jeudi 13 août 2026

LE MAÎTRE OU LE TOURNOI DE GO de Yasunari Kawabata (1951 - 54) par Benjamin


Les avions fondirent sur les navires américains dans une charge aussi suicidaire que vengeresse, grêle meurtrière provoquée par un monde qui ne veut pas mourir. La guerre, l’Amérique l’avait au fond gagné bien avant le début de la seconde guerre mondiale, son culte de l’argent diffusant le cancer de la mesquinerie moderne dans le corps fatigué de la tradition japonaise. La modernité modifiait la guerre comme elle modifia ensuite la vision de la production, de l’art, de l’humanité. La mitrailleuse et les bombardiers inauguraient le règne des masses, le triomphe des chiffres et des statistiques sur le panache et la force individuelle. 

Que pouvait encore être l’image du samouraï après après le double drame de Nagasaki et Hiroshima ? Avant cela, cette figure tutélaire gonflait encore les cœurs des combattants, restait le symbole adoré d’une tradition que tant souhaiteraient rétablir. Les plus grands écrivains sont avant tout les porte-paroles des joies, peines et espoirs de leur époque, leurs plumes dressent le portrait d’un peuple à un moment de son histoire. 

Dans l’iconographie littéraire japonaise moderne, une image résume à elle seule cette vision de la littérature, celle de Yukio Mishima discutant gaiement avec Yasunari Kawabata. Malgré leur apparente gaieté, le visage des deux hommes parait tendu par de lourds tourments existentiels. Si il est vrai que les amitiés les plus solides se forment sur le ciment de peines communes, alors ces deux hommes étaient faits pour se rencontrer. Contraint à la plus dure des solitudes par une grand-mère acariâtre et possessive, Mishima résuma son mal en affirmant que, chez lui, la découverte des mots précéda celle du corps. Cette « soif d’amour » qui donna son nom à un ouvrage de Mishima, Kawabata la vécut avec la même intensité douloureuse. Son tyran fut le destin, cette force mystérieuse faisant disparaître prématurément les êtres qui lui étaient chers.

L’homme aurait pu faire siennes les lamentations du Feu Follet de Drieu La Rochelle, comme lui ses êtres aimés ne cessaient de lui glisser entre les doigts. Vint d’abord la mort prématurée du père, puis celle d’un grand père dont il venait de se rapprocher. Restait alors l’espoir du premier amour, dont l’apprenti écrivain ne se sentit d’abord pas digne. 

Lorsqu’un miroir était placé face à lui, Kawabata maudissait ce visage qu’il taxa de la plus immonde des laideurs. De cet amour aussi espéré qu’impossible selon lui, de ce deuil impossible du plus beau sentiment humain naîtra la soif d’idéal de l’écrivain. Lorsqu’il rencontra enfin cet amour, le vrai, celui auquel on pense encore à l’article de la mort avec mélancolie, ce ne sera que pour le perdre après quelques mois. Lorsque, après l’avoir espéré des années durant, vous ne goûtez que du bout des lèvres à un bonheur qui vous est violemment retiré, son souvenir rayonne au fond de votre mémoire comme le plus brûlant des soleils levant. 

Contrairement à Mishima, Kawabata ne plongea jamais dans les abysses de l’érotisme sadique, l’amour fut pour lui une transcendance et un idéal. Mishima et Kawabata furent ainsi le yin et le yang de la littérature japonaise de leur temps, sa beauté sombre et sa grâce nostalgique. Le premier donna de l’élégance au nihilisme, le second de la poésie à la mélancolie. Dans les tourments de ces deux hommes raisonnaient les inquiétudes d’une nation qui, plongée dans le grand bain de la modernité, craignait de s’y dissoudre. Privé très jeune de l’affection de ses aînés, Kawabata ressentit le mal de ce peuple avec une sensibilité accrue. Dans la longue liste de personnages nés de sa plume, son joueur de go incarne le mieux cette peine existentielle.

Loin de moi l’idée de résumer ici les règles d’un jeu que, après l’avoir inventé, les chinois eux mêmes léguèrent à l’esprit aiguisé du peuple du soleil levant. Forme d’échec ultra complexifié, le go engendrait des batailles pouvant s’éterniser des heures, des jours, des mois. Cette patience est l’art et la raison d’être du héros du maître ou le tournoi de go. 

