vendredi 31 décembre 2010

LE NOM DES GENS (2010) de Michel Leclerc, par Luc B.



Sur le papier, ce film ne serait qu’une aimable comédie romantique de plus, s’il n’y avait cette petite touche de folie. Et un ton. Un ton bien particulier, assez rare dans le cinéma français. Cette manière très légère et parler de choses graves, et oser le terrain politique, social, comme savent le faire les Anglais.


Au premier plan, Jacques Boudet et Zinedine Souamem, aux prises avec une cafetière récalcitrante.

LE NOM DE GENS commence par tracer l’itinéraire des parents des deux protagonistes. Premières séquences extrêmement drôles, avec un principe narratif original et astucieux : chaque génération d’un même personnage peut se croiser au sein d’une même scène. Ainsi Arthur adolescent reviendra régulièrement commenter les choix de vie d’Arthur adulte ! Il y a d’abord Arthur Martin, donc, joué par Jacques Gamblin, qui nous raconte d’où il vient, sa mère née Coen, rebaptisée Martin par sa famille d’accueil, et évitant ainsi la déportation. Il y a la rencontre de la mère et du futur papa, dont Arthur nous dit : « je n’ai jamais pu imaginer mon père jeune ». C’est ainsi que le rôle du père, à tous les âges, sera joué par le même comédien, l’excellent Jacques Boudet, qui a 70 balais ! La famille Martin se passionne pour toutes les nouveautés technologiques (premier magnétoscope Bétamax, première yaourtière, première zapette de télé…) rejetant dans les discussions tout ce qui se rapporte au passé, la guerre, leurs origines juives. Il y a aussi Bahia Benhmamoud, interprétée par Sara Forestier, la seule à porter ce nom en France, dont le père algérien émigré en France, rencontre une gauchiste tiers-mondiste féministe anti-nucléaire. Bahia est très impliquée dans la vie politique, couchant avec tous les hommes de droite pour en faire des hommes de gauche ! Dans sa famille aussi il y a quelques non-dits, des secrets, des sujets qui fâchent. Arthur et Bahia vont se rencontrer, lui sera d’abord séduit par cette tornade pleine de vie qu’est Bahia, elle, séduit par le concept d’une relation entre une arabe et un juif !

Parmi les dadas de Bahia : sauver les animaux. Mais pour trente euros, faut-il acheter (et remettre en liberté) dix crabes ou deux homards ???


Il y a dans ce film tous les ingrédients d’une bonne comédie. Un rythme est constant, soutenu, tant dans les dialogues (les réparties font mouche à chaque fois) le jeu des comédiens, que dans la réalisation et le montage. Si la mise en scène est généralement classique (mais enlevée et tonique) Michel Leclerc s’autorise aussi des moments de folies-douces, des moments de poésie, comme ce travelling latéral qui passe d’un banc à un autre, Arthur et Bahia adultes étant assis sur le premier, Arthur et Bahia enfants, étant assis sur le second. Le film est très ancré dans une réalité sociale (rythmée par l’actualité politique du moment) mais sans jamais céder à la caricature. L’action se déroule à Bagnolet. Le scénario s’attache d’abord aux deux personnages principaux, puis à leur entourage, avant de voir comment tout ce joli monde peut vivre ensemble (la scène du repas réunissant les Martin et Bahia, puis les parents Benhmamoud est jubilatoire !). Et à travers cette série de portraits (chaque personnage est attachant, profond, mention au père de Bahia, joué par Zinedine Soualem) commence à poindre des thèmes plus profonds. Nos origines, notre culture, la diversité de la France, la notion de république, l’engagement, les tabous… les idées-recues. La question centrale du film pourrait être : voit-on les gens tel qu'ils sont, ou tel qu'on aimerait qu'ils soient ? Chaque personnage possède sa part de secret (le père de Bahia, peintre en bâtiment et artiste peintre), et renvoie une image qui n'est pas forcément la bonne. Pourquoi ce film n’est-il pas sorti un an plus tôt en plein débat sur l’identité nationale ?! De quoi clouer le bec de cet imbécile d’Eric Besson et de sa clique.


Le mariage blanc, spécialité de la famille Benhmamoud. Trois par an, minimum. C'est faire acte citoyen ! Vive l'intégration !


Comme toute bonne comédie qui se respecte, l’élément moteur, c’est le personnage féminin, et l'actrice chargée de l’interpréter. Sara Forestier est tout bonnement incroyable. Comme lui reproche Arthur dans une scène : « tu me fais du vent, trop de vent, j’n’en peux plus ! » (qui rappelle le fameux « j’ai besoin de changer d’atmosphère, et mon atmosphère, c’est toi » de Jouvet à Arletty !). Son entrain à convertir les hommes en gauchistes baba-cool est jubilatoire. Une nuit suffit pour un UMP ou un MEDEF, mais pour un FN, il en faut trois de plus ! Rien ne l’arrête dans sa quête de liberté absolue. Il y a cette scène hallucinante, dans un supermarché, où Bahia oublie ses courses (et Arthur à la caisse) pour repartir chez elle, prendre une douche, recevoir un coup de fil qui lui donne rendez-vous, partir à ce rendez-vous… en oubliant de s’habiller ! Et la voilà nue dans les rues de Paris et dans le métro, assise face un couple dont la femme est voilée jusqu’aux sourcils ! Sara Forestier fait feu de toutes parts, rappelle Catherine Deneuve dans LE SAUVAGE, ou Adjani dans TOUT FEU TOUT FLAMME. Beau potentiel comique. Jacques Gamblin est aussi impeccable (comme toujours), moins éruptif, plus posé, spécialiste de la grippe aviaire, et incarnant un des derniers jospinistes (!) ce qui nous vaut une apparition de l’ex premier ministre dans le film… A vrai dire, toute la distribution est juste, Michelle Moretti très touchante sur la fin, Jacques Boudet (vu chez Robert Guédiguian). Certains diront que ces deux familles sont, chacune dans leur genre, légèrement caricaturale, je répondrais que cette opposition, certes appuyée, n'est que le terreau sur lequel nait le rire. C'est le principe même de la comédie. Grossir un peu les traits, pour mieux faire voir les failles.

Michel Leclerc, dont LE NOM DES GENS n'est que le second long métrage, a réalisé un film léger, spirituel, vraiment drôle, loin des mimiques réchauffées de Kad Merad ou de ces comédies dites « d’action » qui totalisent trois malheureux gags entre deux festivals pyrotechniques. Une bouffée d’air frais, remarquablement écrite, riche en pistes de réflexion autant qu’en gags et reparties diverses, que je ne saurais trop vous conseiller.







jeudi 30 décembre 2010

MARILLION - " Somewhere Else " (2007) par Vincent Le Chameleon


Bien vu !

