mardi 6 octobre 2026

FAITS DIVERS de Raymond Depardon (1983) - par Pat Slade

 


Une chose que l’on n'aborde pas souvent dans le Déblocnot’, c’est le documentaire.




Un Photographe chez les Képis

 


A une époque, quand je fréquentais les salles obscures, j'ignorais celles qui passaient les films à succès, les films qui attiraient du monde. Non ! Je cherchais les films qui avaient eu, soit des critiques moyennes, soit très peu d'entrées. J’ai pu voir des films comme ”De bruit et de fureur“ en 1988 avec Bruno Cremer et malgré deux récompenses, il eut aucun succès en salle. Je verrai aussi ”Mes meilleurs copains“ en 1989 qui fera un bide à sa sortie et qui bien plus tard deviendra un film culte. Mais le genre de films que j’allais voir, c’était surtout les documentaires ; pas de tricheries, la vérité à l’état brut. ”L'Œil de Vichy“ de Claude Chabrol en1993 et j’irais jusqu’à voir ”Le Chagrin et la Pitié“ de Marcel Ophüls, un documentaire de 1971.  ll faut prévoir son repas et sa boisson vue sa durée de quatre heures et dix huit minutes. 

Et puis un beau jour, je vais découvrir Raymond Depardon (que je connaissais déjà comme photographe) le cinéaste. Et je vais me goinfrer de ses films, ou du moins de ceux que je vais pouvoir visionner au vue de la quantité qu’il tournera. Le premier sera ”Reporters” le cinéaste suit les reporters photographes de l'agence Gamma qui ont couvert les événements du mois et leur couverture de toutes les actualités : économique, culturelle, sportive ou politique. Ensuite ce sera ”San Clemente“ en 1982, une immersion dans un asile psychiatrique. Et en 1983 ”Faits Divers“ le quotidien de policiers du commissariat du 5e arrondissement de Paris. Des flics comme on en voit plus, le képi sur la tête, plutôt débonnaire, des flics qui plaisante entre eux dans le commissariat devant des touristes un peut perdus qu’ils déposeront aimablement à bord du fourgon (Un vieux J7 Peugeot) boulevard Saint Michel.  En bref, des flics un peut suranné.

Raymond Depardon signe un hommage saisissant au quotidien souvent invisible mais ô combien révélateur de la société française avec ”Faits divers“. Véritable coup de projecteur sur ces incidents qui, bien que mineurs en apparence, reflètent la complexité humaine et sociale, ce film s’impose comme une œuvre essentielle pour comprendre la France de l'époque. À travers sa caméra discrète, jamais voyeuse et malsaine, mais néanmoins poignante, Depardon dépeint l’univers des services de police chargés d’enquêter sur ces petites affaires qui font souvent les gros titres éphémères des journaux.

Le choix de Depardon de concentrer son regard sur les faits divers n’est pas anodin. Ces événements, généralement anecdotiques ou dramatiques dans leur déroulement, jouent le rôle d’une véritable photographie instantanée de la vie quotidienne. Il met en scène des individus confrontés à des situations de tension, d’urgence, ou parfois de simple maladresse. En cela, ”Faits divers“ devient une chronique sociale subtile, où chaque histoire, chaque visage capturé par la caméra, parle autant de la condition humaine que des tensions propres à la société française des années 1980.
                                                                                                       
Le style de Depardon, est reconnaissable entre tous. La caméra fixe mais jamais intrusive, elle suit les policiers dans leurs démarches au quotidien, témoignant sans juger. Elle permet au spectateur d’entrer dans l’intimité des procédures, de comprendre les mécanismes judiciaires et policiers, mais aussi de s’interroger sur la portée symbolique de ces faits divers qui minent parfois le calme apparent des quartiers ou des campagnes. Par ailleurs, l’absence quasi totale de voix-off renforce cette impression de réalité brute, laissant transparaitre la parole des acteurs eux-mêmes, qu’il s’agisse des enquêtés, des policiers ou des témoins.