Chargé de rendre compte des parties homériques qui firent la renommé de cet homme, un journaliste nous dépeint un joueur plongé dans une concentration extrême, possédé par un effort intellectuel si intense qu’il en parait physique. La respiration du maître s’accélère parfois, une suffocante chaleur de fin de marathon envahit son corps, l’insomnie marque son visage d’une profonde fatigue. 

Comme un homme de l’ancien temps, ce maître voit d’abord dans le jeu une façon d’entretenir et de défendre son honneur. Arrivé au terme d’une vie privée de grandes joies, l’homme voit dans son génie du go un moyen de racheter la platitude de son existence par la grandeur de son art. La honte de la défaite aurait pour lui l’horreur d’une mort définitive, lui donnerait le vertige de celui qui a vécu sans laisser de trace de son passage. Cet homme ne pouvait comprendre l’étranger qui, au cours de parties hors concours, semblait heureux d’enchaîner les défaites. A travers cette rencontre d’apparence banale s’incarnait le dialogue impossible entre le monde moderne et celui de la tradition. Le premier ne jurait que par la légèreté et le loisir, le second cherchait la transcendance jusque dans les choses les plus légères. 

Si, comme le disait Nietzsche, la maturité de l’homme consiste à retrouver le sérieux que nous avions dans nos jeux d’enfant, alors le triomphe de la modernité ne serait qu’une grande régression collective. De ce constat naît l’admiration du lecteur pour ce joueur de go qui, sous la plume de Kawabata, s’apparente également à l’incarnation de la profonde solitude de l’artiste.

Editions Livre de Poche  -  157 pages 

mercredi 12 août 2026

SAGA " First - same " (1978), by Bruno



     Était ce une volonté des majors ? De l'industrie musicale ? Ou bien était ce un mouvement collectif cherchant à faire négocier un virage plus mélodique au rock ? Renouant avec la pop et le rhythm'n'blues des 60's ? Ou simplement, le fait de musiciens fatigués de galérer, s’engouffrant dans un lumineux tunnel où on leur promet une nouvelle vie pleine de reconnaissance, sonnante et trébuchante ? Probablement un peu de tout ça, qui fait que la seconde moitié des années soixante-dix voit fleurir dans toute la largeur des États-Unis des groupes peu ou prou imprégnés de tonalités et cadences assimilées au Rock AOR / FM. Même le rock sudiste, initialement plutôt attaché à une certaine tradition – du Blues à la Country de leurs campagnes -, succombe aux sirènes de ce format prisé par les radios. Plus tard, au grand dam de leurs fans, même des grands noms du rock-progressif vont s'y adonner.

     Mais avant, il y a un quintet canadien qui, dès leur premier album en avril 1978, débarque fièrement avec une musique fusionnant avec une classe innée un rock-progressif à des tonalités « AOR », avec même quelques pincées de funk. Où la facette pop penche parfois dangereusement vers la (bonne) chanson de variété. Le tout largement immergé dans des sons de synthétiseurs de toutes les couleurs. Hérésie ? Peut-être, mais ce quintet assume fièrement sa direction et va en quelques albums imposer sa vision et son singulier caractère, traverser les frontières – jusqu'au delà du rideau de fer.

     Quand le groupe se forme, ce n'est pas une réunion de jeunes fous inexpérimentés, se cherchant encore. Trois débarquent de Fludd, un groupe assez célèbre en son Canada natal, où a également joué Greg Godovitz de Goddo. Suite à l'arrêt de Fludd en 1977, à cause des soucis de santé persistants du guitariste Brian Pelling – qui décède de leucémie le 28 juin 1978 -, le bassiste Jim Crichton, le batteur Steve Negus et le claviériste Peter Rochon fondent SAGA. Crichton fait appel à son frère, Ian, pour tenir la guitare, et pour finir, la troupe engage comme chanteur le Gallois Michael Sandler – qui, en dehors de ses heures en tant que chauffeur de taxi (à Toronto), faisait ses armes au sein d'un petit groupe nommé Truck (1)


     Si le chemin vers le succès international a été progressif, il n'en demeure pas moins que le son du groupe est établi dès son premier essai. D'ailleurs, il débute par deux classiques du groupe, longtemps indissociables de leur répertoire scénique : « How Long » et « Humble Stance ». Cinq autres compositions sont aussi souvent jouées en concert ; elles sont d'ailleurs présentes sur des live du groupes.