Il est des albums qui s'imposent à vous instantanément... Jusqu'au jour ou, à force d'écoutes à répétitions, ils finissent par produire sur vous l'effet inverse: C'est l'overdose, on ne peut plus les écouter. D'autres en revanche vous laisse d'abord sans voix, ou en tout cas perplexe car rien ne vous emmène véritablement. Et puis, sans que l'on puisse véritablement l'expliquer, celui que l'on s'apprêtait à refourguer très vite, et à n'importe quel prix, à un vendeur d'occas', se met soudain à raisonner en vous comme une évidence. Somewhere Else est de ceux là.
Depuis le temps, est-il utile de préciser que le Marillion de Steve Hogarth n'a plus rien de commun avec celui de Fish ? Partant de là...
Plutôt d'humeur tranquille dans son ensemble, Marillion semble avoir fait le choix que celui d'aller à l'essentiel: Pas besoin donc de trop gratter en profondeur... Les mélodies sont là ! L'émotion est comme toujours à fleur de peau, sachant que chacun des musiciens jouent constamment au service du morceau... Nombre de musiciens vous le diront, jouer "simple" est l'une des choses les plus délicate et difficile qui soit. Ici pourtant, tout sonne comme une évidence, tout est limpide... En apparence.

Somewhere Else est tout simplement une invitation au bien être et à la douceur. Malgré tout, au milieu de cette presque totale quiétude, vient s'intercaler le plus hideux morceau jamais écrit par le groupe. "Most Toys" est peut être un titre enlevé, il est surtout d'une laideur absolue. Cette faute de goût avait-elle pour seul but, celui de nous faire mieux apprécier encore le travail d'orfèvre des cinq Anglais sur l'ensemble des autres titres ? La question restera posée.

Steve Hogarth, depuis son intégration au sein de la formation, à l'aube des années 90', prouve une nouvelle fois qu'il a définitivement trouvé ses marques sur une œuvre telle que celle ci. Et que dire de Pete Trewavas, si ce n'est qu'il compte assurément parmi les meilleurs bassistes de sa génération, en plus de posséder un sens appuyé de la mélodie... peu commune en matière de basse. De son côté, Ian Mosley, malgré son apparent flegme "So British", continue de s'imposer dans la finesse et la nuance rythmique, tandis que Steve Rothery nous ramène lui à nos meilleurs souvenirs avec le groupe, lorsque lui est donné la possibilité de s'exprimer en chorus : inspiré comme il l'est sur le disque, "Feeling Guitaristique" et frissons vont évidemment de paire (voir le clip). L'autre grand Architecte de Somewhere Else n'est autre que le claviériste Mark Kelly. Lui aussi semble être revenu à certains de ses fondamentaux. Délaissant les programmations et les samples, il est, avec le producteur, celui qui aura apporté à ce disque cet aspect particulièrement organique et plus direct qu'à l'accoutumée.


Steve Rothery (guitares), Pete Trewavas (Basse/ Guitare occasionnelle), Steve Hogarth (Chant/Clavier/Guitare/Percussions), Mark Kelly (Claviers), Ian Mosley (Batterie).

Pour une fois, si je devais rapprocher cet album d'un autre de Marillion Mark II, je pencherai assez volontiers en direction d'albums tel que Season's end et Anoraknophobia. Musicalement, le groupe navigue toujours en territoire progressif, avec toute fois une multitude d'influences bien éloignés de certains codes si typiques de ce style.

Happiness Is The Road, l'album suivant, ne m'aura pas séduit de la même manière. C'est toujours un peu comme ça entre Marillion et moi : amour et haine, ou le grand écart d'un disque à l'autre. Ce disque à d'ailleurs reçu, lui aussi, des avis assez opposés de la part des fans à sa sortie. C'est la raison qui m'aura longuement fait hésité entre 4 ou 5/6 sur le barème de notation. Va pour 4,5 !!!





"Somewhere Else" en version Live... D'une rare perfection.

mercredi 29 décembre 2010

The HOAX "Humdinger" (1998) par Bruno


Le Blues-Rock Texan de Stevie Ray Vaughan en Albion

The Hoax c'est avant tout un dégagement de chaleur de Blues-Rock décomplexé, fier et enthousiaste. Un Blues-Rock torride délivré par un jeune quintette anglais, pressé d'en découdre et de démontrer leur savoir-faire. Un groupe qui, bien que comportant deux guitaristes, a la sagesse d'éviter les sempiternels soli à rallonges, sans âme et égocentriques que l'on retrouve hélas souvent trop souvent dans ce genre de musique. Un groupe qui sait insuffler, au besoin, une dose pertinente de Soul.



A l'origine un banal groupe de copains, cinq échalas de Devizes (du comté de Whitshire, en Angleterre - Stonehenge), jouant du Blues-rock, The Hoax prendra rapidement de l'ampleur, et grâce à un premier album très prometteur en 1994, « Sound like This », produit par Mike Vernon, le groupe fut, en 1995, consacré meilleur groupe anglais de blues, et fut récompensé d'un British Blues Awards. Ce qui lui ouvrit les portes des USA, où il fit la première partie de Buddy Guy. Suit en 96, une deuxième galette, « Unpossible » ; alors que le précédent avec encore un petit quelque chose qui le liait à une scène british-blues, celui-ci, prend des accents nettement plus américains, avec notamment une orientation plus Soul, avec quelques rares penchant Pop. On pense parfois à Storyville ou à Jimmie Vaughan. Bien que meilleur, plus concis et structuré, "Unpossible" ne semble pas être parvenu à avoir un succès équivalent à son prédécesseur. En 1998, The Hoax délivre ce qui pour beaucoup, et ce à juste titre, demeure leur meilleure réalisation, « Humdinger ». C'est la consécration. The Hoax, fort de cet opus revitalisant, d'un réservoir d'excellentes compositions, et d'une prestation scénique maîtrisée, joue à guichet fermé dans toute l'Europe (un fait rare pour un jeune groupe de blues européen, même anglais).


Jon Amor, guitares.





L'influence de Stevie Ray Vaughan, qui était déjà évidente précédemment, est ici exacerbée. Le côté Soul de The Hoax est plus en retrait au profit d'un Blues-rock consistant.

Sans contestation possible The Hoax s'inscrit, avec cet opus, bien plus que Kenny Wayne Sheperd ou Chris Duarte, dans la continuité de feu-Stevie Ray. A part qu'au lieu d'agir en power trio, ou encore de s'enrichir d'un orgue Hammond (comme l'avait fait Stevie avec celui de Reese Wymans), The Hoax a adopté la formule « Deubeulle Guitars ». Doublement Fender Stratocaster, recrachées par des amplis Fender, vintage si possible, mais pas que (dans le livret de leur 1ère réalisation, ils affichaient une fabuleuse collection, rangée pêle-mêle, de têtes d'amplis et de combos divers vintages érodés). Deux guitaristes poussant le vice jusqu'à sonner comme leur idole. Ce son si particulier que l'on ne peut obtenir qu'à l'aide de cordes à fort tirant, proches du câble. Parfois boosté par une Ibanez Tube Screamer, parfois d'une Fuzz Face, coloré de chorus, d'omnipotente réverbe, ou/et d'un discret Rotovibe, ou d'une imitation de cabine Leslie. Un son claquant et puissant à la fois. Toutefois, le son des guitares de The Hoax est un tantinet plus puissant, allant parfois jusqu'à la limite des frontières du Blues-Rock Texan. Au delà, on nagerait en plein Gary Moore, Stoney Curtis & consorts.


Jesse Davey, guitares

[Davey prétend que pour avoir une superbe réverbe naturelle, il place un ampli Fender dans une salle de bain ; parfois en Stéréo, avec un second dans une pièce limitrophe]



Quant au chanteur, sa tessiture vocale évoque, également, Stevie Ray, en moins enfumé, mais aussi Kim Wilson, et quelquess maîtres de la Soul des 60's, sans atteindre la raucité naturelle de ces derniers. Occasionnellement, il tâte de l'harmonica, dans un registre coincé entre un Magic Dick, un Lee Brilleaux et un James Cotton.

