jeudi 24 septembre 2026

La prétention des suprémacistes de la musique classique est-elle absurde ? – par Claude Toon

Caricature d'Hector Berioz

Caricature d'un rocker classique


- Essai sur les goûts et les couleurs musicaux, Claude, les intentions des musiciens de tous les genres, un article d'opinion ? Une première dans le blog…

- En effet Sonia, un texte sur mes interrogations au sujet des inconditionnels et fans s'opposant à propos de la valeur d'un genre musical par rapport à un autre. D'ailleurs sans réellement savoir de quoi ils parlent, le rejet par principe ! Mélomanes, rockeurs, bluesmen, etc. de tous les pays, unissez-vous 😊

- Bigre, j'impose un commentaire de texte composé de la part des lecteurs, je ramasse les copies dans 2 heures, hihi !

 

Partie 1 : La musique classique est-elle morte ? 


Bach et un théorbe bizarre...
 

 

Je pourfends cette idée reçue : la musique classique n'a pas disparu ! L'univers musical de la civilisation occidentale s'est remodelé profondément suite aux inventions d'Edison et de Charles Cros (les disques), de Guglielmo Marconi (la radio), et des recherches acoustiques de musiciens créant des techniques de compositions nouvelles (sérialisme, polyrythmie… électroacoustique). 

Les gravures des chansons populaires sont entrées dans les foyers avant-guerre et que dire depuis. Dans les années 50, la muse Euterpe a pris de multiples visages et on a assisté à  l'éclosion d'une myriade de genres pour des publics très larges : le jazz, le rock, la pop, etc. Les salles de concert et l'écoute attentive et silencieuse (pas toujours, il y a eu des rixes) s'est vue concurrencée par la folie enflammée dans des stades gagnés par une ambiance électrique (sans jeu de mot 😊). Le Deblocnot reflète par ses billets cette large variété de styles… Sauf que les rédacteurs et nos lecteurs ne se "bouffent pas la tête" pour imposer leurs passions comme référence !

Depuis le Moyen-Âge jusqu'au début du XXème siècle cohabitent la musique dite "savante", celles des concerts chics des châteaux, des cathédrales, des salons ou salles de concerts, avec la musique plus "festive" des traditions villageoises. Pourquoi ce qualificatif doctoral "Savante" ? 

Les quatre saisons de Vivaldi n'exigent aucune formation solfégique académique pour nous charmer, en tout cas guère plus que pour apprécier un beau standard de Jazz, un hit de Rock, ou une chanson des Beatles. La musique dite classique a porté longtemps le statut d'art et de musique de "classe", comme l'affirme encore notre ami sh**le M**r, un lecteur historique fidèle. Comprendre par-là que la musique "classique" se voulait exclusivement réservée à : la noblesse, le clergé, les intellectuels, son écoute dépendant d'une éducation bourgeoise. Quid de nos jours, tu parles ! (Comme si la musique votait conservatrice, on dit à droite je crois, une idée saugrenue qui aurait fait hurler Beethoven républicain et révolutionnaire😊.)

Dans les villages, danses et chansons constituaient un patrimoine rarement écrit, transmis par tradition orale, sauf quand des compositeurs éclairés (Dvorak, Bartók) viendront les transcrire voire les enregistrer… puis les métamorphoser en œuvres "savantes".

Dernier nota : ne nous leurrons pas au sujet d'une musique classique qualitativement dominatrice. Une idée de génie comme Pam Pam Pam Paaaam de Beethoven ne surgit pas chaque matin, y compris chez l'intéressé. Des centaines de compositeurs de cour ont disparu et leurs piètres partitions avec. Certaines injustement oubliées ressurgissent... et apportent de la nouveauté dans le catalogue ancien.


