mercredi 1 novembre 2017

Rick PARFITT, Larry COREYLL, et autres Hommages aux disparus de l'année ...


     Fête de la Toussaint, commémoration de tous les Saints ? Ou fête des morts, commémoration des défunts ? Ou encore Samhain, fête païenne remontant aux temps immémoriaux ? Et All Hallows-Even qui deviendra Halloween. Suivants les religions, ou les pays, ont rend hommage aux défunts, ou bien lors de cette une période, ce sont les défunts qui ont la possibilité de venir nous rendre visite. Pendant un temps limité, il n'y a plus de réelle frontière entre les deux mondes.
      Qu'importe les convictions ou les religions, ce nouveau 1er novembre sera l'occasion de rendre un hommage à quelques célébrités du monde de la Musique qui nous ont quitté ce monde cette année. (Avec une petite entorse, un repêchage pour un qui nous a quitté le 24 décembre 2016 et qui l'on avait injustement omis).




Chester Charles BENNINGTON 
(20.07.1976 - 18.05.2017)

     Grosse et macabre surprise. Qui aurait pensé que ce chanteur, père de six jeunes enfants, membre d'un groupe connu et apprécié internationalement (Linkin Park),vendeur de millions de disques, à la carrière pérenne, se serait donné la mort, ce 20 juillet à l'âge de 41 ans. Geste prémédité puisqu'il avait pris soin d'effectuer au préalable un testament au profit de ses enfants et de sa dernière épouse.
     Selon son entourage, il avait été profondément choqué et meurtri par le suicide de son ami Chris Cornell (lien) le 18 mai dernier. La date de son suicide, qui correspond au jour de l'anniversaire de Cornell, pourrait donc ne pas être une simple coïncidence.
     Son âme était meurtrie depuis son enfance, car il fut abusé sexuellement à 7 ans par un ami (?) de la famille. Le divorce de ses parents (il a alors 11 ans) est une nouvelle et profonde blessure. Très tôt, il tombe dans la drogue, puis l'alcoolisme. Même lorsque le succès arrive, le mettant financièrement à l'abri pour longtemps, il garde une fragilité émotionnelle en raison de traumatismes profondément ancrés. Et probablement exacerbés par ses addictions...

Geoff NICHOLLS
(28.02.1948 - 28.01.2017)

     Il sera toujours resté dans l'ombre de l'un des plus importants groupes de Heavy-Metal des années 70 et 80. Alors que sa carrière de musicien s’annonce difficile, avec un seul disque réalisé en 1977 avec le méconnu Quartz (produit par Tony Iommi), il saisit sa chance lorsque l'un des plus gros groupes de sa ville de naissance, Birmingham, le recrute. C'était en 1979, année du renouveau pour Black Sabbath ,qui venait de se séparer (pour un long moment) d'Ozzy Osbourne pour le remplacer par Ronnie James Dio, et qui souhaitait incorporer un claviériste à plein temps. Pas une réelle surprise puisque Nicholls connaissait déjà les moines noirs du Sabb'. Et Quartz, qui ouvrait ponctuellement pour eux, orientait parfois son Heavy-Metal dans le même sens qu'eux.
     Si à partir de "Heaven & Hell", Nicholls fit partie intégrante du groupe de Tony Iommi, il était rarement mis en avant par les médias, ou même par le groupe (et le management), qui s'affichait toujours en quatuor. Nicholls étant parfois crédité modestement en guest sur les albums. Il fallut attendre  "Seventh Star", en 1986, pour qu'il soit enfin reconnu comme membre à part entière. Si dorénavant, Nicholls était connu des fans de Heavy-Metal du monde entier, rares étaient ceux qui savaient qu'il était aussi guitariste.
     Après avoir quitté Black Sabbath en 2004, après 25 ans de loyaux services, ou plutôt lorsqu'il fut remplacé par un nouvel homme de main d'Ozzy (Adam Wakeman), il rejoignit un ancien partenaire, Tony Martin, autre ex-chanteur de Black Sabbath, pour l'accompagner sur scène au sein du groupe Headless Cross. Par la suite, il reforma Quartz, mais après quelques années, la maladie l'obligea à quitter définitivement la scène.