Toutefois, même s'il est indéniable que leur source principale demeure la musique du célèbre Texan, The Hoax n'en est aucunement un ersatz. Et, à ce titre, leurs compositions ne sont jamais une pâle copie du répertoire de SVR (qui, lui-même, découlait d'une rencontre du Chicago-blues et du Blues Texan) ; plus une continuité qu'une perpétuation. Deux guitaristes offrent un jeu flamboyant, souvent dédié à feu-Stevie Ray Vaughan, au point de quelquefois donner l'impression qu'il est ressuscité. Sans égaler sa vélocité, ni atteindre par exemple la maestria d'un "Riviera Paradise" ou d'un "Lenny", les soli sont néanmoins lumineux. Un son puissant, présent et défini, couplé à une production organique, conférant ainsi une qualité d'écoute irréprochable et totalement adapté au registre. Celui d'un Blues-rock sans faux-col.


The Hoax s'articule autour de Hugh Coltman, au chant, harmonica et percussions, Jon Amor, aux guitares lead & rythmique, Jesse Davey, aux guitares lead & rythmique (et couvre-chef), le frérot Robin à la basse, et Mark Barrett à la batterie (incorporé en 97).

The Hoax a su progresser autant techniquement qu'en feeling, et réaliser trois albums qui, s'ils restent foncièrement ancrés dans le Blues, n'en demeurent pas moins différents.


Hélas, le groupe éclata en 1999, ses membres (tous ?) désirant entamer une carrière personnelle (qui ont toutes, à des degrés divers, portées leurs fruits).



  1. High Expectations (3.58)
  2. Feeling Time (6.34)
  3. Last Man Down (4.16)
  4. Superstition (5.35) - de Stevie Wonder
  5. Something Out Of Nothing (2.42)
  6. Groove Breaker (5.31)
  7. I Want To Be Loved (3.44) - de Willie Dixon
  8. Long Way Home (3.28)
  9. Bones (6.11)
  10. Don't Shake My Hand (9.07)
  11. ** titre caché ** (4.38) - jam acoustique (improvisée ?) entre Coltman et un des guitaristes.


The Hoax s'est reformé cette année, en 2010, pour une série de concerts anniversaires. Pour l'occasion, un DVD a été réalisé.


Amusant : Jesse Davies, physiquement pourrait être le fils de John Mayall, alors que Jon Amor, bien plus nettement, celui de Pete Townshend.



(et demi)


C'est la crise : récession du budget, à trois sur une guitare

mardi 28 décembre 2010

LE LONG DE LA GOLF CLAIRE. Hommage, par Luc B.



La Golf de Rockin'Jl, en soins intensifs.


A sa naissance, une Golf 1.9 est rouge (on la voit dans sa couveuse, à 2 jours) avant d'évoluer vers sa couleur définitive à l'adolescence, vers 1200 ou 1500 km. Vous noterez l'absence de rétroviseur à ce stade du développement.

Née en 1978 dans une usine près de Düsseldorf, elle était arrivée en France l’année suivante, passant une large partie de son enfance sur le parking de la concession Letrouduc, près de Vannes. Les premières années ne furent pas un exemple de stabilité, puisqu’elle passa entre les mains de différentes familles d’accueil jusqu’au milieu des années 80, parfois affublée de pare-soleil autocollant "FC Quimper". Déjà, certaines de ses collègues montraient des signes de moquerie envers elle, parce que ses vitres ne descendaient pas automatiquement, où parce que son moteur diesel sentait fort, et au démarrage donnait l’impression d’un lâché de pets malodorants. Mais il était écrit, quelque part dans sa notice d’utilisation, qu’un jour elle trouverait la famille idéale. Ce fut le cas. Dès 1986, monsieur et madame Rockin’ la prirent dans leur garage chauffé, firent disparaître quelques traces de rouilles, et pour Noël 1987, elle se vit offrir un lecteur K7 avec quatre enceintes stéréo, pour de folles équipées à travers les rias bretons au son de la Strat’ magique de Rory Gallagher. Vingt années de bons et loyaux services, vingt années de bonheur, vingt années de repas arrosés d'huile de synthèse 5-30 Elf première pression. Un parcours marqué par des étapes exotiques au quatre coins du monde, mais aussi, marqué par quelques inquiétudes, comme ces trois jours passés au garage LeGuilvinel pour un changement de courroie d’alimentation. Tout c’était finalement bien passé.


La Golf, vers 2500 km. La teinte devient franchement verte mais virera au bleu pétrole au contact de l'air iodé de Bretagne. On note qu'à cet âge les retroviseurs ont poussé, et que les phares n'ont plus cet aspect poupin et rond des premiers jours.



Ces dernières années, les démarrages en côte lui semblaient plus difficiles, les créneaux arrières plus délicats à négocier, les températures négatives lui givraient le pare brise, lui gelaient les plaquettes de freins, elle toussotait davantage… Pourtant, en 2009, chargée de m'sieur Rockin’ et de deux passagers, (dont votre narrateur) elle accepta de faire la route jusqu’aux Vieilles Charrues, faisant fi des embouteillages et des pluies diluviennes, et resta sans broncher dans un champ boueux jusqu’aux petites heures de l’aube, redémarrant au premier tour de clé, et ramenant ses passagers à bon port.

Elle restait de plus en plus devant l’allée du garage, ne sortant que pour une course rapide à la boulangerie. Il aurait été trop dangereux de lui faire prendre la nationale, ses reflexes s’amenuisant avec le temps, et ses capacités d’accélération diminuant, elle ne doublait presque plus. En décembre 2010, une vague de neige s’abattît sur la région. Madame Rockin’ lui demanda un dernier effort, pour l’emmener travailler. D’un double clignement de phare, elle dit oui. Mais elle savait au fond de son carburateur, que c’était sans doute son dernier voyage. Il faisait -10°C, le bitume était recouvert d'une épaisse couche de glace, le brouillard dressait un mur blanc devant ses phares. Reflexes usés, coup de volant malheureux, et ce fut la glissade vers le fossé. Pas de blessé.

Remorquée rapidement vers le garage Ker-Aven, les meilleurs experts furent acheminés à son chevet. Mais le pronostic vital était engagé : enfoncement de la caisse. Irréparable.


Sur ce cliché transmis par l'institut médico-légal de Plou-Kergaol, on distingue l'usure du tube floïdal qui relie le claquemuche de transmission à la mouflette de calbeuse. Le rotor conique à injection et la vrillette arrière sont également touchés, ainsi que le turbo-gril à double détente. La sortie de route était inévitable. "Si cela n'avait été cette fois-là, c'eût été la fois suivante" précise dans son rapport le professeur Harry McGuffin, détâché du service expertise de la Nasa.


RIP la Golf, RIP vieille branche…
J’ai moi-même posé mes fesses sur ton siège avant. J’en garde un souvenir indélébile (une tâche de graisse sur le froc qui ne part pas malgré dix flacons de K2R…).

Vos messages de soutien à notre ami Rockin'Jl seront les bienvenus...

