jeudi 8 janvier 2026

DISQUE LEGENDAIRE (4) – Michael MURRAY joue BACH sur l'orgue de Los Angeles (1984) – par Claude Toon


- Claude… Avec M'sieur Pat nous sommes surpris que tu ne nous proposes pas un récital Bach par Pierre Cochereau ou Marie-Claire Alain plutôt que cette gravure réalisée à Los Angeles… Qu'a-t-elle de légendaire ?

- Bonne question tous les deux. Un enregistrement exceptionnel de la Toccata et fugue en ré mineur de Bach requiert trois qualités : la vaillance de l'interprétation, la pertinence du choix des jeux et la clarté et la dynamique cyclopéenne de la prise de son… Ici nous avons les trois…

- Heuu, l'organiste s'appelle Michael Murray – un cousin de Bill Murray de SOS Fantôme, hihi – pas très connu, de moi en tout cas…

- Les critiques jugent Michael Murray comme l'organiste américain le plus talentueux du XXème siècle, il a joué en France, Vierne notamment… Deux artistes homonymes mais aucun lien de famille, un nom courant aux USA… Bill, un acteur que j'aime beaucoup…

- Ah je vois, c'est vrai ce que tu dis, reproduire des grandes orgues dans son salon n'est pas aisé ! Dans les cathédrales, je me sens toute petite…  

- Bien, Sonia et Pat… Pour finir sans oublier les grands organistes Français, nous écouterons André Isoir dans une interprétation récente brillant de mille feux… et plutôt bien enregistrée !


Enceinte Tannoy Westminster

J'ai commencé une saga "disque légendaire". Le mot "exceptionnel" ou l'expression "haut de gamme" serait sans doute plus approprié. Comme le remarque Sonia, de telles anthologies foisonnent. Je viens de réécouter l'interprétation très inspirée et héroïque de Pierre Cochereau à N.D de Paris en 1974, hélas, la prise de son écrase toute forme de délié de cette partition si populaire.

Ce billet ne prétend pas établir un classement partial entre organistes de talents, ni de départager les amateurs d'orgues baroques ou romantiques, etc. Mais qui n'a pas un jour souhaité ressentir "at home" les vibrations apocalyptiques après un concert ou un simple passage dans l'une de nos cathédrales équipées des monstres du facteur "Cavaillé-Coll" du XIXème siècle ? Difficile de croire que vous n'ayez jamais frissonné quand se déchaînent la tempête dans les milliers de tuyaux mugissant… pilotés par les quatre ou cinq claviers.

Partie 1 : Les Grandes Orgues dans votre salon, possible ou pas ?

- Excuse moï Claude… avant de commencer, pourquoi illustrer ce billet avec la photo de ce meuble bizarre ? Un confiturier ? Un coffre-fort ?

- Hihi Sonia. Non une enceinte acoustique Tannoy Westminster Royal avec son HP central de 38 cm caractéristique de la marque – la taille d'un frigo de 1,4 m, et de 140 kg. Avec sa bande passante de 18 Hz à 27 kHz (détail pour les pros), voici l'un des rares HP qui pourraient reproduire de manière assez réaliste des grandes orgues. Ajoutons un amplificateur type Cayin Pearl 30i… et un lecteur Rega Isis par exemple et ça le fait…

- Mouais, et si je présente la note de ta paire de Winchester et des autres bidules à Luc ?

- Disons… le prix d'une belle Mercédès, mais surtout pensez à trouver un manoir bien isolé avec une salle de 50m2 au moins. Pour du Hard-Rock, ça marche aussi façon rave-party… Westminster Sonia, hihi, pas Winchester… Ça on le réserve aux westerns de Luc.

Arrêtons de rêver. J'ai écouté le disque du jour en appartement. Maggy Toon a convenu que certes le résultat est techniquement saisissant mais est resté frustrée de ne pas se trouver dans une nef d'église ou un vaste studio pour entendre la musique se déployer en majesté. En effet, malgré un espace sonore très large, l'orgue semble rester engoncé entre les deux HP (B&W 805).

Donc peu de solution… 1 – Habiter un château et dépenser 100 k€ de matos, 2 – Rester plus modeste en se privant des extrêmes graves, ça peut le faire et 3 – Écouter avec un bon casque à partir d'une source correcte…



Orgue Nieuw Scheemda

Partie 2 : Bach : quels orgues lui conviennent le mieux ?