Larry CORYELL
(2.04.1943 - 19.02.2017)

     Il était un grand et un incontournable guitariste du Jazz fusion dont il fut l'un des pionniers. Sa carrière débute en 1965, à New-York, en intégrant le quintet de Chico Hamilton. Très vite, il ressent le besoin de plus de liberté pour laisser libre cours à ses nouvelles impulsions musicales. Sa musique se nourrit de plus en plus des influences extérieures qui vont du Rock au Blues en passant par la musique asiatique. Il se retrouve au sein de The Free Spirits, une formation considérée comme la première jouant du Jazz-rock. Dès 68, il enregistre un 1er jet sous son nom, où il chante et d'où ressort déjà ce besoin d'innover, de repousser les frontières en mariant les genres. L'essai suivant n'a aucun scrupule à mélanger du Jazz latino à un rock psychédélique, à du Blues sous amphés ou encore à du Funk, et comprend même quelques élans Pop. Il refuse à deux reprises l'invitation de Jimi Hendrix ; la première fois pour participer à des séances studio ; précisément celles qui allaient constituer le fameux "Electric Ladyland". La suivante pour monter sur scène avec le Band of Gypsys.  Deux rendez-vous manqués autant en raison d'un manque de confiance, que d'un état trop stone pour pouvoir se présenter face à celui qui est devenu une influence.
En 1970, il amorce une parenthèse plus calme, plus spatiale. Autour d'une collaboration avec John McLaughin, Chick Corea et Billy Cobham, il réalise "Spaces", souvent considéré comme le 1er disque de fusion Jazz-rock. L'année suivante, il revient à des choses plus électriques et organiques avec le successful "Barefoot Boy" qui ne contient que ... trois morceaux, dont un de 20 mn. squattant la face B. La même année voit le fameux "Larry Coryell at the Village Gate", avec son épouse qui l'accompagne au micro. Un témoignage live d'un déchaînement électrique où Hendrix côtoie Cream et John McLaughin. (il fait d'ailleurs une série de concerts à Nice en 1971, où il joue en compagnie de Mitch Mitchell et de Jack Bruce).
     En 1973, il fonde The Eleventh House,  un groupe de fusion avant-gardiste. Après un intermède acoustique, il participe en 1979 à un trio avec McLaughin et Paco De Lucia. (Al Di Meola prendra  plus tard sa place). Sa carrière est chargée mais il doit se battre contre ses addictions qui risquent de l'envoyer au fond du trou. Grâce à ses amis Wayne Shooter et  Herbie Hancock, il découvre le Bouddhisme dont la pratique lui permet de s'en sortir. Lui permettant de continuer sereinement une carrière déjà riche. Cependant, il aura toujours des regrets sur ces années gâchées. "J'ai eu des opportunités, ma carrière a grandi, mais je n'ai pas arrêté de la démolir".

Butch TRUCKS
(11.05.1947 - 24.01.2017)

     Triste et incompréhensible fin pour l'un des membres fondateurs du Allman Brothers Band. Butch Trucks, le seul avec Gregg (tous deux amis depuis leur adolescence) à avoir été de tous les instants du mythique groupe de Macon.
     Il s'est donné la mort d'une balle dans la tête, dans la journée du 24 janvier 2017. Incompréhension, car Butch devait partir en tournée en mars prochain avec The Freight Train Band ; le groupe - avec Berry Oakley Jr, Damon Fowler et la très jeune et déjà fort prometteuse Heather Gillis - qu'il avait monté pour l'accompagner sur la route, afin de reprendre et de maintenir vivant l'héritage de l'Allman Brothers Band, en incorporant quelques pièces de Grateful Dead et de Bob Dylan. Ne pouvant se résoudre à se priver de la scène pour jouir d'une retraite tranquille, il avait déjà monté précédemment un autre groupe, Les Bres, avec Oteil Burbridge, son ancien binôme Jaimoe et Jack Pearson (2 ans de stage chez l'ABB).
Amateur de littérature et de philosophie, il n'en était pas moins intéressé par les nouvelles technologies. Il créa même une plateforme sur le net pour retransmettre en direct des concerts. Il entretenait aussi un blog pour partager son amour de la musique qui jamais ne faiblit, tout en essayant de transmettre des idées et des valeurs rescapées de l'époque où l'on espérait que la fraternité entre les hommes parviendrait à avoir raison d'une société nécrophage et aliénante.
 Butch avait la réputation d'une personne avenante. Il était considéré comme l'un des meilleurs batteurs du Southern-rock (dans un genre où les batteurs font généralement preuve d'un très bon niveau)