Au-delà de sa dimension strictement documentaire, ”Faits divers“ interroge également la frontière ténue entre le banal et le tragique. Chaque incident relaté peut, à tout moment, basculer vers la gravité : une dispute de voisinage devient menace, un vol peut dégénérer en violence. La tentative de suicide devient tragique et poignante Cette instabilité continue forge le récit, attribuant au film une tension narrative surprenante malgré le caractère apparemment anodin de certains dossiers. En ce sens, Depardon ne se contente pas de filmer des faits, il invite le public à réfléchir sur la fragilité des liens sociaux et la difficulté de maintenir l’ordre dans une société multiple et complexe.

L’apport esthétique de ”Faits divers“ ne saurait être sous-estimé. Raymond Depardon, photographe reconverti dans le cinéma documentaire, excelle dans l’art de capter la lumière naturelle et les cadrages sobres. Chaque plan semble réfléchi pour restituer au mieux la réalité sans l’altérer, renforçant ainsi l’authenticité du propos. Cette sobriété visuelle participe pleinement à l’impact émotionnel du film. Le spectateur est ainsi immergé dans une atmosphère lourde parfois, mais toujours profondément humaine, où chaque personnage, chaque visage, raconte une histoire singulière.

Enfin, l’héritage de ”Faits divers“ apparaît aujourd’hui comme fondamental dans le paysage audiovisuel français. Ce documentaire a contribué à redéfinir le genre du reportage policier en lui insufflant une nouvelle dimension narrative. De nombreux réalisateurs contemporains s’inspireront de cette approche plus sensible et nuancée dans la représentation de la justice et des faits liés à l’ordre public. Par son regard attentif aux détails et aux émotions, Depardon invite ainsi à une lecture plus riche et plus humaine des événements qui nourrissent quotidiennement nos sociétés.

En conclusion, ”Faits divers“ de Raymond Depardon n’est pas simplement un documentaire parmi tant d’autres sur la police ou la justice. C’est une œuvre bouleversante par sa capacité à capter l’essence même des interactions humaines au cœur de situations ordinaires mais chargées de signification. Par sa rigueur, ce film demeure une référence majeure dans le cinéma documentaire français, rappelant avec force que derrière chaque fait divers, il y a une histoire, une personne, une société en mouvement. Une invitation précieuse à porter un regard plus attentif et plus humain sur ces fragments de vie qui façonnent notre réalité collective. ”Faits Divers“ Un fragment d’histoire, le revers de la médaille, la vie des flics vue par le petit bout de la lorgnette d’un commissariat de Paris.


Extrait 
du documentaire sorti en 2003 "10e chambre, Instants d'audience" : Affaire n° 3...


lundi 5 octobre 2026

LE GOÛT AMER DE LA CHARITÉ de Huang Fan (version française 1992) - par Nema M.

Rue d'un quartier industriel pollué de Taipei

Sonia a rapporté deux bols de soupe de nouilles au bœuf du restaurant Taïwanais du coin. Elle les met à réchauffer dans le four micro-onde. Nema, attirée par l’odeur alléchante, se lève de son bureau et s’approche. Sonia explique :

- Le grand père de Quiaoling est venu lui donner un coup de main. Il a préparé cette soupe traditionnelle.

- Hummm… ça sent trop bon ! ça me fait penser à un roman qui se passe à Taipei au siècle dernier. Les repas y ont une grande importance. Temps de partage, mais aussi de rapprochement… répond Nema.


Nous sommes à Taïwan, au début des années 1980. Un jeune étudiant en faculté de commerce, Liqun Yé, que tout le monde surnomme Petit Yé, fils d’un libraire de province, cherche à changer de logement. En effet, la chambre qu’il partage avec un camarade est devenue invivable pour lui : ce colocataire ronfle et en plus s’est mis à étudier la calligraphie et affiche sur tous les murs ses exploits. C’est ainsi que Petit Yé prend une chambre dans la maison de Madame Xin. Certes la chambre est très modeste, éloignée de la faculté, mais le bonheur d’être enfin seul chez soi est inestimable pour Petit Yé.