BILL BRYSON "Americans rigolos" (1998) par Rockin-jl


Une rapide bio s’impose pour situer le personnage Bill Bryson et mieux comprendre le contexte de ses écrits. Bill est un journaliste/ écrivain américain de 59 ans , né à Des Moines dans l'Iowa . Après des études universitaires, il s’établit en Angleterre au milieu des années 70 et y vivra une vingtaine d’années , épousant une citoyenne de sa Gracieuse Majesté et travaillant comme journaliste économique dans de grands journaux (Times, The Independant) . Grand voyageur il a publié des récits de ses pérégrinations en Europe, en Australie, aux États Unis ; mais aussi des bouquins sur la langue anglaise, Shakespeare ou un de vulgarisation scientifique, on le voit Bill est un vrai touche à tout.
De 1995 à 2003 , il est retourné vivre dans son pays natal, les States, à Hanover dans le New Hampshire, avec femme et enfants , c’est le récit de ce retour , sous forme de chroniques pour l’hebdo britannique Mail On Sunday Night And Day de 1996 à 1997, qui compose ce livre . Il a depuis regagné la perfide Albion..


Bill Bryson


Le titre français d’American rigolos est parfaitement stupide, on lui préférera le titre anglais Notes From A Big Country ou le titre américain I'm A Stranger Here Myself: Notes On Returning To America After Twenty Years Away .
Pour un américain, Bill fait preuve d’un humour so british , il a sûrement potassé les Monty Phyton et Woodehouse au pays du sanglier bouilli à la menthe , ce gars écrirait le bottin ou le code des impôts qu’il arriverai à me faire marrer…Beaucoup d’autodérision aussi chez Bill, parfaitement maladroit distrait et souvent ronchon...Et le retour au bercail a été plus difficile que prévu :"rentrer dans son pays après une aussi longue absence est une expérience étonnamment traumatisante. Un peu comme émerger d'un long coma. Vous ne tardez pas à découvrir que le temps a apporté une série de changements qui vous laissent le vague sentiment d'être un rien débile ou complétement déphasé".

La plume de Bryson n’épargne aucun des travers de la société américaine , mais toujours avec humour, posant un regard attendri sur les us et coutumes de son pays d'origine ,mais aussi poussant des coups de gueule contre des aspects beaucoup plus inquiétants.
Mais là où un Michael Moore force le trait de manière pachydermique , Bryson passe en finesse, même si sur le fond les 2 se rejoignent souvent .


Une vue d'Hanover, petite ville du New Hampshire


Des fois on se marre franchement quand Bill s’amuse des 1000 gadgets tous aussi inutiles dont est truffé le quotidien américain, comme l’hilarant passage ou il teste son broyeur à ordures, ou quand il est victime du harcèlement administratif ou des services après vente de son ordinateur ; il s'amuse également des statistiques ( 30274 personnes par an qui finissent aux urgences ,victimes de billets de banque ou pièces de monnaie...), mais des sujets plus graves sont évoqués comme la peine de mort, dont le coût est exorbitant et l’inefficacité prouvée ; la parano anti drogue et ses excès (mieux vaut assassiner ses voisins qu’être prit avec un joint) ; la malbouffe et les programmes de nutrition financés par...MacDo ; la voiture toute puissante (Bill invite ses nouveaux voisins à dîner ...et ils viennent en voiture...30 mètres !), les programmes télé débiles et les pubs incessantes, le délire religieux dans certains états (en Alabama il est obligatoire d’inscrire sur les livres parlant de biologie la mention "ce manuel contient des références à l’évolution ,une théorie controversée que certains scientifiques présentent comme l’explication de l’origine des espèces"..) ou encore le repli de l’Amérique sur elle-même (les journaux ne parlent quasiment jamais du reste du monde et une étude a montré que 43% des étudiants de terminale étaient incapables de citer un seul pays d'Asie) .

Ce qui fait l'intérêt de l'avis de Bryson, c'est que c'est celui d'un américain , et d'un américain qui aime son pays malgré les réserves évoquées ci dessus.
On ressort de la lecture de ce livre amusé , voire franchement hilare parfois, mais aussi inquiet devant la stupidité d'une partie de la population de la puissance maîtresse du monde . Car ce qui étonne le plus Bryson, c'est un étonnant paradoxe , écoutons le : " Le peuple américain n'est pas en soi plus bête que les autres. L'Amérique possède l'économie la plus puissante, le niveau de vie le plus confortable, les meilleurs programmes de recherche , des universités prestigieuses , a produit plus de prix Nobel que le reste du monde réuni. .On n'obtient pas un pareil palmarès avec une population de crétins. Et pourtant parfois c'est à se demander...(..) Alors d'où vient toute cette bêtise? Je suis certain qu'il y a quelque chose dans la vie américaine moderne qui tend à supprimer tout effort de réflexion (..) ce qui a pour conséquence perverse et insidieuse de lobotomiser le public". Et Bill de citer pour exemple comment les médias parlent toujours de Londres en précisant "Londres, Angleterre", pour éviter à Mr Johnson ou Mrs Smith de se demander , tiens Londres où est ce déjà, Australie ? Italie ? Angleterre peut être? ...

Sur ce je vous laisse, je rentre chez moi à Quimper, Bretagne...






NB -A lire du même auteur Nos voisins du dessous,chroniques australiennes récit de se traversée de l’Australie , Road Movie hilarant mais également bourré d’info su l’île -continent , sa faune , ses paysages mais aussi sa colonisation et le sort réservé aux aborigènes, mais j'aurai l'occasion d'y revenir...

lundi 27 décembre 2010

OVER THE EDGE - featuring MICKEY THOMAS (2004) par Philou



Bienvenue au pays de Mickey
...

Après avoir tenu le micro au sein du Elvin Bishop Band, Mickey Thomas rejoint le Jefferson Starship en 1979 pour remplacer Grace Slick et Marty Balin. Bien vite, Mickey Thomas prend les commandes du vaisseau rebaptisé Starship au milieu des années 80. Avec Starship, il cartonne dans les charts US avec des tubes en or massif calibrés FM comme " "We Built This City", "Sara" ou "Nothing's Gonna Stop Us Now".
Sur cet album sorti en 2004, le gars Mickey a fait appel à quelques vieux potes (et non des moindres) pour lui concocter une agréable galette de
Pop-Rock à tonalité Hard-FM, le disque idéal pour se détendre les neurones après une rude journée de boulot au Déblocnot.
En effet, sur la liste des musiciens, on trouve Neal Schon ( Santana, Journey, Bad English, Hardline...),Jonathan Cain (Journey), Steve Lukather (Toto), Richie Kotzen (Poison), Jack Blades (Nightranger, Damn Yankees), bref que du beau monde !!!


