jeudi 14 mars 2024

BACH - Art de la fugue (Orchestration Roger VUATAZ) - Hermann SCHERCHEN (1949) - Par Claude Toon



- Mais Claude, ce n'est pas l'article que tu devais proposer pour ton soi-disant départ du blog début 2021…

- Oui mais tu as fondu en larmes et a vendu la mèche sur les réseaux sociaux : résultats : Facebook et "X" en carafe, plusieurs milliers de mails ; une manifestation de 30 000 lecteurs entre République et Nation, un coup de fil du Président (la tuile, une plombe pendu au téléphone) et même une supplique du pape François… Et voilà je recycle un papier commencé pour dire "adieu", sur le thème, je cite "l'un des disques de ma vie"…

- Mais tu n'as jamais arrêté de publier en fait, je ne vois pas de période sans classique depuis 2011… Un coup de cafard ?

- Franchement Sonia, je ne sais plus, les images ont été créées en avril 2020… Maggy ne s'en rappelle pas plus… Le Covid ? Mais avec le télétravail…

- Bof c'est du passé… J'avais mal accusé le coup. C'était gentil de m'avoir proposé ce demi-poste comme conseillère chez le disquaire de l'opéra de Paris avec votre ami… Ce n'était pas un hasard si tu pensais terminer comme tu avais commencé, par une version culte de l'Art de la Fugue de Bach, ancienne cette fois, de 1949 ! Écoutable ?

- Oui, le son mono est correct. Le chef avant-gardiste et iconoclaste Hermann Scherchen a exploré avec son ami Vuataz la spiritualité cachée dans cette œuvre… SI-DÉ-RAL !!!



DECCA 1949-1950

Aucun souvenir d'un motif précis justifiant le retrait définitif du Deblocnot de votre rédacteur ? D'ailleurs, il ne faut jamais dire "fontaine je ne boirai plus de ton eau". La preuve.

Impossible de terminer sèchement une période de publication hebdomadaire de neuf années (13 à ce jour) de commentaires et d'analyses d'œuvres classiques de très haut vol ou plus modestes mais divertissantes ?

Bref, mon choix fut très personnel, celui d'un disque hors du commun, daté et même iconoclaste pour certains, insurpassable pour d'autres, c'est mon cas.

J'avais enregistré cette gravure un soir à la radio (France Musique fin des années 70) lors d'une émission consacrée à "l'art d'Hermann Scherchen". Le disque Decca de 1949 jamais réédité avait totalement disparu des bacs depuis des décennies.

Ah le temps des magnétophones à bandes où on pouvait copier dans d'assez bonnes conditions des vinyles ou des concerts et autres diffusions FM. Là : une bande Revox, la N° 32 😊.

Je ne connaissais l'œuvre que sommairement dans sa version pour clavier. J'enregistre à tout hasard tellement le présentateur (?) s'envole dans le dithyrambe… Et hop : le coup de cœur qui arrive tous les dix ans pour un mélomane passionné. On me réclama des copies. Heureux hasard, vers 1982, Decca réédita chichement en LP pour Noël cette interprétation mythique, meilleure que l'incunable diffusé. Depuis, on la trouve dans le domaine public chez divers labels confidentiels.

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Gravure de J.S. Bach
 
 

La disponibilité permanente de cette gravure depuis l'ère numérique, après une traversée du désert de 30 ans, ne peut être le fruit du seul hasard, d'un effet de mode. À l'heure où l'interprétation du millier d'œuvres du cantor ne s'imagine plus autrement qu'avec des artistes formés au jeu sur instruments anciens (viole, théorbe, effectifs minimalistes) et au chant baroque (peu de femmes mais plutôt des contreténors et contraltos, des maîtrises de garçons), on s'étonnera que les quatre enregistrements pour orchestre moderne de tailles diverses du maestro Hermann Scherchen fassent encore le bonheur des discophiles. Une seule explication : Bach atteint dans l'art de la fugue un sommet d'abstraction absolu qui échappe à toutes les obligations en termes d'instrumentation, l'ouvrage accède à l'intemporalité. Il est vrai que le clavier semble le choix le plus adéquate, mais pas uniquement. J'avais déjà détaillé ce phénomène dans mon premier article. (Clic)

Pour appuyer ce propos, j'avais consacré à l'ingénieur électronicien et acousticien André Charlin un billet sur ses travaux. J'illustrais cette chronique de 2021 par l'enregistrement mythique pour trois orgues positifs de l'œuvre. (Clic) par l'ensemble Wolfgang von Karajan.

