mercredi 26 juin 2019

Zombies Attack : Les meilleurs films de Zombies


     Les films de zombies ... non mais allô quoi ? A quoi ça rime ? Des morts qui ne sont plus morts mais pas vivants pour autant. Mieux, ils ont la dalle ! Et pas qu'un peu. Ils sont prêts à sacrifier un bras pour becqueter un bout de chair fraîche. Humaine de surcroît. Avec une nette préférence pour les tripes parce que c'est juteux - et parce qu'il y en a beaucoup et ainsi on peut aisément partager avec les hôtes du banquet -, et la cervelle (une métaphore ?) parce que c'est croquant à l'extérieur et onctueux à l'intérieur. 
Bref, le film de zombies représentent ce qu'il y a de plus gratuit, de sanguinolent, de nauséeux, d'absurde et bien souvent il se caractérise par une absence d'intrigue, d'histoire. Surtout depuis que certains fatigués du bulbe aient élargi le genre à l'espèce animale (du requin au castor ! Qui, bizarrement, sont également exclusivement attirées par la chair humaine et non celle de leur congénères. Étonnant non ?). 
Des films de zombies et consorts ? Il y en a des poignées. Et pas que du bon, loin de là. Les bouses infâmes sont largement majoritaires. D'où une petite sélection de films qui valent tout de même le détour. 
A condition de ne pas être trop sensible à la vue du sang ... et des viscères éparpillées, des cerveaux en bouillie, des cages thoraciques béantes, des coeurs arrachés toujours palpitants... La routine quoi.


   ☠  Les Classiques :  ☠   



LA NUIT DES MORT-VIVANTS (1968)

     Le classique des classiques. Film de 1968 en noir et blanc de George A. Romero qui va poser à jamais les bases du genre. Inspiré du célèbre "Je suis une Légende" de Richard Matheson, Romero va transformer le combat pour la survie en un cauchemar où l'on doit affronter la mort (ou la non-vie) alliée à une faim insatiable. Dans ce contexte, les vertus comme les vices de l'humain sont exacerbés ; tant le courage que la lâcheté, la jalousie ou le sacrifice.
Outre une première partie bancale située dans un cimetière, l'histoire se déroule dans une maison isolée où les belligérants se réfugient. Un huis-clos où l'horreur se partage entre imaginaire cauchemardesque (les zombies) et comportement de l'homme.
   Précurseur, ce film servira longtemps de maître étalon pour les cadrages (largement repris par Sam Raimi).
Romero raconta plus tard que c'est en partie à cause de la concurrence télévisée qu'il plongea dans le genre horrifique.



LE CRÉPUSCULE DES MORTS-VIVANTS (1978)

     Dix ans plus tard, George Romero en remet une couche. Le genre a mûri ... si l'on peut s'exprimer ainsi, car c'est aussi une escalade vers l'horreur et un voyeurisme malsain qui va déboucher sur le Gore. Genre où le débit d'hémoglobine prime sur le synopsis.Cependant, derrière le divertissement macabre, il y a une critique, une métaphore même de la société de consommation. En effet, l'action se déroule dans un immense centre commercial avec galeries marchandes (coïncidence, 1978 marque l'explosion des centres sur l'hexagone). Un lieu froid, désolidarisé de la cité mais aussi, et surtout,déjà dénué de vie. La végétation a été intégralement remplacé par de vastes parkings. Un des protagonistes le dit clairement : ils reviennent vers le centre commercial dirigés par ce qui leur reste comme instinct. L'analogie est explicite. L'homme perd son humanité en étant essentiellement mu par une soif dévorante de consommer. Aussi, au contraire des vivants qui doivent unir leurs forces pour survivre, les zombies, bien qu'entassés, sont individuels ; s'ignorant mais capables de se marcher les uns sur les autres pour atteindre leur but. Ils se montrent agressifs (un euphémisme) envers ceux qui sont différents, marginaux. Les transformant ou les détruisant.



