mardi 17 mai 2022

TAGADA JONES : «La Peste et le Choléra» (2017) - par Pat Slade


Tagada Jones, un groupe qui j’ai découvert sur le tard alors avait déjà plus de 20 années d’expérience.


Ni Dieu Ni Maître



Tagada Jones : presque 30 ans d’existence, pas loin de 2000 concerts à travers la planète à porter leur parole de révolte. Un combat contre le fascisme, le racisme et toutes les inégalités. Le groupe breton venu de Rennes a vu le jour en 1993. Du groupe original, il ne reste plus que Niko le chanteur guitariste, mais ses complices actuels sur scène en font surement la meilleure cuvée du groupe, tu sens l’osmose entre les musiciens. La Guiche (Stéphane) à la guitare, Waner (Erwan) à la basse, Job (Jean-Baptiste) à la batterie et Niko font de Tagada Jones un redoutable groupe scénique qui sait faire bouger les foules, pour preuve, ils sont régulièrement invités au Hellfest. Le 21/04 dernier, j’étais au Bataclan pour les écouter une énième fois. Après avoir fait plusieurs chroniques sur leurs albums et leurs concerts, je voulais en faire une sur «La Peste et le Choléra» qui est pour moi une pièce maitresse dans leurs discographie.

Hellfest 2017
La Peste et le Choléra» pourrait être classé comme un album militant , réaliste, engagé avec des textes libertaires des paroles percutantes qui font mouche dans la pure tradition punk anarcho-anticapitaliste. Musicalement, c’est une bombe de métal Hardcore. Un rock qui gueule sa rage, l’actualité donne au groupe de quoi trouver l’inspiration et cela depuis l’album «Dissident» en 2014. Tagada Jones prend la révolte comme cheval de bataille.

Tout commence par le sombre «Vendredi 13», un hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015. Un premier titre au rythme moins rapide que les morceaux qui suivront. «La Peste et le Choléra». Il aurait pu d’être d’actualité pour le choix du second tour au présidentielle, mais le morceau parle de la situation en Syrie et de son peuple coincé entre le gouvernement et les Djihadistes. La peste et le choléra, c’est fuir ou rester.    

Bataclan 2022
«Perte et Fracas» un hymne pour le peuple qui a battu le pavé pendant les manifs contre la loi du travail ou loi El Khomri en 2016. «Envers et Contre Tous» Un rythme speed et un morceau contre tous les régimes qui nous opprimes «On ne peut pas encore continuer comme ça laisser le fric faire sa loi les politicards véreux avoir tous les droits..». «Guns» Musique très trash métal avec pour fond la prolifération des armes au États-Unis : «Combien de massacres et de vies brisées ? A en croire Trump, pas assez !». Tous les titres de l’album racontent une histoire, «Je suis démocratie» Un titre en mémoire de l’équipe de Charlie Hebdo, un morceau pour la liberté d’expression et contre la barbarie.

Et puis le fameux «Mort aux Cons». Un véritable hymne militant contre le racisme et la peste brune qui ne dort que d’un œil : «Que tu sois noir, que tu sois blanc, que tu sois chrétien, juif ou musulman, que tu sois athée ou  sans faction, chante avec nous ce Mort aux cons !». «Narcissique», «Enfant des rues» ou «Pas de Futur» sont des titres qui critiquent la société et sa passivité envers la communauté. «Le Point de Non Retour» malgré la violence de la musique est un titre écolo à propos de l’exploitation déraisonnée des ressources naturelles de notre planète.

Riff ravageur, guitares en fusion, batterie échevelée et basse frénétique, Tagada Jones ne fait pas dans la (crêpe) dentelle. Écouter leurs albums c’est bien, les voir sur scène, c’est mieux !





1 commentaire:

  1. "Le problème n'est pas tant qu'ils soient "engagés" mais plutôt qu'ils le soient tous du même côté."
    Pas grand-chose de pire que ces groupes "engagés" qui ont trouvé là un filon inépuisable... C'est vrai que l'écologie c'est bien (c'est même obligatoire !) et le racisme c'est mal...

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