Le producteur/compositeur Fabrizio Grossi, l'homme à tout faire de Frontiers Records, a peaufiné avec Mickey Thomas un son directement inspiré du "Melodic Rock" des eighties mais avec une production beaucoup plus moderne.
Donc, et vous l'avez bien compris, on a affaire ici à un disque de Hard FM mélodique, certes pas bien original (mais comment l’être dans ce style de musique ?) mais interprété et écrit impérialement par des musiciens prestigieux comme Jack Blades & Neal Schon qui nous offrent un "One World" et un "Surrender" dans la plus pure tradition de Bad English pour le 1er morceau et digne du Journey de la grande époque pour le second titre.
Évidemment en temps qu'ancien leader de Starship, le chanteur à la voix (un peu trop) haut perchée, nous ramène inévitablement dans le sillage de son ancien groupe avec des chansons comme "One World" et "Turn Away".
Mention spéciale tout de même à "Forest For The Trees", un morceau au refrain imparable avec un impressionnant Steve Lukather qui nous gratifie d'une éblouissante prestation à la 6 cordes.
Mélodies accrocheuses et soignées sont donc au menu de ces "Aventures musicale au pays de Mickey", malheureusement les inévitables ballades ( "Glory Day ", "Eyes Wide Open" et "Cover Me") assez ennuyeuses vont plomber cet l'album qui restera finalement en demi-teinte, malgré quelques moments réellement convaincants.






dimanche 26 décembre 2010

STEVE COLEMMAN & THE FIVE ELEMENTS "Harvesting Semblances and Affinities" par Freddiejazz








Steve Coleman, né en 1956 à Chicago.

Dans le jazz contemporain, Steve Coleman possède une voix vraiment singulière. Il est même devenu un musicien incontournable, autant par sa musique métissée que par sa personnalité et son histoire. Le saxophoniste a en outre un mérite: sa musique se situe toujours hors des sentiers battus, sans jamais être inaccessible. Après avoir fait ses classes aux côtés de Bunky Green et donné quelques prestations mémorables au sein du Thad Jones-Mel Lewis Orchestra, ce natif de Chicago s'est taillé en outre une réputation en devenant l'instigateur du mouvement M'Base... Il fera aussi un passage éclair au sein du quartette de Dave Holland, ce qui lui vaudra une plus grande reconnaissance auprès du public (cf. Extensions, paru chez ECM à la fin des années 80). Assez éloigné des musiciens de l'A.A.C.M., le jazz de Coleman ne se veut ni free, ni avant-gardiste. Son travail est toujours le fruit d'une recherche spirituelle, bien souvent conceptuelle mais toujours intuitive. Doté d'une technique impressionnante (au saxophone alto s'entend), notre artiste n'a cessé de s'orienter vers une musique puissamment marquée en termes rythmiques (claves, contre-temps, ruptures harmoniques, et une pulse inouïe), résolument tournée vers l'esprit tribal si cher aux Griots (sa façon d'insérer, lors de ses concerts, danse et textes poétique, voire sacrés, n'est pas un hasard). Dans ce disque paru chez Pi recordings (2010) - une première pour le saxophoniste -, et après un hiatus de trois ans, il retrouve les Five Elements, son groupe mythique. Si ses comparses sont des musiciens au dessus de tout soupçon (Jonathan Finlayson à la trompette, Tim Albright au trombone, Thomas Morgan à la contrebasse (le contrebassiste régulier de David Binney), Tyshawn Sorey et Marcus Gilmore à la batterie (le batteur du trio de Vijay Iyer), puis Ramon Garcia Perez aux percussions sur une plage), c'est néanmoins le choix de la chanteuse Jen Shyu qui pose problème ici... Le niveau instrumental est tellement élevé (écoutez "Attila 04"...) que l'on regrette presque la présence de celle-ci tant elle semble ne faire que de l’ornementation...


Jen Shyu.

Ainsi, à la première écoute de "Harvesting", j'avoue avoir été très agacé par la voix de cette chanteuse... Faut dire que c'est une constante chez Coleman, d'intégrer dans son groupe une ou plusieurs voix. Que l'on songe à Malik Mezzadri dans 64 Paths (Label Bleu, 2003). Ici, la voix de contralto et de soprano de Jen, même si elle ne donne pas dans le maniérisme, enlève malheureusement tout relief à l'ensemble, ce qui n'arrange rien... Enfin, cela n’est que mon point de vue. Bref, l'on pourrait s'interroger sur ce choix dans un contexte aussi passionnant… Mais au fil des écoutes, force est de constater que l'essentiel n'est pas là et que l'on finit par s'habituer à ces onomatopées... On pourra trouver aussi une explication dans les notes de pochette. En effet, Coleman se dit inspiré par l'oeuvre du philosophe mystique Ramon Llull (1235-1315).


Les Five Elements, qui sur la photo ne sont que trois... Avec Jen Shyu et Steve Coleman en partant de la gauche.

On l'aura compris, "Harvesting Semblances and Affinities" est avant tout une oeuvre conceptuelle. Elle est surtout hallucinatoire en termes de trouvailles polyrythmiques. Le tandem composé de Thomas Morgan et de Tyshawn Sorey est d'une puissance sans équivalent (Beba, Attila 04). Marcus Gilmore, le neveu de Roy Haynes s'en donne lui aussi à coeur joie et sans faux semblant sur le seul titre où il intervient (Flos Ut Rosa Floruit). Bref, si l'on oublie la chanteuse, il s'agit d'un quintette composé de gros bras : outre Steve Coleman au sax alto, toujours inspiré, Finlayson à la trompette brillant comme d'habitude, Albright au trombone (ce dernier étant pour moi la révélation de cet enregistrement, écoutez son solo sur Clouds), et enfin, cette rythmique superlative, voire monstrueuse, l'ensemble est finalement très orchestral et possède une cohérence que l’on ne saurait nier... Le quintette deviendra sextette sur Flos, et même septette si l'on considère la présence de Jen Shyu. Pour le reste, que dire ? Que nous sommes au coeur d'une musique bien vivante, qui gagne en maturité au fil des écoutes... Dans la discographie de Steve Coleman, "Harvesting, Semblances and Affinities" est peut-être son disque le plus difficile, et paradoxalement le plus superficiel (si l'on s'en tient à une seule écoute...). Au final, un album que l'on aurait tort de bouder…



Steve Coleman and Five Elements « Harvesting Semblances and Affinities » chez Pi Recordings
1. Attila 02 8:33
2. Beba 5:43
3. Clouds 7:26
4. Middle of Water 14:05
5. Flos Ut Rosa Floruit 6:49
6. Attila 04 3:33
7. Vernal Equinox 6:42

samedi 25 décembre 2010

LES DEBLOCNOTEURS CUVENT...



Hein, quoi ? Pas d'article aujourd'hui ?




Ben, Elodie est toujours ensevelie sous la neige, la DDE creuse encore, mais nous avons espoir... Bruno dévale des pistes noires une Gibson sous chaque pied, Freddie est en colloque à la Jazz School of Vierzon, franc succès, ils le gardent trois jours de plus.

Philou et moi, votre humble serviteur Luc B, on a fait des paquets cadeaux aux Galeries Lafayette toute la semaine, on s'est très bien tenu, donc au réveillon, on s'est lâché un peu sur l'eau à bulle... ça tangue un peu ce matin...

Rockin, après que madame ait planté la caisse dans un fossé neigeux, tente un puzzle géant avec les pièces de carbu ! Vincent, qui était en stage pogo pour son prochain concert des BLACK DEMONS OF HELL, a raté son saut de l'ange : la salle était vide. On lui souhaite un prompt rétablissement...

Et Christian tente toujours d'apprendre la langue teutonne de MAGMA avec les cours du CNED... 120 cassettes audio... c'est long...

Pour patienter, le DEBLOCNOT' vous propose des petites friandises à consommer sans modération... On n'a pas la puissance de feu de TF1 qui peut se permettre d'inviter 200 cracks de la chanson, en faux direct et vrai playback, nous !

Merry Chrismas, et Keep On Rockin' !!!!

















vendredi 24 décembre 2010

AGATHA CHRISTIE « Le Noël d’Hercule Poirot » (1938), par Elodie




Agatha Christie (1890-1976).

Elle commence à écrire en 1920, et publie son dernier roman en 1975 "Hercule Poirot quitte la scène".


Si vous voulez vous plonger dans la description d’un vrai noël anglais, avec crackers, neige, sapin au coin de la cheminée et Christmas pudding, vous risquez d’être déçu : pour cela il vaut mieux lire « Christmas pudding », une nouvelle publiée en 1962. Dans « Le Noël d’Hercule Poirot » il n’y a ni dinde ni gâteau de noël, juste des feux de cheminée, au grand dam du détective frileux qui préfère le chauffage central.
Pourquoi choisir la période de Noël pour ce roman alors ? Pour y trouver le prétexte d’une réunion familiale traditionnelle. Rien à voir avec le repas que vous voulez à tout prix éviter ces jours-ci, entre les blagues éculées de votre beau-frère, l’excitation des neveux, et les remarques plus ou moins perfides de l’un ou l’autre membre de la (belle) famille. Quand Agatha Christie prévoit un noël en famille, elle n’y va pas par le dos de la cuillère. Autour du vieillard odieux, un brin escroc et foncièrement manipulateur qui finira assassiné dans un bain de sang le soir du 24 décembre, elle rassemble tous ses fils: Alfred, l’aîné, dévoué et aimant (on se demande bien pourquoi !), George, le député avare et imbu de sa personne, Harry, le fils prodigue célibataire qui fait son grand retour, et David, l’hypersensible, qui n’a jamais pardonné à son père son attitude envers sa mère. S’y ajoute leurs épouses, et même une touche exotique avec une charmante jeune fille espagnole, petite-fille jusqu’alors inconnue de la victime, et un étranger à la famille, fils de l’ancien associé du vieillard, venu tout droit d’Afrique du Sud.


Abney Hall, le manoir où Agatha Christie passait généralement Noël.


On a donc bien les ingrédients préférés de la « Reine du crime » : un mort haut en couleurs, une famille remplie de mauvais sentiments et de secrets, un manoir anglais avec majordome, nombreux serviteurs et five o’clock tea, et un meurtre commis dans un cercle fermé. A cela s’ajoute la touche personnelle de l’auteur : une écriture très théâtrale, qui fait la part belle aux dialogue, et qui s’attache à mettre parfaitement en scène les protagonistes de l’histoire, et bien évidemment un meurtre ingénieux, habilement démonté par l’agaçant Hercule Poirot – qui contrairement au lecteur ne tombe pas dans les pièges tendus par l’assassin (il doit avoir des indices que nous pauvres lecteurs n’avons, pas, ce n’est pas possible !).


Seule particularité de ce crime, le meurtre est singulièrement sanglant (trop sanglant ? se demande à juste titre Hercule Poirot), ce qui est finalement un peu incongru dans un roman « de noël ». Mais Agatha Christie a dédié cette histoire à son beau frère James Watts qui lui réclamait « un de ces bons vieux meurtres bien saignants », et chez qui aussi elle avait l’habitude de passer noël.



L’adaptation télé avec David Suchet dans le rôle de Poirot. Outre les séries télé, ce sont 20 romans d'Agatha Christie qui ont été adaptés au cinéma.



Pour le reste, c’est un vrai, un pur Agatha Christie avec une victime et un dénouement particulièrement intéressants, et, en prime, un mystère de chambre close très bien ficelé. On a bien un côté vieillot que l’on retrouve dans l’écriture, le traitement de l’intrigue, les personnages et la classique idylle romantique qui se noue au cours de l’histoire. Mais c’est aussi ce qui fait son charme : l’assurance de retrouver une ambiance légèrement surannée, mais délicieuse, comme une pâtisserie anglaise, ou comme un noël en famille.




LE NOËL D’HERCULE POIROT (1938), Editions du Masque (et autres éditions de poche), 245 pages

jeudi 23 décembre 2010

LE MAGICIEN D'OZ (1939) de Victor Fleming, par Luc B.





- Allez les mômes, on va au cinoche !
- Voir quoi ?
- Le Magicien d’Oz
- … (silence médusé, mais néanmoins respectueux)
- C’est heu… un vieux film, enfin non ! (surtout pas dire que c’est vieux sinon ils n’iront pas !)
- Mais c’est en couleur ? Parce qu’avec toi, vieux, on sait ce que c’est…
- Oui, c’est en couleur, avec de vrais acteurs, qui parlent, une sorte d’Alice aux Pays des Merveilles
- Mouais…
- Y’a des chansons, des danses, des fées…
- Et c’est bien ?
- J’sais pas, j’l’ai pas vu, mais c’est très célèbre.
- Mouais…



LE MAGICIEN D’OZ est réalisé par Victor Fleming, et sort en 1939. Succès planétaire. Cette même année, les mêmes studios, sous la direction du même Victor Fleming (entre autres) sortaient AUTANT EN EMPORTE LE VENT.

Le film ne sortira en France qu’en 1946, à la Libération. C’est un des premiers films en couleur (technicolor) après le ROBIN DES BOIS de Michael Curtiz. En tout cas, un des premiers vrais succès pour un film en couleur, après que Walt Disney ait sorti BLANCHE NEIGE. Le film est produit par Mervyn LeRoy (Irvin Thalberg, producteur historique de la MGM est décédé en 1937) et il orchestre la valse des scénaristes et réalisateurs. Richard Thorpe et George Cukor ont travaillé aussi sur le projet, avant que Victor Fleming n’en prenne définitivement les rênes. Toutefois, des scènes supplémentaires furent tournées ensuite, sans Victor Fleming, parti sur le plateau voisin, s'occuper de la jeune Scarlett O'Hara. Shirley Temple, l’enfant star de l’époque, est d’abord pressentie pour le rôle, mais elle est sous contrat avec un autre studio, qui refusera de la céder. Judy Garland hérite du rôle, malgré son âge avancé (17 ans).



Toto : celui sans qui cette histoire n'aurait jamais existé (sale cleps !)


L’histoire commence au Kansas. Dorothy vit dans la ferme de son oncle. Elle a pour seul compagnon, son chien Toto. Chien, qu’une vieille voisine acariâtre souhaite zigouiller sous prétexte qu'il souille ses plate-bandes. Dorothy et Toto s’enfuient, rencontrent un magicien ambulant, qui convainc la jeune fille de rentrer chez elle. Las ! Le vent se lève, une tornade se forme et dévaste tout. Dorothy parvient à se mettre à l’abri dans sa maison, mais celle-ci s’envole sous la force du vent, pour atterrir dans le mystérieux pays de Munchkindland…


