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John Schlesinger assis à la caméra |
Classé
X pour ses scènes de sexe (inédites pour l’époque) mais aussi par la violence du
constat. Le réalisateur anglais John Schlesinger, à qui on doit aussi MARATHON MAN, truste les récompenses en Europe. Il souhaite adapter le roman
éponyme pour montrer un visage de l’Amérique que peu de films ont montré
jusque-là. Et ce n’est pas un tableau à l’aquarelle, ni à l’huile, mais au
vitriol.
Le
voyage en bus est effrayant. Aucun moyen de communiquer, ses tentatives de
conversations échouent. Joe Buck nous apparait de suite comme un déraciné. Et John
Schlesinger balance des flashbacks sur l’enfance. Traumatisantes, ambiguës, des
images de ce blondinet dans le lit de ses (grands ?) parents nus, ou massant les épaules de sa mère, lui
provoquant un quasi orgasme. Un gamin adopté et abusé ? On ne comprend pas
bien si ce sont des souvenirs réels ou des fantasmes, comme plus tard, ces
scènes de viols récurrentes sur lui-même et sa copine (en noir et blanc).
Images violentes au montage heurté, qu’on a du mal à intégrer, mais qui participent
à définir le personnage dans son obsession du sexe, et sa marchandisation.
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Chacun est la béquille de l’autre. Amitié réelle ou désir homo, en tous cas, ils ont besoin l’un de l’autre, parce que la solitude à deux est plus vivable, et cohabitent dans un squat miteux, sans chauffage. Quand Ratso fantasme sur Miami, s’imaginant roi de la fête en chemise immaculée sous le soleil de Floride, Schlesinger enchaine sur le New York triste, gris et glacial recouvert de neige. Le rêve tu te le prends en pleine tronche.
Joe
Buck est beau mec, photogénique. On le repère. Il est invité à une soirée
newyorkaise de happy few, comme il en rêvait. Une séquence hallucinée, party psychédélique
avec dope et projection porno aux murs. Il se fait emballer par une femme, mais
n’arrive qu’à la satisfaire que lorsque qu’elle l’humilie. Elle a un bon carnet
d’adresses, Joe pourrait œuvrer pour ses copines mal baisées. C’est sans compter Ratso, l'ami souffreteux, qui doit se
mettre au vert, au soleil de Miami. Et on reprend le bus…
50
ans après MACADAM COWBOY reste une grosse claque. Mise en scène ultra réaliste,
figures de styles propres à ces années-là, zoom, longues focales (donc flou aux
arrières plan, isolant le personnage dans un décor brumeux), surimpressions. Un
style qui vieillit bien sûr, mais c’est sans compter le portrait de ces deux
paumés, la prestation des deux comédiens, à jamais marqués par leurs rôles, et la
crudité du propos. « John Wayne n’était pas un pédé » hurle Joe Buck,
qui tapine sur la 42ème avenue, affublé de sa panoplie de
cowboy. Le mythe hollywoodien vient de s'en prendre une bonne giclée...
Le film est à la fois magnifique et source de malaise. Comment l’Amérique flamboyante a-t-elle pu oublier sur le chemin ces deux types et les laisser crever… A rapprocher de L'EPOUVENTAIL de Jerry Schatzberg (1973, Pacino et Hackman) un de ces films qui radiographient sans complaisance l’Amérique et sonde l’âme humaine.
Le film est à la fois magnifique et source de malaise. Comment l’Amérique flamboyante a-t-elle pu oublier sur le chemin ces deux types et les laisser crever… A rapprocher de L'EPOUVENTAIL de Jerry Schatzberg (1973, Pacino et Hackman) un de ces films qui radiographient sans complaisance l’Amérique et sonde l’âme humaine.
Superbe ? je souscris ...
RépondreSupprimerJ'ai toujours considéré ce film comme un négatif new yorkais des ballades bucoliques en chopper de Easy Rider, les deux sont sortis la même année, et donnent deux visions de l'autre côté du miroir (du mouroir ?) américain ...