Je suis tombé sur
cette compile de Tom Jones, pour la modique somme de 50 centimes, avec pas
moins de 30 titres, dont certains en live. L’occasion d’écrire une ‘tite
bafouille sur le crooner gallois, qui a fait fondre tant de cœurs, et a remis sur
pieds à lui seul l’industrie de la petite culotte - si on en croit la légende, le public féminin les lui jetait sur scène ! Les
femmes – pas toujours très jeunes – se pâmaient devant le bellâtre, son teint
halé, ses chemises à jabots ouvertes jusqu’au nombril, dévoilant un torse aussi
viril que velu, son déhanché plus que suggestif, plus impressionnant encore
lorsqu’il se calait des mouchoirs dans le calfouet’ - la légende, encore…
Waouhhhh... |
On rigole, mais
rappelons que Tom Jones est une des plus belles voix de la pop, à l’aise dans tous les registres. Toutes ressemblances avec Elvis Presley n’étant
pas fortuites, même si parfois c’est plus Mike Brant qui vient à l’esprit.
Thomas Woodward
nait en 1940, et c’est à la chorale de l’école qu’on repère son talent vocal.
Il se marie à 16 ans, a un gamin dans la foulée, travaille à l’usine le jour,
et s’époumone dans les pubs le soir. C’est en 1964 que l’imprésario Tommy Scott
lui fait signer un contrat, change son nom en Tom Jones. Il perce dès 1965 avec
« It’s not unusual » qui se classe direct à la première place des
charts anglais (absent de ce cd, faudra vraiment m'expliquer un jour comment on édite un best-of, car là, j'comprends pas... imaginez un best-of de Deep Purple sans "Smoke on the water", ah oui, les histoires de droits...), puis le tube « Delilah » (1966). On lui demande de
chanter la BO d’une comédie (écrite par Woody Allen), ce sera le hit « What’s
new pussy cat » composé par Burt Bacharach, puis enquille avec « Thunderball »
la chanson du James Bond OPERATION TONNERRE.
Pour le moment
Tom Jones donne dans le Rhythm’n’blues blanc, tout en sueur, mais avec « Green,
green grass of home » (d’après un titre country de Jerry Lee Lewis) il
découvre les joies de la ballade transie, à grands renforts d’arrangements
violonneux, de râles virils, et sourire Colgate. Il enregistre « I’ll
never fall in love again » (de Lonnie Donogan), « Without love »,
« Till », du sirupeux bien cuivré, dans le genre Elvis à Vegas. Las
Vegas où d’ailleurs Tom Jones se produit régulièrement ». Cette compile montre aussi
sa facette country, comme dans l’impeccable « It’ll be me », ou «Take it to the limit» des Eagles.
avec Janis Joplin |
avec Elvis Presley |
En 1971 c’est le
méga-hit « She’s a lady » (1971), délicieusement funky. Tom Jones est
alors au top, il anime son show à la télé, sa fiche de paie atteint des cimes inexplorées
par ses concurrents. Comme Elvis, il reprend des classiques pop. « Bridge
over trouble water » de Simon & Gartfunkel (orchestration maousse), « Let it be » (on dira ce qu’on voudra, cette chanson est superbe !),
« Yesterday » (version Vegas, mais on dira ce qu’on voudra…) et « Lady
Madonna » des Beatles, le « Honky tonk woman » des Stones, et
plus tard ce sera « Gimme Shelter » (1993) avec le groupe New Model Army.
La soul n’est
jamais loin, avec « In the midnight hour » de Wilson Pickett (bof…) le
« Try a little tenderness » d’Otis Redding, qu’il ne fait pas en mode
ballade, mais quasi disco, ou le « Take me to the river » d’Al Green.
Il va quand même réussir à nous saboter le merveilleux « Georgia on my mind » de Ray Charles,
accouchant d'une bouse disco-soul qu’on est en droit de qualifier d’indigne…
Au mitan des 70’s,
les succès se font plus rares, il faut quasiment attendre 15 ans avant de le
revoir, dans une comédie musicale avec le slow « A boy from nowhere »
limite supportable, avec les castagnettes en prime. En tout cas, les jeunes
découvrent ce type, sa voix surpuissante, et l’idée vient au groupe de New Wave
The Art of Noise de lui faire reprendre le « Kiss » de Prince, en
1988. Gros succès, et carrière relancée dans les années 90, avec des albums R’n’B,
des duos en voici en voilà, avec Van Morrison notamment (vous imaginez, deux
gosiers pareils ?), et puis l’album RELOAD en 2000 et le hit « Sex
bomb » qui a fait les beaux jours du Top 50. Il reprend The Talking Heads (et
oui !) nous refait le « Da ya think I’m sexy » de Rod Stewart
(bof, mais c’est tellement lui), et un excellent « Lust for life » d’Iggy
Pop avec The Pretenders de Chrissie Hynde. Et allons-y gaiement, un « Motherless
child » relooké avec Portishead, les rois du Trip-Hop.
Mais en 2010, à
70 ans, il nous sort PRAISE & BLAME, un album taillé dans l’os. On y croise
l’organiste Booker T. et le batteur Henry Spinetti (entendu avec Clapton), et
on y entend sa voix ample, généreuse, énorme, avec arrangement minimal, comme
sur le « Nobody’s fault but mine » de Willie Blind Johnson, repiqué -
hop la, ni-vu ni-connu - par Led Zeppelin.
Son dernier disque
sort en 2015, LONG LOST SUITCASE, avec un étonnant « Elvis Presley blues »,
voix / guitare, et le « Bring it on home » avec Jeff Beck et Van
Morrison, qui vaut son pesant d’émotion bluesy. Tom Jones est un chanteur - un
personnage - que j’ai toujours admiré, par son indéniable technique, sa
capacité à tout chanter, un interprète, populaire, qui s’est fourvoyé
plus d’une fois dans des reprises (et arrangements) aléatoires, mais qui le gosier réchauffé par
de bonnes liqueurs, et des producteurs ad-hoc, peut encore faire chauffer la poudre.
Je vous propose "It's not unusual", énorme tube, comme le "She's a lady", et deux duos avec Janis Joplin sur l'explosif "Raise your hand" avec public dansant jamais ridicule, puis avec Van Morrison sur "Bring it on home".
Je vous propose "It's not unusual", énorme tube, comme le "She's a lady", et deux duos avec Janis Joplin sur l'explosif "Raise your hand" avec public dansant jamais ridicule, puis avec Van Morrison sur "Bring it on home".
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