LAND OF THE DEAD (2005)

     2005. Désormais, Romero est adulé par tous les amateurs de films de dingos (pardon, de genre horrifique) et des prétendants à la figuration surexcités accourent pour avoir l'immense honneur de participer, en tant que zombie, au long métrage. On raconte que certains, emportés par l'enthousiasme, appuyèrent leurs mordillous.
On remarque que si l'on peut considérer Romero comme le père du genre, et qu'il ne se soit pas gêné pour l'exploiter, plutôt que de ressortir sempiternellement une recette identique, il l'a fait progressivement évoluer.
     Cette fois-ci, l'histoire se situe dans le futur, dans ce qui paraît être un monde post-apocalyptique envahi par les zombies. Le monde des vivants est séparé en trois castes : celles de la populace, dénuée et affamée, celle dirigeante vivant dans le luxe et l'opulence, et celle directement ou indirectement au service de la dirigeante. Parfois issue des démunis, les parvenus oublient leur précédente condition de miséreux.
La peur d'être expulsé hors des murs de la ville et d'être exposé au danger permanent des zombies errants, maintient la population dans un état de soumission. Leur seul espoir, approcher la "haute société" en se mettant au service de la classe dirigeante.
Dans le monde des zombies, une révolution se prépare : désormais traités comme des cibles pour safari, acculés, ils commencent à s'éveiller. Soumis à une violence ponctuelle, des premiers gestes d'entraide s'esquissent. L'individualité s'estompe au profit d'un esprit de corps. Ils prennent conscience de la force de l'union et se rebiffent.
Là encore, on parle d'une analogie volontaire de Romero.



L'ENFER DES ZOMBIES (1979)

     Là, on n'y va pas par quatre chemins; Lucio Fulci, l'allumé italien, habitué du scandale (il fut menacé d'emprisonnement pour des scènes particulièrement malsaines du "Venin de la Peur" dont il est à la fois réalisateur et scénariste), qui s'est fait un nom avec le Gallio, reprend les zombies de Romero à son compte. Ne s'embarrassant pas avec un sypnosis élaboré, il met l'accent sur les trucages en créant des scènes qui vont faire date. A sa sortie, malgré l'interdiction aux moins de 16 ans (ou 18 ?), le film fut amputé de nombreuses scènes. La censure ne prit pas de gants, coupa des scènes sans ménagement et sans se soucier du résultat. Deux séquences furent d'ailleurs coupées en plein dialogue. Une coupe au hachoir ?
   "L'Enfer des Zombies" - également appelé un moment, pour une accroche commerciale, "Zombi 2" - marque une étape importante dans le cinéma du genre. La recherche de scènes dérangeantes, saisissantes et dégoûtantes et son application à les rendre crédibles (à l'heure des premières cassettes vidéos, certains se sont échinés à procéder à des arrêts successifs d'image pour y déceler les trucages) entraînent le genre dans une nouvelle ère en le mariant avec le "cinéma Gore". Ils étaient fait pour s'entendre ... (on considère que le premier film du genre date de 1963, avec "Blood Feast" de Herschell Gordon Lewis ; lui-même surnommé le père du Gore).
   Pendant longtemps, Lucio Fulci fut considéré comme l'esprit torturé, le réalisateur de films qui "filent vraiment les j'tons" avec des films de tordus tels que "Frayeurs", "La Maison près du Cimetière" et "L'Au-delà".
bobo
   ☣  Les films d'auteur :  ☣   



28 JOURS PLUS TARD (2002)

   Là, on touche à quelque chose de nettement plus sérieux. On rejoint quelque peu la fibre Romero dans le sens où derrière le film de zombies (ou d'horreur quelconque), on égratigne la société et l'humain. Il s'agit du quatrième long métrage de l'excellent Danny Boyle.
   L'histoire est simple et original. Un homme, Jim (Cillian Murphy) se réveille après un coma de 28 jours. Il se retrouve seul dans l'hôpital, la rue, le quartier, la ville entière. Pas âme qui vive. Désappointé, il cherche désespérément la présence d'un vivant ; à l'affût du moindre bruit, il entre dans une église où il découvre des dizaines de personnes entassées. Soulagement ? Au contraire, c'est le début d'un nouveau cauchemar où il est pourchassé par des enragés au comportement bestial. Des hommes transformés en zombies suite à une épidémie. La routine ... sauf que les zombies anglais sont du genre sportif, courant comme des dératés. Ça met la pression.
   Cependant, ce n'est qu'une longue entrée en matière, car le film de Boyle s'attarde plutôt sur la psychologie de l'humain. En effet, lorsqu'un groupe restreint de survivants, dont Jim, trouve refuge dans un château où s'est barricadé un corps armé de sa précieuse majesté, une autre forme de menace et d'horreur prend place. Finalement, l'homme n'a guère besoin de s'inventer quelques monstres terrifiants, il n'y a rien de pire que lui-même.