Ce garçon est jeune, à peine vingt ans, nonchalant mais studieux. Il aime les auteurs comme Hemingway, Camus, Kierkegaard. Il rêve de femmes. Douces et aimantes. Mais au quotidien il utilise sa vieille bicyclette pour aller à la fac, en longeant les usines qui crachent des fumées noires. Il fait petit à petit connaissance des locataires de la maison de Madame Xin. Les descriptions de la ville et surtout de ces quartiers d’usines vétustes et tassées sont très réalistes.



Hummm... les belles nouilles

Dix-huit locataires. Deux étages. Madame Xin habite au second avec sa servante Acan. A cet étage vit également Mademoiselle Ma Hua, une jolie femme d’une trentaine d’année qui travaille comme receveur adjoint à la poste, et un cousin éloigné de Madame Xin. Au premier étage, là où vit Petit Yé, se trouvent notamment la famille Cai avec leurs deux enfants, tassés dans l’unique pièce qu’ils peuvent louer avec le salaire de misère de Monsieur Cai, et deux employées d’une usine d’électronique. Enfin parmi ceux qui vivent au rez-de-chaussée, on notera un marchand de nouilles qui fait commerce avec sa charrette à bras au coin de la rue, un retraité et Zhegucai, un drôle de bonhomme qui veut lancer une affaire et être ami avec Petit Yé.

Il se passe bien des choses dans cet immeuble. On va au travail le matin, on rentre le soir, on se croise dans la cour. Il faut faire le ménage, surtout entretenir la salle de douche commune, préparer des repas, ranger la cour, bref organiser la vie en commun. Tout se passe dans une bonne entente en général. Mais il y a des envies, des jalousies, des ragots. Petit Yé va être invité à partager régulièrement le repas du soir de Madame Xin avec Acan et Ma Hua au deuxième étage dans le salon commun. Cette habitude conduit à un rapprochement entre Petit Yé et Ma Hua. Une idylle naît en cachette. On suivra Petit Yé de la sortie de l’adolescence à une certaine maturité d’homme qui découvre la femme au-delà des fantasmes érotiques issus de ses lectures. 



Rue ancienne de Tapei

Le temps passe. Petit Yé retourne chez ses parents pour des vacances. Il est content de retrouver la librairie familiale, le calme de la petite ville, la campagne. Ma Hua lui écrit une première lettre, lui confirme son amour et qu’il lui manque. Dans une lettre suivante, Ma Hua est très triste : Madame Xin est très malade ! Hélas, Madame Xin meurt et laisse un grand vide. Reste son immense portrait dans le salon commun du deuxième étage, portrait d’une femme imposante et bienveillante.

Les locataires vont avoir la surprise de découvrir que par testament de Madame Xin chaque locataire devient propriétaire de son logement. A partir de ce moment, tout va se dégrader. Le parent de Madame Xin se révèlera être un voyou, buveur, joueur, brutal. La famille Cai va vouloir racheter les chambres voisines. Plus personne ne veut faire le ménage. Liqun Yé déménage et le temps passe.

 

Le temps passe. Une dizaine d’années plus tard, Liqun Yé a fait carrière dans le commerce d’électroménager. Il rencontre par hasard Zhegucai qui l’invite chez lui. Il a des nouvelles de Mademoiselle Ma Hua…

 

Ce roman est le récit à la première personne de Liqun Yé. Une façon de mêler réflexions personnelles et descriptions de lieux, de personnes, de comportements.

Peut-être qu’il ne se passe pas grand-chose. Peut-être que l’objet du roman est juste de faire réfléchir sur l’argent, le partage, la vie en commun. Car au final, c’est ce testament, cette donation faite à chacun de son logement qui paraît être un acte de charité et qui finalement n’apportera pas le bonheur.  


Huang Fan vers 1980

Huang Fan est né en 1950. C’est un écrivain Taïwanais très représentatif de la vie dans son pays. Ce roman a reçu un prix à sa sortie en 1984 à Taïwan.

Ingénieur de formation, il décrit dans ce roman les fumées et la pollution de la ville de Taipei.

