Un matin, en farfouillant dans les archives
du Déblocnot (quel foutoir ! Il faudra envoyer Sonia pour faire un peu de classement !), je me rendis compte que le plus classique des albums du Pink Floyd n’avait pas été chroniqué.
Un album qui rapporte de la money
Il y a des albums qui traversent les époques sans perdre de leur force. Et puis il y a ”The Dark Side of the Moon“ le huitième album studio de Pink Floyd, sorti en 1973, qui semble avoir été conçu pour échapper au temps.
Avec “Money”,
le groupe adopte une approche différente. Le célèbre rythme (un morceau à 7 temps)
construit autour de sons de caisse enregistreuse donne au morceau une identité
immédiatement reconnaissable, tandis que les paroles s’attaquent à la place de
l’argent dans nos existences. Là encore, le propos demeure actuel : la
richesse, la consommation et la recherche de réussite continuent de structurer
nos sociétés. Mais c’est peut-être dans les moments les plus calmes que l’album
révèle toute sa profondeur. ”The Great Gig in the sky“, notamment, repose
en grande partie sur la performance vocale bouleversante de Clare Torry. Sans
véritable texte, la voix devient un instrument à part entière, exprimant
quelque chose de difficile à mettre en mots la peur, la douleur, l’abandon,
mais aussi une forme de liberté.
La dernière
partie de l’album, avec “Brain Damage“ et ”Eclipse“, pousse cette logique
jusqu’à son terme. La folie, l’obsession et la fragilité mentale deviennent les
dernières étapes d’un parcours consacré aux différentes tensions de l’existence
humaine. Lorsque l’album s’achève, le battement de cœur revient, comme pour
refermer la boucle. C’est peut-être cette construction circulaire qui explique
en partie la puissance de ”The Dark Side of the Moon“. Tout semble lié. Les morceaux
communiquent entre eux, les thèmes se répondent et les sons créent une
continuité presque cinématographique. On peut évidemment écouter chaque titre
séparément, mais l’album prend toute sa dimension lorsqu’on accepte de le
parcourir d’une traite.
”The Dark Side of the Moon“ est finalement un album sur la condition humaine. Sa musique est sophistiquée
sans perdre son émotion, ses textes sont simples sans être superficiels, et son
atmosphère reste immédiatement reconnaissable. C’est un disque que l’on peut
écouter pour sa beauté sonore, mais qui prend une autre dimension lorsqu’on se
laisse véritablement porter par son histoire. ”The Dark Side of the Moon“ n’est pas
simplement un album que l’on écoute une fois, c’est un disque auquel on revient, à
différents moments de sa vie, et dont on ne perçoit pas toujours les mêmes
émotions. C’est sans doute là que réside sa plus grande force : derrière la
perfection de sa production et la beauté de ses compositions, Pink Floyd a créé
une œuvre suffisamment ouverte pour que chacun puisse y trouver un peu de
lui-même.
Plus de cinquante ans après sa sortie, “The Dark Side of the
Moon”
reste donc bien davantage qu’un classique du rock progressif. C’est une œuvre
ambitieuse, accessible sans être simpliste, sophistiquée sans devenir froide,
et surtout capable de parler de préoccupations universelles sans donner
l’impression de délivrer une morale.
Pink Floyd y transforme des angoisses ordinaires, manquer de temps, courir après l’argent, avoir peur de la mort, perdre pied, en une œuvre musicale à la fois intime et monumentale. Et c’est peut-être là le véritable exploit de cet album : nous rappeler que, malgré toutes les années qui passent, certaines peurs restent exactement les mêmes.
Il restera dans le classement des albums du billboard pensant 736 semaines de 1973 à 1988. Au Royaume-Uni il est le septième album le plus vendu de tous les temps, et celui qui n'a jamais atteint la première place le plus vendu. Avec Pink Floyd the time is money.
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Et comme nous ne mégotons pas, on vous fait écouter l'album en entier...






Le plus grand album de rock? Peut-être oui, peut-être non, mais au moins dans les 10 meilleurs si tant est que ce type de classement ait un sens. Si on n'aime pas les classements, et pour montrer l'importance de Dark side of the moon, beaucoup pourraient dire où ils étaient la première fois qu'ils ont entendu Money ou Time. Plus que pour le 11 septembre.
RépondreSupprimerClassez-les dans la varièt... :-)
RépondreSupprimerJ'aime l'instrumental "Any colour you like", néanmoins.
Ah non désolé Shuffle je ne me souviens pas du tout quand j'ai entendu Money pour la première fois ! En revanche pour le 11 septembre là c'est encore bien vif dans ma petite tête de septuagénaire ! Pour tout dire le Floyd m'a toujours gonflé, et le titre Money plus particulièrement avec son insupportable sax ! Le Floyd c'est long ça se traîne, voire pompeux. Pour être honnête je sauve quelques superbes chorus de Gilmour mais comme ils sont noyés dans la masse ...
RépondreSupprimerDécidément, on ne sera d'accord sur rien...Il y a des albums du Floyd pas terribles (pompeux? Peut-être), mais Dark side et Wish you were here sont des monuments. Et j'aime bien Meddle, La Vache et More. En revanche, je ne supporte pas The Wall. Pour mon compte, il y a beaucoup plus de trucs qui m'ont marqué que le 11 septembre. La mort de Dickey Betts par exemple, ou la disparition de la Carlsberg et de la Mutzig Old Lager des rayons de supermarché (quelqu'un aurait des infos sur ce sujet?).
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