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Le
pitch : une femme, deux hommes, lequel aura sa
préférence ? Et oui, CASABLANCA c’est juste un triangle amoureux, une bluette sur fond
historique. Et pourtant inclassable. Est-ce un Film Noir, un film d’espionnage, de guerre,
une romance, une tragédie humaine, un film politique, un tract de propagande ? Tout
à la fois, c’est ça qui est fort ! On a parfois un sentiment de fourre-tout, de picorer ça et là, le fait que le scénario ait été réécrit au jour le jour n'y est sans doute pas étranger.
Politique, le film l’est. Rarement un film
aura affiché autant de clins d’œil à la guerre en France, croix de Lorraine,
affiche de Pétain (première scène, un type est assassiné juste en dessous) ce
plan génial où le capitaine Renault jette à la poubelle sa bouteille d’eau de
Vichy… Il y est question de la France Libre comme de Vichy, ce qui dans un film américain dénote étrangement. Pas sûr que les spectateurs américains de l'époque y aient compris quoi que ce soit. La décision d’entreprendre cette production date juste après l’attaque
de Pearl Harbor, donc l'entrée en guerre des Etats Unis. Le film est tourné en 1942, et sort en 43. A noter que la Warner avait commencé la production d'un film sur de Gaulle, scénarisé par William Faulkner, finalement abandonné. Avec le recul, on n'a pas perdu au change !
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Le
héros Victor Lazlo (oui, comme la chanteuse des 90’s qui avait repris ce nom)
chef d’un réseau de résistance tchèque, recherché par les Nazis, fait escale à Casablanca pour regagner l'Amérique avec sa femme. Le film exacerbe la Résistance face à l’occupant
(superbe scène où Lazlo demande à l’orchestre d’entamer la Marseillaise pour
couvrir les chants allemands) sans pour autant caricaturer les allemands,
représentés par le major Strasser qui fait figure d'aristocrate, alors que les alliés italiens sont clairement dépeints comme des lèches-cul. Le Ricks’bar – où se déroule principalement
l’action - est un lieu interlope, où se croisent résistants et collabos,
trafiquants, flics, nazis, on y vend ses bijoux pour se payer un visa, on graisse les pattes,
on y boit aussi, on y chante, on y joue à la roulette.
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On
connait tous la réplique : « play it again, Sam ». D’autant plus
célèbre qu’elle n’est jamais prononcée dans le film ! Vous savez, c’est
comme Marylin Monroe la jupe soulevée par l’aération du métro dans 7 ANS
DE REFLEXION (Billy Wilder). Une image qui n’est pas dans le film, mais une
photo de tournage ! « Play it again Sam » est en réalité une
réplique de Woody Allen et le titre original de son TOMBE LES FILLES ET TAIS-TOI (1972) où son
personnage, dingue du film de Michael Curtiz, se fait coacher par un Humphrey
Bogart imaginaire.
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Merveilleuse
réplique, et il y en aura d’autres, comme ce dialogue entre le capitaine
Renault et Rick, le premier demandant : « - Pourquoi êtes-vous venu
au Maroc ? - pour les eaux
(thermales), ma santé. – En plein désert ? – On m’aura mal renseigné ».
Ou Rick menaçant Renault d’un flingue : « attention, je vise le cœur –
c’est mon point faible » répond l’officier sentimental. Lorsque que
Strasser sera abattu pourtant devant témoin, Renault lancera : « arrêtez
les suspects habituels ». Plus tôt il dira aux allemands qui réclament
plus de répression : « nous arrêtons deux fois plus de suspects
habituels » ! Et la dernière réplique du film : « Well,
Louis, I think this is the beginning of a beautiful friendship » mais je
ne vous dirais pas dans quel contexte…
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Le
personnage de Rick (Humphrey Bogart) est un cynique, un électron libre. Neutre,
il ne veut pas prendre parti. Le personnage fascine les clients du bar, Rick apparait au grand jour d'ailleurs assez tard dans l'intrigue, préférant l'obscurité de son bureau. Il fait pourtant preuve d’humanité avec ce jeune
couple de bulgares. Très belle scène où il leur permet de gagner à la roulette de
quoi se payer un visa, leur conseillant de jouer le 22. Clin d’œil au croupier,
le 22 sort. Le croupier est joué par Marcel Dalio, immense acteur vu chez Renoir (c'est lui aussi Rabbi Jacob, le vrai !).
