jeudi 30 mars 2023

Louise FARRENC – Symphonies N° 1 & 3 (1842/1847) – Laurence EQUILBEY (2021) - par Claude Toon


- Mais, une compositrice de symphonies en plein milieu du XIXème siècle, Claude. Une blague du 1er avril publiée à contretemps ?

- Pas du tout Sonia ! Mais Louise ne composa pas d'Opéras en ce siècle où les opéras-comiques étaient la friandise d'un public peu exigeant et le fait d'être une femme n'ont pas été en faveur d'une postérité dans le genre symphonique plutôt apprécié des teutons…

- Mouais, je vois, sa musique me fait penser à du Haydn tardif avec une pincée de romantisme, tiens ce solo de cor…

- Louise Farrenc écrivit beaucoup de pièces pour piano et de musique de chambre, y compris des méthodes pédagogiques pianistiques mises en vigueur au conservatoire… Elle fut une féministe ardente et une socialiste proche des communards…

- Bigre, vite au Panthéon… Et puis tu as choisi une interprétation féminine, celle de Laurence Equilbey…

- Mon dieu, mais il n'y a qu'un artiste au Panthéon Sonia, un peintre oublié, six écrivains, des scientifiques et une floppée de généraux d'Empire, pas un musicien… Oui Laurence Equilbey s'est attaquée à ce répertoire peu fréquenté, quoique…


Louise Farrenc

Curieusement, si on considère que Louise Farrenc n'est pas la première symphoniste qui vient à l'esprit quand on évoque le genre au XIXème siècle, il existe trois intégrales (celle de Laurence Equilbey paraîtra en mai 2025) de ses trois ouvrages pour orchestre. Pour compliquer ma vie de chroniqueur, toutes ont leur intérêt, d'où des états d'âme pour faire mon choix de la version à chroniquer. Le pep de notre cheffe de chœur devenue maestra avec son orchestre Insula l'a emporté.

Et puis, avec la sortie en salle du film Tàr, l'arrivée progressive de la gent féminine sur les podiums, baguette à la main, devient un sujet incontournable. Le film cite notre Laurence nationale qui a été plutôt flattée que son nom inspire Hollywood a contrario de sa collègue yankee Marin Alsop fort courroucée, à tort.

La cheffe américaine a fait l'objet d'un billet dans le blog pour son chouette disque Philip Glass, mais je ne pense pas qu'elle sera un jour invitée face à la Philharmonie de Berlin pour innover dans une œuvre aussi ardue que la 5ème symphonie de Mahler, surtout après les performances d'un Karajan en 1973 ou de Claudio Abbado, Bernard Haitnk ou Simon Rattle, spécialistes récents pour ne pas dire historiques des délires instrumentaux du compositeur Viennois. Les musiciens berlinois sont trèèèès exigeants… Enfin l'extravagante Marin Alsop est une personnalité haute en couleur dont on doit respecter les sautes d'humeurs. 

Je n'ai pas vu le film, la bande-annonce ne me motive pas. ([…] "Elle a débuté à Cleveland, Boston, Chicago et New York avant… La philharmonie de Berlin 😊". Cet irréalisme poilant me suggère d'offrir une réplique pleurnicharde à Woody Allen "J'ai eu le Nobel à 23 ans au lieu de 22, une injustice".) Est-ce un clin d'œil du réalisateur que cette liste de phalanges illustres qui semble destinée à "diviniser" son personnage par un début de carrière auquel un Toscanini n'aurait même pas prétendu (ni pensé) ? À lire le papier de Luc, l'ambition jusqu'à la folie semble être la trame du drame. Une diva absolue de la baguette est plus cinégénique qu'une serveuse de Coffee Shop, si craquante soit-elle 😊.

- Sonia, le bras droit le tempo, le gauche les nuances… Tu vas t'envoler à battre des ailes, hihihi… Cate Blanchet le fait très bien dans l'adagietto (un peu lent) dans l'extrait que j'ai vu. Quelle actrice !


