mercredi 21 décembre 2011

The Brian Setzer Orchestra - "Christmas Comes Alive" - (2010) (By St-Bruno)


Boogie Woogie Christmas

Brian Setzer est un peu comme les personnages qui ornent souvent ses pochettes de disques. Presque un personnage de BD véhiculant une image de Rocker un peu zonard de la fin des 50's, début 60's avec tous les archétypes du genre. Entre Frank Margerin, Ben Radis, Jano (Kebra), et les illustrations de Vince Ray. Une image qui dénonce une culture typiquement américaine.
Toutefois, Setzer ne doit pas son succès à son look, mais à ses indéniables talents de musicien et de compositeur.

Ce n'est pas par qu'il est devenu ce que l'on pourrait appeler une institution, un modèle déposé en fiabilité et en qualité, rarement (jamais ?) mis en défaut, recevant même à trois reprises un Grammy Awards (deux en 98 pour la meilleure prestation en duo et le meilleur titre instrumental, et en 2000, également pour un instrumental ; tous trois dans la catégorie Pop - ? -). Et ce, sans pression d'un lobbying de l'industrie musicale. 
 
Bien en vue, le Bassman et le Space Echo
Même s'il ne paraît plus aussi sauvage que lors de ses prestations avec les Stray Cats, se reposant désormais sur son Big Band, à maintenant 52 ans, Setzer demeure un performer capable de captiver une salle du début à la fin d'un concert. Son expérience, alliée à une réelle passion de la musique et une sincérité jamais démentie, lui donne la clef de prestations toujours réussies. Sans omettre une technique et un jeu à la guitare qui ont fait l'unanimité parmis ses pairs musiciens (invité par Paul Rodgers, Jeff Beck). Ha... le jeu de Setzer. Cette science combinant la fulgurance des pionniers du Rock'n'Roll des 50's, à la technique de Charlie Christian et de Django Reindhart, en ont fait un bretteur inattaquable dans son domaine. Une guitare qui n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour habiller, habilement, remarquablement, des compositions en trio ; le tout sans effets autres que la réverbe de son Fender Bassman, de son vibrato Bigsby, et d'un antique Delay analogique Roland Space Echo (aujourd'hui parfois remplacé par du matos plus moderne et moins fragile).

Après avoir brûlé les planches et affolé les foules, les Stray Cats commencent à s'essouffler dès 1985. Est-ce de la lassitude ? Une baisse d'intérêt du public ? Le format du trio devenant trop restreinte pour s'épanouir par la composition ? Quoi qu'il en soit, Setzer veut passer à autre chose, et dès 1986, débute une carrière parallèle aux Stray Cats. Albums solos et participation à des musiques de films viennent donner de l'oxygène au natif de Long Island.
Cependant, la mutation n'intervient qu'avec l'arrêt total du trio.
Avec les choristes, Julie Reiten et Leslie Smith

En 1994, Setzer va d'un extrême à l'autre en passant de deux à seize musiciens (!), en se lançant dans l'aventure du Big Band avec le Brian Setzer Orchestra. Une belle réussite, d'autant plus que le minet blond ne renie aucunement son passé, ou son église. Dès les premières notes, c'est du pur Setzer. Le BSO remet sous les feux de la rampe les Big Band des années 50, qui délivraient une musique enlevée forte de cuivres unis et entreprenants, fortement imprégnés du Jazz des années 40, de « Jive » et de swing, et n'hésitant pas parfois à frôler les contrés du Blues et du Rock naissant. On parle de "Swing Revival". Setzer en remet une couche, fort de son intrépide Gretsch 6120. Une mixture de Benny Goodman, Louis Prima, Eddie Cochran, Fats Domino, Duke Ellington, Chuck Berry, Count Basie, Presley, Glenn Miller, et des Stray Cats (dont il pioche dans le répertoire pour réarranger avec classe des compositions en mode Grand Orchestre). Setzer a injecté une bonne dose de Rock'n'Roll et de Boogie aux Big Bands de Swing Jazz. Il renoue un peu avec le succès, mais rien de mirobolant. Jusqu'à l'année 1998 avec le bien nommé « Dirty Boogie » qui monte à la neuvième place des charts US.
En 2002, Brian participe à la tradition américaine (en plein essor d'ailleurs) de faire un album orienté « chants de Noël », avec son grand orchestre (« Boogie Woogie Christmas », réédité depuis à deux reprises avec Bonus). Soit avec des réarrangements Swing-jazz-boogie bien chargé en cuivres. Pas vraiment un grand succès, même si salué par la critique, mais suffisamment pour qu'il réitère l'expérience en 2005 ("Dig that Crazy Christmas"). En 2008, sa maison de disque édite une compilation couplée à un DVD d'un concert. 

Avec ces disques, Setzer ne fait pas dans la guimauve et reste fidèle à ce qu'il a développé avec son orchestre Big Band ; même s'il favorise un peu plus son côté crooner-jazz, au détriment de sa facette « Dirty-Boogie-Jump-Blues ».

Cette fois-ci encore, il réitère en offrant un concert, enregistré à Knoxville (Tennessee) lors du « Extravaganza Tour » de 2009, mêlant ses propres compositions et les traditionnelles réarrangées.
Le Big Band est rodé, cela baigne dans l'huile - de Hot Rod -, c'est rutilant comme des chromes - de sa Triumph 50's -, et alerte comme un V8. Une belle machine démarrant au quart de tour, et s'élançant dès que son conducteur, ou plutôt son chauffeur, appuie sur le champignon. Ni une machine de guerre ou un bolide intrépide, mais plutôt du genre imposante limousine décapotable, se pavanant sur les Sunset Boulevard, Broadway ou autre Beverly Hills.

Une musique festive et flamboyante, chargée en cuivres et swinguante, avec des chœurs à la Andrews Sisters, une rythmique – contrebasse / batterie – qui n'est pas sans rappeler celle des Stray Cats, et un Setzer en chef d'orchestre, crooner, et guitariste, moins endiablé, mais toujours pertinent.
Sans prise de risques, à l'exception des réarrangements des deux classiques qui risquent de faire grincer des dents les plus traditionalistes, les cuivres sont néanmoins impliqués, donnant l'impression de jouer avec plaisir et envie de communiquer avec le public.
Lorsqu'il a besoin de plus d'espaces pour s'exprimer pleinement, Setzer revient à la formule du trio. Ici, deux incartades de pur Rock'n'Roll.
La même grosse-caisse que celle du batteur de Benny Goodman

Même Claude Toon pourrait y trouver son bonheur, ne serait-ce qu'avec la version, toute personnelle, de « Casse-Noisette » (The Nutcracker Suite), et surtout celle de « Des Anges dans nos campagnes » (Angels We Have Heard On High). Ici bien plus affriolante et excitante que celle des Vox Angeli ou de Mireille Mathieu.

Le son est conséquent et précis, avec l'ensemble des instruments audibles et équilibrés, et un public attentif et respectueux. Ce qui donne une qualité d'écoute proche des productions studio actuelles.

C'est vivifiant, revigorant, enjoué, idéal pour être passé en boucle lors des fêtes de Noël.
Essayez, vous verrez. Même les gosses pollués par les horreurs des radios corrompues, se surprendront à taper du pied ou à chantonner un refrain ou deux.

Enjoy ! Et Joyeux Noël !


Recto : avec clin d'oeil à la série "Bewitched"


  1. Did That Crazy Santa Claus (A.Johnston Jr, Leon & Rafael Rene)
  2. Sleigh Ride (L. Anderson, M. Parish)
  3. Boogie Woogie Santa Claus (L. Rene)
  4. Winter Wonderland (F. Bernard, Richard B. Smith)
  5. Santa Claus is Back in Town (J. Lieber, M. Stoller)
  6. (Everybody's Waiting For) The Man With The Bag (Brooks, Stanley, Irving)
  7. Stray Cat Strut (B. Setzer) with You're A Mean One, Mr Grinch (Hagne, T. Geisel)
  8. 'Zat You Santa Claus (Jack Fox)
  9. Angels We Have Heard On High (Traditionnel)
  10. Run Rudolph Run (Broadie, Marks)
  11. Jingle Bell Rock (J.C. Beal, J. R. Boothe)
  12. Blue Christmas (B. Hayes, J. Johnson)
  13. Fishnet Socking  (B. Setzer)
  14. The Nutcracker Suite 
     (Tchaïkovsky)
  15. Jingle Bells (Traditionnel)






Ha !?! Mais non !! C'est pas ça ! J'm'suis trompé dans les fichiers !! Crénom de screubedeleuleu !!!
Comment ? Mais non chérie !! Ce n'est pas moi ! C'est certainement C.T. !! Mais enfin, c'est Nooêêêl... Qu'est-ce que tu fais avec cette casserole à la main ? Boïng ! Aïe ! Bam !! Ouch ! Pas la tête ! 
Désolé, je dois rendre l'antenne... une Bang ! - ouïlle - urgence.



Hum ! Hum ! Euh... oui, la magie du direct. Veuillez m'excuser, je reprend à la place du Déblocnoteur qui a dû s'absenter ;  un imprévu.

Donc, d'abord, le Brian Setzer Orchestra au complet



Et, en formation restreinte, en trio, comme à la l'époque des Stray Cats.

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