28 SEMAINES PLUS TARD (2007)

     Celui-là reprend l'Angleterre là où l'avait laissé Danny Boyle cinq plus tôt. L'épidémie s'étale. Les zombies sont toujours aussi alertes et affamés, à croire qu'ils sont tous shootés à l' EPO, et les rescapés tentent de survivre comme ils peuvent, sous l'emprise d'une peur permanente. Toutefois, 24 semaines après le début de l'épidémie, elle est éradiquée. Nombre de zombies sont morts de faim, des forces Américaines (de l'OTAN) sont venues sécuriser Londres (et le reste ??) pour accueillir les survivants et commencer la reconstruction.
   Mais là encore, les contaminés ne sont qu'un prétexte pour conter une histoire sur la responsabilité d'un père envers ses enfants, d'une mère et d'un époux. Un film sur la culpabilité, le remord qui ronge les tréfonds de l'âme, l'amour. C'est un drame. Don, interprété par un Robert Carlyle magistral, est un homme torturé. Meurtri à jamais d'avoir dans un moment de panique devant l'abomination abandonné son épouse. Affligé de devoir mentir à ses enfants qu'il aime profondément. Et, plus tard, de devoir affronter sa honte, sa culpabilité, et le regard de sa femme lorsqu'ils se retrouvent face-à-face. Cette dernière, ironie du sort, bien que désormais porteuse du virus, a gardé ses facultés mentales. Don a perdu l'amour de sa femme, sa dignité, et la confiance de ses enfants.


    😜   Les délirants :   😵  



SHAUN OF THE DEAD (2005)

     Dans le genre délirant, un grand classique. Avec les impayables Simon Pegg et Nick Frost qui interprètent deux inséparables compères faisant passer l'amitié - et les sacro-saintes soirées au pub - avant la vie de couple. Enfin, celle de Shaun (S. Pegg). Deux loosers amateurs de bière et de jeux vidéos et qui, après une longue nuit de beuverie, se retrouvent dans un Londres envahi de zombies. Shaun et son indécrottable ami, Ed (N. Frost), partent dans un périple consistant à aller chercher Liz, la ... l'ex-fiancée de Shaun, sa mère, éventuellement son beau-père, et ramener tout ce petit monde dans un endroit sûr, le Winchester, le pub dont le duo de comiques sont de sérieux piliers.
   Comédie à l'humour noir corrosif, "Shaun of the Dead" se pare d'une bonne bande-son, judicieusement choisie en fonction des séquences (avec paroles appropriées) avec, pour exemple, une baston rythmée sur le "Don't Stop Me Now" de Queen.
   Lancée sur une idée commune de Simon Pegg et d'Edgar Wright à la suite d'un intérêt partagé pour les films de George A. Romero, ils remettent le couvert pour deux autres long-métrages, "Hot Fuzz" et "Le Dernier Pub avant la Fin du Monde". Ces trois films constituent la trilogie "Blood and Ice Cream".

ZOMBIELAND (2009)

     Toujours dans la comédie, "Zombie Land" - ou "Bienvenue à Zombieland" - est un film mettant en scène Woody Harrelson, Jesse Esisenberg, Emma Stone et Abigail Breslin. Du beau monde.
   Cette fois-ci, c'est l'industrialisation à outrance de la barbaque pour fast-food qui est la source de la contamination (avec des images empruntées aux reportages sur l'ESB - la maladie de la vache folle -). Le personnage principal est Columbus (J. Eseinberg) qui nous énumère progressivement ses 10 commandements, avec arrêts sur image et titrage en relief pour bien nous faire rentrer dans le crâne les préceptes indispensables à la survie. Tallahassee, lui, (Woody), est en quête des derniers Twinkies avant que leur date de péremption ne soit dépassée (dernier instant de bonheur dans un monde condamné). Derrière cette obsession, c'est un redoutable tueur de zombies en tout genre. Wichita et Little Rock effectuent un long périple pour profiter d'un parc d'attraction de Los Angeles, persuadés que la ville est encore épargnée. La rencontre et l'alliance - un peu difficile - entre les quatre protagonistes amène le film au carrefour du road-movie, du survival et de la comédie horrifique.
"il s’agit plus d’un film potache, mais qui mord à grands coups de crocs le mythe de l’entertainment hollywoodien" dixit Luc B.
Une suite avec les mêmes acteurs est prévue pour cette année.
lien (clic) ☞ La chronique