Louise (daguerréotype)

Simone Young (Clic), génialissime cheffe de la NDR de Hambourg a été invitée à diriger la philharmonie berlinoise dans un programme Messiaen, à savoir la Symphonie Turangalila dont la richesse rivalise avec les monuments mahlériens (Chronique à prévoir). Hasard, Simone Young est australienne comme Cate Blanchet (j'adore)… Quant à son talent, sa prise de risque musicale et sa discographie haut de gamme (dont une 6ème de Mahler convaincante), elle n'a plus rien à prouver en compétition avec les mecs.

Revenons à Louise Farrenc et à Laurence Equilbey qui s'impatientent. 


Imaginons un jeu TV du style "Question pour du pognon" (les inconnus), l'animateur pose la question "énumérez des écrivains et des créateurs de sexe masculin du XIXème siècle…". Avec un bon candidat, des dizaines de noms émergeront : De Victor Hugo à Dumas, de Berlioz à Gounod, de Manet à Gauguin, Rodin, etc… "Oui, Oui… Merci, merci…". "Question à votre adversaire : énumérez des écrivaines et des créatrices de sexe féminin du XIXème siècle…". Réponse : "Heu, voyons […] ah oui… George Sand et… heu…". "Désolé, fin du temps imparti, vous repartez avec une boîte de jeu."

Je ne charrie personne, avec Maggy Toon on s'est creusé la tête pour ajouter La comtesse de Ségur, "La Balzac de l'enfance" disait Jean Dutourd, encore lue et une plume bien plus assassine qu'il n'y parait. En musique, j'aurais pensé au bout d'une heure à Cécile Chaminade puis à Louise Farrenc et après un peu de recherches sur le Web à  Pauline Viardot. Côté peinture, la moisson est moins maigre : Rosa Bonheur, Camille Claudel, Suzanne Valadon, Berthe Morisot, des noms qui, honnêtement ne font pas la une des expositions… Et pourtant Louise Farrenc, vedette de cette chronique avait réussi à s'imposer, notamment par sa musique de chambre, dans ce XIXème siècle au public intellectuellement indolent, friand d'opéra-comiques aux livrets répétitifs et médiocres. Des nanars opératiques boudés (le mot est faible) par les scènes lyriques modernes et dont seules quelques sympathiques ouvertures ont survécu grâce à des chefs boulimiques du studio et de l'originalité (Clic).

Si je vous dis que l'ancien régime considérait la misogynie comme une valeur sociale incontournable, je ne pense pas déclencher beaucoup de contradictions. Les hommes dominent et les dames de la haute tiennent salons aux bénéfices des artistes… 


Anton Reicha (1770-1836)
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Louise Dumont voit le jour à Paris en 1804 dans une famille de sculpteurs. Son frère Auguste suivra la voie artistique tracée par son père Jacques-Edme. Elle prendra le nom de son mari en 1821 lors de son mariage avec Aristide Farrenc, flûtiste, musicologue et éditeur de musique. Elle recevra la meilleure formation possible pour l'époque. Elle apprend le piano avec Ignaz Moscheles et Johann Nepomuk Hummel (deux compositeurs présents dans l'index, la symphonie de Moscheles est passionnante).

Un enseignement déterminant débute à l'âge de 15 ans, celui de Anton Reicha qui, j'en suis désolé, n'a pas encore eu la chronique qu'il mérite… Reicha né à Prague en 1770, la même année que Beethoven a vécu à Vienne, fréquentant Beethoven et Haydn, un professeur commun aux deux jeunes hommes et Salieri, un pédagogue de renom. Et justement, plus qu'un compositeur de premier plan comme son pote Ludwig van, Reicha deviendra un théoricien et un professeur de premier plan au conservatoire de Paris dès 1808, comptant parmi ses élèves hormis Louise, Hector Berlioz, Franz Liszt, Charles Gounod, César Franck

Louise Farrenc deviendra elle-même professeure de clavier au Conservatoire entre 1842 et 1872, un poste en principe inaccessible aux femmes qui doivent se contenter du rôle d'assistante. (La mixité des classes et des grades professoraux disparaîtra en 1915 sous l'impulsion du directeur de l'époque… Gabriel Fauré).

Le couple Farrenc n'aura qu'une petite fille, Victorine, née en 1826 qui deviendra une virtuose et composera quelques œuvres avant d'être victime d'une maladie neurologique qui l'emportera à seulement 32 ans. Aristide, d'époux deviendra l'impresario et l'éditeur de Louise.