Thème structurant les fugues

Il est admis que les cantates ou les passions doivent bénéficier d'effectifs allégés modernes. Une spirituelle intimité est de mise, à l'inverse des exécutions avec des centaines de chanteurs ou plus et d'un orchestre symphonique massif, le régal des londoniens le dimanche au Royal Albert Hall. L'Art de la fugue est un cahier de fugues, canons, etc. tous composés à partir d'un motif unique intégré 287 fois. A-t-il pour unique vocation de décliner toutes les formes de contrepoints imaginables pour un seul usage pédagogique, ou constitue-t-il la compilation testamentaire d'une vie de recherche musicologique pour ne pas dire mathématique ? Ce monument a priori purement solfégique s'adapte à toutes les formes d'orchestration…

1H30 ou plus ! Hormis les oratorios tels les Passions, il n'était pas coutumier au XVIIIème siècle de jouer des corpus aussi longs en un seul concert. Les études de Czerny, très bien conçues pour les apprentis pianistes, sont fort ennuyeuses en concert… Mais l'enchaînement des contrepoints dans l'Art de la fugue recèle un mystère : son écoute en continu, surtout dans la fantasque orchestration de Roger Vuataz conduit l'auditeur à un état second comparable aux effets des exercices sophrologiques voire du yoga, bref toutes les formes de méditations… Une musique des sphères. Ça ne marche pas avec tout le monde bien entendu… Chacun reste réceptif à un ou plusieurs styles musicaux.

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Page 2 de la Fugue I

Bach commença ce cahier a priori ésotérique sur le plan technique entre 1740 et 1742. De cette période datent 12 fugues et deux canons. En 1751 sont ajoutés 2 fugues et 2 canons. Quant à la dernière fugue à trois sujets, il n'est pas certain qu'elle fasse partie de cet ensemble publié en 1751, mais il est d'usage de l'ajouter en conclusion. Oui, vous comptez bien, 19 pièces et 20 à écouter. Cela reflète nombre d'incertitudes et d'énigmes concernant l'ordre, une éventuelle répartition par groupes de la version finale que Bach envisageait pour l'édition définitive.

Étant mort en 1750, le compositeur n'a jamais pu corriger complètement les épreuves. Des correcteurs, peut-être ses fils qui avaient grandi à coup de contrepoint se sont attelés a ce travail… sans doute au mieux. Je vous épargne toutes les tentatives en deux siècles d'établir un classement cohérent. Il y a des dizaines de sites plus ou moins contradictoires sur le sujet.

Le manuscrit de l'Art de la fugue serait-il un travail de musique pure ? Bach ne composait jamais pour uniquement "mitonner" un solfège compliqué sans arrière-pensées intellectuelles ou spirituelles. Il existe des enregistrements pour tous les instruments (clavecin, piano-forte, piano, orgue) ou des ensembles tels des quatuors (cordes, flûtes, saxophones, etc.) et bien entendu l'orchestre et même les voix. Il faut pouvoir jouer les quatre voix des fugues… point !

La magie de la partition ne peut naître que de la rencontre passionnée entre la pensée de Bach et la vénération d'un ou plusieurs interprètes pour l'œuvre. Certaines réalisations au clavier même virtuoses peuvent s'avérer d'un ennui mortel. Même avec un manuscrit vierge de toute directive instrumentale, sans aucun symbole de nuance (p, f, etc.) et sans aucun tempo indiqué à la clé (la tonalité est immuablement ré mineur), il me semble indispensable que les artistes recontextualisent leur lecture de la partition dans l'espace plus vaste de la foi ardente de Bach.

Notre disque chroniqué répond-il à cette exigence ? Pour moi oui, l'aventure humaine et musicale de deux musiciens partageant une amitié, une passion absolue pour cette partition, et une quête interprétative affectant plusieurs décennies !



Hermann Scherchen
 
 

Bach, le compositeur génial et mystique de la première moitié du XVIIIème siècle. Roger Vuataz : un musicologue et organiste féru de science, de philosophie et de théologie. Hermann Scherchen : un maestro aux mêmes passions. Je parlais plus haut de rencontre passionnée, et en voici une miraculeuse ; trois hommes, soucieux chacun à leur époque de spiritualité associée à la science musicologique. Les deux musiciens du XXème siècle travailleront à une adaptation instrumentale et métaphysique de l'Art de la fugue de Bach. Évoquons en premier la personnalité atypique du maestro Hermann Scherchen, sans doute la clé de voute spirituelle du projet.

