jeudi 22 février 2018

P.J. LE MOAL "Reste"..

Nouvel album pour le songwriter et guitariste toulousain P.J. Le Moal, j'aime bien ce terme anglais de songwriter dont je ne trouve pas l'équivalent en français,  terme qui à lui seul évoque les grands espaces, l'américana, le folk, la country, le blues  et aussi une certaine qualité (on ne qualifie jamais de songwriters Pascal Obispo ou Justin Bieber par exemple, pour ne citer que 2 gros faiseurs de daubes..). Ce doit être son septième album (dont 2 sous le nom du groupe Alias et les infidèles) , nouveau mais à moitié seulement puisqu’il s'agit de titres écrits et enregistrés entre 2001 et 2009 et on va le voir il aurait été dommage qu'ils continuent à dormir dans une cave, ou plutôt sur un disque dur, modernité oblige...Un gars qui cite comme influences Dylan, Mississippi John Hurt, Bashung et ..Céline et qui a croisé Benoit Blue Boy, Alan Jack ou Cabrel ne peut être foncièrement mauvais...
Quant à cette banane sur la pochette (signée Samuel Roux) elle ne peut que faire penser à celle mythique d'Andy Warhol  pour le Velvet Underground de Lou Reed et Nico (1967)...

Les 6 premiers titres proviennent d'une session de 2001, où PJ est accompagné de Nicolas Saulnier (batterie), Arnaud Bottin (basse), Loul Pardo (claviers) , et 3 guitaristes ( Tony Guesdon, Eric Guesdon, Bruno Wirtz) .  Une petite ballade folky pour commencer  "Sous les satellites" où l'on remarque un belle voix et  une jolie plume; même constat pour "Waterloonesque" , ballade un rien désabusé sur les vacances ("l'été/ au bout de la jetée/ tous ces bikinis monotones/ on sent qu'on a déjà un pied en automne") . L'automne justement nous y voici avec "Novembre", jolie célébration de ce mois  pas vraiment folichon, entre Toussaint, souvenir d'une sale guerre le 11 Novembre et frimas , avec  P.J. qui sort pour l'occasion un coup d' harmonica  bien bluesy. Autre belle ballade empreinte de poésie "Ton chien qui tousse"  sur "le hic des amours platoniques" alors que "Froid" nous expédie au cercle polaire, excellent morceau avec encore l'harmonica, des chœurs  savoureux et de belles images. Fin de cette première partie avec "Last Butte", hommage à la Butte Montmartre, quartier de l'enfance de l'auteur, avec l'apport d'un accordéon (Jean Fabry).
avec Chino Sanchez (à gauche)
Les 3 morceaux suivants datent de 2006 avec le musicien argentin "Chino Sanchez"  ( guitare électrique, claviers, coproduction) et à la rythmique Jacob Blanc (drums) et Edouard Delafon (basse) :  un blues rock énergique , "C'est l'Amérique", qui met à mal le rêve américain, avec Sanchez qui balance la sauce à la gratte ;  et 2 ballade poétiques et nostalgiques  ( "Les nuits de porcelaine","Malgré les dimanches").
Dernier set, de 2009 avec encore Chino Sanchez à la guitare, Blaise Mangier (batterie) et Alex Garrouste (basse) et 3 morceaux : la belle "Marie" dont "la chevelure éclipse les Vénus en fourrure", "Raide in France" long morceau de 10 minutes inspirée par Maître Bob (Dylan of course), sans conteste LE  titre marquant , ballade hallucinée où la folie guette ("est ce une prison est ce un asile?") et pour finir "Vieux fumeurs" plutôt original ("j'aime les vieux fumeurs/l'automne dans les rues leur toux claironne"..)

Pas de doute cet artiste a su se créer un univers dont aux références précitées j'ajouterai en vrac des touches de Bill Deraime, Hubert Félix Thiefaine, Charlelie Couture, Alain Souchon, Michel Jonasz ou François Béranger, et 2  noms que j'ai souvent évoqué dans ces colonnes: Eric Frasiak et  Jérémie Bossone;  le tout aux confins du blues, du folk et de la bonne chanson française. Voix , textes, belles guitares  acoustiques ou électriques , tous les ingrédients sont là ; un belle découverte pour moi.

ROCKIN-JL

pour écouter, commander, un tour sur son site : pjlemoal.jimdo.com

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