mardi 5 février 2019

TRUST - "REPRESSION" (1980) - par Pat Slade




Je vais être honnête, les groupes français des années 80 m’ont toujours profondément gonflé, hormis Ange, Little Bob Story, Stock, Elmer Food Beat, Les Bidochons, Malicorne, Pigalle, Warning, Ganafoul, Gwendal et tout les groupes de prog Français et toute la musique Celtique bien sûr ! Alors les Téléphone, les Bijou, les Taxi Girl, les Indochine, les Noir Désir et même les Bérurier Noir (Que je vénère maintenant grâce à Loran et les Ramoneurs de Menhirs) indisposaient mes délicates oreilles.





Trust Misanthropique ? 





Trust faisait, et fait encore partie de ces groupes qui n’ont jamais répondu à mes critères musicaux. Mais il ne faut pas faire la sourde oreille et être ouvert à tout. Quand je dis que je n’aime pas, c’est que j’ai écouté leurs albums et... ben quand ça ne passe pas, ça ne passe pas ! Et ce ne sont pas les seuls, idem pour U2, des que j’entends la voix de Bono, j’ai une éruption cutanée (Des boutons quoi !).

Pourtant Trust est toujours considéré comme le groupe number one du hard rock en France, et tout ça parce qu’ils ont eu un titre qui a, et qui a encore, du succès. Pourtant il y a d’autres groupes qui font un hard beaucoup plus couillu et qui eux aussi ont du succès, ou ont eu du succès, en salle. Des groupes comme Shakin’ Street ou Warning étaient très bons mais par contre n'ont jamais eu de succès médiatique, idem pour mes préférés : Vulcain.

Après un enregistrement d’un quarante cinq tours «Prends pas ton flingue/Paris By Night» une adaptation française de «Love at First Feel» d’AC/DC qui sortira chez EMI, c’est dans le studio d’enregistrement qu’ils feront la connaissance de Bon Scott, le beuglant du groupe australien, et avec Bernie son homologue français une amitié se liera. Mais EMI ayant aussi dans son catalogue le groupe Téléphone, ces derniers feront passer en priorité le groupe de Jean-Louis Aubert et ne feront aucune promotion pour le disque de Trust. AC/DC va les inviter à faire leur première partie devant des salles bien remplies et leur donnera l’opportunité de rompre leur contrat pour signer chez CBS. En mai 1979 sort leur premier trente, «Trust» (Appelé aussi «L’élite»), leur musique énergique et leurs paroles engagées feront que certains de leurs titres seront censurés en radio et dans certaines villes de France. Des titres vont quand même marquer les esprits comme «Police-Milice» (Un titre d’actualité depuis quelques mois !), «Bosser huit heures», «L’élite» et une reprise de «Ride on» d’AC/DC (La version originale se trouve sur l’album «Dirty Deeds Done Dirt Cheap" Et à la grande surprise du label il se vendra à plus d’un million d’exemplaires la première année. Les ventes seront boostées grâce à leurs performances sur scène. Plusieurs dates seront sold-out, ils iront jusqu’à donner un concert dans la prison de Fleury Mérogis. Leur succès va dépasser les frontières et s’étendre à toute l’Europe, le titre «L’élite» sort en 1980 en Angleterre sur la compilation «Killer Watts», il atteindra la première place des classements rock anglais.

Avec Bon Scott
«Répression» sera enregistré au même endroit que le précédent, au Scorpio Sound Studio à Londres. Au mois de février 1980, ils sont en studio avec pratiquement le même combo, Bernie au chant, Norbert Krief alias Nono qui se plait à raconter que sa principale inspiration était Jimmy Page de Led Zeppelin d’où sa coupe de cheveux, Jean-Emile Hanela alias Jeannot à la batterie mais le bassiste a changé et ce ne sera pas Raymond Manna qui prendra la casquette de manager, mais Yves Brusco alias Vivi. Bon Scott est présent dans le studio, il est chargé de l’adaptation en anglais des paroles de Bernie, mais le 19 février l’emblématique chanteur d’AC/DC décède suite à un coma éthylique dans une Renault 5 (D’après Ozzy Osbourne, il serait mort  d’hypothermie).

Le poster de l'album vinyle
Les 10 titres qui composent l’album sont pour certains très controversés comme «Le Mitard» dont les paroles sont tirées du livre de l’ennemi n°1 Jacques Mesrine «L’instinct de mort». Il sera reproché à Trust de faire une ode sur un bandit comme si c’était un nouveau Robin des Bois, alors que ce n’était qu’un vulgaire bandit doublé d’un assassin avec une idéologie. «Instinct de mort» le morceau qui reprend le titre du livre de Mesrine est un matraquage sur les conditions dans lesquelles Mesrine a été abattu par la police en 1979. Que ce soit «Fatalité», «Au nom de la race», «Passe» ou «Sort tes griffes», Trust crache son venin sur une société bancale avec des pamphlets très violents. «Les Sectes» comme son titre l’indique en prennent plein les dents mais aussi la religion en général. Avec «Saumur» ce sera l’armée et la bourgeoisie qui morflera, mais il y aura un clin d’œil à Bon Scott : «Je parle au nom de l'ami, celui qui m'a souri dans la vieille ville de Londres, sincère et sans une ombre.». «Antisocial» le hit et porte drapeau du groupe qui ce vendra à 250.000 exemplaires. 

Pour l’anecdote, alors qu’ils allaient enregistrer le chœur final, il était 21h00 et il n’y avait plus un seul employé. Les seules personnes présentes étaient les directeurs de chez Sony qui acceptèrent d’être mis à contribution pour gueuler le titre à tue-tête. Je n’ai parlé que des paroles, mais musicalement c’est un hard rock qui tient bien la route et Nono n’est pas un manchot.

Résultat des courses : plus de 800.000 exemplaires vendus ; il sera certifié disque d’or l’année de sa sortie et l’année suivante, il sera disque de platine. Il sera dédié à Bon Scott.

Pour ceux qui ont acheté l’album vinyle l’année de sa sortie, avez-vous encore le poster qui accompagnait le disque et qui était inséré dans la pochette ? Moi je l’ai toujours et comme il n’a jamais été punaisé sur un mur, il est comme neuf !). Sinon, d’avoir écrit cette chronique ne m’a pas réellement réconcilié avec ce que fait le groupe.        




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