mardi 20 juillet 2021

STATUS QUO : «PILEDRIVER» (1972) - par Pat Slade


«Piledriver» le premier album qui va mettre le Quo sur le devant de la scène. C’est déjà une pochette mythique et un boogie diabolique.


Les créateurs du Air Guitar ou du Headbanging ?

J’ai toujours trouvé ridicule l’air guitare, cette disciple qui vit le jour dans les années 90 et qui consiste à imiter le jeu des guitaristes de rock. Quel rapport avec Status Quo ? Il suffit de regarder la  pochette de «Piledriver» le premier album où le Quo va finir de mettre en place son énergique boogie rock qu’il va servir pendant un demi siècle. Les débuts psychédéliques de «Picturesque Matchstickable Messages from the Status Quo» et de «Spare Parts» sont terminés et l’époque des chemises à fleurs a laissé la place aux Jeans et aux baskets. Ils vont s’essayer a une musique pop/rock avec des balbutiements de boogie dont «Junior’s Wailling» sur l’album «Ma Kelly's Greasy Spoon».  Le boogie rock deviendra la marque de fabrique du groupe, ce qui se confirmera sur l'album suivant «Dog of Two Head». Mais les ventes ne décolleront pas et leurs label Pye Records va les lâcher, Vertigo Records va les signer et cela jusqu’en 1991.

La pochette de «Piledriver» restera l’image emblématique du Quo, un groupe de chevelus en ligne avec les manches de guitares en avant, un jeu de scène qu’ils pratique toujours à l’heure actuelle. Tous les fans de rock lors d’un concert vont s’identifier à cette couverture en remuant la tête au rythme de la musique et en jouant d’un instrument imaginaire comme Joe Cocker qui en fut le précurseur sur la scène de Woodstock en 1969, l’air Guitar et le Headbanging étaient nés.

«Piledriver» fait partie de leurs classiques indispensables pour découvrir le groupe à son meilleur niveau et le style Status Quo qui se met réellement en place avec son boogie traditionnel pour les années à venir. «Don't Waste My Time» ouvre les hostilités avec un boogie rock agressif qui sera la griffe inimitable du groupe. Et la suite ne sera qu’une continuité comme «O Baby». Mais le Quo sait aussi faire des titres plus calmes et plus lents comme «A Year», un joli titre qui ne ressemble en rien à leur registre habituel. Ils savent jouer sur tous les styles et tous les registres et avec «Unspoken Words» nous avons un petit blues rafraichissant qui sonne très classique mais l’exercice leur va bien.

Avec la face deux (Oui j’en suis toujours au vinyle !) on attaque dans le bois dur avec «Big Fat Mama», un titre un poil heavy qui démontrait bien que le batteur John Coghlan et le bassiste Alan Lancaster étaient une section rythmique qui savait amener l’électricité au bon moment dans ce morceau lourd et rapide. Et puis le hit de l’album qui va se classer dans les charts, «Paper Plane» le morceau qui donne une furieuse envie de stomp your feet ! Une rythmique rapide ou Rick Parfitt sera considéré (A l’époque !) comme le guitariste le plus rapide (Il faut le voir gratter sa Gibson SG en concert au Marquee en 1972). «All The Reasons» Un clin d’œil à leur périodes psychédélique, un titre qui sonne un peu Beatles mais qui n’apporte rien au contenu de l’album, c’est juste une curiosité à écouter. Ils vont finir avec un classique de leur répertoire scénique «Roadhouse Blues» le morceau des Doors que l’on trouve sur l’album «Morrison Hôtel». Une bonne version chantée par Alan Lancaster mais qui n’arrivera jamais à supplanter la version du Blue Öyster Cult qui était plus sévèrement burnée et la voix d’Eric Bloom plus proche de celle de Jim Morrison.

Souvent cité comme l’album favori des fans du Quo, «Piledriver» ouvrira la porte à une suite d’albums dans la même veine. «Hello !», «Quo», «On The Level», «Blue For You». Que des albums bien foutus qui permettront à Status Quo de tracer la voie royale dans leurs périodes dite «Classique». 


2 commentaires:

  1. Une excellente chronique pour un excellent disque.
    Le premier live est une bombe.

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    1. Merci ! tu peux farfouiller sur le blog, j'avais chroniqué le live de 77 !

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