lundi 2 février 2015

GENESIS - "De Broadway à Hilvarenbeek" - (1974/1976 ) 2ème partie, par Philou






En ce début d'année 1974, GENESIS poursuit son "Selling England By The Pound Tour" triomphal et joue à guichets fermés pour 5 concerts à Londres, au Theatre Royal.
Au mois d'aout 1974, Tony Banks, Peter Gabriel, Steve Hackett, Mike Rutheford et Phil Colins s'enferment à Headley Grange, un ancien monastère délabré qui a déjà servi de repère à LED ZEPPELIN, BAD COMPANY, FLEETWOOD MAC ...


"The Lamb Lies Down On Broadway" (1974)
Changement d’atmosphère, terminé les ballades romantiques en forêts et les pique-nique dans l'herbe sauvage de la campagne anglaise.... direction les bas-fonds de New-York, le béton, les néons, les graffitis, les nuages sombres, pour une aventure plutôt étrange et troublante (c'est le moins que l'on puisse dire) en compagnie de Rael, le héros de "The Lamb Lies Down On Broadway". Un concept-album qui raconte l'histoire surréaliste (et quasi-incompréhensible) de ce Rael, un jeune délinquant d'origine porto-ricaine, à la recherche de son frère John ou l'inverse, enfin tout dépend de que vous avez mis dans vos cigarettes roulées ...

Peter Gabriel a écrit les paroles et le trio Rutheford/Banks/Collins se charge de la musique.
L'inspiration est au rendez-vous mais les tensions et les prises de tête retardent la mise en boite de l'album. Pete Gabriel s'absente souvent, il rencontre William Friedkin pour un futur projet de musique de film qui ne verra jamais le jour et doit se rendre au chevet de sa femme qui vient d'accoucher (difficilement) de son 1er enfant. Le nouveau disque du groupe sort finalement en novembre 1974 et c'est en fait un double album conçu comme un opéra-rock, ambitieux et complexe, électrique et angoissant, très loin de la douceur poétique et mélancolique des albums précédents.
Pete Gab déclarera quelques années plus tard : -"On était en 1974, juste avant l'explosion  du mouvement punk, il fallait une histoire actuelle avec un personnage de chair et de sang, en prise avec le réel et non plus les chimères créées par nos imaginations fantasques"-
Enregistré avec le studio mobile de Island,"The Lamb Lies Down On Broadway" est un monument, évidemment et personne ne le conteste, mais il reste un album à part, assez difficile d'accès. C'est un OVNI musical qui marquera une étape importante de l'histoire de GENESIS.

Le disque est démonté à sa sortie par les critiques qui le trouvent trop différent des autres œuvres du groupe, trop ambitieux, trop long, trop ambigu, trop en avance sur son temps et même les fans sont surpris !!!
C'est vrai que l'album demande une écoute très attentive et ne s'apprivoise pas facilement : c'est un souterrain qui comportent de multiples galeries creusées par l’imagination délirante de Peter Gabriel.
Si vous avez réussi à entrer dans cette aventure tourmentée, vous ne pourrez qu'apprécier, écoute après écoute et vous extasier avec "The Carpet Crawlers", "Cuckoo Cocoon", "Anyway", "In The Cage", "The Lamia", "The Lamb Lies Down On Broadway", "It" ... Des chansons dont la force expressive reste encore quasiment intacte, 40 ans après leur sortie. 

Le groupe débute en décembre 1974, une tournée mondiale pendant laquelle il interprète l'intégrale de "The Lamb Lies Down On Broadway". Le projet est suicidaire, les spectateurs veulent entendre les classiques du groupe et ils assistent, complètement médusés, à un spectacle hallucinant pendant ces concerts, qui sont finalement grandioses.
Ce n'est que pendant les rappels que le public peut enfin écouter 2 ou 3 anciens morceaux.
Live au Shrine Auditorium, Los Angeles, Janvier 1975

GENESIS n'a jamais aussi été populaire et pourtant Peter Gabriel annonce à ses compagnons qu'il veut quitter le groupe. il avait déjà parler de son départ à Tony Smith le manager et alors qu'ils sont en concert au Canada, le chanteur confirme qu'il quittera GENESIS après la tournée. Tony Banks, son ami de toujours essaye de le convaincre, mais sa décision est irrévocable. En effet, il veut pousser encore plus loin l'expérimentation en matière de sons et d'images et ne veut pas se retrouver enfermer dans un groupe : l'archange veut ouvrir ses ailes pour voler vers d’autres horizons ...
Au mois de mai 1975, GENESIS donne son dernier concert avec Peter Gabriel en France, à Saint Etienne. Phil Collins déclarera des années plus tard : "Normalement, nous devions jouer le lendemain à Toulouse mais les places ne s’étaient pas assez vendues, on venait d’apprendre que le concert était annulé. On s’est donc retrouvé ce soir-là à Saint-Étienne, réalisant juste avant de commencer que c’était notre dernier concert avec Peter. Dans les coulisses, il a joué la sonnerie aux morts au hautbois. Puis, nous sommes tous rentrés sur scène. C’était très émouvant..."
Une des dernières photo de Peter Gabriel avec GENESIS.
L'annonce officielle du départ de Peter Gabriel ne se fera qu'au mois d’août 1975 et la presse se fera un plaisir d'enterrer prématurément GENESIS.
Phil Collins essayer de rassurer les fans en déclarant : "C’est la décision de Peter et nous allons continuer comme si rien n’était arrivé".
A ce moment précis, beaucoup de monde ne donne pas bien cher de la peau du groupe et pourtant ...