The Beatles

Au fil du temps, en parallèle de l'écriture d'œuvres de cabaret (café Zimmermann de Leipzig) comme les concertos brandebourgeois de Bach, la création d'ouvrages vraiment "savants" exigeait du public des connaissances en philosophie, en histoire, en littérature et sollicitait notre mémoire pendant 1 à 4 heures. Et là, je pense à certains opéras de Wagner ou aux symphonies de 1H20 de Mahler, ou de Bruckner, et d'autres… Combien de "nantis" ont souffert à Bayreuth, le temple wagnérien, à cause de leur incapacité naturelle à apprécier les mystères des partitions de 500 pages, en fait simplement parce qu'ils  devaient s'y montrer, quitte à critiquer l'innovation ! Si j'ose dire, la bourgeoisie bavaroise ou viennoise respectaient des obligations mondaines érigées en règles sociales leur donnant droit de se faire ch**er 😖😄ou somnoler !! Des étudiants désargentés mais fascinés restaient à la porte.

 

Et oui, des durées et des complexités du texte et du discours musical rebutantes (100 motifs mélodiques et 14 Heures pour le Ring de Wagner) et non une heure comme dans l'enchaînement des morceaux de Rock de 5-6 minutes interprétés par des groupes rivalisant d'imagination, des plus sages au plus barbares, de blues, etc.. Ces générations de musiciens participeront ainsi dès 1960 à l'éclosion d'une culture à part entière mêlant lesdites "classes". Notez que ces durées sont aussi celles de chacune des 555 sonates de Scarlatti. Parle-t-on ici de compétition qualitative entre musique pour intellectuels vs celles pour distraire la populace ? NON !!!! ABSOLUMENT NON.

 

Attention à ne pas se méprendre sur mon propos !! Dans nos choix musicaux, la réceptivité face à un style musical défini varie beaucoup d'un auditeur à un autre. Certains de nos contemporains se passionnent pour la rage à vocation militante, l'expression des révoltes à travers des morceaux musicalement rugueux voire agressifs (souvent du Rock, parfois du classique moderne1) ? À l'inverse, d'autres publics préféreront la légèreté colorée d'une musique classique (parfois certains rocks progressifs) aux accents épiques, mystiques ou poétiques (Beethoven, Messiaen, Ravel ?). Attention je ne parle pas des niaiseries dédiées aux Concours de l'Eurovision, la platitude au service du mercantilisme…

1 – les compositeurs Henryk Henrik Górecki, Krzysztof, Penderecki et Dmitri Chostakovitch, tous antinazis, antistaliniens, anti guerre à l'instar des groupes U2 ou Rage Against the Machine… Voir les spécialistes du blog…



Pochette Lp 45 tours U2

Partie 2 : Classique et Rock, même combat contre la folie humaine

Écoutons la férocité du scherzo de 4 minutes de la 10ème symphonie de Chostakovitch, écrite après l'agonie et la mort de Staline, Dmitri n'a jamais caché que cette musique de cirque frénétique avec sa marche sardonique [Trio à 2:20] dépeint la nature sadique et exterminatrice du dictateur. Au pupitre de la philharmonie de Leningrad, l'ami maestro de toujours, Evgeny Mravinski très motivé et très satisfait de la descente aux enfers du père Joseph… (Article) La vidéo exacerbe le sarcasme musical par des images témoignant de l'imbécilité du culte de la personnalité voué au tyran.
Effectif : 120 musiciens…


Autre dégoût, autre style : Une mécanique implacable, un cri de rage du groupe irlandais U2 dans la chanson Sunday Bloody Sunday (dimanche de sang) de 1982 dénonçant le massacre de 14 manifestants non armés en 1972 à Derry par des soldats britanniques. La rythmique obsédante ne cesse de s'amplifier, scandant une ligne mélodique fracassante, un carnage inter musicos. Le texte ne laisse aucune ambiguïté :

Bono – chant principal, The Edge – guitare, chœurs, Adam Clayton – guitare basse, Larry Mullen Jr. – batterie, Steve Wickham – violon électrique.