DOGHOUSE (2009)

     Film à petit budget qui donne la sensation d'un récit écrit entre copains pour se poiler, exploitant sans vergogne les clichés, et plus ou moins improvisé. Cela aurait pu être une grosse daube, et c'est parfois à deux doigts d'y tomber. Néanmoins, les protagonistes nous amènent avec eux jusqu'au bout de leur délire.    C'est la magie du cinéma Anglais qui a cette particularité de ne jamais tomber dans l'hystérie, la tarte à la crème (quoi que ...) et la surenchère. "Doghouse" c'est un comics du style "Contes de la crypte" en format long-métrage. L'histoire est simple. Mikey, romantique transit, vient de se faire plaquer sans ménagement. Ses amis se réunissent pour le sortir de sa torpeur. Mikey a l'excellente idée d'inviter le petit groupe de potos dans le village de sa mère-grand. Isolé, perdu au milieu d'une forêt dense, et où les portables ont bien du mal à émettre. Évidemment. Un plan foireux ? Non, car il n'y a quasiment que des femmes dans ce village. Qui, assurément, vont se jeter sur ces mâles séduisants. Qui d'ailleurs n'attendent que ça ! Sauf un. Manque de bol. Toutes les gonzesses, de tout âge, sont transformées en zombies assoiffées. Pas d'épidémie ou autre contamination, juste le fruit d'expériences militaires pour créer des êtres insensibles à la douleur et particulièrement agressifs. Humour potache au vitriol et clichés garantis. Pour public averti.



ORGUEIL + PRÉJUGÉS + ZOMBIES (2016)

     Adaptation du roman du même nom de Seth Grahame-Smith directement inspiré, ou plutôt calqué sur "Orgueil et Préjugés", roman de 1813 de Jane Austen. Grahame-Smith ne va pas chercher midi à quatorze heures en se contentant de reprendre le roman de Jane Austen en y insérant des zombies voraces, à l'affût du moindre bipède à becqueter.
   Les cinq filles Bennett sont devenus d'âpres combattantes. Formées en Chine, dans un temple Shaolin pendant cinq années (ben voyons), aux arts martiaux (à mains nues, à l'arme blanche et ... aux flingues ...), elles sont devenues des machines à occire du zombie. Même si ce n'est pas vu d'un très bon oeil par l'aristocratie. Combattre, s'agiter en soulevant ses robes, se montrer en spectacle est indigne d'une lady !




RE-ANIMATOR (1985)

     Inspiré de la nouvelle de H.P. Lovecraft, "Herbert West, réanimateur" (éditée en épisodes), "Re-Animator" est un film sans grande prétention qui avait réussi à faire le buzz. Le film cumule l'histoire du savant fou, obnubilé par ses recherches, jouant à l'apprenti sorcier défiant les lois de la nature, et le film d'horreur brut, gratuit, gore, mais ... délirant. Herbert West c'est le docteur Frankestein du vingtième siècle, éclaboussé par les jets d'hémoglobine des coups de tronçonneuse d'Ash (Evil Dead) et mordu par les zombies de George Romero. La comparaison  avec le Dr Frankenstein n'est pas fortuite puisque la nouvelle de Lovecraft se voulait être une parodie du chef-d'oeuvre de Mary Shelley.
   C'est le premier long métrage de Stuart Gordon qui va se faire rapidement un nom dans le cinéma de genre avec d'autres films puisant dans l'imaginaire de Lovecraft.
   Le film reçut le "Grand Prix de l'Horreur" du festival d'Avoriaz de 1986. Bien plus tard, il fut le sujet d'une comédie musicale.

