si vous regardiez les anges de la télé réalité ou les marseillais depuis leurs naissance (Oui je sais ! Ce serait très pénible et même un cauchemar !).

«The Truman Show» est une dystopie, Truman ne sait pas qu'il vit depuis sa naissance pour un show télévisé en continu, 24/24. Toutes les péripéties de sa vie sont donc scénarisées et son quotidien filmé par de très nombreuses caméras. D'ailleurs la ville ou il vit, Seahaven, n'existe pas, il ne s'agit que d'un gigantesque plateau télé. «The Truman Show» n’est qu’une immense téléréalité qui nous dépeint une société américaine assoupie dans son conformisme.                                                                      

Ed Harris
Le sous titre du film nous plonge dans le contexte orwelien «On the air. Unaware» qui sera traduit en français par « Et vous, qui vous regarde ? ». Si on devait comparer «The Truman Show» à une autre production, ce serait un peu comme « Le Prisonnier », la série télévisée de 1967 avec Patrick McGoohan. Un homme prisonnier de son destin et contre son gré. Les nombreux effets visuels rappellent les caméras de surveillance.  Le réalisateur Christof (Ed Harriss’adresse directement à la caméra face à un public enflammé. Christof c’est l’image de Dieu ou du docteur Frankestein, il dirige sa créature.  Tout est lié au cinéma dans la vie de Truman, les gens qui l’entourent se nomment Meryl, Marlon, Laurène comme Meryl Streep, Marlon Brando ou Lauren Bacall.

Truman sa fausse femme et fausse mère
Même principe pour le choix des noms des rues de Seahaven avec Lancaster Square ou Demille Street pour le réalisateur Cécil B. Demille. Même le nom du héros est un clin d’œil, Truman signifie  vrai homme (True-man) et Burbank est un quartier d’Hollywood connu pour ses studios de cinémas. Le film a été réalisé par Peter Weir. (des auteurs comme Brian de Palma, Tim Burton, Terry Gilliam ou Steven Spielberg se sont vu proposés le projet.) « The Truman Show » est le précurseur et sera à l’origine des émissions de télé réalités puisque dès l’année suivante, première émission d’enfermement intitulée «Big Brother» verra le jour au Pays-Bas et «Loft Story» en France deux ans plus tard. On peut dire que c’est à cause de ce film que l’on doit de se goinfrer toutes les conneries avec des bimbos décérébrées (Houlà, je me reprends, parité oblige : des deux sexes… avec des musclors façon kékés). Le Truman Syndrome est une maladie mentale, les personnes qui en sont atteintes se croient les stars d’une télé réalité qui n’existe pas.  

Peter Weir
Jim Carrey trouve dans Truman Burbank un de ses meilleurs rôles, même si sa palette d’expression reste sa principale arme de prédilection, il fait le clown, tire la langue à sa fausse femme, tord son corps pour échapper au contrôle des caméras, Jim Carrey reste Jim Carrey. Je ne raconterai pas le film ou juste un petit peu, (La dernière fois, j’avais complètement spoiler «Le salaire de la peur» et Claude m'avait donné un coup de main pour reformuler ma copie et ménager le suspens).

Sylvia et Truman
Truman est agent d’assurance, il est marié à Meryl, une infirmière. Il vit dans la ville de Seahaven où toutes les maisons se ressemblent. Cette ville c’est Big Brother, elle est truffée de caméras, nous ne sommes pas loin de «1984» de Georges Orwell. Tous les habitants ainsi que ses proches ne sont que des acteurs. Confiné dans son cadre restreint avec une fausse famille et de faux amis,  Truman en a assez de sa condition et demande à connaître le vaste monde, il veut voyager et surtout retrouver Sylvia (Natascha McElhone) qui, d’un regard, l’avait envouté dans sa jeunesse. Mais le réalisateur mettra toute en œuvre pour que la créature qu’il a créée ne puisse s’échapper.

Jim Carrey recevra un Golden Globes bien mérité pour sa prestation et Ed Harris dans le meilleur second rôle. Peter Weir aura l’Oscar de meilleur réalisateur et Ed Harris pour le meilleur second rôle. Si Brian de Palma avait réalisé le film, il aurait donné le rôle de Truman à Tom Hanks.


«The Truman Show» un grand film avec un grand Jim Carrey, un film culte à voir. 


1 commentaire:

  1. Big Bad Pete13/5/23 20:03

    C'est déprimant : ce film à sa sortie était une dystopie. 25 ans plus tard, l'immonde réalité télévisuelle ne l'a pas rattrapée en termes de moyens, mais bien dépassé question mauvais goût...

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