Comme j'expliquais à Sonia, la compositrice ne s'intéressera pas à l'art lyrique hormis l'écriture de quelques mélodies. En un siècle ou les opéras comiques et autres opérettes souvent cucul font les choux gras des scènes parisiennes, c'est un handicap pour conserver la postérité. Elle ne sera pas la seule ou le seul ; voir l'article consacré à Théodore Gouvy, franco-prussien et symphoniste, entre autres… 


Maria Deraismes 

Louise Farrenc œuvrera dans trois genres : le piano, la musique de chambre et plus modestement la musique orchestrale : 2 ouvertures et 3 symphonies. Son apport en musique de chambre est remarquable d'inventivité et de variété dans les formes abordées : trios, quintettes, septuors, nonettes, la plupart requérant des instruments à vents. Par contre aucun quatuors à cordes comme si, une fois de plus, le génie de Beethoven dans ce domaine dissuadait ses successeurs de se confronter à l'exercice. J'évoquais il y a peu Brahms qui attendit vingt ans avant de franchir le pas… Côté piano, pas de sonates, mais une myriade de pièces aux titres amusants et d'une grande liberté d'inspiration…

En son temps Berlioz et le violoniste Joseph Joachim ami de Brahms soutiendront Louise Farrenc. Schumann ne tarissait pas d'éloge à propos de son travail. Sa disgrâce ne peut donc s'expliquer que par son absence des scènes lyriques.

 

Louise est une femme moderne pour son temps en refusant le dictat des hommes dans tous les domaines… Une femme n'a pas le droit de créer et présider une association. En 1870, Maria Deraismes fonde l'Association pour le droit des femmes, aidée, pour la présidence par le journaliste libre penseur Léon Richer. Maria aura le soutien de Victor Hugo qui écrira cette formule célèbre "Elle ne vote pas, elle ne compte pas. Il y a des citoyens, il n'y a pas de citoyennes. C'est là un état violent, il faut qu'il cesse". L'histoire est riche de péripéties. Proche de ce mouvement, Louise combattra huit ans pour obtenir un salaire équivalent à celui des professeurs masculins du conservatoire. Il est fort possible que pendant La commune, elle ait participé à l'aide aux blessés, une initiative de l'Association.

Louise Farrenc disparaîtra en 1875. Longtemps oubliée, la discographie récente et abondante qui lui est consacrée témoigne d'un retour en grâce. Son mari était mort en 1865.

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Laurence Equilbey

Été 2013, Laurence Equilbey entrait au Deblocnot grâce à une sélection de chants a capella interprétés par le chœur Accentus créé en 1991. Dix ans plus tard, sa carrière et son répertoire ont pris un essor mérité. Qui dit chœur a capella suggère œuvres AVEC chœur donc avec accompagnement orchestral. Dans un premier temps, son ensemble est sollicité par des orchestres de renom comme l'Akademie für Alte Musik Berlin ou le Concerto Köln et par divers labels dont Erato… Deux exemples : Le requiem Allemand en accompagnement piano avec la regrettée Brigitte Engerer et un album Beethoven comportant la Fantaisie pour Chœur, piano et orchestre et le triple concerto. Quel orchestre ? Et bien celui créé par Laurence herself en 2012, l'Insula orchestra. Les membres jouent sur des instruments de l'époque classique.

Le répertoire des deux formations inclut ainsi toujours des ouvrages chorals mais aussi des œuvres instrumentales pures allant des concertos de Beethoven aux symphonies de Louise Farrenc écoutées ce jour.

La belle carrière de Laurence Equilbey rappelle celle de Philippe Herreweghe qui commença chef des chœurs auprès de Nikolaus Harnoncourt puis évolua en confiant au public et au disque des grandes œuvres sacrées avant de se tourner vers la musique symphonique avec un talent que personne ne contestera.