Labo moderne de composition 😀
 
 

Partie 3 : Le menuet des snobs et la valse des faussaires 😅

L'une ou l'autre des attirances, et même les deux, ne dépendent en aucun cas de dieu sait quel QI analytique nourri de connaissances académiques pointues en solfège, contrepoint, chromatisme, etc.. En un mot, établir une théorie élitiste dédaigneuse envers ceux que la musique classique n'émeut pas n'a aucun sens en psychologie et dans l'étude de la sensibilité artistique (précepte pédant pourtant professé un temps par René Leibowitz ou Antoine Goléa). Professer cette doctrine est méprisable. Certes, on doit admettre que naître dans un milieu de bon niveau éducatif peut être un atout (notamment financier ?) pour la sensibilisation des jeunes à l'esthétique classique et à toutes les formes d'arts en général ; et encore…

 

Un défi a ainsi été lancé aux musiciens de "conservatoire" face à cette nouvelle donne socioculturelle : se renouveler ou disparaitre. Écrire un concerto grosso pour guitares, basse, batterie et voix serait une idée grotesque et hors sujet. Mais attention aux resquilleurs plus ou moins bien intentionnés...

Pour les "copy cat" comme Federico Maria Sardelli et sa musique baroque "à la manière de", un passionné ne doute pas très longtemps de la supercherie face à la banalité de ses compositions qui, écrites au XVIIIème siècle auraient terminées oubliées dans une bibliothèque poussiéreuse. Cela dit, respectons l'humoriste et le maestro qui connait son Vivaldi, "le vrai", sur le bout des doigts. Merci pour la première gravure de l'opéra l'Atenaide de Vivaldi avec Nathalie Stutzmann, quand même.

Je ne m'étends pas sur les trahisons musicales d'André Rieu. Je l'avais déjà habillé pour l'hiver en 2011, le violoneux et ses caviardages de chefs-d'œuvre authentiques, façon made in China (Maestro ou Classic’ en toc ?) ; le délit de contrefaçon de la partition...




Partie 4 : Chacun sa passion, qu'on se le dise !

Hormis quelques titres qui me passionnent (voire mon billet sur Old River de Springsteen chanté en live en plus de dix minutes ou bien la musique inclassable de Steve Wilson, le Rock, même défendu avec conviction par mes camarades, me laisse sur ma faim au bout de trois titres car ressenti comme trop répétitif tant sur l'inspiration que sur la forme… Il en est de même pour les caprices de Paganini… Je n'ai aucune explication rationnelle à ceci ; précisons que je suis d'origine du monde ouvrier et que mon goût inattendu pour le classique contamina mes parents, les conduisant de Yvette Horner à Debussy et Beethoven, et même au concert  😊. Le monde à l'envers.


John Adams et… la bonne vielle méthode du papier

Pour se recentrer sur le propos, l'art classique moderne perdure intensément. Les compositeurs ont inventé de nouveaux langages : le sérialisme, les modes minimalistes-répétitifs, etc. Dans un premier temps, les créateurs ont eu tendance à s'enfermer dans ces nouveaux cadres très conceptuels voire trop abscons pour le public.

L'échec relatif de certains parcours (Boulez au hasard) a donné lieu à une libération des formes (John Adams). Certes l'écoute peut se révéler difficile, provocante, foutraque… Ceci est le lot de toutes les nouveautés artistiques. Aux mélomanes de faire l'effort d'affiner leurs capacités d'écoute, de laisser vagabonder leurs imaginaires par rapport à ce ce qu'ils écoutent, et ce qui déroute finit souvent par manifester son objectif expressif, sa logique conceptuelle et sa poésie…

 

Dans la prochaine chronique, nous mettrons en illustration ces quelques idées lors de l'écoute d'un concerto pour violon de l'anglais Thomas Adès, utra moderniste mais diablement intrigant…

 

J'en ai parlé, on les écoute !

