mardi 20 septembre 2022

ANGE - Caricatures (1972) - par Pat Slade


Encore Ange, toujours Ange ! Le groupe qui a célébré son demi-siècle en janvier 2020 au Trianon, fête cette année celui de leur premier album «Caricature».



«CARICATURE» 50 ANS AVEC DIGNITÉ 



C’est en 1972 après le «Johnny Hallyday Circus» qu’Ange va s’enfermer dans les studios Davoux à Paris pour enregistrer leur premier album «Caricatures». Les Franc-Comtois sont exigeants. Ils veulent sur le vinyle retrouver le son de la scène. Cela ce fera dans la douleur, l’orgue de Didou sera scié en deux pour en facilité le transport et ce dernier jouera autant du fer à souder que du clavier.  

Peut-on devenir le leader d’un mouvement musical dès son premier disque ? Ange le fera en développant son propre style. «Caricature» n’est pas un concept album comme les belfortains auront l’habitude de nous en servir plus tard. Sa première officielle aura lieu en 1972 avec un album très recherché par les collectionneurs. Philips organise une soirée afin de faire découvrir l’album à la presse. C’est une magnifique pochette rouge s’ouvrant en trois volets. De la pochette officielle que nous connaissons, il n’y en a aucune trace, pas de marionnettes ni de photo du groupe et son reflet mais un dessin de la tête des musiciens orné d’ailes  et surplombant un bûcher en flamme avec pour seul titre : «Ange». Le premier volet la présentation du groupe ainsi qu’un bref historique. Sur le second, on voit des photos et l’itinéraire du «Johnny Hallyday Circus». Des coupures de presse vantant les mérites du groupe tapissent l’intérieur et, au verso, une argumentaire promo et une offre commerciale : un sac de plage décoré du visuel de l’album. Le sac était offert aux journalistes avec l’album, une banane et une crème de gruyère d’une vache qui se moque de toi.   

On trouve dans ce premier album du groupe tout ce qui fera d'Ange un grand groupe de rock progressif bien dans son époque, pourtant il ne rentrera pas dans le cercle restreint de leurs albums les plus cités, mais il n’en reste pas moins apprécié. «Biafra 80 (introduction)» Pour les plus jeunes, le Biafra a subit la guerre du Nigeria de 1967 à 1970 où la malnutrition et la famine décimeront une grande partie de la population, horrifique. Francis et son orgue sous la baguette rageuse de Gérard Jelsch et un solo de Jean-Michel Brezovar. Le ton est donné ! «Tels Quels» La voix de Christian apparait sur un morceau très étrange, torturé, et ou les paroles n’ont rien d’angélique comme si la soirée pendant laquelle le morceau a été écrit certaines substances prohibées seraient passées de main en main. «Dignité» Une musique a consonance médiévale avec un texte qui pour une fois n’est pas de Christian, les superbes parties d’orgue de Francis et de flûte ainsi que le solo de guitare en final de Brezo en font sûrement le meilleur titre de cette première face. De cette version originale de 9 minutes 34 on préférera celle du live «Tome VI» avec ses 16 minutes. 

Face B «Le soir du Diable» Un classique du groupe, une compo de Brezo. La guitare acoustique égrène ses arpèges pendant que la batterie de Gérard assure des roulements sur ses fûts, la basse de Daniel Haas est mélodique et Christian reste très sobre dans son chant, une ambiance feutrée et agréable. Les deux marionnettes sur la pochette feront partie du spectacle en live. «Caricatures» Encore un grand classique, qu’elle est le fan qui ne connait pas le texte abracadabrantesque déclamé à cappella par Christian au début du morceau ? Entre partie champêtre et orgue cauchemardesque, entre délire rock et piano poétique, et Christian en capitaine d’un vaisseau prit en pleine tempête qui vient remettre de l’ordre dans tout ça en disant son texte comme un dément. «Caricature» Le morceau donnera naissance au mythe d’Ange. «Biafra 80 (final)» sans commentaire, un mélange désordonné, un bric-à-brac d’instrument sans réel construction musicale. 

Pour moi, «Caricature», c’est «Dignité», «Le soir du Diable» et «Caricature» et rien d’autre, mais c’était la genèse, même s'ils avaient déjà fait quelques "simples" avec des titres comme «Tout Feu Tout Flamme» ou «Le vieux de la Montagne». Il n’en reste pas moins que c’est l’album qui les fera connaitre auprès d’un certain public. Il faudra attendre l’année suivante avec «Le Cimetière des Arlequins» pour trouver un album plus construit, mais le mythe Ange était né !          




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