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François-Joseph Fétis

La symphonie N°1 en mi mineur de 1842 ne sera créée en Belgique qu'en 1845 par le compositeur François-Joseph Fétis. L'accueil critique favorable permettra une première dans la grande salle du conservatoire de Paris deux mois plus tard, dirigée par Théophile Tilmant. On peut lire en vrac dans la presse de l'époque des billets évoquant les influences de Haydn, Beethoven, etc. Moi, je note avant tout une personnalité farouche de type Farrenc. Si la thématique n'est pas aussi immédiate d'acquisition que chez ses aînés viennois de la charnière classique-romantique, la dame y montre un caractère affirmé que ses luttes féministes futures confirmeront. Aux jeux des influences, on sentira l'énergie romanesque du Mendelssohn de l'Écossaise (Symphonie N°3).

La symphonie N°3 composée en 1847 sera créée à Paris, le 22 avril 1849, par l'Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire par Narcisse Girard.

Certes, cette musique pure ne se réfère pas aux idéaux romantiques à la mode dans le sens littéraire germanique (Goethe, Schiller), mais le choix des tonalités mineures, la dimension orchestrale généreuse des œuvres et les climax dramatiques prouvent que Louise Farrenc ne se trompe pas de siècle, elle assure une évidente continuité avec le courant Stum und Drang (Tempête et Passion) issu du siècle des lumières et berceau du romantisme viennois, dans le sens philosophique du terme.

L'orchestration est celle de l'Héroïque de Beethoven ou des londoniennes de Haydn : 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes (sauf dans la 3ème symphonie ?!), timbales et cordes. À souligner l'extrême qualité de la prise de son : un orchestre aéré, un positionnement naturel des pupitres, une belle dynamique… L'Insula orchestra sonne avec énergie et enthousiasme, la petite harmonie (flûtes et bois) rivalise à mes oreilles avec les meilleurs orchestres d'effectif raisonnable. Sur matériel audiophile, le CD propose l'une des plus ardentes captations récentes…


Grande salle du conservatoire vers 1845
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Symphonie No. 1 en Ut mineur Opus 32

Playlist-1 I. Andante sostenuto – Allegro : Louise Farrenc renoue avec la tradition préromantique de faire précéder l'allegro par un mouvement lent, à la manière des 12 londoniennes de Haydn et des symphonies 1 et 2 de Beethoven… Néanmoins, elle l'enrichit nettement. Sur une tenue sombre et discrète des cordes pp surgit un beau motif cantabile à la clarinette, tendre et optimiste, un cor lui donne la réplique. Un roulement de timbale crée le suspens en laissant supposer le début de l'allegro. Et non, le motif est repris par… le hautbois rejoint par le basson. En quelques mesures, la compositrice impose son style d'orchestration : les bois, loin de donner simplement de la couleur au flot mélodique feront cavalier seul ou en complicité avec le groupe des cordes.

Il ne faut pas s'en étonner à examiner le catalogue chambriste de Louise, des quintettes, septuors, nonettes comportant de nombreux instruments de l'harmonie. On observe avec surprise l'intrusion de ce groupe chambriste prenant son indépendance au sein de l'orchestre avec une thématique qui lui est propre.

[2:01] L'allegro débute avec alacrité par un groupe thématique épique joué aux cordes. [3:06] Le second thème est énoncé par un ensemble de vents, autre exemple de ce mode d'orchestration très coloré, le péché mignon de l'auteure. Les développements donnent lieu à de nombreux effets concertants. [5:43] Un passage tempétueux martelé par une timbale très affirmative (peau naturelle ?) conduit à une conclusion passionnante et très structurée à partir des motifs déjà entendus. [8:13] Une suite d'arpèges descendants pathétiques ne renie pas l'esprit somme toute romanesque de la composition.

Playlist-2 II. Adagio cantabile : Le mouvement lent donne la parole à une élégiaque péroraison aux cordes avant l'énoncé d'un motif bucolique à la clarinette et aux cors. [1:38] Une seconde idée plus martiale se voudra lumineuse grâce, une fois de plus, à maintes interventions des vents… Merci à Laurence Equilbey de mettre magnifiquement en avant tout cet éclat orchestral. Le développement adopte légèrement un ton chagrin avant une reprise retrouvant la sérénité… du grand art !

Playlist-3 III. Minuetto : Moderato : Le menuet assez bref recourt à des motifs simples et guillerets. Le trio avec ses bois facétieux nous balade dans un climat pastoral. Reprise da capo sans surprise du minuetto.

