mercredi 26 février 2025

THIN LIZZY " Black Rose : A Rock Legend " (1979), by Bruno



   
    Mais, bloody hell ! Mais, mais... que se passe-t-il ? Rien ne va plus dans l'un des plus fameux groupes de la verte Erin. Alors que les auspices se révélaient des plus favorables à l'expansion d'un succès déjà croissant, certains comportements entravent l'envol. Des comportements immatures, qui sont à deux doigts d'envoyer le groupe dans le mur. A croire que les années antérieures à manger de la vache enragée, parfois à crever la dalle, n'ont pas réussi à leur mettre du plomb dans la tête. Insouciance de la jeunesse ? Bien probablement. Surtout en ce qui concerne le rouquin écossais. Mais est-ce le seul responsable ? Comme cela a trop été souvent dit et écrit. Car, oui, effectivement, le frisé n'est pas connu pour sa sobriété, et lorsqu'il se retrouve mêlé à une bagarre dans un pub londonien, au Speakeasy Club - ce qui lui occasionne une profonde blessure à la main l'empêchant de jouer pendant plusieurs jours - le chef du gang irlandais rentre dans une colère noire. Le métis, fou de rage, l'accuse de tous les maux, d'immaturité et d'un manque de professionnalisme, et dans un excès de fureur, le limoge carrément. C'est que l'incident oblige le groupe à annuler une nouvelle tournée aux USA.  Vaste territoire de tous les espoirs où le groupe à commencer tardivement, en 1976, à percer, avec la promesse d'accéder à une notoriété suffisante pour mettre les musiciens et leurs familles à l'abri du besoin - du moins pendant quelques temps

     Penaud, déconfit et surpris par cette soudaine effusion de colère homérique et sa cruelle sentence, le jeune Ecossais tente bien de s'expliquer, arguant qu'il n'avait pas bu, ou du moins qu'il n'était pas saoul (nuance), et qu'initialement, il n'était rentré que pour manger un morceau. Que ce serait en s'interposant pour protéger son ami et compatriote, le chanteur Frankie Miller, - qui, lui, était bien imbibé et avait, comme d'habitude, bien foutu le bordel - , qu'il avait malencontreusement reçu un coup qui ne lui était pas destiné. Mais le fait est là, et comment croire ce gamin de vingt ans, qu'on a souvent vu s'enfiler plus que de raison bières et whisky, jusqu'à se mettre chiffon-carpette. Et qui, de surcroit, est connu pour démarrer au quart de tour et facilement partir en bagarre. D'ailleurs, ce soir là, particulièrement courroucé de s'être fait entailler la main, il aurait briser une jambe d'un gars et démis la clavicule d'un autre, avant d'être assommé par un coup de bouteille sur la tête.


   Cependant, comment mettre tout sur le dos de Brian Robertson, alors qu'on est soi-même loin d'être irréprochable ? Sachant que Phil et Brian Downey sont de sacrés fêtards, qui ne se contentent pas d'écluser les bouteilles. D'ailleurs, il y a un peu plus de deux ans, leur vieux pote, Gary, - venu pour secourir le groupe après le départ d'Eric Bell -, craignant pour sa santé, avait déjà préféré prendre la tangente. On raconte d'ailleurs, au sujet de Robertson, que ce serait à partir du moment où il a débarqué avec sa guitare et sa paire de baguettes à Londres, alors qu'il n'avait pas encore dix-huit ans, qu'il perdit toute retenue en matière de consommation de spiritueux et autres boissons alcoolisées. 

     Gary est à nouveau appelé à la rescousse pour une nouvelle tournée aux USA, début 1977. Et, à nouveau, on lui demande de rester, mais sans succès. Et pour le huitième album du groupe, "Bad Reputation", le groupe rentre en studio (au Canada) sous forme de trio... jusqu'à ce qu'on demande à "Robbo" de prendre l'avion pour les aider à boucler l'album. Si Robertson est bien mentionné dans les crédits, il est exclu de la pochette. Une claque... (l'omission volontaire de Brian, pas l'album qui est probablement le moins bon de l'époque du tandem Gorham-Robertson). Robertson réintègre le groupe, mais désormais, entre Phil et Brian, le torchon brûle. Heureusement, sur scène, rien n'y paraît, et la Fine Elysabeth fait encore des étincelles - comme en témoigne le double "Live And Dangerous". Robertson lui-même reconnaitra qu'à cette époque, une fois sous l'emprise de l'alcool ou du speed, il pouvait être un véritable trou du cul prompte à faire parler les poings.