Banner THOMAS
(6.09.1956 - 15.04.2017)

      Banner Thomas était un des membres de la formation originale fondée par Dave HlubekMolly Hatchet. Entré en 1974, en même temps que Steve Holland, avant que la formation de Rock Sudiste ne se soit stabilisée. Il est présent sur la période communément considéré comme la meilleure, celle que l'on reconnait par les œuvres d'art de Frank Frazetta qui ornent les pochettes de disques. Soit les trois premiers opus, qui délivrent un galopant Rock sudiste offensif, limite hargneux, ainsi que sur "Take no Prisoners" (parfois décrié à cause de son approche plus Hard-rock). Malgré un premier échec commercial, le groupe est une valeur sûre aux USA et les concerts affichent complets. Cependant, depuis quelques temps Dave Hlubek, qui patauge dans la cocaïne, fait des siennes. Après avoir été la cause du départ du chanteur Danny Joe Brown, c'est au tour de Thomas d'en faire les frais. Suite à une violente dispute, il quitte le groupe en pleine tournée.      Malheureusement pour lui, même s'il ne cessera jamais de jouir d'une certaine notoriété auprès des aficionados de Southern-rock, il ne retrouvera plus de formation assez robuste pour voyager hors des frontières de la Floride, jusqu'à Big Engine (un disque en 2007, "Rock'n'Roll Machine"). Il est parti le 15 avril 2017, à 63 ans.

Dave HLUBEK
(28.08.1951 - 2.09.2017)

     Le membre fondateur du même Molly Hatchet. Le seul dont l'ancienneté remonte à l'année 1971. Voilà déjà quelques années qu'il ne paraissait guère en bonne santé; ce que son air de chien battu et son surpoids n'arrangeaient pas. C'était un compositeur des plus prolifique, et il avait contribué à la majorité des classiques du groupe, dont le fameux "Fall of the Peacemakers" qu'il avait écrit seul. Par contre, il semblait s'être désintéressé du groupe à la fin des années 80, où d'autres membres, plus récents, avaient repris les rênes pour un net tournant vers des sonorités nettement commerciales ("The Deed is Done").
     De son propre aveu, à ses débuts, des membres de Lynyrd Skynyrd l'avaient aidé à maîtriser la composition. On sait d'ailleurs que Ronnie Van Zant, fan du groupe, souhaitait produire leur première galette. Hélas, un accident d'avion contraria ces projets. Dave Hlubek a longtemps pensé, peut-être par humilité, que Molly Hatchet avait profité involontairement de cette tragédie, comblant alors une demande du public. Voire même servant de palliatif, car pour lui, son groupe, au même tire que Blackfoot, était bien moins une pure formation de Southern-Rock qu'un groupe de Heavy-Metal du Sud. (sachant qu'à l'époque, aux USA, le terme Heavy-Metal était autant attribué à Black Sabbath qu'à Steppenwolf).
  Son addiction à la cocaïne eut raison de sa santé et en 1987, il fut obligé de quitter le groupe qu'il avait formé, et qu'il avait largement contribué à élever au rang d'incontournable du genre. Non content d'être devenu un junkie, il se retrouva au chômage. Ce fut grâce à son manager, également ami, qu'il put lentement remonter la pente. Il le fit déménager à Port St Louis pour l'avoir sous son aile. Il lui dégota des séances d'enregistrement, des concerts, et alla même jusqu'à monter des groupes pour qu'il retrouve goût à la scène, à la vie. La santé retrouvée, il rejoignit des anciens de Lynyrd Skynyrd et de Blackfoot (deux formations de Jacksonville, tout comme Molly Hatchet). Une union qui donna le bien nommé Dixie All Stars. Puis le Southern Rock Allstars. Des groupes de scène. Enfin, en 2005, il réintégra son groupe, Molly Hatchet.
Alors qu'il tournait encore avec le groupe, il décèdera le 2 septembre d'une crise cardiaque, à 66 ans.