Playlist-4 IV. Finale : Allegro assai : Une cavalcade aux cordes introduit un final trépidant peut-être moins fantasque que l'allegro initial malgré d'héroïques ou poétiques interventions des bois, les signatures musicales enjouées de Louise Farrenc.



Narcisse Girard
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Symphonie No. 3 en sol mineur Opus 36

Playlist-5 I. Adagio – Allegro : L'adagio se réduit à une demi minute et se limite à l'exposé d'un motif plaintif au hautbois, répété par la petite harmonie… L'allegro s'élance, frémissant… nerveux. Un premier thème vigoureux faussement apaisé est énoncé aux cordes. Le second thème est un chant des hautbois secondé des flûtes, plutôt gaillard. La composition n'obéit qu'en apparence à la forme sonate usuelle. La polyphonie est plus élaborée que dans la symphonie de 1842. [3:58] Un dialogue espiègle marque le développement et met en jeu en l'absence des cordes : flûtes, hautbois, clarinettes et bassons, donc un octuor de vents. Louise Farrenc a-t-elle en pensée les œuvres similaires de Beethoven que toute l'Europe admire et hésite encore à imiter. L'allegro n'est qu'un jeu énigmatique entre virilité et verve ludique. Jamais l'esprit d'un Mendelssohn n'a été aussi présent…

Playlist-6 II. Adagio cantabile : l'adagio revêt une certaine ampleur. Un premier thème, processionnaire, chanté par la clarinette soutenue par la petite harmonie plus discrète confie aux cordes un second thème plus mélodique. Il règne une légère spiritualité. La compositrice développe avec force imagination son adagio. [3:36] La partie centrale est un long crescendo aux accents dramatiques appuyés par les timbales. [4:54] Un second développement se nourrit de reprises puis retrouve la gravité précédente. La notation cantabile est plus que justifiée. Aucune citation mélancolique n'interrompt le chant articulé et coloré de nouveau par les facéties des bois qui conduit au point d'orgue.

Playlist-7 III. Scherzo : Vivace : Le scherzo plus allant que celui de la symphonie en Ut mineur tourbillonne avec allégresse, l'insistance de recourir à un rôle hyperactif des bois offre une féérie tout aussi magique que certains passage du Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn. Le trio dominé par des appels lointains des cors, émaillé de pizzicati et de la farandole des clarinettes, démontre définitivement que la programmation française  au XIXème siècle, et même au-delà, a trop ignoré cette musique, sans doute l'une des plus fascinantes symphonies du catalogue d'un siècle pauvre en réussite de ce niveau. Reprise da capo du Scherzo.

Playlist-8 IV. Finale : Allegro : Le finale ne délaisse pas la passion énergique de la partition, mais sans aucune des lourdeurs souvent inhérentes à sa fonction conclusive. L'absence de trompettes n'est pas étrangère à la couleur feutrée du mouvement alternant syncopes et caprices orchestraux qui fleurent bon la bonhomie des meilleurs opus de Haydn.

Par un habile copier-coller 😊 laissons à Théophile Gautier juger cet ouvrage dans une chronique du 30 avril 1849 : "Mme Farrenc s'en est tirée à son honneur. Sa symphonie, écrite selon les plus pures traditions des maîtres allemands, offre dans plusieurs de ses parties, notamment dans le premier allegro et dans le scherzo, des motifs charmants travaillés de la manière la plus heureuse et parfois la plus originale".


Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que conseillée.

Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la musique…


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La symphonie N°2 complétant l'intégrale des symphonies de Louise Farrenc sera publiée au mois de mai. Un double album réunissant les trois symphonies.

Diverses parutions démontrent que cette musique longtemps oubliée trouve son public et intéresse artistes et labels.

En 2001, première mondiale avec l'Orchestre de Bretagne dirigé par Stefan Sanderling ; un double album à la couleur sombre adaptée aux tonalités des œuvres. Des interprétations passionnées finement articulées. Noter le beau solo de basson dans l'andante de la 1ère symphonie sans doute joué par le beau-frère de notre ami Rockin'. Difficile à trouver hélas. (Orion – 2001 - 5/6).

Pour le label économique et inventif Naxos, les trois symphonies ont été gravées par Christoph König et les Solistes Européens du Luxembourg. Deux CD différents proposent les ouvertures. (Naxos – 2016- 4/6).


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