     Finalement, durant l'été 78, la rupture est consommée, et, une fois de plus, le groupe est confronté à la difficulté de trouver un guitariste à la hauteur de ses exigences. Et, encore une fois, Lynott se retourne vers celui qu'il a connu en 1968, au sein de Skid Row : Gary Moore. Qui, c'est fois-ci, accepte. Ce qui n'est pas une grande surprise puisque cela faisait déjà quelques temps que Lynott et Moore se rencontraient régulièrement, non pas pour faire la fête, quoi que, mais pour travailler sur diverses chansons. Certaines en vue d'un projet parallèle solo de Lynott, d'autres pour celui de Moore (où apparaît pour la première le sublime "Parisian Walkways"), et enfin quelques unes qui serviront de matière première à Thin Lizzy.

     Néanmoins, avec ce nouveau changement, un doute demeure. Est-ce que Thin Lizzy ne va perdre une partie de sa prestance ? Effectivement, Lynott est l'âme du groupe, mais la mise à l'écart de Robertson d'une grande partie du processus de composition et d'enregistrement de "Bad Reputation" (1), s'en ressent. D'ailleurs, pendant longtemps, même des années après la dissolution du groupe, cet album était généralement considéré comme une concession au marché américain, et généralement comme le moins bon de l'ère Gorham-Robertson. 


   Mais ce neuvième album rassure les plus pessimistes. C'est u
ne claque ! Un sommet ! Un aboutissement. La classe à l'état pur ! A masterpiece. Assurément, l'arrivée de Gary Moore a revigoré la bande. Thin Lizzy parvient ici à cumuler un retour à un heavy-rock dur et pur à un lyrisme envoûtant d'où surgit parfois les fantômes du pays du trèfle, dans une élégance rare. Même si, il faut bien le dire, quelques irréductibles n'ont pas de suite pris la pleine mesure de cette galette à frissons ; regrettant de ne pas y retrouver la puissance et toute la fougue du live précédent. La presse elle-même a publié des avis partagés, allant de l'enthousiasme démesuré au perplexe. Certains allant jusqu'à dénoncer un tournant "pop", qui n'est pourtant pas nouveau, notamment dans l'aspect du chant de certains morceaux. Cependant, au niveau du chant, l'influence majeure de Lynott, sur laquelle il s'est forgé, est celle de Van Morrison. Et ça s'entend. Lynott glisse d'ailleurs dans les paroles de "Black Rose" un "but Van is the man". 

     Indubitablement, c'est toujours du Thin Lizzy (autre cause de reproche... il y aura toujours des grincheux), il n'y a pas de changement majeur, et les "twins guitars", - marque de fabrique du groupe emprunté à Wishbone Ash -, sont bien là. On remarque d'ailleurs que Moore se garde bien d'épater la galerie, de tirer la couverture à lui, préférant épouser l'esprit de corps du groupe. On est bien loin des parties folles et parfois démonstrative de son "Back in the Street". 

    Dès les premières secondes, lorsque les toms basses de Downey résonnent comme des tambours de guerre, il paraît évident que les boys sont "back in town", c'est la "King's Vengeance". Bien que suffisamment classique - mais pas conventionnel - dans la forme pour se fondre dans leur répertoire usuel, "Do Anything You Want To" dégage un enthousiasme et une bonne humeur que le groupe semblait jusqu'alors avoir perdu. Tout comme le fringuant et vigoureux "Toughest Street in Town", qui laisse un peu plus parler la poudre. 