Rudy ROTTA
(14.10.1950 - 3.07.2017)

     Peu connu à l'intérieur de nos frontières, c'était pourtant une figure du Blues en Italie, avec 12 albums à son actif. Dont le premier, un live, datant de 1988. Une fierté du pays. Après avoir gagné la reconnaissance de ses compatriotes, Rudy Rotta était parti à la conquête d'autres pays européens, dont le Royaume-Uni ; une contrée pas toujours tendre pour accueillir des artistes du continent. Il traversa même l'Atlantique. Il eut de belles récompenses comme l'invitation de John Mayall pour une poignée de concerts, celle de Brian Auger (et un disque live en commun), croisa le fer avec Luther Allison, Sue Foley et Larry Carlton, ou encore fut invité à participer au Kansas City Blues Festival, et vit ainsi son nom aux côtés de ceux de Taj Mahal, Al Green et Brian Setzer.
Plus tard, il put même s'offrir le luxe d'inviter J. Mayall, B. Auger, Robben Ford et Peter Green sur un de ses disques. L'Italien était parvenu à se faire un nom aux USA.
Malade, il est décédé le 3 juillet, à 66 ans.


Allan HOLDSWORTH
(6.08.1946 - 15.04.2017)

     Cet Anglais est souvent considéré comme le guitariste pour guitaristes en raison de la technicité et de la vélocité qu'il développait. Il fut d'ailleurs une des références de la grande majorité des shredders des années 80 et 90. Ainsi que des maîtres de la six-corde, tels que Steve Vai, Van Halen, Eric Johnson, Zappa, McLaughin.
Rien ne semblait impossible à ce musicien qui tâta de nombreux styles avant de s'épanouir dans le jazz fusion.
     Après l'épisode avec Nucleus en 1972, il se frotta même au Hard-rock - avec quelques penchants progressifs - avec Tempest (1er opus où il joue aussi du violon et participe aux chants) avant de rejoindre Soft Machine où il mit le feu à ce pionnier du Rock progressif jazzy. Par la suite, il entama une carrière solo tout en continuant parallèlement les multiples collaborations à court ou long terme. On le retrouve sur les disques de Frank Gambale, Gong, Jack Bruce, Jean-Luc Ponty, UK, Level 42, Bill Bruford, Stuart Hamm, Tony Williams, Stanley Clarke, et même chez les hard-rockers de Krokus, de Gorgy Park, et Jeff Watson.
Il fut un fer de lance de la SynthAxe (voir photo), un instrument difficile à maîtriser, qui allie la guitare à un synthé tronqué.
     Bizarrement, peut-être gêné par une notoriété certaine, confinant parfois à l'adulation, il confessa ne pas vraiment aimer la guitare, lui préférant le saxophone.
Il est décédé le 15 avril, en Californie.


Goldy McJOHN
(2.05.1945 - 1.08.2017)

     Goldy McJohn, un nom tombé dans l'oubli aujourd'hui. Pourtant, il fut le claviériste d'un des groupes les plus influents de la fin des années 60, Steppenwolf. D'origine Canadienne, il faisait partie de la mouture originale, à l'époque où elle se nommait The Sparrows. Mais auparavant, il jouait avec un autre groupe de Toronto, The Mynah Birds, dans lequel on retrouve Nick St. Nicholas, futur bassiste de Steppenwolf, mais aussi un certain Rick James, ainsi qu'un tout jeune Neil Young.
Étouffé par la forte personnalité de John Kay, McJohn ne parvint à participer au travail d'écriture qu'à partir de 1969, avec le mythique "Monster". Au début de l'année 1975, il se brouilla avec John Kay qui le mit à la porte ; échappant ainsi au déclin du groupe. Cependant, il participa à la reformation de la troupe en 1977. Plus tard, il s'associe à Steve Marriott pour quelques concerts sous l'appellation Humble Pie.
     Il finit par s'installer à Washington, pour vivre tranquillement avec son épouse, réalisant sporadiquement, en toute discrétion, un disque solo, qui jamais ne franchira l'Atlantique. Bien qu'il n'ait jamais totalement quitté la scène, sa longue fin de carrière resta dans l'ombre. En 2008, il avait monté un groupe, GM and Friendz.
McJohn est décédé d'une crise cardiaque.