 

Hermann Scherchen

Quand on parle de directeurs d'orchestre marquants dans l'Allemagne-Autriche du début du XXème siècle, on pense en priorité à Furtwängler, Klemperer, Böhm, Karajan. Les trois premiers sont nés vers la fin du XIXème siècle, et tous ont appris leur métier lors des derniers feux (éblouissants) du romantisme tardif et de la tonalité classique grâce à un Richard Strauss ou un Gustav Mahler ; mais hormis Klemperer, ils resteront un peu distants du modernisme naissant : notamment celui de la seconde école de Vienne établie par Schoenberg. De toute façon l'anathème lancée par les nazis sur ce courant, comme sur les œuvres de compositeurs juifs, mettra un frein vers 1932 à cette belle expérience novatrice. Ah les riches heures des théories de Goebbels sur la "musique dégénérée".

Après la guerre, ces maestros au tempérament autoritaire ont assuré la pérennité du patrimoine musical de la grande tradition germano-autrichienne. Un choix personnel d'une carrière "traditionnelle" pendant l'explosion d'une ère avant-gardiste caractérisée par l'émergence de modes d'écriture nouveaux : la polyrythmie, l'atonalité, le dodécaphonisme et le sérialisme, le style minimaliste-répétitif… Quoique l'on doit à Herr von Karajan mettant sa célébrité et sa philharmonie de Berlin au service de la publication en 1973 d'une intégrale en quatre LPs de l'œuvre orchestrale de l'école de Vienne ! (Clic)




 

Ces vedettes des podiums et quelques autres ont néanmoins joué Bartok, Stravinski, Prokofiev, Hindemith. Un autre maestro de même talent et de la même génération est quasiment oublié : Hermann Scherchen (1891-1966). Son caractère indépendant et exigeant, son attrait affiché pour le communisme, des tempos parfois singuliers dans ses interprétations et une discographie majoritairement gravée pour le label éphémère Westminster Records (1949-1965), n'ont pas contribué à la reconnaissance posthume qu'on lui devrait.

Originaire d'un milieu modeste d'aubergiste berlinois, le jeune Hermann ne suivra pas la voie des conservatoires prussiens. Malgré les aléas d'un parcours d'autodidacte, il joue en virtuose de l'alto en concert dès l'âge de seize ans, y compris comme remplaçant occasionnel à la Philharmonie de Berlin (période Arthur Nikisch). Hermann rencontre Schoenberg en 1911 qui cherche un assistant pour créer Le pierrot Lunaire, œuvre charnière chantée en sprechgesang (déclamation) et dont l'orchestration préfigure l'atonalité, le sérialisme, etc.

Entre 1914 et 1918, il connaît les prisons de Riga comme civil étranger (la Lettonie est alliée à la Russie). Scherchen avait été nommé chef de l'orchestre symphonique de la ville un mois avant 😫 !!! Quatre ans plus tard il relance sa carrière à la fois classique mais fortement active au service de la musique de son temps. La liste des créations qu'il assure en témoigne : L'Histoire du soldat d'Igor Stravinsky, les Trois fragments du Wozzeck d'Alban Berg, le Concerto à la mémoire d'un ange du même Berg, de nombreuses œuvres de Paul Hindemith… Et plus tard en 1954, Déserts de son ami Edgar Varèse au TCE avec l'Orchestre de la RTF et Pierre Henry, un scandale phénoménal avec un chahut rappelant l'émeute lors de la création du Sacre du printemps en 1913 😂 (YouTube).

L'arrivée d'Hitler au pouvoir l'oblige à quitter l'Allemagne pour la Belgique puis la Suisse quand l'Europe est envahie… Il rejette résolument l'idéologie nauséabonde nazie. De plus, son engagement à promouvoir la musique moderne l'inscrirait d'emblée sur l'index des défenseurs de l'art "dégénéré". Etant très proche des "juifs" Schoenberg et Berg… (35 compositeurs allemands, majoritairement juifs, mourront dans les camps.)