     Par contre, "S  & M", réquisitoire à l'encontre de certaines déviances sexuelles, se démarque avec son approche franchement funky et sa basse funambule. Alors qu'une grande majorité de jeunes groupes de la sphère heavy-rock s'enfonçaient dans une certaine radicalité, Thin Lizzy marque sa différence en s'affranchissant des barrières, avec une classe rare. Comme avec "Sarah", gentillette ballade (avec l'harmonica de Huey Lewis) que Lynott a écrite (avec l'aide de Gary) en hommage à sa fille, née durant les premiers séances d'enregistrement (19 décembre 1978) ; une pièce totalement dénuée de la moindre aspérité "rock', aux vagues intonations de bluette pour centre de loisirs pour touristes rosis, affalés sous les palmiers. Même l'harmonica de Huey Lewis chante un pinson échappé de Dysney. Tandis qu'avec "With Love" (enregistré avec Jimmy Bain), Lynott n'a aucun a priori à quitter son costume de macho pour se glisser dans la peau d'un éperdu amoureux. Des morceaux qui ont pu ébranler la foi des fervents disciples du métal lourd, ou au moins, de vibrations plus corsées 😁


   Mais cette galette est pleine de ressources. Ainsi, "Waiting for the Alibi" conjugue retenue avec attaque franche, lyrisme et mordant ; ça sent les ruelles glauques et étroites, où le danger se fond dans les ombres. Le sombre et félin "Got to Give It Up" est empreint d'un spleen lourd que peine à atténuer la guitare lumineuse de Scott Gorham. On ne sait si le sujet est autobiographique ou prémonitoire... "Je dois y renoncer, je dois renoncer à ce truc. Dis-le à ma mère et à mon père que leur beau jeune fils n'est pas allé loin. Il est arrivé au bout d'une bouteille, assis dans un bar sordide... maintenant et encore, je me poudre le nez... Ce truc, je dois y renoncer, je dois y renoncer...". Mais ces obscurs nuages sont chassés par l'urgence et la gaieté qui habite ce "Get Out of Here" des plus vitalisant.

     Et puis il y a le clou de l'album :"Róisín Dubh (Black Rose) : A Rock Legend ". Une combinaison de quatre chapitres liés pour un total de sept minutes, qui paraît finalement trop court. Une pièce assez ambitieuse d'où jaillissent sans retenue les mythes et traditions irlandaises. Phil et Gary s'inspirent librement de chansons traditionnelles issues de leur Irlande, de leur patrimoine, pour les mettre au goût du jour, à la sauce "heavy-rock" - façon Thin Lizzy, of course. Une profession de foie clamant leur amour à cette terre de contes et légendes, mais aussi cette terre de tourments et d'espoirs. Des chansons teintées de mélancolies, de douleurs, de regrets... mais la musique, elle, est telle une force immuable et véritable, liée à la nature, à la terre, à la vie. 

"Raconte-moi les légendes d'il y a longtemps, lorsque les rois et les reines dansaient au royaume de la Rose Noire. Joue-moi les mélodies que je veux connaître, afin de les enseigner à mes enfants,... , racontez-moi l'histoire du jeune Cuchulainn..." "My Roisin Dubh est mon seul et unique véritable amour. C'est une joie que Joyce m'a apporté, pendant que William Butler attend, et qu'Oscar devient sauvage. Evidemment, où étais-tu Brendan ? ... La famine encore une fois... Ce que G Comme Shaw, Sean, je suis né et grandi ici, où les montagnes de Mourne plongent dans la mer"

     Avec cet album, le groupe réussit non seulement l'exploit de faire (presque) oublier Robertson, mais aussi de prendre un nouvel essor. Gary Moore semblait bien être l'homme de la situation. Cependant, devant l'attitude destructrice de son ami, il préfère, encore une fois, se retirer. Philip Lynott qui a tant critiqué, à raison, l'attitude irresponsable de Robertson, s'enfonce dans ses addictions pour devenir bien pire que ne l'était l'Ecossais à ses pires moments. Maintes fois, Lynott tentera de se ressaisir. Pour le groupe, pour sa famille, pour sa mère, mais sans jamais y parvenir totalement... jusqu'à ce que, finalement, son corps, exténué par des années d'excès, cède.