Seuls les 4 musiciens eux-même sont encore optimistes concernant l'avenir de GENESIS, mais la question "comment remplacer un chanteur comme Peter Gabriel ? " reste pour le moment sans réponse. En novembre 1975, le quatuor commence à auditionner des dizaines et des dizaines de candidats, mais aucun ne fait vraiment l'affaire. Alors que plusieurs nouvelles chansons ont été composées, un certain Mick Strickland semble être le bon choix. Avec lui, le groupe commence à écrire les premières ébauches des futures compositions du nouvel album "A Trick of the Tail". Malheureusement, pendant les répétitions, le pauvre Mick se plante sur la mélodie sinueuse de "Squonk" et c'est Phil Collins en personne qui se met  derrière le micro et entonne "Squonk", instantanément tous les autres se rendent compte qu'ils ont trouvé leur chanteur !

Phil Collins possède un timbre de voix très proche de celui son prédécesseur. De plus, il a déjà assuré les lead vocals sur 2 titres ("For Absent Friends" & "More Fool Me") et a souvent chanté en harmonie avec Peter Gabriel. Il va passer du siège de batteur au micro de chanteur, avec une aisance impressionnante et déclare que c'est plutôt le résultat d'une osmose inconsciente qu'une décision de sonner comme Peter. Pour la scène, pas de problème, il fera appel à son pote Bill Bruford (YES, KING CRIMSON)

"A Trick Of The Tail" (1976)
Évidemment, le chant de Phil Collins est beaucoup plus sage et moins contrasté que celui de Peter Gabriel, ça tombe bien, la musique sur "A Trick Of The Tail" va s'adoucir et va laisser revenir la mélancolie et le romantisme qui avait complètement disparu sur le fiévreux "The Lamb Lies Down On Broadway".
A quatre, GENESIS devient plus limpide, plus poétique, plus lyrique et nous offre une collection de purs joyaux où les envolées rêveuses et délicates ("Ripples", "Entangled", "Mad Man Moon") résonnent comme un retour de l'inspiration britannique des premiers albums. L'énergie et la complexité sont également au rendez-vous ("Dance On a Volcano"), sans oublier la pop magique ("A Trick Of The Tail") et la puissance ("Squonk", "Los Endos").


A noter également, la luxueuse production de Dave Hentschel, un véritable orfèvre du son, qui collaborera avec le groupe jusqu'à "Duke".
L'album sort en février 1976 et il est album attendu au tournant ... il grimpe directement à la 3ème place de charts anglais. Avec "Trick Of The Tail", GENESIS déjoue tous les pronostics, non seulement il remporte un succès considérable, mais en plus, il va conquérir de nouveaux fans.
Steve Hackett

Tout semble aller pour le mieux et pourtant il y en a un qui fait un peu la tronche... c'est Steve Hackett qui se sent un peu frustré au sein de GENESIS. En effet, ses idées ne sont pas souvent retenues par le groupe et c'est pour cela qu'il a publié, juste avant la sortie de "A Trick Of The Tail", son 1er album solo qui va recevoir un accueil favorable de la part des critiques et des fans.

Regonflé à bloc par le succès de son escapade en solitaire intitulée "Voyage Of The Acolyte", le génial guitariste espère que ses idées seront désormais mieux prises en compte par les autres membres du groupe. Malheureusement tout cela ne sera pas très bien accueilli par Tony Banks qui sait à ce moment là, que Steve Hackett ne va pas rester bien longtemps avec eux...

A printemps 1976, GENESIS débute le "Trick Of The Tail Tour" avec Phil Collins comme chanteur et c'est l'excellent Bill Bruford qui le remplace à la batterie.
Après la tournée, le quatuor prend la direction des Pays-Bas pour l'enregistrement du nouvel album au studio Relight, à Hilvarenbeek.




********** FIN DE LA DEUXIEME PARTIE **********



"The Carpet Crawlers" ( Live 1975)



En concert en 1976, avec l'immense Bill Bruford à la batterie.
"Los Endos"

6 commentaires:

  1. Je vais peut être m'acheter quelques albums de Genesis...

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    1. Au choix : "selling england by the pound" , "The lamb lies down on Broadway", "A trick of the tail" ou pour commencer le double live "seconds out"....

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  2. Le double live "Seconds out" pour savourer "The carpet crawlers" des heures durant...

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    1. "Hello Paris in the springtime".....

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  3. Le concert au Palais des Sports de Paris, grand moment et grand souvenir !!!! http://ledeblocnot.blogspot.fr/2013/08/genesis-live-samedi-11-juin-1977-par.html

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