Il dirigera jusqu'à l'invasion de l'Europe en nomade. Scherchen ne s'attachera jamais à une formation ou à un opéra comme directeur officiel par amour de la liberté artistique. Exceptions : l'orchestre de la Radio de Beromünster de Zurich entre 1944 et 1950 et une présence assidue auprès de l'Orchestre symphonique de Vienne avec lequel il réalisera l'essentielle de sa discographie pour Westminster

Après la folie nazie on lui avait proposé la direction de la Philharmonie de Berlin, de l'Opéra de Berlin ou encore de l'orchestre du Gewandhaus de Leipzig. Des postes pour lesquels tout maestro ambitieux vendrait sa mère, il les refusera tous !!! On peut s'en étonner… Il préférera séjourner en Suisse, enregistrer à Vienne et mettre le pied à l'étrier de la nouvelle génération : Bruno Maderna, Pierre Boulez, Boris Blacher, Norman Del Mar, Iannis Xenakis ou Luigi Dallapiccola

La discographie disponible de Hermann Scherchen est abondante mais disparate. Haendel (un Messie d'anthologie), de nombreux Bach dont une passion selon Saint-Matthieu de 4H – comme le Messie - qui restitue la tragédie et le sacrifice (pas un oratorio anglican extatique à la mode Klemperer malgré des chanteurs géniaux), des Mahler… On aimera la ferveur ou on détestera des tempos volontairement statiques destinés à laisser chaque note s'épanouir et imprégner notre imaginaire… Une chronique spéciale est à envisager… DG a racheté le fond Wesminster mais les rééditions sont parcimonieuses…


Roger Vuataz et… un chaton  

Roger Vuataz

Né en 1898 à Genève, ville où il nous quittera en 1988, Roger Vuataz cumulait un nombre hors du commun de talents musicaux : organiste mais jouant aussi de la flûte, de l’alto et de la clarinette, chef de chœur, chef d’orchestre, carillonneur à la cathédrale de St-Pierre de Genève 😊, critique musical, professeur au Conservatoire supérieur de Genève, directeur musical du Studio de Radio-Genève et musicologue…

En tant que compositeur, Roger Vuataz nous a légué environ 130 œuvres qui ont quasiment toutes bénéficiées d'un enregistrement. Il existe 13 albums disponibles via le site du musicien. À noter que les œuvres symphoniques ont été captées avec l'Orchestre de la Suisse Romande (Clic). Pour ce faire une idée : (Youtube)

Dans cet article, concentrons-nous sur la collaboration entre Roger Vuataz, l'homme-orchestre, et Hermann Scherchen

Avant leur rencontre en 1935, en dehors des claviers, l'Art de la fugue avait déjà une vie symphonique, celle de l'orchestration de Wolfgang Graeser.


Wolfgang Graeser naquit à Zurich en 1906 et toucha un peu à tout : violon, peinture, physique, maths, orientalisme, etc. L'adolescent déniche chez un bouquiniste un exemplaire de l'Art de la Fugue. Subjugué par les symétries structurelles qu'il y rencontre, il consacrera sa vie à analyser sous un angle mathématique (sa passion extra-musicale) la partition, en ne négligeant pas son impact émotionnel sur un auditeur. Il conçoit ainsi une orchestration monumentale qui devait avoir un air de famille avec les transcriptions des années 30 de Stokowski (Clic). L'instrumentation de Graeser pour grand orchestre à cordes et orgue en option est publiée et jouée dans l'église Saint-Thomas de Leipzig le 26 juin 1927. C'est une première pour l'œuvre de Bach orchestrée et un triomphe grâce au chef Karl Straub, lui aussi fasciné par l'ouvrage.

Plus triste : le jeune Wolfgang, de nature dépressive, se suicide en 1927 à seulement 21 ans. À ma connaissance, il n'existe qu'un enregistrement moderne de sa transcription, celui de Karl Münchinger de 1965 à Stuttgart pour DECCA(Clic). On ne trouve sur le web que cette minuscule photo du jeune compositeur au regard triste…

 

Hermann Scherchen estime-t-il cette orchestration encore trop conforme au style romantique, pauvre en couleurs ? Il suggère à Roger Vuataz d'écrire une nouvelle orchestration inspirée de la registration des orgues. Le musicologue en écrira trois, similaires dans le choix des groupes instrumentaux mais d'effectifs différents. Il existe trois pour le casting :

A. 31 musiciens :

B. 24 musiciens (pour les petites salles)

C. 42 musiciens (grandes salles)

Groupe I : Cordes. (4 · 3 · 3 · 2 · 1)
Groupe II : Cordes. (2 · 2 · 2 · 1 · 1)
Groupe III : Solo-Quatuor à cordes

Groupe IV : 1 Flûte, 1 hautbois,
1 Cor anglais, 2 Bassons +
Clavecin ad libitum.