FIDO (2006)

     Totalement passé inaperçu, "Fido" est pourtant une bonne comédie au vitriol qui fusionne l'Amérique idéalisée et conservatrice des années 50 et le film de zombie, savamment saupoudré de kitch (proche d'un Tim Burton), dans le but de faire une critique acerbe de la société de consommation.
   Les villes sont dorénavant ceinturées de clôtures tenant à l'écart les zombies. Ce qui permet de profiter de tous les bienfaits de la civilisation, à condition d'en suivre scrupuleusement ses codes. Il y a une petite analogie entre une caricature du rural inculte, négligé, rustre et ingérable, et l'urbain posé, propre, éduqué et civilisé. Voire, si l'on transfère l'action dans le Deep-south, à la ségrégation. Un savant a trouvé le moyen d'asservir les zombies pour en faire une main-d'oeuvre peu onéreuse. Hélas, ils restent maladroits et abrutis. Toutefois, cette cohabitation finit par développer quelques liens contre-nature, troublant les convenances et l'ordre des choses.
Avec Carrie-Anne "Trinity" Moss et Billy Connolly dans le rôle de Fido.
Prix spécial du jury du festival de Gérardmer, et sélection Sundance.




  ☠   Les "Qui fout les j'tons" :  ☠   



LA HORDE (2009)

     Vilipendé à sa sortie par de nombreuses critiques, ce film français de Benjamin Rocher et de Yannick Dahan est pourtant une bonne surprise. Certes, il ne repose pas sur la qualité des dialogues ... mais bon, en même temps, les films de zombies ne sont généralement pas réputés pour être du Audiard. Et ce n'est pas ce qu'on leur demande. Alors ...
    "La Horde" c'est à propos d'un commando de flics énervés qui cherchent à se faire justice en prenant le rôle de bourreaux impitoyables et sanguinaires, se retrouvent à la merci d'un gang de psychopathes violents. Ceux-là même qu'ils étaient venus dégommer. Pas d'bol. Et puis, coïncidence, il se passe des trucs bizarres dehors, dans la nuit noire, la ville semble mollement se réveiller sous le fracas d'affrontements. Finalement, tout ce beau monde qui se déteste, est contraint de s'allier pour avoir une chance de survivre. Cerise sur le gâteau, ceux que l'on croyait avoir butés, se relèvent quelques minutes après trépas, affamés et vraiment furieux. Coincée dans un immeuble de banlieue isolé et délabré, la troupe cherche une échappatoire, tout en luttant contre les zombies rencontrés. Parallèlement, dès qu'ils peuvent s'octroyer un moment de répit, il faut essayer de canaliser la haine et la rancoeur qui les habitent et les opposent. La violence est plus suggérée que montrée en se fondant dans les ombres du cadrage, ou carrément cachée par le décor ou les corps, alors que celle omniprésente et oppressante des humains éclabousse l'écran et agresse le spectateur.
Un film aux avis partagés et tranchants.



REC (2007)

     Ce film espagnol à petit budget met les zombies à la page. Où comment fusionner la télé-réalité avec le film de zombie. Tout simplement en présentant ce long-métrage comme une émission dont le but est de filmer en direct le labeur de ceux qui sont amenés à travailler la nuit. Avec caméra au poing et présentatrice qui semble découvrir le mystère de la vie à chaque nouvelle séquence. Cette fois-ci, Angela (Manuela Velasco) et son fidèle cameraman se sont incrustés dans une caserne de pompiers de Barcelone ... en espérant - morbide voyeurisme - que cela va un peu bouger ce soir. Histoire de faire de l'audimat. Ils vont être copieusement servis.
   Tout ce petit monde se retrouve dans un petit immeuble cossu où deux policiers les attendent déjà. Alertés et inquiétés par les cris d'une habitante, une vieille dame, les voisins ont appelé les autorités. Tout bascule brutalement dans le cauchemar lorsque la vieille dame se rue sur eux et gnaque le cou d'un policier (en même temps, elle ne leur a pas dit d'entrer, et encore moins de fracasser sa serrure. Forcément, ça m'est en rogne). Le bâtiment est isolé et mis en quarantaine par les autorités. Personne ne rentre, personne ne sort. C'est ballot, d'autant plus que les mordus se retrouvent infectés par un virus qui les rends extrêment agressifs et affamés. Avec une nette préférence pour viscères, viandes  et autres chairs humaines bien juteuses. La routine quoi. S'ensuit un survival, une course-poursuite dans un dédale de couloirs, d'appartements aux décorations rococos et chargés de souvenirs d'un passé désormais abscons. Tout se passe en une nuit, noire et implacable, où la moindre source de lumière est une source de vie à laquelle on se raccroche. Le tout sur fond de désespoir et d'épuisement allant crescendo, et une ambiance froide et macabre rappelant quelques classiques des jeux vidéos. D'ailleurs, les clins d'oeil aux "first person shooter" sont récurrents.