Mike KELLIE
(24.03.1947 - 18.01.2017)

     Encore un qui a été oublié. Pourtant, il fut un temps où Mike Kellie était considéré comme un grand batteur. Pas vraiment du style nerveux et exubérant comme un Keith Moon ou Ginger Baker, mais plutôt dans la mouvance d'un Jerry Shirley ou d'un Bill Ward (tous deux natifs de Birmingham). Un batteur au rythme infaillible, à la frappe à la fois lourde et swingante. Il y avait quelque chose de nonchalant dans son jeu, comme dans son attitude (flegmatique comme Charlie Watts). Ce qui n'enlevait rien à sa richesse qui pouvait élever à elle seule un morceau, relativement banal, à un échelon supérieur.
     Sa carrière débuta dans les années 60, avec  The V.I.P.'s (ex- The Ramrods), auteur de quelques 45 tours, avant de changer à nouveau de nom pour Art, et réaliser enfin un disque. "Supernatural Fairy Tales", en 1967. L'année suivante, la formation devint Spooky Tooth. Un fleuron du Rock britannique qui brilla dans le Rock psychédélique, le proto-hard, le Rock progressif et le Hard-rock. En 1974, il joua pour Johnny Halliday.
     Et puis en 1976, il s'associa à une bande d'amateurs de Rock sec et nerveux, et de Pop musclée, parfois proche du Punk, The Only Ones. Un groupe qui demeure une référence pour les jeunes groupes de Punk-pop US des 90's. A la fin de cette aventure qui s'arrêta à l'aube des années 80, il se contenta de devenir un mercenaire de luxe, accompagnant au gré de la demande diverses célébrités (Jerry Lee Lewis, G. Harrison, J. Cocker, Frampton). Lassé, il se mit au vert pour se faire éleveur de moutons.
     En 1997, il fut rappelé par ses vieux compagnons pour remonter Spooky Tooth et enregistrer un nouveau disque, "Cross Purpose", après pratiquement 25 années de silence. Mais le groupe se mettra à nouveau en sommeil, ne reprenant que pour une tournée occasionnelle.
Il se battait depuis septembre 2016 contre une longue maladie.

Peter Overend WATTS
(13.05.1947 - 22.01.2017)

     Encore un natif de Birmingham. Peter Overend Watts avait débuté par la guitare, mais passa à la basse en tentant une carrière professionnelle lorsqu'il rejoignit Mick Ralphs, et partit écumer les clubs de l'Allemagne avec The Buddies. De retour en Angleterre, le groupe changea plusieurs fois de nom jusqu'au définitif Mott The Hoople. Peu après l'arrivée du frisé binoclard Ian Hunter. Watts fut le membre cumulant le plus d'ancienneté au sein de ce célèbre groupe de Glam-rock prolétaire. Toujours présent lorsque par faute du départ de Hunter, le groupe se mua en Mott, avant de carrément essayer de repartir à zéro en se rebaptisant British Lions.
     Bien que connu pour être indissociable des Gibson Thunderbird blanches, il doit être parmi les premiers à avoir utilisé pour la scène des basses de luthiers aux formes extravagantes.
     Pratiquement une année après la disparation de Dave Griffin (22.01.2016), le batteur de Mott The Hopple, il succombe à un cancer de la gorge le 22 janvier 2017.


Paul O'NEILL
(23.02.1956 - 5.04.2017)

     Personnalité du monde du Métal, l'homme était connu pour sa générosité. Fait que relatent tant les musiciens qu'il avait côtoyés que les journalistes (qui le disaient extrêmement disert, enthousiaste, jamais avare d'anecdotes). Il n'avait pas oublié ses années de disette, et pouvait donc se montrer généreux. D'après ses propres mots, "La richesse ne sert à rien si elle n'est pas partagée". En dépit du fait qu'il avait déjà produit Aerosmith (certes pour les deux critiquables "Classic Live"), et le 1er Badlands (avec Ray Gillen et Jack E Lee), Paul O'Neill se tailla une solide réputation dès le moment où il apporta son aide à Savatage. Notamment à partir de "Hall of the Mountain King", qu'il produit et sur lequel il participa à certains morceaux. Par la suite, tel un cinquième élément, pour tous les albums suivants, il officia en tant que producteur et compositeur principal avec Jon Oliva (chanteur de Savatage). "Streets : A Rock Opera", album concept de 1991, se base sur un livre d'O'Neill.
     En 1993, il créa le Trans-Siberian Orchestra avec Jon Oliva. Un orchestre protéiforme alliant une orchestration classique à une métallique pour un Heavy-Metal symphonique et commercial, privilégiant les chants de Noël ou affiliés (faisant parfois penser à Whitin Temptation meets Clayderman), avec de longs shows à l'américaine, très travaillés, chorégraphiés, et hauts en couleurs. Une forme d'opéra mi-Heavy-Metal, mi-Broadway, aux contours policés, érodés, pour ne pas heurter la sensibilité des jeunes élevés aux sons formatés des radios. En fait, plutôt une manière de démocratiser le genre et l'inviter dans des lieux qui lui étaient fermés.