Cette question a-t-elle réellement un sens ? la partition, très virtuose, est écrite sur trois portées soit pour deux mains et les pieds donc un clavier, waouh difficile et un pédalier. Donc on exclut les harmoniums et les orgues dits "positifs" présentés dans deux chroniques : Les Concertos pour Orgue de Haendel et le fabuleux Art de la fugue de Bach joué sur un trio d'orgues par l'Ensemble Karajan. Sur le premier orgue "privé" que l'on déplaçait vers le lieu de concert, il n'y avait pas de pédalier ; donc utilisation impossible. Le second a un petit pédalier mais un seul clavier et quelques jeux de tessitures modestes disponibles ; pour s'entraîner ? pas sûr 😊…

On peut rigoler en regardant ces beaux instruments de l'époque baroque. Il y en avait même de plus petit encore, taille harmonium, pour participer à la "basse continue" pour les œuvres sacrées comme les cantates.

Or nous sommes habitués à entendre cette Toccata et fugue jouée sur des orgues modernes avec une puissance qui peut faire vibrer les vitraux ! Mais de quels instruments disposait Bach au début de sa carrière, vers 1690 environ… Il n'est pas mignon le petit orgue de 4 pieds* de l'église réformée de Nieuw Scheemda (Hollande) du facteur Arp Schnittger ? Très rococo de style, il a été achevé en 1698, comporte 8 jeux - 1 clavier manuel de 45 notes et un pédalier de 25 notes (2 octaves). Il demeure une pièce rare entretenue à merveille dans ses capacités originelles et donnant ainsi un aperçu des orgues disponibles en cette fin du XVIIème siècle, le début du baroque tardif. Inutile de préciser qu'un organiste aussi imaginatif et virtuose que Bach et ses amis rêvait d'un "orchestre symphonique" à tuyaux, chaque jeux de 54 tuyaux en étain, cuivre ou bois étant un instrument à lui tout seul…

(*) 4 pieds soit 128 Hertz, la note la plus grave de la tessiture du basson qui est un si bémol (ne chipotons pas pour un ton)… le tuyau mesure 1,3 m.


Console de l'orgue d'Atlantic City

- Ils sont trop mimis les angelots joufflus et fessus qui jouent de la trompette sur les côtés, Claude… Très kitsch…

- Ah Sonia… tu t'amuses d'un rien… Je suis tout à fait d'accord, les facteurs d'orgue de cette époques osaient tout !

- Heuuu Claude, je vais te pousser à la digression… Déjà que… Où se trouve le plus grand orgue du monde ?

- Waouh, bonne question, en 2025, un tel instrument géant quasiment ruiné et irréparable fonctionne enfin après 15 ans de travaux et des millions de $ dépensés. Le diplodocus se trouve dans le Boardwalk Hall d'Atlantic City, une sorte de Palais omnisports de Paris-Bercy de 17000 places. Il a été construit dans les années 30 par le sénateur Emerson Lewis Richards également facteur d'orgue. 

Écoute ça Sonia ! 33 114 tuyaux connus 😊, non visibles des spectateurs, 449 jeux et sept claviers, les trois du bas ont la tessiture de celui d'un piano. 

Encore plus farfelu, il dispose d'un jeu en bois de 64 à 32 pieds (20 m de haut et près de 2 tonnes pour le plus grand tuyau). Cela dit ils sonnent sur un octave entre 8 et 16 Hz, ce sont des infrasons inaudibles par l'oreille humaine (nocifs ?) !!! Seules les vibrations harmoniques dans la structure sont perçues. Pour une visite guidée stupéfiante, en suivant le jeune organiste virtuose et Youtubeur Paul Fey, voir (The organ at Boardwalk Hall).

Incontestablement, ce Godzilla de l'univers des orgues aurait épaté les meilleurs compositeurs organistes de Bach à Louis Vierne* en passant par Eugène Gigout*…(Mettez vos casques). Quoique, on fantasme, mais seuls nos amis Yankees pouvaient construire un instrument aussi monumental… Il m'a semblé entendre le début de la B.O. de Gladiator…

(*) Chacun auteur d'une cataclysmique Toccata, deux morceaux de bravoure à décorner les bœufs du village 😊.


Orgue de Saint-Cyprien en Perigord
 
 
 
 
André Isoir (1935-2016)
 

Revenons à Bach et à sa Toccata et Fugue…

Ce rapide panorama de l'évolution des orgues tant dans les lieux de culte que les salles de concerts ou de spectacles ne répond guère à la question initiale : quels étaient les orgues dont pouvait disposer Bach pour écrire et jouer cette œuvre populaire mais très exigeante en termes de performances et de virtuosité de l'instrument ?