1 – John Adams : Common Tones in Simple Time de 1979 - Orchestre symphonique de Montréal - Kent Nagano ("Tons communs en mesure simple". On ne sait pas de quoi il s'agit 😊mais quelle poésie méditative !!! (Style : minimaliste - répétitif)

2 - Steve Wilson : Deform to Form a Star extrait de l'album Grace for Drowning, un double CD de 12 titres de 2011. (style : rock progressif avec, à mes oreilles des incursions jazz, un univers étrange… qui fusionnent diverses influences musicales). Une douzaine de musiciens sont à l'œuvre dont Steve Wilson jouant d'environ trois instruments à lui seul. (Bach faisait pareil 😊)






Liste des compositeurs contemporains chroniqués dans le blog
A
ADAMS John
ANDRIESSEN Hendrik
B
BARBER Samuel
BART K Bela
BERG Alban
BERNSTEIN Leonard
BOULEZ Pierre
C
CHOSTAKOVITCH Dmitri
CORIGLIANO John
CRUMB George
D
DUTILLEUX Henri
G
GLASS Philip
GORECKI Henryk
H
HERRMANN Bernard
HIGDON Jennifer
HORNER James
HOVHANESS Alan
L
LANGGAARD Rued
LIGETI Gy rgy
M
MARTYNOV Vladimir
MESSIAEN Olivier
P
PÄRT Arvo
PENDERECKI Krzysztof
PRICE Florence
PROKOFIEV Serge
R
REICH Steve
S
SAARIAHO Kaija
SCHNITTKE Alfred
SCHOENBERG Arnold
SORABJI Kaikhosru Shapurji
V
VAR SE Edgar
VASKS Peteris
W
WELLESZ Egon

9 commentaires:

  1. Shuffle Master.24/9/26 08:46

    Bon. Je salue l'effort dialectique et argumentatif, mais.... Je reste convaincu que la musique classique (terme générique trop vaste, on en convient, comme celui de rock) reste une musique de classe, la familiarité et plus tard le goût avec ladite musique résultant de l'habitus auquel - nolens volens - nous sommes tous exposés, et dont il est assez difficile de se défaire. Au-delà de l'exposition dans le milieu familial, rappelons que "classique" signifie "qui est étudié en classe", ce qui suppose un travail d'explicitation et d'analyse, qu'on ne retrouve pas dans le rock, le blues, le jazz (du moins celui des débuts, avant qu'il ne devienne elle aussi une musique savante (NB: on parle aussi de "singes savants", on en tirera la conclusion qu'on voudra....), d'un abord beaucoup plus immédiat (primaire?). Pour ce travail d'explicitation et d'analyse, on recourt à un certain nombre d'institutions et aux ressources privées réservés à une partie assez précise de la population. Mais... il existe aussi bon nombre de similitudes. Depuis qu'il a perdu son statut de musique du diable, de rébellion, de vecteur de la contestation (Vietnam...etc), le rock court après la respectabilité et cherche à singer (encore une allusion simiesque) le classique envers quoi il a toujours eu un complexe d'infériorité (culture légitime contre culture illégitime). En témoignent ouvrages (dictionnaires, encyclopédies, caution de l'Université...etc) et pratiques encadrées (rock schools qu'on trouve un peu partout, même ici, calquées sur les conservatoires, mais d'un statut qui reste bien inférieur). Pour terminer par un argument d'autorité qui va dans le sens du Toon, l'avis de Paul Yonnet dans le chapitre "l'esthétique rock" de Travail et Loisir, qui établit des rapprochements entre le hard rock (je dirais plutôt le metal) et l'opéra, les items n'étant d'ailleurs pas plus à l'avantage de l'un ou de l'autre genre: " grande mise en image, pratique de vertige obtenu par la puissance ds orchestrations, vocal exalté, thématiques mythiques et la plupart du temps non réalistes, déformation systématique du verbal rendant difficile la compréhension de sa propre langue par l'auditeur". Il va sans dire que toujours droit dans mes kickers (les santiags me font mal aux pieds), je déteste tout autant l'opéra que le metal (et ses grotesques dérivations : drone metal, death metal...), et que je méprise les gens qui inscrivent leurs gosses à la rock school.

