dimanche 29 août 2010

DOYLE BRAMHALL II & SMOKESTACK "Welcome" (2001) par Bruno



Doyle Bramhall II, est maintenant reconnu comme étant le talentueux guitariste qui accompagne Eric Clapton (ce dernier ne s'est jamais adjoint les services d'un manchot pour flatter son égo) depuis quelques années, en concert et sur disque ; reconnu également pour avoir été embauché pars Roger Waters pour l'accompagner en tournée. Certains se souviennent de lui comme membre d'Arc Angels, combo qui réunissait Charlie Sexton et la fameuse section rythmique Double Trouble ; surtout aux USA, où ils se produisent encore de temps à autres pour quelques concerts. 
D'autres encore feront la liaison avec l'homonyme, Doyle Bramhall, ami et compositeur de Stevie Ray Vaughan, qui n'est autre que son père. Ou encore, qu'il fut, à seize ans seulement, le guitariste d'accompagnement des Fabulous Thunderbird en tournée. 
Mais se souvient-on encore de cet unique opus de Doyle Bramhall & Smokestack, « Welcome » (en fait son troisième, mais les précédents, dotés d'ingrédients Pop, étaient sans les Smokestack) .

Pourtant ce disque n'est point dénué de qualités et d'intérêts, bien au contraire. Doyle Bramhall II (unique compositeur, avec l'aide de son épouse qui en co-signe un peu plus de la moitié) délivre un blues-rock racé, profondément vivace, positif, exsudant de parfums Soul (notamment par sa voix), gorgé jusqu'à la gueule de guitares Hendrixiennes dotées d'un feeling monstrueux. Des guitares extraverties criant leur soif de vie, leurs joies, leurs craintes et leurs espoirs, sachant autant chuchoter que rugir. Un Blues-Rock intemporel (même si l'inspiration vient majoritairement des 60's et 70's), faisant fit des frontières, aucunement académique encore moins conventionnel, toutefois sans être iconoclaste. Avec quelques émanations "Flower Power".

Au niveau son, évidemment, on nage en plein vintage, toutefois avec une dynamique (la production) actuelle, qui évite soigneusement d'être ampoulée.


Doyle est un guitariste gaucher qui a la particularité de jouer avec des instruments pour gaucher, mais avec les cordes inversées (comme Albert King et Otis Rush), ce qui forcément lui procure un diapason inversé (la corde de mi grave étant normalement plus que celle de mi aigüe). 
À l'instar d'Hendrix - dont il possède l'attirail complet, à savoir wah-wah, fuzz, Univibe, octavia, réverbe de rigueur, plus du matos plus récent comme chorus et effet leslie (Rotosphere) et les Line6 - Doyle utilise principalement des Fender Stratocaster (particulièrement des Custom & Relicet des amplis Marshall (son préféré, un Super Bass 67')
Cependant, il ne dédaigne pas une bonne Gibson (LesPaul double cutaway & SG) ou une Telecaster (modèles gaucher). 
Sa tonalité est entre grave et médium. Il utilise autant le jeu aux doigts que celui avec médiator.
Au retrouve aux chœurs Susannah Melvoin (ex-Prince, The Revolution & The Family, en 85-86, sœur de Wendy, elle collabora en tant que choriste pour Roger Waters, Clapton, Wendy & Lisa et Mike Oldfield, et composa pour Madonna), épouse de Doyle, qui participe à plus de la moitié des compositions.



     A la basse Chris Bruce (Wendy & Lisa, Seal, Me'Shell), gros travail, il insuffle avec l'aide de son acolyte J.J. Johnson (John Mayer) à la batterie, un groove puissant.

Pour prêter main-forte, deux musiciens de renom, Graig Ross (le guitariste de Lenny Kravitz) pour « others guitars », ainsi que Benmont Tench (Heartbreaker de Tom Petty) qui apporte son soutien à la production (avec Jim Scott) et aux claviers.


On sent bien que Doyle y a mit tout son cœur, et c'est comme si, en un seul album, il avait donné le travail, l'inspiration de toute une vie tant la qualité intrinsèque est indubitable. C'est de l'huile essentiel de Bramhall II.

Pour essayer de cibler la chose, on peut mentionner pêle-mêle, Kenny Wayne Shepherd, Ian Moore, Donny Hathaway, Sunset Heights, les Stones, The Hoax, Albert King, Stevie Ray Vaughan, The Road, Curtis Mayfield, Eric Gales, Nitro Junction (de Billy Cox), Sly Stone, Parish Hall, Kotzen, Arc Angels, Hendrix.
Comme le bon vin, cet enregistrement semble s'être bonifié avec le temps.


  1. "Green Light Girl"
  2. "Problem Child"
  3. "So You Want It to Rain"
  4. "Life"
  5. "Helpless Man"
  6. "Soul Shaker"
  7. "Send Some Love"
  8. "Smokestack"
  9. "Last Night"
  10. "Blame"
  11. "Thin Dream"
  12. "Cry"
12 titres, 68 min 27



2 commentaires:

  1. Hé bien oui voilà!justement j'avais découvert à l'époque ce Doyle Bramhall avec cette oeuvre et n'avais pas été séduit!
    Mais bon après ma récente découverte d'Arcangels, je modère mon propos et je vais ressortir le cd des fois que....Quant'à le comparer à Kenny Wayne Shepherd! ouais! je veux bien quoique!...

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  2. Ce n'est pas vraiment une comparaison directe, mais plutôt un amalgame des musiciens sités.

    A l'époque, je l'avais également mis de côté après quelques écoutes : de très bons titres mais d'autres plus moyens. L'album était long, comme certaines compositions. (ce ne devait pas être le moment pour moi). Et puis quelques mois (bien ?) plus tard, je l'ai redécouvert et j'ai adoré. Je crois même que je l'ai encore plus aimé lorsque je l'ai réécouté pendant plusieurs jours avant de faire ma petite bafouille.

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