Rendons nous dans la bonne ville de Köthen où la famille Bach réside et travaille entre 1717 et 1723. Köthen, ville protestante et étape intermédiaire entre son séjour à Weimar et la longue et ultime fin de carrière à Leipzig. Voir le petit schéma représentant les pérégrination de Bach dans la chronique dédiée à un groupe de trois cantates sur le thème de la transfiguration (Clic).

Les musicologues ont établi que la Toccata et Fugue en ré mineur aurait été composée entre 1703 et 1708. Elle surprend par son écriture complexe et très virtuose et, particularité rare chez Bach, sa dimension spirituelle inexistante quoique non dénuée de noblesse. On a même douté un temps de son attribution à Bach. Sujet clos de nos jours !

Pouvons-nous parler de divertissement volontairement spectaculaire à propos de l'œuvre ? Certains érudits ont bâti une théorie séduisante. L'œuvre serait un "outil de test" musical sophistiqué pour mettre à l'épreuve les registres des orgues imposants en cours de construction en ce début du XVIIIème siècle. L'étude poussée de la partition met en évidence un besoin de disposer de nombreux jeux pour expérimenter moult techniques de contrepoints ardues dont il faut se jouer et des trilles mettant à rude épreuve les mécanismes à traction mécanique… On observe aussi l'absence d'accord nécessitant un tuyau du "principal" de 16 pieds (5,5 m ! 32 Hz) pour descendre dans l'extrême grave.

Or, lors de la composition, Bach séjourne à Arnstadt, dont l'orgue ne possède pas un tel jeu dans sa "montre", la montre est cette majestueuse alignée de grands tuyaux visible en façade, à des fins esthétiques.

Á Köthen la famille fréquente l’église luthérienne Sainte-Agnès dont l'orgue construit en 1708 est riche de deux claviers, 13 jeux et un pédalier à la tessiture très étendue. L'idée d'une pièce de grande qualité à propos de la Toccata et Fugue en ré mineur BWV 565 permettant de vérifier la fin de la période d'accordage n'a rien de fantaisiste. Bach reviendra à Köthen en 1734 jouer la Toccata et Fugue en fa majeur BWV 540, pièce géniale qui ne se joue que sur les claviers, et sans doute préparée elle aussi pour mettre en valeur les extensions de registres ajoutées à l'orgue de l’église Sainte-Agnès. Orgue qui n'existe plus depuis 1881 et dont aucune gravure ne témoigne de son architecture.


On pourrait enfin conclure quant au choix de l'orgue idéal pour jouer Bach par cette trivialité "qui peut le plus peut le moins". L'orgue de Saint-Donat donne une idée de l'instrument apprécié par le compositeur. Les grands interprètes français de l'œuvre du Cantor que furent Marie-Claire Alain et André Isoir privilégiaient les instruments de type germanique ou danois à traction mécanique plus précis semble-t-il que les grandes orgues romantiques électrifiés… L'orgue de Saint-Donat dans la Drome pour l'une, celui de Saint-Cyprien en Périgord reconstruit de A à Z pour le second. "Bach en a rêvé, André Isoir lui a offert post mortem grâce à son ultime intégrale."

La seconde intégrale sur trois de Marie-Claire Alain à la Collégiale de Saint-Donat dans la Drome et sur divers orgues baroques européens est à privilégier par ce choix d'instruments au son lumineux. Enregistrement : 1978-1980 (Deezer).

 

En 1980, André Isoir fervent expert de Bach et passionné par la facture conçoit le projet de recréation d'un orgue idéal au service de l'interprétation des œuvres de l'époque baroque. Il choisit l’orgue de l’église de St Cyprien en Périgord qui possède un magnifique buffet datant de la fin du 17ème siècle. Le buffet, très élégant et en bon état, a été classé aux monuments historiques en 1977. Isoir fait appel à Gerhard Grenzing, facteur allemand de génie dont l'atelier se trouve à Barcelone. Entre 1981 et 1982, Grenzing transforme complètement l'instrument en conservant le concept de traction mécanique pour les trois claviers et le pédalier. L'orgue possède désormais 22 jeux. André Isoir y réalisera six CD pour son intégrale achevée en 1993 plus l'art de la fugue de manière isolée. Pour certains la référence absolue dans ce répertoire (8 récompenses prestigieuses.) Il se raconte que le fantôme du Cantor viendrait en jouer certaines nuits…

- Dis Claude, on part quand à Los Angeles au juste ?

- Maintenant Sonia… Tiens, tes billets classe affaire…

- Luc a accepté de payer à ce tarif ?

- J'ai piraté le compte du Deblocnot… hihi… étape à Philadelphie…


Partie 3 : Orgue Schlicker néo-baroque de l'église congrégationaliste de Los Angeles


Orgue Schlicker néo-baroque de Los Angeles
 

Le mot mythique, synonyme de légendaire dans le dico, est plus approprié à considérer les références techniques et historiques de l'orgue choisi par Michael Murray pour enregistrer son programme Bach. Il existe peu d'orgue baroque aux USA, logique ! Une exception : un orgue de Chicago (Clic) équipé de 2 claviers, 1 pédalier, 19 jeux ; donc une grande similitude avec celui de Köthen. Construit en 1926 il est posé au sol et son mécanisme est électropneumatique donc moins réactif qu'un système à traction directe.

Michael Murray choisira en 1984 un orgue monumental disposant de tous les types de jeux et de de timbres, notamment ceux utilisés par les baroqueux comme Bach ou Buxtehude. L'église congrégationniste de Los Angeles possède deux orgues qui répondent à cette exigence d'un choix quasiment sans limite dans la registration.

Ne nous attardons pas sur l'orgue de chœur souvent présent sur le côté de la nef dans les cathédrales, de taille plus modeste que celui de la tribune et utilisé la plupart du temps pour les offices brefs, en semaine. L'orgue de tribune et son petit frère du chœur ont été construits en 1932 par la Manufacture Ernest Skinner de Boston.

En 1969, on commissionne le facteur Herman L. Schlicker de Buffalo formé à l'école allemande et danoise dans les années 30 pour modifier en profondeur l'instrument. Il ajoute notamment les jeux d'anches courtes hérités des orgues baroques. Un mouvement néo-baroque est en expansion aux USA afin de rivaliser avec le patrimoine européen.

On comprend ainsi la pertinence du choix de Michael Murray. L'orgue possède 5 claviers, 1 pédalier, 163 jeux sur 207 rangs et une traction électrique. Sur un orgue de cette taille, la traction mécanique est irréalisable… De nos jours, la technique n'est plus un handicap pour l'organiste. Il devance en capacité l'orgue de N.D. de Paris et ses 115 jeux. Il possède 20 147 tuyaux 😊! Dernière indication sans doute évidente. Il est possible de combiner des jeux ensemble (mixture), de coupler les claviers… etc. En un mot, toutes les partitions de l'histoire peuvent être magnifiées sur cet orgue. La console est vertigineuse de complexité, un chef-d'œuvre du genre.



Console de l'orgue Schlicker

Partie 4 : Michael Murray (1943-2024)

Rien de surprenant que l'Europe n'est plus l'exclusivité de rassembler les meilleurs organistes de la planète. Les claviéristes de jazz sont nombreux et célèbres, deux exemples : Eddy Louiss et Lou Bennett. Côté classique aux USA, citons E. Power Biggs (anglais d'origine, 1906-1977), Scott Ross mieux connu comme un prodigieux claveciniste et d'autres talentueux mais dont les discographies ne franchissent par l'Atlantique. Sonia ajoute "on a déjà ce qui faut". Un peu cocardier, mais objectif 😊.

Michael Murray est né dans l'Indiana en 1943. Il fréquente le conservatoire de Minneapolis de cet État, puis celui de l'Ohio. Puis, bonne idée, il vient à Paris où Marcel Dupré l'accepte comme dernier élève. Dupré (1886-1971) qui partagea la tribune de Saint-Sulpice avec son maître Charles-Marie Widor, deux titulaires pendant un siècle 😊. Il avait enseigné à Marie-Claire Alain, Pierre Cochereau, Jean Guillou, Olivier Messiaen, liste des "vedettes" qui justifie sur le fond la remarque de Sonia. Marcel Dupré pouvait interpréter toute l'œuvre de Bach de mémoire ! En 1968-1969, Michael Murray fera de même en 12 récitals à Cleveland. Il a 25 ans… Il deviendra le biographe de Marcel Dupré. Nous l'entendrons dans une chronique à venir dédiée à une gravure Telarc de deux symphonies de Louis Vierne enregistrées en France sur le Cavaillé-Coll de Rouen. Sa discographie comprend une trentaine de disques mal distribuée hélas.

Après un carrière éclectique comme concertiste et titulaire de l'orgue de Columbus, dans l'Ohio, Michael Murray a pris sa retraite vers 2014, se consacrant à l'écriture. il nous a quittés dans cette ville en 2024.


