mercredi 26 décembre 2012

LES EMULES DE JIMI HENDRIX (Part I) par "Voodoo" Bruno



     C'est une évidence : Jimi Hendrix a marqué de façon indélébile la musique en lui ouvrant de nouveaux horizons, en créant de nouvelles perspectives. D'abord en électrifiant considérablement le Blues (on retrouvait même l'origine de son jeu de scène chez Buddy Guy, Guitar Shorty, T.Bone Walker, voire Earl King mais les p'tits blancs z'avaient pas l'habitude -), puis en l'extrapolant, en l'étirant vers d'autres horizons, l'amenant ainsi à flirter avec le jazz, la pop et le psychédélisme (ou l'inventer ?), pour créer en définitive un monde nouveau où tout semblait possible et où les frontières étaient abolies.
Hendrix, c'est un chant et un jeu de guitare immédiatement reconnaissable. Une marque déposée.
     Son influence demeure encore aujourd'hui prédominante sur une majorité de musiciens.
On dit, non sans raison, qu'après lui, la guitare ne fut plus jamais la même. C'est indéniable, son empreinte se retrouve chez d'innombrables musiciens. Certains, irrémédiablement traumatisés, ou encore tout simplement par faute de caractère, n'ont fait que suivre la route tracée, sans jamais s'écarter du chemin, et sans jamais essayer d'aller au-delà du terminus construit sur « Cry of Love » / « Firts Rays of the New Rising Sun ». Alors que d'autres ont su se démarquer en apportant leur propre personnalité. En quelque sorte, une reprise du flambeau (qui peut être contestable).
     Le but de ce modeste chapitre : faire (ou refaire) découvrir, très succinctement, ceux qui portent de façon évidente sa marque, son héritage ; en sélectionnant et recommandant leur disque le plus représentatif, ou le plus hendrixien. En tout cas, un qui en vaut la peine.
Réplique de la Monterey (Kenny Wayne Sheperd la adoptée)



     Robin Trower ne peut être que le premier de la liste, car sans nul doute, c'est celui qui a su le mieux perpétuer la flamme sans jamais plagier son mentor. Certainement l'un des plus sincères, cherchant toujours dans sa longue carrière, qui a connu des hauts et des bas, à retranscrire un feeling plutôt qu'une technique évidente. Son âge d'or est lié au bassiste-chanteur James Dewear (auparavant avec Stone The Crows) notamment grâce à deux disques incontournables, ou plutôt deux chefs d'oeuvre : Bridge of Sigh et Live !


la première brûlée par Jimi   (wouah.. plus chère qu'une neuve.)



     Frank Marino à qui on avait prêté la légende suivante : lors d'un séjour à l'hôpital pour abus de substances illicites, il aurait vu l'esprit d'Hendrix venir le visiter pour lui intimer l'ordre de poursuivre son oeuvre. Le principal concerné réfuta plus tard cette anecdote. Si l'influence d'Hendrix est très marquée sur ses premiers essais (surtout sur les trois 1ers opus), Frank s'en démarquera progressivement mais sans toutefois la renier ni l'oublier. En passant par plusieurs périodes, notamment une très Heavy, proche d'un Nugent bluesy sous amphétamines, les doigts dans la prise (State of Shock), avec des soli intarissables, Frank dérivera vers des plages aux parfums de jazz-rock et de rock-progressif. Au Canada, Marino est un héros.
Child of Novelty (le plus Hendrixien), mais Juggernaut pour ma préférence.
Sans commentaires


     Le germain Uli Jon Roth a du tomber étant petit dans un chaudron rempli de la discographie complète du gaucher (concerts, bootlegs et pistes obscures compris). Depuis, il ne s'en est toujours pas remis. Au point qu'elle prenne le pas sur sa propre personnalité. Mimiques, look, matos, et même le chant, se calquent sur son idole (cependant Roth est tout sauf un bon chanteur). Roth n'hésita pas parfois à faire du plagiait ; toutefois avec classe, car il demeure un excellent musicien. Malheureusement, depuis quelques années la vitesse prime sur le feeling (et ses adaptations de chef d'œuvres de la musique classique ne sont pas toujours heureuses). Son âge d'or reste lié au groupe de Hard-rock, Scorpions. Notamment parce que la rencontre de tempéraments différents (Rudolf Schenker, Meine et lui-même) conférait aux teutons une diversité et un lyrisme qu'ils perdront au profit d'une musique nettement plus carrée. Ses deux premiers opus, Earthbreaker et Firewind, auraient pu être de pures pépites si Uli ne s'était pas borné à prendre le micro alors qu'il demeure un piètre chanteur.
In Trance.