David "Z" ZABLIDOWSKY
(1979 - 14.07.2017)

     Accident tragique ce 14 juillet 2017, où le véhicule de la tournée d'Adreline Mob a été pulvérisé par un poids-lourd (alors que le car était à l'arrêt à cause d'une crevaison) blessant neuf personnes, dont David Z, le bassiste du groupe, qui ne se remit pas de ses blessures. Il avait rejoint cette formation dans l'année ... Il n'avait que 37 ans.
     Diplômé en musique du collège de Brooklyn, il avait été recruté par le Trans-Siberian Orchestra de John O'Neill en 2000, où il y restera près de quatorze année(de 2000 à 2006, et de 2010 à 2016). Parallèlement, avec son frère, Paulie Z, il avait monté un power trio (quatuor) avec son frère, ZO2, pour jouer un Heavy-rock plus fun, plus roots, plus direct. Il était capable en concert de reprendre autant du Rush que du Johnny Winter. Vraisemblablement ce qu'il fit de mieux.
     A l'occasion musicien pour la télévision, de session ou encore mercenaire pour des tournées, il avait joué pour Joan Jett (la tournée de 2002), Jeff Scott Soto, Rubix Kube (un tribut band reprenant des tubes des années 80) et John Lee Turner.
     Même si le projet fraternel n'avait pas eu le succès escompté (en dépit d'avis favorables des critiques),  son avenir semblait être une autoroute sans encombre vers un certain confort, jusqu'à ce que le destin s’abatte sur lui.

Erik CARTWRIGHT
(10.07.1950 - 9.07.2017)

     A un jour près, Erik Cartwright serait décédé le jour de son soixante-septième anniversaire. Ce New-Yorkais restera essentiellement connu pour avoir remplacé Rod Price au sein de Foghat. Malheureusement, ce n'est pas la période de ce groupe qui restera dans les mémoires. Bien souvent même, elle est totalement rejetée par les amateurs du groupe, allant parfois la considérer comme une trahison à ce qui a fait sa réputation. A l'exception de "In the Mood for Something", qui est un sursaut mais qui n'est constitué que de reprises, les disques de cette période sont généralement dédaignés. Ils marquent d'ailleurs le déclin du groupe jusqu'à la rupture. L'entrée de Cartwright - ou l'absence de Price, c'est selon - a entraîné des changements relativement radicaux au Boogie-rock torride du quatuor, qui avait cru bien faire en essayant de suivre certaines nouvelles tendances. Avec notamment un son Fender que beaucoup jugèrent inapproprié. Lorsque Dave Peverett préfère arrêter les frais et dissoudre le groupe, Cartwright continue sur sa lancée avec la section rythmique de Foghat, Roger Earl et Graig McGregor, sous l'appellation "The Knee Tremblers". Jusqu'à ce que finalement, cette troupe ne reprenne à son compte le nom de Foghat pour des tournées plus lucratives. Quand la mouture originale renaît de ses cendres, devant naturellement céder une place qu'il n'avait fait qu’emprunter.  Après une bien courte collaboration avec Pat Travers, il retombe dans l'anonymat.
     Du feu des projecteurs, il doit se résoudre à passer derrière le rideau, en tant que technicien de guitare pour l'Allman Brothers Band. A quelques rares occasions, il rejoint le groupe sur scène pour quelques joutes de guitare. En 2006, le 7 juillet, il est invité par Foghat pour jouer sur le célèbre "Slow Ride".
     Avant l'aventure Foghat, on retrouve sa trace sur l'unique disque de Bux. Bien qu'apparaissant sur la pochette du disque, il n'y a pas participé. Il avait été recruté en remplacement de Punky Meadows parti former Angel.