L'ARMEE DES MORTS (2004)

     Film de Zack Snyder, l'ex-réalisateur star de publicité, et dorénavant spécialisé dans des blockbusters adaptés de la bande-dessinée, et plus particulièrement (euphémisme) des comics DC. C'est avec "L'Armée des Morts" qu'il se fait les dents sur le long-métrage. Et c'est plutôt réussi ; assez pour qu'Hollywood lui ouvre grand ses portes. Sans trop se fouler, il fait du neuf avec du vieux, en reprenant "Le Crépuscule des Morts-vivants" de Romero pour en faire une nouvelle version sous EPO, avec des zombies désormais plus alertes pour donner plus de rythme au genre (Danny Boyle a définitivement marqué les esprits). Ce que n'a pas apprécié G.A. Romero
   Moins cérébral que l'original, Snyder privilégie l'action, en ponctuant son film de quelques scènes chocs sans pour autant s'éterniser dessus. Évitant par là même de tomber dans le pur film gore noyé sous les hectolitres d'hémoglobine. Toutefois, la solidité de l'interprétation n'est pas écartée avec des acteurs sérieux glissés dans la peau de leur personnage.
Une apparition remarquée de deux anciens de l'oeuvre originale : Tom Savini (ami de Romero), l'acteur spécialisé dans les films de série B, déjà présent dans l'original, mais aussi maquilleur et créateur d'effets spéciaux (son expérience en tant que photographe de guerre aurait nourri sa macabre imagination) ; et Ken Foree en télé-évangéliste dans un discours qui a dû séduire les pentecôtistes américains.
 Coïncidence ou pur hasard : l'épilogue nous renvoie à l'"Enfer des Zombies", à l'inverse.



DERNIER TRAIN POUR BUSAN (2016)

     Si le terme "zombie" viendrait du vaudou où l'on droguerait des personnes détestées pour les faire passer dans un état proche de la mort, et ensuite en faire des esclaves dépourvus de volonté propre, aujourd'hui il a pénétré l'imaginaire, et surtout les cauchemars, de tous les peuples. Ainsi, c'est avec une certaine surprise, et même une certaine condescendance, que l'Occident a accueilli ce film Sud-coréen. Surprise qui se mue en succès se propageant comme une traînée de poudre.
   L'essentiel de l'action se déroule dans un train de grande ligne traversant le pays (Séoul - Busan), où les passagers essayent de survivre à l'épidémie qui progresse doucement mais inexorablement, wagon par wagon. Les gares successives étant déjà contaminées, ils sont à la fois à l'abri d'une situation extérieure proche de l'enfer et condamnés à une mort inéluctable et atroce en restant confinés. Seul espoir, parvenir jusqu'à Busan où l'armée aurait réussi à endiguer l'épidémie.
   Mais au-delà du film, et au travers de quelques personnages stéréotypés, se tisse la toile de la critique d'une société désaxée et nécrophage, favorisant dans sa hiérarchie les esprits égoïstes, insensibles, retors et pervers au détriment des bienveillants, des rêveurs, des altruistes, de ceux qui essayent de garder une certaine humanité.
L'épidémie elle-même n'est autre que le fruit pourri d'une immonde industrie tentaculaire et anarchique, sacrifiant la planète - tant la vie organique qu'animale - au nom d'un profit vorace et aveugle. Reflet d'un ultra-libéralisme, d'un capitalisme sauvage Sud-coréen.

   ☢  Les Blockbusters  ☢   



RESIDENT EVIL (2002)