Michael Murray

Partie 5 : Programme Bach

Michael Murray a sélectionné quatre des ouvrages majeurs de Bach parmi les plus populaires et faciles à écouter. Des analyses techniques sur leurs compositions sont disponibles sur le web. En ajouter d'autres de mon cru serait présomptueux et sans aucune plus-value. Le discours toujours riche et les lignes mélodiques nuancées nous montrent un Bach cherchant des voix nouvelles, animées, radieuses car peu élégiaques. Aucune aide didactique ne s'avère nécessaire pour apprécier ces partitions. Rester de marbre à l'écoute ne serait pas dramatique en soi, quoique inhabituel. Peut-on évoquer un manque de sensibilité musicale avérée ? Non sauf si le symptôme s'étend à tous les genres artistiques de qualité…

 Toccata & [02:50] Fugue en ré mineur, BWV 565 (1703-1707 à Darmstadt)

Concerto No. 2 en la mineur, BWV 593 (1713-1716 d'après Antonio Vivaldi RV 522)

 I. Allegro

 II. Adagio

 III. Allegro

 Prélude & [06:54] Fugue en si mineur, BWV 544 (1727-1731 à Leipzig)

❻ Prélude & [05:23] Fugue in ré majeur, BWV 532 (1709-1717 à Weimar)

Le disque aborde toutes les techniques affinées par Bach lors de ses différentes fonctions. La Toccata & Fugue en ré mineur demeure la source de milliers d'exécutions, d'adaptations plus ou moins opportunes et de transcriptions pour orchestre comme celle de Stokowski pour Fantasia.

À propos de cette captation, j'ai lu cette critique : "La célèbre Toccata et Fugue en ré mineur bénéficie d'une interprétation d'une virtuosité incroyable, et le jeu d'une précision et d'une aisance exceptionnelles de Murray est tout simplement époustouflant ! De plus, ses registrations sont d'une grande richesse tout en respectant l'intention originale de Bach." Merci à Andrew Larson de suppléer mon opinion.

Je confirme que l'attaque des notes avec une telle précision apporte une transparence étincelante au discours. Le jeu sur l'orgue est difficile. Tant que le doigt enfonce la touche, le tuyau via son clapet reçoit l'air et vibre, la durée de la note peut-être infinie 😊. Une difficulté existe cependant : il faut un certain temps pour que le tuyau entre en résonance, surtout dans les registres graves. Michael Murray maîtrise le phénomène à la milliseconde près ! Quelle clarté dans la polyphonie (souvent les différentes voix se confondent), on distingue aussi très finement spatialisés tous les jeux employés. L'instrument occupe la largeur de l'espace sonore, y compris en profondeur, encore une exceptionnelle réussite.

La prise de son tient du miracle. Les accords dans l'extrême grave de la Toccata BWV 565 sont puissants mais non caverneux. Mille bravos à l'ingénieur du son que je ne cite jamais : Robert Woods, également président fondateur de Telarc. J'ajoute la vidéo de l'interprétation de André Isoir, un régal de poésie.


Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que conseillée. Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la musique…

Connecter le PC via un port USB et un adaptateur à lune entrée audio d'un ampli audiophile donne un résultat spectaculaire. Quant au CD… no comment ! 


INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool. 





Pour les amateurs d'intégrale, je conseille la 2ème de Marie-Claire Alain, l'édition ultime par André Isoir et n'oublions pas celle d'Helmut Walcha qui n'a guère vieilli...

3 commentaires:

  1. Je plussoie ce brillant CR, cet enregistrement de Toccata & Fugue est remarquable une vraie référence pour audiophile averti un must pour tout possesseur d'une "chaîne hifi" capable de passer le 30Hz, bref un immanquable pour tout mélomane digne de ce nom.

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    1. Ouf, merci Guy. J'ai trouvé ce disque un peu par hasard.... Tu me réconfortes sur la pertinence de mon choix... Les B&W 805 sont un peu courtes dans les très basses fréquences, mais l'ampli Lavardin ignore les effets de contreréaction et Murray sait qu'il ne joue pas du Vierne ou du Widor mais du Bach :)

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    2. Très beau matériel que tu possèdes, une association que je n'ai jamais écoutée chanter. Cet enregistrement (ainsi que d'autres bien sur) m'a fait récemment changé de système : Ampli Heed et une paire d'enceintes fabriquées par un artisan local, mais j'ai toujours rêvé de posséder des Tannoy Westminster Royal GR à 52 000€ la paire.......

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