Elle est partie rejoindre toutes celles qu’elle a aimées, au lieu e faire
un banal RIP, je vais faire une bafouille sur un de ses albums
La Parisienne a quittée la Scène
Elle est partie rejoindre toutes celles qu’elle a aimées, au lieu e faire
un banal RIP, je vais faire une bafouille sur un de ses albums
La Parisienne a quittée la Scène
(*) Ça ne veut rien dire mais ça fait style genre, dans l'air du temps… (comprendre : "le Deblocnot est un blog chaleureux et plein d'entrain 😊".
MARDI
: Qui pourrait encore douter que Pat Slade n'est pas un fan de la première
heure du groupe "Supertramp" ? Retour en 1979 avec l'album ”Breakfast in America“,
sans doute l’album du groupe britannique qui a le mieux su mêler rock
progressif et pop avec une finesse rare.
MERCREDI
:
Bruno témoigne du risque pris par les groupes de rock qui veulent innover.
Ici le groupe "The Outlaws" et son album de 1986 : "Soldiers of Fortune", paru après
quelques années d'absence du groupe et mal accueilli à sa sortie. Pourtant
il se distingue par une production particulièrement travaillée - en avance
sur son temps, où paraît cohabiter chaque instrument dans un équilibre
quasi parfait, où chaque intervention semble être mise en valeur.
JEUDI
:
Benjamin a lu "La Légende" de "Boualem Sansal" de 2026, le témoignage des souffrances
endurées par l'auteur dans les griffes des islamistes radicaux. Il rend
hommage à la résilience de cet homme, ce récit qui fait écho à ceux d'un
Soljenitsyne. Certes l'auteur est devenu une proie facile pour les
pisse-copies et opportunistes politiques qui confondent islamisme de la
terreur dans le monde et la culture musulmane sincère en France.
VENDREDI
:
Luc apprécie le format court du film "De la comédie française" de Martin Darondeau et Bertrand Usclat (2026)". Le film
célèbre le théâtre, l’esprit de troupe, un Molière un peu contrarié qu'on
joue dans sa maison le vulgaire Shakespeare y fait même une apparition.
C’est vif, burlesque, assez déjanté, on passe un bon moment.
👉
On se revoit mardi avec un hommage à Marie Paule Belle décédée et chante
Barbara, un article de Bruno au sujet tenu secret, claude qui réjouie
l'ambiance avec des concertos pour violoncelles de Haydn et enfin Luc
qui clôt la semaine studieuse en critiquant Paresse pour tous d'Hadrien
Klent….
C’est un huis-clos, tourné sur les lieux même, avec les sociétaires de la Comédie Française, dont pour certains on reconnait le visage pour les avoir vu au cinéma : Laurent Stocker, Marina Hands, Danièle Lebrun, Christian Hecq, Guillaume Gallienne, Benjamin Lavernhe. Denis Podalydès ne fait qu’une apparition sonore… le DJ de Radio Molière, qui ne programme que du Lully !
Christian Hecq (souvent vu chez Albert Dupontel) excelle en régisseur maniaque, féru d’explications techniques qui font chier tout le monde, Florence Viala en costumière qui remarque le moindre kilos en trop ou les premières varices, Guillaume Gallienne en gardien retors adepte du badge, Danièle Lebrun qui a forcé sur le pétard et erre hébétée dans les couloirs à la recherche de la scène, Séphora Pondi maquilleuse télé dénichée à la rescousse (pardon, « make-up artist » !) qui force sur le fond de teint orange, Laurent Stocker en star blasée et cocue. Et à la baguette, Pauline Clément (aussi co-scénariste du film) qui jongle avec tous ces emmerdements pour assurer le soir même la représentation, puisque qu’aucune n’a été annulée en plus de 350 ans, même sous les bombardements. D’autant que la ministre de la Culture est annoncée à la première…
Rythmé par une musique funky et souvent par une batterie seule, le tempo ne faiblit pas. Bertrand Usclat suit souvent caméra épaule les protagonistes courir dans les couloirs, les escaliers, ce qui rappelle le film BIRDMAN de Alejandro Iñárritu. Et du coup, on se dit que l’exploit aurait été de réellement filmer l’ensemble en un seul plan séquence, l’action ne que durant trois heures pour un film d’une heure et quart. On sent que l’intention n’était pas loin, quitte à tricher un peu dans les transitions (comme Iñárritu ou Cuaròn ne s’en privent pas), le numérique permet parfois de belles choses.
DE LA COMEDIE FRANCAISE célèbre le théâtre, l’esprit de troupe, un Molière un peu contrarié qu'on joue dans sa maison le vulgaire Shakespeare y fait même une apparition. C’est vif, burlesque, assez déjanté, on passe un bon moment.
Nul ne sait véritablement définir de tels mots, tracer une frontière claire au-delà de laquelle l’imprudent tomberait dans cet abyme. Un petit milieu s’est en réalité, grâce à cette sentence, autoproclamée partie de la vérité et du bien. Quel ne fut pas l’étonnement de Boualem Sansal lorsque, après ses vives critiques sur l’islam, il se vit fermer les portes de nombre de médias dits publics. Lui qui vit les dégâts de l’islamisme en Algérie, qui vécut dans un pays où tant de têtes tombèrent sous les coups du front islamique du salut, on le bâillonnait par peur du scandale. Ce pays qu’il aimait et dont il avait si bien honoré la langue serait il donc devenu l’Abistan de son roman « 2084 » ? Il n’était pas si farfelu de le craindre.
Hors de ces murs, ceux qui militaient pour sa libération refaisaient de la littérature une force de résistance contre la tyrannie. « La légende » n’est pourtant pas, comme « L’archipel du goulag », une analyse minutieuse d’un système carcéral. Quitte à comparer ce livre à l’œuvre du grand Alexandre, on pensera plus volontiers au roman « Une journée d’Ivan Denisovitch ». Comme le héros de ce livre, Sansal dut subir des conditions de détentions indignes. « La légende » nous fait découvrir ses heures de souffrance au milieu des cafards, cette solitude terrible où seul l’espoir fait vivre. « La solitude est une patrie peuplée du souvenir des autres » écrivait Sylvain Tesson, le prisonnier Sansal n’aurait pas dit mieux.
Idéaliste, Sansal l’est tout au long de ce livre, ce qui fut sa grande force relevant parfois d’une touchante candeur. Lorsqu’il rêve qu’un Zola vienne écrire pour lui le « J’accuse » moderne, ce n’est que pour constater à sa sortie de prison que précisément ceux qui se prenaient pour Zola le mirent au banc des accusés. Son « J’accuse », Sansal devra l’écrire lui-même, lorsque le temps lui aura donné une vision plus complète de l’épreuve qu’il vient de traverser. « La légende » ne répond pas encore à cet impératif, la grandeur de ce témoignage se situe ailleurs.
C’est le cri de rage d’un homme qui, ayant su garder sa liberté de penser jusque dans les geôles les plus insalubres, hurle son désir de vengeance et sa haine de la tyrannie qui l’enferma. Il existe encore des hommes qui, plus attachés à leur honneur qu’à leur confort, osent affirmer que la réconciliation ne se fait pas à n’importe quel prix, que la sagesse se situe plus parfois dans la colère que dans la soumission. La féerie sera pour une autre fois mais, en attendant, Sansal témoigne ici d’un courage nous incitant à ne plus baisser les yeux.
Editions Grasset - 252 pages