Scott PUTESKY - Daisy BERKOWITZ
(28.04.1968 - 22.10.2017)

     Scott Mitchell Putesky, plus connu sous le pseudonyme Daisy Berkowitz, a été avec Brian Hugh Warner, le fondateur de Marilyn Manson & the Spooky Kids. Patronyme raccourci à Marilyn Manson dès le premier disque.  Bien qu'étant le principal compositeur de "Portrait of an American Family", disque qui remporte déjà un franc succès aux USA et au Royaume-Uni, Warner/Marilyn Manson et Twiggy Ramirez  rejettent son travail. Warner/Marilyn, probablement la tête gonflée par un ego surdimensionné poussé par un sadisme et un égoïsme digne d'un despote sans cœur, efface le fruit de son travail lorsqu'il ne le juge pas à son goût. Déçu, blessé, écœuré, il quitte le groupe dont il était pourtant l'un des fondateurs et auquel il contribua  à l'édification de son entité particulière.
Il monte rapidement un nouveau projet, Three Ton Gate, dans lequel il renoue avec l'âme des Spooky Kids, mais où il fait l'erreur de prendre le micro.
En septembre 2013, on lui diagnostique un cancer qui finit par l'emporter le 22 octobre 2017.

Robert DAHLQVIST 
(16.04.1976 - 1.02.2017)

     Un guitariste, totalement imprégné du Detroit Sound, celui du Rock bien trempé, que l'on joue dans l'urgence, avec une foi inébranlable, comme si cela devait être la dernière fois. Celui du Rock'n'Roll high-octane, celui du MC5 (surtout), des Stooges, des Amboy Dukes, du Nuge.
     Robert Dahlqvist avait été embauché par Nicke Andersson en 1999, pour rejoindre son groupe The Hellacopters. Initialement pour la tournée qui suivit la sortie de l'album "Grande Rock", il reste avec la bande jusqu'à sa dissolution en 2008, après un dernier opus, "Head Off", uniquement composé de reprises obscures (dont une des Bellrays).
Parallèlement, en 2004, il fonde Thunder Express pour jouer une musique toujours typée Garage US des 60's, en droite ligne du MC5, avec en sus des ingrédients issus des Faces et de Cheap Trick. Il en est également le leader et le chanteur. Les disques savoureux de ce groupe préfigurent Imperial State Electric ;  un des projets de Nicke Andersson.
     Pour ses 40 ans, en avril 2016, il réalise un premier disque solo, sorti sous le pseudonyme Strängen, où il chante en suédois.
Il s'est éteint le 1er février dernier, avant d'avoir pu atteindre ses 41 ans, des suites d'une crise d'epilepstie survenue alors qu'il prenait un bain.



Rick PARFITT
(12.10.1948 - 24.12.2016)


     Généralement, dans le vaste monde de la guitare, on célèbre les solistes. Rarement les rythmiciens, que l'on relègue trop souvent, et à tort, au rôle de simples besogneux. Pourtant, sans rythmique solide la musique populaire n'est rien ; le solo, lui, n'est finalement qu'accessoire. On ne danse pas sur un solo, notre corps ne s'emballe pas sur un solo (quoique..). Il y eut des débordements où la rythmique a été négligée, reléguée à un sobre décorum, souvent bancal, pour laisser briller le soliste et son ego surdimensionné. Une forme de décadence, reflet de l'individualisme forcené de notre société.
C'est aussi oublier que les grands solistes sont aussi de grands et indéfectibles rythmiciens.

