Déjà 9 ans que le génial guitariste canadien nous a quitté, laissant un grand vide dans le cœur de ses admirateurs. En plus de sa musique il faut avoir vu, sur scène ou sur vidéos, comment il vivait intensément sa musique, la guitare posée sur ses genoux et l'air habité voire possédé, encore un qui a dû rencontrer le diable au hasard d'un Croassroads, hélas le "devil" est dur en affaires puisqu'il lui a pris la vie à seulement 42 ans…
Ce "Holding on" sort quelques mois après "Heal my soul", recueil de titres inédits et se compose de 5 autres inédits venants des mêmes sessions (1996-1998 avec ses fidèles Joe Rockman (basse), Tom Stephen (ou Dean Glover-drums) et Pat Rush, invité à la guitare, plus 10 titres enregistrés live à Oslo en 1999. Évidement on ne peut pas s’empêcher de penser qu'ils vont nous refaire le coup d'Hendrix: une poignée d'albums de son vivant et 3000 posthumes ensuite entre lives , inédits, Deluxe éditions, compilations etc, dur pour le porte feuille des fans, d'ailleurs on nous annonce la parution d'un nouveau live ce printemps… Mais bon, quand on aime on ne compte pas alors ne boudons pas notre plaisir.
Commençons
par les nouveautés et d'abord "Love takes time", blues
rock presque hard avec riffs plombés et solos incisifs, un grand
titre digne des meilleurs de Jeff, "Every other guy" est
moins marquant mais sauvé par la guitare alors que "Dancing
with the monsters" n'est pas inoubliable non plus malgré un
solo final hendrixien. "All that I believe" ballade folk
/pop n'est pas désagréable et "CNIBlues", très bel
instru bluesy a contre lui de ne durer qu'un peu plus d'une minute.
Pour être franc hormis le premier ces inédits me laissent sur ma
faim.
Mais
place au live: "Ladies et gentlemen, the Jeff Healey Band !"
annonce le speaker avant un "My little girl" de feu, avec
déluge électrique final, puis le "Dust my broom"
d'Elmore James avec un jeu de slide dévastateur. Pur blues ensuite
avec un classique de BB King "How blue can you get" (ce
n'est pas de lui mais de Leonard Feather) qui nous prouve que Healey
de tous les virtuoses contemporains avait sans doute le plus le
feeling bluesy. Autres reprises "I think I love you too much"
de Mark Knopfler et "Stuck in the middle with you" de Gerry
Rafferty, 2 titres depuis longtemps au répertoire de Jeff et 2
grands moments. Une ballade southern sensible "Macon Georgia
blues" pour reprendre son souffle avant retour au hard bluesy
avec "I can't get my hands on you" (de "Hell to pay")
puis une énorme version du "Yer blues" de John Lennon
(1968) et le blues rock "Holding on". Pour finir une longue
version de "See the light" dans laquelle Jeff présente ses
musiciens, une belle conclusion pour cet excellente partie live,
l’intérêt majeur de cet album, en attendant le prochain.
ROCKIN-JL
(article paru initialement dans BCR la revue n°47)
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