mercredi 24 juillet 2013

ZENO (1986) by bruno




- "Oui, oui, je sais. J'entend déjà les cris... Pourtant, à mon sens, malgré les années, ce premier jet, qui, en 1986, faisait également office d'OVNI, a gardé tous ses charmes et sa fraîcheur. Et puis, je l'aime bien cet album, moué !"

     Celui aurait pu être pompeux, sur-produit, grandiloquent, ampoulé, mais non. Bien que la limite soit parfois proche, tel un funambule, ce ZENO réussi l'exploit de faire une musique qui a su ne pas dépasser le seuil qui l'aurait alors plongé dans ces états.  Avec un Hard-rock coincé entre Hard FM, Hard US 80's, et Heavy-rock néo-classique, Zeno délivre une musique riche, travaillée, somptueuse, mature et élaborée. 


Roth brothers : Uli Jon à gauche et Zeno à droite

     ZENO, c'est avant tout, Zeno Roth, le petit frère d' Uli Jon Roth (celui qui insufflait un parfum Hendrixien au Scorpion de 74 à 78 - probablement la plus riche période des teutons, artistiquement parlant). Soit dit en passant le petit frère a tout de même trente au moment de la sortie du présent opus
Non seulement la ressemblance physique est assez forte, mais Zeno aborde un peu le même genre de look bariolé,un brin plus soft ; un peu « hippie-amérindien-Hendrix », (label déposé) - l'influence de l'aîné -. Et, à l'instar de son frère, il est emprunt de l'aura du gaucher légendaire. Si ce n'est qu'il l'a quelque peu gonflé, la tornade Van-Halen étant passée par là, avec notamment quelques plans de tapping mélodiques, et dérapages contrôlés au vibrato, parfois à la limite de la rupture mais toujours maîtrisé. A cela s'ajoute également des traits venant d'un Heavy-rock néo-classique Blackmorien. Naturellement, on retrouve quelques réminiscences de l'aîné. Et, tout comme les guitaristes sus-cités, Zeno joue sur Fender Stratocaster. Multi-instrumentiste, il joue également de la basse, des claviers, de la batterie, (il prit aussi des cours de violons dans les 70's). Malgré la mode des shredders de l'époque, et son évidente technique, il se montre toujours tempéré dans ses superbes soli, privilégiant la mélodie. Pas de manifestation hors-propos, ni de démonstration.

     Mais ZENO (le groupe), c'est aussi, le chanteur, Michael Flexig, qui a la particularité de passer d'un registre relativement medium à des notes plus aiguës avec aisance, et sans jamais paraître intempestif, ni muer en voix de fausset. Une voix puissante qui pourrait être un croisement entre Klaus Meine (des 70's, soit avant sa mue), Lenny Wolf (Stone Fury, Kingdom Come), Robert Belmonte (Ocean) et Ian Anderson. Une voix au registre étendue, et qui parvient à prendre de l'ampleur là où celle des autres, généralement, se brise. Flexig avait chanté auparavant sur le troisième opus d'Uli Jon Roth : Beyond The Astral Sky. Il chantera à nouveau avec ce dernier sur Under a Dark Sky, et, en participation sur "Sky of Avalon". Parallèlement, Flexig a sa propre carrière solo, avec chants en allemand, dans un registre bien différent.



     ZENO est généralement assimilé au Hard-FM, en partie par sa couleur sonore, et certaines constructions, mais il ne peut se résumer pas à ça. Du moins on ne ressent pas la recherche commerciale, le calibrage pour le passage radio (même si « Circles of Dawn » et surtout « Emergency »,  pourraient correspondre à certains critères). Peu de rapport avec la machine à tubes pour radio tel que Bon Jovi. Car il y a ici un lyrisme particulier, une subtilité, une sensibilité, qui le rapproche parfois plus d'un Magnum, ou d'un Rainbow que des ténors de la radio américaine de l'époque. Il y a même un lyrisme oriental récurrent (japonais), plus ou moins présent suivant les compositions. A ce titre, on pourrait presque le considéré comme un fils d'un autre combo allemand, Jade Warrior (des trois premiers opus), dont l'influence des brutes amateurs de gros son des dix précédentes années aurait considérablement boosté le spectre sonore. 
En fait, par sa richesse, on peut retrouver des points communs avec des groupes aussi divers que, en plus des sus-cités, Scorpions, Last Autumn's Dream, Stone Fury, Balance, Jeff Paris, et même Magnum (surtout celui de "The Visitation" de 2011). 

Un petit hit radio tout de même, avec « Emergecy », et deux clips vidéo.

     Un Rock positif prônant les valeurs de tolérance, de fraternité, d'amour et de compassion. (Zeno a écrit également des poèmes et sur la philosophie).

     Un bémol, une batterie trop métronome et pourvu d'un son froid, sophistiqué, typique, hélas, de ces années. En fait, c'est surtout la caisse claire qui est trop portée en avant dans le mixage général de la batterie. Comme amplifiée et bavant sur la bande.

Malgré ce départ en fanfare, Zeno Roth mettra presque dix ans pour réaliser un nouveau disque. Un laps de temps bien trop long après un seul et unique opus. L'album passe inaperçu, ne bénéficie d'aucune promotion, et est, dans l'ensemble, plus commun. Il paraît tâtonner, rechercher un nouveau succès commercial (on n'y va de son petit Foreigner, son petit Rainbow et même d'un p'tit AC/DC mâtiné FM - cependant toujours avec élégance-). Toutefois, en 2006, son cinquième disques, "Runway to God" remporte un franc succès auprès des amateurs d'AOR et de guitares pyrotechnique. Pourtant, il goûte avidement à presque tous les travers et les abus du genre, souffrant d'un excès de production.


Zeno Roth : all guitars, harmony vocals
Michael Flexig : vocals
Ule Winsomie Ritgen : all basses, harmony vocals
***
Stuart Elliott, Chuck Burgi, Rudy Kae : drums, percussion
Carl Marsh, Don Airey : keyboards
Chris Thompson, David Austin, Martin Jay, John Quist : back vocals


  1. Eastern Sun    -    4:46
  2. A Little More Love    -    3:48
  3. Love Will Live    -    4:43
  4. Signs On the Sky    -    3:58
  5. Far Away    -    4:34
  6. Emergency    -    3:01
  7. Don't Tell the Wind    -    6:11
  8. Heart on the Wing    -    5:16
  9. Circles of Down    -    3:53
  10. Sent by Heaven    -    4:50
  11. Sunset    -    0:35






Chris Thompson, David Austin, Martin Jay, John Quist - back voca

2 commentaires:

  1. A quand une chronique sur "Electric sun" et l'hendrixien Uli Roth ?

    RépondreSupprimer
  2. Houlala... Alors la on va droit dans le mur ! Uli Roth transpire Hendrix mais analyser ses CD c'est comme analyser sur un divan Franck Marino.

    RépondreSupprimer