 (1) Bien que pour cet album, il ne soit nullement mentionné en tant que compositeur ou auteur, Brian Robertson revendique une participation effective pour la composition de certaines chansons. Toutefois, considérant que c'était une période trouble, tumultueuse, il n'en porte pas rancune.

(2) Il a d'ailleurs été exclu de la série De Luxe Edition, tout comme le premier disque avec Snowy White : le mésestimé "Renegade".



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💢 Brian Robertson "Diamonds and Dirt" (2011)

mardi 25 février 2025

BR֤ÉVE DE COMPTOIR - par Pat Slade

 


Ils sentaient bon la populace, les femmes allaient a l'église le dimanche et les hommes au troquet pour "le vin de messe". Ils étaient une image de la vie, ils disparaissent petit à petit les bistrots de Paris.


LE COMPTOIR D’UN CAFÉ EST LE PARLEMENT DU PEUPLE



Ils s’appelaient bougnat, bistro, buvette, boui-boui, gargote, troquet, estaminet, au XIXème siècle ont les appelaient les salons de la démocratie. Ils étaient une image et une façon de vivre, on mangeait à la maison et on buvait dehors. Signe des temps, habitude sociale qui change, concurrence acharnée, fast-foods,  ils disparaissent lentement mais surement. Dans les années 60 il y en avait encore 200.000, chaque année la France perd environ 7 000 bistrots, 25000 communes n’ont plus de Licence IV. Dans les campagnes, ils étaient devenus des carrefours de la communication et d’échanges. Les anciens s'y retrouvaient pour taper le carton en se rinçant le gosier au blanc gommé. Dans les villes plus importantes, les jeunes squattaient le jukebox, le baby-foot ou le flipper en sirotant des Demi-Panaché ou des Picon-Bières. C’est l’image d’une France d’une autre époque qui disparait, seules les  grosses enseignes comme le Café de Flore, les Deux Magots, le Café de la Paix et surtout le tout premier café ayant vu le jour à Paris en 1686 Le Procope ont encore pignon sur rue et la petite note bourgeoise, le petit noir à 4-5 €.

 Ils resteront aussi dans la culture populaire, ils seront décors incontournables dans la littérature. Hormis les innombrables guides des bistrots parisien, ils apparaitront dans certains romans comme ”Le beaujolais nouveau est arrivé“ de René Fallet, ”Dans le café de la jeunesse perdue“ de Patrick Modiano, ”Rue Pigalle“ de Georges Simenon et pour la bonne bouche ”Les Brèves de comptoir“ de Jean-Marie Gourio qui, depuis vingt ans, a rassemblé des phrases lâchées sur le zinc  ou l’absurde, l’humour (parfois noir), l’actualité, la poésie et parfois la philosophie se côtoient : ”À la naissance le nain est normal, c'est en grandissant qu'il rapetisse“. Le cinéma n’est pas en reste avec ”Garçon“ de Claude Sautet, ”Hôtel du Nord“ de Marcel Carné, le café de la Marine de Raimu dans ”Marius“ et ont fini dans le café des Deux Moulins dans ”Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain“ de Jean-Pierre Jeunet.  La musique classique a fait l’impasse, il n’existe pas de composition sur les débits de boissons (A moins que Claude ait quelque chose dans ses archives ?).

- Oui Claude ?

- Tu as la cantate du café de Bach Pat, tout à fait profane et qui se gausse des consommateurs addicts au café pendant le siècle des lumières (Procope à Paris, Zimmermann à Leipzig). J'avais écris un billet farfelu pour le 1er avril 2012 (Clic)... Sinon, côté alcool, avec la censure... Ah tiens je pense au Chœur des buveurs (vins) dans la damnation de Faust de Berlioz (🔉).

