mercredi 18 juillet 2012

Paul GILBERT & Freddie NELSON "United States" - 2009 - (by Bruno)




Tout aurait commencé un jour où Paul Gilbert, de retour à Carbondale (en Illinois), sa ville natale, pour revoir sa famille et des copains d'antan, rencontre un vieux pote d'enfance qui lui fait écouter une cassette d'une star locale (il doit s'agir du disque du groupe « Too Tall Jones »). Paulo aurait alors craqué sur la voix d'un certain Freddie Nelson.

En effet, ce dernier a un talent de taille : celui de pouvoir chanter comme Freddie Mercury (peut-être avec un peu moins de coffre). Pour essayer d'être plus exact, il se situerait entre Freddy et Myles Kennedy (Alter Bridge et Slash), voire Lenny Wolf (Stone Fury, Kingdom Come) ; pour vous en convaincre allez écouter son medley en concert, sur Youtube, en solo, seulement accompagné de sa propre guitare folk.

A ce moment-là, la réputation de Nelson se limite à sa ville et de quelques bourgades (villes ?) des alentours ; il n'a à son actif, outre des concerts, qu'une seule cassette (ou CD ?) sur laquelle ont été gravés quelques titres avec son groupe.

Freddie à gauche, et Paul à droite.

Pour Paulo, qui a côtoyé nombre de musiciens de talent, et qui enseigne au G.I.T., il est incompréhensible qu'une telle voix reste inconnue au-delà des remparts de cette ville. D'autant plus que Nelson cumule les talents de chanteur, guitariste et compositeur.
Paulo souhaite ardemment le rencontrer. Ce sera chose faite et le courant passe immédiatement. Des goûts musicaux communs leurs permettent de construire et de délimiter aisément un terrain d'entente stable.
Enthousiasmé par les capacités de Nelson, Gilbert lui propose une collaboration. A part égale, d'après les dires du boulimique d'Ibanez vintage.
Après une période réservée aux rock instrumentaux, Gilbert revient à la chanson par une véritable collaboration.

L'album débute par un titre relativement rapide, proche de Racer X, évoquant le Hard-rock des 80's, mais aucunement annonciateur de ce qui va suivre. En effet, dès le suivant, le tempo ralentit, et bien que gardant l'aura de Racer X (en mode slow & heavy), on y retrouve assurément une part du Kingdom Come des 90's. A mon avis, ce sont les deux titres les moins intéressants de l'album. De plus, ils détonnent par un côté sombre, soit hors-sujet avec la suite.
Dès « Waste of Time », on change de décor avec une chanson Pop-rock, plutôt lyrique, à l'approche assez moderne évoquant Good-Charlotte, Muse et/ou My Chemical Romance (toutefois un degré au-dessus de ces trois là), mais pas loin non plus d'un « Hard-FM », aucunement surproduit (ni claviers pompeux, ni d'arrangements d'aucune sorte - only guitars-) ou maniéré, entre-coupée de petits chorus fulgurants. Un air qui s'imprime et que l'on finit pas siffloter sans que l'on n'y fasse gaffe.

« Bad Time Good » respire Cheap-Trick (dont on retrouve des influences, ici ou là, dans une bonne partie du disque), avec des chœurs kitch à la Queen. Mi-Pop-song, mi-Glam ; sans grande prétention, mais bien plaisant.
La surprise vient avec « Paris Hilton look-alike », ou la rencontre entre le « Paul Gilbert solo des débuts » (de « King of Clubs » à « Burning Organ ») et Queen. Un peu genre vaudeville joué par des métalleux. Une superbe réussite qui ravira (ou fera hurler) tous les fans du groupe de feu-Freddie Mercury. Le tout sur des paroles empreintes d'un certain humour.
Ensuite, les chansons se maintennent dans un Rock lyrique de bon aloi, évoluant dans une mixture faite de pincées de Mr. Big (très présent sur « I'm not addicted »), de Muse, de Big-rock US, beaucoup du style développé par Gilbert lors de sa carrière solo, d'un soupçon de Cheap-Trick, et donc, surtout par le chant de Nelson, de Queen. Dans une atmosphère délectable et salutaire, d'une fraîcheur manifeste. Avec de nouveaux points d'orgue : « I'm Free », avec un lyrisme propre à U2 (ou ce que l'on appelait le rock héroïque dans les 80's). Et « Girl from Omaha », un titre Power-Pop-rock enjoué et vivifiant, évoquant une fois de plus Queen, mais aussi Mr Big.

La guitare a toujours une place prédominante, bien que moins par rapport aux précédentes réalisations de Paul (donc, plus conforme avec la place qu'elle occupait au sein de Mr Big). Par d'effet pyrotechnique, pas d'effets de guitare non plus, du moins envahissants, ou flagrant, à part la distortion de survie obligatoire (avec peut-être un léger phaser et/ou chorus, pour épaissir le son). Quelques plans en tapping et 2 ou 3 descentes acrobatiques de manche, histoire de... D'ailleurs, Paulo s'affiche avec des Ibanez sans vibrato, comme pour signaler qu'une page est tournée, celle du shredder cramponné à la barre du vibrato.


Grâce à cette collaboration, Gilbert renoue avec l'essence et la qualité de ses premiers opus solo sus-nommés.

Petit reproche néanmoins : « United States » semble défiler assez vite, et pour cause, le CD ne dure que 38 minutes (d'autant plus que je « zappe » parfois le premier titre). Mais bon, il vaut mieux primer sur la qualité que la quantité.

Malheureusement, à ce jour, il n'y a eu aucune suite à ce projet. Pourtant, à mon sens, il demeure, pour l'instant, la meilleure chose à laquelle Paul Gilbert ait participé depuis 2004.

Un album pirate d'un live enregistré à Osaka en 2009, démontre que le duo Gilbert-Nelson assurait bien sur les planches ; les interprétations ne sont ni tronquées, ni bâclées, encore moins massacrées. Même si parfois, Paulo aurait gagné à refréner ses poussées de fièvres de shredder. Une reprise sympathique de « Stateboro Blues », version Pat Travers, que l'on ne s'attendait pas à trouver ici
P.S. : Amusant, la seconde partie, instrumentale, de « Pulsar », ressemble à des plans (en accéléré) d' « Emerald » de Thin-Lizzy . Vu la vaste culture musicale du bonhomme, il serait vraiment étonnant que ce ne soit q'une coïncidence. 






à lire également : Paul Gilbert "King Of Club"

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire