jeudi 12 mai 2022

B.O.F – BIENVENUE À GATTACA (1997) – Musique de Michael NYMAN – par Claude Toon


- Déjà au taf Claude ! On prend un petit jus vite fait… Tu bosses sur quoi là ?
- Pour un lundi, je propose la superbe musique de Michael Nyman pour le film Bienvenue à Gattaca, petit article pour petit lundi…
- Tiens ça m'cause, attend je regarde sur mon iPhone… C'est ça, Luc a écrit un papier dithyrambique sur ce film en 2021 et toi, voyons, et bien un article copieux sur ce compositeur classique et de BO et… une musique de film pour la Leçon de piano… Tiens déjà un 20 avril !!
- Ah oui… on avait décidé ça par téléphone en plein confinement – vraiment dégueu ce café, on aurait dû le faire dans le bureau – Ah le 20 avril, l'anniversaire de ma fille cadette née le jour du centenaire d'Hitler, celui-là on l'oublie, j'ai mis des années avant de constater le hasard de date. Elle me concocte un petit-fils pour août, elle a les même yeux que Uma Thurman...
- Waouh, le quatrième petit-enfant, félicitations…  
- Merci Sonia, aller, on s'y colle avant que Luc se ramène avec sa pointeuse, hihihi… 


Vincent et Irène (Ethan Hawke & Uma Thurman)

Entre le bel article de Luc B. (qui ne pointe personne, juste une vanne), et les deux articles consacrés à Michael Nyman et à sa musique, je ne vais pas trop délayer ce papier…

Donc d'entrée, trois billets à lire si vous en avez le courage :

Bienvenue à Gattaca d'Andrew Niccol par Luc B. (Clic)

Michael Nyman - The piano music - John Lenehan (et œuvres "Classique") (Clic)

Et en Joker : B.O.F. de la leçon de piano de Jane Campion (Clic)

Les liens, c'est chouette, ça montre que l'on maîtrise notre patrimoine de 4500 articles parus à ce jour 😄. Mais ça oblige nos chers lecteurs à naviguer alors que certains connaissent déjà tout cela sur le bout des doigts et désirent juste écouter une musique de rêve.

- Tu sais Sonia, pour paraphraser Flaubert, je trouve que Uma Thurman n'a jamais été aussi belle que dans ce film…

- Oui, j'avoue, très classe, à l'opposé de la tueuse foldingue de Kill Bill…


L'escalier ADN double-hélice

Ce film de S.F. a marqué par beaucoup de points. Je ne réécris pas le billet de Luc. On ne regarde pas les étoiles, on en rêve les pieds sur terre. En deux mots ! Les terriens colonisent le système solaire, notamment le gigantesque satellite Titan qui gravite autour de Saturne. Un astre de la taille de Mercure, donc bien plus gros que la Lune. Bon sang : -180° à la surface… Un trèèèès gros pull s'impose. Si Titan est le but à atteindre pour les héros du film, ce n'est en aucun cas le sujet dudit film…

Dans ce monde futuriste, un enfant doit être génétiquement parfait pour prétendre à un tel voyage. (On verra, rythmant le film des fusées s'élancer vers le cosmos…) Plus question d'enfanter par câlin-câlin… la bagatelle n'est pas interdite mais toute naissance naturelle exclut l'enfant à cause du risque d'imperfection de son génome, de possibilité de maladie fragilisant le candidat. Vive le bébé éprouvette, et encore, on teste tout et toujours, c'est pire que le COVID comme le suggérait Luc… GATTACA est un anagrammée formé des quatre lettres G A T C, symboles des nucléotides composant notre ADN. Pour le cours de Bio voire Wikipédia…

Evolution romantique et humaniste 😞, les humains sont fabriqués à la demande, l'eugénisme est la règle, on trie le grain de l'ivraie des petites graines de Monsieur et Madame. GATTACA est un centre d'études et de recherches spatiales, une fabrique d'astronautes parfaits…