Groupe I : Cordes. (3 · 2 · 2 · 1 · 1)
Groupe II : Cordes. (1 · 1 · 1 · 1 · 1)
Groupe III : Solo-Quatuor à cordes

Groupe IV : 1 Flûte, 1 hautbois,
1 Cor anglais, 2 Bassons +
Clavecin ad libitum.

Groupe I : Cordes. (6 · 5 · 4 · 3 · 2)
Groupe II : Cordes. (4 · 3 · 2 · 2 · 1)
Groupe III : Solo-Quatuor à cordes

Groupe IV : 1 Flûte, 1 hautbois,
1 Cor anglais, 2 Bassons +
Clavecin ad libitum.

Hermann Scherchen semble recourir en 1949 à l'effectif de 24 musiciens tout comme Vuataz dans sa propre réalisation à Bruxelles en 1963. Suivant les fugues, pour rompre tout risque de monotonie dans les timbres, il répartit ces groupes de la manière suivantes :

1.    Contrepoint 1 : Fugue simple (Groupes des cordes)

2.    Contrepoint 2 : Fugue simple (Groupes des cordes)

3.    Contrepoint 3 : Fugue simple (Groupes des cordes)

4.    Contrepoint 4 : Fugue simple (Groupes des cordes)

5.    Contrepoint 5 : Fugue simple

6.    Contrepoint 6 : Fugue en diminution (en style français)

7.    Contrepoint 7 : Fugue en augmentation et diminution

8.    Contrepoint 8 : Fugue à trois voix

9.    Contrepoint 9 : Fugue à la douzième

10.  Contrepoint 10 : Fugue à la dixième

11.  Contrepoint 11 : Fugue à quatre voix

12.  Canon à l'octave (Groupe des bois seuls)

13.  Canon à la dixième en contrepoint à la tierce (Groupes des cordes)

14.  Canon à la douzième en contrepoint à la quinte (Groupes des cordes)

15.  Canon par augmentation en mouvement inverse

16.  Contrepoint 16a : Fugue en miroir

17.  Contrepoint 16b : Fugue en miroir

18.  Contrepoint 18a : Fugue en miroir

19.  Contrepoint 18b : Fugue en miroir

20.  Contrepoint 19 inachevée : Fugue avec trois sujets

 

Aucune analyse subjective cette semaine. Je ressens à l'écoute depuis 45 ans un climat onirique et nostalgique, surement un effet de l'unique tonalité de ré mineur utilisée, reflet d'un mysticisme plutôt austère (Bruckner affectionnait cette tonalité). Petit détail : je ne reviens pas sur les mystères ésotériques qui entourent le fait que la fugue 19, très longue, ne soit pas achevée, laissant la dernière page à demi vierge. Bach presque mourant n'aurait-il pas eu le temps de terminer ou de dicter la conclusion. Généralement, on stoppe net l'interprétation. 

Marco Angius

Vers 1965, Hermann Scherchen rédigera sa propre version qui donnera lieu à trois enregistrements (Vienne, Toronto et enfin Lugano). L'orchestration se révèle encore plus enjolivée avec la présence de cuivres. Par exemple les fugues 1 & 3 sont jouées par les vents. Personnellement, je préfère la pureté du dispositif instrumental de Vuataz. Scherchen joue la dernière note telle un point d'orgue. Est-ce une porte qui se referme sur l'éternité ?

Le live de Toronto a ses fans, le son est vraiment mauvais. Je ne le recommande pas en première écoute. Il existe une vidéo de la répétition à titre documentaire.


Avec la cavalcade sympathique mais frénétique d'un Goebel sur instruments anciens, on pourrait croire que les baroqueux ont définitivement balayé ces orchestrations influencées par le crépuscule du romantisme, au bénéfice d'une virtuosité instrumentale. Pas complètement, l'orchestre di Padova e del Veneto et son chef Marco Angius ont relevé le défi en 2015 en enregistrant l'orchestration de Scherchen. Un petit choral (playlist 21) a été ajouté. La prise de son est, on s'en doute, d'une clarté qui nous pince le cœur en songeant aux techniques limitées disponibles en 1949. Une splendeur.





Une notation n'a pas de sens :

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