     La boucle infinie de synthé échappée de Krafwerk (ou de Donkey Kong (2) ) - il fallait oser ! - et la batterie basique et amplifiée en mode dance-floor ont de quoi faire fuir, tout comme le riff quasi disco des claviers. Toutefois, grâce au contraste avec la guitare hargneuse et de la voix impérieuse, « How Long » se présente comme un fusion habile et inédite de genres habituellement antagonistes. « Humble Stance », lui, réduit sa dose de funk - quoi que - au profit d'une ambiance entre Renaissance et Gothique, établissant un pont mariant deux âges ; comme si Saga s'inscrivait dans une comédie musicale kitsch censée se dérouler dans un Moyen-Âge tardif. 

     La suite est nettement plus progressive, avec toujours un parfum gothique ténu, pouvant autant évoquer un Wishbone Ash (première période) qu'un Yes, tous deux irradiés de synthés précurseurs, anticipant la décennie suivante.  En particulier avec "Will It Be You ? (Chapter Four)", SAGA démontre qu'il a de la suite dans les idées. En effet, c'est la première pièce d'un long puzzle, qui va s'étaler sur plusieurs albums dans un ordre aléatoire. Se terminant en 1981 avec l'album "Worlds Apart", contenant les chapitres 5 et 8. Généralement, ces chapitres sont les pièces les plus longues et les plus "progressives" des albums. Autre chapitre, le sixième, "Tired World", héritage d'un heavy-progressif, est un peu basique et long au démarrage. Ian semble avoir de la peine à se contenir et lâche quelques soli heavy - avec même un passage au tapping, alors peu commun à l'heure de l'enregistrement. En 2005, l'enregistrement en public " The Chapters Live ", l'intégralité des morceaux dans l'ordre. C'est aussi le dernier disque avec le batteur Steve Negus. Cet album live tardif se présente alors comme un concept album basé sur un récit personnel de science-fiction reprenant la vie d'Albert Einstein, avant d'enchaîner sur les efforts d'une civilisation extra-terrestre pacifique, soucieuse d'une humanité courant à sa perte, cherchant à préserver le cerveau du génie défunt.


   "Perfectionist" s'annonce avec des trompettes en carton (synthétiques), et glisse dans une danse de la Renaissance - entre la Volte et la Branle - régulièrement ébranlée par de sombres claviers à la John Carpenter. Une bande son en accord avec une histoire digne d'Alice Cooper : ou comment Ellery Sneed, voulant mettre fin à ses jours, ne souhaitait pas partir seul tout en voulant laisser un bon et impérissable souvenir à ses amis, organise un banquet, une grande fête, avec en bouquet final, un toast, un vin spécialement agrémenté par ses soins...

     Plus léger, éthéré et sobre, "Ice Nice" se laisse emporter par la brise dans des sphères sidérales, où seuls survivent les synthés ; contrées où l'on s'attend à voir surgir Kate Bush. Jusqu'au final, ballet d'aérolithes ou joutes entre guitare et clavier.

     Il ne s'agit pas du meilleur du groupe, mais cet album dégage déjà une maturité étonnante - il a été enregistré en 1977 - et impose un style singulier, reconnaissable entre mille. Sa modernité préfigure des années avant les fiançailles du progressif avec le rock FM - à croire que Saga a servi d'exemple, même aux anciens -. Cependant, a contrario, c'est aussi cette modernité qui l'a desservi. Si le succès du quintet canadien explose - tardivement - à l'international avec l'excellent album "In Transit" - véritable best-of enregistré en public -, Saga n'a jamais totalement été accepté par les adeptes d'un genre ou d'un autre. Trop "Pop" et "AOR" pour les fidèles du Progressif, trop de synthés pour les partisans du Rock et trop Rock, voire parfois trop Heavy (notamment avec Ian Crichton qui peut envoyer quelques riffs et soli bien mordants), pour les néo-romantic-new-wave-gothico-trucmuche. Pas toujours facile de se singulariser dans ce large univers rock où les chapelles peuvent se révéler conservatrices, parfois même carrément sectaires. Un paradoxe dans cet "univers" qui est pourtant dès ses origines le fruit de brassage, d'alliage, de fusion.


