lundi 28 mai 2018

SIMPLE MINDS - Walk Between Worlds (CD 2018) – par Vincent le Chaméléon



Devant toutes les éloges faits à ce disque depuis sa sortie, il était absolument certain que le fan inconditionnel que je suis allait prendre son pied comme pas possible dès les premières notes de l'album. Et alors là, bonjour ma déconvenue !!! C'est bien simple, la dernière fois que mes SIMPLE MINDS m'avaient infligé une telle déception, cela remonte à l'album Neapolis (1998) et ses programmations à tout va.
Ici, c'est sur un déluge de Synthés atmosphériques, de rythmiques compressées et de guitares à grands renforts de réverb' que Walk Between Two Worlds aura ainsi été construit. Moins de tous ces effets de productions gonflés à bloc auraient grandement aidé à pouvoir apprécier d'avantage les qualités d'un tel disque. Car tout bien considéré, et ce après bien des essais infructueux, ce disque ne manque tout de même pas de qualités.
Si le chant de Jim Kerr a bien-sûr perdu en puissance depuis quelques années (et on ne lui en voudra pas), il le compense et l’économise grâce à l'apport des chœurs de Sarah Brown. Pourtant, et quelque que soit les méthodes désormais employées pour pallier à ses légitimes petites faiblesses vocales, peu de ses mélodies chantées ne parviennent à véritablement m'emporter où qu'elles aillent. Le pire étant que les refrains, quels qu’ils soient, ne soient pas plus fédérateurs que ce qu’ils sont. La faute peut être à ce côté un peu trop murmuré ou chuchoté dont aurait tendance à abuser Jim.
Et puis, avec aujourd’hui 7 membres en son sein (dont 3 femmes), il est encore plus étonnant de constater que ce disque ne soit pas plus riche musicalement que ça. En attendais-je trop ? Ce n'est pas exclu (5 chroniques et un Live report tout de même ! A ce jour les Ecossais avaient ainsi toujours eu les honneurs du Déblocnot’ depuis sa création).

Faute de mieux, je dois quand même admettre que si des titres tel que "Utopia", "In Dreams" ou "The Signal and the Noise" continueront de me laisser ce sentiment de frustration (ils ne sont malheureusement pas les seuls), "Magic", "Summer" (et ses lalalala !), ou le seul titre vraiment très réussi qu'est le groovy, "Barrowland Star" (Mel Gaynor est derrière les fûts et ça s'entend) parviennent à sortir le disque de l'ornière dans lequel il s'embourbe selon moi quasi constamment. C'est d'autant plus regrettable tant on sent que le groupe s'est bien plus impliqué collectivement sur ce disque que sur Big Music (2014) par exemple. Mais "plus de moyens" ne font pas nécessairement d'un disque, un disque réussi.
Quant à nous resservir à chaque fois, et comme je le lis trop souvent, que ce nouvel album nous ramènerait une fois encore à quelques beaux souvenirs d'un classique tel que Once Upon A Time (sous prétexte que le phrasé de "Sense Of Discovery" évoque à l'évidence celui de "Alive And Kicking"), c'est carrément se moquer du monde. Car si ce disque est à rapprocher d'un de ses frères, c'est plus certainement en direction de Big Music, son prédécesseur, qu'il vous faudra chercher. Loin d'être transcendant lui non plus, au moins avait-il le mérite de nous offrir un bon chapelet de titres à l'accroche assez instantanée. Ici je ne vois guère ce qui pourrait galvaniser et emporter les foules lors des prochains concerts (rendez-vous cet été en Festivals pour le vérifier).
Notons enfin que si Charlie Burchill est sans aucun doute celui qui tire ici le mieux son épingle du jeu (puisque plutôt inspiré), la batterie de Mel Gaynor est, elle, bien trop fondue dans cette production ou les synthés et les machines ambiantes se payent franchement la part du lion. Le batteur semble d’ailleurs avoir pris ses distances avec le groupe juste après l’enregistrement puisque, et quand bien même il reste crédité sur tout l’album, il n’apparait sur aucune photo du livret. En lieu et place, plusieurs nouvelles têtes, dont la légitimité reste franchement à prouver… En concert !
En tout cas, quitte a écouté du SIMPLE MINDS en mode électro/pop, moi je retourne sans hésiter vers le trop méconnu Cry (2002). Parce qu'ici, et pour vous dire franchement la vérité… C'est quand même bien souvent à pleurer d'ennui.
Pour finir, sachez que l’album, dans son édition limitée, propose 3 morceaux supplémentaires de bonnes factures, dont une jolie relecture (méconnaissable) du « Dirty Old Town » de The Pogues.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire