samedi 22 octobre 2016

Franz LISZT – Dante Symphonie – Daniel BARENBOIM – par Claude TOON



- J'entends de la musique infernale depuis le couloir M'sieur Claude ? Vous faites concurrence à vos petits copains du hard rock option death metal ou similaire ?
- Pas si bête comme analogie Sonia, puisqu'il s'agit de la mise en musique du récit de la visite de l'enfer par Dante Alighieri, le grand poète italien.
- Ça fait un peu peur. Vous écriviez il y a quelques semaines que contrairement à Brahms, Liszt raffolait des musiques à programme en pleine période romantique…
- Oui, d’où de nombreux poèmes symphoniques inspirés des grands auteurs comme Lamartine ou Goethe et ici Dante et sa divine comédie, un étrange chef-d'œuvre de 1308.
- Ne le prenez pas mal M'sieur Claude, mais dans cette intro, Liszt ne fait pas dans la légèreté… Et puis vous parlez de Daniel Barenboim pour la première fois.
- Hi hi, ce n'est pas faux. Liszt expérimentait les voies nouvelles de l'écriture chromatique et des orchestrations luxuriantes comme celles de son ami Berlioz… Et oui enfin Daniel Barenboim, grand artiste et humaniste qui fait son entrée dans le blog.

Liszt en 1857
Dans cet échange, Sonia met le doigt sur un reproche souvent fait à la musique pour orchestre de Liszt. Si le compositeur a donné au piano un répertoire d'œuvres exceptionnelles, sa production symphonique reste inégale. Cette particularité prend tout son sens à l'écoute des 13 poèmes symphoniques où le meilleur comme "Ce qu'on entend sur la montagne" côtoie le médiocre comme le pesant et assez vain "La bataille des Huns". (Avec un titre pareil…) Par ailleurs Liszt, comme Berlioz et bien sûr Wagner, ne lésine pas sur les orchestrations assez riches mettant en avant et avec force les cuivres et les percussions. Liszt n'a jamais réellement abordé la symphonie de forme classique en quatre mouvements comme Beethoven, Schumann ou Brahms. La Dante symphonie et sa grande sœur Faust Symphonie ne répondent guère à la forme normalisée de la symphonie et proposent plutôt un enchaînement de plusieurs épisodes avec pour chacun l'évocation d'un un sujet explicite (œuvre à programme). Un principe typique du poème symphonique dont le compositeur est le père fondateur.
Je me dois de souligner que ces musiques apparaissent néanmoins moins lourdingues sous la baguette de chefs qui favorisent leur poésie, même altière, en atténuant la férocité musicale que l'écriture vigoureuse de Liszt permet lors de gravures ou de concerts mal avisés. Si l'enfer de Dante ou la chute de Faust se prêtent à une illustration dramatique et infernale, on remarque rapidement (quand le talent de l'interprète les respecte) des contrastes sonores imaginatifs et une grande sensibilité romanesque.
Inutile de revenir sur la biographie de Franz Liszt, le musicien génial, le dandy et homme à femmes qui embrassa la prêtrise à la fin de sa vie. Tout cela est bien détaillé dans la chronique consacrée à la célèbre et redoutablement difficile Sonate en si mineur (Clic).

En 1842, Liszt a 31 ans et commence à se lasser de sillonner l'Europe comme virtuose et compositeur d'œuvres pianistiques d'une difficulté telle qu'il est le rare pianiste de son temps à pouvoir les jouer ! (Liszt possédait des mains immenses et une vélocité inouïe.) Il a révolutionné, comme Chopin, l'art du piano grâce à l'apparition des pianos à double mécanisme de Erard et de Pleyel.
Il devient maître de chapelle à la cour de Weimar, une fonction mixte de compositeur et de chef d'orchestre. Très influencé par Berlioz et sa novatrice et échelée symphonie fantastique de 1830, Liszt veut à son tour apporter un sang neuf à la musique symphonique du romantisme. Dans la quinzaine d'années qui va suivre, vont voir le jour les poèmes symphoniques, les deux concertos pour piano et, en 1857 les deux symphonies citées plus haut et inspirées par Dante et Goethe (Faust). Les deux œuvres seront créées vers la fin de 1857, mais on pense que Liszt a travaillé des années sur les partitions. Tout ce répertoire échappe aux formes classiques de la symphonie. Liszt s'attache toujours à illustrer des textes littéraires et des poèmes d'auteurs prestigieux. Peu importe le nombre de mouvements, même si la forme sonate et sa récurrence thématique obligée se partage encore la partition avec les principes de jeux de leitmotive empruntés à Richard Wagner.
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Daniel Barenboïm
Environ 300 chroniques "classique" dans le Deblocnot et seulement une mention à Daniel Barenboim dans l'article consacré au quintette "la truite" de Schubert et au concert d'anthologie en live avec son épouse Jacqueline du Pré, Pinchas Zukerman, Itzhak Perlman et Zubin Mehta, en résumé ses amis et complices des années 60 (Clic). Cela s'explique sans doute par le manque cruel de témoignages sonores disponibles sur le web, mais aussi parce que, à l'inverse d'un Karajan, l'artiste est dépourvu d'hédonisme et n'a pas toujours su s'imposer dans la cour des très grands malgré un charisme incontestable. L'excellent enregistrement chroniqué ce jour et dédié à une œuvre à la discographie chétive permet d'aller à la rencontre du chef d'orchestre
À 73 ans, Daniel Barenboim pourrait s'enorgueillir de 66 ans carrière car il donna son premier récital de piano à 7 ans en Argentine, son pays natal. Le jeune surdoué apprend le piano avec son père. Parenthèses : l'humaniste et homme de paix, Barenboim est argentin, israélien, espagnol, et possède même un passeport palestinien !
Dans son enfance de jeune prodige, le petit Daniel va rencontrer les grands maîtres du début du XXème siècle comme Wilhelm Furtwängler (disparu l'année des 12 ans de l'adolescent), Adolf Busch, Edwin Fischer ou Arthur Rubinstein. En 1968, Barenboïm a 26 ans, Otto Klemperer (qui en a 83) le choisit pour graver son ultime intégrale des concertos de Beethoven avec le Philharmonia. Un cycle qui a toujours sa place parmi les gravures historiques. En 1965, il devient chef de l'English Chamber Orchestra et entreprend de graver comme chef et soliste l'intégrale des 27 concertos de Mozart. Une réalisation qui a depuis des concurrentes mais reste une valeur sûre.
En 1975, l'orchestre de Paris créé en 1968 par Charles Munch, qui hélas mourra deux ans plus tard, n'a plus connu de chef à poigne pour le hisser à un bon niveau malgré des piges de Karajan ou SoltiDaniel Barenboim relève le défi et va le conduire durant 14 ans. Grâce à une politique d'invitation de chefs renommés, il laisse en 1989 un orchestre qui ne fera que progresser notamment ces dernières années grâce à Paavo Järvi.
En 1991, il succède comme Directeur de l'orchestre symphonique de Chicago à Georg Solti et là encore assume sa fonction pendant 15 ans. Daniel Barenboïm est un adepte de la fidélité, car rares sont les contrats aussi longs. Une carrière comme pianiste, chef et même accompagnateur, très riche, et donc bien difficile à résumer.
Daniel Barenboïm sera le premier maestro à jouer Wagner en Israël, arguant que Wagner appartient à l'humanité et non à Hitler qui certes en était friand. Rendons à César… Il va aller encore plus loin en 1999 en créant, en collaboration avec le philosophe palestinien Edward Saïd, le West-Eastern Divan Orchestra (Orchestre du Divan occidental-oriental) qui réunit des instrumentistes palestiniens, israéliens et également originaires d'autres pays arabes. Inutile de préciser qu'une telle initiative de fraternisation par la musique allait faire grincer les dents des politicards qui vivent des conflits permanents. L'Espagne apporte un financement. L'orchestre poursuit sa course internationale depuis 17 ans avec un répertoire sans cesse élargi.
La discographie de Daniel Barenboïm est importante mais inégale. L'artiste est plus un homme de podium que de studio et on préfèrera les enregistrements de son début de carrière. Sa première intégrale des symphonies de Bruckner à Chicago a été rééditée à juste titre. Un double album dédié aux romances sans paroles de Mendelssohn reste une référence. Son répertoire s'étend du baroque à la musique contemporaine. Il a enregistré avec le magnifique orchestre de Chicago la première symphonie de John Corigliano dont il n'existe que deux versions (Erato, rare).
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La porte de l'Enfer de Dante par Gustave Doré
(Vous, qui devez entrer, abandonnez l'espoir.)

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L'écriture de la partition s'étendra sur les années 1855-1856. Le choix de la Divine Comédie ne doit pas surprendre. Lors de ses années de pèlerinage (au sens propre, comme au sens du titre générique de l'ensemble des trois recueils de pièces pour piano), Liszt a été initié à l'œuvre de Dante par Marie d’Agoult, comtesse et femme de lettres, mais surtout sa maîtresse follement éprise de lui depuis 1833. L'une des pièces du recueil Italie comporte un morceau titré "Après une lecture de Dante".
La symphonie se présente comme la synthèse rigoureuse des concepts imaginés par Liszt pour renouveler le style symphonique et déjà mis en pratique avec plus ou moins d'habileté dans ses poèmes symphoniques.
1 – La musique à programme faisant référence à l'esprit d'un poème, voire à la rythmique des vers eux-mêmes, par un artifice déclamatoire plaqué sur la ligne mélodique. (Je vais préciser après.)
2 – L'utilisation de nombreux leitmotive qui se substituent aux thèmes de la forme sonate (qu'il n'abandonne pas complètement) et qui permettent de structurer l'ouvrage avec cohérence. Berlioz et Wagner ont déjà tracé cette voie.
3 – Le recours à un orchestre généreux et varié propice à des effets sonores puissants, étranges et mystérieux (typiques du romantisme). Liszt a étudié finement le traité d'orchestration de Berlioz édité en 1844. Pour cette symphonie, l'orchestre comprend :
2 flûtes, 1 piccolo, 2 hautbois, 1 cor anglais, 2 clarinettes, 1 clarinette basse, 2 bassons, 4 cors, 2 trompettes, 3 trombones dont un "basse", 1 tuba, timbales, cymbales, tam-tam, grosse caisse, 2 harpes, 1 harmonium (ou un orgue), les cordes.
Seul Wagner utilisera à cette époque un tel effectif. Brahms et même Bruckner resteront fidèles à un orchestre plus beethovénien.
La symphonie comporte deux mouvements. Je préfère le mot partie. Le premier se rapporte à l'Enfer, le second au Purgatoire. Sans doute Liszt craignait-il d'étendre exagérément sa symphonie au-delà de l'heure ? Comme dans la Faust Symphonie en trois parties, on attend logiquement un troisième mouvement : Le paradis ! Un court magnificat conclusif avec chœur de femmes ou d'enfants sert de coda et de peinture du paradis à la fin du second mouvement. Par ailleurs, Wagner avait fait part au compositeur de son point de vue : "le Paradis de Dante ne peut pas être mis en musique" ! Liszt aura suivi ce conseil à l'évidence.

1 - Inferno : Les techniques de composition destinées à plonger l'auditeur dans l'effroi face à cette épopée de Dante et Virgile en Enfer sont toutes réunies dans les quatre premières mesures. Au-delà des portées, qu'entend-on ? Un rugissement des cuivres d'un dramatisme grandiose et assumé. Un premier leitmotiv violent, parent de la tempête de Shakespeare par sa virulence déchire l'espace. Pour éviter le pathos de ce mini choral des trombones et tuba (Les cordes suivent la ligne mélodique à la note près), Liszt fait se succéder des notes tenuto dans la mesure 1, piquées dans la 2 et legato dans la 3 et 4.
Au-dessus des notes figure le vers 1 du chant 3 du texte de Dante. (Per me si va nella città dolente/Par moi, vous pénétrez dans la cité des peines.) La prononciation des syllabes du vers en italien ancien a guidé l'écriture du thème. Essayez de les fredonner en suivant la musique, ça marche au poil. (Peut-être vos premiers essais de chanteur lyrique ☺.) Le concept 1 de la musique à programme ne peut-être respecté de façon plus drastique. Le thème est complété par un motif des percussions (timbales et tamtam), pour dramatiser cette scène, car mise en scène du texte par instruments interposés il y a : face à la porte de l'enfer, un lieu sulfureux et deux hommes inquiets…
[0:19] Ce thème est répété da capo pour le second vers qui présente la même prosodie. (Per me si va nell'eterno dolore /Par moi, vous pénétrez dans la douleur sans fin.) [0:35] Pour le vers 3, Liszt conserve l'esprit majestueux du premier leitmotiv mais en suivant une ligne ascendante mieux adaptée au texte  (Per me si va tra la perduta gente/par moi, vous pénétrez parmi la gent perdue). [0:48] Et pour finir de dresser le décor, le nouveau motif appliqué au vers 9 est énoncé aux cors, aux trompettes et aux bois, tout aussi austère, plaintif et lugubre. (Lasciate ogni speranza voi ch'entrate/Vous, qui devez entrer, abandonnez l'espoir.)

l'enfer et la damnation vus par Jerome Bosch
En moins d'une minute, le compositeur ne propose pas moins de trois idées musicales différentes que l'on va retrouver comme éléments structurant le long mouvement. Trois leitmotive parmi beaucoup d'autres à venir. Liszt nous entraîne pendant vingt minutes dans une délirante virée dans un enfer de féérie où planent la folie de Jérôme Bosch ou, plus tard, l'imaginaire ténébreux des gravures de Gustave Doré. Des visions picturales cauchemardesques qui illustrent à merveille ce billet. On rencontrera de très nombreux thèmes comme dans les opéras Tannhäuser ou Lohengrin de Wagner, symbolisant les péripéties vécues par nos voyageurs intrépides. Oui, on peut vraiment parler de symbolisme au sens strict.
Si les mentions des vers de Dante disparaissent provisoirement de la partition, le ton étant donné, les indications de variation de tempo et de dynamique sont légions. Liszt nous plonge dans un crescendo échevelé et fantasmagorique dans lequel se déchainent tous les instruments. [4:46] Une marche sarcastique se développe pour évoquer un Démon ravi de la variété des tourments infligés dans le premier cercle de l'enfer. Le discours orchestral souligne que, dans ce cercle, un léger espoir persiste de remonter au purgatoire, une musique vaillante et contrastée voire empreinte d'un suspense haletant. On pense à la marche des sorcières accourant au sabbat dans le final de la symphonie Fantastique de Berlioz.
[6:52] Passage ébouriffant puis étrangement voluptueux dans le deuxième cercle de l'Enfer : celui où les adeptes de la luxure de leur vivant sont soumis désormais aux vents furieux, une mélodie déchirante et agreste hurlée par les cordes et les flûtes et martelée par les timbales. [7:28] Liszt se plaît à évoquer ladite luxure lors d'une étrange accalmie agrémentée de sensuels arpèges de harpes et d'un solo de clarinette basse, un intermède langoureux et charnel. Liszt insiste sur la tendresse (même pécheresse) à appliquer à l'orchestre dans ce passage en notant : Andante amoroso et tempo rubato… Tout un programme de lascivité coupable ? Liszt joue sur une coquine ambigüité.
[16:31] L'aventure se poursuit dans des cercles encore moins avenants… notamment le 7ème dans lequel sont asservis les blasphémateurs. La musique retrouve rapidement la violence initiale, une rythmique brutale, un cyclone instrumental qui va culminer dans une coda apocalyptique jusqu'aux dernières notes en tutti notées fff !!
Le paradis de Dante (Gustave Doré)
[20:34] Il fait très fort le Franz Liszt… J'ai peu de souvenirs en salle d'un tel cataclysme sonore façon Krakatoa (*). La scène finale du Crépuscule de Dieux de Wagner, la coda de la 5ème symphonie de Bruckner (voir la prose de Luc) ? Et bravo à Daniel Barenboïm qui cravache l'orchestre idéal pour ses débordements : la philharmonie de Berlin. Le chef Bernard Haitink racontait que lors de son premier concert à Berlin, l'orchestre lui faisait presque peur par sa réserve inépuisable de puissance sonore disponible, sans pour autant perdre en clarté grâce à des instrumentistes virtuoses et totalement au diapason. Barenboim magnifie la beauté plastique et la vigueur cyclopéenne de l'orchestre berlinois à travers les arcanes de ce mouvement très abouti, aux timbres enchanteurs (harpes et bois) ou féroces (cuivres, percussions). La direction est claire, les contrastes énergiques, la poésie bien présente… Un contrôle des climax qui rappelle que le chef est un grand brucknérien.
(*) Volcan indonésien qui explosa en 1883. On considère la déflagration comme le plus puissant choc sonore jamais entendu par l'homme… (Audible dans un rayon de 4000 km, et même jusqu'en Australie, prévoyez une chaîne Hifi robuste )
- M'sieur Claude, vous pouvez écouter les concerts de Berlin depuis Paris alors…
- Oui Sonia, bien sûr, sur mon balcon, ce sont les places les moins chères…
(Sonia partira directement au paradis, "heureuses les simplettes…", etc… Quant à Rockin, avec son travail de titan sur les chansons sexy, il ira tout droit dans le premier cercle, celui dont on peut sortir, ouf !)

