C’est le sixième rejeton de la saga horrifique et démoniaque initiée par Sam Raimi, en attendant le septième.
- Mais pourquoi avoir été voir un truc pareil ? [ FLASH ! FLASH ! ]
- Non s'il vous plait, pas de... Je répondrai à toutes vos questions à la fin de mon laïus. [ FLASH ! FLASH ! ]
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| la Deadite |
La recette reste inchangée pour les EVIL DEAD 2 et 3, du même Raimi, qui ensuite fera fructifier la franchise à partir de 2013 : remake, spin-off, suite. Sam Raimi reste producteur de la série, choisit les réalisateurs, et pour ce EVIL DEAD BURN a confié les rênes au français Sébastien Vaniček, qui s’était fait remarquer avec VERMINES il y a trois ans.
Comment un réalisateur français allait-il poser sa patte sur l’univers très codifié du genre ? Très simple, il ne la pose pas ! Ah si, son héroïne Alice Price (l’actrice suisse Souheila Yacoub, qui a débuté au cinéma avec Gaspard Noé, et vue dans DUNE) fume une clope au début, et une à la fin. On est donc dans du cinéma subversif. Ou cette réplique de son mari qui lui reproche ses embrassades à son beau frère: « tu sais, en France, on se fait une branlette pour se dire bonjour ». Moment de poésie rabelaisienne. Et puis on entend lors d’une scène d’obsèques « La chanson des vieux amants » de Jacques Brel, et à la fin « Elle était si jolie » d’Alain Barrière. La french’s touch se résume à : clope, branlette, crooner d’Ehpap (rendons pour l'occasion à Brel sa nationalité belge).
Pour le reste, on prend les mêmes et on recommence, sachant que pour y comprendre quelque chose il faut avoir vu les deux premiers de la nouvelle trilogie. On a la deadite (créature démoniaque) Jessica qui cherche à retrouver une dague dont on dit qu’elle est la seule arme à pouvoir terrasser les démons. Elle s’en prend d’abord à Will Price (le mari d’Alice), le zombifie, qui plus tard sortira de son cercueil pour zombifier à son tour son papa, etc... etc... toute la famille Price y passera, même la mamie en fauteuil roulant, qui inquiète dès la première seconde, ce n'est pas le sens du suspens qui étouffe le réalisateur.
Après une séquence pré-générique où deux jeunes pêcheurs sont déchiquetés, broyés, concassés par une Jessica vindicative - efficace en termes d’horreur mais sans rapport avec le schmilblick - la suite du film tient dans une réunion de famille, tendue, dans une grande baraque isolée - forcément - où tout le monde finira par s’entre-tuer. Ce qui n'est pas aisé, puisqu'un deadite est résistant. Ainsi, papa, rigolard, se tire trois balles en pleine gueule, mais continue à cavaler avec ses trois trous dans le crane !
On relèvera une scène pas mal dans l’habitacle d’une voiture ou papa s’en prend à sa belle fille, les broches de l’appui-tête en guise de fourche. Ensuite, c’est le crescendo habituel, à qui le tour, et comment ? Tous les ustensiles de cuisine ou outil de jardinage y passent, mention à la débroussailleuse qui tranche, charcute et décapite. Personne ne sera épargné, même le chien massacré à coups de fourchette. Le chien ? Ah non, brave bête…
Le scénario mince comme une feuille Rizla+ regorge d’incohérences et de grotesques, la première étant : mais Alice, pourquoi tu ne te tires pas dès la première alerte ? (un marqueur de ce genre de productions, les protagonistes, sous le coup de l'émotion sans doute, sont cons comme des bites). Comment le massacre au crématorium à l’issue de la cérémonie n’alerte personne ? Parce que ça laisse des traces aux murs ces petites plaisanteries.
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| Santé ! |
- Vous ne vous attendiez tout de même pas à une finesse psychologique toute bergmanienne dans l'écriture ?
- Certes, mais au moins être surpris, étonné, un minimum d'originalité...
Donc va-t-on se rattraper avec la mise en scène ? Foutaise ! Des plans hachés (sic), ultra courts, pas plus de 4 secondes. Des idées de cinéma ? Peau d’zob ! Tout semble avoir déjà été filmé cent fois. Aucun travail sur les cadres ou la lumière qui pourraient ficher la trouille, tout y est filmé comme si l'électricité n'existait pas, les rares touches de couleur sont rouges... Ambiance abusivement malsaine, mais rien d’anxiogène. Vu le décor et les tronches c’était le moins.
EVIL DEAD BURN serait comme un étal de boucherie, on désosse, on retire le gras et les abats, c'est bêtement répétitifs, sans surprise, lassant. Chaque coup de couteau est surligné par un grondement musical tonitruant. Même pas peur, et pire, on s’emmerde franchement. Rarement un film d’1h50 m’a paru durer 4h00. Évidemment aucun humour, aucune ironie, aucune référence aux classiques du genre. Les cinéphiles n’ont rien à se mettre sous la dent, à moins que le plan du regard à travers la porte fracassée soit un hommage à SHINING.
- Bah alors pourquoi avoir été voir ça ?
- Voyez mon attaché de presse.
Sébastien Vaniček nous fait le coup des scènes bonus tin tin tin en cour de générique de fin (la mamie jambes coupées qui rampe sur l'asphalte / retour de Ellie du précédent opus EVIL DEAD RISE), histoire sans doute de nous sortir de notre léthargie. Je ne sais pas si le producteur Sam Raimi a aimé le résultat, si son poulain français a répondu à ses attentes, si c’est le cas, c’est que le curseur est tombé bien bas.
Ce truc n’a strictement aucun intérêt.
- M’sieur Luc B [ FLASH ! FLASH ! ] pourquoi avoir été voir ce nanar ?
- Pas tout le monde à la fois [ FLASH ! FLASH ! ] et s’il vous plait pas de photo… Film projeté dans un cinéma de quartier dans le cadre d’un cycle horreur, et quelqu’un qui connaît quelqu’un que je connais avait une place gratos…
- Comment le public a-t-il réagi ? Y a-t-il eu un débat après la projection ?
- On était douze, dont la moitié était visiblement des potes de l’organisatrice. Un débat ? Je sais pas, je suis parti tout de suite, y'avait ni binouzes ni cahouettes…
- Est-ce que vous irez voir EVIL DEAD WRATH déjà annoncé pour l’année prochaine ? [ FLASH ! FLASH ! ]
- La conférence de presse est terminée, M'sieur Luc left the building.
👉 Le film est la suite de EVIL DEAD RISE, chroniqué à Noël (!) par Bruno : - clic ici -








Bien rigolé, pour cet éreintement en règle, avec une assez belle définition du cinéma subversif. Les films d'horreur, de zombies...etc, je ne peux pas, j'ai vraiment l'impression de perdre mon temps.
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