P’tits
cons !
Y’a pas d’autres mots… Quand les frangins Brian (l’ainé) et Michael
d’Addario natifs de Long Island (NY) sortent leur premier album DO HOLLYWOOD, dont on admirera la photo de pochette, ils ont respectivement 18 et
16 ans… Enfin, leur premier enregistrement est en réalité WHAT WE KNOW, 6
titres sur une cassette distribuée à 100 exemplaires ! Les gamins ont
biberonné à la bonne source, grâce aux disques de leur père, un fana de rock
anglais, entre autres. Faut les voir dans leurs premières vidéos postées sur le
Tube, ils ont quoi… 7 ou 8 ans, l’un aux claviers, l’autre à la batterie,
reprendre The Who ou les Beach Boys. Le papa est hors champ, à la basse et aux chœurs.
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Sur
le livret du disque, les frères sont crédités tous les deux au chant, à la
guitare, aux claviers, à la batterie, à la basse, et pour Brian on rajoutera la
trompette, le violoncelle… et les arrangements orchestraux. Mieux que Rémi Bricka, l'homme orchestre ! Un disque pochette-surprise, où s’entassent pèle mêle Beatles, Wings,
Kinks, Beach Boys, Zombies, une certaine emphase glam tendance Bowie, Bolan, Mott
the Hoople, des chansons vraiment ultra référencées, qui chialent de tics
propres à la pop psychédélique. Sur le titre d’ouverture, très Wings, « I
wanna prove to you » à la mélodie directement accrocheuse, dès le second
vers ça vire de bord, de tonalité, doit y'avoir 18 accords différents pour un
seul mot chanté ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Excès de zèle, diraient les détracteurs (Massey Ferguson).
Et puis la prise de son est bien roots, la frappe de la batterie (très présente, et vas-y que je caracole sur les toms et que je martyrise mes cymbales) est sourde, brumeuse, comme si y’avait un torchon tendu sur la caisse claire. « Those days is comin’ soon » convoque le Sergent Poivre et plus spécialement « Being for the Benefit of Mr. Kite » de Lennon, par son ambiance de fête foraine, gros bordel de fanfare à la fin.
Et puis la prise de son est bien roots, la frappe de la batterie (très présente, et vas-y que je caracole sur les toms et que je martyrise mes cymbales) est sourde, brumeuse, comme si y’avait un torchon tendu sur la caisse claire. « Those days is comin’ soon » convoque le Sergent Poivre et plus spécialement « Being for the Benefit of Mr. Kite » de Lennon, par son ambiance de fête foraine, gros bordel de fanfare à la fin.
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à La Cigale, 4 mars 2019 |
En
tout cas, j'ai rarement écouté un album de parfaits inconnus, et au bout de deux écoutes avoir déjà en tête des mélodies et autres gimmicks, cet art de composer des refrains fédérateurs, comme Status Quo pouvait mélanger boogie fiévreux les pieds dans la bouse, et mélodies pop. En août 2018 ils sortent leur deuxième disque GO TO SCHOOL qui donne carrément
dans l’opéra-rock en faisant renaitre les joies du concept-album, autour de l’histoire
d’un singe qui va à l’école, même veine, chansons gigognes, à tiroirs, et dérapages plus
ou moins contrôlés.
Et
il se trouve, mes p’tits veinards, que THE LEMON TWIGS (les brindilles de
citron, et si vous voyiez leur look de jeunes travelos anorexiques, vous ne
laisseriez pas vos filles sortir avec ces types-là) sont passés par Paris, à La
Cigale, et que j’y étais. Et qu'à la recherche de quoi becter avant, je croise Brian d'Addario errant sur le boulevard Rochechouard, avant de le recroiser plus tard dans la salle qui cherchait les gogues !
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Michael est à la Télécaster, Brian à la
Strat, et d’entrée de jeu se lancent dans un duel de chorus à rallonge, comme
il y en aura pas mal au cours du concert, parfois tout de même un peu
démonstratifs. Sur « Fire » on pense à Wishbone Ash. Trois musiciens
les accompagnent, un batteur fou et gaucher qui joue à droite, un bassiste
serré dans un petit top en lycra du meilleur effet, et un clavier (un peu trop
discret à mon goût).
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Une
ambiance pas trop festive au sens où c'est très pro sur scène. Ils sont jeunes (20 ans à peine et déjà 15 ans de métier !), essaient de faire bien, et avec des titres aux constructions si alambiquées comme les leurs, ils doivent
rester sacrément concentrés sur le job, sans omettre fraicheur de l’interprétation live. La salle de la
Cigale à Paris (500 places) est très agréable (y’a un bar !) bien agencée,
on y circule bien, sur plusieurs niveaux, sauf pour ceux comme moi ce soir-là,
coincé du dos et dopé à l’Advil 400, contraint de rester assis au balcon comme
un vieux con… Mais bonne nouvelle : on peut encore mélanger des 15 - 60 ans pour écouter ensemble de la bonne musique qui roll...
Les frangins d’Addario nous ont mis une belle claque, quitte à en faire un peu trop parfois, et pourtant, qu’est-ce qu’on aurait donné pour en prendre une heure de plus. J'aurais apprécié quelques reprises, mais pas ce soir-là. C’était bouclé en 1h30, un dernier « If you give enough » à deux guitares pour conclure et se barrer sans saluer. Ils sont en tournée en Europe, ont fait plusieurs dates en France, si vous les voyez passer près de chez vous, à 30 balles la place, ne vous en privez-pas. Ces mecs sont assez bluffant, reste à savoir comment ça va tourner à l’avenir. Pour l’instant ils enregistrent à la maison, enfin celle de leurs parents (pour la loi américaine, ils sont mineurs !) les labels n’ont pas encore mis leurs sales mains sur eux. J'ai vu le futur du rock'n'roll, ils s'appellent...
Bon,
on s’écoute quoi du coup… "These words" issu de l'album (très Wings et ce pont boogie...) , en live/studio (Michael à la batterie), puis deux titres du concert de la Cigale "The fire" (dont on soulèvera les modulations de tempo) et "As long as we are together". Qualité de son moins bonne, of course, et faudra dire à la demoiselle qui tient la caméra, que la mise point - le focus - ça existe...
Dans le clip, le batteur a adopté la gestuelle de Keith Moon.
RépondreSupprimerExact, le poignet tendu...
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