2 – Purgatorio et Magnificat : [20:34] Dans l'imaginaire de Dante le purgatoire est divisé en sept cercles correspondant aux sept péchés capitaux.  C'est un lieu de repentance et de prière destiné à expier les fautes commises lors de la vie terrestre. Liszt joue non pas sur des accents symbolisant des cris de mortifications salvatrices mais sur une longue mélopée illustrant les âmes en repentir. On retrouve bien entendu un flot de leitmotive qui, à partir d'une introduction notée lamentoso, va s'étirer crescendo vers un passage volontaire exprimant les derniers doutes des âmes errantes… On pourrait ressentir en première écoute une vague monotonie mélodique, des longueurs. Non ! Il n'en est rien, mais l'absence de répétition régulière de thèmes bien définis et organisés en forme sonate rend l'accès à cette symphonie difficile. La création, en 1857 par Liszt lui-même, de par la difficulté virtuose exigée de tous les pupitres et une seule répétition à l'arrache, se solda par un bide total. Barenboïm avec son orchestre constitué de virtuoses de tous les pays obtient un lyrisme d'une grande poésie, un climat de mystère dont Liszt aurait rêvé.

Ce n'est pas une œuvre que je conseillerais à un mélomane débutant. Elle se mérite. Liszt laisse l'orchestre méditer. Aucune expression de douleurs, mais une réflexion très intime qui permet d'atteindre une forme de sérénité. Les dernières mesures avant le magnificat se veulent sidérales, une méditation dans l'aigu avec des arpèges de harpes séraphiques… Le pardon est enfin obtenu et, pour Dante, ultime vision de la forêt du paradis terrestre. [42:30] Le magnificat est une litanie empreinte de religiosité égayée par un hymne chanté par un chœur féminin. On pourra trouver cette coda un rien sulpicienne… Oui, c'est vrai, mais diable (sans jeu de mot), quelle maîtrise du phrasé et de l'ambiance astrale souhaitée tant par le compositeur que par Daniel Barenboïm.
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La discographie n'est guère pléthorique pour cet ouvrage. Si la Faust symphonie a connu un nombre considérable d'enregistrements car plus romanesque, les grand chefs Lisztiens comme Leonard Bernstein, Bernard Haitink ou encore Kurt Masur n'ont, à ma connaissance, jamais gravé cette symphonie. Belle exception avec l'homme de la situation, très habile dans la direction d'œuvres a priori surchargées : l'italien Giuseppe Sinopoli dirigeant son orchestre de la Staatskapelle de Dresde. Il offre une lecture passionnante, incisive et nerveuse, peut-être un peu froide. Il est par ailleurs bien servi par une prise de son plus analytique que celle de Berlin. (DG – 5/6). Entre la majesté de Barenboim et la frénésie tranchante de Sinopoli (tempo pourtant identique), difficile de faire un choix… J'écoute les deux ! Le disque de Sinopoli est malaisé à dénicher. Ce n'est pas le cas pour celui de Barenboim que l'on trouve en édition économique isolé ou dans un coffret comportant une interprétation correcte de la Faust symphonie et quelques pièces de Liszt pour orchestre ou piano.
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Dante Alighieri (par Boticelli)

2 commentaires:

  1. Maintenant que tu as fait la "Dante Symphonie", il ne te reste plus qu'a faire la "Faust Symphonie" !!

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    1. C'est prévu... Orchestre de Boston - Leonard Bernstein (en live)

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