LE MAGICIEN D’OZ tient à la fois de la comédie musicale, du conte, et du film fantastique. Le début est filmé en noir et blanc, exposition des personnages, de la vie à la ferme, et de suite on se dit que Judy Garland en petites socquettes blanches n’est pas très à son aise, elle qui ressemble déjà à une femme, alors qu’elle interprète une enfant. Le mode est très naturaliste, l'interprétation est caricaturale, et la VF n'arrange rien à l'affaire. C’est entre deux charrettes de foin que Judy Garland entonne « Over the rainbow » la première et célébrissime chanson de ce film. Puis l’étrange fait son apparition avec le personnage du magicien ambulant et sa boule de cristal, qui recueille la jeune fugitive. Un type pas très net... L’épisode de la tornade est évidemment un des clous du film, qui vu 70 ans plus tard, garde pourtant une certaine intensité, malgré des effets spéciaux totalement désuets aujourd’hui. Lorsque la maison s’envole, Dorothy voit par sa fenêtre passer les gens qu’elle connaît, des animaux, dont une vache ! Ce qui n’est pas nous rappeler la scène du film TWISTER, sur les chasseurs d’ouragan, avec la vache qui vole entre deux moissonneuses batteuses ! C’est lorsque Dorothy se réveille et ouvre la porte de sa maison, que l’on passe en mode onirique, et donc, à la couleur. Problème : comment faire la transition intérieur/extérieur puisque que le début du plan est en N&B ? Après plusieurs essais, Fleming choisira de charger de la pellicule couleur dans sa caméra, mais peindra le décor intérieur de la maison en gris. Une doublure de Judy Garland, elle aussi vêtue de gris, s’avance, filmée de dos, ouvre la porte. Dans son mouvement, elle se recule, et sort du champ de la caméra, aussitôt remplacée par Judy Garland, habillée en couleur, devant un décor extérieur en couleur. Ingénieux, non ?


Il faudrait voir à soigner ce foie, ma p'tite dame...


Le film bascule alors dans la féérie, la loufoquerie, une débauche de couleurs pures, avec des Munchkinds partout, interprétés par des nains. On reconnaitra d’ailleurs Harry Earles, le comédien qui jouait dans FREAKS de Tod Browning. Ce qui posera quelques soucis d'intendance au studio, puisque les acteurs "difformes" n'étaient pas admis dans les mêmes cantines que les autres, et ne bénéficiaient pas des mêmes statuts. L’histoire tient alors en une ligne : Dorothy, pour retourner chez elle, et sur les conseils d'une bonne fée, doit en référer au MAGICIEN D'OZ, qui trône dans un palais lointain. En chemin elle rencontrera des personnages qui l’accompagneront dans sa mission : l’épouvantail, l’homme-lion, et l’homme-fer. Pour trouver le magicien, il suffit de suivre la route jaune, qui part du centre du village des Munchkind. La route de briques jaunes, autrement dit, the yellow brick road… oui oui, comme l’album d’Elton John ! A chaque rencontre son moment de comédie, de chansons, la scène des arbres vivants étant la plus remarquable et traumatisante pour des gamins ! On retrouvait cette idée dans un Walt Disney, me semble-t-il… Le parcours et péripéties sur la fameuse route jaune semblent tout de même un peu cheap, ça sent le carton-pâte à plein nez... alors que les premières scènes à Munchkindland, filmées à la grue sont plus grandioses. Le palais du magicien est entièrement fait d’émeraudes, et celui-ci nous apparaît, monstrueux, avec une tête énorme projetée sur un écran bordé de gerbes de feu, ce qui n’est pas sans rappeler les METROPOLIS et autre MABUSE de Fritz Lang. Mais le parcours initiatique de la jeune Dorothy ne serait pas complet sans l’affrontement avec la méchante sorcière, particulièrement abjecte, lorsqu’elle dit à la gamine : « je te tuerai en dernier pour que tu puisses voir tes amis mourir d’abord… ». En réalité, ce rêve éveillé est un véritable cauchemar. Lorsque la sorcière meurt, elle diminue de taille, ne laissant que ces vêtements au sol, en hurlant : « je fonds ! je fonds ! ». Ca vous rappelle quelque chose ? Le méchant juge « toon » dans ROGER RABBIT qui lui aussi hurle cette phrase en fondant dans la trempette !

Dorothy et ses nouveaux amis ont vaincu leurs démons, elle peut rentrer chez elle, et retrouver sa famille. Morale de cette histoire, sortie dans un contexte politique tendu, alors que l’Europe entre en guerre, et que les USA restent pour le moment hors du conflit : on est mieux chez soi, en famille ! Penchés à son chevet, on retrouve les personnages du début, qui avaient tous une « doublure » dans le monde de Munchkindland, jusqu'à la sorcière qui est le personnage de la voisine acariâtre. Autrement dit, Dorothy a tout simplement transposer son monde dans un imaginaire, un ailleurs, chacun y devenant tour à tour plus veule, plus lâche, plus laids, plus violent. Un cauchemar, je vous dis…


LE MAGICIEN D’OZ passe à la télé aux Etats-Unis tous les ans (c’est leur GRANDE VADROUILLE à eux !) et à chaque fois remporte un vive succès. Ce film est cité de multiple fois dans le cinéma contemporain, comme si chaque metteur en scène l’ayant vu enfant, en avait gardé un souvenir indélébile. Outre les clins d’œil déjà cités, on peut parler aussi des escarpins rouges de Dorothty, que l’on reverra dans SAILOR ET LULA de David Lynch. J’imagine que des livres entiers sont consacrés aux références tirés de ce film. LE MAGICIEN D’OZ est un pan de la culture américaine, un des plus gros succès de l'histoire du cinéma. Vu depuis la France, on ne peut s’empêcher parfois de sourire de tant de naïveté, voire de niaiserie, et de cette morale conservatrice, de repli sur soi. Autres temps, autres mœurs…

Sachez en tout cas que mes gamins, d'abord dubitatifs, ont finalement été conquis par Dorothy et ses trois potes, seules les chansons en anglais les ont ennuyées, car ils ne comprenaient pas ce qu’il s’y disait. Face aux dessins animés Pixar, face aux séries télé speedé, face à la révolution 3D et autres vampires aux dents longues, voilà un film ancien, très typé, au négatif aussi fripé que la vieille Bettencourt, qui visiblement tient encore le coup ! Les adultes ne seront sans doute pas fascinés par ce conte initiatique aux ficelles dramatiques grosses comme des câbles d'amarage, mais force est de reconnaître que les thèmes traités, l'entrain général, l'imagination des scénaristes, et les relents psychanalytiques sous-jacents, font encore mouche sur le très jeune public !




Mais qu'est-ce que ?... Un second clip ? C'est Byzance ?

Non, c'est Noël ! Et au DEBLOCNOT' on distribue à tours de bras ! Que serait une fin d'année sans une prestation d'Eric Clapton ? Et en plus, il joue "Over the rainbow" ! Si ce n'est pas de l'à propos, j'me prive de bûche !





Appréciation qui fait la synthèse de mon avis et de celui des plus jeunes spectateurs...