     Rick Parfitfaisait partie de la caste des rythmiciens qui sont parvenus malgré tout à se faire un nom. Par son charisme naturel, mais surtout par la qualité de ses plans de guitare qui ont fait école. Sans oublier sa présence sur scène. Qu'aurait été Status Quo sans lui ?
S'il avait effectivement commencé à composer de plus en plus sporadiquement à partir des années 80 (désintéressement de la composition à partir de 1981 avec « Just Supposin' », avec seulement deux morceaux), on lui doit tout de même la plupart des titres de bravoure de la décennie précédente. Soit l'âge d'or du quatuor de boogie men le plus emblématique du Royaume-Uni. C'est avec « Piledriver », en 1972, qu'il se réveille, et se révèle. Ce n'est alors qu'un timide début, car le duo formé de Francis Rossi et de l'acolyte Robert Keith Young (également manager et harmoniciste) occupe encore la majorité de l'espace. Cependant, les compositions de Parfitt marquent déjà les esprits avec "O'Baby" et "Big Fat Mama", qui asseyent déjà un son plus lourd et un tempo plus nerveux du nouveau Quo. L'année suivant, avec « Hello ! », il prend son envol. C'est à croire que le blondinet du groupe ne compose (avec Rossi) que des classiques. C'est à se demander pourquoi ses capacités de compositeur n'ont pas été exploitées plus tôt. Apparemment, il aura fallu que le Quo embrasse totalement la quête du boogie ultime pour qu'il s'épanouisse. Pour que cela soit un déclic.
Avec "Quo", il semble prendre les rênes avec l'aide d'Alan Lancaster. C'est le disque où son empreinte est la plus marquée, et c'est aussi l'un des meilleurs disques - voire le meilleur - de la longue discographie du groupe. Le nouveau duo compose les titres les plus hard et les plus échevelés. A cette époque, avec Alan Lancaster, il était le versant le plus Hard du quatuor. A titre d'exemple, le diptyque incendiaire « Backwater / Just Take Me » est de leur plume. 
Le fameux double « Live ! » est d'ailleurs un témoin de la qualité de ses compositions qui s'y retrouvent majoritairement. 
Plus tard, à lui seul, grâce à son fabuleux « Whatever You Want », sur lequel toute une génération dansa, il avait redressé la situation du Quo. Ce titre jouait les satellites autour de la Terre, s’immisçant sur toutes les radios du monde (le titre passait même dans les boîtes de nuit).

     Francis Rossi dira même de lui qu'il était un guitariste paresseux mais réellement talentueux, mais malheureusement qu'il n'exploitait pas tout son potentiel. Pour preuve, d'après ses dires, il arrivait à son vieux compagnon de route de ne pas travailler sa six-cordes pendant des mois. Et puis, lorsqu'il fallait s'y remettre, même s'il lui fallait parfois quelque temps pour retrouver toutes ses capacités, ça sonnait. Mieux, lorsqu'il prenait la peine de faire l'effort de jouer quelque chose de nouveau, il ne lui fallait guère de temps pour sortir un riff qui avait de la classe. Alors que lui-même, pourtant leader et soliste du Quo depuis des lustres, devait être assidu pour maintenir son niveau. Parfitt avait ce toucher qui peut parfois manquer aux meilleurs des techniciens.

     L'éternel second guitariste de l’infatigable Status Quo s'en est allé. Rick Parfitt, ce blond au sympathique sourire et aux éternels jeans délavés, inébranlable rythmicien du plus vieux groupe de Heavy-Boogie-rock est parti sans pouvoir amener avec lui sa copieuse collection de Fender Telecaster.




Articles / défunts de l'année 2017, parus précédemment (liens) :
- Tom PETTY (20.10.1950 - 2.10.2017)   ;   - James COTTON (1935 - 2017)   ;   - Chuck BERRY (1926 - 2017)
- Lonnie BROOKS (1933 - 2017)   ;   - Gregg ALLMAN (1947 - 2017)   ;   - Chris CORNELL (20.07.1964 - 17.05.2017)
- John "Jay" GEILS (20.02.1946 - 11.04.2017)   ;   - John WETTON (12.06.1949 - 31.01.2017)



     Au milieu de ces musiciens, à qui l'on rend un juste hommage, il y a malheureusement des êtres chers qui vous quittent. En ce bas monde, on finit par croire que seules les mauvaises graines résistent au temps et aux maladies. Au fil du temps, on finit aussi par douter de la justice. Pourquoi est-ce -que des bonnes personnes souffrent ? Pourquoi est-ce -que des bonnes âmes partent si tôt ? Serait-ce une délivrance ?
Le souvenir de ton sourire, de ton incroyable et imperturbable bonne humeur, de ton intelligence raffinée - sans oublier ta gourmandise -  continueront à rayonner dans nos cœurs. Nous ne te remercierons jamais assez pour tout ce que tu nous a apporté. Il y a tant de gens qui ne cessent de chercher, à droite et à gauche, au petit bonheur la chance, à développer leur spiritualité, et qui n'atteindront pourtant jamais ce que tu as toujours eu en toi et que tu savais donner aux autres sans compter.
En ton hommage, même si aujourd'hui son écoute nous serre le cœur, une de tes chansons préférées, que tu aimais tant au point de l'écouter en boucle sans jamais t'en lasser, "Rainy Night in Georgia".


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