Le génome ne fait pas tout

Vincent Freeman (Ethan Hawke) est né d'une étreinte amoureuse, il candidate néanmoins et pour son malheur, un test révèle une imperfection cardiaque… Dégage !!! Les années passent, il est devenu technicien de surface, adieu le firmament. Jérôme Eugène Morrow (Jude Law) est une perfection issue de la science, mais son égo dérape pas mal. Arrivé second (médaille d'argent) à une compétition de natation, il décide d'en finir après l'humiliation de cette seconde place (moi qui suis aussi sportif qu'une clé à molette comme m'a balancé un moniteur il y fort longtemps – ducon – j'aurais été aux anges). Il se jette sous un camion : en vie mais plus de jambes et un fauteuil roulant et la haine en prime.

Vous devinez la suite : Jérôme n'a plus de jambes mais un génome nickel-chrome, Vincent, lui, est le roi du linoléum nickel-chrome, mais son ADN est plutôt discount. Ils vont s'arranger, partager… Luc a raison d'établir un parallèle entre ce film de SF et les films noirs emplis de trafics…  Vincent pourra ainsi intégrer GATTACA et rencontrer la divine Irène Cassini (Uma Thurman), fabriquée en laboratoire comme une bagnole de luxe mais avec… un défaut, un bug, elle aussi au niveau du cœur… Nous voici alors face à une histoire de cœurs, sentimentalement parlant, et maintes péripéties de nature policière.

De l'amour, un monde déshumanisé, des trahisons, tous les ingrédients d'un drame shakespearien. Quelle musique Nyman imaginera-t-il ?


Michael Nyman

Le compositeur classé minimaliste-répétitif comme Philip Glass, Steve Reich ou John Adams première manière n'abuse pas de la musique répétitive (exception caractéristique du minimalisme répétitif ésotérique : N° 20. Now That You're Here). Comme tout compositeur éclairé refusant l'académisme, il joue de toutes les techniques expressives pour émailler la B.O. de divers climats : le thrène glacé avec ses notes d'orgue flippantes du N° 19 (Up Stairs). Le thème d'Irène fusionne trois techniques : celle répétitive habituelle et son solo de basson puis une sensuelle mélopée aux cordes, la mécanique biologique vs la féminité et, en prime, clin d'œil au romantisme, la tendre adaptation du 3ème impromptu de Schubert D899 (également N° 12. Impromptu for 12 Fingers) écouté lors du RIP dédié au pianiste roumain disparu le 18 avril, Radu Lupu.

 

Voilà ! Pour la suite, voir le film… Partirons ? Ne partirons pas ? S'aimeront-ils ? Auront-ils de nombreux enfants créés sous les draps ou dans une centrifugeuse pour sélectionner les gamètes des marmots ?

 

La B.O.F., comme celle pour la leçon de piano a été oscarisée. Quelle surprise ! Une suite symphonique d'une beauté sidérale (forcément).


Bonne écoute


0:00 : 01. The Morrow

3:14 : 02. God's Hands

4:56 : 03. The One Moment

6:36 : 04. Traces

7:37 : 05. The Arrival

11:31 : 06. Becoming Jerome

12:37 : 07. Call Me Eugene

14:01 : 08. A Borrowed Ladder

 

15:49 : 09. Further and Further

18:33 : 10. Not The Only One

20:47 : 11. Second Morrow

23:13 : 12. Impromptu for 12 Fingers

26:12 : 13. The Crossing

27:36 : 14. It Must Be Light

29:00 : 15. Only A Matter Of Time

30:08 : 16. I Thought You Wanted To Dance

 

21:20 : 17. Irene's Theme

32:30 : 18. Yourself For The Day

34:50 : 19. Up Stairs

36:53 : 20. Now That You're Here

39:36 : 21. The Truth

41:50 : 22. The Other Side

45:34 : 23. The Departure

49:26 : 24. Irene And The Morrow


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