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    1. Waouh Shuffle, quelle forme de si bon matin pour écrire à la volée un commentaire de près de 400 mots. De toute évidence ce billet a fait mouche. Et ça me fait plaisir.
      Petit nota quand même ; tu écris : ""classique" signifie "qui est étudié en classe"," je suis un peu amusé ; argutie pour avoir le dernier mot ? 😊 😊 Ce n'est pas ton genre 😊 Précision encyclopédique :

      Le terme est apparu au 17ème siècle tant en musique qu'en littérature ou art plastique. Rappelle-toi les "classiques Vuibert" des pièces de Racine et Corneille et leurs tragédies au style versifié imposé et auxquelles les gamins comme moi ne pigeaient rien…
      Donc le terme classique apparait vers 1750, date de la "mort de Bach" qui marque la fin du baroque (fin relative d'ailleurs). En théorie cette période historique et artistique dite "classique" se termine vers 1810-1820 avec l'entrée en lice du Romantisme et le choc de la symphonie "héroïque" de Beethoven…. Et le mot est resté… Je ne sais guère pourquoi… (origine : latin classicus, qui signifie "de première classe ou évoquant l'ordre, l'équilibre et la perfection – s'applique aussi à la peinture et la sculpture. etc.).

      Ton passage survolté sur le rock et les rock-schools complète mon propos… Tu connais mieux ce sujet...
      Merci pour ton appréciation liminaire "l'effort dialectique et argumentatif", ce n'est pas souvent que je bénéficie de tel commentaire… mais il y en il y en a !
      Bien à toi.
      Claude

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    2. Shuffle Master.24/9/26 14:10

      Effectivement, j'aime bien avoir le dernier mot. Je viens de vérifier sur le Littré en 7 volumes et sur Le Dictionnaire historique de la langue française (Robert): classique, dans les deux ouvrages, signifie qui est étudié en classe, et par extension qui doit être imité, qui fait autorité. Et le terme permet bien d'opposer ces œuvres à celles ressortissant au baroque ou au romantisme. Le Robert précise qu'en musique, le terme désigne les œuvres relevant de la tradition occidentale.

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  2. Haaa... J'aime bien cet article, même s'il mériterait un traitement en plusieurs épisodes. Y'a d'la matière. Et le choix des morceaux est judicieux. (effectivement, l'extrait de Mravinski, combiné aux images de parade, procure un sentiment amer d'inquiétude et d'abattement).

    Quant aux choses de la vie, aux expériences et héritage culturelle qui amèneraient untel ou untel à adopter plus un genre de musique qu'un autre, il y a aussi le problème de l'accessibilité. Déjà, l'accessibilité physique à des salles de concerts, ou club, ou festival, peut être vraiment déterminant - à ce titre, combien m'ont révélé être devenu un inconditionnel d'un groupe, d'un artiste ou d'une musique après avoir vu une prestation (parfois même, en s'y rendant un peu forcé, juste pour faire plaisir à des potes ou la compagne).
    Et puis il y a l'accessibilité à un matériel apte à rendre plus ou moins justice à l'œuvre. En effet, comment pourrait on vraiment apprécier des œuvres majestueuses telles que "Les 4 Saisons" (multi disque de diamant en 1725, restée 572 semaines dans le top 5), le "Requiem de Mozart", le "Canon de Pachebel", l' Adagio d'Albinoni, Toccata et Fugue de Bach, l'Adagio pour clarinette de Mozart, le "Concerto d'Aranjuez", etc, etc, sur un gadget-téléphone-mon-précieux ? Peut être le "Prélude" de Bach parce qu'il est épuré ? Serait-ce alors, en l'absence d'un certain confort, aussi modeste soit-il, une raison qui ferait qu'on embrasserait plus aisément le rock ou la pop, la variété ? Des musiques moins complexes et définies ?
    Il en va de même pour bien des réalisations de Rock assez chiadées.
    Mais de toutes façons, depuis des années, la musique est de plus en plus artificiellement compressée, gommant sans scrupules des fréquences et bâillonnant des instruments. Les boutiques de Hi-Fi se sont souvent reconverties dans l'informatique et la télé, la "téléphonie" et les barres de son... les barres de son et ces bornes infâmes aux allures de spots de fête foraine, crachotant comme des hygiaphones d'autoroute.