Mais
je cause et j’en oublie l’essentiel : l’histoire d’amour. On sait qu’il y
a deux sauf-conduits. Mais trois personnages au départ : Ilsa, Victor et
Rick qui trop impliqué dans de sales histoires, doit fuir aussi le Maroc. Qui va rester en rade sur le tarmac ? Les acteurs eux-mêmes ne connaissaient
pas l’issue du film. Michael Curtiz a dirigé Ingrid
Bergman dans ce sens : « Comme on ne sait pas, joues sur les deux
tableaux ». Jusqu’au tournage de l'ultime scène, les scénaristes hésitaient encore, et avaient prévu deux épilogues. Avec qui Ilsa
prendra l’avion ? A force de faire du gringue à Rick pour récupérer les précieux visas, les sentiments renaissent...
J’ai été un peu rude avec Curtiz, mais il parvient à tourner une des plus belles scènes du cinéma. Trois personnages. Trois échanges de regards, rapides (il ne faut pas trainer, les allemands arrivent), insert d'un plan de l'avion, puis Ilsa qui fait un pas, accompagnée d’un léger panoramique de la caméra, qui la replace dans le cadre entre ses deux amours. Curtiz traduit visuellement, en un plan, tout l'enjeu du film. C'est fort. J’en chiale encore, après 18 visionnages.
J’ai été un peu rude avec Curtiz, mais il parvient à tourner une des plus belles scènes du cinéma. Trois personnages. Trois échanges de regards, rapides (il ne faut pas trainer, les allemands arrivent), insert d'un plan de l'avion, puis Ilsa qui fait un pas, accompagnée d’un léger panoramique de la caméra, qui la replace dans le cadre entre ses deux amours. Curtiz traduit visuellement, en un plan, tout l'enjeu du film. C'est fort. J’en chiale encore, après 18 visionnages.
Comment
ce scénario à l’eau de rose, limite série B sur le papier, a pu aboutir à un
tel film mythique ? Je ne sais pas. Comme dit en introduction, la
convergence de plusieurs talents, l’écriture, la réalisation, l’interprétation.
Ce film captive. On est happé à chaque fois. On y retrouve Humphrey Bogart,
sensible comme une corde de piano (qui deux ans plus tôt n'avait que des tuff-guy à jouer), Paul Henreid, Peter Lorre, Claude Rains, et surtout Ingrid
Bergman, belle à se damner. Ce n’était pas un sex-symbol, au sens Marylin Monroe ou Ava Gardner et pourtant, vu le nombre de plans sur son visage, il doit
bien y avoir un truc.
Bergman était plus grande que Bogart : 1,75 contre 1,73. Il fallait aménager des plans inclinés pour que la différence de taille s'inverse une fois les
deux acteurs arrivés face à la caméra, comme
avec Lauren Bacall (regardez la photo de tournage, il fait 10 cm de plus qu'elle !). Leur couple, dont l’image avait servi au générique du
Cinéma de Minuit (les vieux se souviennent de ce rendez-vous télévisuel) est
passé à la postérité, comme Scarlett O'Hara et Rhett Butler. Pas grand-chose dans ce film le prédestinait à devenir un
tel classique. Et pourtant.
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La semaine prochaine...
- un désert, un shérif, des trognes et des colts, et même Henri Fonda, mais est-ce vraiment un western ?
- son réalisateur à la réputation d'intello a ruiné à lui seul un studio hollywoodien
- drôle, cocasse et même grivois au départ, mais au final une mécanique bien cynique
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La semaine prochaine...
- un désert, un shérif, des trognes et des colts, et même Henri Fonda, mais est-ce vraiment un western ?
- son réalisateur à la réputation d'intello a ruiné à lui seul un studio hollywoodien
- drôle, cocasse et même grivois au départ, mais au final une mécanique bien cynique
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Noir
et blanc – 1h40 - format 1 :1.37
What a fu..?...Aucun commentaire sur ce film??
RépondreSupprimerBon...Tu devrais essayer Avengers ou Fast & Furious next time.
Ah, l'affiche devant laquelle tombe le mec flingué dans le dos au début:"Je tiens mes promesses, et même celles des autres"!
Tout un programme. Y parait que c'était sorti pour un salon de l'agriculture, joli recyclage!
Pour le reste rien à rajouter, sauf que c'est dans mon top 5 de mes films préférés.
Je matais La Route de Salina hier (Lautner, Mimsy Farmer, Rita Hayworth...) miraculeusement sorti en Bluray, et j'apprends la mort de Christophe (il en a fait la zique) aujourd’hui. Gros respect pour ce mec, on l'a pas vu à The Voice y parait...
Voilà voilà, boulot-confinage, bounage-confilot...
Ton film pour le quizz??? Suis largué, grave!!
Putain Cléopatre! Heureusement que j'ai un cerveau reptilien...
RépondreSupprimerBravo...
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