Modeste Moussorgski
Les compositeurs cherchaient surtout l’inspiration dans les vapeurs de l’alcool. Beethoven, Schumann, Brahms, Bruckner l'amateur de bières et Liszt pour ne citer qu'eux, furent tous de grands amateurs d’alcool, de bière et de vin en particulier. Liszt buvait en moyenne une bouteille de cognac par jour (et parfois deux bouteilles de vin). Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que dans l’ancien argot britannique, on se dit « Brahms and Liszt » pour exprimer que l’on est bourré. Je ne parlerais pas du portrait peu flatteur de Modeste Moussorgski et ses nombreuses années de consommation excessive (opium en plus précise Claude). Igor Stravinsky était un grand amateur de whisky au point qu’il se serait lui-même surnommé ”Stra-whisky“, la boisson était pour lui un moyen de se remettre de la publication d'une mauvaise critique. 
 
On pourra citer Tchaïkovski dont l’affection pour l’alcool n'était pas un secret parmi ses contemporains. Ironie du sort, il meurt à cause d’un verre d’eau contaminé par le choléra (Ah, Claude conteste, il aurait été "suicidé" de force ; gay il avait séduit un jeune officier de marine... d'où scandale). L’alcool aura raison d’Érik Satie, la fée verte, l’absinthe empoisonnera son foie en 1925. Mais je ne suis pas la pour parler de l'alcoolisme, il y aurait long à raconter.

Revenons au bistrot, l’étymologie remonterait à 1814, à l'époque de l'occupation de Paris par les soldats de la cavalerie de l'armée russe du tsar Alexandre I, qui avaient l'habitude de crier ”быстро, быстро“ (vite, vite !) dans les bars parisiens pour demander qu'on leur serve rapidement à boire.  La littérature, le cinéma ; les auteurs de musique classique, les peintres grand consommateurs et pilier de bistrot comme Lautrec, Manet, Van Gogh, Cézanne et même Picasso immortaliseront les bouis-bouis parisiens.
                                                                                
Plus proche de nous, la chanson française ne restera pas en terrasse et s’emparera de cette institution typiquement française. Georges BrassensLe Bistrot“ : ”Dans un coin pourri, du pauvre Paris, sur une place,  l'est un vieux bistrot tenu par un gros  Dégueulasse“. Renaud et son ”Mon bistrot préféré“, rend hommage à Brel, Brassens et Ferré, il reprendra ”Bistrot“ du poète moustachu. Lucienne Delyle et son ”Bistrot“ qui raconte une histoire d’amour sous un air de musette.  Toujours sur un rythme de musette mais plus chaloupé, Jean Ferrat et ”Les petits bistrots“ passe derrière le comptoir pour nous faire voir l’envers du décor. Paul Péri et son ”Bistrots Parisiens“ n’a pas laissé une énorme trace hormis qu’il était le mari de Marguerite Monnot une compositrice qui écrira d'innombrables chansons interprétées par Edith Piaf. Lys Gauti chanteuse d’une autre époque et que je ne connaissais absolument pas (On en apprend tout les jours) et qui eu à un moment de sa carrière Léo Ferré comme pianiste, chantera ”Le bistrot du port“ L’histoire d'amour des matelots du port pour la servante rousse du bistrot. Jean Sommer qui se produira souvent à Bobino en première partie de Georges Brassens et de Jean Ferrat chante ”Y a un bistrot“ jolie chanson nostalgique. Les bretons de Quimper Red Cardell et ”Le petit bistrot“ ont trouvé la bonne adresse pour boire gratis et en Bretagne le sport national est le levé du coude !


C’est avec un peu de nostalgie que l'on on repense à ces endroits où l’on refaisait le monde derrière un demi, un ballon de rouge ou une menthe à l’eau. Terminé le petit noir au comptoir avec la clope au bec, fini le frugal repas avec les œufs durs sur le reposoir et le distributeur de cacahuètes pour l'apéro. 
Bien sûr, il y a encore des troquets mais à deux euros minimum le café, il vaut mieux le boire chez soit avant de partir travailler. 
Adieu le café crème accompagné de son croissant servi par le garçon avec sa chemise blanche et son gilet de costume noir avec les poches remplies de pièces pour rendre la monnaie…d’ailleurs, la course des garçon de café cela existe-t-elle toujours ?