LE MAGICIEN D'OZ (1939)
réalisé par Victor Fleming, avec Judy Garland.
chansons de Yip Harburg et Harold Arlen
Noir et blanc et couleur - 1h38 - 1:1,37

mercredi 22 décembre 2010

The BLIND BOYS Of ALABAMA "Go tell it on the mountain" (2003) par Bruno


Gospel for Xmas

On peut dire qu'aux USA, faire un disque réservé aux chants de Noël, c'est une tradition. Et ainsi, toutes une flopée d'artistes divers ont succombé. Succombé à quoi ? La pression du management, du label d'édition, de l'attente du public (?), la facilité, ou un réel désir ? Bah, finalement, le résultat est généralement le même : cela sonne faux, suranné, ampoulé. Un avis peut-être pas totalement objectif, ou plutôt faisant certainement suite à un exemple français quelque peu traumatisant. Dans le genre, dans l'hexagone, seul Les Compagnons de la Chanson, malgré une orchestration souvent sirupeuse à souhait, faisaient bonne figure (même la grande Céline à repris une de leur chanson, "Noël Blanc"). Sinon, il y avait Nana Mouskouri (une vraie chanteuse) qui chantait « Noël Grec » et « L'enfant au tambour », mais déjà là, cette dernière était tirée d'une chanson traditionnelle américaine, « Little Drummer Boy ». Plutôt maigre, le reste s'adressant aux enfants en bas âge (ou aux lobomotisés).

Chez les anglo-saxons, c'est tout de même un peu plus réjouissant. Certes, aux USA, l'influence du Gospel, musique religieuse par excellence, et déjà fort d'un répertoire large, conséquent, et, de qualité, facilite la chose. Mais, également, chez les anglo-saxons, il y a longtemps que le Rock, la Soul, le Blues, et leurs satellites, sont totalement reconnus par les médias, et c'est sans complexe que divers groupes, ou artistes, ont, un jour, fait leur disque de chansons de Noël. Ces derniers comportant généralement des chansons traditionnelles, des reprises, comme quelques unes personnelles (pas toujours). Et c'est ainsi, que l'on retrouve « Christmas in the Heart » de Dylan, « Christmas comes alive » du Brian Setzer Orchestra, « Christmas times again » de Lynyrd Skynyrd, « Santa Mental » de Lukather, « Merry Xmas II » (sic !) de Mariah Carey (aïe !), « And Winter came » d'Enya (ouïlle !), « A new thought for » de Melissa Etheridge, « Winter Carols » de Blackmore Night's, « The Jethro Tull Christmas Album », un Canned Heat également (!), « Reign in Blood » de Slayer, Presley, « A twisted Xmas » des Twisted Sister, "Santa Claus is coming to town" d'un certain Truce Sprinfield (je crois), et encore tout récemment un « A Christmas Cornucopia » d'Annie Lennox. Sans compter la profusion d'innombrables versions enregistrées à l'occasion, à droite et à gauche.


Là-dedans, il y a « Go tell on the Mountain » des Blind Boys of Alabama. Un album consacré aux chansons de Noël, ou à connotation. Pas leur meilleur disque, rien d'extraordinaire ni de sensationnel, ni d'innovant. Juste un disque sympathique de Gospel à la sauce Soul-blues, offrant le plaisir d'écouter les voix chaleureuses de Clarence Fountain, Jimmy Carter, et George Scott. Le plaisir également de retrouver en invités, Solomon Burke, Chrissie Hynde (chanteuse des Pretenders), Mavis Stapple, Aaron Neville, Robert Randolph, et d'autres. Avec Duke Robillard à la guitare (qui n'a jamais été aussi discret) et Danny Thompson à la basse.

Les Blind Boys of Alabama sont un groupe de Gospel, dont les débuts remontent à 1939. C'était dans une institut d'Alabama, où des aveugles s'étaient réunis pour chanter le Gospel. Rien de professionnel, jusqu'à ce qu'ils finissent par enregistrer un disque, "I can see everybody's mother but mine", en 1948. Ils ont enregistré des dizaines de disques, fait des centaines de petits concerts sans jamais vraiment connaître le succès. Certaines années furent très dures. La signature sur le label de Peter Gabriel, Real World, changeant la donne. Leur 1er disque sur ce label, "Spirit of Century", remporta un Grammy Awards. Par la suite, ils en gagneront 5 autres (notamment pour "Go Tell it on the Mountain"). La dynamique du label Real World, la qualité des enregistrements, leur fraîcheur éternelle, leur énergie communicative, permirent aux Blind Boys d'enfin connaître une très large reconnaissance. Leur Gospel, initialement très pur, s'est progressivement enrichi de Soul, de Jazz, de Rythm'n'Blues, de Blues, et plus récemment de Rock (pas trop quand même). Allant jusqu'à reprendre, à leur manière, des classiques de la musique populaire (même du Rolling Stones - "Just wanna see his face"). Ben Harper, d'abord invité sur "Higher Ground", enregistra un disque avec eux, l'excellent "There will be a light" de 2004. Puis les entraîna avec lui pour une tournée américaine. Bel engouement des foules, concrétisé par le "live at the Apollo". La notoriété établie de Ben Harper permit aux Blind Boys de toucher (enfin) un vaste public. Bel revanche pour ces galériens au très long cours.

George Scott (1er à gauche), Clarence Fountain (portant le trophé), et Jimmy Carter (2ème en partant de la droite. Le noyau dur, les rescapés des fondateurs.


"Got Tell It On The Mountain" est donc leur album ciblé "Little Big Red Santa Claus". Certainement, leur réalisation la moins personnelle sur Real World, la moins forte. La présence de certains invités n'étant pas toujours un avantage... Néanmoins, malgré, hélas, quelques loupés, comme la déception occasionnée par ce "Little Drummer Boy" apathique, ainsi que le pénible "Oh come all ye faithful", cet album contient de bons moments.

Les temps forts ? Le titre d'ouverture, "Last Month of the Year", un pur Gospel débutant a capella, vite rattrapé par une batterie swingante, un Hammond et une contrebasse. On se croirait revenu au temps des messes mythiques de Harlem. Forcément, "I pray on Xmas", Gospel remuant, car enrichi de la présence de Solomon Burke. Une version torride de « Born in Bethlehem » avec une Mavis Staple en pleine possession de ses moyens. Aaah... Mavis, quelle voix magnifique. Une voix capable d'illuminer n'importe quel titre, pour un peu que l'on ne la bride pas. Le Gospel bastringue aux senteurs moites de la Nouvelle-Orléans avec un Tom Waits plus guttural que jamais, sur la chanson éponyme. Un « In the Bleak mindwinter » intimiste, qui incite au recueillement, avec la voix mielleuse et charmeuse de Chrissie Hynde. "Away in a Manger" en Gospel-blues, avec un George Clinton désinvolte, et la pedal-steel démente et terriblement expressive, nourrie de wah-wah gourmande, de Robert Randolph (lui et sa family, avaient fait des merveilles sur "Higher Ground"). Voir le Gospel jazzy, soft, un peu court, avec Shelby Lynne (chanteuse de country mainstream).

  1. Last month of the year
  2. I pray on Christmas - feat. Solomon Burke
  3. Go tell it on the mountain - feat. Tom Waits
  4. Little Drummer Boy - feat. Michael Franti
  5. In the bleak Medwinter - feat. Chrissie Hynde avec Richard Thompson
  6. Joy to the World - feat. Aaron Neville
  7. Born to the Bethlehem - feat. Mavis Staples
  8. The Christmas Song - feat. Shelby Lynne
  9. Away in a Manger - feat. George Clinton avec Robert Randolph
  10. Oh come all ye Faithful - feat. Me'Shell NdegéOcello
  11. White Christmas - feat. Les McCann
  12. Silent Night

A ce jour, des fondateurs, il n'y a plus que Jimmy Carter. Clarence Fountain, pour des raisons de santé, a dû, en 2006, arrêter les tournées. George Scott est décédé le 9 mars 2005.








"last month of the year"