Side one

TextesMusique
1."How Long"Michael SadlerJ. Crichton, Sadler,  Rochon4:01
2."Humble Stance"J. CrichtonCrichton, Crichton, Rochon, Sadler5:50
3."Climbing the Ladder"M. SadlerCrichton, Crichton, Rochon, Sadler4:45
4."Will It Be You? (Chapter Four)"J. CrichtonCrichton, Crichton, Negus, Rochon, Sadler7:13

Side two


TextesMusique
5."Perfectionist"J. CrichtonJ. Crichton, Sadler5:46
6."Give 'Em the Money"J. CrichtonJ. Crichton, Sadler4:25
7."Ice Nice"J. CrichtonJ. Crichton6:55
8."Tired World (Chapter Six)"J. CrichtonCrichton, Crichton, Negus, Rochon, Sadler7:06
  1. Sans rapport avec la formation américaine de hard-rock, ni même, apparemment, avec le très bon groupe Canadien de jazz-rock soul, dans lequel est brièvement passé Jim Crichton.

  2. Oui, c'est un anachronisme


🎼🐝

mardi 11 août 2026

Electric Light Orchestra : ” Out of the Blue“ (1977) par Pat Slade




Direction les étoiles avec la bande à Jeff Lynne, septième album et un gros succès à la clé.



Une galette à l’Improviste





Electric Orchestra Light, ou ELO pour les intimes fut groupe britannique des années 70 qui a trouvé la recette magique pour marier rock classique, pop et… un orchestre symphonique entier. "Out of the Blue", leur double album sorti en 1977, est une véritable pépite de mélodies cosmiques et de prouesses orchestrales. Préparez-vous à plonger dans un voyage auditif interstellaire.


Out of the Blue“ La tornade électrique d’Electric Light Orchestra

On attaque fort avec "Out of the Blu", ELO est au firmament des groupes de rock symphonique avec une touche pop et cet indispensable soupçon de science-fiction un peu qui déborde d’énergie et d’optimisation kitsch. Quatre vinyles, 17 titres, et un tourbillonisme rock (ça existe ce mot ? pardon ? Non… j'invite le néologisme). Imaginez Jeff Lynne et son orchestre en train de courir un voyage sonore à vous faire tourner la tête plus vite qu’un marathon galactique, le tempo est effréné, la basse boucle de synthé vintage roule comme un train à vapeur et les violons apport. Alors, accrochez vos ceintures : on embarque pour un voyage cosmique où se mêlent une touche sérieuse crescendo, piste par piste, avec humour et rigueur presque l’encontre du speed scientifique. ”Out of the Blue“. Tout se mêle dans  La tornade électrique d’Electric Light Orchestra ; l’encontre du speed scientifique (pas certain que l'expression fasse sens, mais ça jette 😊).

Jeff Lynne

Turn to Stone“ : On sent toute la pression dans ce démarrage canon. Imaginez-vous réveillé par un réveil qui joue du violon électrique. Ça pulse, un morceau qui veut avancer coûte que coûte, mais ça groove et c’est drôlement efficace. Jeff Lynne (le maestro classe so british qui fait mouche à chaque note derrière tout ça) nous balance un riff entêtant et des harmonies vocales qui font penser à la bande-son. "It’s Over" : La BO d’un film de super-héros. Une balade fun qui n’est pas sans rappeler son ami George Harrison. Ici, on sent déjà que le futur hit est en marche, ce morceau pouvant s’écouter en boucle sans se lasser. ELO joue le rôle du poète romantique. Une balade mélancolique, Un piano doux, des cordes en fond musical et cette voix un poil désabusée de Jeff Lynne est douce, la finesse de l’orchestration. C’est caressant, c’est sentimental.


"Sweet Talkin’ Woman" : Bref moment où ELO vous donne rendez-vous au coin du feu. Un orchestre a cordes qui se la joue façon XVIIe siècle qui ce bat au coude à coude avec un vocoder et un chœur. Un tube parfait pour taper du pied. C’est frais, C’est funky. C’est comme une conversation animée dans les années 70 dans une discothèque disco intergalactique. la batterie. Les chœurs sont entraînants, les synthés sont à fond et les vocaux vous piègent immédiatement. Une vraie invitation à secouer la tête. 

Across the Border“ Si vous cherchiez un voyage musical, le voilà. Sonorités des violons, flûtes et claviers s’entrelacent pour créer une sorte de chemin de fer sonore partant vers des contrées imaginaires. Le voyage : on pense un peu à Indiana Jones faisant une pause sonique. Le morceau est riche, foisonnant, et le road trip musical témoigne du goût d'agrémenter un soupçon de western spaghetti. Les violons d’ELO pour l’ambiance cinéma tirent leurs archets, la flûte souffle dans un vent cinématographique. L’effet “Je pars en vacances sans bouger de mon canapé”.


