mardi 3 juillet 2018

FRANCK CARDUCCI - "TORN APART" (2015) - par Pat Slade



Nouvelle petite couche et troisième chronique pour le plus sympa des bassistes avec son album «Torn Apart». Une chronique à lire pour les jours de soleil et un Cd à écouter avec les pieds dans le sable et la tête au soleil (Mais pas l’inverse !




Torn Apart l’album de la  consécration





C’est l’été et comme chaque année les chroniqueurs du Déblocnot noircissent des ramettes de papier en bronzant sous les tubes néons, loin des plages et autres lieux de villégiatures pour que le blog soit toujours rempli de chroniques aussi intéressantes que distrayantes. Chacun y va de son bouquin, de son film ou de son album du moment, pour ma part, pas de souci, je suis dans ma période fan de l’ami Franck Carducci et je n’ai pas le choix dans l’embarras mais j’ai l’embarras du choix et il me faut ma dose quotidienne (Je pense même le dénoncer auprès de l’OMS comme  psychotrope). Quand on découvre un artiste, pour beaucoup, le cursus habituel est d’acheter un album (Souvent un live) pour ensuite se rabattre sur les enregistrements studios pour finir avec une prestation sur scène, Hé bien avec Franck, je ne suivrai pas cette voie, j’ai commencé par les vidéos You tube pour enchaîner avec de la scène et finir sur les albums. J’ai déjà consacré deux chroniques au bonhomme, alors  maintenant posons un œil ou plutôt une oreille (Et même les deux !) sur ses albums et particulièrement «Torn Apart». Premier problème rencontré avant de parler de cet album, je l’ai écouté jusqu'à voir au travers de la galette de polycarbonate pour pouvoir m’imprégner de l’ambiance qu’il s’en dégage, et il n’y a même pas besoin de l’écouter plus de cinq fois pour être pris dans une sorte de tourbillon musical qui mélange plusieurs styles. Déjà en premier lieu, Franck Carducci place la barre très haute, son style old-school récent et de prog à l’ancienne ne peut que faire bondir de joie les vieux aficionados du genre.

La pochette met tout de suite en condition, l’image de 5 visages hurlant de désespoir, fendus comme de vieilles statues de marbre avec la spirale de l’infinie dans le fond du gosier. Un artwork signé Casoli (Olivier Castan l’homme au teeshirt et surtout au clavier) et Corinne Vignal et qui n’est pas sans rappeler les sculptures  de Daniel Giraud (Cela fait trois semaines que je cherchais dans le fond de ma tête ou j’avais déjà vu ce genre de sculpture !). Comment traduire «Torn Apart» ? Une part déchirée ? Si c’est pour la tête du pauvre gars sur la couverture le titre colle parfaitement, si c’est sur la musique... y a tout faux !

Le premier titre «Torn apart» est toute une aventure à lui tout seul et vous plonge d’entrée dans le bain. Au départ, des accords désordonnés jetés en vrac suivi de quatre accords de guitare qui seront la ligne claire du morceau. Avec une rythmique accrocheuse, des solos brillants, des synthés et des claviers hauts en couleurs, un titre fabriqué comme une pièce montée avec ses différentes parties où la guitare en prendra la plus grosse part. Petit intermède mélodique de synthé et guitare sèche et après ce petit break, un final dantesque où la surmultiplié est passée entre les guitares et le son du clavier (Très Hammond), un son très Deep Purple. Mais ne faisons pas de comparaison entre un tel et un tel, c’est du Carducci ! «Torn Apart» un grand titre qui mélange rock et prog (Du rock-prog quoi !). Et je trouve que la version live de l’album «Tearing The Tour Apart» (2016) à plus de cojonès (Normal ! C’est du live !). 


«Closer to Irreversible» : Un blues-rock avec un entêtant, clavier et un solo de guitare en final d’un pote guitariste, un certain Steve Hackett (Qui dans sa jeunesse a fait partie d’un vague combo du Surrey appeler Genesis !). Un son très vintage qui n’est pas sans nous rappeler que les années 70 ne sont pas si loin et qu’en musique le passé ressurgit plus souvent que l’on ne le croit. « Journey Through the Mind» Un intro à la Marillion époque Fish suivie d’un son de flûte orientale à la Genesis période Peter Gabriel le tout rehaussé d’un sitar genre Georges Harisson et des vocaux qui se complètent parfaitement et la voix de la blonde Mary Reynaud qui fait sa première apparition  .


«Artificial Love» jolie titre avec une guitare omniprésente, le tout agrémenté de vocaux. «A Brief Tale of Time» (Un bref récit de temps) Attention ! Chef-d’œuvre ! Tout part doucement avec un jeu de guitare pincée et un clavier au son de mellotron (Il ne s’agit que de claviers analogique et John Lord ce serait moins embêté de jouer avec ça qu’avec son gros Hammond !),dans le solo de Richard Vecchi, j’entends Tony Banks dans le solo de clavier d’ «In the Cage», c’est simplement bluffant ! Et tout va monter crescendo. Un morceau plutôt complexe à écouter, mais avec des musiciens en phases, une ligne proche de Genesis, mais encore plus dans la veine d’ELP  dans «Tarkus» sur un fond de science-fiction et de voyage dans le temps.


Franck-Mary Reynaud-Steve Hackett
«Girlfriend for a Day» Franck Carducci sait aussi faire de belles petites ballades et il le prouve avec ce titre, même si le batteur à des fourmis dans les doigts au final ! «Mr Hyde & Dr Jekyll» J’ai lu beaucoup de comparaison (ppfff !) de la musique de Franck avec Rush entre autre mais avec cette intro virulente qui n’est pas sans rappeler la fin des seventies et un morceau franchement rock ou le prog n’est plus qu’un lointain souvenir, et j’avoue, hormis la voie de Franck, Rush n’est pas loin, l’orgue en plus. 
«Artificial Paradises» : Un morceau plus dramatique que les autres avec son clavier à la Supertramp et sa construction Floydienne encore un titre aux multiples parties où tout s’enchaine comme des perles sur un collier mais surtout l’entente entre Franck et Mary dans les parties chantées sont magnifiques. «School» Entre des sons étranges où l’on peut reconnaître un didjeridoo. La première question est «Quel est cette chose ?» et puis les premiers arpèges de guitare nous rappellent un morceau bien connus pour ceux qui possèdent l’album «Crime of The Century» (Qui ne le possède pas ?) de Supertramp. Donc ce n’est pas un homonyme musical mais bien un cover, chose qu’il avait déjà fait dans son premier album «Oddity» avec une belle reprise de «The Carpet Crawlers» de Genesis. Une école qui est bien conforme à son original avec des murs fraîchement repeints. 

Avec ces musiciens de haut vol, le Franck Carducci  Band avec «Torn Apart» a fait de cet album une indéniable réussite, faire des disques de prog à une époque où il y a un grand n’importe quoi sur le marché musical est un véritable tour de force et en plus le Franck Carducci Band arrive à remplir les salles et à attirer un public de fidèles dans les festivals comme le PEB ou le Crescendo et cela jusqu’au Royaume Unis et en Norvège. «Torn Apart»  Un album à posséder en attendant le prochain et en espérant que la barre soit encore plus haute. Il faut aussi écouter le live «Tearing The Tour Apart» et dans un avenir proche, il se peut que je cause d’«Oddity» !       


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