                                                                          




dimanche 23 février 2025

ELLES SONT TOUTES FOLLES DU BEST OF


MARDI : Pat Slade évoque la carrière éclair de "Jeff Buckley" mort en 1997 en pleine ascension à 30 ans en se noyant dans le Mississipi ☹. Pat détaille l'unique album studio que Jeff a eu le temps de graver et de publier de son vivant : Grace, 11 titres variés. Pat s'interroge sur son style : rock alternatif ou folk-rock ? Sans doute un mixte des deux.

MERCREDI : Bruno notre expert Rock nous parle de la sortie récente d'un album du Groupe Chicago, enfin récent est vite dit, plutôt le remastering d'une live de 1971 : "At John F. Kennedy Center for the Performance Arts - Washington, D.C." (Ça c'est un titre 😊). Une réédition justifiée au sein d'une floppée de live au son parfois foireux et qui se marchent sur les pieds entre eux côté programme... il est des plus agréable de tomber sur un document de cette qualité. Suffisamment pour l'insérer parmi les meilleures pièces du septuor.

 

 

JEUDI : semaine musicale avec Benjamin qui rend un bel hommage à un jazzman de légende,  Charles Mingus. Très connu comme contrebassiste, mais aussi pianiste, tromboniste et violoncelliste… Notre rédacteur philosophe à juste titre sur les relations colère-haine, pertinent quand on découvre un artiste irascible, traumatisé par son expérience du racisme, colère qui se traduit tant par des accès de violence envers ses partenaires que dans sa  musique… 

VENDREDI : Elle est de retour… Manquait plus que ça !! Bridget Jones : l'héroïne du pécho par tous les moyens, trouver l'âme sœur de gaffe en gaffe, la bouille ronde et la gouaille comme méthode, avait enfin résolu son problème avec Marc Dacy (Colin Firth) en 2016. Hélas, nous voici en 2025 et Bridget est veuve depuis 4 ans… la course au mec est relancée dans cet opus 4 titré Bridget Jones 4, folle de lui réalisé par Michael Morris et commenté par Luc… On retrouve les clés de la saga… Un peu usé le principe ? Pas tant que ça d'après Luc étonné du talent des anglais à faire mouche dans ces comédies…

👉 On se revoit mardi pour commencer avec une anthologie des compositeurs et musiciens adeptes des bistrots, les Impromptus de Schubert, le billet « to be define » de Bruno, et séance ciné L'attachement de Carine Tardieu….

 

vendredi 21 février 2025

BRIDGET JONES 4, FOLLE DE LUI (2025) de Michael Morris, par Luc B.


La revoilà ! Il y a un quart de siècle BRIDGET JONES déboulait sur les écrans, et on se lamentait : mais comment les anglais font-ils pour réussir des comédies drôles et impertinentes ? Y’avait Richard Curtis* au scénario, ça aide. Et puis il y a eu un 2, un 3, et maintenant le 4, toujours adapté des bouquins de Helen Fielding également co-scénariste. D’ailleurs, ce quatrième film est adapté du troisième roman, et le troisième film était tiré du quatrième… j’dis ça juste si vous tombez sur la question au Trivial Pursuit.

On ne reprend pas vraiment les mêmes pour recommencer, car entre temps le personnage de Mark Darcy (le mari à la fin du 3, joué par Colin Firth) est mort. Ce qui nous vaut au début une très jolie scène, Darcy est là, dans la maison de Bridget, présent mais à part, un peu comme Bruce Willis dans LE SIXIÈME SENS. Quand Bridget se rend à un dîner, elle retrouve son mari dans la rue, ils vont ensemble chez leurs amis, sonnent à la porte. Cut. Contre-champ, l’hôte ouvre la porte, dans l’encadrement, Bridget Jones est seule. Et on comprend…

Il faudra apprécier cette séquence inaugurale, car ensuite, question mise en scène Michael Morris ne se foule pas trop (le type n’a même pas une page sur le Wikipédia français, la honte). C’est bien fait, propre, un peu longuet parfois (plus de deux heures), mais désolé, nous ressortir pour la énième fois la scène de la fille qui fait son ménage sur le « Modern Love » de Bowie, un doudou en guise de micro, glisse en chaussettes, se trémousse furieusement et entraîne ses gamins dans le délire, c’est juste plus possible (un peu comme les scènes d’essayage en jump-cut en mode PRETTY WOMAN).