La Flying V de Jimi (de droitier), peinte par ses soins.




     Eddie Hazel, adepte du phasing et de la wah-wah, guitariste spontané, jouant principalement au feeling, il illumina les albums « Free your Mind... and Your Ass will Follow » et « Maggot Brain » de Funkadelic.
Maggot Brain, rien que pour le titre éponyme qui n'est qu'une longue complainte à la guitare. George Clinton lui avait demandé de jouer comme s'il venait de perdre un être cher (Clinton aurait insisté en lui proposant de penser à la disparition de sa mère, ce à quoi Eddie lui aurait répondu "Motherfucker" avant de se lancer dans cette formidable improvisation). La Wah-Wah saturée de Fuzz pleure par toutes les stries du bois de la Stratocaster. Maggot Brain sera joué à son enterrement, le 23 décembre 1992


oeuvre d'art en hommage au maître.


     Eric Gales, membre d'une fratrie de guitaristes gauchers talentueux, tous ancrés dans le blues (souvent tendance métal en fusion). Ils firent un disque ensemble : le bien nommé « Left Hand Brand » (1996). Eric se démarque néanmoins par une vélocité et un groove rare qui le rapproche irrévocablement de Jimi. Il fut même un temps considéré, et non sans raison, comme le nouvel Hendrix. Il fut même produit par le label de Janie Hendrix, la demi-sœur de Jimi.
Gales est un grand guitariste de Blues-rock, du genre en ébullition et légèrement parfumé de psychédélisme. C'est irrévocablement. Cependant, il lui arrive souvent d'être un tantinet bavard, et d'avoir la main un lourde sur moult couches de guitares. Le jour où il arrivera à temporiser ses (h)ardeurs, il accouchera d'un grand disque.
Celui-ci, parce que c'est le disque que Janie Hendrix a en partie financé.


La Gibson SG '69 d'Hendrix (exposée à l'Hard-Rock Café de l'Ontario)



Stevie Salas, une véritable pile électrique celui-là, le genre de gars à mettre le feu sur scène, sans l'aide d'artifices , juste à l'aide de sa gratte, de son arsenal de pédales (il adore expérimenter en la matière, jusqu'à tester différents placements des petites boîtes magiques). Même s'il privilégie les rythmes funk en mode Heavy, ses ballades et ses slows trahissent une grosse influence du gaucher. Tout comme bon nombre de ses soli gorgés de wah-wah.

Back from the Living
ce qui reste de l'authentique "Monterey"



     Graig Erickson. Peu connu, ce gaillard disait haut et fort à ses débuts que, bien qu'étant évidemment très concerné par le Blues, il préférait la Country (rock ?), mais que sa maison d'édition (Shrapnel de Mike Varney) l'incitait à se focaliser sur les douze-mesures. Vraiment ? Des années plus tard, Graig n'a toujours pas réalisé un seul disque de Country, par contre il est de plus en plus Hendrixien, comme le démontre l'album qu'il a réalisé avec Rob Lamothe (Riverdogs) au micro.
Il joue sur une Vigier Excalibur (Made in France).
Rob Lamothe Graig Erickson and the Voodoo Brothers.

5 commentaires:

  1. J'aime bien Eric Gales que j'ai re-découvert grâce à son endorsement des guitares Magneto Sonnet. Il vient de sortir un CD/DVD live qui est vraiment sympa (les mêmes titres sur les deux support cependant) sa maitrise est parfois dévordante mais il groove vraiment superbement et possède une voix vraiment à la hauteur.

    Dans tes émules tu as ommis l'excellent Hiram Bullock mais tu as peut être prévu de le mettre dans la Part 2 en tous cas vraiment un artiste que je respecte énormément par sa façon d'aborder le réperoire du Voodoo child

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    1. Je pense que Gales n'a pas encore réalisé un album à la hauteur de son talent. Il lui suffirait juste de canaliser son débordante énergie.

      Quant à Hiram Bullock, désolé, mais je l'avais complètement oublié. En fait, à une époque (reculée ??), j'en entendais régulièrement parlé, et il m'arrivait de lire quelques rare papiers sur sa personne.
      Je ne crois l'avoir écouté. Un conseil ?

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  2. Jean Paul Bourelly!!!
    Une idée de ce qu'aurait pu offrir Hendrix si... Son album consacré au maître ("Tribute to Jimi" chez DIW... plus très facil à trouver...)est pour moi le plus réussi des hommages, une relecture intelligente, fidèle, moderne et originale.

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  3. Et Randy Hansen ?

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=zsKBHZK2upE#!

    www.hardmaisrock.com

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    1. Tiens... je vais remettre mon post en avant première pour ce début d'année...

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