lundi 14 novembre 2016

MAXIME LE FORESTIER - "OLYMPIA 1973" - par Pat Slade








Une soirée à l’Olympia




A une certaine époque, les jeunes chanteurs en manque de vedettariat ne passaient pas une semaine ou deux d’affilée sur les planche du fameux music-hall du boulevard des Capucines. Leurs programmations étaient de une voire deux prestations au maximum. Avec ses deux albums «Mon Frère» et «Le steak» dans son sac, Maxime le Forestier s’attaque à la scène la plus prestigieuse de Paris, (tenue à l’époque par le maire de la ville de Cabourg sur la côte Normande : Bruno Coquatrix), pour une seule et unique représentation.

En 1973, Maxime Le Forestier monte sur les planches avec ses deux complices d’alors : Alain le Douarin le guitariste barbu et breton qui accompagnera aussi Yvan Dautin et Gabriel Yared. Alain le Douarin, un musicien qui fera de multiples choses et qui décèdera discrètement en 2010. Patrice Caratini, le contrebassiste chauve et moustachu, aussi compositeur et chef d’orchestre, jazzman accompli qui accompagnera le pianiste Martial Solal, Marcel Azzola, l’accordéoniste attitré de Brel, et pendant plus de dix ans, il accompagnera  Stéphane Grappelli. Il aura comme soutien au piano, Georges Arvanitas, pianiste de jazz, qui jouera aussi avec Serge Gainsbourg et Brigitte Fontaine.

Le soir du 12 février 1973, c’est une soirée «Musicorama» Europe N°1. Un concert qui fleure bon le pavé et qui a encore quelques relents de la révolte étudiante de 68. Maxime, en tenue jean et barbe de rigueur, commence son tour de chant par un inédit «La ballade des marguerites» chanté a capela. Les morceaux qui ont fait son succès arrivent : «L’éducation sentimentale» : «Ce soir à la brume nous irons, ma brune cueillir des serments…». Deuxième inédit pour continuer : «Mai 68», un morceau de Jean-Michel Caradec, le jeune chanteur breton décédé dans un accident de la route en 1981. Dans le public, on entendrait une mouche voler. A la fin de la chanson, après avoir donné le nom de l’auteur du morceau, une énorme salve d’applaudissements témoigne bien de l'émotion et de la complicité du public. Pour la suite, deux phrases suffisent «Avec ce que j’ai fait pour toi Disait le père», les premières parole de «Dialogue», relancent l’enthousiasme du public. «Mauve» et «Marie-Pierre et Charlemagne» glissent tout en douceur. Le calme de la salle en est presque inquiétant, tu te demandes même si le public ne s’est pas endormi ? Mais non ! Il écoute religieusement ce jeune barbu aux textes si poétiques. 

Deuxième face de l’album, un troisième inédit «Ballade pour un traitre» avec des paroles de Pierre Billon le fils de Patachou, grand copain à Michel Sardou et Johnny Hallyday. Une petite improvisation qui n’en est pas une : «Relaxe» écrite par Ricet Barrier, un court morceau musicale où les trois hommes ont l’air de bien s’amuser. «Relaxe» qui sert de tremplin au morceau suivant «San Francisco» accueilli bien évidemment par des applaudissements nourris. Maxime sait aussi parler, il va faire un talking pour évoquer le du jardin du Luxembourg avant d’entamer «Entre 14 et 40 ans», chanson où les paroles très militantes contre la police et l’armée seront souvent ponctuées d’applaudissements (L’époque Giscardienne voulait ça !). Il calme le jeu avec «Mourir pour une nuit» et finira en beauté avec «mon frère». Un beau live. Le suivant apparaitra 6 ans plus tard au Palais des Sport en duo avec Graeme Allwright et en solo, il faudra attendre 1989 au Bataclan.

J'ai vu Maxime Le Forestier à une fête communiste dans les années 70 et au Palais des Congrès en 1975. Une époque où il n’avait pas encore acheté un rasoir.   



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