     Que l'on apprécie peu ou prou, ou que l'on déteste carrément, on ne peut passer à côté de "Resident Evil" qui, à sa manière, a également contribué à renouveler le genre.
   Inspiré des jeux vidéo du même nom (le premier date de 1996), devenus rapidement cultes et incontournables (au point d'avoir eu au moins une version pour chaque plate-forme), lui-même inspiré de "Sweet Home", jeu japonais de 1989, "Resident Evil" fait fureur grâce à la réussite des effets spéciaux, l'intensité du film qui laisse peu de place aux temps morts, et la jolie Milla Jovovich (ici plus forte que Rambo et Conan réunis); un film qui n'a nul autre prétention d'envoyer du flingue, des résidus de laboratoires et des monstres baveux, pustuleux et agressifs. Ici, le zombie est le fruit d'expérience de laboratoire cherchant à créer des super-soldats. Rien de nouveau à l'horizon, la recette a été usé jusqu'à la corde (des expériences nazies ... aux américaines - Captain America à Robocop -). Plus précisément, la faute incombe à un vilain virus qui s'est échappé ... et se propage. Le laboratoire, Umbrella Corporation (dont l'emblème ressemble plus à la croix de Malte qu'à un parapluie), est une multinationale pharmaceutique qui déborde sur l'armement, armes biologiques comprises, l'informatique et sur d'occultes expériences organiques (animaux et humains). Sa face médiatisée laisse entrevoir une entreprise au service de l'humanité, alors que celle cachée, bien plus imposante, cherche à avoir la main mise sur le monde. Les adeptes du complot en ont pour leur argent.
   Le succès des trois premiers films, soutenu par celui des jeux vidéos, permet d'étirer cette patente à six volets. Sans surprise, l'intérêt décroît au fur et à mesure pour finir sur un "Chapitre Final" bâclé, du niveau d'un honnête téléfilm.



WORLD WAR Z (2013)

     Que l'on peut aussi nommer le film de zombies d'Hollywood (bientôt aux Oscars, ou à Cannes ...), tant les recettes éculées propres à l'industrie californienne y sont servies sans restriction. Jusqu'à l'acteur bancable qui va attirer les foules sous son seul nom. Ici, Brad Pitt, pas moins. 
Désormais, c'est plié : les zombies sont alertes comme des sportifs affûtés. Et là, tant qu'à faire, ils mutent en deux / trois minutes ! D'accord, le sang met une minute à faire le tour du corps ... mais vivant.
On retrouve dans ce long métrage tous les ingrédients chers à Hollywood, en particulier les valeurs américaines. Dont les liens qui unissent une famille,  et l'infaillible organisation des tenants de l'ordre du pays. Et donc la grande force de l'armée des USA sans qui le monde serait, une fois encore, en proie à la destruction totale (impressionnant le nombre de fois où les USA sauvent le monde). "C'est nous qui sommes les plus forts et qui avons les gros et puissants jouets". C'est pas faux, d'autant que c'est le gros budget mondial (plus du double de toute l'Europe et plus d'un tiers de la planète entière).
Et comme bien souvent chez l'industrie cinématographique californienne, on se moquent bien des incohérences. Au point où on se demande si elle ne considère pas le public comme une espèce décérébrée.
Mais bon, les effets spéciaux sans failles et Brad Pitt parviennent à nous accrocher à cette histoire de contamination subite, où, parfois, semble tout de même sourdre quelques timides piques aux imposantes et lourdes administrations.
La chronique : "World War Z"


Bon Appétit


George Andrew Romero, né le 4 février 1940, à New-York
décédé à Toronto, le 16 juillet 2017, à 77 ans.


4 commentaires:

  1. Sacré menu, bravo, de quoi s'en mettre sous la dent... Il m'en reste quelques uns à voir !

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    1. Merci (je te conseille "Zombieland" :-) )

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  2. Top ! Je crois les avoirs tous vus ! "Dawn of the dead" qui aussi avait le titre de "Zombie" et l'affiche (Que j'avais) représentait la photo que as mise du zombie avec la machette dans le crâne (Machette tenue par Tom Savini acteur et maquilleur du film). Romero qui en 86 fera un bon "Le jour des morts vivants". J'ai la bible sur G.Romero de Julien Sévéon chez PopCorn édition, 630 pages de cervelles dévorées à pleine dents ! Pour finir, un film du même genre qui j'aime beaucoup, "Le retour des morts vivants" de Dan O'Bannon en 1985.

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    1. Pour ne l'avoir qu'en "V2000", je croyais que cette photo était une récupération pour la présentation exclusive de la version K7 (qui ont souvent la fâcheuse habitude de ne pas reprendre celle du cinéma).

      Oh, mais je l'avais oublié celui-là. Ce n'est qu'après avoir vu le trailer que je m'en suis souvenu.
      C'est qu'à cette époque, j'avais 2-3 copains qui ne juraient (pratiquement) que par ce genre de cinéma et qui donc, ne rapportaient quasiment que ça du vidéo club. (non, ils n'ont pas fini "serial killer" ...)
      De mémoire, quelques scènes bien glauques sur la fin.

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