Night in the City“ Un titre qui mêle une intro est mystérieuse, peu de folk, un peu de classique puis ça explose en une énergie à grand coup de riff de guitares. On se croirait presque un rock in the city. Ce titre pourrait bien être la BO d’un film noir des années 70 avec des poursuites en voitures et des néons clignotants. Dans ce morceau, ELO capture parfaitement l’atmosphère électrique d’une nuit urbaine. La rythmique est saccadée, comme une poursuite haletante avec cette chanson. Il y a du rythme, un de mes titres préféré de l’album. ”Starlight“ Prochaine étape du voyage, Retour à la douceur et à l’espace avec des sons cosmiques qui peuvent servir de bruit d’alarme pour une base lunaire, ce morceau est une véritable invitation à lever les yeux vers les étoiles. Un morceau poétique, planant et un brin rêveur, il fonctionne comme un néon. C’est à la fois rythmé et mystérieux, comme si la ville elle-même devenait une entité vivante.

Jungle” attention pépite ! Un morceau suspendu, presque éthéré, irréel. Le rythme est exotique avec des percussions qui déploies leurs ailes, les synthés qui scintillent comme un cœur sauvage. Les cordes s’emballent et la voix de Jeff Lynne joue entre calme et explosion. C’est intense, presque tribal, et clairement un morceau qui fait bouger les épaules. Un peu comme si Indiana Jones croisait King Kong dans une jungle audio. J’ai toujours trouvé qu’il avait du John Lennon dans ce titre.

Believe Me Now“ Balade introspective qui pourrait faire fondre les cœurs les plus endurcis. Piano délicat et des arrangements harmonieux. C’est le moment où l’album baisse en intensité pour mieux vous happer par l’émotion pure. Parfait pour une écoute post-dîner avec un bon verre. C’est la pause détente dont on avait besoin après le tumulte.

Steppin’ Out“. Retour sur terre avec ce petit bijou, partir à l’aventure. Rythme soutenu, chœur central. La basse groove, la batterie tapote une mélodie qui vous donne envie de sauter le tempo, et Jeff qui roule dans sa voiture décapotable.  Lynne reprend un ton plus léger, presque taquin. Ici l’air qui donne envie, on sent que les ELO veulent attraper le vent, le remettre en musique et nous donne envie de se lever pour danser. Très seventies, très feel good.

Standin' in the Rain“ Ici, on repasse en un remède anti-déprime musical. Gros son, rythme infernal, clavier diabolique, orchestre synthétisé étourdissant, ELO nous emmène dans un enfer musical d’où on ne revient pas intact. Toute la force de la bande de Jeff Lynne concentré en un titre. ”Big Wheels“ la symphonie pop s’amplifie, c’est un morceau rutilant. Guitares, synthés, avec un rythme qui donne envie de taper du pied. Ses refrains gargantuesques et des chœurs à faire pâlir un opéra. À écouter quand il fait gris dehors ça change une vie. ”Summer and Lightning“ un morceau léger et lumineux, terriblement efficace contre la sinistrose. la recette de ce titre , des violons qui sautillent. ”Mr. Blue Sky“ le chef-d’œuvre absolu de cet album, juste pour toucher l’auditeur en douceur. Sans doute l’un des morceaux les plus iconiques d’ELO. Impossible de résister à ce chant solaire où le ciel bleu devient presque un personnage, Les arrangements sont d’une légèreté jubilatoire, les chœurs sont addictifs. ”Mr. Blue Sky“ Le soleil dans vos oreilles.



Sweet Is the Night" : Les amateurs de douceur apprécieront. Voici un titre tendre et Jeff Lynne semble chanter l’été éternel. Frais, lumineux, et presque trop court tant on aime. Parfait pour les moments calmes. La voix est posée, les arrangements élégants, toute la finesse d’ELO qui ne cherche pas à en faire de trop. La guitare électrique évoque dans la douceur, mais en mode nocturne. Il y a une élégance naturelle dans la façon dont la musique coule, entre accords fluides et un chant feutré.

The Whale“ : Avec ce morceau, ELO mise sur climat rayonnant comme un projecteur géant. Un hymne une ambiance grand large et épique. De la joie pure. Un concerto pop, Il y a quelque chose de majestueux dans les arrangements, avec une montée en puissance qui rappelle l’immensité de l’océan en version rock. Ce titre raconte l’histoire d’un héros solitaire.