 

Bonne lecture !

 

 

Pages 156

Flammarion



dimanche 4 octobre 2026

LES VESTIGES DU BEST-OF


MARDI : il a commencé à naviguer il y a 50 ans, pas Pat, quoique, mais le classieux et charismatique bourlingueur « Corto Maltese », le héros créé par Hugo Pratt, dont les aventures l'ont conduit aux quatre points du globe, la crème de la bédé au graphisme intemporel.

MERCREDI : la série noire continue, Gary Stephen "Angry" Anderson, la boule de billard sur pattes et boule de nerf sur scène du groupe australien Rose Tattoo, nous a quittés. L'occasion pour Bruno de réécouter « Blood Brothers », très bon cru bien dégraissé sur les guitares.


JEUDI : littérature chez Benjamin, avec le prix Nobel (excusez) Kazuo Ishiguro, et son roman le plus célèbre « Les Vestiges du jour », dont le héros, majordome méticuleux, est esclave de la vision sacrificielle qu’il a de son métier. Comme Benjamin avec ses chroniques !

VENDREDI : un appartement, deux couples et quatre acteurs dans cette comédie d’Olivia Wilde « L’Invitation », qui confronte libido terne et exubérante. Le rythme survolté et situations piquantes laissent place à une réflexion classiquement désabusée, mais on passe un bon moment.

👉 La semaine prochaine, Nema nous emmènera à Taïwan avec un roman de Huang Fan, et Pat au commissariat du coin en compagnie de Raymond Depardon. On écoutera un concerto pour violon de Thomas Adès (une musique comme seul Adès ose en faire... j'vous laisse cogiter...), l'armée des frères Gurvitz, et au cinéma, retour sur la Collaboration avec Emmanuel Marre. 

BON DIMANCHE

vendredi 2 octobre 2026

L'INVITATION de Olivia Wilde (2026) par Luc B.


Comment vouliez-vous passer à côté d’un casting pareil ? Olivia Wilde, Seth Rogen*, Penélope Cruz, Edward Norton. Il n’y a qu’eux quatre à l'écran dans ce huis-clos inspiré d’une pièce de théâtre de l’espagnol Cesc Gay « Los vecinos de arriba ». Qui en avait signée l’adaptation cinéma en 2020 sous le titre SENTIMENTAL. 

Une trame multi-adaptée depuis (on est en droit de se demander pourquoi un tel succès... la facilité ?) puisqu’on en compte neuf adaptations, suisse, coréenne, italienne, russe, etc, et française sous le titre ET PLUS SI AFFINITÉS (2024) avec Bernard Campan et Isabelle Carré.

Soit deux couples. Angela et Joe, respectivement femme au foyer et prof de musique frustré dans une école de quartier (il avait été pro par le passé, un album au compteur), puis Pina et Hawk, psychothérapeute et pompier retraité. Les premiers invitent à dîner les seconds, leurs voisins du dessus, dont les ébats sexuels fissurent les murs par leur (h)ardeur. La soirée ne va évidemment pas se passer comme prévu.

L’actrice Olivia Wilde, découverte dans la série DR HOUSE, n’en est pas à sa première réalisation. Qui a refusé l'offre financière de Netflix pour pouvoir sortir son film en salle, rien que pour ça, respect. Elle récupère un projet qui dormait dans les tiroirs, le tourne en peu de temps et dans l’ordre chronologique. Seule la scène pré-générique est filmée en extérieur, des plans de Joe (Seth Rogen) grimpant à vélo les rues de San Francisco (bon courage) filmés en très longues focales, les avenues n’en paraissent que plus difficiles à franchir.

Arrivé chez lui, Joe s’écroule, exténué, le dos en compote. Rien ne s’arrange quand sa femme lui rappelle l’invitation qu’elle avait lancée pour le soir même. Il s’en suit une scène de ménage très drôle, toute en mauvaise foi (en réalité l’invit date du matin même, lui n’en savait rien), Angela a mis les p'tits plats dans les grands, c'est suspect. Tout le film se passe dans l’appartement. Il faut donc imaginer des angles de prises de vue pour éviter l’aspect théâtral. A l'arrivée des invités, Wilde laisse le personnage de Joe à distance, bougonnant au fond du cadre.

