jeudi 2 avril 2015

LE ROCK PROGRESSIF FRANCAIS par Pat Slade (1er Partie)






Progressive Park





Qui a dit que le rock progressif en France était mort et enterré ? Depuis que ce dernier existe, il n’a jamais périclité et aujourd’hui encore beaucoup de groupes se créent et continuent à proposer une musique de qualité et inventive grâce aux très bons musiciens qui les composent. Mais revenons au début de son histoire. Je ne reparlerai pas de Ange qui a fait par cinq fois les colonnes du Déblocnot’, ni de Magma et sont rock prog jazz fusion qui lui aussi à fait les beaux jours du blog par quatre fois (clic) et (Clic). je remonterai quand même dans le temps pour parler de la vieille garde, de ces forçats du rock-prog français par qui tout est arrivé et tout a commencé. Alors que les groupes anglo-saxons comme Genesis, King Crimson et Yes commençaient à pointer le bout de leurs nez, les français, pas en reste, montaient dans le train du progressif comme des assoiffés de nouvelle musique en quête d’une nouvelle oasis. Et c’est par pelletées entières que des groupes virent le jour pour le plus grand bonheur des fans de ce nouveau genre de musique. Je tiens à préciser que je ne vais que survoler la carrière des groupes, sinon, je ne ferais pas une chronique, j’écrirais une encyclopédie.

Triangle, le premier groupe vedette, celui qui sera connu du grand public malgré une première mouture en trio qui ne vivra qu’un an et ne fera rien de concret. C’est à l’arrivée de Alain Renaud à la guitare et au chant, de Gérard Fournier dit «Papillon» à la basse et au chant et de l’irremplaçable Jean-Pierre Prévotat à la batterie que ça se corse. Le premier 45 tours sort, il est chanté en Anglais et se ramasse lamentablement. Alain Renaud part et laisse la place à François Jeanneau aux claviers et au saxo et Paul Farges à la guitare. Un deuxième 45 tour, une face en français et la seconde en anglais : «Elégie à Gabrielle» sur l’affaire sur Gabrielle Russier. Bing ! re-changement de guitariste et arrivée de Marius «Mimi» Lorenzini, Triangle est définitivement formé. «Peut être demain» leur apporte le succès. C’est avec l’album «Triangle II» aussi appelé «Viens avec nous» que Triangle sera considéré comme un groupe majeur au coté de Ange (Déjà là).

ATOLL
Continuons la visite chez les dinosaures du rock-prog avec Atoll, une musique qui oscille entre le jazz rock et le prog, des références musicales de Yes et King Crimson. Un groupe qui au fil des années changera énormément de personnel, entre 1974 et aujourd’hui (Oui le groupe existe encore à ce jour) malgré des séparations et des reformations, une bonne dizaine de musiciens est passée pas Atoll, mais un seul fera presque partie de l’histoire du groupe (Il n’est arrivé qu’un an après la création dAtoll), Christian Beya. Le guitariste était membre du groupe Divodorum avec Jean-Pierre Guichard qui plus tard deviendra le batteur d’Ange (Encore la ?). Avec cinq albums studio dont le fameux «L’Araignée - Mal», un live au Japon et une compilation, Atoll a réussit à survivre malgré le temps et les modes. 

PULSAR
Pulsar, le groupe lyonnais formé en 1971 qui s’est appelé aussi Soul Expérience et Free Sound se mettra à jouer des reprises de Pink Floyd après avoir vu leurs concerts à Lyon en février 1970. Dans la première mouture du groupe on pouvait trouver Georges (Sorj) Chalandon qui quittera le groupe pour devenir co-rédacteur en chef au quotidien Libération. Ils commencent à composer et leur premier grand concert aura lieu à Lyon en janvier 1971 devant 5.000 personnes en première partie du groupe anglais Family avec son chanteur à la voix phénoménale Roger Chapman. Le groupe gagne un concours dans le sud de la France ce qui leur permet de jouer au Golf Drouot. Il partage l’affiche avec d’autre espoir du rock français et sur une proposition de Phillips, Pulsar se retrouve sur l’album «Groovy Pop Session» au coté de Ange (Toujours présent dans les bons coups). Pulsar aura beaucoup plus de problèmes que les autres, ne trouvant pas de maison de disque. Il deviendra le premier groupe français à signer avec un label anglais : Kingdom Records. Leur premier album «Pollen» remportera un certain succès en Angleterre, mais en France, ce sera différent. En 1976, leur deuxième album «The Strands of the Future» est une réussite. Avec 40.000 exemplaires vendus en six mois, Pulsar est le deuxième meilleur vendeur de rock français derrière Ange (Ben voyons !). Avec six albums Pulsar a laissé une certaine empreinte musicale que nul autre n’aura laissé.

Sans l’émission «Midi Première» et Danièle Gilbert qui les invita sur le plateau à se produire, les niçois de Carpe Diem n’auraient peut-être jamais été connu sur la scène rock-prog française. Mais un homme devant son poste de télévision les remarques et c’est Jean-Claude Pognant le manager d’Ange (Décidément la figure de proue) et patron du label Arcane. La chance de Carpe Diem a tourné, même si il avait déjà un trophée du tremplin du Golf Drouot en poche, le groupe peut penser à un avenir plus radieux. Les compères signent sur le label Arcane Crypto. Trois albums seulement, mais deux sont exceptionnels «En regardant passer le temps» en 1975 et «Cueille le jour» en 1977. Carpe Diem rivalisera avec Ange (Rebelote) et les formations anglaises comme Camel et Caravan. Le groupe quittera la scène en 1979.

CATHARSIS
Catharsis, peut être le moins connu, avec une musique qui oscille plus vers le psychédélisme du  Pink Floyd à l’époque de «Ummagumma» et d’Amon Düül.  Catharsis est un sextet qui s’est crée autour de l’orgue Farfisa de Roland Bocquet. Dès leur premier album : «Masq» en 1971, le groupe s’imposera comme une valeur sure avec ses belles lignes mélodiques. Les claviers jouent un grand rôle, mais la voix pure de Charlotte digne d'une Danielle Licari (Concerto pour une voix de Saint Preux) rajoute la touche qui donne le ton au dessus. Le titre «Masq» aura un tel impact qu’il servira d’indicatif à une émission de radio sur Europe 1 «C’est ma planète». Six albums de la même veine entre 1971 et 1977 hormis peut être «Le Boléro du Veau des Dames», un album instrumental qui ressemble plus à une bande sonore de film. Après Catharsis, Roland Bocquet composera en solo beaucoup pour le petit écran comme «Les petites canailles» générique d’une émission pour la jeunesse et pour lui même, il fera un belle album instrumental «Paradia» et comme le bonhomme a plus d’une corde à son arc, il composera la musique du film «La Balance» de Bob Swaim avec Nathalie Baye.


Fin de la première partie...



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