Birmingham Blues“ On attaque avec un piano et un rythme boogie qui durera tout le long du morceau. La voix de Jeff Lynne toujours aussi intense et un chœur qui tient le fond de la scène pour soutenir l’édifice.

Wild West Hero“ Plus western que le Far West lui-même, ce titre mêle ambiance cowboy et orchestration symphonique. On imagine un héros, solitaire, loin de son foyer, chevauchant vers le coucher de soleil, avec des envolées de violons dramatiques et un fouet en guise de tempo. C’est épique, c’est drôle refrain entraînant. On se croirait dans un vieux film, et un peu kitsch, exactement de cow-boys, sauf qu’ici la marque de fabrique d’ELO.

"Out of the Blue" n’est pas juste un album, c’est une explosion de créativité. Chaque titre est un petit univers à part entière, où Jeff Lynne et ses musiciens jonglent avec les genres, les émotions et les ambiances. On passe du rock énergique aux ballades intimistes, du space-opéra au western country.

Bref, un condensé de ce qui fait d’ELO un groupe absolument unique. Si vous avez envie d’un disque qui vous emmène loin sans bouger de votre canapé, c’est celui-là qu’il faut mettre sur la platine. Alors branchez vos écouteurs, laissez-vous porter "Out of the blue", et bonne écoute cosmique !





      


1. Turn To Stone

2. It's Over

3. Sweet Talkin' Woman

4. Across The Border

5. Night In The City

6. Starlight

7. Jungle

8. Believe Me Now

9. Steppin' Out

10. Standin' In The Rain

11. Big Wheels

12. Summer And Lightning

13. Mr. Blue Sky

14. Sweet Is The Night

15. The Whale

16. Birmingham Blues

17. Wild West Hero

 



dimanche 9 août 2026

BEST-OF PAR TEMPS DE PARESSE

 

MARDI : Pat a versé une petite larme suite à la disparition de Marie Paule Belle, chanteuse et pianiste qui connut son succès dans les années 60-80. Plutôt qu'un RIP tristounet, Pat nous a commenté un album qui reflétait la passion de MPB pour Barbara en enregistrant un florilège des chansons de la grande dame en noire avec sa belle voix légère, juste, à la diction agile, et simplement son piano dont elle était virtuose comme instrumentation.

MERCREDI : Bruno, notre doctor honoris causa du Rock historique continue de revendiquer une place méritée à divers groupes éphémères. Aujourd'hui le groupe STARZ et son album "Violation". L'avis de l'expert : En dépit de quelques titres pouvant paraître un peu en deçà en comparaison des pièces fortes, c'est un album sans faute qui, en cette année 1977, aurait dû s'installer confortablement parmi les classiques du genre, voire du Rock au sens large.

 


 

JEUDI : Claude proposait des œuvres estivales. Rien de torrides mais celles qui réchauffent le cœur par la bonhomie, la fantaisie instrumentale et la joie de vivre dont Joseph Haydn fit toujours preuve. Et voilà deux allègres concertos pour violoncelle de style classique interprétés par Jean-Guihen Queyras accompagné par un orchestre baroque coloré créé et dirigé par la violoniste Petra Müllejans.

VENDREDI : Luc a lu "Paresse pour tous" de Hadrien Klent (2021) un roman en forme d'essai qui nous raconte la campagne électorale d'un gars qui vise à fixer la durée de travail vers presque zéro alors que la productivité sur la planète n'a jamais autant augmenté et que l'IA fait le boulot… etc. En prime : échange passionné de lecteurs fidèles qui se prétendent ennemis du boulot. C'est vite dit car ils ont dépensé une énergie folle pour commenter le billet de Luc avec une argumentation et un développement quasi universitaire 😊 😊.  Chic, nous sommes lus par des thésards.

 

👉 On se revoit mardi avec Pat qui présente Electric Light Orchestra et son album "Out of the Blue“ de 1977 ; mercredi le billet "mystère" de Bruno ; jeudi, Benjamin nous invite à une partie de Go à travers le roman du nobélisé Yasunari Kawabata "Le maître ou le tournoi de go" et on termine la semaine avec un roman noir : "La colère" de Shawn A. Colby de 2023 lu par Luc.


BONNE SEMAINE...