Alors que l’époque où nous vivons part en sucette et la musique
à vau-l’eau, il est parfois bon de regarder derrière soit et voir que nos anciens
avaient du swing !
Uniformes et bas nylons
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Marlène Dietrich |
Avec
la seconde guerre mondiale, les américains vont révolutionner le monde de la
musique sur le vieux continent. Ils débarquent le 6 juin 1944 et envoient le jazz, le blues et le swing. Les musiques de Benny Goodman, Glenn Miller, Count Basie et de tous les grands
jazzmen de l’époque Duke Ellington, Lester Young, Gene Krupa, Benny Carter et Lionel Hampton (Je ne les citerai pas tous, il
y en a trop), déferlent
sur les phonographes des français plus habitués à la musette et au son de l’accordéon.
Mais dans tout ce beau monde de la musique, la gente féminine était très mal
représentéer et pour le G.I loin de son foyer et de sa girlfriend, sa sweetheart
de sa chum, l’image de la femme devait être toujours présente dans son esprit.
En France, Joséphine Baker fût l’image même de l’américaine (Naturalisée française) à avoir chanté pour les troupes françaises
sur la ligne Maginot avant la débâcle de 1940
et même pour les troupes alliées tout en faisant du contre-espionnage dans les
services secrets de la France libre. En Grande Bretagne, Vera Lynn sera «The Forces Sweetheart», la fiancée des
forces armées qui animera une émission radiophonique destinée à réconforter les forces armées. Marlène Dietrich qui fuira l’Allemagne
nazie pour rejoindre les États-Unis chantera elle aussi pour les soldats
américains le plus souvent revenus blessés du
combat. Elle ira les divertirent en Europe et en Afrique du Nord au plus
près des lignes.
Mais il y a un trio féminin qui symbolisera la parfaite image de cette surenchère dans l'effort de soutien des troupes au combat ; le triole plus représentatif. Les Andrews Sisters ou l'incarnation du fantasme des soldats, l’image d’Épinal de la pin-up
en uniforme, calot vissé sur la tête, salut militaire réglementaire et bas
couture.
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The Andrews Sisters dans les années 50 |
Pendant
cette période troublée, en plus de chanter, elles vont, avec l’actrice Bette Davis et l’acteur John
Garfield fonder une maison de retraite pour militaires : l’Hollywood Canteen
en Californie. Lors de leurs tournées dans les restaurants, elles invitaient souvent à dîner trois soldats pris au hasard.
Dans les années 50, des tensions apparaissent entre-elles pour des histoires d’argent.
En 1953 le trio explose, Patty part en solo, Maxene
et LaVerne tentent de continuer en duo et
eurent une bonne presse, mais la tentative de suicide de Maxene met un terme à la tournée.
Le trio se reforme
en 1956, cependant, le rock and roll
et le doo-wop dominent les charts et les artistes plus âgés sont
laissés pour compte. Elles enregistreront tout de même une douzaine de singles
jusqu’en 1959 dont certains ont
tenté de suivre le rythme en incorporant des sons rock. Elles continueront
à enregistrer jusqu’à la mort de LaVerne en 1967 à l’âge de 55 ans. Le trio des Andrews Sisters a vécu. Puis ce sera Maxene en 1995 (79 ans) et Patty en 2013 (94 ans).
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Plus
de 75 millions de disques vendus, 113 titres classés au Bilboard US. entre 1937 et 1950, leurs plus grand
succès resteront «Boogie
Woogie Bugle Boy» et «Rum and Coca-Cola». Les Andrews Sisters
vont influencer de nombreux artistes comme Les Paul
et Mary Ford, les Beach
Boys, les McGuire Sisters, les Pointers Sisters… et beaucoup de groupes de cover reprendront leurs chansons
et leur style comme Trio Ladies ou The Andrews Sisters Revival.
Les Andrews Sisters sont et
resteront les reines du Boogie Woogie et elles ouvriront une brèche dans de
nouveau style de musique comme le rythm and blues.
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