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    1. Shuffle Master.24/9/26 14:21

      Exact. C'est comme pour la fréquentation des musées. Quant au matériel, je n'y avais pas pensé, mais c'est évident: écouter du Wagner / Deutsche Grammophon sur un mange-disque, ça doit être une expérience. Dans tout le Sud-Ouest, il doit rester 5 ou 6 magasins de hi fi (Toulouse, Bordeaux, Pau).

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    2. Ah Bruno et son bon sens... et son style inimitable ! Il existe près de 1000 versions des quatre saisons de Vivaldi depuis 1947. Perso je les ai écoutées la première fois par le zimbler sinfonietta en mono (1955). J'ai débuté avec des rééditions des gravures des années 50 dans des pressage bon marché apparus fin des années 60 (9,90 F le disque) chez CBS et EMI. (Berlioz par Kempe, Beethoven par Guiomar Novaes, des grands artistes.). J'avais un électrophone La voix de son maître pas si mauvais que cela...
      On avait échangé avec Shuffle sur le PB des revendeux sérieux de matos HIFI. Si je me rappelle bien, il habite Mont de Marsan et a dû cavalé à Pau pour acheter un lecteur CD déjà haut de gamme (Atoll ?)....
      Avec l'électrophone, le début de la 5ème de Mahler par Solti (Decca) (une fanfare de trompettes et un cluster titanesque de percussions), le diamant sautait 5 ou 6 sillons d'un coup 😂😂😂

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  3. Ah, y'a eu un peu de ménage, on dirait...

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  4. En effet, les échanges avec "anonyme" ont disparu.... C'est bizarre . Ce n'est pas de mon fait, donc est-ce que l'auteur a supprimé interventions et réponses volontairement ? Si oui confirmer ce désir, sinon je peux restituer la conversation. Choisir un pseudo est toujours souhaitable...
    Claude en tant qu'administrateur....

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  5. Arnaud Mime25/9/26 16:07

    Bon, voila, je suis en règle avec un pseudo et même si ce n'est pas le sujet exact, je remet et j'enrichis :
    - oui, d'accord, il y a une hiérarchie. En 1 le classique, en 2 le jazz. Puis viennent un certain rock (progressif en particulier) et une certaine pop (j'y intègre la soul, la "black music"). En queue de peloton, nous trouvons le reste (plus "simpliste") de la pop et du rock et les deux derniers rejetons, rap et techno (qui fonctionnent sur des boucles, samples et programmations) ;
    - je ne cherche pas à savoir si une musique est appréciée de telle ou telle classe sociale et si ça correspond à la mienne (de classe) ;
    - je n'ai pas de compétence technique en la matière et donc ne me base pas là-dessus pour juger d'une musique, qui relève de l'émotion et du ressenti ;
    - je ne pourrais pas n'écouter qu'un seul genre de musique ou ne véhiculant qu'un seul type d'émotion (énergie, mélancolie...), je trouverais ça très triste. Comme les Inconnus, je suis partisan du clectisme et peux passer du métal au jazz, du rock au disco-funk, de la pop à l'électro ambient ;
    - je pense qu'inévitablement, fatalement, on aime avant tout la musique de notre génération (j'ai 51 balais), cela me parait évident. Et bien sûr, ensuite, suivant notre personnalité, on peut chercher ce qu'il y a eu avant ou après. Cela doit faire plus d'une décennie que je ne suis plus l'actualité (le syndrome "à quoi bon, tout a déjà été fait" et j'ai assez pour m'occuper), donc je regarde dans le rétro pour voir si je n'ai rien oublié, redonner une chance aux "recalés"... ;
    - quand on a été "biberonné" au métal ou au rap, difficile de passer au jazz ou au classique (et inversement). Il faut du temps pour s'acclimater. Si j'ai goûté (à des degrés divers suivant mes goûts) à tout le spectre de la musique populaire, j'avoue ne pas avoir d'appétences pour le classique (sans doute l'opposition musique "sérieuse et élitiste" / musique populaire), même si j'aime certaines B.O ou airs connus de tous. Cela viendra possiblement avec l'âge (je me suis mis au jazz sur le tard) ;
    - je suis d'accord avec Agnès Jaoui ("La musique, c'est la plus grande réussite de l'humanité.").

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