Elle joue beaucoup sur les reflets de miroirs pour élargir le champ, croiser les regards, dynamise la scénographie par des travellings latéraux se faisant fi des cloisons (tournage en studio), utilise la profondeur, comme lorsque son personnage se maquille dans la salle de bain (au premier plan) et que tout au fond, au bout du couloir, Joe agonise sur le parquet. Quand il la rejoint et se plante face caméra, on comprend qu'il pisse dans les toilettes, et qu'on a abattu le quatrième mur. Une formidable entrée en matière.

Joe est odieux que c'en devient gênant. Exaspéré par ses voisins à la libido sonore (excellent flashback pris par une caméra de surveillance !) il menace de leurs dire ses quatre vérités. Angela tempère, arrondit les angles, jette des éclairs du regard entre deux sourires convenus. Joe se réfugie dans son bureau fumer un pétard, Pina le rejoint. Angela et Hawk parlent brocante, déco, lui est fétichiste des tapis. L'atmosphère se détend... 

Toute cette première partie est assez brillante, très rythmée, les dialogues fusent, les comédiens font des merveilles, en surjouant juste ce qu’il faut. On est dans un vaudeville. On se dit tout de même qu’on aimerait les avoir plus souvent ensemble dans le même cadre, la réalisatrice à tendance ensuite à trop découper sa mise en scène, que n’a-t-elle pas pris exemple sur Woody Allen, auquel on pense forcément : couple, appartement, sexe.

Car de sexe, il va en être question. Et pas qu’un peu. L’idée étant de confronter un couple au bord de la séparation et un autre à la sexualité débridée, sans tabou aucun.

La scène où Pina et Hawk dévoilent sans pudeur leur vie sexuelle est plutôt drôle. Il faut voir les têtes ahuries d’Angela et Joe, à la fois gênés et subjugués, qui questionnent les détails. On aura compris que s'il y a autant d'orgasmes chez leurs voisins, c'est qu'ils font ça à plusieurs... Nous sommes dans un film américain. Les dialogues sont piquants mais les images très prudes. D'ailleurs, y'en a pas ! On s’attend à une apothéose érotique - y’a tout de même Penélope Cruz dans l’équation – mais le climax attendu n’arrive pas, un gag remet tout le monde sur le droit chemin. Vous payez pour un striptease, et l'effeuilleuse ne déboutonne que sa chemise... 

La comédie pétillante, sexy et subversive annoncée vire à la thérapie de couple (le job de Pina), assez pesante, la chair se fait triste. Débuter dans le registre comique pour conclure dans le drame, pourquoi pas, voire mêler les deux, mais il aurait fallu des signes annonciateurs, des indices, de mauvaises ondes dès le départ, alors que la dispute du début est assez anecdotique. La mise en scène est elle aussi du coup moins inspirée. Il y a pourtant une autre très jolie scène, hélas la dernière, un morceau joué au piano à quatre mains, dont on ne sait ce qu’elle préfigure de l’avenir d’Angela et Joe.

La situation de départ étant simple, et le secret des voisins adeptes des transports en commun assez prévisible, il fallait donc surprendre ensuite. Peut être ne pas faire semblant, attaquer le sujet frontalement, se vautrer jouissivement dans le stupre, quitte à s'y perdre et compter les morts ensuite ? 

On sourit franchement aux anges dans la première heure, les répliques sont bien senties, L’INVITATION se regarde sans déplaisir, grâce aux acteurs. Mais la promesse du début se dilue dans un récit finalement d’une triste banalité. 

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*Seth Rogen, découvert chez Judd Apatow, a réalisé et produit une série déjantée et hilarante, « The Studio », où à la manière du Robert Altman de « The Player » il décrit les dessous d’Hollywood, avec plein de stars dans leurs propres rôles, dont un épisode fameux avec Olivia Wilde.


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