Bridget Jones est donc veuve depuis quatre ans, elle a deux enfants, les emmène à l’école en pyjama, on la zieute de travers, la honte. Le directeur M. Wallaker, psychopathe du coup sifflet autoritaire (Chiwetel Ejiofor) va rapidement fondre pour cette zinzin de Bridget. C’est tellement scénaristiquement téléphoné que je ne spoile rien. Le film joue évidemment sur la nostalgie, tous les personnages sont là, les acteurs sont les mêmes, picolent (moins) du blanc, ne clopent plus, conseillent à Bridget de refaire sa vie, trouver un boulot et un mec, en allant sur Tinder. Ca aussi on a l’impression de l’avoir vu cent fois.

Ce qui surprend, c’est le ton finalement assez sombre du film, centré sur le deuil de Bridget, mais aussi celui de son fils, qui traîne son chagrin sans trop savoir comment le gérer. C’est pas mal vu, parfois tire larmes, mais comme point de départ d’une comédie, on a vu mieux. Au registre comique, les turpitudes sentimentales de Bridget, qui se trouve un beau mec, beaucoup plus jeune. Scène très drôle quand l’apollon plonge dans un bassin récupérer un chien, en ressort au ralenti, retire sa chemise trempée, devant un parterre de quinquas langue pendante ! 

Si le comique tourne souvent autour du sexe, le film est devenu plus sage, moins incisif. Il est question de se caser, entrer dans la norme, pourquoi retirer à cette femme le droit de baiser qui elle veut sans se prendre le chou avec un mec à la maison ? Une Bridget qui défierait les conventions ne serait-elle pas légitime ?  

Il y a des moments drôles tout de même, les lèvres botoxées, la scène du parc avec les gamins coincés dans un arbre et Bridget qui escalade le tronc dans une position ridicule. Drôle aussi l'achat des capotes à la pharmacie, ou les fascicules alertant des maladies vénériennes qui tombent du sac, à chaque fois devant M. Wallaker qui feint de ne rien voir ! 

Le film multiplie les clins d’oeil à la saga, le pyjama, la culotte extra large, le pull de noël, le slim bleu dans la casserole, mais surtout les deux seconds rôles interprétés par Hugh Grant et Emma Thompson, Rolls de l’humour british. Lui, toujours lubrique, grossier, pochetron, qui apprend aux enfants la recette du cocktail alcoolisé « dirty bitch », elle, gynéco, qui apprend à la fille de Bridget (5 ans ?) à bien prononcer « syphilis » ! 

Par son mélange de romance, de drame, de larmes et d’humour, BRIDGET JONES 4 me fait davantage penser à LOVE ACTUALLY. On n'échappe pas à la séquence (émotion) du spectacle de Noël à l’école, et la réunion familiale qui suit... on verse dans le téléfilm de Noël sur TF1. Si les marqueurs de la saga sont présents, ils sont bien édulcorés. Mais on l’aime bien, Bridget, René Zellweger (aussi productrice) y est pour beaucoup, même si à la longue ses mimiques de pré-ado peuvent lasser. Il va falloir resserrer les boulons de la comédie si on veut revenir la voir dans 10 ans, en mamie retraitée.

* Richard Curtis est le scénariste (et parfois aussi réalisateur) de QUATRE MARIAGES ET UN ENTERREMENT, les deux premiers BRIDGET JONESLOVE ACTUALLYCOUP DE FOUDRE A NOTTIN HILLGOOD MORNING ENGLANDYESTERDAY. On a vu pire comme CV.



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